Salut tout le monde !
Tout d'abord je voulais vous remercier pour votre enthousiasme flagrant et vos gentilles reviews. Vos messages m'ont donné envie d'écrire encore plus et rapidement en plus de ça ! Malheureusement, je n'ai pu répondre individuellement à aucune d'entre vous car mon compte fait des siennes depuis quelques jours. Je vois vos reviews, mais impossible d'y répondre pour une raison que j'ignore totalement. Un message d'erreur s'affiche et me dit 'We cannot find the review you are replying to'. Je réessaierai demain, mais je ne promets rien. Vraiment désolée.
PROLOGUE : La guerre est perdue et Harry, Hermione, Ron et Dumbledore décident d'user du dernier recours : le voyage dans le temps. Ils veulent découvrir le Secret de Voldemort par le biais de Malfoy en revenant à une époque où le blond est encore vivant, et en prévoyant un rapprochement quelconque avec lui. Sauf que, pendant le rituel, des Mangemorts arrivent et Ron et Dumbledore se font tuer. Hermione et Harry terminent donc le rituel seuls.
Donc après tout ce blah blah, voici enfin la suite ! Bonne lecture
CHAPITRE 1
C'était le noir complet.
Harry n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait.
Malgré le fait qu'il se retrouve dans un lieu inconnu, sombre et clairement désagréable, il dut rester quelques secondes allongé sans bouger en gardant ses paupières fermement closes pour enlever les dernières images gravées dans sa mémoire. Il venait de vivre la mort de deux des personnes les plus chères à ses yeux et il lui fallait quelques instants pour se ressaisir.
Ron était mort en les protégeant, Dumbledore en sauvant le monde. Même s'il savait qu'ils n'étaient plus tellement morts et que tout allait bien pour eux, il avait l'impression que la scène défilait de nouveau sous ses yeux et c'était déchirant. Il revoyait la tête de son meilleur ami cogner violemment contre un meuble, l'assommant et signifiant alors sa mort certaine après son acte héroïque. Il revoyait l'éclair vert toucher sa poitrine et l'air torturé qu'Hermione avait arboré. Il revoyait son directeur, son mentor tomber à terre et entendait encore les rires désabusés des Mangemorts alors fiers de leur prise.
Son esprit était troublé et le garçon à la cicatrice effaça avec rage la larme qui s'échappa de son œil fermé. Non, il ne pouvait clairement pas s'apitoyer sur lui-même. Tout le monde allait bien. Ils avaient une seconde chance désormais.
- Hermione ?
Il avait instinctivement chuchoté le prénom de son amie, mais avait su bien avant de n'avoir qu'un silence pesant pour réponse qu'elle n'était pas avec lui. Il ne sentait pas l'odeur caractérielle de son shampoing et n'entendait aucune respiration à ses côtés. C'était clair, Harry était seul. Il n'était donc pas au Terrier, où il avait partagé sa chambre avec Hermione et Ron l'été 1997.
Une désagréable impression d'étouffement prit rapidement possession de lui et le garçon se redressa pour s'asseoir, plissant des yeux de façon à s'habituer à l'obscurité de la pièce. Il était assis sur une chose peu confortable qui ressemblait de loin à un matelas et avait la sensation que le plafond n'était pas très haut, augmentant le malaise qu'il ressentait en se sentant confiné. Harry tendit ses bras des deux côtés et fronça des sourcils en se rendant compte qu'il pouvait toucher les deux murs en faisant simplement ce geste. La pièce était extrêmement petite et il fit tomber dans son mouvement un objet minuscule aussi froid que du plomb.
Mais où Diable était-il ?
Il n'avait absolument aucun souvenir d'être allé dans un endroit comme celui-ci au cours de l'été 1997. N'était-il pas supposé prendre possession de son propre corps ? Pourquoi était-il dans une situation qu'il n'avait pas connue ? Commençait-il déjà à oublier ? Ou alors, les Mangemorts dans le bureau de Dumbledore lui avaient lancé un sortilège assez puissant pour l'assommer et il se retrouvait désormais emprisonné dans une cellule minuscule ?
En agitant un peu ses bras au-dessus de sa tête, sa main percuta une petite chaîne pendante qu'il tira instinctivement. Une faible lumière s'alluma.
Ce qu'il vit le pétrifia.
