Hello tout le monde, comme promis, me revoilà en temps et en heure ! Je suis en vacances et je suis extrêmement contente parce que j'ai eu mon année, je passe là où je voulais aller l'année prochaine et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Donc voilà un chapitre sans énormément d'actions, mais beaucoup d'importance tout de même. (J'appelle ça un chapitre parenthèse aha) Il fallait bien que je place ce chapitre là et comme j'ai un peu perdu l'habitude d'écrire beaucoup en peu de temps (et que je voulais être dans les temps), j'ai décidé de profiter et de le mettre là.

Voilà, j'espère que ça va vous plaire !

Bonne lecture !

Dans le chapitre 6 : Harry s'entend de moins en moins bien avec les Gryffondor et malgré tous ses efforts, ce fait instaure une légère distance entre Ron, Hermione et lui. Lors d'un cours de Vol où les Serpentard se font pas mal discréditer, Nott décide de se la jouer perso et ridiculise leur équipe, ce qui fait qu'une dispute éclatera une fois de retour dans la salle commune. C'est grâce à cette dispute que Malfoy va finalement s'imposer comme étant le leader des Serpentard.


CHAPITRE 7

Le courrier du matin était, bien évidemment, une chose quotidienne à Poudlard, mais Harry devait avouer qu'il avait été surpris en voyant Hedwige arriver en même temps que les quelques autres chouettes et hiboux restant en cette période de l'année, une lettre lui étant destinée accrochée à la patte. Il n'avait pu empêcher à ses sourcils de se froncer considérablement à la vue de son oiseau blanc, mais s'était rapidement obligé à retrouver une expression neutre en remarquant que Tracey Davis l'observait d'un air intrigué et avait l'intention de lui demander pourquoi il semblait si surpris.

Il n'avait absolument pas eu envie de lui confier que la seule personne lui envoyant du courrier était Hagrid, et que celui-ci ne lui en envoyait jamais le lundi.

Un regard autour de lui indiqua à Harry que chaque personne était désormais occupée avec son propre courrier et le garçon retourna donc l'enveloppe pour connaître l'auteur de sa lettre. Distraitement, il donna un petit bout de gâteau traînant dans son assiette à Hedwige pour la remercier de lui avoir livré la lettre, et commença à lui caresser la tête alors qu'elle fermait les yeux pour lui signifier qu'elle appréciait le geste.

« Hermione : Urgent » était inscrit au dos de l'enveloppe et Harry soupira un long instant tout en relevant la tête pour essayer de trouver la touffe de cheveux de sa meilleure amie au banc des Gryffondor, en vain. Celle-ci n'était visiblement pas encore arrivée au petit-déjeuner et il décida d'attendre que Davis parte de la table des Serpentard pour ouvrir sa lettre, bien prudent étant donné qu'il connaissait le taux de commérage de cette fille et sa manie de toujours vouloir savoir ce que tout le monde faisait.

Quelques caresses affectueuses plus tard, la chouette s'envola pour regagner la volière, laissant Harry seul avec sa lettre – et Davis un peu plus loin. Celle-ci partit cependant rapidement et Harry lui fit un signe de tête pour la saluer. Il n'attendit pas plus longtemps pour ouvrir son enveloppe, curieux de savoir ce que sa meilleure amie lui voulait.

Harry,

Il y a des choses importantes dont nous n'avons pas discutées et je pense qu'on doit y remédier rapidement. Pour l'instant, tout semble fonctionner à peu près correctement (même le désastre d'Halloween est passé tranquillement) mais j'ai bien peur que ça ne soit pas toujours aussi facile, on doit donc prévenir ça avant de faire des erreurs considérables qui pourront nous être fatales. J'espère donc que tu n'as rien prévu d'important aujourd'hui, parce qu'après le petit-déjeuner je viendrai devant ta salle commune pour qu'on puisse discuter tranquillement dedans, loin des oreilles indiscrètes. Il me semble que tous les garçons de Serpentard sont partis, non ? En tout cas je n'en ai pas vu cette semaine donc ça me semble l'endroit idéal.

A tout à l'heure,

Hermione.

Ce qu'il adorait avec Hermione ? Cette capacité qu'elle pouvait avoir à toujours lui laisser le choix.

Cependant, cette intervention dans sa vie était réellement la bienvenue et Harry se sentait un peu soulagé de savoir qu'il aurait une occupation valable pour la journée. Il se leva donc rapidement de son banc, attrapant dans le même geste deux croissants et une serviette pour les emballer, et commença à se diriger vers sa salle commune sans vraiment prendre en considération le fait qu'Hermione serait là dans une bonne trentaine de minutes et qu'il avait encore largement le temps de prendre son petit-déjeuner.

