I used the deadwood to make the fire rise
J'ai utilisé le bois mort pour alimenter le feu

The blood of innocence burning in the skies
Le sang de l'innocence brulant dans le ciel
I filled my cup with the rising of the sea
J'ai rempli ma coupe avec de l'eau de mer
I poured it out in an ocean of debris
Et je l'ai reversé dans un océan de débris

Chapitre Un : Je me rappelle des cieux noirs, la foudre tout autour de moi

Minerva McGonagall retira ses lunettes d'un geste las et passa brièvement ses mains sur son visage. Elle contempla un instant encore les piles de lettres soigneusement ordonnées dans un coin du bureau, destinées aux élèves de Poudlard de la première à la sixième année, tous redoublants en raison des événements passés et poussa un soupir. Destinées aux survivants, plutôt, songea la directrice, tandis que le visage de Colin Crivey s'insinuait dans son esprit. Repoussant l'image du jeune garçon dans un coin de sa tête, Minerva considéra la liste des septièmes années redoublants, posée juste en face d'elle, d'un oeil sombre.

- Je vous suggère les carambars au caramel.

Le professeur McGonagall tourna lentement la tête vers la gauche et fixa intensément le portrait d'Albus Dumbledore qui venait de s'adresser à elle.

- Je vous demande pardon ? répliqua-t-elle d'un air guindé.

- Les carambars au caramel, répéta poliment l'ancien directeur. Ce sont des friandises crées par les moldus. Ils m'étaient très utiles lorsque j'avais un choix important à effectuer. J'ajoute que les plaisanteries inscrites sur les emballages sont très recherchées et tout simplement hilarantes.
- Pour l'amour du ciel, Albus, cessez de vouloir constamment m'initier à toutes les sucreries moldues possibles et inimaginables !

Minerva prit son front entre ses mains et laissa échapper un nouveau soupir d'où perçait une once de désespoir.

- Il est vrai que vous n'avez jamais été très réceptive à ce sujet. Il y a dix-huit ans déjà, alors que je vous proposais un esquimau au citron...
- Que feriez-vous Dumbledore ? l'interrompit-elle soudainement. Que feriez-vous à propos des Serpentards ?
- Ma chère Minerva, je crois que vous ne posez pas la bonne question, nous étions suffisamment proches pour que vous ayez une idée de la décision qui aurait été mienne. Je pense plutôt que vous souhaitiez savoir laquelle est la bonne.
- Je n'y arriverai pas Albus, reprit-elle, tandis qu'elle agrippait nerveusement son cou du bout des doigts. Je ne suis pas comme vous, prête à toujours laisser une seconde chance, quitte à tolérer de graves erreurs, je ne peux pas.

Le professeur McGonagall se leva de son fauteuil, ouvrit en grand la fenêtre située derrière son bureau et saisit d'une main la balustrade. L'air était sec, étouffant et le parc de Poudlard étrangement silencieux, comme si la nature attendait l'arrivée des élèves pour se remettre en vie.

- Il n'y a pas de bon choix, Minerva. Il y a simplement vos choix. Croyez-vous que mes prédécesseurs auraient pris toutes les décisions que j'ai moi-même prises ? Chaque directeur de cette école était pourvu d'une personnalité forte, rare et unique. Il s'agit de ce que vous pensez être le mieux pour Poudlard. Mais si vous êtes en proie à un doute si puissant, c'est peut-être parce que ce choix n'est pas le plus en accord avec ce qui vous semble juste.

Le professeur McGonagall retourna s'asseoir face à son bureau avec une certaine réticence. Elle s'empara de sa baguette magique d'une main et de la liste d'une autre. Les lettres adressées aux élèves de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle étaient toutes préparées et étalées sur le devant du bureau, seuls les noms des septièmes années de Serpentard demeuraient sur le parchemin. D'un mouvement sec du poignet, elle effaça le nom de Pansy Parkinson de la liste. Cette élève qui avait suggéré de livrer Potter aux mangemorts n'était pas digne d'étudier à Poudlard. La directrice condamnait depuis toujours les actes de lâcheté, le manque d'honneur et de loyauté. Minerva laissa inscrits les noms des Serpentards qui avaient su garder une certaine discrétion durant la guerre, ceux qui avaient manifesté le moins d'animosité et marqua un arrêt face aux noms restants. Elle déglutit puis releva fièrement le menton avant de faire disparaître Montague et Goyle. Sa baguette hésita en face du nom de Zabini. Après un court instant de réflexion, une lettre au nom de l'élève apparu au-dessus des autres, et le professeur McGonagall déposa le parchemin à plat sur son bureau, méditant sur le sort du seul élève de la liste pour lequel elle n'avait pas encore pris de décision, Drago Malefoy. La directrice tourna à nouveau la tête vers le portrait de Dumbledore. Celui-ci se contenta de la regarder calmement, par-dessus ses lunettes en demi-lune.