Petite, miteuse et poussiéreuse, la chambre de son enfance n'avait pas changé de ses souvenirs.
L'objet au sol était la figurine de soldat en plomb qui lui avait servi de seul jouet durant des années.
« C'est quoi ce bordel... » ne put s'empêcher de murmurer Harry avant de sursauter violemment à sa propre entente.
C'était quoi cette voix ?
C'était quoi ces mains ? C'était quoi ce corps d'enfant ? C'était quoi le bordel ?
« Non non non non non... » répétait frénétiquement le garçon alors qu'il se levait de son lit pour sortir de son placard. Il ne pouvait pas rester enfermé là-dedans, il devait comprendre ce qu'il se passait et découvrir quand il était. Était-il retourné à ses 8 ans ? 10 ? 11 ? Il devait le savoir au plus vite. Il tourna la poignée de sa petite main mais la porte resta fermée malgré toute la force qu'il pouvait y mettre. Elle était verrouillée de l'extérieur.
Il ne possédait évidemment pas sa baguette pour lancer un Alohomora et ne savait pas s'il était encore capable de faire de la magie sans baguette, ne sachant pas si sa puissance magique avait survécu au voyage ou s'il devrait se contenter du niveau de quand il était encore en premier cycle – ce qui serait, soit dit en passant, une horreur. Avec appréhension, Harry se concentra un peu et murmura le sortilège qu'il avait appris en première année par le biais d'Hermione. Un bruit de chaînes se fit entendre de l'autre côté de la cloison et il laissa échapper un soupir de soulagement tout en ouvrant enfin la porte. C'était un réel problème en moins, il n'aurait pas supporté de retrouver le niveau d'un gosse de... 11 ans ?
En tout cas, le miroir en face de lui renvoyait le reflet de ses 11 ans.
Des cheveux noirs trop longs et mal coiffés, une bouche rose et lisse, des pommettes encore enfantines et de grands yeux verts sous une paire de lunettes cassée ? Un corps trop fin pour des vêtements trop grands ? Aucun doute là-dessus.
Cette situation était une véritable catastrophe, il n'y avait pas d'autres mots. Il avait 17 ans et était piégé dans le corps de ses 11 ans, un pur cauchemar éveillé. Harry ne pouvait détacher le regard de son reflet, se demandant par la même occasion ce qui avait pu se passer pour que le rituel déconne à ce point. Dumbledore n'avait pas eu le temps de finir son incantation ? L'expulsion de Ron avait détraqué le Retourneur de temps géant ? Hermione et lui avaient été décalés en prononçant les paroles latines ?
Puis petit à petit, il commença à penser à ce que cette situation impliquait. Il allait devoir repasser par tous les stades de son adolescence et il ne savait pas s'il était prêt pour un second round. Harry était las d'avance. Il faudrait qu'il voie avec Hermione si cela était possible d'avancer un peu dans les années pour ne pas avoir à revivre 7 années à Poudlard, même s'il ne pensait pas ce projet franchement réalisable.
- Qu'est-ce que tu fais dehors ? Tu es puni ! Comment es-tu sorti ?
Harry sursauta en entendant la voix qui venait de jaillir derrière lui et se retourna en lâchant enfin son visage des yeux. Il avait été tellement focalisé sur lui-même et sa situation qu'il avait complètement oublié où il se trouvait et surtout avec qui. Il se retourna alors vers l'oncle Vernon – parce que oui, c'était lui qui venait de lui vociférer dessus – et l'observa de haut en bas sans réellement faire attention, ne pouvant s'empêcher d'être surpris en le voyant si jeune alors que c'était tout à fait logique qu'il le soit. C'était un réel choc pour Harry, qui resta muet le temps de quelques secondes devant l'homme costaud. La dernière fois qu'Harry avait vu son oncle, celui-ci était énorme, dégoûtant et ridé.
Et ça va être comme ça avec tout le monde, ne put s'empêcher de songer sarcastiquement Harry alors qu'il se rappelait que son oncle venait de lui poser une question et qu'il ferait mieux d'y répondre. Il s'était vraiment fourré dans un merdier pas possible avec ce rituel. Il était même obligé de jouer de nouveau à l'Elfe de Maison avec sa famille d'accueil.
- J'avais mal à la tête et la porte n'était pas verrouillée. Excusez-moi.
