Eeeet nous y voilà ! La fin de la fic. Comme promis il y a... un moment. Enfin j'en ai fini avec cette mayrde, vous pouvez respirer ! Alors, que dire de cette petite aventure... je dirais que je l'ai encore mal mené ! Je voulais du feelz, du bien foutu, et surtout, surtout, pas de vent. Manque de bol, j'ai échoué partout. Surtout que, pour une fic inspirée d'un film, franchement on a vu mieux. Mais je vais partir du principe que vous ne l'ayez pas vu alors tout va bien pour moi ! Ha ha...

Sur ce, je vous laisse avec le chapitre final de Rattachement, et comme d'hab'... lecture !


Pour une fois, Arthur se réveilla avant Francis. Aveuglé par la lumière mal stoppée par le rideau pas complètement opaque, l'anglais s'étira, le corps entravé par le méli-mélo de draps qui l'entouraient et de bras qui l'enlaçaient. Un sourire idiot naquit sur ses lèvres tandis qu'il se remémorait les événements de la veille. Francis était au courant du vrai problème, de ce qui l'empêchait de mettre définitivement fin à ce calvaire qu'était son ancienne vie. Et après s'être confié dans les larmes, les bras du latin s'étaient tendu à nouveau vers lui. Ce qui le faisait sourire, c'était ça.

Francis lui avait promis de le garder.

Ce studio était sien, territoire de la vie nouvelle qu'il lui avait promit, et plus seulement un salon qu'il squattait. Libre de ses agissements, il pouvait enfin aller où bon lui semblait, faire ce qui lui faisait envie, étant passé du protégé au colocataire. Du moins, c'est ce que Francis avait suggéré. Qu'importe. Arthur se sentait heureux. Débarrassé de ses vices et avec le français. D'ailleurs, lorsque celui-ci se mit à bouger au réveil, le britannique s'amusa à rouler sur lui pour se mettre à califourchon, arrachant un sourire à un Francis émergeant de sa torpeur. Par-dessus, le plus jeune déposa un baiser rendu. Ce petit cadre de bonheur innocent était parfait, ravivant le cœur de l'anglais qui, il y a quelques temps, ne croyait plus en l'avenir et encore moins la chance d'avoir droit à autant de douceur dans son quotidien.

Un nouveau quotidien qu'il chérirait plus que tout. Comme son « colocataire ».

Ils passèrent la matinée à traîner sur ce canapé un peu trop maigre pour eux deux, mais ils ne se plaignaient pas de ce détail. Francis appela son bureau entre-temps pour signaler qu'il ne pourra pas venir aujourd'hui, pour cause de « problème familial ». Il pria d'ailleurs, en raccrochant, pour que ce mensonge n'apporte vraiment pas la poisse à sa petite sœur; complice dans l'affaire d'Arthur. Ce dernier d'ailleurs ronronnait en profitant de son nouveau chez-lui, qu'il semblait déjà adorer presque plus que son propriétaire – n'en était-il pas un d'ailleurs ? Il lui promit même de se trouver ce fameux petit boulot pour payer la facture, histoire de ne plus être le simple squatteur qu'il fut depuis leur rencontre.

Puis, lorsque l'heure matinale fut bien avancée, Francis se leva non sans regretter les bras de son protégé, attrapant un t-shirt qui traînait sur l'accoudoir.

- Tu t'habilles ? demanda-t-il.

- On va quelque part ?

- Au laboratoire.

L'anglais cligna des yeux, puis se souvint de leur petite discussion sur la santé de l'ex-prostitué, qui restait à vérifier. Il déglutit légèrement à ce souvenir, regrettant de ne pas avoir pensé aux risques encourus plus tôt. Son bonheur éclorait enfin, il ne fallait vraiment pas qu'il découvre qu'il avait chopé un truc... Avec un peu d'appréhension donc, les deux se préparèrent et, achetant un petit-déjeuner à emporter sur la route – malgré le fait qu'il était bientôt midi – se rendirent sur le lieu prévu.

