Hello tout le monde, vous allez bien ?
J'ai enfin réussi à finir ce chapitre qui a été plutôt compliqué, je dois l'avouer aha. J'ai changé pas mal de fois d'idées, supprimant plus d'une fois tout ce que j'avais écrit pour reprendre depuis le départ... Bref, je n'étais jamais vraiment satisfaite par ce que j'écrivais et cette version est celle qui se rapproche le plus d'un bon résultat dans ma tête alors bon... C'est pas le top, j'ai fait souvent mieux d'ailleurs, mais on s'en contentera ;) J'ai beaucoup de révisions donc veuillez m'excuser de ne pas écrire un chef d'oeuvre ;)
J'espère que ça va vous plaire, bonne lecture !
Dans le chapitre 1 : Suite au rituel, Harry se retrouve dans son placard sous l'escalier et se rend compte qu'il a atterri 7 ans plus tôt. Il a donc 11 ans, et vit très mal ce fait – en plus qu'il soit totalement perturbé par la guerre.
CHAPITRE 2
Il y avait beaucoup trop de monde autour de lui.
Harry se sentait incroyablement mal à l'aise.
Malgré le fait que son visage soit parfaitement impassible et qu'il semblait étrangement calme pour un enfant de cet âge-là s'apprêtant à aller pour la première fois à Poudlard, quasiment tout chez Harry montrait qu'il était tendu au possible et que ce n'était même pas la peine de tenter une approche avec lui.
Son instinct reprenait le dessus et il ne pouvait empêcher son corps de se tendre dès que quelqu'un avait le malheur de le frôler ou que son regard en croisait un autre. Ses yeux étaient fixés sur son objectif – l'entrée du train – et il se forçait depuis quelques minutes à ne pas prendre sa baguette coincée dans la ceinture de son jeans pour se défendre et attaquer tout le monde. Il était sur ses gardes et ne pouvait empêcher ça.
La guerre lui avait fait ça.
Ses mains étaient crispées sur le chariot qui contenait ses bagages et sa mâchoire se retrouvait douloureusement contractée alors qu'il se retenait de vociférer contre les gens qui le bousculaient. Il avait l'impression d'étouffer, que toutes ces personnes consommaient l'air avec lequel il était censé respirer et tout ça ne faisait qu'accélérer l'allure de sa marche et augmenter sa paranoïa.
Le quai 9¾ était bondé et abritait une animation propre aux jours de départ – au grand malheur d'Harry qui avait juste besoin de calme et de repos et qui avait développé une espèce d'agoraphobie à cause de la guerre.
7 ans plus tôt, il avait été émerveillé par absolument tout ce qui composait ce monde et aujourd'hui il se retrouvait plus qu'agacé par tout ça. Tout lui paraissait insupportable. Les familles des premières années se bousculaient pour trouver leurs enfants aux fenêtres, tout le monde criait par-dessus le bruit du train pour pouvoir s'entendre, les animaux paniquaient à cause de l'agitation et faisaient encore plus de bruit pour le manifester, des cages traînaient partout au sol ainsi que pas mal de plumes qui restaient accrochées aux roues des valises quand on avait le malheur de passer dessus, des chariots vides étaient agglutinés le long du mur en prenant la moitié de la voie déjà peu grande, les gens couraient dans tous les sens pour il ne savait trop quelles raisons douteuses...
C'était l'horreur.
Quand il avait pu voir des échanges touchants entre parents et enfants et une ambiance joyeuse, magique et excitante à ses 11 ans, il ne voyait maintenant plus que des scènes dégoulinantes, inutiles et un vacarme superflu. Il ne ressentait plus qu'une grande lassitude face au tableau qu'était la gare.
Harry monta rapidement dans le train une fois que le contrôleur eut validé son ticket et qu'il eut déposé son chariot, et ferma les yeux quelques secondes en avançant dans l'allée principale, évitant instinctivement ses futurs camarades se trouvant sur son passage. Un mal de crâne commençait à lui vriller les tympans et il ôta ses lunettes pour se frotter les yeux, sachant d'avance que toutes les cabines devant lesquelles il passait étaient pleines.
