Are you happy out there in this great wide world ?
Es-tu heureux, dehors, dans ce vaste monde sans fin ?
When you lay your head down
Quand tu reposes ton esprit
How do you sleep at night ?
Comment fais-tu pour arriver à dormir ?
Those scars run deep inside this tattooed body
Ces cicatrices vivent, enfouies dans ce corps tatoué
There's things I'll take, to my grave
Il y a des choses que j'emporterai jusque dans ma tombe

Chapitre Huit : C'était moi le mouton noir de la famille

- Et maintenant, que chacun regagne son dortoir ! Les Premières années, je vous prie de bien vouloir suivre les Préfets de vos Maisons respectives, annonça la Directrice. Et toi, ajouta-t-elle plus bas et d'un ton ferme, à l'attention de Lisa, dans mon bureau.

Malgré le brouhaha causé par les élèves en effervescence, Elisabeth entendit quelqu'un l'interpeller, alors qu'elle s'apprêtait à suivre le Professeur McGonagall. En se retournant, elle fit face à Horace Slughorn.

- J'ai pensé que ce soir, vous auriez peut-être besoin d'un peu... De chance, hasarda-t-il, souriant.

Il fit discrètement glisser de sa main un petit flacon, qu'il laissa tomber dans une poche de la robe de Lisa, puis s'éloigna d'un air jovial. Elisabeth toucha l'objet à travers le tissu. Elle n'avait pas pour habitude de faire confiance à qui que ce soit. Elle se remémora qu'un peu plus tôt dans la journée, Narcissa lui avait précisé que les plans avaient légèrement changé. Elisabeth avait trouvé cette dernière amaigrie, pâle et angoissée. Sa Gardienne du Secret n'avait pas voulu lui divulguer en quoi consistaient les fameux plans, elle lui avait simplement rappelé que sa dette serait payée si elle parvenait à faire rentrer Drago à Poudlard, et à veiller sur lui tant qu'il y serait. Narcissa avait ajouté que Slughorn, le Maître des Potions et Directeur des Serpentards, serait de leur côté. Et, juste avant de partir, elle lui avait conseillé de tenir Eryne à l'écart de cette Maison.
Elisabeth était restée perplexe face à ces informations contradictoires. Comment pouvait-elle faire confiance au Directeur d'une Maison dont sa fille devait absolument restée éloignée ? Pour ne rien arranger, Eryne n'avait pas pu aller contre la décision du Choixpeau et allait donc être, inéluctablement, confrontée aux Serpentards.
La sensation d'être intensément regardée interrompit immédiatement le cours de sa réflexion. Le Professeur McGonagall se tenait, raide et droite, sur le seuil de la porte. A contrecoeur, Elisabeth la suivit pour s'engager à sa suite, dans le couloir qui menait à son bureau. La Directrice marchait d'un pas décidé, visiblement contrariée. Lisa jeta un rapide coup d'oeil à la fiole, cachée dans la poche de sa robe. Elle contenait un liquide doré. Un peu de chance, avait-il dit.
En apercevant la Gargouille, au bout du couloir, Elisabeth décida qu'elle n'avait pas le temps de vérifier s'il s'agissait bien de Felix Felicis et but deux rapides gorgées. Si cette potion pouvait lui éviter des questions dérangeantes sur la Répartition d'Eryne à Serpentard, elle songea qu'elle ne manquerait pas de remercier chaleureusement le Professeur Slughorn.

- Animagus, affirma la Directrice à la Gargouille, qui s'écarta pour leur dévoiler des escaliers en colimaçon.

Pas très original, estima Lisa, avant de se sentir envahie par une agréable chaleur apaisante.

Débarrassée de toute forme d'angoisse, elle s'apprêtait à pénétrer dans le bureau Directorial, lorsqu'elle heurta le Professeur McGonagall, qui s'était figée sur place, sans prévenir.

- Bonsoir, Minerva.

- Kingsley, salua la Directrice, en abaissant sa baguette.

Elle fit le tour de son bureau pour faire face à Shacklebolt.

- Bien que je sois tout à fait ravie de votre nomination au poste de Ministre de la Magie, j'apprécierai particulièrement que vous ayez l'amabilité de me prévenir de votre arrivée. La Guerre n'est pas si loin derrière nous et j'ai tendance à être quelque peu sur la défensive, voyez-vous.

Kingsley inclina la tête dans sa direction, avec obligeance.