Sur place, Arthur se sentait gêné de devoir passer un test pareil, puisqu'il impliquait de devoir répondre à certaines questions... qui maintenant l'embarrassaient alors qu'il avait coupé tout lien avec son ancienne activité. Bien sûr, le secret professionnel l'en gardait bien, et c'était son droit de savoir si ses bêtises ne l'avaient pas rendu malade... Laissé seul dans la salle d'attente, Francis profita de cet instant pour téléphoner à Jeanne.

Plutôt que de se prendre la tête à trouver des mots qui caressent dans le sens du poil, l'artiste fut franc et déclina l'offre de son amie d'enfance et rajoutant bien qu'Arthur n'était pas un poids, ni une entrave dans sa vie. Il ne sut poser de vrais mots sur la relation qu'il entretenait avec le jeune homme actuellement, mais il ne cacha pas le fait qu'il était important pour lui. Et pour épargner la description d'une discussion de toute évidence inutile pour la suite, autant en venir au fait le plus intéressant pour l'heure : au bout de vingt minutes, Arthur revint vers lui, accompagné d'une infirmière toute souriante. Celle-ci leur promit les résultats d'analyse pour la semaine prochaine et leur souhaita peu après une bonne journée.

Et pas qu'une, d'ailleurs.

Quand bien même l'un était aussi inquiet que l'autre sur cette histoire de maladie sexuelle, ça ne les arrachait pas à l'idée de profiter de cette nouvelle colocation « officielle entre eux ». Arthur n'était pas déclaré comme vivant à l'adresse de Francis, mais ce dernier lui promit de mettre à jour ces informations – qu'il ne reçoive pas de courrier à son nom toujours à la maison familiale dans laquelle il n'a plus aucune intention de retourner...

Justement, sa famille... L'artiste avait décidé de passer cela sous silence. Il avait toujours le numéro du frère aîné, Allister, mais se retenait de l'informer de quoi que ce soit. Bien qu'il lui répétait moult fois qu'il s'agissait tout simplement de la vie de l'anglais, il avait finalement retourné sa veste pour mettre ce « détail » en dernier. S'occuper de l'indépendance d'Arthur, en tant que grand adolescent et jeune adulte qui se projette dans la vie active pour payer les factures du studio, c'était devenu la priorité.

S'écoulait alors un « tout les jours » ordinaire, pimenté parfois de marques d'affections sans nom, sans qu'aucun des deux hommes ne sorte de mots embarrassants malgré la situation. Des baisers papillons et des caresses innocentes, juste pour s'échanger l'affection que l'un appréciait et dont l'autre avait besoin. Sans signification réelle. Du moins, pas que Francis le sache. Et quand bien même il y avait quelque chose, il préférait ne pas y penser tout de suite. Il y avait des affaires plus préoccupantes pour cette nouvelle vie à deux.

Comme les résultats qu'avait reçu l'artiste, du laboratoire dans lequel Arthur était passé il y a quelques jours.

La lettre entre les mains, il déchira l'enveloppe d'un doigt sous le regard d'appréhension de son protégé. Ce dernier devrait être celui qui la lit, mais plutôt que de se prendre la nouvelle comme une claque, noir sur blanc, Francis préférait user de son don à trouver les mots justes pour lui annoncer une éventuelle mauvaise nouvelle. Dans un silence embarrassant et lourd, l'artiste déplia alors le papier et lit attentivement le message, sans que son visage ne trahisse joie ou peine. Arthur se massa les mains, nerveux et craignant le pire. Il lui est arrivé jusqu'ici tellement d'embrouilles qu'il s'imaginait déjà porteur d'une merde quelconque.

Surtout qu'il finissait par voir la lumière au bout du tunnel, ce serait donc sacrément dommage.

Enfin, Francis soupira lentement puis glissa son regard bleu vers lui. L'anglais se redressa sur son siège, l'interrogeant silencieusement. La mine sérieuse du parisien renforça ses craintes... jusqu'à ce que celui-ci tourna le papier pour lui montrer, avec un sourire.

- Négatif.

Gros soupir de soulagement du plus jeune, celui-ci se leva pour lui frapper innocemment le torse du poing en le traitant d'idiot. Maintenant c'était sûr et certain : ils étaient tranquilles et débarrassés de tout problèmes.