Sans un mot, Minerva s'adossa au fauteuil et tendit le bras vers un paquet de tritons au gingembre. Elle en sortit un biscuit qu'elle tourna et retourna entre ses doigts, les yeux perdus dans le vague. Le rire, pourtant discret, d'Albus la sortit de ses pensées, et, lançant un de ses célèbres regards fiers à l'ancien directeur, elle mordit dans le gâteau d'un air rempli de détermination.


Molly Weasley agita sa baguette magique en direction de la table de la cuisine et les trois oeufs au plat, recouverts de bacon, qui venaient de cuire se glissèrent docilement dans l'assiette qui leur était destinée. Molly repoussa d'une main les rideaux de la fenêtre et regarda d'un air soucieux le plus jeune de ses fils s'agiter dans le ciel.

Ron s'acharnait depuis des heures à lancer de toutes ses forces un souaffle à travers l'unique anneau du terrain de Quidditch des Weasley. Chaque fois qu'il marquait, la balle traversait le cercle et venait heurter violemment le chêne qui se trouvait derrière.

- Ron, descends s'il te plaît !

Le souaffle traversa une dernière fois l'anneau et percuta l'arbre, provoquant une pluie de feuilles de chêne sur le sol. Ron atterrit, descendit de son balai et rejoignit sa mère.

- Mange un morceau mon chéri, lança Mme Weasley dès que son fils eut franchi le seuil de la cuisine.
- Merci, j'ai pas faim.
- Mais tu n'as rien avalé ce matin !

Ron la fixa, l'air impassible. Il s'assit face à l'assiette et engloutit son contenu en quelques minutes. D'un coup de baguette il la nettoya puis la fit léviter jusqu'à un placard. Il s'apprêtait à quitter la pièce mais il se ravisa et se rapprocha de sa mère. Il la saisit par les épaules et l'embrassa sur le haut de la tête.

- Ne t'inquiète pas autant. Ca va.

Comme paralysée, Molly regarda son fils grimper les escaliers qui menaient à sa chambre et elle s'empressa de sortir dans le jardin pour chasser les gnomes qui revenaient, chaque année. Il fallait qu'elle s'occupe l'esprit pour ne pas penser, pour ne pas pleurer. La récente attitude protectrice de Ron lui était douloureuse. Ce changement de comportement résultait de la mort de Fred et il ne fallait pas qu'elle y pense. C'était contre-nature et insoutenable, les enfants ne mourraient pas avant les parents, non. C'était d'une absurdité abyssale. Fais quelque chose Molly, s'ordonna-t-elle mentalement. Marche, cours, agite ta baguette, mais ne pense pas. Si tu penses, tu tombes et si tu tombes, tu ne te relèves pas.


- Alors, ça raconte quoi ? demanda Ron à Hermione, après avoir refermé la porte de sa chambre et laissé tomber son balai dans un coin de la pièce.
- Pas grand chose pour l'instant, répondit-elle en tournant une page de La Gazette du Sorcier. Comment ça va ?
- Bien, merci.
- Pas toi, l'arbre, rétorqua-t-elle. On l'a entendu trembler d'ici.
- Ah. Il s'en remettra. Arrête ça Coq, ordonna Ron au hibou qui lui mordillait affectueusement le bras.
- George est passé tout à l'heure, lança Harry après un bref silence. Il voulait te donner quelque chose en mains propres et comme tu étais occupé, il a dit que tu n'aurais qu'à passer au magasin dans la journée.
- Parfait. Tu v...
- Malefoy est à Azkaban ! le coupa Hermione, l'air interdite.
- Quoi ?
- Il a infligé cinq sortilèges Doloris à un membre du Magenmagot... Il en a pour deux mois, et encore, il n'a pas été condamné à la peine complète en souvenir des généreux dons que son père avait fait au Ministère...
- Quel crétin, marmonna Ron.
- Qu'est ce qui lui a pris ? s'enquit Harry.
- C'était l'un des membres de la Cour qui a condamné son père, apparemment ils se sont croisés par hasard, et il aurait provoqué Malefoy à ce sujet...
- Il a toujours été d'une loyauté à toute épreuve envers sa famille, conclut Harry avec une moue.
- Ouais, mais ça l'a jamais empêché de rabaisser les notres, répliqua Ron d'un ton hargneux.
- Il est rancunier. Et orgueilleux, ajouta simplement Hermione. Il n'a jamais pardonné à Harry de ne pas avoir voulu lui serrer la main. Mais c'est une bonne chose puisqu'il a une dette envers nous.
- Il n'a aucune dette, la contredit Harry.

Ses deux amis lui lancèrent un regard interrogateur.

- Quand je me suis réveillé dans la forêt, Voldemort a envoyé quelqu'un s'assurer que je ne respirais plus. C'était la mère de Malefoy. Elle lui a mentit.

Ils restèrent silencieux, méditant sur cette révélation. Hermione reporta son regard sur le journal, où une photo de Drago Malefoy la regardait d'un air sombre et menaçant.


Paroles de chanson : Burning In The Skies, Linkin Park

Titre : New Divide, Linkin Park