Trouvant finalement son compartiment, il pénétra à l'intérieur et ferma la porte coulissante pour avoir un peu de calme.
C'était inespéré.
Harry se laissa tomber sur la banquette et posa sa tête contre la vitre, sachant qu'il n'aurait qu'une dizaine de minutes de repos avant que Ron n'entre dans le compartiment pour s'installer à son tour. Mine de rien, cette rencontre lui mettait une pression monstre et il ne savait pas s'il arriverait à faire semblant de ne rien connaître de son meilleur ami. Déjà que ça avait été compliqué de se tenir face à la famille Weasley quelques minutes plus tôt en ayant connaissance de tout ce qu'ils auraient à subir pour lui, ce n'était même pas la peine de penser à son état émotionnel en ayant Ron en face. Les images de la mort de son meilleur ami restaient gravées en lui et il savait pertinemment que ce mal-être s'accentuerait en le voyant. Si il avait réussi à éviter le regard de Ron tout le long de son interaction avec les Weasley, il serait obligé de l'affronter une fois que celui-ci serait dans le compartiment avec lui et il ne savait pas comment il gérerait ça.
Et en pensant, il ne vit pas le temps passer ni le train démarrer. Il entendit à peine le raclement de gorge derrière lui et ne réagit pas tout de suite alors que celui-ci se faisait plus insistant. Finalement, une voix s'éleva dans le petit espace et Harry sursauta en tournant la tête vers la personne dérangeant son silence. En croisant un regard bleu pas très assuré qu'il connaissait pour l'avoir eu en face de lui pendant des années, Harry prit une grande respiration pour se donner du courage pour la suite. Ça allait être dur.
- Excuse-moi, je peux m'asseoir ? Tous les autres compartiments sont pleins..
- Hein ? Oh, oui, oui, bien sûr. Désolé je... Je rêvais.
Le rouquin s'avança alors vers la banquette voisine et lui fit un petit sourire pour briser la glace.
Lui était complètement pétrifié. Impossible de se détendre, il ressentait bien trop de peine en regardant le garçon. Oh, bien sûr il arrivait à cacher à la perfection ses réelles émotions par rapport à lui – ça aurait été vraiment bizarre de le regarder avec une profonde tristesse alors qu'ils venaient officiellement de se rencontrer –, mais Ron voyait en face de lui un mec froid pas du tout avenant. Il ne devait pas réellement faire envie comme premier ami et il en avait conscience, mais il devait d'abord passer le choc. Il avait besoin de quelques secondes.
Harry ne pouvait s'empêcher de se questionner. Si Ron avait trouvé une place dans le train ce jour-là, aurait-il été son meilleur ami et son partenaire de crime par la suite ? Si Ron n'avait pas été son meilleur ami, serait-il mort ce soir-là ?
Non. La réponse était non. Ron aurait été en vie et épargné de cette vie qu'ils menaient depuis 7 ans. Sa famille aurait été indemne en sortant de la guerre étant donné qu'elle n'aurait pas était impliquée de la même façon.
Harry Potter avait gâché la vie de la famille Weasley au complet et il s'en rendait compte un peu plus chaque jour.
« Protego Maxima ! » avaient été les dernières paroles de Ron et, ironiquement, elles reflétaient bien le rôle qu'il avait toujours eu vis-à-vis d'Hermione et lui. Il les avait toujours protégés à sa façon en se sacrifiant constamment, en défendant Harry envers et contre-tout, en remettant sa fierté de côté pour pouvoir s'excuser quand ils s'engueulaient...
Harry avait la personne la plus formidable au monde en face de lui et c'était compliqué de faire semblant de ne pas savoir ça.
- C'est bon, t'inquiète pas pour ça. Y a de quoi être pensif n'est-ce pas ? Poudlard... J'ai hâte d'y être, pas toi ?
Harry acquiesça longuement sans répondre. Ron était incroyablement mal à l'aise et Harry se rendit compte qu'il faisait cet effet à beaucoup de personnes.
- D'accord... Je vois que tu ne parles pas beaucoup, c'est pas grave. Sinon je suis Ron, Ron Weasley.
- Harry, Harry Potter.