Arthur vivait ici depuis maintenant quatre mois. Francis, qui était fier de le voir devenu indépendant de toute activité étrange, se félicitait parfois d'avoir prit les bonnes décisions et la patience d'en arriver à un résultat aussi jouissif. Il restait cependant encore de nombreuses tâches à remplir, impliquant le présent et le futur du garçon. Le jeune anglais était en bonne santé, ne restait plus qu'à l'apporter à nouveau au monde adulte, en commençant par le professionnalisme. Plus par intérêt pour l'avenir que pour les factures du studio, l'artiste était parvenu à convaincre son protégé de prendre rendez-vous avec une conseillère d'orientation. De plus, lui aussi, dans son métier, s'élevait un peu plus haut. Il devait parfois délaisser Arthur, qui pour le coup, n'avait rien à faire pour s'occuper que d'aller chercher l'affection de Francis. Ce qui était toujours... un point à régler.

Lorsque les deux blonds se rendirent au lieu L, le jour J à l'heure H, ils étaient tout les deux nerveux. Arthur parce qu'il remettait une fois de plus sa vie sur le tapis de jeu, et Francis parce que, de toutes évidences, c'était là l'avenir de son petit protégé. Il serait vraiment dommage que tout flanche maintenant après tant d'efforts, alors que le principal concerné avait comprit ses erreurs et radicalement changé.

Fort heureusement, la femme – d'âge mûr – qui les accueillit fut d'une compréhension étonnamment bénéfique. C'est lorsqu'elle demanda la parole uniquement à Arthur que les choses semblèrent un peu tendues pour les deux hommes...

- Vous n'avez pas le bac, mais vous n'allez pas redoubler non plus ?

- J'aimerais éviter...

- C'est pourtant la solution la plus abordable et facile, . Vous savez, une année de retard, ce n'est pas grand-chose. Beaucoup repassent la terminale pour obtenir son bac ensuite, et là vous aurez toutes les portes !

- Je sais mais...

Francis n'avait jamais clairement parlé de lui avec ça... Le lycée. Une école qui peut s'avérer aussi sympathique que tortionnaire. Il ignorait tout de la scolarité d'Arthur, puisque ce dernier était très muet là-dessus. Et c'est ce que Francis respectait : il ne voulait jamais le forcer à parler de choses vraiment embêtantes. Mais pour un rendez-vous chez la conseillère, c'est vrai qu'il aurait pu y penser... Il voulut ouvrir la bouche pour rattraper le coup de l'anglais, mais la femme lui conseilla, d'un regard affirmé, de le laisser terminer. Il se réinstalla donc correctement sur sa chaise en regardant du coin de l'oeil le cadet. Arthur contre le reste du monde, ça n'annonçait pas vraiment quelque chose de gratifiant.

- Je suis un peu fatigué du lycée.

- Ce sont les efforts qui contribuent à nos résultats. Pour réussir à trouver une voie, je vous conseille fortement de reprendre votre année.

- Et si je ne veux pas ?

- Alors vous n'avez plus qu'à vous tourner vers des écoles militaires ou médicales, mais rien dans la fibre journalistique.

Francis eut un haussement de sourcil étonné pour lui-même, trahissant ses pensées « Lui, dans l'armée, non mais tu rêves ». Arthur déglutit, face à un cul-de-sac. Il triturait ses mains, mal à l'aise avec cette femme qui cherchait à tout prix à le rediriger vers le monde lycéen. C'est vrai que c'était la meilleure solution, mais il était trop libre pour se sentir capable de réintégrer une classe, avec un emploi du temps strict, des règles à respecter, et surtout des barrières qui le feraient renfermé sur lui-même. Pour Francis, c'était l'équivalent à mettre le britannique en cage. Un silence embarrassant plongea les trois personnes dans un mutisme lourd, puis la femme soupira en refermant un dossier.

- Si vous n'êtes pas décidé, nous pouvons reprendre rendez-vous pour la semaine prochaine. Ainsi vous aurez le temps de vous mettre d'accord et-

- Non non, on reprend pas rendez-vous.

- Arthur...

- Pardon ?

