Dancing bears, painted wings
Des ours dansants, des ailes peintes
Things I almost remember
Ces choses dont je me souviens presque
And a song, someone sings
Et une chanson, que quelqu'un chantait
Once upon a December
Une fois en Décembre
Someone holds me safe and warm
Quelqu'un me garde saine et sauve
Horses prance through a silver storm
Les chevaux caracolent à travers une tempête argentée
Figures dancing gracefully
Des images dansent gracieusement
Across my memory
Autour de ma mémoire
Chapitre Six : Ça me hante encore, chaque nuit.
- Tu es une incapable, Cissy. Pourquoi le Seigneur des Ténèbres n'est-il pas là ?
- Le Seigneur des Ténèbres a été détruit, il est imp...
- Tais-toi ! vociféra Bellatrix.
Elle s'approcha de sa soeur d'un pas menaçant.
- J'ai été tuée par cette traître à son sang de Weasley. Lui aussi est mort pendant la bataille, ajouta-t-elle en lançant un regard dédaigneux à l'homme qui se tenait près d'elle, et pourtant nous sommes là, devant toi. Alors explique-moi, Cissy, pourquoi le Maître n'est pas ici avec nous.
Un silence glacial s'installa dans la pièce. Narcissa Malefoy serrait la Pierre de Résurrection si fort dans sa main qu'elle commençait à sentir les extrémités écorcher la chair de sa paume.
- Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'insister, Bellatrix. Tu connais le Conte des Trois Frères, tu devrais donc trouver la réponse à cette question par toi-même, à moins que la mort aie définitivement annihilé tes capacités de réflexion.
Lentement, la sorcière se tourna vers l'homme qui venait de la provoquer.
- TOI ! Tu ne...
- Ca suffit !
Narcissa sursauta en entendant la voix de son mari, qui venait de faire irruption dans le salon de leur Manoir. Lucius prit place dans un fauteuil, près de la cheminée où s'élevaient des flammes d'un violet sombre.
- Tu ne feras pas revenir le Seigneur des Ténèbres, Bellatrix.
- Tu ne le regrettes pas, n'est-ce-pas Lucius ? Tu avais tellement peur de Lui, cracha-t-elle d'un air mauvais.
- Si tu as soif de vengeance, si tu veux poursuivre son oeuvre, en revanche... poursuivit Malefoy, sans relever la remarque de sa belle-soeur, Drago sortira d'Azkaban à la fin du mois d'Octobre. Narcissa fera le nécessaire pour qu'il retourne à Poudlard, d'une manière ou d'une autre. Et toi, ajouta-t-il en se tournant vers l'homme qui se tenait près de Bellatrix, tu nous apporteras également ta contribution.
Severus Rogue pinça légèrement sa lèvre inférieure, en s'efforçant de conserver un visage neutre.
- Et en quel honneur ?
- Alan Prince. Tu ne l'as pas oublié, j'imagine ?
Lucius esquissa un sourire en apercevant une ombre passer sur le visage de Rogue.
- Cissy t'expliquera en temps voulu.
Sur ces mots, Malefoy se leva du fauteuil et quitta la pièce. Bellatrix lâcha un rire méprisant, tandis que Severus dévisageait Narcissa. Un tic nerveux agitait la paupière gauche de cette dernière, et son regard, perdu dans les flammes qui crépitaient dans la cheminée, annonçait un futur aussi sombre et tranchant que la pierre froide qu'elle tenait toujours dans sa main.
- Tiens. Cadeau pour la rentrée.
Hermione prit le parchemin que George lui tendait.
- Carte de Pré-au-Lard façon Maraudeurs. Enfin, façon Weasley, plutôt.
- Il y a une différence ?
- Beaucoup plus performante ! affirma George avec un large sourire. Des mois à travailler dessus nuit et jour pour la terminer tout seul. Enfin, pour être honnête, Kingsley m'a un peu aidé.
- Shacklebolt ?
- On avait eu l'idée d'ensorceler la carte avec un double enchantement. Hominum revelio et Legilimens. C'était trop complexe sans l'aide d'un Auror.
Hermione resta pensive quelques instants.
- Donc tu es en train de dire que la carte peut lire dans les pensées des personnes qui se trouvent dessus ? demanda-t-elle d'un air sceptique.
- Pas tout à fait, rectifia George, elle t'indique juste la nature de leurs intentions avec une couleur différente. Regarde.
Il étendit la carte sous les yeux d'Hermione, après l'avoir activée d'un coup de baguette. Il pointa du doigt Abelforth Dumbledore, en train de faire les cent pas à La Tête de Sanglier. Son nom s'étalait en lettres dorées.
- Couleur or, intentions bienveillantes. Noir, intentions malveillantes, poursuivit-il, en désignant Blaise Zabini, qui venait d'entrer aux Trois Balais.
Une trentaine de noms s'agitaient ainsi, sur la carte, dorés ou sombres.
- C'est... C'est un sort très impressionnant, George.