Il devait raviver le dialogue, il devait maintenir la bonne humeur restante de son interlocuteur pour ne pas que celui-ci le trouve chiant directement et se braque contre lui. Il devait... Pourquoi Ron arborait cet air totalement choqué, d'ailleurs ? Harry fronça des sourcils en le voyant porter sa main contre son propre front, la bouche en O et un air stupidement étonné sur son visage, et il comprit après quelques instants. Ron ne savait pas qui il avait en face de lui et était facilement impressionnable à cette époque. Harry Potter était une célébrité et potentiellement l'idole d'enfance de sa petite sœur, c'était alors un choc de l'avoir en face de lui et de lui parler.
Le reste se déroula de la même manière que la première fois, Harry s'obligeant à se la jouer un minimum aimable à partir de ce moment-là. Il répondait ce qu'il avait déjà répondu et faisait la conversation, même s'il manquait l'entrain naturel de la première fois. Il jouait la comédie pour paraître un minimum sympa en glissant des sourires et des rires par-ci par-là, et essayait de paraître détendu et impatient quant à l'année qu'ils allaient passer pour faire un peu plus enfant...
Mais malgré tous ses efforts, c'était tout de même facile de comprendre qu'il jouait la comédie et que le cœur n'y était pas vraiment.
Le truc bien avec Ron était qu'il ne remarquait jamais rien.
Le Weasley attira rapidement l'attention d'Harry sur son rat pour la démonstration de son sort et le jeune garçon ne put s'empêcher de ressentir une haine instantanée et incroyable envers l'Animagus d'apparence innocente, qui grignotait les bonbons qu'il avait acheté avec l'argent de ses parents sur la banquette. De son temps, Pettigrow venait de mourir, victime d'il ne savait qui, et il commençait à penser que l'éliminer dès maintenant aiderait absolument tout le monde à l'avenir. Harry commençait déjà à s'imaginer un plan qui prendrait effet dès leur arrivé à la Tour Gryffondor, mais la raison revint rapidement à lui et il se concentra sur ce que Ron lui disait. Si Sirius avait été innocenté lors de son procès, c'était bien grâce à la place de Pettigrow aux côtés de Voldemort. Vivant. S'ils avaient réussi à ressortir du Manoir Malfoy au début de l'année, c'était bien grâce à la stupidité et au peu de talent du quatrième Maraudeur. Il était indispensable vivant, malgré le fait que ça lui fasse très mal de l'admettre.
- Hum hum... Soleil, jonquille et mimo...
La porte coulissante s'ouvrit de nouveau et Ron se tut par pur réflexe, observant la cause de son arrêt en même temps qu'Harry qui sentit son cœur s'emballer à la vue de la jeune voyageuse dans le temps. Hermione resta à l'entrée du compartiment quelques secondes, semblant chercher quelque chose du regard avec un air légèrement agacé et en snobant complètement Harry et Ron. Les deux garçons avaient instinctivement relevé les yeux vers elle, la baguette du rouquin toujours dans les airs et dirigée vers l'Animagus que Harry fixait précédemment, et le silence perdura quelques instants avant qu'Hermione daigne les regarder à son tour. Le Weasley la regardait en attendant qu'elle dise quelque chose pour expliquer sa présence ici et Harry, lui, attendait un quelconque signe pour être certain que c'était vraiment elle.
Il ne savait pas ce qu'il attendait vraiment, un coup d'œil, une réplique, tout aurait fait l'affaire actuellement pour être honnête, mais ça ne vint pas et il ne put s'empêcher de penser qu'il s'était peut-être passé quelque chose pour elle.
- Hum... Vous n'auriez pas vu un crapaud ? Un garçon du nom de Neville a perdu le sien.
Hermione était-elle arrivée à la bonne année ? Avait-elle réussi à rester dans le rituel ? Ou avait-elle déjà oublié qui elle était réellement ?
- Oh, tu fais de la magie. Voyons ça !