- J'ai dis : on va pas reprendre rendez-vous pour se dire la même chose. Je vais pas changer d'avis, je retournerai pas au lycée. Et je sais qu'il y en a plein comme moi qui font pareil, qui s'en foutent de vos administrations, et qui vont quand même trouver de quoi faire et qui seront parfaitement heureux avec ça. Alors si vous voulez pas perdre de temps avec moi, photocopiez tout ce que vous avez pour les non-bacheliers, je lis tout ça tranquillement chez moi et je prends une décision sans que vous ne receviez les mérites puisque de toutes façons, vous m'aurez pas aidé du tout.

Éberluée par cette insolence, la femme voulu intimé au jeune garçon de parler plus joliment. Mais Francis, qui détecte bien l'inutilité de la réponse et le mordant d'Arthur, l'en empêcha en lui répétant la demande de l'anglais avec plus de politesse. Le plus jeune croisa les bras en se laissant tombé sur sa chaise, fuyant leur regard. Il s'était lâché et avait fini. Dans un sens, ça enchantait Francis qui avait bien vu que son protégé cherchait depuis tout à l'heure à remettre cette femme « qui le regardait de haut » à sa place.

Lorsqu'ils sortirent du bureau, Francis tenait entre ses mains cinq feuilles listant les écoles qu'il pouvait potentiellement intégré.

Toujours vexé, Arthur faisait la moue. Alors que Francis riait.

- Quand tu seras face à tes professeurs, tu auras intérêt à montrer un petit peu plus de respect que ça...

- Elle m'a gonflé. En plus elle ne cherchait pas. Elle voulait absolument me rediriger vers son putain de redoublement parce qu'elle jugeait ça mieux.

- Mais c'est ce qu'il y a de mieux, tu sais... Moi aussi j'ai redoublé une classe.

- Il faut un bac pour dessiner ?

- J'ai intégré une école d'art privée. C'est comme ça que je suis revenu aux sources.

Pour rien au monde il ne voudrait quitter Paris, désormais.

- Je te propose un barbecue, ce soir.

- Dans ton studio ? Et comment tu veux faire ça ?

- En ouvrant la fenêtre.

Libre mais stupide, c'est la vie qu'Arthur vivait depuis sa réconciliation définitive avec Francis. Pour preuve qu'il en aimait chaque détail, il souriait alors qu'il y a deux secondes, il ruminait encore de cette femme qui voulait contrôler sa vie. Mais encore une fois, cette dernière échappa à cette société de merde.


Après le repas et le passage à la salle de bains, Arthur et Francis étaient livrés à une soirée libre, comme tout les jours. La plupart du temps, l'artiste s'occupait à parfaire sa carrière, devant un chevalet et à côté du jeune anglais, qui le regardait toujours avec intérêt. Sauf que bien par moment, le latin sentait le regard insistant de son protégé sur lui, qui était logiquement moins intéressant que son travail. Mais il savait de quoi il en retournait.

C'était un soucis que Francis ne parvenait toujours pas à résoudre.

Arthur s'était éprit de lui d'une affection si forte que lui-même ne pouvait y mettre fin. Pourtant, ils n'allaient pas pouvoir en rester là. Sauf que ça n'empêchait pas l'aîné d'accorder au plus jeune des marques d'affection ambiguës. Des caresses sur les hanches, des baisers papillons, et du collé-serré qui ferait hurlé de rage la morale si elle avait une voix. Mais jamais ils ne s'échangeaient de mots là-dessus. Ils n'étaient pas en couple, mais s'avouaient sous silence cette proximité assez floue. Et c'était là le dernier problème à résoudre : Francis devait apprendre à Arthur à se détacher de lui. Sauf que l'attitude de l'anglais et les sentiments de Francis étaient tels que même lui ne pouvait y renoncer. Que fallait-il faire alors pour arrêter ce manège ?

Donner un sérieux coup de pied au cul et forcer les choses ?

Francis songea à autre soucis en faisant la vaisselle, lorsque deux bras fins vinrent l'enlacer dans le dos.

- J'ai presque fini, Arthur.

- Hmm...

Adorable, mais trop loin. Il n'avait pas fini de grandir. Et Francis se sentait coupable de freiner cette croissance psychologique. Quand bien même Arthur était heureux et en bonne santé, il y avait des pendules à remettre à l'heure. Même si pour ça il devait se pincer le cœur lui-même.

