It's five o'clock
Il est cinq heures
And I walk through the empty streets
Et j'erre dans les rues vides
Thoughts fill my head
Ma tête est remplie de pensées
No one speaks to me
Personne ne me parle
My mind takes me back
Mon esprit me ramène
To the years that have passed me by
Aux années que je n'ai pas vraiment vécues
Chapitre Dix : Laisse les cendres s'évanouir, oublie-moi.
« En dépit de leur appareil vocal peu développé, les Mellisuga Helenae émettent des chants élaborés. Ceux-ci sont inaudibles pour la plupart des humains en raison de leurs fréquences trop élevées pour l'appareil auditif. A ce jour, dix sorcières capables de recevoir leur message ont été répertoriées à travers le monde. La plus illustre d'entre elles, Cliodna, célèbre druidesse Irlandaise, était connue pour ses trois oiseaux magiques, qui chantaient auprès des malades pour les endormir puis les soigner. La légende dit qu'elle pouvait prendre la forme d'un oiseau marin, à l'image de son Patronus. »
- Comment ça « Empruntés pour une durée indéterminée ? » demanda Hermione, à la fois agacée et désespérée.
- Il n'y a pas de négociations possibles, Miss Granger. Toutefois, je peux vous réserver ces deux ouvrages en attendant, et vous prévenir lorsqu'ils seront à nouveau disponibles.
Hermione acquiesça silencieusement, remercia Madame Pince et quitta la bibliothèque. Elle avait besoin de faire des recherches sur la Magie Ancestrale, mais le seul livre stocké dans la Réserve de Poudlard avait été emprunté. Elle avait alors songé à un livre traitant des Mellisuga Helenae, que le Professeur Burbage leur avait recommandé en début d'année, mais visiblement, un autre élève avait eu la même idée qu'elle.
La seule chose qu'Hermione ne comprenait pas était ce délai indéterminé qui avait été accordé pour l'emprunt de ces deux livres. Pourquoi cet élève avait-il eu un tel traitement de faveur ? La jeune Gryffondor s'arrêta à l'entrée de la Grande Salle et jeta un rapide coup d'oeil à la table où elle déjeunait habituellement. Ron n'était pas là et Harry semblait être en grande discussion avec Ginny.
Hermione choisi de ne pas les interrompre et se rendit dans le Parc. Très vite, elle aperçut Hagrid, près de sa cabane. Il jetait des morceaux de viande crûe à un grand cheval noir ailé, qu'elle reconnut comme étant un Sombral. Sa gorge se serra quand elle réalisa qu'à présent, elle était capable de les voir. Hermione fixa la scène quelques instants, d'un air hésitant. Elle aurait voulu saluer Hagrid, mais la présence du Sombral ne l'encourageait pas. Par ailleurs, elle doutait sérieusement que le Gardien des Clés s'intéresse de près aux Mellisuga Helenae. Hagrid avait toujours préféré les Créatures Magiques un peu plus imposantes.
Le regard d'Hermione se perdit dans le vague, jusqu'à ce qu'un cri la sorte de ses pensées. Elle se précipita vers le Lac, où une Première Année était visiblement en train de se noyer.
- Mobilicorpus ! s'exclama Hermione, en pointant sa baguette en direction de la jeune élève.
Celle-ci se mit à léviter, s'éloignant progressivement du Lac et atterrissant délicatement sur l'herbe, grâce aux mouvements de la Gryffondor.
- Anapneo.
La fillette toussa et recracha une partie de l'eau qui s'était infiltrée dans ses poumons.
- Comment tu t'appelles ? demanda Hermione, avec bienveillance.
- Judith... Aden... hoqueta la jeune Serdaigle.
- Viens avec moi, Judith. Je vais t'accompagner à l'infirmerie.
- Ca ne sert à rien. L'infirmerie est fermée pour l'instant.
Hermione pivota sur ses talons. La nouvelle de Beaubâtons était assise dans l'herbe, un carnet posé sur ses genoux.
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda la Gryffondr, un peu sèchement.
Eryne haussa les épaules et tendit son carnet à Hermione. Un portrait de Madame Pomfresh, aussi réaliste qu'une photo, était dessiné sur la page. Elle tenait dans ses bras un nourrisson qui semblait blessé, tandis qu'en arrière-plan, un jeune homme croisait les bras, l'air renfrogné. Hermione ne put contenir un sursaut en reconnaissant Drago Malefoy.