Et pendant que Ron refaisait sa tentative de magie sur son rat, Harry observait la jeune femme en tentant de contrôler la panique qui le gagnait peu à peu en ne voyant rien d'anormal chez la jeune fille. Il était seul ? Comment était-il censé tenir 7 ans tout seul sans oublier son véritable monde alors qu'une seule année était un véritable défi déjà à 3 ? Il avait quasiment tout reposé sur Hermione pour qu'elle puisse arranger ça, pour qu'elle puisse éventuellement avancer dans les années avec un peu de recherches, et il se retrouvait sans elle maintenant ? S'il n'avait pas cédé à la panique précédemment, c'était uniquement parce qu'il savait qu'il n'était pas seul ! Il n'allait pas survivre deux mois. Il était foutu. Ça allait être terrible, Dumbledore le tuerait une fois qu'il serait revenu.
- C'est bon, tu feras mieux la prochaine fois ! Moi je n'ai tenté que des sorts faciles bien entendu, mais ça a marché à chaque fois. Par exemple... Occulus Reparo !
Harry, bien que plongé dans ses pensées, fut interloqué par ces paroles et loucha distraitement sur ses lunettes qui se recollèrent en un seul mouvement.
Hermione n'avait jamais dit un « Tu feras mieux la prochaine fois », il en était certain ! À cet âge-là et surtout dans le train, la jeune femme avait été hautaine et insupportable en désirant clairement montrer sa supériorité face à eux.
Il souffla discrètement de soulagement et attrapa ses lunettes pour faire semblant d'observer leur arrangement, prenant une mine étonnée qu'il feignait à la perfection tout en sentant son cœur reprendre un rythme normal. Ça le soulageait tellement, toute la pression qui s'était accumulée venait de redescendre d'un seul coup et il aurait sauté dans les bras de la jeune femme s'ils avaient été seuls. Il avait tellement eu peur en remarquant son manque de réaction ! Il avait cru s'être retrouvé tout seul dans ce voyage !
Il sourit alors grandement à la jeune femme en face de lui, qui se détendit également contre la banquette en remarquant qu'il réagissait à cette divergence de situation. Elle aussi avait dû douter un instant de son identité et ce sourire signifiait que c'était bien lui.
- Je suis Hermione Granger, et vous ?
- Harry Potter. Salut.
- Ça alors, je ne savais pas qu'on était nés la même année, c'est dingue...
Sa voix était légèrement amusée et Harry ne put que lui sourire. A quel moment Hermione Granger n'était pas censée savoir quelque chose ?
Mine de rien, son arrivée l'avait incroyablement détendu. Si précédemment il feignait chacun de ses sourires et ressentait une douleur vive au cœur en pensant à tout ce qu'il avait perdu et aux pertes qu'il avait causées, elle avait apporté en entrant dans le compartiment de la douceur et de la sérénité. Il ressentait toujours ce malaise en lui, mais c'était déjà un peu plus supportable en sachant que son alliée était là. Il réussissait à gérer un minimum tous ses souvenirs et émotions et arrivait à voir au-dessus. Alors il savait que ça n'allait pas durer et que c'était juste dû au soulagement et au bonheur de se rendre compte qu'il n'était pas embarqué dans une mission solo, mais il voulait profiter un maximum quand même de cette semi-sensation de bien-être qu'il n'avait pas ressenti depuis des années.
- Et toi ? Reprit la jeune femme en souriant à Ronald.
- Ron Weasley.
- Enchantée Ron, tu me passes un bonbon ?
Ce revirement de situation ne surprit absolument pas Harry, qui observait Hermione prendre une poignée de Dragées surprises de Bertie Crochu en souriant au garçon. La jeune femme était éperdument amoureuse de Ron depuis leur quatrième année et c'était certainement au-dessus de ses forces de faire semblant de le mépriser totalement comme ça avait été le cas à leur première rencontre. Il comprenait parfaitement son choix de changer cette partie de leur vie et ne faisait rien pour lui faire comprendre que ce n'était pas l'objectif de la mission. Après tout, leur amitié ne pouvait pas faire de mal à grand monde, au contraire. Le trio allait connaître de nouveaux moments et un peu d'inédit dans leur vie n'allait pas faire de mal. Après tout, Hermione et lui allaient être contraints de revivre 7 longues années de collège, ils pouvaient bien se permettre d'avoir quelques nouveaux mois leur appartenant.
