Hello les Potterheads !
J'ai enfin fini le chapitre 3 – qui est légèrement plus long que les autres, mais on va pas se plaindre n'est-ce pas ?
Je voulais vous remercier pour vos adorables reviews encore une fois, vous êtes vraiment géniales. C'est super de voir que son travail est apprécié et j'espère que vous aimerez toujours autant ce chapitre, qui a été vraiment très très long à écrire. *souffle un peu de soulagement après avoir mis le point final*
Bonne lecture !
Dans le chapitre 2 : Harry rencontre Ron et Hermione dans le Poudlard Express, et c'est avec soulagement qu'il découvre qu'il est bien tombé à la même période que son amie. Ils font donc une grande partie du trajet ensemble, et une fois arrivés à Poudlard, Hermione évite la confrontation Malfoy/Potter en mettant Harry en retrait. Finalement, lors de la répartition, Harry est envoyé à Serpentard après que tous ses amis aient été répartis à Gryffondor.
CHAPITRE 3
Tout le monde l'observait avec étonnement.
Lui-même était le premier étonné.
Le seul bruit qu'on pouvait entendre dans la salle était celui des chuchotements surpris faisant écho à ses pensées.
« Harry Potter, à Serpentard ? » « C'est étrange, je pensais qu'il finirait à Gryffondor ou Serdaigle » « C'est sûr qu'il n'a pas l'air très cool mais de là à aller là-bas... » « Toute sa famille est allée à Gryffondor, c'était logique qu'il soit dans cette maison je comprends pas ! »
Toutes ces paroles bourdonnaient dans ses oreilles et il contracta sa mâchoire violemment, se rendant de plus en plus compte de la situation actuelle dans laquelle il se trouvait. Serpentard ? Depuis quand était-il un Serpentard ? Il avait passé 7 ans à Gryffondor, tous ses amis et Hermione étaient là-bas, sa vie était là-bas. Il ne pouvait pas juste changer de maison de la sorte... Ce n'était pas... logique. Il devait y avoir un moyen de remédier à ça. Il devait absolument faire quelque chose pour pouvoir changer de maison. Il irait parler à Dumbledore dès le lendemain et essaierait d'arranger les choses, même s'il savait d'avance que c'était chose impossible.
Harry sentit McGonagall retirer le Choixpeau de sa tête et la table des Serpentards commença à applaudir, comme si ce simple geste les avait sortis de leur torpeur et qu'ils se rendaient compte qu'ils avaient un nouvel élève à accueillir. Ce fut d'abord hésitant, voire même ridicule, mais le début des applaudissements d'Albus Dumbledore derrière-lui encouragèrent les élèves de toutes les maisons confondues à applaudir à leur tour comme ils l'avaient fait pour les autres premières années. Au moins une chose était sûre, la maison Serpentard s'était attendue à tout sauf à Harry Potter dans leurs rangs.
Harry se leva de son tabouret et inspira profondément pour se donner du courage. Ses mains tremblaient et il se maudissait pour ça.
Il se retourna instinctivement vers le directeur de Poudlard qui applaudissait étonnement toujours plus fort que les autres. Il savait que le vieil homme avait été plus que fier de le voir à Gryffondor la première fois, alors qu'en était-il maintenant qu'il était à Serpentard ? Serait-il révolté ? En colère ? Complètement perdu, tout comme lui ?
Dumbledore avait toujours longuement insisté sur le choix de maison d'Harry pour marquer la différence entre lui et Voldemort durant ses deuxième et cinquième année, alors qu'est-ce que ça voulait dire désormais ? Qu'il était maintenant plus semblable à Voldemort qu'avant ? Qu'il commençait à être une copie du Seigneur des Ténèbres et qu'il reproduisait le même schéma que lui ? Non, c'était inconcevable. Une phrase prononcée par le vieil homme lui-même lui revint en mémoire à cet instant-ci et Harry soupira. « Ce ne sont pas vos ressemblances qui comptent, mais vos différences » Il voulait bien, mais quelles différences lui restait-il ? Il avait toujours pensé être une personne bien et cette entrée fracassante dans cette maison lui signifiait qu'il ne l'était pas autant qu'il le pensait.
Son regard croisa finalement celui de Dumbledore, qui avait enfin focalisé son attention sur lui et lâché les tables du regard, et son expression prit totalement Harry au dépourvu. Il semblait tout aussi surpris que lui, mais on pouvait apercevoir une lueur profondément amusée dans ses yeux qui agaça aussitôt le jeune garçon, qui serra ses poings et ses lippes au même instant. Harry ne voyait rien de drôle dans cette situation. Dumbledore aurait dû être catastrophé, pas amusé. Il aurait dû être de son côté. Harry ne cherchait pas une approbation ou de l'amusement de la part du vieil homme, il n'en voulait surtout pas, alors pourquoi Dumbledore rendait les choses compliquées et se retrouvait excité par le choix de cette maison pour lui ? Même si le directeur n'avait aucune idée de ce qui allait se passer dans les années à venir, un Harry Potter à Serpentard était une véritable source de problèmes et ça dans n'importe quelle réalité.
Il fusilla Dumbledore du regard et ce dernier perdit quelque peu son sourire.
Il n'avait visiblement pas l'habitude de voir un garçon de 11 ans l'observer de la sorte.
Harry descendit finalement les quatre marches séparant la table des professeurs au reste de la Grande Salle, et lança un regard plein de regret à la maison Gryffondor au complet qui applaudissait toujours de façon réticente. Son regard s'attarda sur Ron, qui avait la bouche encore grande ouverte sous la surprise et un petit air triste sur le visage. Sur Neville, qui semblait déçu de ne pas avoir Harry Potter dans sa maison. Sur Fred et George, qui s'étaient préparés à chanter « Potter est avec nous ! » avant que le cri du Choixpeau ne retentisse...