« Les Mellisuga Helenae font partie des histoires sacrées des Brésiliens indigènes. Ils signifiaient, dans les temps anciens « origine mythique de la langue. » »
Harry sentit sa baguette lui échapper des mains et s'envoler derrière lui. Il se retourna précipitamment.
- Désolé Harry, marmonna Neville Londubat en rougissant un peu. J'ai raté tous mes Sortilèges Informulés cet après-midi, je voulais voir si je pouvais au moins réussir par surprise...
Le jeune homme s'empressa de rendre sa baguette à son ami.
- Le Professeur Lewellyn est exigeant, pas vrai ? répondit Harry, avec un sourire compréhensif.
- C'est normal non ? Je veux dire, c'est notre dernière année, les ASPIC ne sont plus très loin... Je crois que je vais aller manger un morceau et monter me coucher tôt ce soir. Tu viens avec moi ?
- Désolé, s'excusa le Gryffondor, j'ai promis à Ginny de la retrouver en début de soirée.
Neville hocha la tête et fit un signe de la main à Harry avant de s'éloigner en direction de la Grande Salle.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
Harry parcourut la Carte des Maraudeurs du regard, jusqu'à trouver le nom de Ginny, qui s'affichait dans la Volière. Il s'empressa de monter les marches qui menaient à la Tour Ouest du château, avec l'impression d'avoir les poumons comprimés dans un étau.
Ginny Weasley était accoudée à l'une des fenêtres, la brise du soir soulevant avec légèreté sa longue chevelure flamboyante. Harry s'approcha d'elle et ne put s'empêcher de la serrer dans ses bras. Ginny réprima un sursaut, et se rasséréna en reconnaissant le Gryffondor. Elle reprit place à la fenêtre, tandis que Harry appuyait légèrement sa tête contre la sienne.
- Neville vient de me désarmer, déclara-t-il d'un ton joyeux.
La jeune Weasley sourit.
- Il a besoin de garder confiance en lui, c'est une bonne chose. Tu as vu Ron ?
- Pas ce soir, répondit Harry, plus sobrement.
- Toute cette colère qu'il a en lui, reprit Ginny, après un bref silence, j'ai peur qu'il n'arrive plus à la contrôler. Luna m'a dit qu'elle l'avait retrouvé dans l'Allée des Embrumes cet été, il faisait un cauchemar en marmonnant le nom de Fred.
- Tu penses qu'il voudrait le venger ? Je ne sais même pas qui a... Tu sais. Qui a fait ça.
- Je crois qu'il essaye de le découvrir. Perçy m'a écrit qu'il était inquiet à son sujet parce qu'il n'arrête pas d'harceler toute la famille à propos de la bataille de Poudlard.
Harry soupira.
- Ron ne se vengerait pas. Quand on sera Aurors, on fera en sorte qu'il n'y ait plus aucun Mangemort en liberté.
- Je crois que la Réforme de Kinglesy ne lui a pas vraiment plu, conclut Ginny, l'air sceptique.
Harry l'embrassa sur l'épaule, dans une tentative muette pour la rassurer. Il détestait se sentir impuissant.
- Je ne t'ai jamais demandé ce que tu comptais faire après Poudlard ?
- Je ne suis pas encore décidée. Mais le Quidditch me manque, répondit la Gryffondor, d'une voix nostalgique.
- A moi aussi. Mais les Serpentards ne me manquent pas autant.
Harry cligna brusquement des yeux, aveuglé par un léger scintillement qui s'approchait de la fenêtre. Un minuscule oiseau scintillant battait des ailes à une vitesse impressionnante, juste devant eux.
- Oh Harry, celui-là je le reconnais !
Le Gryffondor retira ses lunettes et frotta ses paupières, perplexe.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un Mellisuga Helenae. Je ne peux pas les entendre mais ils sont tellement beaux ! Fleur m'avait prêté un livre qui parlait d'eux cet été, ils ont tous des noms très difficiles à retenir ! C'est le seul dont je me souviens.
Harry plissa les yeux pour distinguer mieux l'oiseau. Son plumage oscillait entre le vert et l'amande.
- Lepidopyga Lilliae, déclara Ginny, avec un sourire radieux. Le colibri de Lillie.