- Tu en feras bon usage. Ne la laisse pas traîner vers Ron, ajouta-t-il, avec un clin d'oeil, avant de s'éclipser.
Hermione donna à son tour un coup de baguette sur la carte, pour qu'elle redevienne un parchemin vierge, avant de la plier et de la ranger dans sa valise, déjà prête pour sa rentrée en dernière année à Poudlard, qui débuterait dans deux jours.
- Ne la laisse pas traîner vers Ron... marmonna-t-elle en jetant un coup d'oeil par la fenêtre.
Dehors, le plus jeune garçon Weasley s'acharnait encore à fracasser le souaffle contre l'un des chênes du jardin.
- Ne la laisse pas traîner vers Ron, conclut Hermione, comme pour se convaincre.
- Il viendra de lui-même... Foutaises !
Minerva McGonagall abattit sa main droite sur son bureau avec agacement. L'une des choses que la Directrice de Poudlard détestait le plus au monde, était le sentiment de ne pas maîtriser la situation. Et concernant le poste de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, toujours vacant, elle n'avait pas l'impression de contrôler quoi que ce soit.
Albus dormait profondément dans son cadre, et, même si elle le réveillait, Minerva savait pertinemment qu'il ferait mine de ne pas entendre. Severus, lui, était absent de son tableau depuis plusieurs jours pour une raison inconnue, une chose de plus qui échappait à son contrôle. La Directrice se leva rageusement et se dirigea vers la fenêtre pour inspirer une bouffée d'air frais.
Elle promena son regard sur le parc du Château qui s'étendait devant elle. Le soleil faisait scintiller le lac, mais la brise qui soufflait entre les arbres annonçait la fin du mois d'Août, qui laisserait bientôt sa place à Septembre, où débuterait une nouvelle année scolaire à Poudlard. Bientôt, le parc serait rempli d'élèves nouveaux, mais aussi d'élèves qu'elle connaissait bien, et surtout, il serait vide de tous ceux qui n'y reviendraient jamais. De jeunes sorciers étaient morts dans l'enceinte de ce château, qu'il avait fallu reconstruire, et il manquait toujours un professeur, indispensable pour que les futurs arrivants soient en mesure de se protéger, et que les événements de l'été passé ne se reproduisent plus jamais.
Minerva passa une main lasse sur son visage, lorsqu'un raclement de gorge, grave et rauque, la sortit de sa réflexion.
- Par Merlin, Severus, où étiez-vous passé ?
- Je ne crois pas avoir pour obligation de rendre des comptes à chaque fois que je m'absente, répondit l'ancien Maître des Potions d'une voix doucereuse.
La Directrice leva les yeux au ciel et contint une réplique cinglante.
- J'ai crû comprendre que vous rencontriez des difficultés avec le poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal, reprit-il.
- Et bien, je ne crois pas avoir pour obligation de...
- D'après Rusard, il y aurait une personne intéressée par ce poste qui serait actuellement en train d'attendre devant l'enceinte du château.
Le Professeur McGonagall s'efforça de ne pas laisser la surprise transparaître sur son visage.
- Parfait. Dites-lui de la faire entrer.
- Vous servir de hibou ne fait pas non plus partie de mes obligations, Minerva.
- Très bien. Phineas, allez-y.
- Mais enfin...
- Phineas !
L'ancien Directeur disparut de son tableau, sous le regard courroucé de l'Ecossaise. Phineas Nigellus revint quelques minutes plus tard, tandis que l'actuelle Directrice tapotait distraitement son bureau d'une main.
- Elles arrivent, annonça-t-il.
- Elles ?
Le Professeur McGonagall n'eût pas le temps de songer à faire disparaître toute manifestation extérieure d'étonnement car trois coups secs, frappés à la porte de son bureau, retentirent au même instant.
- Entrez.
Grande, brune, posture très droite, pensa la Directrice en observant la femme qui venait de faire irruption dans la pièce, notant au passage la jeune fille blonde qui l'accompagnait.
Cette dernière resta en retrait, tandis que la femme s'avança jusqu'au bureau.
- Minerva, la salua-t-elle, avec un bref signe de tête.
Seulement alors, elle la reconnut. Le Professeur McGonagall prit le temps de retirer ses lunettes, de les plier lentement puis de les poser devant elle. Affichant un air impassible, elle s'ordonna mentalement de se cliver de toute émotion, puis reporta son attention sur son interlocutrice.
- Elisabeth.
- Lisa. Professeur Lewellyn, si vous m'accordez le poste.
- Lewellyn ?
- J'ai préféré garder le nom de ma mère. Et si j'exerce ici, nous éviterons ainsi toute confusion.
Minerva croisa les mains calmement.
- Et pourquoi es-tu intéressée par ce travail ?
- Par Merlin, Minerva, sommes-nous vraiment obligées ? Vous avez besoin d'un professeur, j'ai besoin d'un travail. Compte tenu des délais impartis, je vous accorde que je ne vous laisse pas le temps nécessaire pour vérifier mes compétences, mais vous n'avez pas vraiment le choix. Croyez bien que si j'avais pu choisir également, nous n'aurions pas quitté la France pour venir ici.