Ça n'aurait pas dû se passer comme ça, il le savait. Le Choixpeau aurait dû hésiter, le Choixpeau aurait dû prendre sa préférence en considération... Il aurait dû être envoyé à Gryffondor. Il aurait dû retrouver sa vie pour pouvoir la reprendre du départ en évitant les faux pas et les catastrophes qui la rendaient si difficile au quotidien. Il aurait dû éviter les changements non nécessaires à tout prix et il se retrouvait avec le plus gros changement à son actif. Magnifique, Harry.
Ses yeux se posèrent enfin sur Hermione, qui le regardait de cette façon impassible qu'il détestait par-dessus tout sur elle, et il baissa les yeux après avoir mimé un « Désolé » sur ses lèvres en se dirigeant vers la table de sa nouvelle maison.
Quand elle laissait retomber tous les masques pour arborer cette expression créée directement par la guerre, c'était qu'elle réfléchissait à toute vitesse et qu'elle était plus que contrariée par la conclusion à laquelle elle arrivait. Elle était beaucoup trop concentrée et déçue pour pouvoir faire attention à l'environnement dans lequel elle se trouvait et son air grave qui résultait de son manque de vigilance était plus que perturbant quand on le retrouvait sur une petite fille de 11 ans.
Ça faisait des mois qu'Harry comprenait bien trop son amie et cette constatation le rendait tout simplement triste. Il savait toujours ce que ressentait la brune grâce à ses expressions pour avoir vécu les mêmes choses qu'elle dans l'ensemble et il se sentait bêtement fautif. Il ne savait pas très bien pourquoi, mais ce sentiment d'avoir échoué lorsqu'il aurait dû la protéger le rendait automatiquement responsable de ce que la brune avait pu vivre ces deux dernières années. Elle aussi avait été touchée par la guerre, elle aussi avait vécu des choses atroces, elle aussi avait changé... Tout ça parce qu'il n'avait jamais été assez fort pour prévenir ce qui allait se passer.
Et il n'arrivait jamais à l'aider. Il ne faisait qu'empirer les choses à chacun de ses actes et il se maudissait pour ça, ne pouvant s'empêcher de repenser à ce soir-là où la Hermione pré-guerre avait définitivement disparu et où leurs emmerdes avaient réellement commencé.
Ils étaient piégés dans une vulgaire cellule.
La cellule du Manoir Malfoy pour être exact.
Le charme se rompit et Harry hurla de frustration dès que ce fut le cas. Il empoigna la grille de la porte de leur prison et l'agita avec rage, passant toute la haine qu'il pouvait ressentir dans ce simple geste. Il savait que ça ne servait strictement à rien étant donné que cette porte était fermée magiquement et qu'il savait – il sentait – que sa magie était inutile dans ce sous-sol, mais la colère de s'être laissé attraper aussi facilement le rendait dingue et lui faisait perdre toute logique.
Malfoy. Ce fils de pute de Mangemort, c'était lui qui les avait capturés.
Harry, Ron et Hermione avaient été mis sous Imperium après le dîner et avaient été emmenés vers une gigantesque armoire noire située dans la Salle sur Demande, la salle des Objets Cachés pour être plus précis. Harry ne savait toujours pas quel était réellement cet objet, mais il savait désormais que cette armoire possédait une jumelle, qu'on pouvait passer de l'une à l'autre en quelques secondes et que celle-ci se trouvait au Manoir Malfoy, qui s'avérait être le quartier général du Seigneur des Ténèbres par la même occasion. Cette situation était magnifique.
Arrivés au Manoir, le sortilège leur avait donné l'ordre de se rendre eux-mêmes dans leur cellule et de déposer leur baguette sur le meuble de l'entrée. Les Mangemorts présents (Lestrange, les Carrow et les Malfoy) avaient beaucoup ri. C'était une humiliation vraiment perverse de la part du fils Malfoy et il le haïssait encore plus pour ça, si c'était seulement possible.
Harry avait envie de tuer du Mangemort.
Le sortilège s'était rompu après quelques secondes dans la cellule et Harry était complètement fou de rage. Il avait toujours bien tenu à l'Imperium dans le passé, il soupçonnait donc Malfoy d'avoir mis quelque chose dans leur jus de citrouille pour les rendre tous les trois plus vulnérables. Il n'y avait pas d'autres explications. Harry avait toujours été plus fort que blondie dans tous les domaines – sauf l'Occlumencie, mais là n'était pas la question – alors il n'y avait aucune chance pour que le Mangemort ait réussi à les avoir tous les trois en même temps.
- Harry ? Ron ?
Une petite voix venait d'interrompre ses songes. Il soupira en reconnaissant sa propriétaire et laissa ses mains se serrer encore plus autour de la grille.
- Ginny ?
C'était Ron qui avait répondu et Harry se retourna quelques secondes pour apercevoir Ginny Weasley – qui avait disparu depuis le début de leur septième année – enlacer son frère avec toute la force qu'il lui restait. Ses cheveux étaient sales, son corps livide et fin et de la crasse s'était déposé un peu partout sur elle, lui donnant un aspect pouilleux qui ne lui allait pas du tout. Harry grimaça en la voyant. Elle n'était plus aussi jolie que dans son souvenir.
- Vous vous êtes fait attraper.
- C'est toi qui dis ça ? Regarde-toi.
- Ce n'est pas de ma faute.
Elle tourna finalement son regard vers Harry et l'observa avec insistance, comme si elle attendait qu'il s'excuse ou donne une bonne raison de ne rien avoir tenté pour la sauver. Les Mangemorts s'étaient visiblement donné un plaisir d'exposer leur plan à la jeune rousse, qui avait vu celui-ci échouer et qui avait sauté à la juste conclusion qu'Harry se fichait un peu d'elle.
Ces reproches informulés agacèrent Harry, qui ne fit que maintenir son regard sans ciller. Il assumait la totalité de ses actes et n'avait pas l'intention de regretter ou de se justifier.
Ginny Weasley avait été l'appât de Voldemort et il n'y pouvait strictement rien. Le Seigneur des Ténèbres avait eu vent de la relation qu'entretenaient les deux jeunes gens et avait cru qu'Harry se ruerait pour aller sauver la jeune femme et qu'il pourrait alors tuer son ennemi de toujours tranquillement et sans plus d'efforts.