Le britannique posa sa joue sur le dos de son tuteur, attendant patiemment que la tendresse ne lui vienne. L'aîné le laissa faire, finissant de rincer les assiettes sans se presser. Lorsqu'il s'essuya les mains, Arthur vint réclamer de lui-même une étreinte en faisant patiemment le tour pour venir se lover dans ses bras. Ce n'était peut-être moralement pas admis, mais... très franchement, il était adorable. Francis se sentit aussi stupide que content d'avoir contre lui ce jeune adulte qui n'avait d'yeux que pour lui. Aussi mignon que problématique était-il. Dans le silence, Francis n'osait déjà plus aborder de sujets importants, et encore moins une voix grave annonçant la prise d'une décision importante.

- Arthur...

L'interpellé leva simplement les yeux, rêveur.

Ce regard manqua de faire rougir son aîné.

- Qu'est ce qu'il y a ?

- Rien... Rien, vient t'allonger.

Lui-même n'aurait jamais crû lui dire chose pareille. Mais il était résolu, et Francis n'allait pas faire marche arrière. Profitant de la surprise de son protégé, il le fit reculer doucement afin de l'amener jusqu'au canapé, sur lequel il l'allongea afin de se retrouver au-dessus de lui à quatre pattes. Puis il y eut un silence dans lequel le français semblait y perdre son regard. Manifestement, il réfléchissait à quelque chose. Mais lorsque le plus jeune l'interpella dans le confusion, il sourit tout simplement et vint l'embrasser, tendrement.

Arthur, plutôt habitué à la timidité de l'acte, ne respira plus pendant trois secondes, puis se détendit. Il fondit sur ses lèvres et enlaça le cou de son aîné, acceptant avec délice l'offre. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que Francis vienne le toucher et le déshabiller lentement pour, au final, les repaître tout les deux sexuellement. Mais l'artiste était étrangement enclin à être généreux et tendre ce soir, sans qu'il ne dise mot. C'était mieux que la première fois, ils n'étaient pas guidés uniquement par le désir charnel. Arthur devinait que les gestes de Francis, plus doux et patients, ressortaient de sentiments sincères. Et il était très heureux de les découvrir de la sorte.

Ainsi, la soirée se termina dans une étreinte langoureuse et digne de tout les rêves, puisqu'ils s'endormirent ensemble sans se soucier de la morale qui pesait sur leur relation.


Le lendemain matin, Francis s'était levé tôt.

Depuis la petite table où trônait comme toujours un petit-déjeuner brouillon, l'artiste observait son jeune protégé émerger doucement de son sommeil. Arthur s'étira comme un chat enveloppé dans les draps et la chemise abandonnée de Francis, avant de serrer celle-ci comme un doudou. Il en huma l'odeur puis sourit, ouvrant ensuite les yeux pour chercher son propriétaire du regard. Lorsque les paires d'yeux se croisèrent, ils se sourirent sans honte, et le cadet s'extirpa tranquillement de sa place pour venir s'installer sur ses genoux, presque complètement tourné vers la table.

Francis eut un coup d'oeil mécanique vers l'horloge murale, mais se rendit compte qu'il avait encore un peu de temps.

Alors il accorda un baiser tendre à son protégé. Protégé qui ne se formalisa pas de sa peut-être insolence à passer les mains derrière sa nuque.

- Alors, on est... ?

Non, il n'allait pas le laisser finir cette phrase.

- Mange, d'abord.

C'était demandé si gentiment qu'Arthur ne fit rien de plus qu'une petite moue pour protester, mais obéit sans ménagement. En même temps, il enfila les vêtements que Francis lui tendit pour qu'il ne se retrouve pas entièrement nu sur sa chaise. Ceci fait, il déposa un nouveau baiser sur sa joue, faisant rougir l'anglais.

Celui-ci était décidément aux anges.

- Je ne te l'ai jamais clairement dit Francis... mais je suis vraiment... content d'être là.

- Je le sais.

- Je te promets de faire le maximum d'efforts, maintenant. D'ailleurs, plutôt que d'études, je peux trouver un travail, si tu veux. Ce serait plus pratique pour après.

- Après ?

- C'est un peu... petit... ici pour deux, non... ?

Francis appréciait le côté nouvellement ambitieux du britannique, mais pour lui c'était juste... mignon. Il se contenta de sourire avec amusement, et une certaine mélancolie.