- Je suis vraiment désolée, j'aurais bien aimé rester avec vous mais Neville veut vraiment récupérer son crapaud. Je repars !
- Tu veux qu'on t'aide ? proposa Ron dans un sourire.
- Non, ça va aller ne vous inquiétez pas. On peut se retrouver aux barques par contre ?
- Parfait.
Et Ron se retourna vers Harry lorsqu'Hermione fut sortie du compartiment et ne put s'empêcher de glisser un « Cette fille est vachement cool » avant de reprendre une langue de chat, un bonbon moldu dont il n'avait jamais entendu parler auparavant. Harry n'avait pu qu'être amusé par cette réflexion en pensant au fait qu'il la trouverait encore plus « cool » dans le futur, et finit par supposer qu'ils devraient mettre leur robe de sorcier étant donné qu'il ne restait plus beaucoup de temps de trajet.
Comme prévu, Harry, Ron et Hermione se retrouvèrent un peu plus tard devant le lac noir après avoir suivi Hagrid à la sortie du train, et ils embarquèrent dans la même barque sans se poser réellement la question. Le courant passait incroyablement bien entre les trois enfants – ce qui n'était pas une réelle surprise en soit – et ils voulaient continuer comme ça un maximum. Les deux voyageurs dans le temps laissèrent le garçon devant, et une fois que le petit bateau fut lancée sur l'eau et que Ron se retrouva accaparé par la beauté de Poudlard qui se trouvait maintenant devant eux, Harry et Hermione se lancèrent un regard en biais en forçant un petit sourire sur leurs lèvres.
Hermione était incroyablement triste et cette constatation brisa le cœur d'Harry, qui tendit sa main dans le but de prendre celle de son amie pour la serrer le temps de quelques secondes. Il avait toujours détesté la voir mal et ce qu'elle ressentait là... Il imaginait sa propre douleur décuplée – les sentiments amoureux accentuant obligatoirement sa peine –, ça devait être insupportable et Harry se demandait comment elle réussissait à jouer aussi bien la comédie, à regarder le garçon dans les yeux sans se mettre à pleurer ou montrer une seule petite once de faiblesse. En voyant l'air préoccupé d'Harry, elle mima un « Ne t'inquiète pas » sur ses lèvres et retrouva un sourire qu'il savait désormais entièrement faux. Ça ne fit que l'inquiéter encore plus.
Rapidement, ils se retrouvèrent dans Poudlard même et montaient les escaliers en tentant de suivre le rythme des élèves impatients devant eux. Hermione avait réussi à reprendre entièrement son rôle de petite adolescente découvrant Poudlard, mais pas lui. Il avait les mains dans les poches de sa robe de sorcier et observait de temps en temps Hermione et Ron, une moue de nouveau amère sur le visage.
Ce n'était pas Poudlard qu'il voyait, c'était le dernier champ de bataille de la Seconde Guerre Sorcière.
Ce n'était pas un couloir qu'il découvrait, mais plutôt l'endroit où Padma Patil avait été démembrée et Colin Crivey traîné. Ce n'était pas des escaliers quelconques, mais plutôt ceux qui avaient failli coûter la vie à Susan Bones.
Dans le train, il avait réussi à oublier un peu l'horreur de la guerre et se dire que la situation n'était pas si catastrophique que ça étant donné qu'ils étaient tous vivants et en sécurité, mais il avait su directement que ce genre de pensées positives était simplement dû au soulagement de retrouver Hermione. La réalité l'avait de nouveau frappé dans cette barque, il s'était d'un seul coup rappelé de toute la douleur subie en la retrouvant dans les yeux de sa meilleure amie et c'était insupportable.
Maintenant, dans le Château, il ne pouvait pas voir autre chose que l'endroit ayant accueilli la Bataille Finale.
- Venez, on essaie de se mettre devant, proposa Ron alors qu'un groupe se formait déjà devant le professeur McGonagall.
- Non, je préfère rester derrière, répondit Hermione en faisant un nouveau sourire au garçon. Ceux qui sont arrivés en premier ont les places de devant, c'est normal. On est en dernier, on reste derrière.