Mais ça n'avait pas été le cas. Harry ne ressentait rien de particulier pour la jeune femme et n'avait pas marché dans le jeu. Il avait dû empêcher Ron de le faire, qui avait ensuite empêché la famille Weasley au complet de sauter stupidement dans la gueule du loup. Ginny avait été attrapée, c'était trop tard pour elle et un sauvetage signifierait laisser quelqu'un d'autre mourir en échange. Comme il l'avait imaginé, personne n'était prêt à sacrifier la famille encore présente, alors autant laisser partir ceux déjà out.
- Ce n'est pas de sa faute Gin', il a fait ce qu'il avait à faire. Nous avons tous fait ce que nous avions à faire. Je suis désolé.
- Bien s...
Un cri – non, un hurlement – si fit entendre à l'étage et tout le monde se figea dans la cellule, coupant Ginny dans sa réplique visiblement bien partie pour être sarcastique. C'était la voix d'Hermione. Un regard autour d'eux leur indiqua qu'effectivement, la brune n'était pas en leur présence et Harry sentit son sang se glacer dans ses veines. Ils n'avaient même pas remarqué qu'elle n'était pas avec eux et elle semblait être... Torturée en ce moment-même.
Harry et Ron hurlèrent à leur tour le nom de la jeune femme et le roux rejoint son ami aux barreaux, essayant de pousser la porte avec pour seul atout leur force. C'était peine perdue, ils le savaient aussi bien l'un que l'autre, mais ils avaient besoin de faire quelque chose. Ils ne pouvaient pas rester tranquillement les bras croisés, et sans leur baguette, agir ainsi était la dernière des solutions.
« HERMIONE ! »
Ouais, elle en avait bavé. Au final, peut-être même plus qu'eux tous réunis.
Harry jeta un dernier coup d'œil à son amie avant de concentrer son attention sur la table des vert et argent vers laquelle il se dirigeait. Ça lui faisait tellement bizarre, il n'avait jamais franchi la barrière de la table des Gryffondor et il devrait maintenant prendre place chez les Serpentard – du moins, jusqu'à ce que Dumbledore lui accorde son changement de maison. Il regarda qui se trouvait déjà là, passant sur le fait que toutes les personnes des quatre maisons l'observaient encore et n'avaient pas l'air prêts à arrêter ça, et évita que son visage ne se décompose en constatant quel était le dernier Serpentard à avoir été réparti avant lui.
Malfoy.
Harry avait donc le choix entre se mettre à côté de lui ou se placer en face.
C'était comme choisir entre la peste et le choléra et le jeune homme se retint de justesse de grimacer.
En se mettant en face, Harry aurait sa tête dans son champ de vision dès qu'il arrêterait de regarder son assiette et cette idée le dégoûtait profondément. Déjà qu'il ne supportait pas la simple mention de son nom, ça allait être compliqué de ne pas lui planter un couteau dans l'œil dès qu'il le verrait manger, se vanter ou juste respirer. Il pourrait éventuellement faire passer ça pour un accident avec un peu de volonté, mais il doutait qu'on le croit sur parole.
En se mettant à côté, il y avait des risques pour que le blond se mette à lui parler et à vanter les mérites de sa famille et de son nom. Il y avait de fortes chances pour qu'Harry ne supporte pas et lui tranche tout simplement la gorge pour qu'il se la ferme, ce qui était une chose à éviter vu qu'il ne voulait pas terminer sa vie à Azkaban. Avec un tel geste, impossible de se faire passer pour un élève simplement maladroit et dans le monde de la magie, une gorge ne se refermait pas après la mort engendrée par la coupure.
Mais une conversation ne serait pas le pire, non... Non, le pire serait que son bras frôle le sien ou qu'il y ait un contact physique, volontaire ou pas. Un contact, ce serait vraiment le pire de tout, le garçon en frissonnait de dégoût d'avance.
Harry choisit de se mettre en face du blond et décida de ne pas lever la tête le temps de son repas.
La voix de McGonagall appela Pansy Parkinson et Harry posa sa tête contre sa main, recommençant à s'ennuyer ferme en ignorant tous les regards posés sur lui.
- Mais vous allez vous taire oui ? Vous perturbez Mme Lestrange !
Peter Pettigrow se tenait en haut des escaliers et vociférait contre Harry et Ron, qui eux hurlaient toujours le prénom d'Hermione en écho aux cris de la jeune femme qui n'avaient pas cessé depuis quelques minutes. Ginny avait précédemment tenté de les raisonner en proclamant que ça ne servait strictement à rien de faire ce qu'ils faisaient, mais les deux garçons n'avaient absolument pas écouté et faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour sortir d'ici. C'était vain, mais c'était au moins quelque chose.
- Et bien, viens nous faire taire espèce de lâche !
Un plan avait germé dans l'esprit d'Harry et c'était la première chose qu'il avait trouvé à dire pour le mettre à exécution. Certes, ce n'était pas la chose plus intelligente à faire ni la plus recherchée, mais ça sembla marcher étant donné que Pettigrew commença à descendre les marches en prenant sa baguette. La stupidité de ce mec impressionnerait toujours Harry, qui se recula de la porte de sa cellule en même temps que Ron qui avait compris son plan presque immédiatement. 7 ans de vie commune, ça aidait pas mal dans ce genre de situation. Ginny murmura un « Mais qu'est-ce que vous faites ? » affolé que les deux garçons ignorèrent complètement et la jeune femme souffla violemment. À part râler, elle ne savait visiblement pas faire grand-chose. Le roux se mit à côté de la porte et Harry resta bien dans l'axe, continuant à provoquer le Maraudeur qu'il dénigrait toujours ouvertement.