Autant se la jouer tranquille, Harry n'avait pas besoin de plus de problèmes qu'il n'en avait déjà.
- Ça n'empêche rien au fait que tu sois puni !
Pourquoi était-il puni en fait ?
- J'avais mal à la tête, j'avais besoin de sortir un peu de mon placard mais je ne vo...
- Retourne dans ta chambre espèce de petit morveux ! L'insolence et l'irrespect des règles est une chose que je ne tolère pas sous mon propre toit !
- Mais je n'ai rien fait !
- TA CHAMBRE.
Une veine pulsait sur le front de son oncle et Harry leva les yeux au ciel, soufflant son agacement devant l'air assassin qu'arborait son interlocuteur. La tyrannie excessive de l'oncle Vernon était une chose qui ne lui avait absolument pas manqué ces dernières années. L'homme s'emportait à une vitesse affolante de base, mais dès qu'il s'agissait d'Harry celui-ci partait au quart de tour pour la moindre petite chose, aussi insignifiante soit-elle. La preuve était là : il n'avait absolument rien dit et se retrouvait de nouveau confiné dans son placard, si c'était pas incroyable ça... Il avait subi cette maltraitance toute son enfance, n'avait jamais rien dit pour ne pas créer de problème et il se retrouvait à devoir subir ça de nouveau alors qu'il avait 17 ans. La vie avait vraiment une dent contre lui.
Harry savait pertinemment qu'il ne tirerait rien de raisonnable de son oncle et c'est pour cela qu'il se résigna à retourner dans sa pièce. Mais avant que son oncle ne ferme la porte pour, cette fois-ci, s'assurer qu'elle soit bien verrouillée comme son neveu l'avait proclamé, Harry posa la fameuse question qui lui trottait dans l'esprit depuis qu'il était arrivé dans cette pièce.
- Quel jour sommes-nous ?
La question du jeune sorcier sembla interloquer son oncle. C'était vrai que cette question anodine et le refus d'Harry de capituler immédiatement était tout nouveau pour l'homme et pouvait paraître plus qu'étrange, mais Harry n'en avait pas vraiment cure actuellement. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour paraître normal mais n'oubliait absolument pas son objectif principal, qui était de savoir quand il pourrait retrouver Hermione et comment il pourrait arranger ça.
- Samedi... Pourquoi ?
- De quel mois ?
- Tu es tombé sur la tête ou quoi ? On est en juillet et tu le sais très bien, arrête de me faire perdre mon temps avec tes sornettes.
Et il se rappelait désormais. La punition était due au python qu'il avait malencontreusement lâché sur son cousin quelques temps plus tôt lors de la journée au zoo. Il avait été puni et privé de nourriture suite à ça. Quant à la date, c'était fin juillet et le lendemain, des centaines de lettres tomberaient dans son salon alors qu'il servirait des petits gâteaux à sa famille. Il devrait alors faire semblait de devenir fou devant celles-ci pour que son oncle les fasse déménager provisoirement sur cette île rocailleuse afin de ne pas trop modifier le passé. Les choses devaient rester un minimum comme elles l'avaient été pour ne pas que le destin ne se modifie complètement.
- Je... Je ne suis pas Harry...
- C'est... C'est moi.
Hagrid lui sourit de façon bienveillante. Harry ne put que lui rendre son sourire, feignant une timidité maladive accentuée par ses vêtements trop amples.
- Bien sûr que c'est toi.
Bon dieu, que c'était difficile. Le demi-géant était aussi gentil et bienveillant que dans son souvenir mais lui... n'arrivait tout simplement pas. Son estomac était resté noué toute cette soirée-là.
Alors bien sûr, il le cacha et fit semblant d'être étonné et émerveillé par tout ce qu'Hagrid put lui dire ou lui révéler durant la soirée, mais ce fut une véritable torture à l'intérieur de sa tête et de son cœur.
Hagrid avait péri au cours de la guerre et le revoir était vraiment... perturbant, dirait-il. Il ne pouvait s'empêcher de se remémorer le corps de son ami dont il manquait une partie du visage, coincé sous le cadavre de son demi-frère Graup qui était mort de la main du même sorcier. C'était au-dessus de ses forces et il ne pouvait empêcher ses muscles de se tendre dès qu'Hagrid le touchait ou lui adressait la parole. Il était heureux de le revoir, plus qu'heureux même, mais il lui fallait un petit temps d'adaptation pour pouvoir se faire à l'idée qu'il allait absolument tout recommencer depuis le départ. Depuis le tout premier départ.