Harry et Ron se regardèrent en fronçant des sourcils, mais ne dirent rien et portèrent leur attention sur le professeur McGonagall qui avait commencé son discours de bienvenue.
Il ne suffit de seulement quelques secondes pour qu'Harry recule discrètement d'un pas et entraîne Hermione avec lui, voulant discuter concrètement avec la jeune sorcière de leur situation. Elle le devina aisément en voyant l'air grave sur son visage, et ne protesta pas alors qu'il empoignait son bras fortement. Ils reculèrent encore d'un petit mètre pour ne pas paraître suspects aux yeux de leur directrice de maison et Harry interrogea son amie du regard.
- Écoute Harry, si on était allés devant, Malfoy nous aurait vu et serait venu te chercher des ennuis, chuchota la jeune femme.
- Et alors ? Je suis assez grand pour gérer un gosse de 11 ans.
- La mission, Harry. Je ne pourrai jamais avoir Malfoy dans ma poche car je suis une née-moldu, tout repose sur toi... Donc si tu pouvais éviter de devenir son ennemi numéro un, ça va pas mal aider pour plus tard. On a eu la chance de pouvoir tout recommencer depuis le tout départ, il ne faut rien gâcher.
- D'accord. Je te fais confiance. Mais en parlant de ça, il s'est passé quoi pour qu'on se retrouve là ? C'est quoi qui a déconné au juste ?
Hermione eut une moue dépitée.
- Je ne sais pas du tout. J'ai cherché tout l'été mais impossible de comprendre l'erreur... Après, je n'avais pas vraiment les meilleurs livres et tu sais comme moi qu'il faudrait des mois pour réunir tous les fragments du rituel pour l'analyser entièrement, donc comprendre risque d'être un peu long... Je peux éventuellement chercher à la Réserve mais je reste sceptique sur un quelconque résultat.
- Et juste de mémoire ? Est-ce que tu te rappelles si Dumbledore a eu le temps de finir l'incantation avant de se faire tuer ou pas ?
- Non, je ne me souviens pas. J'entendais ce qu'il disait mais je n'écoutais pas réellement, j'étais plus concentrée sur... enfin.
Elle secoua légèrement la tête, comme pour enlever de mauvaises images de son cerveau avant de reprendre la parole :
- Il faudrait dénicher une Pensine pour revoir tout ça et tenter de clarifier en reliant nos deux souvenirs. Tu sais où on...
- Mais vous allez vous taire oui ?
C'était Seamus Finnigan juste devant eux qui venait de se retourner et de leur chuchoter ces quelques mots, une moue visiblement contrariée et agacée sur le visage. Harry savait qu'il ne pouvait pas comprendre ce qu'ils disaient étant donné qu'ils parlaient trop bas et trop vite, mais il avait pu entendre les chuchotements agaçants en effet et Harry s'en excusa alors en haussant des épaules. Quand l'Irlandais accorda toute son attention sur Minerva de nouveau, Hermione s'empêcha de ricaner pour ne pas attirer l'attention sur eux en mordant sa lippe inférieure et Harry eut un sourire en coin en observant son camarade de chambre et ami. La vision de Seamus Finnigan tentant de faire régner l'ordre était vraiment comique en sachant qu'il était le pire des fouteurs de merde de Gryffondor après les jumeaux Weasley.
- On en discutera plus tard.
Hermione venait de clore la conversation et recommençait à s'avancer peu à peu dans le groupe, laissant Harry la suivre habilement alors que tout le monde riait à cause de Neville et de son éternelle maladresse. Il fit mine de ricaner également et glissa un « Ça doit être lui Neville » à Ron une fois de retour à son niveau, qui acquiesça en riant également.
Quand Harry se concentra sur sa directrice de maison et ce qu'elle pouvait dire lorsqu'elle recommença à parler, il remarqua que c'était la fin du discours et qu'ils allaient pénétrer dans la Grande Salle pour se faire répartir dans les maisons qu'elle venait de citer.