Aucune magie ne pouvait être faite dans cette cellule, il l'avait rapidement compris en sentant un espèce de vide en lui dès qu'il avait pénétré dans la salle – ce qui expliquait d'ailleurs que l'Impérium ne fonctionne plus ici. A partir de ce moment-là, ça allait être facile de prendre l'avantage sur l'ancien Gryffondor qui semblait avoir oublié ce détail dans sa colère, et qui ouvrait à présent la porte de la prison magique à l'aide d'une formule à peine complexe.
Ron se jeta sur lui dans un timing parfait et lui prit sa baguette dès que la grille fut ouverte. Harry attrapa Ginny par le bras et la tira brusquement pour la faire sortir de la pièce souterraine, avant de donner un violent coup dans le ventre de Queudver qui offrit à Ron la possibilité de sortir de la pièce. Harry le suivit alors que l'homme se roulait de façon minable par terre, ses bras posés sur son ventre et un gémissement de douleur prêt à sortir de ses lèvres. Harry ferma la grille et l'ensorcela pour qu'aucun son ne puisse en sortir.
Ils montèrent rapidement les escaliers sans se concerter, le plan étant presque évident pour les trois jeunes élèves. Harry ferait de la magie sans baguette pour mettre à terre les Mangemorts étant donné qu'il était le seul à bien la gérer. Ron utiliserait la baguette de Pettigrow et protégerait Ginny, qui irait se mettre sous le sort de protection avec Hermione jusqu'à ce qu'elle puisse accéder à une baguette pour attaquer avec eux. Tout se jouait à l'instant et Harry espérait juste que Voldemort ne se pointe pas maintenant.
- Potter ?
Harry sursauta, revenant brusquement à la réalité suite à cet appel. Machinalement, il leva la tête pour voir qui lui avait parlé de cette voix traînante et interrogative et arqua un sourcil en voyant que c'était Malfoy lui-même. Qu'est-ce qu'il lui voulait maintenant ? Déjà l'emmerder ?
L'évidence le frappa. Non, Malfoy ne voulait pas l'emmerder. Il n'avait encore rien contre lui à cette heure-ci et ce ne serait pas logique qu'il veuille se mettre Harry Potter à dos. Malfoy avait toujours aimé être bien placé au sein des élèves de Poudlard et avoir le Survivant avec lui ne pouvait que lui être bénéfique – la preuve, il l'avait déjà essayé dans le passé en lui tendant la main. Puis, de plus, il n'arborait pas sa tête de véritable connard qui allait rendre la vie de tout le monde insupportable – ce qui voulait dire qu'il n'avait rien de vicieux ou de méchant derrière la tête. Harry n'était pas habitué à voir Malfoy le regarder autrement qu'avec cet air méchant et vil et il se retrouvait de ce fait légèrement déstabilisé.
Le jeune blond avait sa simple expression fermée et habituelle sur le visage. Harry aurait réellement voulu se foutre de sa gueule en voyant ce visage si impassible et glacial, mais il se rendit compte qu'il arborait exactement la même tête au quotidien et qu'il n'avait donc pas le droit de le faire. C'était frustrant de ne rien trouver à dire sur ce futur Mangemort, il n'en avait pas l'habitude. Au moins, quand Malfoy déversait sa haine sur lui, il savait comment réagir et considérait même leurs altercations comme une simple habitude quotidienne. Ça alimentait sa haine pour lui et la vie était beaucoup plus facile. Là... Il ne savait absolument pas quoi faire ni penser. Il tenta de détendre ses traits mais y parvint à peine. Il était condamné à ressembler à une réplique de Malfoy.
- Le repas a commencé, répliqua simplement le blond en le regardant quelques instants, faisant à peine attention au silence perdurant du nouveau Serpentard.
En effet, un coup d'œil vers la table lui indiqua que des plats plus goûteux les uns que les autres se trouvaient désormais devant lui et que tout le monde avait déjà les assiettes remplies, ce qui signifiait que le repas avait commencé depuis une bonne minute déjà. Harry fit un signe de tête au blond pour éviter de lui répondre oralement, et prit entre ses couverts du poulet et des haricots verts pour remplir son assiette, essayant de faire mine d'en avoir au moins un peu envie. Il piqua trois haricots et les porta machinalement à sa bouche sans réelle conviction malgré ses quelques efforts.
La vérité était qu'Harry n'avait absolument pas faim et que son estomac était bien trop noué pour qu'il puisse avaler quoi que ce soit. Il avait l'impression qu'il allait vomir absolument tout ce qu'il pouvait ingurgiter et ça le rendait malade d'avance, mais il savait qu'il devait se nourrir un peu, au moins pour ne pas paraître trop bizarre ou anorexique par la même occasion. Déjà qu'il n'était pas bien épais, il ne fallait pas non plus que ses nouveaux camarades de maison viennent lui poser des questions et trouvent un moyen de se foutre de sa gueule. Il ne savait pas comment fonctionnait la maison Serpentard dans ses propres rangs, mais d'après ce qu'il avait pu voir pendant sept années consécutives ça n'avait pas l'air d'être la grosse joie. C'était quelque chose comme « la loi du plus fort » et il se doutait que son apparence quelque peu fragile allait l'handicaper pour un certain moment.
- Je suis Malfoy. Draco, Malfoy.
Harry leva de nouveau la tête vers lui, figeant par la même occasion ses mains occupées à couper le poulet à l'aide de ses couverts. Le blond ne lui tendit pas la main et ne fit que le regarder en attendant patiemment sa réponse, surprenant Harry qui le fixa l'espace de quelques secondes. Il ne savait pas à quoi il s'était attendu, mais en tout cas la poignée de main manquait. Bon, en soit c'était normal étant donné qu'ils étaient à table et que ce n'était pas très hygiénique de toucher la main de quelqu'un d'autre en mangeant, mais ça surprit Harry dont le désagréable souvenir de sa rencontre avec la fouine finissait toujours avec le refus de la main tendue. Ça avait toujours été le début des hostilités dans sa tête et ça lui procurait une sensation étrange que ça ne se passe pas ainsi. Là... Il ne pouvait rien faire pour signifier qu'il ne voulait pas de son amitié. Ils étaient juste en train de parler et Harry était bien plus doué pour montrer ce qu'il ressentait que pour envoyer chier les gens. Alors il était dans la merde.
- Harry Potter, mais visiblement tu le sais déjà.
Malfoy eut un petit sourire narquois qu'Harry eut tout de suite envie de lui faire ravaler.
- Qui ne le sait pas.
Harry détestait ce type.
Bellatrix Lestrange était agenouillée sur Hermione, une jambe passée de chaque côté du corps de la jeune femme, sa baguette en main et une expression de pure folie meurtrière sur son visage. Hermione semblait clouée au sol par une force invisible et une grande partie de son corps était recouverte de blessures sanglantes qui la faisaient continuellement geindre. Les cheveux longs et bouclés de Bellatrix lui tombaient sur le visage et ses yeux fermés étaient perlés de larmes. Malgré le fait qu'elle tente de rester un maximum impassible pour ne pas donner trop de plaisir à la Mangemort, sa souffrance était parfaitement visible sur son visage et ses hurlements franchissaient ses lèvres sans qu'elle ne puisse rien faire. Un « Sang-de-Bourbe » sanglant était inscrit sur son bras, qui arborait d'ailleurs un angle très étrange. Elle était dans un très mauvais état et Harry était rouge de rage.
Le sorcier n'hésita pas une seconde avant de lancer un sortilège sur la folle à lier, dévoilant aux autres personnes de la pièce leur présence par la même occasion, et un grand bruit de fracas résonna lorsque Bellatrix atterrit à l'autre bout du salon. Elle était assommée et avait du sang coulant sur son front à cause du miroir sur lequel elle s'était cognée, image qui satisfit au plus haut point Harry qui réussit à stopper un Petrificus d'il ne savait qui d'un geste. Il entendit Ron jeter un sort de protection autour d'Hermione pour la protéger des sortilèges perdus et le combat acharné commença.
Harry s'occupait des deux Carrow et Ron des Malfoy. Ginny s'était ruée vers Bellatrix, toujours assommée un peu plus loin pour attraper sa baguette et immobiliser la sorcière plus âgée pour aller aider Ron contre la famille de Mangemorts. Ils avaient peut-être une chance de prendre l'avantage désormais.
Harry tua facilement au bout de quelques secondes Amycus Carrow – qui avait beaucoup trop confiance en ses capacités pour être réellement efficace – mais ce fut une toute autre histoire pour Alecto. La mort de son frère avait semblé la rendre plus déterminée encore à piéger le Survivant – oui, seulement piéger, les Mangemorts avaient pour ordre de ne pas tuer Harry Potter et c'était certainement pour ça que Malfoy avait emmené Ron et Hermione avec eux, histoire de pouvoir quand même se défouler sur quelqu'un. Alecto ressemblait à une véritable furie et Harry commençait à se sentir fatigué. Même s'il savait faire de la magie sans baguette, ça ne faisait qu'un an qu'il la maîtrisait et il ne l'avait jamais utilisée dans un combat comme celui-ci, où il devait tout donner et mettre un maximum de sa puissance pour que le mécanisme magique ne fonctionne. Il ne pouvait pas aller prendre la baguette d'Amycus étant donné que le cadavre se trouvait trop près d'Alecto et cette dernière semblait connaître tous les sorts qu'il utilisait et n'avait donc aucun problème à les repousser. Harry devait la surprendre, est-ce qu'il connaissait un sortilège vraiment peu connu ?
Oui, il en connaissait un.
« Sectumsempra ! »
Et ça réussit à la mettre hors-jeu. Tous les vaisseaux sanguins de son torse s'ouvrirent et sa peau se déchira lentement, laissant couler le sang à travers sa chemise précédemment blanche. Alecto laissa échapper un hurlement de douleur et Harry se contenta de l'observer tomber au sol, un regard satisfait posé sur elle. Elle ne connaissait visiblement pas ce sortilège et n'avait pas réussi à l'arrêter comme elle l'avait fait avec tous les autres. Harry bénissait Rogue et son bouquin de sixième année en cet instant précis (et ça n'arrivait pas souvent, qu'on se le dise). Ça venait de le sauver et il en était profondément reconnaissant – il devrait d'ailleurs penser à créer son propre sortilège un de ces jours, ça pouvait toujours servir dans ce genre de situation et ça sauverait sa fierté.
Il revint rapidement sur Terre en entendant Ginny pousser un cri, et jeta un coup d'oeil à la scène se déroulant à côté de lui alors qu'il se baissait pour prendre la baguette lourde de sa deuxième victime de la soirée. Narcissa Malfoy était morte, Lucius et Draco Malfoy toujours en vie. Draco venait visiblement de blesser gravement Ginny, mais Ron s'acharnait déjà trop sur Lucius pour pouvoir venir en aide à sa petite sœur. Harry ne réfléchit pas et commença à attaquer le garçon.
C'était tellement bon et satisfaisant de pouvoir déverser toute la haine qu'il ressentait envers lui. Dans le cadre scolaire, ils n'avaient jamais pu faire parler leur réelle colère étant donné que tout était toujours surveillé et qu'aucun des deux n'avait envie d'avoir de réels problèmes là-bas, mais actuellement il n'y avait aucune limite et c'était vraiment bon et libérateur.
Ils ne parlèrent pas entre eux jusqu'à la fin du banquet. Bon, en soit c'était une chose évidente du côté de Harry qui n'avait absolument pas envie d'entretenir un quelconque semblant de relation amicale avec Malfoy mais, en revanche, il avait été surpris par le mutisme du blond qui s'était comporté à peu près normalement en sa présence et qui n'en avait pas fait plus que nécessaire. Pansy Parkinson avait alimenté seule la conversation avec Malfoy et il lui répondait de temps en temps pour la relancer et ne pas avoir à faire davantage d'efforts, et Harry avait fait pareil avec Hestia et Flora Carrow, qui discutaient plus entre elles mais qui lui demandaient parfois son avis sur telle ou telle chose.
L'ambiance était très froide à la table des Serpentards et même s'il n'en avait pas l'habitude, il mentirait en disant que ce calme et ce limite anonymat ne lui faisaient pas du bien. On le laissait un minimum tranquille, personne de cette table ne faisait attention à lui en tant qu'Harry Potter et c'est à peine si on le remarquait en tant que nouveau Serpentard – au contraire des autres maisons, desquelles il sentait le regard de certaines personnes encore sur lui.
Il avait l'impression que la froideur extérieure était de mise et ça lui faisait du bien de pouvoir être lui-même sans paraître complètement dépressif ou en décalage avec les autres. Même si cette impassibilité chez les serpents était une simple question d'éducation et d'habitude – au contraire de lui qui avait acquis ça avec la guerre –, il se sentait étonnement bien dans cette ambiance. Jusqu'à présent, il s'était senti obligé de feindre toutes les expressions possibles et inimaginables pour paraître convaincant dans son rôle de petit sorcier, mais maintenant il se retrouvait avec des gens adoptant la même attitude que lui en public et c'était très satisfaisant et libérateur.
Ses pensées le surprenaient lui-même pour être honnête. Il n'aurait jamais imaginé pouvoir trouver son compte chez les vert et argent mais c'était le cas. Même si son cœur appartenait évidemment toujours à la maison Gryffondor – dans laquelle il avait trouvé une réelle famille au fil des années – et qu'il pensait toujours que le Choixpeau avait fait une erreur dans sa répartition, cette erreur était agréable pour ce soir. Il entendait d'ici les rires et les cris des autres tables – surtout celle des Gryffondor pour être honnête – et il ne serait pas senti de subir toute cette agitation aux premières loges. Il était trop vieux pour ça et avait largement passé l'âge de s'émerveiller sur absolument tout.
Harry se leva de son banc en même temps que le reste de sa nouvelle maison et rajusta sa robe de sorcier machinalement, enlevant distraitement les miettes de pain qui avaient pu s'y déposer. Ils étaient les premiers à partir derrière leur préfet pour accéder à leur salle commune et Harry quitta l'animation de la Grande Salle avec plaisir, se sentant soudainement très fatigué en retrouvant le calme des couloirs. Avant de sortir, il avait envoyé un regard à Hermione mais celle-ci ne le regardait pas alors il s'était contenté d'hausser des épaules et de continuer son chemin les mains dans les poches de sa robe.
Gemma Farley, leur préfète, expliqua quelque peu comment les choses fonctionnaient à Poudlard avec lassitude tout en mettant les bases claires quant à son rôle – en quelques mots, « Vous ne me faites pas chier et vous n'entendrez pas parler de moi ». Contrairement à son souvenir se déroulant avec les Gryffondor, cette fois-ci tout le monde écouta et personne ne dit un mot tout le long du chemin.
Des petits groupes commençaient déjà à se former naturellement. Tracey Davis, Milllicent Bulstrode, et Daphné Greengrass d'un côté, les sœurs Carrow et Theodore Nott de l'autre, Malfoy, Pansy Parkinson et les deux gorilles de Crabbe et Goyle se retrouvaient naturellement ensembles et Blaise Zabini et lui étaient chacun de leur côté.
- Le mot de passe pour ce mois-ci sera Merlin. Il était à Serpentard, c'est notre fierté blah blah blah et bref, Dumbledore fait ce coup-là au moins une fois par an, il n'aime pas trop se renouveler visiblement, continua Gemma tout en laissant le mur disparaître progressivement.
Ils pénétrèrent finalement dans la salle commune encore vide et aucun des élèves ne put s'empêcher de détailler la pièce du regard, même pas Harry qui y était déjà venu une fois. Durant sa deuxième année, il n'avait pas réellement fait attention à tout ce qui pouvait l'entourer, plus concentré sur le fait que le Polynectar ne pouvait agir qu'une seule heure, et s'était donc dépêché de poser ses questions à Malfoy, mais là... Il voyait les choses d'un tout nouvel angle et il ne put s'empêcher de trouver la salle commune vraiment belle.
La couleur prédominante était évidemment le vert, mais il y avait également beaucoup de noir qui rendait la décoration sobre et agréable. Les murs étaient de pierre brute, le manteau de la cheminée avait des gravures et runes extrêmement compliquées qu'Harry réussit à peine à comprendre et les longs fauteuils étaient de cuir noir. Une large table verte et noire se trouvait en haut des escaliers séparant le coin cheminé au coin bibliothèque (bon dieu, il y avait beaucoup trop de livres !), et Harry se fit la réflexion que c'était sans doute cet excellent aménagement qui faisait qu'on ne voyait pas spécialement les élèves de Serpentard aller à la bibliothèque. Ils avaient déjà tout leur confort ici, alors pourquoi aller dans des endroits publics ? Des grandes fenêtres laissaient passer le reflet de l'eau qui se déposait sur les murs et c'est grâce à ça que l'ancien Gryffondor se rappela qu'ils se trouvaient littéralement dans le Lac Noir. Cette salle commune était beaucoup plus grande que sa précédente et même si elle était nettement moins chaleureuse, elle mettait Harry à l'aise. Elle lui rappelait quelque peu le Square Grimmaurd dans ses bons jours et totalement rénové.
Le mythe des crânes dans la salle commune des Serpentard était donc une invention créée de toute pièce par les autres maisons.
- Le dortoir des filles est le dernier à droite, celui des garçons le dernier à gauche. Vos affaires ont déjà été installées et vos lits attribués. Vous pouvez faire le bruit que vous voulez, les murs sont très épais et personne ne vous entendra jamais, mais évitez de laisser les portes ouvertes comme ça vous n'embêterez personne. Les couloirs résonnent et c'est saoulant. Des questions ?