- Navré Minerva, mais je devais impérativement m'entretenir avec vous au sujet de la Réforme et mes obligations ne m'ont pas permis de me libérer avant ce soir. Par ailleurs, la nouvelle sera en Une de La Gazette du Sorcier demain et je préférais vous en informer personnellement.

- La Réforme ? s'enquit la Directrice, en fronçant les sourcils.

- Au sujet d'Azkaban. Vous conviendrez comme moi que les conditions de vie des prisonniers laissent à désirer, principalement à cause des Détraqueurs.

Minerva acquiesça instantanément, en se remémorant l'espace de quelques secondes les sensations provoquées par ces terrifiantes créatures.

- Kingsley, reprit-elle, ses sourcils se plissant à nouveau, vous ne songez tout de même pas à les relâcher en pleine nature ?

- Bien évidemment, non. La Réforme n'est pas tout à fait aboutie, pour être honnête. Les membres du Département de contrôle et de régulation des créatures magiques sont toujours en train de chercher une solution les concernant. ils ont été retardés dans ce travail à cause des fortes migrations de Mellisuga Helenae vers la Grande-Bretagne qui ont eu lieu ces dernières semaines.

Le visage du Professeur McGonagall se crispa légèrement.

- Et donc, cette Réforme ? s'empressa-t-elle de demander, pour garder une contenance.

- Et bien, lors de ma présentation au Premier Ministre Moldu, comme vous vous en doutez, nous avons eu une conversation au sujet de la Guerre et nous avons eu l'occasion de parler de l'organisation de la justice chez les non-sorciers. Savez-vous en quoi consistent les Travaux d'Intérêt Général, Minerva ?

- Une sorte de... Peine alternative à l'emprisonnement ? hésita la Directrice, se rappelant vaguement d'une ancienne conversation avec le Professeur Burbage.

- Exactement. Azkaban est surpeuplé depuis la fin de la Guerre, et tant que les Détraqueurs sont là, j'estime que certains délits peuvent être punis par une mise à l'épreuve moins... Douloureuse.

- Très bien, déclara le Professeur McGonagall, après tout vous savez ce que vous faites, et tant que vous ne remettez pas des Mangemorts en liberté, je ne vois pas vraiment en quoi cela concerne Poudlard.

- J'y venais, reprit Shacklebolt. Le Département des Mystères m'a informé que l'Orphelinat des Sorciers Mineurs En Danger a été détruit pendant la Guerre. Nous avons donc besoin d'un nouvel emplacement pour les accueillir, et d'un nouveau chargé de mission.

La Directrice s'assit lentement sur son fauteuil et retira ses lunettes. Peu d'élèves choisissaient l'Etude des Moldus comme Option, ce qui laissait à Charity Burbage le temps d'aller recueillir les enfants sorciers repérés par le Ministère comme étant en situation de danger, la plupart du temps à cause de leur différence non-maîtrisée, pour les placer en sécurité à l'Orphelinat.

- J'ai songé à Pré-au-Lard pour l'emplacement, poursuivit Kingsley, voyant que Minerva ne réagissait pas. Abelforth est d'accord pour faire quelques rondes et garder un oeil sur le chargé de mission. Si, de votre côté, vous pouviez lui fournir les anciens appartements du Professeur Burbage, et éventuellement désigner un enseignant qui se porterait garant de son comportement dans l'enceinte du Château...

- Kingsley, amorça la Directrice lentement, à mesure que les diverses informations se connectaient entre elles dans son esprit, vous êtes venu me demander d'héberger un détenu d'Azkaban à Poudlard ?

- Minerva, considérez-cela comme une chance pour lui de se racheter dans la société. Personne ne mérite la présence permanente des Détraqueurs et il est tout juste majeur. Par ailleurs, nous avons vraiment besoin de quelqu'un pour cette tâche, elle ne saurait être mise de côté et de tous les détenus, c'est lui qui a le casier judiciaire le moins lourd.

La Directrice renifla d'un air légèrement méprisant.

- Et qui est ce charmant individu ?

- Drago Malefoy.

- Non ! Le Professeur McGonagall se leva et dévisagea furieusement le Ministre, de toute sa hauteur. Avec tout le respect que je vous dois Kingsley, il est hors de question qu'une personne, avec la Marque des Ténèbres gravée sur l'avant-bras, franchisse le seuil de cette école ! N'envisagez pas une seule seconde d'obtenir mon approbation. Vous n'y pensez pas Kingsley, Malefoy, vraiment ? Et lorsqu'il s'agira d'aller récupérer des enfants en danger nés-moldus, que croyez-vous qu'il fera ?