- Ça aurait été bien.

- Comment ça ? Je suis chez moi ici aussi maintenant, non ? On vit ensemble, et on...

- Pardonne-moi Arthur... Mais nous ne sommes pas en couple.

La sonnette du studio résonna, et Arthur fixa son interlocuteur comme s'il détenait une réponse lourde de sens. Ce dernier souriait toujours, calme et... en proie à une certaine tristesse.

- Et ce n'est pas chez toi ici non plus...

On frappa ensuite à sa porte, et tout de suite, on entra. Alors qu'il digérait les mots, Arthur tourna le regard vers le couloir, d'où apparurent un homme et une femme. Ils ne semblaient pas menaçants en quoi que ce soit, mais ils fixèrent le jeune anglais avec beaucoup plus d'attention que sur le propriétaire des lieux. Il ne les connaissait pas, mais il eut comme un pincement au cœur qui l'avertissait du « danger ».

- Bonjour, Arthur... fit la femme avec un petit sourire rassurant. nous a dit que tu étais quelqu'un de très bien, donc ne te fais pas de soucis : nous n'allons pas te dire quoi faire...

- Je vous le confie... Je vous en prie, il est-

- Ne vous inquiétez pas, nous nous en occupons tout les jours.

On allait l'emmener. Francis l'abandonnait. Lorsque l'homme, qui devinait l'intention formelle d'Arthur à rester ici, s'approcha, le britannique protesta d'un « non ! » criant et vint se réfugier dans les bras de son tuteur. Ce dernier, en se mordant la lèvre, accepta une petite étreinte, mais le détacha rapidement de lui en lui tenant les épaules. En quelques secondes, Arthur paniquait, si bien que ses yeux brillaient déjà.

- Non, non ! Francis, ne les laisse pas m'emmener ! S'il te plaît !

- Je suis désolé Arthur... Mais c'est le mieux que je puisse faire. Je ne peux pas te laisser vivre ici, surtout si tu ne fais que dépendre de moi. Je t'ai guéri, c'est vrai, mais je n'ai pas la force qu'il faut pour te soigner complètement. J'ai parlé plusieurs fois à ces gens au téléphone, ils sauront prendre soin de toi.

- Non, arrête... ! Je ne veux pas partir !

Sans brusquer, l'homme approcha de nouveau et profita d'un coup de bras maladroit du cadet pour l'attraper, le détachant sans violence de son ex-tuteur. En larmes, Arthur protesta et essaya de se débattre, sans succès.

- Francis, je t'en prie ! Me laisse pas partir, je... ! Je t'aime, tu le sais non ? Je t'aime tellement, s'il te plaît... !

Faisant la sourde oreille, Francis signa un papier que la femme lui apporta, sous les cris du britannique qui lui déchiraient le cœur. Puis enfin, le duo repartit avec l'adolescent, celui-ci luttant pour se libérer et revenir dans le studio. Mais même sans user de brutalité, l'homme avait la poigne forte et de l'expérience pour empêcher les jeunes dans son cas de commettre des bêtises.

Le cœur gros, l'artiste les laissa fermer la porte et partir, entendant la voix de l'anglais résonner dans le couloir. Il n'osa même pas regarder par la fenêtre lorsque les trois rejoignirent l'extérieur. À moins que ce ne soit à cause de ses yeux embués et qu'il ne put rien voir.


Trois ans ont passé depuis.

L'artiste avait continué son art et reprit sa vie d'autrefois. Il ne sortait plus trop à cause du manque de temps et téléphonait bien plus à des acheteurs qu'à des proches. Entre-temps, il s'était également procuré le permis, avisant un domicile plus grand pour y ranger ses œuvres. De ce fait, marcher jusqu'au métro le plus proche allait s'avérer ne plus être un problème ou une gêne. Plutôt que vieillit, il avait un peu mûri, ayant gagnant une prestance un peu plus responsable que le dessinateur enfermé dans son atelier. Et aujourd'hui, il sortait.

