Hello la compagnie !
Je ne vous dis même pas comment j'ai galéré pour vous offrir ce chapitre... Mon ordinateur est de nouveau mort et j'ai perdu ce que j'avais écrit. Du coup j'ai dû refaire le chapitre... Sur le téléphone ! Je ne vous raconte même pas l'horreur. Puis, le temps que ça a pris ! Surtout que du coup, je le trouve vraiment moyen au niveau qualité, et il est un peu plus court que d'habitude. Rah, je suis vraiment désolée. C'est difficile d'avoir une bonne vue d'ensemble sur le téléphone et je m'excuse pour ça !
Je suis actuellement chez une amie qui a eu la gentillesse de me prêter son ordinateur pour que je puisse poster ce chapitre. On dit merci à l'amie ! x)
Bref, je vous souhaite une bonne lecture !
Dans le chapitre 7 : Pendant les vacances de Noël, Harry et Hermione se retrouvent à la salle commune des Serpentard afin de créer des « lignes conductrices » censées les aider pour atteindre leurs différents objectifs. Hermione se confie à Harry sur ses doutes quant à Ron, et lui annonce qu'elle commence à avoir un semblant de piste sur un moyen d'avancer le temps.
CHAPITRE 8
Les cours étaient terminés depuis deux bonnes heures et Harry se retrouvait, comme souvent depuis deux mois, avec ses amis de Gryffondor à la bibliothèque de Poudlard.
Ils avaient décidé, après de nombreuses recherches d'endroits où rester, qu'elle serait leur point de rendez-vous durant toute la durée de l'hiver, remplaçant le parc qui était actuellement gelé par le froid et donc insupportable pour eux.
Ils avaient volontairement négligé l'idée de rester dans les salles communes de chacun pour des raisons plus qu'évidentes. La gêne entre Harry et les autres Gryffondor n'avait fait qu'empirer avec le temps et il était maintenant impossible pour le garçon de faire semblant de les supporter un minimum, ce que ses amis avaient bien compris. Il n'arrivait même plus à participer aux conversations, gardant un silence pesant pour tout le monde que Dean, Seamus et Lee (car c'était eux la véritable source de problème) se faisaient une joie de critiquer dès que le Serpentard partait rejoindre sa maison. Le seul qu'il trouvait avoir encore de l'intérêt à 11 ans était Neville, mais c'était assez problématique étant donné que celui-ci n'osait pas approcher Harry à moins de 10 mètres, bien trop impressionné par lui, son histoire et sa réputation.
Puis, il n'était même pas question d'emmener Ron et Hermione dans la salle commune des Serpentard en cette période de l'année. Emmener Hermione dans son dortoir vide pendant les vacances était une chose, imposer les deux alors que tout le monde était là en était une autre. Il ne voulait pas infliger ça à quiconque – que ce soit à ses amis, ou aux Serpentard.
Alors ils – Hermione, pour dire vrai – avaient pensé à la bibliothèque. Même si elle était censée être un lieu calme destiné aux plus intéressés pour la lecture et les devoirs, ils arrivaient toujours à se faire aussi discrets que possible et à rester là-bas pendant plusieurs heures tout en discutant à voix basse sans se faire remarquer par la tarée gardant les lieux. Ils se mettaient dans le coin le plus opposé au bureau de Mrs Pince et chuchotaient derrière les livres qu'ils empruntaient pour faire semblant d'avoir une bonne raison de traîner là pendant des heures durant.
Leurs entrevues passées à la bibliothèque étaient synonymes de détente et de complicité entre les trois enfants habituellement, mais aujourd'hui était bien différent des autres fois. Harry ne pouvait s'empêcher d'être quelque peu nerveux et son genou faisant des soubresauts incontrôlés ne l'aidait guère à se concentrer sur autre chose. Pour cause : Hermione et lui avaient décidé qu'il était temps d'introduire Ron à l'histoire de la Pierre Philosophale, et le fait que cette manœuvre soit la première véritable manipulation de leur mission le rendait quelque peu... fébrile. S'ils se loupaient là-dessus, c'était fini pour le reste.