Parce que voilà, cela faisait maintenant une semaine que les vacances de Noël avaient commencé et Harry n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait faire pour se distraire.

Il lisait, la majorité de son temps libre, et même s'il appréciait pouvoir tout recommencer au niveau de ses études et avoir le temps de se cultiver un peu, il ne fallait pas pousser trop loin non plus. Harry n'avait jamais été habitué à faire de la lecture aussi intensive et depuis peu, il ne suffisait plus que d'une seule heure de concentration pour qu'il se retrouve avec un mal de crâne assez atroce pour l'empêcher de continuer. Il avait un peu trop forcé durant ces quatre précédents mois et il en subissait les conséquences maintenant, alors qu'il avait le plus besoin de ses quelques capacités pour faire passer le temps.

Il restait donc parfois avec Ron et Hermione pour se changer les idées, mais les autres Gryffondor n'étaient jamais bien loin et il suffisait qu'un seul les remarque pour que tout le groupe s'incruste au trio, agaçant un peu Harry qui n'avait jamais eu à subir une telle présence de la part de ses anciens camarades de maison. À l'époque, ils savaient pertinemment que les trois se suffisaient et qu'ils n'avaient en aucun besoin d'eux, mais là, leur perception de leur amitié était bien différente. Pour eux, Ron et Hermione étaient autant amis avec eux qu'avec Harry et le Survivant n'avait apparemment aucune raison valable pour avoir le monopole des deux Gryffondor le temps d'un seul après-midi. Harry trouvait ça sérieusement horripilant et ne pouvait s'empêcher de se renfermer considérablement dès qu'ils s'approchaient d'eux, renforçant encore plus l'image du gars associable qu'il renvoyait à longueur de temps et rendant les moments ensemble encore plus insupportables pour eux tous. Pourtant, il les avait toujours appréciés dans le passé – et les appréciait toujours d'ailleurs ! –, mais il avait réellement besoin de ses meilleurs amis seuls à seul, à un point que personne ne pouvait imaginer (à part Hermione, bien entendu, mais elle ne pouvait rien faire dans cette situation). Étant donné qu'il ne pouvait tout simplement pas leur demander de leur laisser de l'espace, Harry se contentait de réduire la durée des rencontres avec ses meilleurs amis, s'éclipsant dès qu'il voyait la tête de Seamus ou entendait Dean les interpeller.

Il discutait alors quelques fois avec Tracey Davis, qui était la seule Serpentard à être restée pour ces vacances étant donné que ses parents étaient en voyage pour le Ministère, d'après ce qu'il avait pu comprendre. Même s'ils n'avaient absolument aucun centre d'intérêt en commun et que celle-ci parlait beaucoup trop pour son propre bien, sa présence restait distrayante et il n'allait pas cracher dessus alors qu'il vivait un ennui comme il n'en n'avait jamais connu avant.

Mais encore une fois, ce n'était pas assez pour qu'il puisse affirmer qu'il ne s'ennuyait pas pendant ces vacances, qui lui paraissaient être les plus longues et insupportables de toute sa vie.

En arrivant devant les cachots, il fut surpris de constater qu'Hermione s'y trouvait déjà et était nonchalamment appuyée contre un tonneau qui contenait il ne savait quoi (et tant mieux, d'ailleurs).

- Oh, tu es déjà là.

- J'ai déjeuné très tôt.

- Parfait, viens.

Il lui fit un léger sourire avant de se placer devant le mur permettant d'entrer dans la salle commune des Serpentard, soufflant le mot « Royauté » qui était le mot de passe du mois. Le mur de pierres s'effaça silencieusement, et ils purent pénétrer à l'intérieur sous les regards de quelques élèves de sa maison, qui ne dirent cependant rien pour empêcher à Hermione d'entrer. En même temps, qui aurait osé dire quoi que ce soit contre Harry Potter ? Même s'il ne faisait strictement rien pour s'intégrer aux élèves de son année ou de sa maison, il restait une célébrité pour le monde sorcier et semblait être doté d'une intelligence hors du commun à laquelle on ne voulait pas forcément se frotter.

Il était, en quelque sorte, le loup solitaire de cette maison que tout le monde laissait tranquille.

Il ne fit pas particulièrement attention à son amie qui découvrait pour la première fois la 'tanière' des Serpentard à ses côtés. Elle observait autour d'elle, s'empêchant très certainement de faire le moindre commentaire appréciateur ou non devant les autres personnes présentes, et suivait tranquillement Harry vers les escaliers qui menaient aux dortoirs. Il ne fit pas non plus attention lorsque la jeune femme s'arrêta quelques secondes pour observer la bibliothèque aux proportions astronomiques qui s'étendait jusqu'au niveau des chambres, et finit par verrouiller magiquement la porte de son dortoir et placer un sortilège permettant aux sons de rester bien dans cette pièce une fois qu'Hermione fut entrée à l'intérieur. Même si l'insonorisation était au point, Harry préférait empêcher toute infiltration possible, ou une quelconque mauvaise intention d'un de ses camarades pouvant jeter un sortilège pour entendre leur conversation.

Hermione l'avait observé faire en silence, avant de finalement s'asseoir sur le lit qui appartenait à Crabbe tout en soupirant longuement.

- Elle a vraiment énormément de classe cette salle commune.

- En effet. J'aime beaucoup.

- Elle est très différente de celle des Gryffondor. Ça n'a pas été trop difficile de t'y habituer ?

- Absolument pas, je m'y suis fait plus rapidement que je ne le pensais de base. C'est calme, c'est distingué, c'est tranquille... Même si, quand on y pense, je ne suis strictement rien de tout ça, ça me fait du bien de trouver un équilibre comme celui-ci.

- Tu dois être bien ici, même si les gens ne sont pas forcément chaleureux d'après ce que j'ai pu voir.

Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

- Tu penses que les Gryffondor réagiraient comment en voyant un Serpentard entrer dans leur Salle Commune, toi ?

- Ils diraient bonjour ? Dit-elle sans pour autant être certaine de sa réponse.

- Non, ils l'insulteraient ou au mieux, l'empêcheraient d'entrer. Mais de toute façon, on n'est pas là pour ça. Viens, mon lit est là-bas.

- Oui, excuse-moi, dit-elle en se levant et en le suivant vers son lit. C'est juste que je ne pensais pas que ce serait aussi... Bien, ici.

Une fois installés, Harry déplia sa serviette et proposa son deuxième croissant à Hermione, qui déclina l'offre d'un signe de tête. Elle s'appuya contre la tête de lit tout en soupirant longuement.

- D'ailleurs, comment ça se fait que tu sois là, toi ? Finit-il par lui demander après avoir avalé une bouchée de sa viennoiserie. Il me semblait que tu rentrais chez tes parents à chaque vacances.

- J'ai dit à mes parents que je voulais rester pour m'avancer sur le programme.

- Mais pourquoi ?

- Pour continuer à chercher un moyen de faire accélérer le temps, idiot. Je suis sur une piste en ce moment-même et je voulais aussi t'en parler.

- Sérieusement ?

- Oui, sérieusement, mais c'est très loin d'être concret pour l'instant. Il faut que je réunisse encore deux trois petites choses, et on pourra voir à ce moment-là si cette piste tient la route.

- Mais c'est génial Hermione ! Ça consisterait en quoi ?

- Potion, incantation, rituel, le tout quoi. Le seul bémol, c'est qu'on n'aurait absolument aucune idée et aucune décision sur ce qu'il se passerait durant le saut dans le temps.

- Comment ça ? Je comprends pas.

- Et bien, si on décide d'aller jusqu'en cinquième année par exemple, on pourrait très bien se réveiller avec un Dumbledore Ministre de la Magie ou une Ombrage professeur de Potion sans qu'on sache comment ils en seraient arrivés là. On pourrait également se réveiller en quatrième année avec un Malfoy déjà mort pour une raison ou une autre... J'en sais rien.

- Ou alors, on pourrait se réveiller avec tout allant très bien et des nous pas réellement nous qui auraient agis comme nous l'aurions fait à leur place.

- Ce n'est pas à exclure. Comme je t'ai dit, il faut que je me renseigne un peu plus donc ne nous réjouissons pas trop vite. Si c'est trop dangereux, on ne tentera rien du tout, il faut que tu en aies conscience. De plus, c'est très loin d'être fait et je pense que ce sera compliqué et minutieux. Ce rituel pourrait prendre des mois à être préparé, voire des années. Retourner dans le temps est une chose, l'accélérer en est une toute autre.

- Mais nous t'avons toi et c'est plutôt cool. Tu es géniale Hermione. Je suis certain que tu vas gérer ça comme une chef.

- Je ne suis pas la meilleure en Potion, de très loin d'ailleurs, et c'est un élément plus qu'important dans les rituels de temps alors... on la refera tant que je ne serai pas certaine de son efficacité. Je me connais, j'aurais trop peur de faire la moindre erreur.

- C'est un détail, le temps est ce qu'on a à revendre, ici. Tu pourras recommencer autant de fois que tu le désires. Puis, au pire, on pourra trouver quelqu'un pour nous aider à la préparation. Pas Rogue, ça c'est certain, mais on trouvera bien.

- Je te transmettrai mes recherches demain.

Le silence se réinstalla avec un Harry souriant légèrement et une Hermione fixant le serpent argenté sur la porte de la salle de bain. Il n'avait pas pensé que la jeune femme arriverait avec une aussi bonne nouvelle et, même s'il savait que ce n'était pas totalement sur et qu'il faudrait encore de longs mois avant de tenter la moindre chose, il ne pouvait s'empêcher de se réjouir de leur avancée considérable. Décidément, la magie ne cesserait jamais de l'étonner de ses nombreuses ressources.

Au même titre qu'Hermione, d'ailleurs, qui n'avait certainement jamais cessé ses recherches au cours de ces derniers mois. Elle était impressionnante et Harry ne pouvait que penser, une nouvelle fois, qu'il avait énormément de chance de l'avoir avec lui pour ce voyage et sa vie.

- Donc, comme j'ai dit dans la lettre, on doit parler.

La voix de son amie l'avait ramené à la réalité et il la fixa en silence, attendant la suite patiemment. Il s'essuya les mains sur sa serviette et balança la boule de papier vers la poubelle la plus proche, avalant sa dernière bouchée de croissant.

- Il va nous falloir une ligne conductrice à suivre si on ne veut pas faire n'importe quoi et nous éparpiller dans le temps.

- Oui, ça, je l'ai bien compris.

- Il faut déterminer quels sont les éléments les plus importants à conserver.

- Oui, mais... Tu viens de me parler d'un rituel dans lequel nous n'avons, visiblement, aucun libre-arbitre sur nos actions durant le temps passé. A quoi bon décider d'une ligne conductrice que nous ne pourrons pas respecter ?

- Je t'ai aussi dit que rien n'était sûr pour ce rituel et que si il y avait le moindre risque que ça se passe mal, nous ne le tenterions même pas. Il faut qu'on soit préparés à toutes les éventualités.

- Et si le rituel a une chance de fonctionner, on fait quoi ?

- On avisera, mais il faut que ça arrive, déjà. On n'y est pas encore.

La jeune femme haussa des épaules.

- Tu sais quoi ? Je pense que l'on devrait faire une liste et mettre dedans tous les événements importants de nos vies, et faire avec un schéma qui nous permettrait de voir qu'est-ce qui a permis ça.

- Je ne suis pas certain de tout comprendre mais si tu penses que c'est nécessaire, je te laisse faire.

Hermione fit un léger sourire avant de faire apparaître une feuille, qu'elle agrandit à coup de baguette devant elle, et une plume automatiquement rechargeable. Elle lissa la couverture en-dessous de sa feuille pour ne pas créer de mauvais plis, avant de finalement décider de faire apparaître une planche en bois pour plus de stabilité. Elle posa la feuille dessus et mit le bout de sa plume entre ses lèvres, semblant réfléchir à quelque chose.

- Regarde, par exemple. On va prendre la situation de... la Chambre des Secrets, pourquoi pas.

Elle inscrit « CDS » en gros au milieu de la feuille et fit un rond autour. Là, elle fit la première flèche vers la gauche.

- Si tu as réussi à y pénétrer, c'est parce que Lockhart a perdu la mémoire.

Elle marqua « Mémoire Lockhart » au bout de la flèche alors qu'Harry acquiesçait tout en gardant le silence.

- Mais si Lockhart a perdu la mémoire, c'est grâce à la baguette défectueuse de Ron.

En partant du point « Mémoire Lockhart », elle fit une nouvelle flèche avec cette fois écrit « Baguette Ron » à son bout. Harry comprenait maintenant ce qu'elle avait voulu dire par "faire un schéma de notre vie" et ne pouvait que trouver que c'était une excellente idée pour pouvoir se retrouver à l'avenir.

- Or, c'est votre accident en voiture qui a entraîné la destruction de sa baguette.

Même schéma avec « Accident ».

- Accident qui vous est arrivé ensemble, étant donné qu'il est venu te chercher à Privet Drive avec ses frères. Et pourquoi il est venu te chercher chez toi ? Parce que tu ne répondais pas aux lettres et qu'il s'inquiétait. Donc, pour résumer, si tu veux réussir à pénétrer dans la Chambre des Secrets, il faut que ton amitié avec Ron reste assez forte durant notre première année et que tu sois légèrement plus avenant avec lui pour qu'il s'inquiète de ton manque de réponse et qu'au final, veuille prendre le risque de venir te chercher à Privet Drive cet été.

Harry ouvrit grand les yeux en observant la ligne de temps et d'événements qui apparaissait désormais sous ses yeux. Il ne s'était pas douté un seul instant que sa réussite partait d'aussi loin.

- Mais ce n'est pas tout, continua-t-elle en faisant une autre flèche, cette fois-ci vers la droite, partant de « CDS ». Si tu as réussi à battre le Basilic, c'est grâce à l'épée de Gryffondor, ce qui est assez problématique étant donné que tu n'en es plus un. Il va donc falloir que ce soit Ginny qui la sorte du chapeau vu que Ron sera de l'autre côté de l'éboulement de pierres.

- Et pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous ? La dernière fois tu étais pétrifiée, mais là tu peux facilement l'éviter.

- Hum... Lockhart pourrait avoir envie de prendre ma baguette pour le sortilège d'Oubliettes.

- Alors tu ne prendras pas ta baguette.

Hermione sembla réfléchir quelques instants avant de finalement acquiescer.

- Oui, en effet, on peut voir les choses ainsi... Mais même sans me faire pétrifier, tu as réussi à vaincre le Basilic puisque tu étais seul. Avec moi dans les pattes, tu seras déconcentré. Non, on maintient Ginny.

- Ginny était quasiment morte quand je l'ai trouvé. Elle ne s'est réveillée qu'une fois que j'ai détruit le journal de Tom, c'est donc impossible.

- Alors il faudra sortir l'épée du Choixpeau avant. On demandera à Dumbledore et ce sera réglé, tu iras directement avec l'épée.

- Mais nous aurons besoin de Fumseck tout de même. C'est lui qui a crevé les yeux du Basilic et c'est grâce à ça que je m'en suis sorti.

- Il va donc falloir que tu rendes visite à Dumbledore plus souvent pour finir par rencontrer l'oiseau. Il faudra aussi qu'on lui parle de l'épée, mais on a largement le temps pour ça. On pourra commencer à s'inquiéter de tout ça l'année prochaine.

Et ils continuèrent ainsi durant une bonne vingtaine de minutes juste pour l'épreuve de la Chambre des Secrets qui, loin d'être sa plus compliquée, avait été mise en place dès le début de leur deuxième année sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte. Il s'était aperçu grâce à ce schéma que même son atterrissage chez Barjow et Beurk avait eu son importance, retardant la famille Weasley pour la séance d'autographe et engendrant la rencontre avec Lucius Malfoy, qui avait mis le journal dans le chaudron de Ginny pour pouvoir ouvrir la Chambre. Harry trouvait tout ça hallucinant.

Au final, ils se retrouvèrent avec une feuille noircie de tous les côtés par l'encre de la plume d'Hermione et cette dernière la releva pour avoir une vue d'ensemble une fois qu'elle fut terminée. Chaque objectif premier (comme "Se lier davantage d'amitié avec Ron" ou "Dumbledore : épée") était entouré de rouge et indiquait à Harry ce qu'il devrait faire à l'avenir pour que les choses se déroulent comme il les avait connues. Mine de rien, avoir ça en sa possession le rassurait considérablement sur sa deuxième année.

- Très bien, on va faire une copie de cette feuille et on va chacun la garder précieusement, dit finalement Hermione en brandissant sa baguette.

- Si seulement on avait eu ça dès le début de l'année... ça nous aurait évité de faire quelques conneries.

- Si par 'conneries' tu entends l'épisode d'Halloween, en effet, on n'aurait eu moins de soucis.

Son ton était clairement accusateur cette fois-ci et Harry roula des yeux sous l'ennuie, appuyant sa tête sur sa main pour accentuer l'effet de fatigue. Ils en avaient déjà longuement parlé deux mois plus tôt et le fait qu'elle remette ça sur le tapis l'agaçait quelque peu. Le fait qu'elle en parle ne le dérangeait pas plus que ça en théorie, mais qu'elle s'énerve à chaque fois qu'il faisait mention de leur échec lui prenait sincèrement la tête.

- Ce n'était pas de ma faute, je ne pouvais juste pas partir comme ça. J'étais avec les Préfets et on devait se rendre aux cachots. La maison Serpentard est beaucoup mieux gardée que la Gryffondor, aucun élève n'avait la possibilité de disparaître.

Un manque d'organisation arrivait à tout le monde, sauf chez les Serpentard. C'était véridique, Harry pouvait en témoigner.

- Comme si tu n'avais pas pu t'éclipser. Tu es Harry Potter je te rappelle.

- Ouais, et je suis censé avoir 11 ans.

- Le rapport ? Tu aurais très bien pu trouver un...

- Je n'allais pas sortir ma baguette et stupéfixier tout le monde pour pouvoir me frayer un chemin.

- C'est certain, mais partir avant pour aller affronter le troll ne te demandait pas trop d'efforts !

- Le fait que tu sois encore à la table des Gryffondor a fait que je ne me suis pas senti pressé d'aller aux toilettes avant que Quirrell ne fasse son petit numéro totalement débile. C'était juste un problème de timing, c'était impossible pour moi de me libérer après ça.

- Bref. Laisse tomber Harry, de toute façon les professeurs ont très bien géré le troll, les toilettes ont simplement fini hors service durant trois jours et seul Marcus Flint a été blessé, ce qui n'est clairement pas une chose grave. Passons.

Hermione avait balayé le sujet de discussion d'un geste de la main, faisant apparaître une autre feuille qu'elle agrandit à son tour d'un coup de baguette par la suite. Harry ne put s'empêcher de se faire la réflexion que son amie était facilement irascible depuis quelques jours et cette constatation le fit soupirer longuement. Il devrait lui en parler, car en plus d'être agacée, elle avait cette horrible tendance à agacer tout le monde avec elle.

- Maintenant, la guerre, avait-elle dit en se redressant un peu.

Bon, il lui parlerait de son état une autre fois alors.

- Il faut absolument qu'on la conserve pour que Voldemort fasse de Draco son Gardien et qu'on ait une chance de le détruire, continua-t-elle.

- Il faut qu'on travaille sur le Draco Gardien principalement.

- En effet. Pourquoi était-il si dévoué à Voldemort ? Qu'est-ce qui a fait qu'il se sente aussi dépendant de lui ? Même son père a fini par voir sa fidélité ébranlée vers la fin.

- Et bien... Je pense que c'était à cause de moi.

Hermione fronça des sourcils en le regardant longuement.

- De toi ? C'est quoi le rapport ?

- Pour lui, ça devait soit être « Le camp Potter » soit « Le camp Voldemort », finit-il par dire en faisant un sourire amusé. Je pense qu'il s'y est mis corps et âme pour ne pas avoir à, un jour, faire partie de mon camp et devoir me faire confiance.

La jeune femme lui rendit son sourire amusé brièvement.

- Je vois. C'est vrai que ça a de son sens. En fait, c'était beaucoup plus facile pour lui de choisir de se battre aux côtés de Voldemort était donné que toute sa famille y était et qu'il te détestait du plus profond de son être.

- Exactement.

- Et s'il n'y avait eu que le facteur « Mes parents sont dans ce camp », il n'aurait pas mis toute sa dévotion en Voldemort... Mais il y avait toi dans l'autre camp et c'est pour ça qu'il a autant basculé.

Hermione eut une mine attristée tout en soupirant.

- C'est... Triste pour lui.

- Il a fait son choix. Il aurait très bien pu mettre sa fierté de côté.

- C'est tout de même triste pour lui. Je ne dis pas que ce n'est pas un salop, il a tué énormément de gens et a instauré une terreur sans nom au sein de la population sorcière, mais quand même. C'est un peu comme si on lui avait forcé la main.

- Le fait que sa rancune et sa stupidité aient primé sur une quelconque envie de faire les choses bien ne rend par la situation triste, Hermione. Il avait le choix et a décidé de se la jouer martyr, on n'y peut rien. Aussi con qu'il pouvait l'être, on l'aurait protégé en le plaçant au Square s'il avait décidé de se remettre en question.

Ils grimacèrent en même temps mais Hermione ne répondit rien, se contentant de soupirer une nouvelle fois le regard fixé vers la feuille encore vierge. Finalement, Harry recommença à parler après s'être raclé la gorge.

- Je devrais donc me faire détester de Malfoy. Ça ne devrait pas être très compliqué.

- Non, pas détester, tu risquerais de ne jamais réussir à avoir sa confiance après ça. Essaie plutôt de créer une légère animosité entre vous. Fais-en sorte que vous ne vous appréciez pas.

- T'inquiète pas, c'est déjà le cas.

- Ne fais pas l'idiot, votre relation est... cordiale, on va dire. Ce n'est pas ce qu'il faut. Essaie de l'énerver un peu.

Harry ricana quelques instants.