Après s'être garé dans une rue paisible, Francis avança vers le mur de briques rouges, seule palissade qui entourait un parc immense, les mains dans les poches. Le ciel était un peu nuageux, mais loin d'être déprimant ou même lourd. C'était un temps qu'une certaine personne devait même tout particulièrement apprécié; un détail en plus pour en faire une journée « extraordinaire » pour lui. Le français passa un portail après avoir déclaré son identité à l'interphone, et il mit un pied sur le chemin dallé du jardin.

Dans celui-ci, des dizaines de jeunes gens, de l'enfance jusqu'à l'âge adulte, flânaient tranquillement et passaient le temps comme tout collégien, lycéen ou étudiant le faisait partout ailleurs. Sur l'herbe, près d'une fontaine ou sur les escaliers de l'institut, on croisait le regard d'un jeune homme ou d'une jeune fille visiblement épanoui. Les portes de l'entrée s'ouvrirent légèrement pour laisser sortir une femme assez vieille, cherchant le visiteur du regard. Lorsqu'elle le trouva, elle lui fit un signe de main, non sans l'interpeller d'un « Monsieur Bonnefoy ! » facile à entendre. Avec un sourire poli, le latin la rejoignit en pressant un peu le pas. Ils se serrèrent la main lors de salutations courtoises, puis il entra dans un couloir adjacent au bureau. Après moult cérémonies sur la façon de s'asseoir et sur le café, la femme chercha un dossier dans un tiroir, puis l'éplucha de manière brève.

- Donc, comme je vous le disais au téléphone... Il ne nous a donné aucun problème. Il était assez difficile les premiers mois, mais ensuite, il ne s'agissait que d'une réadaptation au sein d'un groupe, d'un apprentissage scolaire, et... eh bien c'est un dossier très maigre. Vous auriez pu venir le chercher plus tôt. Moins d'un an aurait suffit !

- J'avais besoin d'un peu de temps pour quelques petites choses... Et autant pour son bien que le mien, je ne pouvais pas garder Arthur chez moi pour les régler.

- Je comprends, assura-t-elle avec un sourire ravi. Et aujourd'hui, c'est le bon jour ?

- Parfait, même.

Il lui rendit son sourire, bien plus radieux, avant de se lever en même temps qu'elle. Les deux adultes sortirent ensuite sur la terrasse et Francis prit un peu d'avance sur elle en descendant les escaliers; plutôt impatient.

- Arthur Kirkland ? Où est Arthur ? s'exclama la dame.

Sur le coup, plusieurs occupants tournèrent la tête vers eux par curiosité, avant de retourner à leurs occupations. Quelques-uns cependant pointèrent du doigt une direction, avisant un groupe de jeunes installés sur ou autour d'un banc. Le latin fut le seul, cette fois, a avancé. Et tandis qu'il approchait sans se presser, un jeune homme assis sur le dossier le remarqua. Son expression se transforma et il se leva pour s'éloigner de sa troupe d'amis. L'artiste se contentait de sourire affectueusement en avançant à pas léger. Sauf que l'autre, accélérant le rythme, cria à pleins poumons :

- Francis !

Reconnaissant cette voix, l'artiste ouvrit un peu les bras pour recevoir l'élan du jeune homme qui vint se blottir contre lui – avec un effet boulet de canon qui manqua de renverser le plus vieux.

Les bras collés comme serrés, les deux blonds s'enlacèrent avec toute la force qu'ils avaient accumulé depuis ces trois dernières années. Au bout de quelques secondes, l'anglais releva seulement la tête, celle-ci prise en coupe par les grandes mains de son aîné. Un sourire heureux et soulagé orna aussitôt ses lèvres. Ravi de ces retrouvailles, Francis ne sut quoi faire en premier : lui parler, ou bien regarder son corps en détail. Le visage était plus adulte, il semblait plus large entre ses doigts. Pourtant ce sourire restait celui d'autrefois : puéril et trop insouciant pour son âge.

- Laisse-moi te regarder... susurra le latin.

L'excitation sur le visage, Arthur resta silencieux et le regarda longuement, lui accordant l'observation sans bouger. Lorsqu'il en eut assez, l'artiste lui ébouriffa les cheveux, avant que la femme ne vienne les rejoindre.

On accorda à Arthur le droit d'aller saluer tout ses camarades – et Francis était ravi de constater qu'il en avait – tandis que son ex-tuteur partait prendre ses affaires. Tout deux firent ensuite une dernière poignée de main à la responsable, puis Arthur passa pour la dernière fois sans doute le portail de fer qui séparait l'institut du reste du monde.