Des centaines de questions se bousculaient dans l'esprit de la Directrice. Comment Lisa avait-elle entendu parler du poste vacant ? Pourquoi avait-elle besoin d'un travail ? Pourquoi n'avait-elle pas cherché ailleurs ? Puis elle se souvint qu'elles n'étaient pas deux, mais trois personnes dans la pièce.
- Qui est-ce ? demanda l'Ecossaise, en désignant la jeune fille blonde.
Lisa sembla hésiter l'espace d'un instant.
- Approche, Eryne.
Cette dernière s'avança à la hauteur du bureau et fixa un court instant le Professeur McGonagall dans les yeux, avant de laisser son regard s'échapper plus loin, vers la fenêtre.
Blonde, pâle, absente, ne pût s'empêcher de penser la Directrice.
- Ma fille. Elle a terminé ses quatre premières années à Beaubâtons. S'il te plaît, enchaîna Lisa rapidement, en s'efforçant d'être plus aimable. Je ne serai pas venue avec elle jusqu'ici si je n'avais pas les capacités pour le poste et si je n'en avais pas vraiment besoin.
Minerva pinça les lèvres. La fille de Lisa. Agée d'une quinzaine d'années. Ne calcule pas, clive-toi, s'intima la Directrice, par la pensée. Elle jeta un coup d'oeil au cadre de Dumbledore et se remémora les paroles de leur dernière conversation. Il n'y a pas de bons choix, Minerva. Il y a simplement vos choix. Elle devait choisir à l'instinct.
- Ce n'est pas si simple.
Lisa soupira bruyamment.
- Je me doute que vous avez beaucoup de questions, mais...
- Effectivement, j'en ai un certain nombre, mais comme tu l'as très justement souligné, nous sommes pressées par le temps, alors je me contenterai d'une seule réponse pour l'instant : es-tu sûre de toi ? Depuis que j'enseigne dans cette Ecole, je n'ai pas le souvenir qu'un élève se soit inscrit à Poudlard pour la première fois lors de sa cinquième année. Eryne devra participer à la cérémonie de répartition dans les quatre maisons avec les Premières années, elle ne passera pas inaperçue. Et si tu es son Professeur, tu devras la traiter comme n'importe quel autre élève.
La jeune femme détailla silencieusement sa fille.
- Je sais.
Elisabeth se retint d'ajouter quoi que ce soit. Elle aurait aimé justifier son choix, mais toute information supplémentaire déboucherait sur une nouvelle interrogation de sa tante, et il en était hors de question.
- Très bien, conclut Minerva. Rusard va te montrer tes appartements. Eryne peut les partager avec toi en attendant qu'un dortoir ne lui soit attribué.
Lisa acquiesça en envisageant ce qui les attendait pour les jours à venir. Sa tante ne la garderait pas sans explications. Elle devrait faire ses preuves en tant que Professeur, inventer un prétexte cohérent, crédible, et surtout, protéger Eryne. Elle posa à nouveau son regard sur cette dernière.
Eryne avait toujours les yeux fixés en direction de la fenêtre et remuait doucement les lèvres, sans bruit.
- Je t'attends dans le couloir, lui chuchota Lisa, avant de quitter le bureau.
Minerva McGonagall contempla la jeune fille d'un air perplexe et se retourna pour tenter de comprendre ce qui la captivait autant. Malgré sa vue légèrement troublée par la fatigue et l'absence de lunettes, ce fut l'instinct animal qui les repéra. L'instinct du chat, prédateur.
Une poignée de minuscules oiseaux au plumage iridescent s'agitaient, juste au-dessus de la balustrade. Mellisuga Helenae.
La Directrice fronça les sourcils, réfléchissant à toute vitesse, puis se tourna vers Eryne.
- Miss Lewellyn, tout va bien ? demanda-t-elle, en s'efforçant d'employer un ton neutre.
La jeune fille tressaillit légèrement et se força à détourner son regard vers le sol.
- Nourrissez les corbeaux, murmura-t-elle, en tirant sur une manche de son pull.
- Je vous demande pardon ?
- Tout va bien, se reprit Eryne en relevant la tête et en esquissant un sourire. J'aime pas les oiseaux, c'est tout, ajouta-t-elle, avant de quitter la pièce à son tour.
Le Professeur McGonagall posa ses coudes sur le bureau, ferma les yeux et se massa les tempes.
- Elle a dit « Nourrissez les corbeaux ».
- Vous êtes trop aimable Severus, mais j'avais entendu. Cette phrase n'a aucun sens !
- C'est un proverbe Moldu.
- Par pitié Albus, ce n'est pas le moment de...
- Ma chère Minerva, sachez que cette phrase a beaucoup de sens si on connaît le proverbe dans sa totalité.
- Et donc ?
- Nourrissez les corbeaux... répéta Dumbledore.
- Et ils vous crèveront les yeux, acheva Rogue.
Paroles de chanson : Once Upon a December, Liz Callaway
Titre : Undone, FFH