- Donc tu veux qu'on ne s'apprécie vraiment pas mais un peu quand même ? Tu te rends compte qu'il faut quand même qu'il me haïsse de toute son âme pour se dévouer entièrement au Seigneur des Ténèbres ?

- Et bien...

Sa phrase resta en suspension quelques secondes.

- Je sais ! Essaie de prendre sa place en tant que Prince des Serpentard. Il te prendra pour un de ses rivaux mais quand tu voudras te rapprocher de lui, ce sera possible.

- Comme si j'avais envie de diriger un seul d'entre eux. Je veux me faire le plus discret possible et en plus de ça, j'ai pas envie d'avoir des petits chiots à mes trousses.

- Et comment tu as fait pendant la guerre ? Tu avais toute une armée à tes ordres.

Le retour du ton agacé de la brune fit froncer des sourcils Harry, qui était plus inquiet qu'énervé, à vrai dire.

- Il y a une différence entre avoir une armée sous ses ordres et un groupe d'adolescents de 11 ans collé à ses basques, affirma-t-il prudemment.

- Harry. On est en mission et tu sais pertinemment que si un sacrifice doit être fait, il faut le faire.

- Mais...

- Ron ne s'est pas sacrifié pour que tu refuses de faire ce qui doit être fait.

- Ne me parle pas de Ron.

- J'en parle comme je veux, mince ! Tu te plains sans arrêt du fait qu'on se retrouve dans nos corps d'il y a sept ans mais tu commences sérieusement à agir comme le gosse que tu étais. N'oublie pas quel âge tu as et la place que tu occupes. N'oublie pas notre but, pourquoi nous faisons ça. On va- Non, tu vas tuer Voldemort et notre travail commence ici. Alors si tu ne veux absolument pas diriger tes camarades de maison, essaie au moins de trouver un autre moyen de faire pour qu'on parvienne à nos fins.

Harry cligna des yeux tout en la regardant longuement, serrant les dents en assimilant ce qu'elle venait de dire. Elle s'énervait tellement rapidement, il trouvait ça insupportable. Mais même s'il avait très envie de s'énerver contre elle et de la remettre à sa place, il ne le pouvait tout simplement pas étant donné qu'elle était en ce moment même dans une souffrance extrême et que toutes ses paroles étaient des signaux de détresse qu'Harry recevait parfaitement. Pour qu'elle en arrive à perdre ainsi le contrôle d'elle-même et lui parler de la sorte, c'est qu'elle traînait une bien grosse douleur depuis bien trop longtemps et il n'avait pas à enfoncer plus le couteau dans la plaie. Il aimait son amie et lui faire du mal était la dernière de ses envies.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- De quoi ?

- Toi. Tu es insupportable depuis quelques temps et je me demande ce qu'il peut t'arriver.

Bon, on repassera plus tard pour le tact.

- Oh, ne commence pas. Je vais parfaitement bien.

Harry ne répondit pas et se contenta de la regarder longuement dans les yeux, ne pouvant s'empêcher d'arquer un sourcil en voyant qu'elle se forçait à maintenir son regard. Regard qui, d'ailleurs, permit à Harry de se rendre compte que les yeux marrons de son amie se remplissaient peu à peu d'eau et que sa lèvre inférieure commençait à trembler dangereusement. Alarmé, il se rapprocha d'elle en dégageant les couvertures et la feuille vierge et posa une main sur sa joue pour lui faire relever le visage qu'elle avait baissé quelques secondes auparavant dans le but de dissimuler ses traits. Des larmes avaient déjà fait leur chemin jusqu'à ses joues et Harry les essuya de ses pouces d'un geste.

- Hermione ? Dis-moi ce qu'il se passe.

- Ça va.

- Non, ne joue pas à ça avec moi.

Elle sembla peser le pour et le contre quelques secondes, fixant un point lointain, avant de finalement dire dans un souffle :

- Si tu savais comme il me manque... Si tu savais. Six mois, six mois sans lui. Je pensais passer le reste de ma vie avec lui.

Le garçon soupira alors et l'amena contre elle pour une étreinte consolatrice. Ron. Il était toujours question de Ron quand Hermione n'allait pas bien, il aurait du le savoir depuis le temps. Elle avait toujours été une fille extrêmement forte et son seul point faible étant le garçon, Harry ne pouvait qu'à peine imaginer à quel point elle devait être mal en ce moment.

- Il me manque aussi énormément.

- Je suis désolée, mais sur ce coup-là tu ne peux pas comprendre. Tu as perdu un ami mais tu en as regagné un après ça. Moi, j'ai perdu mon petit-ami et tout ce que j'ai eu après ça... C'est un ami.