Francis entoura ses épaules d'un bras, la valise dans l'autre main, et le dirigea vers sa voiture.

- Tu m'as manqué.

- Toi aussi... Je ne pensais pas que tu viendrais me chercher.

- Excuse-moi de t'avoir fait attendre... Mais je ne pouvais pas faire ça en un an seulement.

- Faire quoi ?

Il sourit malicieusement lorsqu'ils entrèrent dans la voiture et que Francis mit le contact.

- J'ai beaucoup bossé depuis ton départ. Tellement que j'en ai repris mon rythme de vie. Oui oui, je sais ce que tu vas me dire : c'est pas bon pour ma santé et mon manque de sommeil. Mais ça valait le coup.

- Accouche, Francis, assez de mystères...

- Tu vois le petit papier coincé dans le ventilo', là ? Lit l'adresse.

Le plus jeune obéit, confus.

- C'est un quartier loin du centre-ville ça, non ? On rend visite à qui ?

- La maison là est inhabitée.

Il fallut un gros temps de réaction pour qu'il comprenne. Les yeux d'Arthur s'agrandirent, puis il chercha ses mots.

- Tu veux dire qu'on va... tout les deux... ?

- C'est ce que tu voulais, non ? Je savais que si je devais allé te récupérer, ce ne serait pas avant un moment. Et un studio, pour toi, pour moi, pour mes travaux, ce n'est vraiment pas pratique. Ça allait quand on faisait du yo-yo avec le jour et la nuit, mais maintenant il va falloir songer à vivre de manière plus conventionnelle.

Puis il lui jeta un regard.

- Tu n'es pas d'accord ?

- F-Francis c'est... Je m'attendais pas à...

- Et tu ne t'attendais pas non plus à ce que je revienne te voir, n'est-ce pas ?

Arthur ne pouvait pas être plus aux anges qu'à l'époque où il se sentait enveloppé par une tendresse infinie. Sauf que cette fois-ci, il avait toutes les libertés.

- Sauf si... tu as trouvé quelqu'un entre-temps.

Le britannique se hâta de secouer la tête, rougissant de plus belle. C'était mignon comme dans un conte. Ainsi il n'avait jamais cessé de l'aimer... Francis non plus, à vrai dire. Si l'un comme l'autre avait finit par abandonner, alors tout son plan serait tombé à l'eau. Quelques kilomètres plus loin, l'artiste rangea la voiture dans un garage collé à une maison modeste, avec juste la place pour deux, avant de refermer la porte automatique avec un petit boîtier télécommandé. Aussitôt, eux et le véhicule se retrouvèrent plongés dans une semi-pénombre. Francis en profita pour détacher leurs ceintures et enlacer son protégé.

- Tu as 21 ans maintenant...

- Et toi tu es vieux, ricana-t-il.

- Je le suis trop pour toi ?

Question rhétorique, puisqu'il se laissa faire lorsque Arthur croisa l'une de ses jambes avec la sienne.

- Et moi, pas trop jeune ?

- Tu es encore un gamin.

- Rigole, rigole...

Francis fut prit au dépourvu lorsque le britannique actionna la poignée qui fit aussitôt descendre le siège, laissant plus d'espace libre. Et il se baissa.

Pour conclure leur histoire secouée de hauts et bas absolument immoraux, stupides et sauvés de justesse... tout les deux ne trouvèrent pas meilleure activité que de se retrouver dans une étreinte aussi passionnée que la première fois, et amoureuse que la seconde.


... Voilà 8D Ahem. ... Vous êtes encore là, oh.

Très franchement, je n'ai rien à ajouter xD A part remercier tout ceux qui ont eu le courage - et surtout la PATIENCE - de lire jusqu'ici, et de reviewer à chaque fois, merci infiniment ! Pour parler projet, je ne vais pas proposer de nouvelle fanfiction, mais plutôt en reprendre une. Ceux qui me suivent doivent connaître l'existence d'un petit quelque chose qui n'a pas bougé depuis longtemps... il est temps de l'update !

Encore une fois, merci d'en être arrivé là, et débizou c: