Helloooo !

Nous voilà enfin en deuxième année et je suis heureuse de partager ce chapitre avec vous aujourd'hui. Je dois avouer que je l'ai écrit plus rapidement que prévu, mais j'ai énormément d'inspiration pour la deuxième année alors... Me voilà :3

La chambre des secrets a toujours été l'un de mes préférés et j'ai hâte d'écrire ça du point de vue d'un Harry Serpentard. Je pense que vous allez aimer ce que j'ai prévu, d'ailleurs.

Bonne lecture !

Dans la chapitre 9 : Fin de la première année. Harry, Ron et Hermione passent les différentes épreuves et Harry affronte Quirrell, ce qui lui vaut un passage à l'infirmerie. Dumbledore lui annonce que, après avoir travaillé sur le dossier qu'Hermione et Harry lui avaient donné, le rituel de l'Alibi a été parfaitement exécuté et qu'ils ont été envoyés à cette époque de manière volontaire.


CHAPITRE 10

L'été de sa deuxième année n'avait pas été très différent de ses souvenirs – autrement dit, aussi désagréable qu'avait pu l'être la première fois. Depuis qu'il était revenu à Privet Drive, l'oncle Vernon n'avait cessé de le traiter comme une bombe sur le point d'exploser, hurlant sur lui dès qu'il osait faire référence à la magie que ce soit de près ou de (très) loin.

Un simple mot de travers, et voilà son tuteur devenu rouge de rage et d'indignation. Dès qu'il avait posé le pied dans la maison, son oncle avait enfermé dans son placard toutes ses affaires d'école, empêchant à Harry de faire ses devoirs de l'été – mais honnêtement, c'était la dernière chose dans la liste des préoccupations du vieux Dursley – et l'obligeant à se distraire de la basique façon moldue. Harry se baladait donc dans le quartier en évitant soigneusement Dudley et sa bande, ne voulant pas forcément se faire remarquer plus que nécessaire, et écrivait des lettres qu'il ne pourrait jamais envoyer quand il était puni dans sa chambre.

Parce que oui, Hedwige n'avait évidemment pas le droit de sortir de sa cage pour aller livrer le courrier du jeune sorcier. Vous comprenez, ce serait bien trop étrange du point de vue des voisins et l'oncle Vernon ne voulait absolument aucune forme de bizarrerie sous son toit. Pour lui, l'animal devait se contenter de remplir sa fonction première qui, d'après lui, était faire joli dans une cage et manger des graines aux heures du repas. Et, toujours d'après lui, Harry devrait lui être reconnaissant du fait qu'il tolère le volatile au sein de sa noble demeure. Ce comportement avait le don de rendre le sorcier littéralement dingue. Harry s'était plusieurs fois engueulé avec son oncle pour son manque de réflexion lorsque celui-ci se plaignait du bruit que faisait l'animal : « Oui, oncle Vernon, c'est normal qu'Hedwige râle étant donné qu'elle s'ennuie à mourir ici ». Tout comme lui, d'ailleurs, mais il ne se voyait pas dire ça à son oncle sans être privé de nourriture pour des jours par la suite.

C'était la belle vie, en soi.

Bon dieu, que Poudlard lui manquait.

Mine de rien, ses camarades lui manquaient énormément. Et quand il disait « ses camarades », il parlait également des Serpentard. Blaise Zabini tout particulièrement. Millicent Bulstrode aussi. C'était étrange, mais d'une certaine façon, il s'était attaché à eux. Ils avaient été les premiers qu'il avait apprécié dans sa nouvelle maison et ils étaient ceux qui l'avaient le plus marqué au final. Les deux l'avaient aidé à leur manière lorsqu'il en avait eu besoin, que ce soit en se taisant à certains moments ou en l'aidant dans diverses situations, comme occuper Malfoy pour ne pas qu'il s'en prenne gratuitement à Harry ou en prenant ses cours quand il s'était retrouvé à l'infirmerie en fin d'année... Et Harry appréciait ça.

Ce mois à l'écart de tout lui avait permis de faire le point sur tout ce qu'il pouvait se passer autour de lui et la situation dans laquelle il se trouvait. Il était à Serpentard, certes, mais ce n'était pas si mal que ça au final. Sa première année avait été un franc succès : il avait réussi à arrêter Quirrell dans les formes, Ron, Hermione et lui formaient le fameux trio qu'ils avaient toujours été et Malfoy ne l'aimait pas. Sans se mettre à dos toute sa maison, il avait réussi à accomplir, en quelque sorte, sa mission. Harry se sentait bien lorsqu'il faisait le bilan de sa première année.

De plus, il avait rencontré deux personnes qui valaient le détour et il en était heureux. Même si, au départ, ça n'avait pas été la grande joie et qu'il avait tout fait pour repousser son attachement pour eux, Harry n'essayait même plus après ce mois de repos et de réflexion intense sur sa vie. Durant sa première année, il avait tout fait pour ne pas se lier à eux de façon émotionnelle, les appelant même par leur nom de famille pour mettre une certaine distance entre eux, mais maintenant il s'en fichait pas mal. Ne pas être ami avec Malfoy ne voulait pas dire ne pas pouvoir être bien et à l'aise dans sa maison. Blaise et Millicent étaient de son côté et lui avaient fait comprendre au quotidien durant une année complète. Ils avaient choisi d'ignorer les mots qu'Harry avait pu avoir sur les Serpentard et n'avaient montré aucun changement d'attitude envers lui, ce qui montrait bien la maturité dont ils pouvaient faire preuve malgré leur jeune âge. A lui désormais de leur faire comprendre qu'il était prêt à les accepter dans sa vie au même titre que Ron et Hermione. Il espérait simplement que ces quatre-là seraient capable de mettre leur animosité naturelle de côté pour pouvoir essayer de s'entendre.

La seule chose qui arrivait encore à le perturber était la révélation de Dumbledore la veille de son départ du château, lors de leur entretien à l'infirmerie. Comme quoi toute cette situation avait été orchestrée depuis le départ et que son Dumbledore avait osé le trahir et le manipuler tel un vulgaire pantin. Il avait toujours pensé que son opinion avait de la valeur pour son directeur, que si le vieil homme voulait décider de quelque chose pour Harry, qu'il lui en parlerait d'abord comme ils l'avaient toujours fait... Mais se rendre compte que non était assez douloureux. Retour sur Terre totalement indésiré. Dumbledore le voyait comme tout le monde le voyait : un simple pion de la guerre. Et ça le rendait dingue.

Alors il avait mûrement réfléchi à la motivation qui aurait pu pousser le directeur à faire une chose pareille, mais il ne trouvait tout simplement pas de raison suffisamment valable pour justifier tout ça. Après tout, Dumbledore ne pouvait pas prévoir qu'il finirait à Serpentard et de ce fait, la raison « pour établir une connexion entre les maisons » était à exclure. En plus, c'était totalement stupide ! Dumbledore ne remettrait pas en cause la victoire de la Guerre pour une entente inter-maisons, ce serait littéralement de la folie, doublée de stupidité. Non, c'était quelque chose de beaucoup plus profond qu'il n'arrivait tout simplement pas à saisir, et il avait besoin d'Hermione pour ça. Elle avait toujours réussi à mieux deviner les choses que lui, il n'avait aucun mal à l'admettre.

Il n'avait pas eu l'occasion de lui en parler lors de leur dernière soirée au château, n'ayant pas eu une seule fois un moment rien que tous les deux après que Gryffondor ait gagné la coupe des Quatre Maisons, et l'interception de son courrier par Dobby d'un côté et l'oncle Vernon de l'autre l'empêchait tout simplement de communiquer d'une quelconque manière. C'était magnifique.

Mais aujourd'hui était le jour de son anniversaire et si tout se passait bien pour lui, Ron viendrait le chercher dans la soirée au volant de la Ford en compagnie des jumeaux pour enfin le sortir de là.

Bon sang, il espérait qu'il viendrait.


Ron était venu et, comme à son habitude, avait été exceptionnel. Il avait écouté l'histoire d'Harry sur ce fameux elfe de maison ayant pénétré dans sa chambre en déblatérant des paroles bizarres sur un complot dont il ne connaissait rien, et avait laissé Fred, George et Ron faire leurs commentaires qui se résumaient à « C'est louche quand même » et « Je pense que c'est quelqu'un qui l'a envoyé pour t'empêcher de retourner à Poudlard ». Harry avait fait mine de tout prendre en considération, commentant même certains arguments avec entrain, et la conversation avait vite dérivé sur Arthur Weasley et sa passion pour les objets moldus, qui était un terrain bien plus neutre que toute cette histoire pas très nette sur laquelle Harry n'avait aucune envie de s'étendre. Il avait presque failli laisser échapper que Dobby appartenait à la famille Malfoy durant la conversation, ce qui aurait été une énorme connerie de sa part.

Ils étaient arrivés à Loutry Ste Chaspoule en seulement une heure, et Harry avait été accueilli comme il se le devait au Terrier par Madame Weasley et tout le reste de la famille.

Ginny avait fui sa présence durant toute cette journée là... Ainsi que la suivante, et encore la suivante durant plus d'une semaine. Ce comportement mettait Harry grandement mal à l'aise, alors qu'il se rappelait de tout ce qu'il avait fait à la magnifique jeune femme qu'elle était à l'époque. Il n'avait jamais rien ressenti pour Ginny de plus que de l'affection basique et ça avait été clair pour tout le monde dès le départ, sauf visiblement pour elle. Il avait pourtant été très précis sur le type de relation qu'il voulait entretenir avec la petite sœur de son meilleur ami, mais soit elle avait été profondément stupide, soit elle n'avait tout simplement pas voulu voir la vérité en face, ce qui était plus plausible à la vue du caractère de la jeune femme. Il lui avait fait du mal et l'avait volontairement laissée au Manoir Malfoy pendant des mois entiers pour ne pas que le reste de la famille Weasley se fasse tuer dans une mission sauvetage, mais elle s'était toujours accrochée à lui après ça. Elle avait tenté de revenir de nouveau vers lui lorsque la mort de Malfoy avait été annoncée trois jours plus tard... Et honnêtement, il aurait pu accepter de continuer à ses côtés. Elle était belle, douée, puissante, et sa rancune quant à son enlèvement n'avait pas été de longue durée. Elle lui permettrait d'entrer officiellement dans la famille Weasley et tout le monde serait heureux de leur union. En gros, elle était parfaite pour lui et la vie qu'il menait. Mais cette chose inexplicable qui l'avait toujours bloqué pour avancer avec elle n'avait pas faibli avec le temps et il n'avait plus jamais répondu à ses avances suite à ça.

La voir aujourd'hui si perturbée et amoureuse de lui le rendait juste... Mal à l'aise. Et un peu dégoûté, aussi. Ses souvenirs de leurs nuits passées ensemble lui donnaient toujours une tête de malade alors qu'il la voyait se pavaner du haut de ses onze ans dans son salon ou sa cuisine. Il comprenait désormais un peu mieux le ressentiment d'Hermione, en sachant tout de même que c'était moins pire de son côté étant donné qu'il n'avait pas le moindre sentiment pour la rousse, même à sa véritable époque.

Ce sentiment de malaise ne se dissipa pas jusqu'au moment où il revit Hermione sur le Chemin de Traverse, le mercredi suivant. Madame Weasley les avait réveillés plus tôt qu'habituellement, et ils avaient emprunté le réseau de cheminés pour aller acheter leurs affaires scolaires. Ne se trompant pas dans la prononciation, Harry était arrivé à l'endroit voulu et avait croisé Hermione alors qu'il voulait rejoindre la famille Weasley au point de rendez-vous qu'ils avaient convenu (parce que oui, il y avait plusieurs cheminés sur le Chemin de Traverse).

Hermione, son alliée de toujours qu'il avait totalement négligé depuis son arrivée au Terrier. Il ne savait pas pourquoi, mais il n'avait pas pensé une seule seconde à lui envoyer une lettre pour lui dire qu'il était bien arrivé ou qu'il était simplement toujours en vie après un mois affreux chez sa famille d'adoption. Il avait été tellement heureux de retrouver la famille Weasley au complet, sans aucun membre gisant au sol par sa faute, qu'il avait quasiment oublié tout ce qu'il se passait en dehors des murs de cette maison plus que magique.

Il l'avait serrée dans ses bras longuement en la revoyant. Il avait toujours eu une relation particulièrement fusionnelle avec la jeune femme, mais depuis toute cette histoire de voyage dans le temps, leurs sentiments l'un envers l'autre avaient comme été... décuplés. Toutes ces épreuves les avaient indéniablement rapprochés et il n'échangerait son amitié avec Hermione Granger contre rien au monde.

- Alors Harry, comment vas-tu ?

- Je vais bien. Les Dursley sont toujours égaux à eux-mêmes, Ginny agit toujours stupidement avec moi et madame Weasley est obstinée à me faire prendre quelques kilos en me resservant toujours trois fois minimum. Et toi alors ?

Hermione éclata alors de rire et fit un geste de sa baguette vers Harry pour arranger ses lunettes encore cassées par les poings délicats de son cousin. Le garçon lui fit un sourire reconnaissant, et écouta sa réponse.