- Alors, de quoi vous vouliez me parler ?
Ron semblait plus que curieux du mystère qui planait entre ses amis et lui depuis maintenant quelques temps et il ne se faisait pas prier pour le faire remarquer dès qu'il en ressentait le besoin. Bien que ce ne soit absolument pas pour la Pierre qu'Harry et Hermione se voyaient si fréquemment – eh bien oui, ils entreprenaient beaucoup de recherches en même temps et cela prenait du temps –, Ron ne pouvait évidemment pas le savoir.
Sa question fit soupirer le survivant, qui passa un doigt sur la page qu'il faisait semblant de lire depuis maintenant une bonne minute. Hermione observa quelques secondes Harry avant de décider de prendre le parole d'une voix toute aussi basse que celle de son ami.
- Je ne sais pas si tu l'as remarqué mais depuis quelques temps, il se passe des événements vraiment étranges à Poudlard.
Ron secoua la tête de gauche à droite, un air suspicieux sur le visage.
- C'est Poudlard Hermione, c'est normal qu'il y ait des choses étranges. Je te rappelle qu'on a une chatte pour surveillante !
- Cesse de faire l'abruti Ron ! le chuchotement d'Hermione claqua dans l'air et Ron haussa des épaules. Visiblement, elle aussi était sous pression.
- Harry a été témoin de plusieurs choses dont il ne m'a que récemment parlé, rectifia-t-elle d'une voix plus douce, et nous avons décidé de t'en faire part aussi.
- J'avais bien compris... Il n'y a pas de soucis, vous savez que vous pouvez tout me dire.
Harry se redressa d'un seul coup et ferma son livre d'une main, remontant ses lunettes sur son nez de l'autre. Il poussa distraitement le bouquin sur la table, et finit par s'appuyer sur le dossier de sa chaise sans cesser de fixer son meilleur ami.
- Commençons par le début, annonça Harry. Cet été, je suis allé à Gringotts avec Hagrid et nous sommes passés par un coffre qui n'était pas le mien, le numéro 713, duquel il a pris une chose de petite taille gardée très précieusement par les gobelins.
- Ouais, ok, mais je ne vois pas en qu... Attends, le coffre 713, c'est pas celui qui a été forcé en début d'année ?
- Si, justement, acquiesça avec enthousiasme Hermione en remarquant que Ron comprenait quelque chose de lui-même.
- Mais le voleur n'a rien pu prendre étant donné qu'Hagrid et moi l'avions vidé un peu avant, enchaîna Harry tout en fixant son ami roux. Hagrid a mentionné le fait que cet objet fasse partie d'une mission top secrète que Dumbledore lui aurait confié.
- Wow, c'est dément ! Et on sait ce que c'est, ce truc ?
- Non, mais on a un nom : Nicolas Flamel.
- En quoi c'est supposé nous indiquer quoi que ce soit ?
- Je suis allé voir Hagrid il y a quelques temps et il m'a affirmé que tout ceci était une histoire privée entre Dumbledore et Nicolas Flamel. Depuis, je cherche de qui il s'agit mais en vain. C'est pour cette raison que j'en ai parlé à Hermione, pour qu'elle puisse m'aider dans mes recherches, mais nous n'avons strictement rien trouvé de convaincant jusqu'à présent.
- Nous nous sommes dit que tu pourrais aussi nous aider, un troisième cerveau n'étant jamais de trop, conclut Hermione tout en lui faisant un léger sourire.
Ron fronçait maintenant des sourcils tout en regardant chacun leur tour Harry et Hermione. Harry savait parfaitement ce qu'il se passait actuellement dans la tête de son meilleur ami (qui n'était pas son meilleur ami pour rien) et il ne put s'empêcher de se mordiller l'intérieur de la joue en se disant qu'ils auraient pu trouver une autre excuse que "t'es pas nécessaire, mais on avait besoin d'un troisième cerveau donc on fait appel à toi". Il se doutait bien que les pensées de Ron se résumaient en ce moment-même à « Mais pourquoi ont-ils décidé de me garder en dehors de ça au départ ? Je ne suis pas assez bien pour eux ? » et il se retint de se lever pour serrer le rouquin contre lui. C'était tellement... enfantin... Mais normal d'un autre côté. Harry savait qu'il n'aurait absolument pas apprécié être dans sa situation.