Évidemment, personne ne posa la moindre question et tous disposèrent dans leur dortoir rapidement, ayant hâte de les découvrir et de se reposer après cette longue journée. Mine de rien, le voyage et le banquet de bienvenue avaient été vraiment fatiguant... Les garçons et les filles ne se saluèrent pas avant de pénétrer dans leur dortoir respectif, mais Harry remarqua que quelque chose avait changé dans le comportement de chacun malgré l'apparente froideur. Il sentait qu'ils étaient ainsi juste parce qu'ils ne se connaissaient pas encore, pas parce qu'ils n'avaient pas envie de parler ou qu'ils se méprisaient complètement. C'était étrange.
Harry observa un peu autour de lui et remarqua que sa valise était posée contre le lit près du mur, autrement dit le plus éloigné de la porte d'entrée. Il passa alors devant tous les baldaquins, et s'assit finalement sur ses draps pour détailler un peu la décoration alors que Blaise Zabini prenait le lit à côté du sien. La chambre était immense et assez semblable à celle de la Tour Gryffondor, à quelques exceptions plutôt importantes près. Les couleurs étaient celles des Serpentard et le parquet était noir. Il n'y avait pas de fenêtres donnant sur le parc, mais des petites cases ouvertes où l'eau était bloquée magiquement et dont l'effet de glissement apaisait immédiatement quand on le regardait. Des petits serpents élégants étaient gravés sur le bois noir des lits et il y avait une bibliothèque en plus qui faisait le mur au complet. La porte de la salle de bain avait une poignée en argent et une tête de serpent peinte dessus avec des yeux en véritable émeraude. Tous les petits détails rendaient la décoration raffinée, ce qu'il n'y avait pas dans son ancienne Tour ou tout était très rustique et presque grossier.
- Harry Potter est à Serpentard...
Harry sortit de sa contemplation pour observer Zabini, qui le regardait déjà en souriant en coin. Sa voix était étonnement douce et son ton absolument pas agressif, au contraire de toutes les fois où il avait pu lui parler par le biais de ses altercations avec Malfoy dans le 'passé'. La remarque qu'il venait de faire n'était pas sarcastique ou désagréable, c'était juste une constatation prononcée à voix haute et Harry se sentit tout de suite à l'aise avec le garçon. Même si son premier instinct en temps normal aurait été de se renfermer immédiatement alors qu'un Serpentard lui adressait la parole, il n'en avait pas envie avec le basané qui avait l'air étonnement gentil.
- Je suis le premier surpris.
Il n'avait aucune raison d'être désagréable avec lui après. Il était un des seuls élèves de Serpentard à être resté neutre durant la guerre et il ne lui avait jamais fait de mal personnellement alors...
- Où pensais-tu aller ?
- Gryffondor, répondit honnêtement le garçon.
- Je pensais aller à Serdaigle.
Harry ouvrit les yeux sous la stupeur, étonné que le basané ne lui révèle ça aussi facilement. Il n'avait jamais vu un Serpentard surpris par la décision du Choixpeau (sauf lui, évidemment), car les Serpentard étaient tous issus de famille appartenant à cette maison depuis des décennies et l'éducation faisait qu'ils étaient obligatoirement dirigés vers elle...
Avant qu'il n'ait pu répondre à cette révélation, la voix de Théodore Nott se fit entendre et les deux voisins de lit lui accordèrent leur attention.
- Tu es Blaise Zabini n'est-ce pas ?
- Et toi Théodore Nott.
- Oui. Je voulais juste vérifier que ce soit bien toi.
- Vous vous connaissez ? demanda Harry d'une voix un peu intéressée.
- On va dire que nos familles vont régulièrement en soirée ensemble.
Harry ne connaissait pas cette notion de "soirée". Il ne connaissait d'ailleurs strictement rien des habitudes des familles de Sang-Pur et de leur mode de vie, imaginant juste ça très ennuyant à la longue.
- En soirée ?
- Oui, commença Malfoy qui était juste à côté du lit de Zabini et qui écoutait distraitement depuis tout à l'heure. Des soirées. Le genre de truc vraiment ennuyant qu'on veut tous éviter au maximum.
- Que peut-il y avoir de si terrible dans une soirée ? continua à demander Harry en essayant de faire abstraction du fait qu'il parlait avec Malfoy et ses futurs larbins.
À sa grande surprise, Zabini, Nott, Crabbe et Goyle se mirent à rire et Malfoy esquissa un sourire amusé. Wow, il était dans une autre dimension là. Est-ce qu'il était bien en train de voir des Serpentard rire ? Amusés par une de ses réflexions en plus de ça ? Jamais il n'avait vu ces personnes rire ou s'amuser autrement qu'en rabaissant les autres, jamais. Il ne savait même pas qu'ils pouvaient posséder un quelconque humour, d'ailleurs. Pour lui, en plus des caractéristiques basiques de Serpentard, il y avait ce côté 'petit con rabat-joie' qui allait obligatoirement avec. On ne pouvait pas être un Serpentard sans ça, et c'était certainement ce qui l'avait le plus embêté quelques heures plus tôt lorsqu'on lui avait dit qu'il en était un. Il n'avait jamais voulu être comme Tom Jedusor, et d'une façon ou d'une autre, il avait associé ce nom à cette maison. Il avait toujours eu tendance à prendre tous les Serpentard pour des futurs Voldemort sans en avoir réellement conscience et il trouvait ça totalement ridicule maintenant qu'il s'en rendait compte. Il comprenait que l'attitude extérieure qu'ils pouvaient avoir n'était pas forcément celle qu'ils avaient quand ils étaient en groupe et que cette froideur visible chez eux était simplement due à leur éducation.
Alors certes, les Serpentard étaient des petits cons, mais ils n'étaient pas si mauvais qu'on pouvait le penser.
- Et bien, comment expliquer ça, reprit Malfoy en s'asseyant en tailleur sur son lit. C'est pompeux et long, très long. Quand tu es petit, c'est supportable car tu as la permission d'aller jouer dans le jardin avec les autres enfants, mais dès que tu dépasses 8 ans... Tu es obligé de rester avec tes parents et tu dois faire des courbettes à tout le monde. Autant dire que ta fierté en prend un certain coup, surtout que tes parents t'utilisent comme leur petit animal dont ils sont fiers et qu'ils montrent à tout le monde pour qu'on les envie.