- Je vais bien aussi. J'ai pu faire quelques recherches cet été... Mais je t'en parlerai plus tard. Hagrid arrive. Mais qu'est-ce qu'il faisait dans l'Allée des Embrumes ?

Elle défronça ses sourcils pour reprendre un air jovial lorsqu'Hagrid se rapprocha d'eux. Elle l'accueillit chaleureusement d'un « Oh, bonjour Hagrid ! » et les trois habitants de Poudlard se dirigèrent d'un pas rapide vers la boutique Fleury et Bott, dans laquelle la dédicace de Gilderoy Lockhart devait avoir lieu dans à peine une dizaine de minutes pour son livre Moi le Magicien. « C'est un gros ramassis de bêtises » avait alors répliqué Hagrid en voyant la foule se former devant le magasin en les accompagnant tout de même, et Harry n'avait jamais réalisé à quel point le Garde-Chasse avait eu raison à ce moment-là. Ils pénétrèrent dans le magasin à espace réduit en poussant quelques peu les gens qui prenaient un peu trop de place, et restèrent en retrait pour ne pas déranger le passage alors que les parents d'Hermione se dirigeaient déjà vers eux. Honnêtement, Harry se sentit soulagé quand Hagrid les laissa seuls au bout de deux minutes, prétextant de façon gênée devoir acheter un produit pour faire pousser les choux de l'école. Il avait déjà un peu plus d'espace pour respirer.

Il fit la conversation avec les Granger, qui, comme dans son souvenir, étaient des personnes véritablement aimables et respectables, et Arthur Weasley les rejoignit assez rapidement en s'émerveillant du fait que les parents d'Hermione soient des moldus. Tout se déroulait normalement et Harry était satisfait de ce fait.

Il avait sincèrement espéré que Lockhart ne se rende compte de sa présence et que, de ce fait, le laisse tranquille et ne l'oblige pas à faire la une de La Gazette à ses côtés, mais comme d'habitude ses prières avaient été vaines. Madame Weasley l'avait attrapé par le col de son t-shirt pour le faire venir au premier rang étant donné qu'il était plus petit que la majorité des personnes de la boutique, et il dut immanquablement prendre cette fameuse photo sous les commentaires ravis de toutes les personnes présentes, ignorant allègrement le « Souris, Harry, on va faire la une ! » qui ne lui avait absolument pas donné envie de sourire.

Dès qu'il fut libéré de la prise de ce charlatan de première, il s'était reculé et avait rejoint Ron, qui avait lui-même rejoint Hermione au fond du magasin lorsqu'Harry avait été accaparé par la vedette du jour. De nouveau tous les trois, Harry se sentit juste... bien. Les parents de ses deux amis s'étaient éclipsés dehors pour échapper à la folie de la séance de dédicace, et Harry fut clairement tenté de les rejoindre alors que les gloussements féminins lui prenaient la tête.

- Tiens, je te les donne, répliqua Harry en faisant glisser les livres que Lockhart avait eu la bonté de lui offrir dans le chaudron de Ron. J'achèterai moi-même mes propres exemplaires.

Celui-ci lui fit un sourire ravi qu'Harry lui rendit, et le roux fut le premier à reprendre la parole en s'adressant cette fois-ci à leur amie.

- D'ailleurs, Hermione, j'aurais pensé que tu serais un peu plus à fond dans... ça.

- Ça ne va pas la tête ? Moi ? A fond dans le trip « Léchons les pieds de Gilderoy Lockhart » ?

Harry éclata cette fois de rire en se rappelant que, effectivement, ça avait été le cas sept ans plus tôt. Hermione avait été une fervente fan de cet homme avant d'apprendre en même temps que tout le monde sorcier qu'il n'était l'auteur d'aucun de ses exploits. Bon dieu, elle savait même que sa couleur préférée était le lilas !

- Je sais pas, t'es une fille ! Trouva bon de se justifier Ron.

Et alors qu'Hermione ouvrit la bouche pour répliquer, Harry calma quelque peu son rire pour pouvoir prendre la parole à sa place, l'empêchant de s'énerver face aux propos sexistes et maladroits du rouquin.

- Je t'assure vieux, si tu ne veux pas avoir Hermione Granger à dos, ne lui fais jamais remarquer que c'est une fille.

- Non mais, à quel moment « Tu es une fille » justifie un comportement puéril et fanatique ? attaqua la petite brune en mettant ses poings sur ses hanches.

- Mais je sais pas, j'ai dit ça comme ça !

- Et bien tais-toi Ronald !