Shacklebolt croisa les mains pour préserver son calme et regarda gravement la Directrice de Poudlard.

- Drago Malefoy a grandit dans une famille de sorciers aux opinions douteuses quant au statut du Sang et des idées de Voldemort. Toute sa vie il a été conditionné par son environnement et les discours qu'il entendait.

- Par pitié Kingsley, épargnez-moi la grande plaidoirie de l'Avocat du Diable, répliqua sèchement le Professeur McGonagall.

- Ses parents ont été graciés, puisque Narcissa Malefoy a collaboré à notre victoire sur Voldemort. Vous savez que Drago a reçu la Marque et la mission de tuer Albus comme punition du Seigneur des Ténèbres pour l'échec de Lucius. Il n'a tué personne, torturé personne, à part l'Endoloris qui lui a valu d'être emprisonné...

- Je sais, l'interrompit sèchement Minerva, je l'ai lu dans les journaux.

- Il a également feint de ne pas reconnaître Harry Potter lorsque celui-ci a été emmené au Manoir des Malefoy.

- Un vrai héros, cingla la directrice, les dents serrées.

- D'autre part, les Aurors du Département de la Coopération Magique Internationale recherchent toujours activement les Mangemorts qui ont fuit, ou qui sévissaient déjà, à l'étranger. L'un d'eux, que nous avions repéré, s'est volatilisé il y a quelques jours. Et je dois vous avouer, qu'un espion nous aurait été précieux...

- Cette conversation tourne au ridicule, Kingsley. Un Mangemort, abrité dans cette école, pour s'occuper de l'Orphelinat des Sorciers Mineurs et jouer un double-rôle pour couronner le tout ? Comment pourrions-nous faire confiance à...

Dumbledore toussa discrètement, depuis son portrait.

- Monsieur Drago Malefoy s'avère très bon en Occlumancie, bien plus que Monsieur Potter, lança le portrait de Rogue, de sa voix doucereuse.

Minerva fusilla les deux cadres du regard.

- Je peux me charger de surveiller ce garçon quand il sera dans l'enceinte de Poudlard.

Shacklebolt se tourna vers la porte du bureau, où le Professeur McGonagall avait laissé Lisa.

- Lisa Lewellyn, annonça-t-elle avec un sourire poli, en tendant la main au Ministre, le nouveau Professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Et bien, je suis certain que le Professeur Lewellyn aura les capacités pour assister Monsieur Malefoy dans sa mission, assura Kingsley en se retournant vers la Directrice, après avoir serré la main d'Elisabeth.

Minerva pinça ses lèvres.

- Vous ne veniez pas me demander mon accord, n'est-ce pas ?

- En effet, admit humblement Shacklebolt. J'espérais toutefois réussir à vous démontrer que ce jeune homme seul ne peut pas représenter un réel danger. Peut-être qu'avec du temps et des preuves, vous finirez par être convaincue du bien-fondé de cette Réforme, Minerva, et que vos préjugés sur la capacité de rédemption de chacun s'estomperont.

Le cadre de Severus émit, à son tour, un léger toussotement.

- Nous resterons régulièrement en contact quant à cette mission. Portez-vous bien, Minerva, acheva le Ministre, en tendant la main au Professeur McGonagall.

- C'est cela, rétorqua la Directrice d'un ton glacial, en serrant la main de Kingsley.

Shacklebolt salua également Elisabeth et franchit la porte du bureau.

- Kingsley ! aboya la Directrice, pour le retenir.

Il se retourna tranquillement vers elle.

- Vous direz aux membres du Département de contrôle et de régulation des créatures magiques de se dépêcher avec les Mellisuga Helenae. Je ne tiens pas à ce que le Parc de Poudlard en soit rempli.

Le Ministre de la Magie s'inclina respectueusement et quitta la pièce, sans un mot. Le Professeur McGonagall s'assit de nouveau, en soupirant bruyamment. Elle massa ses tempes, geste qui commençait à devenir répétitif depuis qu'elle était Directrice.

- Professeur McGonagall ?

Minerva ouvrit les yeux.

- Vous m'aviez demandé de vous suivre dans votre bureau ? demanda Lisa.

La conversation houleuse avec le Ministre avait été longue et Elisabeth commençait à sentir les effets de la potion s'estomper. Elle ne put retenir une expression de soulagement, lorsque la Directrice lui tendit une liasse de parchemins qui contenaient l'emploi du temps de tous les Professeurs.