Harry mangeait sa soupe en silence, fixant le feu dansant en face de lui dans l'âtre de la cheminée. La pièce dans laquelle il se trouvait était grande, bruyante et chaleureuse, et quelques sorciers assez courageux venaient quelques fois le voir pour lui serrer la main et le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour la communauté sorcière. Si tu savais ce que je suis actuellement en train de faire et de vivre pour vous tous.
Ça faisait trois jours qu'Hagrid et lui logeaient au Chaudron Baveur et Harry se rendait de plus en plus compte au fil du temps qu'il était dans une situation vraiment merdique. En plus de devoir gérer le choc de revoir les défunts revenir à la vie dans leurs plus beaux jours, il devait agir 'normalement' en présence d'autres personnes et c'était une tâche quasiment infaisable. Feindre les réactions d'un enfant était une chose compliquée, mais feindre les réactions d'Harry Potter de 11 ans l'était encore plus.
Il avait vu des horreurs, avait vécu et fait des choses horribles. Il avait grandi. Il avait fait la guerre et avait changé. Comment justifier ce regard vide et si particulier chez un enfant de 11 ans ?
Comment feindre de découvrir le monde des sorciers alors qu'il était en pleine mission pour lui ?
De plus, il ne se sentait pas à l'aise dans ce corps de crevette, avait l'impression que tout le monde pouvait voir que ce n'était pas réellement lui et avait la sensation d'étouffer à l'intérieur de lui-même. Toute la puissance magique qu'il avait développé durant ses années à Poudlard devait sortir, elle ne pouvait pas être contenue dans un si petit corps, il avait besoin de faire de la magie. D'évacuer un peu tout ça. Bon Dieu, que ça allait être dur de faire croire à tout le monde qu'il était débutant en magie alors qu'il avait usé des trois sortilèges impardonnables parfois sur la même personne.
- Tu sais Harry, je suis vraiment impressionné. Je te trouve très calme et mature pour ton âge et ta situation.
- Comment ça ?
La constatation d'Hagrid prit Harry de cours et celui-ci resta la cuillère en l'air quelques secondes, laissant retomber la soupe dans son assiette par petites gouttes. Il ne se souvenait pas d'avoir déjà eu cette conversation et le fait qu'elle soit en train de se dérouler signifiait qu'il avait mal jouer son rôle à un moment ou un autre. Il avait fait quelque chose différemment de la première fois et il ne savait pas quoi. Les choses lui revenaient au fur et à mesure des situations quand celles-ci se déroulaient mais pas tout, évidemment, du coup cette affirmation du demi-géant inquiéta le jeune garçon. Avait-il raté une chose essentielle ?
- Et bien, enchaîna-t-il mal à l'aise. Tu ne me poses pas beaucoup de questions sur ce qu'il se passe autour de toi... Tu gères tout ça incroyablement bien.
Les questions. Mais oui, il était stupide ! Il allait rapidement devoir prendre l'habitude de ne pas déjà tout savoir, ce qui allait être plus difficile qu'il ne l'avait pensé. Les gens qui venaient le voir depuis trois jours auraient dû l'interloquer mais ça n'avait pas été le cas et Hagrid avait fini par le remarquer.
Il devait jouer le garçon timide et mal habitué, il ne pourrait pas s'en sortir autrement !
- Je... Des questions ?
- Je ne sais pas, pourquoi tu es célèbre par exemple ? Qui étaient tes parents ? Je suis là pour répondre à toutes tes questions, tu le sais n'est-ce pas ?
- Oui, merci beaucoup Hagrid... C'est juste que... Je n'ai pas besoin de le savoir de suite il faut que je... digère. Vous savez... Tout ça. Je n'ai pas vraiment l'habitude qu'on m'accorde de l'attention et j'ai été habitué à me taire dans n'importe quelle situation donc...
- Oh.
Hagrid paraissait incroyablement gêné par son propre manque de tact et Harry s'en voulait un peu de manipuler ainsi le demi-géant et de le faire culpabiliser, mais c'était nécessaire. Il n'avait aucun moyen pour justifier son comportement autrement. Hagrid avala quelques cuillères de sa propre soupe en tentant de reprendre contenance, et finit par combler le silence gênant qui s'était installé en prenant la parole d'une voix très peu assurée.