« L'interprétation du message des Mellisuga Helenae passe par plusieurs caractéristiques. L'une d'elles est la signification des couleurs de leurs plumes, tout comme le nom qu'on leur attribue. »
Le genou gauche de Drago Malefoy s'agitait nerveusement. Il se contenait depuis plus d'une heure pour ne pas lancer un Assurdiato au bébé qui hurlait, à l'intérieur du dortoir. Il n'avait pas fermé l'oeil depuis vingt-neuf heures, et attendait, non sans mal, la relève qui tardait à venir.
Adossé au mur froid du couloir, il s'assit, repliant ses jambes contre son torse et encerclant ses genoux avec ses bras, pour stopper le tremblement.
- Monsieur ?
Drago sursauta et tourna son regard en direction de la fillette qui venait de sortir du dortoir pour l'interpeller.
- Quoi ? Tu devrais pas être là.
- J'arrive pas à dormir, il pleure trop. Tu peux pas le consoler ?
- Non, asséna le jeune homme, d'une voix sèche et sans appel.
- T'as pas une potion pour faire des rêves ?
- Je n'ai pas le droit, répondit Drago. Si je pouvais, je l'aurais fait depuis longtemps, songea-t-il.
La lourde porte d'entrée s'ouvrit sur Abelforth Dumbledore, laissant entrer le vent dans l'Orphelinat avec un sifflement.
- Tu peux rentrer au château. Je prends mon tour.
Malefoy eût un sourire sarcastique en imaginant le vieil homme s'occuper du bébé tout le reste de la nuit. Il se redressa et se dirigea vers le fond du couloir, où se trouvait le passage secret.
- Diffindo, prononça le jeune homme, sa baguette fendant l'air.
Le portrait fut lacéré par l'enchantement. Drago se rapprocha du tableau et fit passer sa baguette magique aux endroits déchirés.
- Vulnera Samento.
Lentement, les brèches se rétractèrent sur elles-mêmes, jusqu'à ce que la toile redevienne uniforme, comme neuve. Le cadre pivota et Malefoy s'engagea dans le passage qui conduisait jusqu'à Poudlard. Une fois arrivé dans les anciens appartements du Professeur Burbage, il se laissa tomber sur le lit.
- Il semble qu'Il s'emparera de la Première aux alentours d'Halloween.
Drago manqua de tomber du lit en se redressant. Dans le cadre, au-dessus de son bureau, le Professeur Rogue le dévisageait, les lèvres pincées.
- Tu devras donc te charger de la Troisième.
Le jeune homme hocha la tête et attendit que le tableau soit redevenu vide pour prendre sa tête entre ses mains. Aucun répit. Il avait l'impression que son cerveau allait exploser.
Drago se leva rageusement, sortit de la pièce en la verrouillant derrière lui et se rendit d'un pas précipité à la Tour d'Astronomie. A peine en haut des marches, il s'affaissa dans le recoin le plus proche.
Juste en face de lui, une fille blonde était assise en tailleur près de la grande fenêtre. Elle était en train de dessiner sur un carnet. Malefoy ne put retenir un juron. Le Professeur Lewellyn lui avait assuré que la Tour d'Astronomie serait déserte toute l'année.
- Dégage ! cracha Drago. Et ne t'avise pas de dire à qui que ce soit que tu m'as vu.
Il se demanda un instant si la jeune fille n'était pas un fantôme, tant elle était pâle et ne semblait pas l'avoir remarqué. Il arrêta de lutter contre ses paupières qui se fermaient, en apercevant la robe de sorcière aux couleurs de Serpentard et laissa le sommeil prendre possession de lui.
Les premiers rayons de soleil, braqués sur son visage, se chargèrent de le réveiller aux aurores. Drago se redressa d'un mouvement brusque, et expira profondément lorsqu'il se souvint qu'il n'était plus à Azkaban. En passant sa main sur ses vêtements pour retirer la poussière, il se souvint de la jeune fille près de la fenêtre.
Elle n'était plus là, mais une feuile de son carnet était posée sur le sol. Drago s'en empara. Dessinée au détail près, Hermione Granger tenait entre ses mains le Rubiks'Cube résolu, d'un air soucieux.
« Les Mellisuga Helenae communiquent également en utilisant leur plumage, l'allure de leurs battements d'ailes et leur rythme cardiaque. En déployant les plumes de la gorge ou du cou et en décrivant des arcs de cercles dans les airs, ils délivrent un message sous forme de vision à son destinataire. Les Mellisuga Helenae ne parlent jamais du passé ou de l'avenir. Par le murmure et les images, c'est toujours le présent d'un ailleurs qu'ils désirent montrer. »