- Je vous laisse le soin de les remettre à chacun avant de regagner vos appartements.

Lisa acquiesça et s'éclipsa du bureau, ne sachant si l'absence de questions sur Eryne était dû à la fatigue de la Directrice ou à la chance provoquée par la Potion.
Après quelques minutes de silence, Minerva McGonagall se tourna vers le portrait de Rogue.

- Vous savez quelque chose. Et vous, cessez de faire comme si vous dormiez, ajouta-t-elle à l'attention de Dumbledore. J'ai besoin de vous deux. Faites-vous confiance à Drago Malefoy ?

- Ma chère Minerva, je suis au regret de vous apprendre qu'en tant que Directeurs de cette Ecole, nous sommes parfois amenés à accomplir des choses personnellement déplaisantes afin de découvrir la vérité par nous-mêmes.

- Albus, est-ce vraiment si compliqué de répondre par oui ou par non ? rétorqua le Professeur McGonagall, affligée à l'idée que sa nouvelle fonction de Directrice finisse par la rendre, elle aussi, sibylline.

- Le soir du 26 décembre 1974, Minerva, vous êtes venue dans mon bureau pour me demander...
- Je m'en souviens parfaitement, merci, coupa-t-elle. J'y suis parvenue toute seule.
- Nous parlons de Magie Ancestrale, Minerva. Comme je vous l'ai dit il y a quatre ans, bien que ce fût dans d'autres circonstances, seule l'acceptation de la réalité peut permettre la guérison.

La Directrice s'affaissa légèrement dans son fauteuil, tandis que Severus la dévisageait, gravement.

- Nous ne sommes pas aussi différents que je le pensais, lâcha-t-il, après tout.


- Pas tout compris, grommela Ron, en refermant l'exemplaire de La Gazette du Sorcier qu'Hermione et Harry avaient parcouru avant lui.

- En somme, tenta de résumer Hermione, les détenus d'Azkaban ayant été condamnés pour des délits plutôt... Mineurs, seront libérés pour effectués des Travaux d'Intérêt Général. C'est un travail, non rémunéré, supposé rendre service à la Société. Un travail d'entretien, de soin, de solidarité... Tu vois ?

Ron opina vaguement, tandis que Harry semblait se perdre dans la contemplation de son jus de citrouille.

- Un travail d'entretien... répéta-t-il, avant de pousser Harry avec son coude. Tu imagines ? Malefoy passer le balai avec Rusard...

Harry adressa un bref sourire à son ami et Hermione ne releva pas. Pour la première fois depuis longtemps, Ron avait affiché, l'espace d'une minute, un air réjoui.

- Tout va bien ? demanda Ginny, à voix basse.

Le Gryffondor acquiesça silencieusement, puis frôla son dos en se levant, suivi de ses deux meilleurs amis.

- Premier cours de Défense Contre les Forces du Mal, annonça-t-il, pour répondre à sa question muette.

- Toujours un peu d'appréhension, vu ce qu'on a dû supporter ces dernières années, ajouta Ron à l'attention de sa soeur, avant de rejoindre le groupe d'élèves de Septième année qui se dirigeait vers la porte de la Grande Salle.

Une fois arrivés au Troisième étage, ils eurent à peine le temps de remarquer qu'ils n'étaient qu'une quinzaine d'élèves, toutes maisons confondues, que la porte s'ouvrit sur le Professeur Lewellyn. Elle s'écarta et leur fit signe d'entrer, sans un mot.
En s'installant dans la salle, Harry remarqua d'abord un Scrutoscope, posé sur le bureau principal. En balayant la classe du regard, il nota également un Capteur de Dissimulation, une grande Glace à l'Ennemi dans le fond de la pièce et, à côté, une malle qui lui semblait familière. Harry inspira profondément et compta. La malle possédait sept serrures.

- Bonjour à tous, commença le Professeur Lewellyn, en s'installant debout, derrière son bureau. Puisque vous êtes ici aujourd'hui, c'est que je n'ai plus grand chose à vous apprendre. Si ce n'est de ne jamais rester sur vos acquis, en particulier pour ceux qui se destinent à une carrière d'Auror. Quel que soit votre niveau en Sortilèges et Maléfices, il ne faut jamais cesser de pratiquer, ni s'aviser de baisser sa garde.

C'était trop de coïncidences pour Harry. A moins que cette femme ne soit la petite soeur de Maugrey...

- Non Potter, je n'ai aucun lien de parenté avec Alastor Maugrey. Il m'a cependant enseigné quelques notions de base en matière de sécurité et de vigilance.