Il se rappelait s'être senti excité et émerveillé en entrant dans la Grande Salle et en marchant jusqu'à la table des Professeurs, mais là, Harry ne ressentait strictement rien sauf peut-être de la lassitude. Un sentiment de déjà-vu qui l'agaçait énormément. Il avait juste envie de retrouver son lit rouge et or, de se blottir dans les draps et de dormir jusqu'au lendemain, si possible sans rêver cette fois-ci. Il voulait juste que ça passe rapidement, surtout qu'il n'y avait absolument aucun suspense sur qui allait être envoyé où. Il connaissait absolument tout le monde de sa promotion. Il connaissait même leur destin et la date de leur mort pour certain.
« Hermione Granger ! »
Harry regarda sa meilleure amie avancer vers le tabouret, et attendit seulement quelques secondes pour entendre un « GRYFFONDOR » sortir de la couture du couvre-chef. Il applaudit mollement alors qu'elle se dirigeait vers leur table, et observa Susan Bones ainsi que d'autres élèves passer sous le Choixpeau et se faire répartir dans leurs maisons respectives. C'était extrêmement lent.
« Draco Malfoy ! »
Draco Malfoy... A part sa mention par Hermione tout à l'heure, Harry l'avait complètement oublié pour dire vrai. Le Choixpeau frôla à peine sa tête qu'il fut réparti à Serpentard, et le petit sourire qu'il arbora cassa d'un seul coup l'air angélique qu'il pouvait avoir. C'était vraiment un étrange contraste, tout dans son attitude montrait qu'il était agressif et snob alors que son apparence était angélique. Ça contrastait beaucoup trop pour qu'on sache où donner de la tête. Blond aux yeux clairs, une peau extrêmement pâle et une moue enfantine... Un véritable chérubin. Directement venu des couilles de la pute du Seigneur des Ténèbres, s'amusa Harry avant d'acquiescer quand Ron lui signala que tous les sorciers ayant mal tourné étaient à Serpentard.
Harry pensa à Pettigrow. Sa trahison était vraiment sortie de nul part.
« Ron Weasley ! » Le garçon inspira bruyamment et commença à avancer vers le tabouret de façon peu assurée. Pourquoi était-il stressé ? C'était un Weasley, il allait obligatoirement être envoyé à Gryffondor... Jamais un rouquin de cette famille n'était allé ailleurs, c'était dans son sang. Sans surprise, tout le monde entendit raisonner le « GRYFFONDOR ! » et Harry lui envoya un sourire feint quand Ron le regarda les deux pouces en l'air. Il était heureux et soulagé. Tant mieux.
« Harry Potter ! »
La Grande Salle retint son souffle cette fois-ci. Dumbledore eut un petit mouvement montrant son intérêt et Harry pouvait entendre des « Harry Potter ? » dans toute la salle. C'était vrai, il avait oublié cette partie-là...
Il avança alors vers le tabouret en gardant son expression fermée, détestant les élèves et professeurs pour le regarder actuellement comme s'il était une bête de foire particulièrement intéressante. C'était incroyablement énervant et il savait pertinemment que c'était loin d'être fini, constatation qui avait le don de le rendre las. Il s'assit sur le tabouret, attendant que le professeur McGonagall se décide à bouger et fasse son travail, et soupira en l'entendant finalement s'avancer. Le Choixpeau frôla enfin sa tête et il n'eut même pas le temps d'entendre la fameuse voix à l'intérieur de son crâne qu'il entendait le cri dans la Salle.
« SERPENTARD ! »
Pardon ?
Kyaaah, j'ai réussi à finir !
Je ne voyais plus la fin de ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu !
Étant donné que j'ai reçu plusieurs fois les mêmes questions, je vais répondre ici et maintenant :
- Je n'ai pas de jour de parution précis, j'écris quand j'en ai envie et surtout quand j'ai de l'inspiration.
- Une année sera sur plusieurs chapitres en effet. Je ne sais pas combien exactement mais vous ne retrouverez jamais un an sur un seul ou deux chapitres.
- Je n'aime pas prendre de l'avance dans mes chapitres car j'ai toujours plein d'idées qui me viennent, et ça me frustrerait de ne pas pouvoir les ajouter à une histoire déjà terminée.
A la prochaine, love x