- Chacun gère... les choses à sa façon ! Oui, c'est normal.
Il toussota un instant pour se donner un peu plus de courage. Harry s'en voulait de plus en plus en voyant son ami galérer de la sorte.
- Avec ces imbéciles de Moldus, je me doute que tu n'avais pas trop le droit de t'exprimer, enchaîna Hagrid en se grattant le sommet du crâne. Mais sache que tu peux parler avec moi, d'accord ? Je ne suis pas comme eux.
Le plus jeune fit un sourire en coin au Garde-chasse, qui sembla se détendre considérablement en voyant qu'Harry ne tenait pas sa maladresse en rigueur.
- Merci beaucoup Hagrid. Je sais que je peux me confier à vous, c'est juste que les vieilles habitudes ont la vie dure...
Hedwige hulula. Harry lui envoya un bout de pain et fit mine de s'intéresser à elle pour échapper à cette conversation. Ce geste satisfit les deux hommes attablés.
« Aidez-moi ! »
« Lee, réveille-toi ! Tu peux pas abandonner comme ça ! »
« Ayez pitié ! »
« Mon dieu... »
Les hurlements fusaient, les injures aussi. Les apitoiements, les pleurs, les bruits d'explosion. Les rires hystériques et mauvais.
Le sang.
Toujours du sang.
Parvatil hurlait tout en se faisant traîner au sol par Rosier. Luna perdait très nettement du terrain face à Bellatrix, qui semblait s'amuser comme une folle. Ernie était au sol, deux énormes trous sanglants dus à une morsure d'araignée géante dans le torse. Hagrid avait le visage arraché. Graup l'écrasait.
Lui ? Il courait.
Il pénétra dans l'enceinte de l'école – ou du moins, ce qu'il en restait.
Le parc n'était plus supportable.
« Harry, aide-moi ! »
Harry ne l'aida pas.
La dépouille de Lavande, du sang s'écoulant de son cou. Katie et Terry en face à face féroce avec Macnair. Minerva abattant un Mangemort inconnu. Minerva se faisant abattre par-derrière juste après cela.
Susan perdit l'équilibre à cause d'un bout d'escalier au mauvais endroit. Harry l'aida en tuant le Mangemort au-dessus d'elle, décidant que cette mort serait décidément trop bête.
Rookwood dirigea son Avada Kedavra vers lui. Harry le lui renvoya sans problème d'un puissant sort inversant. Il n'était pas le Survivant pour rien.
Une nouvelle victime.
Du sang en plus sur ses mains.
Encore du sang. Toujours du sang.
Chourave, Tonks, Remus, George, Romilda, Angelina, Marietta, Michael, Colin, Hannah.
Tous au sol. Ils semblaient cependant ne pas avoir trop souffert.
Ron et Hermione étaient-ils toujours vivants ? Dumbledore était-il en sécurité et prêt pour le rituel ?
Yaxley, Avery, Mulciber, Nott, Pettigrew. Bien heureusement, quelques Mangemorts avaient été victimes également.
Ça conforta Harry.
Il devait arrêter de détailler tous les visages.
Il n'avait qu'un seul but :
Courir.
Harry se réveilla en sursaut, son cœur battant à tout rompre, les mains tremblantes et le front en nage. Son souffle était erratique et sa main déjà prête à attraper sa baguette par pur réflexe dans le but de se défendre. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce rêve mais celui-ci le perturbait autant à chaque fois. Toujours le même sentiment d'effroi en lui, toujours cette panique qui faisait s'emballer son cœur et ses réflexes... La guerre l'avait rendu dingue. Ce rêve était toujours aussi terrifiant par sa véracité et surprenant par son détail. Il s'en serait bien passé.
Passant son drap sur son visage, Harry souffla un instant avant de se lever sans faire trop de bruit en positionnant ses lunettes sur son nez. Il avait besoin de passer par la salle de bain pour se rafraîchir un peu, il avait l'impression de bouillir sur place. Il observa le temps de quelques secondes son visage enfantin creusé par les cernes dans le miroir, se disant pour la énième fois que sa vie était particulièrement merdique, avant de plonger ses mains dans l'eau froide se déversant du robinet pour pouvoir s'en appliquer sur le visage.