Mais en même temps, que pouvaient-ils faire d'autre ?
Le jeune Weasley sembla cependant reprendre du poil de la bête en remarquant que les deux autres attendaient sa réaction.
- Et en quoi ça nous concerne ? Je veux dire, ok, il y a un objet secret sorti d'un coffre, mais ça ne change rien pour nous. Si c'est une mission secrète de Dumbledore, on ne devrait pas faire... profil bas et nous taire sur ce que l'on sait ?
Harry laissa échapper un petit soupire alors qu'Hermione souriait de nouveau. C'était étrange. Ron n'avait jamais posé ce genre de question, étant plutôt comme Harry : fonçant dès qu'il le fallait – Même s'il le regrette très souvent après, se moqua intérieurement Harry en se remémorant l'épisode des araignées lors de leur deuxième année.
- On n'a pas fini de tout te raconter... Un soir, je suis sorti faire un tour avec la cape. Je suis tombé sur quelque chose de vraiment... étrange. Une créature. Un chien immense qui avait trois têtes… j'en suis encore traumatisé. Il était allongé sur une trappe, ce qui me laisse penser que le chien garde cet objet.
- Or, reprit Hermione, tu ne te souviens pas de la blessure à la jambe de Rogue le lendemain d'Halloween ? Je te l'avais montré. Nous pensons que Rogue essaie de récupérer l'objet, quelle que soit sa nature, et qu'il a libéré le troll pour faire diversion histoire de tenter de passer devant le chien à trois têtes. Évidemment, il n'aurait pas réussi et aurait été blessé.
Cette dernière déclaration laissa Ron muet. Sa bouche était ouverte en un petit 'O' qui lui donnait l'air d'un parfait poisson dans un bocal et Harry jeta un coup d'œil en biais à Hermione, légèrement anxieux. Ils espéraient, dans de communes pensées, avoir réussi à convaincre Ron. Ils espéraient lui en avoir suffisamment dit pour qu'il soit assez curieux pour les aider, et donc venir avec eux pour la partie d'échec qu'ils ne pouvaient gagner sans lui.
Harry retint son souffle jusqu'à ce que le rouquin ne reprenne la parole.
- C'est... démentiel. Mais... Pourquoi ne tout simplement pas tout dire aux professeurs ? On risque des ennuis si on s'implique.
- Notre parole contre celle d'un professeur respecté de Poudlard ? Nous n'avons strictement aucune chance étant donné que nous n'avons pas de preuves formelles, déclara Hermione d'un ton catégorique. Et puis, Hagrid risquerait d'avoir des problèmes si quelqu'un découvre que les informations viennent de lui. C'est une mission supposée secrète je te rappelle.
« Tous les élèves sont priés de quitter la bibliothèque dans un délai de cinq minutes pour se rendre dans la Grande Salle pour le dîner. Je répète, tous les élèves... »
- On devrait y aller, grimaça Hermione en attendant la voix amplifiée de Mrs Pince. Mais, Ron, tu es avec nous ou pas ? On va vraiment avoir besoin de toi.
Hermione le regardait désormais en faisant son sourire le plus innocent, rassemblant en même temps distraitement ses affaires qui étaient sur la table.
- Oui, c'est bon, je chercherai avec vous... Mais on ne fera rien de trop stupide ou de dangereux, d'accord ? Je vous assure que je ne veux pas voir la simple ombre de ce chien dont vous m'avez parlé.
- Ne t'inquiète pas, dit finalement Harry en réprimant un sourire sur ses lèvres.
Hermione et Harry ne retinrent pas leur sourire victorieux en sortant de la bibliothèque.
Tous les trois avançaient désormais à pas lents vers la Grande Salle, dans laquelle avait déjà commencé le dîner depuis cinq bonnes minutes. Harry, de bonne humeur, ne s'empêcha pas de taquiner et de faire rire son meilleur ami sur le chemin sous le regard calculateur d'Hermione, qui ne participait pas pour autant à l'échange. Quand son regard s'accrochait à celui marron de sa meilleure amie et que celle-ci faisait un signe de tête à son intention, il savait que ce qu'il faisait était bien et qu'il fallait qu'il continue sur cette lancée. Il mettait tout son cœur dans la tâche qu'il devait accomplir, et Hermione ne manquait pas de l'encourager silencieusement et continuellement.
Grâce à leur discussion et aux fameuses lignes conductrices qu'ils avaient sur feuilles, ils avaient constaté que pour que toutes les épreuves qu'ils auraient à endurer soient réussies, il fallait le soutien et l'amitié sans failles de Ron envers Harry. Harry et Hermione faisaient donc maintenant tout pour que le roux ne puisse quasiment plus se passer de l'amitié du petit brun et ça semblait être une mission à succès.
Finalement, ils furent dans les derniers arrivés et Harry se retourna vers Hermione pour lui embrasser la joue, et vers Ron pour lui taper dans la main avant de se séparer d'eux pour retrouver la table de sa maison après un dernier grand sourire. Il savait que ce genre de comportement entre des Gryffondor et un Serpentard faisait beaucoup parler, notamment chez les Serpentard...
Et c'était d'ailleurs bien le but.
Harry n'avait jamais été friand de marques d'affection en public, quiconque le connaissant un minimum le savait. Il avait détesté le rendez-vous avec Cho à Pré-au-lard, exécré le Bal de Noël où il avait dû ouvrir la danse avec Parvatil, n'avait pas même supporté Ginny et ses caresses publiques durant leur liaison. Il détestait tout ça étant plutôt, par nature, introverti. Mais là, la manœuvre était bien différente.
Il voulait qu'on les remarque pour provoquer les Serpentard. Non, rectification : il voulait provoquer un seul Serpentard.
C'était ça, le fameux plan qu'il avait confectionné il y a maintenant deux mois avec son amie pendant les vacances. Ses fréquentations ne devaient maintenant se limiter qu'à deux personnes : Ron et Hermione.
D'ailleurs, ce plan l'arrangeait particulièrement car il faisait deux en un : rester exclusivement avec les Gryffondor faisait enrager Malfoy, qui perdait un élément crucial de « sa » maison, et rester exclusivement avec les Gryffondor le faisait se rapprocher considérablement de Ron, ce qui était un de ses principaux objectifs pour survivre dans le futur.
En s'asseyant à sa place, il remarqua bien que l'ambiance avait changé à la table des vert et argent et son regard croisa celui de Zabini, qui avait l'air quelque peu... désolé. Il comprit à ce regard que les allégations péjoratives allaient bon train sur lui et que Zabini n'avait rien pu faire pour empêcher quiconque de dire quoi que ce soit. Harry haussa des épaules dans sa direction et il n'en fallu pas plus au mulâtre pour se concentrer de nouveau sur son repas.
Harry se servit plusieurs cuillères de purée, affamé. Malfoy, assis à quelques personnes plus loin de lui, se leva pour se placer juste en face de lui en obligeant à Bulstrode de se déplacer pour lui laisser une place. Très bien.
Le blond n'attendit pas une minute avant de commencer à parler à Harry.
- Alors Potter ?
- Malfoy.
- Je pensais te voir avec la cravate des Gryffondor ce soir.
- Je te demande pardon ?
Jouer la carte de l'incrédulité. Celui qui n'avait strictement rien à se reprocher. Il savait que ce genre de comportement faisait vraiment enrager le jeune héritier.
- Tu vois... On a un peu de mal à te suivre ces derniers temps.
- J'arrive pas à te suivre non plus Malfoy. Sois plus clair tu veux ?
- Tu sais que quand le Choixpeau t'indique une maison, tu fais partie de celle-ci et non d'une autre n'est-ce pas ?
La majorité des Serpentard avait la tête tournée vers eux désormais. Sa mâchoire se contracta sans même qu'il n'y fasse attention. Même s'il avait voulu cette confrontation depuis deux mois, il n'avait jamais vraiment apprécié qu'on le fasse chier publiquement.
- Merci mais je ne suis pas stupide.
- Alors pourquoi est-ce que tu t'obstines à nous ignorer pour des… Gryffondor ?
Ce dernier mot avait été prononcé avec un tel dégoût qu'Harry en fronça des sourcils.
- Parce que j'en ai envie ?
- Comprends que tu n'as pas le droit d'en avoir juste envie.
Ok, maintenant tous les Serpentard les regardaient. Harry soupira tout en soufflant sa réponse :
- Pourquoi ça ?
- La solidarité, Potter. C'est l'élément maître de notre maison. Les Serpentard et les Gryffondor sont en guerre constante, nous ne pouvons pas juste nous permettre d'être potes avec eux.
- Tu es qui, au juste, pour dire avec qui j'ai le droit de traîner ou pas ?
- Bon sang, Potter, essaie de regarder plus loin que le bout de ton nez !
Le ton était monté d'un coup et la voix de Malfoy avait résonné dans la Grande Salle, attirant l'attention des autres maisons et des professeurs également. Tel le petit con arrogant que Malfoy était, cette attention soudaine ne lui donna que plus confiance en lui et il continua sur sa lancée en parlant toujours bien fort et distinctement.
- On sait que t'as été élevé par des Moldus et que, de ce fait, tu n'aies absolument aucune valeur d'inculquée, mais évolue !
Le calme olympien d'Harry le quittait peu à peu. La mention de la haine moldue de Malfoy avait été une sorte de déclic pour lui.
Ce gars, même plus jeune, restait Draco Malfoy. Un petit con raciste et arriéré qui faisait tout pour être une copie de son père si détestable. Un gars qui haïssait tellement les Moldus qu'il finirait par faire des attentats contre eux parce qu'il estimait qu'ils lui étaient inférieurs. Un gars tellement tordu qu'il aurait l'immense privilège d'être attitré Gardien des Secrets du plus gros psychopathe que la Terre n'ait jamais portée. Un gars « tellement digne » que ses derniers mots étaient « Longue vie au Seigneur des Ténèbres ».
- Les Gryffondor mènent la vie dure à notre maison depuis des siècles, tu ne peux pas juste leur lécher les bottes de la sorte ! Un peu de dignité, tu es Harry Potter doublé d'un Serpentard !
Il se leva de son banc avant de faire un signe de tête à Malfoy tout en marmonnant un « Finissons cette conversation dehors », qui fit réagir le blond qui le suivit de l'autre côté de la table. C'était bien trop pour Harry, autant de conneries ne pouvaient définitivement pas sortir de la bouche d'un enfant de 11 ans ! Il entendit quelqu'un se lever également à la table des Professeurs, et la voix de McGonagall résonna à son tour dans la Grande Salle.
- Potter, Malfoy, vous retournez immédiatement à votre table.
Harry sentit plus qu'il ne vit Malfoy ralentir légèrement à ses côtés, mais en voyant qu'Harry ne comptait pas s'arrêter, il continua également son chemin.
- Ne me faites pas me répéter ! Vous vous êtes assez donnés en spectacle maintenant, si vous ne voulez pas avoir une retenue c'est le moment de retourner bien sagement à vos places.
Malfoy ralentit beaucoup plus nettement cette fois-ci, mais sa dignité l'empêchait de s'arrêter complètement alors qu'Harry semblait à peine entendre les avertissements de McGonagall. Il était totalement énervé cette fois-ci, dégoûté. Il pourrait presque oublié le fait qu'il était censé avoir 11 ans et être un petit être chétif et craintif.
- Trois heures de retenue samedi matin ! Professeur Rogue, faites quelque chose, ce sont vos élèves !
Le brun avait l'habitude des menaces de la vieille femme, il l'avait eu pendant 7 ans en tant que directrice de maison après tout, mais ce n'était pas tellement à cause de ça que la voix stricte de Minerva ne lui faisait absolument plus rien. Cette femme, en plus d'avoir été son Professeur, avait été une alliée lors de la guerre. Ils avaient été des égaux pendant plus de deux ans et, vers la fin, les rôles s'étaient même inversés. Harry dirigeait l'armée restante. Harry avait dirigé Minerva McGonagall et tous les profs se trouvant à la table des Professeurs derrière lui. Plus aucun n'avait l'autorité nécessaire pour le calmer, désormais.
- Messieurs Potter et Malfoy.
C'était cette fois-ci la voix de Dumbledore et Malfoy s'arrêta finalement. La porte se ferma d'un seul coup devant eux et Harry leva les yeux au ciel sans s'empêcher de soupirer longuement. Dumbledore, en sachant la vérité sur lui, pensait réellement qu'un basique sort tel que celui-ci suffirait à l'empêcher de sortir s'il en avait l'envie ?
Harry se retourna lentement et fit à peine attention à toutes les têtes qui étaient tournées vers lui. Il ne voyait que Dumbledore, qui le fixait en fronçant des sourcils. Le vieillard n'était visiblement pas content de tout ce qu'il voyait et Harry le coupa alors qu'il commençait à ouvrir la bouche pour parler.
- Comme l'a si bien fait remarquer le Professeur McGonagall, nous nous sommes assez donnés en spectacle. Nous allons continuer notre discussion dehors.
- L'heure réglementaire du dîner n'est pas passée et nous ne pouvons pas laisser deux élèves de première année se balader seuls dans les couloirs du château.
- Ah oui, et pourquoi ça ? C'est l'heure de la promenade de votre chien ?
Cette phrase pouvait paraître totalement anodine en plus de suicidaire, mais en voyant les yeux de tous les professeurs s'écarquiller, Harry fit un petit sourire en comprenant que tous avaient compris la référence. Harry savait. Cette phrase était bien trop précise pour que les personnes mises dans la confidence ne réagissent pas.
En pensant à cela, le garçon tourna son regard vers Ron et Hermione, qui avaient les yeux écarquillés. Hermione agitait la main devant sa gorge en signe de « je vais te tuer » et Ron faisait passer son regard de Dumbledore à lui.
- Potter... Retournez-vous asseoir.
- Bien sûr.
Il leva les yeux au ciel avant de lever sa baguette vers la porte. C'était un sort qu'on apprenait en quatrième année, mais c'était tellement basique qu'Harry n'avait pas vraiment réfléchi au fait que ce ne soit techniquement pas de son niveau officiel. Le grand battant en bois s'ouvrit suite à un seul mouvement de la baguette d'Harry et celui-ci se faufila entre les portes.
- Tu viens Malfoy ?
Et après une grimace, Malfoy le suivit. Dignité, tout ça. Le blond avait un air extrêmement tendu sur le visage, mais Harry n'y fit même pas vraiment attention. Malfoy devait juste déjà penser à la punition que son père lui ferait subir une fois qu'il rentrerait, pour les vacances d'été. Une chose dont se fichait éperdument Harry, à qui l'altruisme semblait avoir fait ses bagages.
- Je rêve ou tu viens de foutre le clapet au directeur ?
Il ne répondit rien, se contentant de continuer à marcher pour s'éloigner des portes de la Grande Salle, Malfoy sur ses talons.
- Potter, tu viens d'ouvrir une porte que Dumbledore avait magiquement fermée.
- Et bien Dumbledore l'a mal fermée.
Il avait employé le même ton que lui tout en se retournant vers le blond.
- Mais là n'est pas le problème. Tu vois Malfoy, tu m'as vraiment contrarié au dîner.
- C'est pas mon problème. J'ai dit tout haut ce que tout le monde pensait plus bas.
- Ce qui n'empêche pas le fait que ce soit un amas de grosses conneries.
- Toujours pas mon problème. On veut savoir ce qui ne va pas avec toi. Tu ne restes qu'avec la vermine, tu nous méprises, tu leur donnes les livres de notre bibliothèque, tu t'assoies avec tout le monde sauf nous en cours... Tu te rends compte que tu fais du mal à Blaise, en faisant tout ça ? Il t'apprécie beaucoup ! Puis, je ne mentionne même pas le fait que Tracey nous ait dit que tu avais emmené la Sang-de-Bourbe dans notre dortoir pendant les vacances sans l'accord de quiconque ! Tu as clairement dépassé les limites !
Il se retint de toutes ses forces de menacer le garçon de sa baguette à la mention du statut de sang de sa meilleure amie. C'était toujours là le même problème avec le blond.
- Encore une fois, je fais ce que je veux et je traîne avec qui je veux. Je suis désolé si ça fait du mal à Zabini, mais Ron et Hermione sont des personnes fantastiques, de bien meilleures personnes que vous tous ne le serez jamais. Tu n'as pas le droit de les rabaisser de la sorte.
- Alors ne rabaisse pas mes amis non plus espèce de crétin ! Traite-les avec respect !
- C'est l'hôpital qui se fou de la charité là !
- Ecoute Potter, d'une façon ou d'une autre, les autres semblent tous t'apprécier. Ils ont confiance en toi et te considèrent comme leur ami, alors tu ne peux pas parler comme ça derrière leur dos. Granger et Weasley se foutent totalement de moi donc c'est encore un autre cas de figure ce que je fais, mais toi... C'est totalement déloyal.
Harry leva les yeux au ciel tout en entendant ça. Déloyal. Et puis quoi encore.
- Je n'ai jamais fait semblant de les apprécier, personnellement.
- Tu es un véritable idiot, Harry Potter.
Son nom était tellement craché par le blond qu'Harry en eut un frisson.
- Les Gryffondor sont des abrutis et tu le sais pertinemment, continua Malfoy. C'est la maison de la connerie et on ne comprend pas pourquoi tu restes là-bas plutôt qu'avec nous.
- Les Gryffondor sont des personnes altruistes, ouvertes et adorables, mentit-il sans ciller. Un peu tout votre contraire. Alors tu remballes ton discours moralisateur et tu retournes diriger tes petits chiens.
Malfoy fronça des sourcils au terme « petit chien » qu'Harry avait employé pour parler de ses amis. Le brun savait qu'il dépassait clairement les bornes, mais il devait réellement pousser à bout le Sang-Pur.
- Je me demande ce que tu fous chez nous, finit par dire Malfoy d'un ton méprisant et dégoûté. Tu n'es définitivement pas un Serpentard.
Bon Dieu, le ton princier du garçon l'emmerdait réellement.
- Non, t'as totalement raison. Je suis pas un Serpentard, je n'ai jamais voulu en être un et tu sais quoi ? En début d'année, en voyant la bande d'abrutis que j'étais censé me coltiner en faisant partie de cette maison, j'ai demandé à ce qu'on m'en fasse changer. Tout ce que tu pourras dire sur mon manque d'appartenance aux Serpentard ne pourra qu'être approuvé par moi-même alors un conseil, si tu veux me toucher d'une quelconque manière n'utilise pas ce type d'argument.
Malfoy le regardait maintenant comme s'il venait d'une toute autre planète.
- Et moi qui te prenais pour une personne intelligente, j'ai eu totalement tort. Comment tu as pu te permettre de porter un tel jugement sur nous sans même nous connaître ?
- Je t'en prie, dis-moi que c'est faux alors ?
- Tu sais quoi ? Laisse tomber. C'est peut-être mieux ainsi, t'es complètement stupide.
- Ouais, laisse-moi être stupide et éloigne-toi de moi. Je veux rien avoir à faire avec n'importe lequel d'entre vous. Surtout pas avec toi.