- Oh, mais je... Attendez, comment... ?

- Légilimancie informulée, répondit le Professeur Lewellyn. Elle agita sa baguette et ses deux derniers mots vinrent s'inscrire sur le tableau. C'est le résultat que vous devrez obtenir d'ici quelques mois, puisque cela vous sera demandé lors de vos ASPIC. J'imagine qu'à votre niveau, vous maîtrisez tous les Sortilèges Informulés ? Bien, reprit-elle, en voyant les élèves hocher la tête, vous verrez qu'en matière de Légilimancie, cela s'avérera aussi complexe qu'indispensable. Qui peut me dire pourquoi ? Oui, Miss... ?

- Granger, Professeur. La Légilimancie est une technique qui consiste à pénétrer l'esprit d'une personne pour extraire ou faire passer des pensées, des souvenirs ou des émotions. C'est une discipline qui demande beaucoup de concentration, de maîtrise et de volonté, tout comme l'Occlumancie recquiert une grande maîtrise de soi, afin de bloquer son esprit contre les tentatives de pénétration extérieure. La Légilimancie informulée se révèle très utile pour piéger son adversaire par surprise.

- Et lorsque l'Art de la Légilimancie est parfaitement maîtrisé, il permet de s'insinuer dans l'esprit d'une personne sans même que celle-ci s'en rende compte. C'était correct Miss Granger, dix points pour Gryffondor. Vous allez vous mettre en binôme, poursuivit le Professeur, et commencer à vous exercer. Vous pouvez utiliser la formule à voix haute, uniquement pour ce premier cours. Potter, cessez immédiatement de grimacer et venez avec moi.

Harry s'avança lentement vers le bureau principal. Il avait remarqué qu'ils étaient un nombre impair d'élèves, mais ne s'attendait pas à se retrouver, encore une fois, dans le rôle du cobaye d'un Professeur plus exercé que lui.

- J'ai crû comprendre, Potter, que vous aviez déjà quelques notions dans ce domaine.
- C'était davantage des cours d'Occlumancie que de...
- Je ne parlais pas de vos séances avec le Professeur Rogue, mais de votre connexion avec Voldemort.

Elisabeth ne laissa pas le temps à Harry de rétorquer.

- Je souhaiterais que vous testiez vos capacités sur moi, Potter. Allez-y.

Le Gryffondor déglutit péniblement. Il essaya de se remémorer la manière dont Rogue agissait sur lui, puis pointa sa baguette sur le Professeur Lewellyn. Legilimens, pensa-t-il, Legilimens. Harry se souvint qu'il devait vider son esprit et s'efforça de chasser toute forme de pensée, avant de se tendre en avant, essayant de tirer à lui quelque chose qui proviendrait de l'esprit du Professeur. Au bout d'une minute, il ne sentit plus le poids de son corps, et lorsqu'il ouvrit les yeux, tout était noir autour de lui. Il semblait coincé dans une sorte de pièce opaque, totalement obscure, puis, tout d'un coup, une force le fit basculer en arrière.
Etourdi, Harry ouvrit les yeux une nouvelle fois, se retrouvant cette fois-ci dans la salle de classe.

- C'était très bien, Potter. Cinq points pour Gryffondor.

- Mais je n'ai rien vu, objecta Harry.

- Potter, pensez-vous réellement que je vous aurais demandé de tester mon esprit si je n'étais pas complètement certaine de pouvoir le contrôler parfaitement ? demanda sèchement le Professeur Lewellyn. Pas la peine de répondre, c'était une question purement rhétorique. Allez rejoindre un binôme, vous devriez avoir de vrais résultats cette fois-ci.

Harry acquiesça et se détourna pour chercher Ron et Hermione, en se demandant si, finalement, entre son autorité et sa justesse, le Professeur Lewellyn n'était pas plutôt la petite soeur du Professeur McGonagall.

- Et par Merlin, Potter, si vous ne cessez pas immédiatement de m'affilier à chaque personne que vous connaissez, vous serez en retenue d'ici ce soir.

Harry s'empressa de rejoindre ses deux amis.

- Alors ?

Hermione haussa les épaules.

- J'ai vaguement aperçu que Ron pensait encore à son petit-déjeuner. Tu veux bien essayer avec moi ?

Harry accepta, d'un mouvement de tête. La Gryffondor pointa sa baguette sur lui, et il tenta, une nouvelle fois de se vider de ses émotions. Il ressentit une légère pression contre son crâne et s'efforça de pousser, avec son esprit, dans le sens contraire, avec toute la volonté dont il était capable.