- Mais c'est déjà bi...

- Et encore, le coupa-t-elle, il me voit simplement comme la fille qui est assez sympa pour passer ses parchemins de dissertation.

Elle se détacha finalement de lui, prête à s'énerver. Il lui semblait qu'ils avaient déjà eu cette conversation, ou une à peu près similaire du moins, mais il se devait d'être là pour elle. C'était totalement normal qu'elle craque de temps à autre et c'était normal qu'il tente de la rassurer.

- Mais no...

- Oh, oui, il y a bien un trio, mais c'est Ron, Seamus et Dean, pas Ron toi et moi. Je commence à me demander si un jour, dans quelques années, il pourra me voir autrement. Enfin, juste me voir, ce serait déjà bien. Je me demande si ses sentiments vont évoluer de la même manière qu'ils ont évolué auparavant.

- Il n'y a pas de ra...

- Parce qu'après tout, s'il n'apprend jamais à me connaître, il se pourrait qu'il tombe amoureux de quelqu'un d'autre et ce sera fini pour moi.

- Hermi...

- Et j'ai peur, j'ai tellement peur. Je ne vis que pour les après-midis qu'on passe tous les trois ensembles et encore, je ne peux pas m'empêcher de me sentir triste à chaque fois parce qu'il aura passé tout son temps à parler avec toi, rigoler avec toi, penser comme toi et à toi.

Elle eut un rire désabusé avant de rajouter d'un ton pressant mais pas moins triste :

- Je ne suis absolument pas jalouse de toi, je ne suis pas complètement timbrée rassure-toi, mais moi, je suis là parce que je suis ton amie, et de savoir que si ça n'avait pas été le cas il serait tout aussi heureux avec juste toi comme compagnie ça fait mal. Je suis tellement... dispensable à sa vie. Mais qu'est-ce que je raconte ! Je n'en fait même pas partie !

- Bon, tu vas...

- Et est-ce que tu crois que monsieur daignera fa...

- HERMIONE ! Arrête un peu, tu veux ? Comment tu peux affirmer tout ça alors que ça ne fait que quatre mois que nous sommes ici ? Tu as encore sept putain d'années pour que Ron apprenne à te connaître et tu sais quoi ? Il n'y a absolument aucune chance pour qu'il ne tombe pas amoureux de toi. Vous êtes des âmes-sœurs bordel, dans n'importe quelle réalité vous finissez ensemble et c'est comme ça, pas autrement. Alors ressaisis-toi et arrête avec ton caractère pourri. Arrête de broyer du noir. Tu mérites bien mieux que de te morfondre comme ça.

Harry passa une main dans les cheveux de son amie, l'obligeant à la regarder dans les yeux.

- Ron n'a commencé à montrer un intérêt pour toi qu'à partir de la cinquième année, tu crois véritablement que tu vas te faire du mauvais sang pendant cinq ans ? Comme tu as dit toi-même précédemment, on a une mission. Concentre-toi. Concentrons-nous. On se dissipe bien trop et il ne faut absolument pas qu'on se prenne la tête pour rien. Plongeons-nous entièrement dans ces foutues fiches pour qu'on sache quoi faire à l'avenir, puis dans la recherche du fonctionnement de ce foutu rituel supposé nous aider dans notre mission et essayons de le faire bien, s'il te plait. Il faut qu'on y arrive, on n'a plus qu'un seul essaie.

Hermione ne répondit pas et se contenta d'effacer les dernières traces sur ses joues de ses larmes, prenant sur elle alors qu'Harry finissait sa petite tirade.

- De plus, je pense que je viens de trouver quoi faire pour Malfoy.

Et ils continuèrent leurs fiches sans regarder l'heure jusqu'au repas du soir, qui se passa, d'ailleurs, dans une ambiance extrêmement tendue étant donné qu'Harry avait pris l'initiative de s'installer nonchalamment chez les rouges et or pour dîner.


Les peines toujours présentes d'Hermione au bout de quatre mois, les lignes conductrices enfin créées pour qu'ils puissent manipuler tout le monde jusqu'à leur but et enfin, ENFIN, une piste pour une avancée plus rapide dans le temps... J'espère que ça vous aura plu !

Il ne reste que deux chapitres avant la fin de la première année, et encore, je me demande si je ne devrais pas combiner les deux derniers pour passer plus rapidement... Je verrai bien.

En attendant, n'hésitez-pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Même si c'est un chapitre parenthèse et qu'il n'y a généralement pas grand-chose à dire dessus, si vous trouvez quoi que ce soit je vous félicite x)

A la prochaine !