Le blond lui avait lancé un regard empli de haine et de dégoût qu'Harry lui rendit bien. Il avait commencé à tourner les talons pour retourner dans la Grande Salle, mais il s'était finalement figé au bout de quelques pas et Harry avait arqué un sourcil en se demandant quel était encore le problème. Lorsque Malfoy, furibond, se retourna vers lui en s'avançant brusquement, Harry recula par simple instant de conservation.
- On a absolument tout fait pour toi, s'éleva la voix colérique du blond. On a tout fait pour que tu t'intègres, pour que tu nous apprécies. On t'a laissé de la place, on t'a laissé t'éloigner en pensant que tu nous apprécierais de te laisser une liberté dont personne d'autre n'a le droit dans la maison. On a été solidaires, on t'a défendu, on a cassé la gueule de personnes trop indiscrètes à ton sujet qui auraient pu te faire chier. On a absolument tout fait, Potter ! T'es juste un gamin ingrat dans le fond.
Harry voulu riposter, mais Malfoy n'en avait visiblement pas fini avec lui. Le blond le poussa contre un mur, le coupant alors qu'il s'apprêtait à parler, et Harry ne put rien faire concrètement, à part jurer intérieurement contre son corps qui était bien trop petit et fin pour celui d'un garçon de son âge. Malfoy était plus grand que lui et, même si ce n'était pas énorme, ça suffisait à faire la différence dans cette situation.
- Tout le monde dans ta vie t'a toujours tout donné et c'est certainement à cause de ça que t'es aussi immonde, que tu te rends compte de rien, continua le garçon blond d'un air dégoûté. T'es qu'une petite starlette qui ne voit qu'elle-même. Alors ouais, on va te laisser tranquille. Tu vas remuer dans ta merde, tu vas faire copain-copain avec les Gryffondor et tu vas devenir le Saint-Potter national que tout le monde veut, le petit objet de Dumbledore qui se fera manipuler toute sa vie. C'est parfait. Sache juste qu'à partir de maintenant, quand tu auras besoin de ta maison, et j'entends par là ta véritable maison, on ne sera plus là pour toi. Tu te débrouilles.
Et Harry ne dit rien alors qu'il voyait Malfoy le lâcher, et se retourner pour aller vers la Grande Salle qu'ils avaient quitté un peu plus tôt.
L'indignation fut le premier sentiment qu'Harry ressentit alors qu'il entendait les pas du garçon s'éloigner de lui. Sérieusement, lui, une petite starlette imbue de sa personne ? Malfoy ne parlait-il pas de lui-même à cet instant précis ? Parce que jusqu'à preuve du contraire, c'était Malfoy qui avait toujours été le petit con par excellence. Pas lui. Puis, honnêtement, il n'avait jamais remarqué le moindre effort de la part de ses camarades de maison envers lui. Ils étaient tous dans leurs petits groupes et faisaient à peine attention à lui, ce qui était une bonne chose pour lui et sa mission mais pas pour ses relations sociales. Les paroles de Malfoy étaient, encore une fois, une grosse farce pour lui. Comment pouvait-il prendre ce gars au sérieux ?
Cependant et malgré tout ça, son objectif était atteint. La mission était réussie. Malfoy le détestait et le méprisait. Il ne pouvait clairement pas se plaindre.
Mais il y avait cependant une chose qu'il n'avait pas prévu...
Cette impression affreuse qu'il avait totalement loupé quelque chose.
Et voilà pour ce chapitre ! Le prochain sera le dernier de la première année.
Harry et Hermione ont introduit Ron à l'histoire de la Pierre Philosophale, Harry va avoir de sacrés ennuis avec Dumbledore (baaah, que je l'aime pas lui), et il a finalement réussi à éloigner Malfoy et les autres Serpentard de son entourage (parce que bon, son mépris pour la maison va se savoir hein).
Merci d'avoir lu et je vous dis à la prochaine fois !