Une loutre argentée tournoyait autour d'Hermione, tandis qu'elle avançait le long d'un couloir d'Azkaban.

- Protego, murmura Hermione.

Harry se trouvait au milieu d'un jardin, parsemé de verdure noire. une femme rousse lui tournait le dos, le visage rivé au sol sur une plaque de marbre.

Le Gryffondor grimaça en ouvrant les yeux. Il venait de se cogner contre une table en repoussant l'intrusion d'Hermione.

- Qu'est ce que tu faisais à Azkaban ? interrogea Harry, sur la défensive.

- Qu'est-ce que tu faisais dans le jardin des Malefoy ? répliqua son amie sur le même ton.

Harry s'apprêtait à répondre, furieux, mais fut interrompu par le Professeur Lewellyn, qui venait d'ouvrir la porte de la salle.

- Je vous retrouve mercredi matin, annonça-t-elle, Dépêchez-vous de sortir, les Cinquième Année attendent leur cours.

Elisabeth regarda la classe se vider des Septième Année pour faire place aux plus jeunes. Elle effectua un léger mouvement de baguette pour que les tables et les chaises disparaissent, et fit face aux Cinquième Année de Serdaigle et de Serpentard.

- Bonjour à tous, recommença-t-elle, en s'ordonnant de ne pas regarder Eryne. Vous venez d'entamer votre Cinquième année, celle des BUSE. Il n'y a donc pas de temps à perdre.

L'incantation Spero Patronum s'inscrivit au tableau et Lisa fit jaillir un oiseau argenté de sa baguette.

- Il s'agit d'un acte de magie très avancé, tous les sorciers ne sont pas capables de produire un Patronus Corporel, encore moins en présence d'une menace. Il est nécessaire de penser à un souvenir particulièrement heureux pour réussir ce Sortilège. J'attends de vous, au minimum, des volutes de fumée à la fin du cours. Vous pouvez commencer.

Elisabeth s'installa derrière son bureau, consciente de se montrer très exigeante. Durant l'heure qui s'écoula, elle vit le Patronus de deux Serdaigle prendre forme avant de s'évanouir rapidement. La majorité des élèves avait réussi à faire sortir un filet argenté de sa baguette. Avant de se résigner à clôturer le cours, Lisa se tourna vers Eryne avec une lueur d'espoir. Lueur qui, très vite, s'éteignit, lorsqu'elle vit sa fille, comme tant de fois avant, incapable de produire un Patronus, simplement parce qu'elle n'avait pas de souvenir suffisamment heureux pour y parvenir.


La journée avait été longue et Hermione soupira de bien-être en se laissant tomber sur son lit. Ses camarades, elles, dormaient déjà.

Les Professeurs Flitwick et McGonagall s'étaient montrés tout aussi exigeants que le Professeur Lewellyn. En plus de ça, elle s'était à moitié disputée avec Harry et n'avait pas pu reprendre leur conversation à cause de son rôle de Préfète-en-Chef, qui l'avait accaparée une heure le midi et deux heures le soir. Rien que le fait de songer à toutes les Options qu'elle ne partageait pas avec ses amis et qui l'attendaient le lendemain fit grimacer des dents la Gryffondor.

Amis, songea-t-elle, avec un peu d'amertume. Ron recommençait tout juste à lui parler, et seulement quand il en avait besoin. Exténuée, Hermione s'appliqua à vider ses pensées, dans le but de s'endormir plus rapidement, tout en s'exerçant à l'Occlumancie. Elle se sentait basculer aux portes du sommeil, lorsque deux légers coups contre la fenêtre la firent sursauter, avec l'impression affreuse de tomber dans le vide.
Un Hibou Petit-Duc venait de toquer son bec contre la vitre. Hermione se leva mollement de son lit, le coeur battant encore irrégulièrement. Elle entrouvrit la fenêtre et, aussitôt, l'oiseau s'engouffra dans l'interstice. Ses pattes s'écartèrent pour laisser tomber l'objet qu'il tenait dans les mains de la jeune fille. Alors qu'il repartait et s'envolait immédiatement dans le ciel, Hermione contempla, à la lueur de la lune, le Rubik's cube qu'elle venait de recevoir. Son coeur s'emballa une nouvelle fois, quand elle se rendit compte qu'il était parfaitement résolu.


Paroles de chanson : Emotionless, Good Charlotte

Titre : Seasons In The Sun, Terry Jacks