Harry n'avait jamais entendu une réplique aussi longue de la part de Malfoy – sans insultes du moins – et ce discours prononcé de sa voix traînante ne fit que confirmer ce qu'il avait commencé à penser quelques secondes plus tôt.
Toutes ces personnes avec lui dans ce dortoir n'étaient pas méchantes de base, mais elles l'étaient devenues à cause des circonstances de leur temps. Ils n'étaient actuellement que des enfants nés à la mauvaise époque... Ils allaient devenir monstrueux et dingues, mais ce n'était pas vraiment de leur faute dans le fond. Et puis, ils avaient encore quelques années avant que ça n'arrive alors Harry les haïrait en temps voulus. Il avait déjà assez donné pendant sept ans pour rester rancunier quand ce n'était pas nécessaire.
Alors oui, il détestait Malfoy. Il détestait le Mangemort et avait des pulsions meurtrières dès qu'il pensait à lui, mais ce gamin en face de lui... Ce n'était pas vraiment Malfoy. Il avait devant lui le Malfoy et les autres Serpentard d'avant la guerre, ceux qui avaient été enfants comme lui et qui avaient été obligés de changer comme lui. Même s'ils étaient vraiment cons avec les autres élèves, ils n'étaient pas réellement mauvais et ne méritaient pas (pas encore, du moins) la haine meurtrière qu'il ressentait envers eux. Alors c'était certain qu'il ne les portait pas dans son cœur et qu'il faudrait plus qu'une simple soirée pour qu'il commence seulement à les apprécier, mais au moins il ne les voyait plus comme des incarnations du mal alors qu'ils n'avaient encore que 11 ans.
Il lui avait fallu une seule soirée pour comprendre ça. Il lui avait fallu 3 heures d'appartenance à cette maison pour comprendre que tous les Serpentard pouvaient être remis sur le droit chemin si on les aidait à prendre leurs propres décisions.
Harry se voyait déjà les aider. Harry commençait déjà à se demander comment pourrait être la vie si il les faisait venir du côté du bien et que de ce fait, Voldemort ne puisse pas rallier toute une génération à ses troupes. Il se demandait comment seraient ses années à Poudlard sans Malfoy pour lui pourrir la vie... Il se demandait beaucoup en voyant ses "camarades" (bon dieu, il avait encore beaucoup de mal avec ça) parler de leurs anciennes soirées.
Mais il savait parfaitement que tout ceci était irréalisable.
Ce qu'il s'était passé devait se passer. Malfoy devait devenir un larbin du Seigneur des Ténèbres. Malfoy devait avoir une totale confiance en Voldemort pour pouvoir avoir ce secret et devenir un grand Mangemort. Malfoy devait être l'Elu du mal absolu comme lui avait été choisi de l'être pour le bien. Ce gamin lassé par les soirées de ses parents devait devenir un véritable psychopathe, c'était dans l'ordre des choses. La mission d'Harry n'aurait servi à rien autrement.
Il y avait des personnes qui ne pouvaient pas être sauvées.
- Comment tu as fait pour tomber aussi bas Malfoy ?
Aucune réponse de la part du Mangemort se trouvant à terre. Perdant de l'avance pendant leur combat au Manoir, Malfoy avait pris la fuite et avait couru longtemps avant de se faire attraper par un Harry déchaîné et bien décidé à l'avoir. Maintenant, Malfoy était allongé par terre, désarmé et menacé par la baguette d'Alecto Carrow tenue par Harry Potter.
- Tu es pitoyable, cracha Harry avec mépris.
Le blond éclata soudain de rire, comme si Harry venait de faire la meilleure blague au monde. Harry n'avait absolument pas envie de rire et enfonça un peu plus sa baguette dans la gorge du Mangemort.
- Tu n'as rien à dire pour ta défense ? Je sais pas moi « J'étais sous Imperium, ne me fais pas de mal ! ». Tu sais, un truc dans ton genre. Un truc de lâche.
Malfoy sourit de toutes ses dents. C'était un sourire fou qui donna un long frisson à Harry.
- Longue vie au Seigneur des Ténèbres.
Un éclair vert fusa. Draco Malfoy était mort.
Et... C'est fini pour ce chapitre ! Merci d'avoir lu jusque-là aha.
Je vais vous expliquer immédiatement pourquoi Harry se rend compte aussi vite que les Serpentard ne sont pas l'incarnation du mal absolu :
Harry a 17 ans et est extrêmement mature pour son âge. Il a la tête sur les épaules et sait analyser des situations étant donné qu'il a survécu à deux ans de guerre. Il déteste Malfoy et toute sa clic (et les détestait encore au banquet de bienvenue, lorsqu'il ne leur avait pas encore parlé) mais s'est rendu compte dans la salle commune qu'il détestait des simples images et des personnes détruites par la guerre. Des images car les Serpentard ne sont pas réellement aussi con qu'ils l'ont laissé prétendre durant leurs années à Poudlard, et des personnes détruites par la guerre car c'est elle qui les a rendus monstrueux. Et il comprend ça, notre Harry adoré, parce que lui aussi a été obligé de changer avec les circonstances de leur temps. Sans la guerre, Malfoy ne serait jamais devenu le monstre complètement taré qu'on peut voir dans les flash-back. Sans la guerre, il aurait été juste un peu con durant son adolescence, mais aurait eu une vie totalement normale à côté de ça. Harry s'en est rendu compte en voyant ces enfantsrire. Et, il s'identifie aussi à eux étant donné que lui aussi a été détruit par la guerre. Harry aussi a changé donc il comprend parfaitement par quoi ils sont passés. *le répète encore une fois aha, on sait jamais*
Sinon, comment avez-vous trouvé le reste ? Draco en lui-même ? Les personnages de Theo et Blaise ? Je veux tout savoir !
Donc voilà, j'espère que vous comprenez pour Harry et que vous avez apprécié le chapitre ! x
Encore merci pour la lecture !