Le garçon était éreinté. Cela faisait maintenant des jours qu'il ne dormait quasiment plus et la fatigue commençait à se faire nettement ressentir, autant sur son moral que sur son physique. Dès qu'il fermait les yeux, les images de la guerre refaisaient immanquablement surface et c'était juste impossible à supporter. Il n'avait pas de potion « sommeil sans rêves » et ne connaissait aucun sort de tête pour pouvoir passer une nuit paisible de façon à le soulager un peu. Puis, ce n'était même pas la peine de demander à Hagrid, qui risquerait de lui crever un œil avec son parapluie...
Il passait alors ses nuits à tourner et tourner encore dans son lit, repensant à cette guerre qu'il avait tout simplement... effacée. Malheureusement, elle ne l'était pas de son esprit et il en subissait encore les conséquences.
Mais si seulement il n'y avait que ça.
Si la nuit n'était pas tranquille, la journée n'était pas réellement meilleure. Cette comédie... ça le fatiguait. Ce n'était pas lui, il en avait marre de jouer au garçon timide et inoffensif, à l'ignorant de service qui s'émerveillait d'un rien. Il n'en pouvait plus et avait envie d'hurler. Durant ce mois complet, il avait à de nombreuses reprises eut envie d'arrêter de jouer la comédie et de laisser ressortir le vrai Harry pour relâcher un peu la pression qu'il avait, mais c'était tout simplement impossible et les conséquences inimaginables. Redevenir lui-même signifiait se renfermer, rester silencieux et constamment sur ses gardes quant à un éventuel danger extérieur... Chose qui n'était absolument pas le comportement d'un enfant ayant vécu en total soumission durant 11 ans chez des Moldus et qui découvrait la liberté sorcière.
Ce masque... Il devait être porté constamment.
Et tous les gens autour de lui lui paraissaient aussi insupportables que la situation en elle-même. Tout le monde l'idolâtrait mais Harry ne pouvait que se sentir incroyablement amer par rapport à eux. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à sa cinquième année, où la totalité de la communauté sorcière avait commencé à se retourner contre lui en le traitant de menteur et de profiteur quant à son statut de « célébrité ». Tout le monde avait craché sur son dos, tout le monde l'avait lâché pour se rallier à Fudge et au Ministère. Ils avaient même remis en question la parole de Dumbledore en le traitant de vieux sénile dans La Gazette ! Les sorciers n'étaient que des moutons prêts à changer de convictions comme de vêtements suite à un bon discours et c'était pitoyable. Harry avait du mal à ne pas les détester tous.
Ils avaient tous fui pendant la guerre, laissant l'Ordre et les plus courageux de Poudlard se battre pour leur liberté. Si la communauté avait pris part à la guerre au lieu de la subir, ils auraient peut-être eu une chance de détruire l'armée de Voldemort – mais ça, évidemment, personne ne le saura jamais.
En bref, c'était un Harry amer qu'avait laissé cette guerre. Un Harry amer, changé et marqué à jamais par les atrocités dont il avait été témoin.
Il était extrêmement fatigué par tout ce qui composait son actuelle vie et avait hâte d'être le lendemain. Il était actuellement 23h57 et c'était la veille de la rentrée. La journée de demain ne pouvait qu'être meilleure.
Et voilà, j'espère que ça vous aura plu !
L'action commencera réellement quand ils auront atteint Poudlard au chapitre suivant, ne vous inquiétez pas. ;)
Vous avez remarqué que des passages sont sautés et c'est absolument volontaire, en aucun cas une flemme de ma part aha. ^^ En fait, Harry essaie d'agir comme il l'a déjà fait et ça n'aurait été d'aucune utilité que je réécrive ça, vous savez comment ça s'est passé pour le reste donc voilà.
Puis, même si j'avais voulu tout réécrire, ça aurait été trop long et inintéressant. On ne va pas décrire tout un été, cette histoire reste un drarry aha
J'ai écrit que ce qui différait et ça sera comme ça pour le reste de la fiction également. Évidemment, plus on avancera dans les chapitres, plus les événements changeront à cause de l'effet papillon (la moindre petite chose peut devenir énorme dans le futur) et ce sera alors décrit plus en détails.
Voilà :) A la prochaine !