Harry ne put rien faire d'autre que d'éclater de nouveau de rire en observant la moue ennuyée de Ron à côté de lui et le regard meurtrier que lui lançait leur amie. Oui, ses amis lui avaient réellement manqué. C'était tellement bon de les revoir. Hermione releva la tête, son regard attiré par quelque chose, et soupira en observant une silhouette approcher par les escaliers.

- Les gars, il y a...

- Je suppose que ça a dû te faire plaisir, Potter ?

S'il n'avait pas reconnu cette voix traînante aux accents aristocratiques, il aurait été aisé pour lui de comprendre l'identité de son interlocuteur à la façon dont il cracha littéralement son nom de famille. Il en avait pris l'habitude, avec toutes ces années. Harry se retourna donc pour faire face à Draco Malfoy, habillé fièrement dans une tenue faite certainement sur mesure, réplique parfaite de son père qui se tenait quelques marches plus haut et discutait avec un autre sorcier qui semblait également fortuné. Ces personnes étaient vraiment reconnaissables, c'en était limite perturbant.

Harry était de bonne humeur actuellement, il ne répliqua donc rien en entendant la pique de son camarade de maison.

- Le célèbre Harry Potter, poursuivit Malfoy. Il ne peut même pas entrer dans une librairie sans faire la une des journaux.

En revanche, Harry ferma les yeux de lassitude au moment même où Ginny prit la parole pour le défendre, lançant un courageux, mais légèrement pathétique « Laisse-le tranquille, ce n'était pas de sa faute ». C'était la première fois qu'elle ouvrait la bouche en présence de Harry et celui-ci aurait bien volontiers accepté qu'elle se taise un peu plus longtemps. Pas qu'elle l'énervait réellement – comme dit précédemment, il était plutôt de bonne humeur – mais sa présence avait tendance à rendre tout beaucoup moins crédible. Son élan de courage avait juste donné l'impression qu'il ne pouvait pas se défendre seul face à Malfoy, ce qui n'était absolument pas vrai et ce qu'il voulait absolument éviter.

- Alors Potter, tu t'es trouvé une petite-amie ? Ironisa le blond avec un sourire mauvais.

- Malfoy, salua finalement Harry au bout de quelques secondes où Ginny prit une couleur rouge alarmante. Je ne pensais pas que tes répliques auraient aussi clairement régressé au cours de l'été. Tu m'es toujours apparu comme quelqu'un ayant plus de verve que ça, c'est dommage que tu t'abaisses à ce genre d'insultes désormais.

- Il faut savoir que même en m'abaissant plus bas que Terre, Potter, je n'arriverai jamais à ton niveau de puérilité, c'est comme une loi universelle. Et c'est valable pour chaque domaine nous liant toi et moi. Compris ?

Et Harry se contenta de lui envoyer un regard assassin qui aurait fait flancher absolument tout le monde, mais pas Malfoy, qui le regardait avec la même menace dans les yeux. L'électricité était presque palpable tellement l'animosité semblait forte entre eux, et tout le monde s'en retrouva mal à l'aise d'un seul coup. Courageusement, Ron intervint pour venir en aide à son ami, qui semblait sur le point de tuer Malfoy de ses propres mains.

- Pourquoi tu viens nous parler Malfoy ?

Le blond se tourna lentement vers Ron, un rictus sadique sur les lèvres.

- Comprends-tu, Weasley, j'étais tellement éberlué de te voir dans un magasin comme Fleury et Bott que je me suis dit que ce serait bien d'avoir l'amabilité de venir m'informer de l'état de ton compte en banque. Alors quoi, avec tous ces bouquins, vous avez prévu de ne pas manger pendant un mois chez les Weasley ?

Et Ron prit la même teinte cramoisie que sa sœur un peu plus tôt, oubliant toute sa bonne volonté de calmer le jeu et s'élançant vers Malfoy les poings en l'air dans le but d'attendre son si joli visage. Heureusement pour Malfoy, Harry et Hermione eurent le réflexe de l'attraper immédiatement par les bras, s'attendant à cette réaction démesurée de la part de leur ami, et le maintinrent en arrière avec force. Arthur Weasley revint à ce moment-là dans la boutique avec les parents d'Hermione, et il observa quelques secondes la scène se déroulant sous ses yeux avant de prendre la parole d'une voix étonnée et inquiète.

- Ron, qu'est-ce que tu fabriques ?

- Tiens, tiens, tiens, Arthur Weasley.

Et voilà que Lucius Malfoy s'était ajouté à la partie en arrivant derrière Malfoy Junior, posant une main possessive sur l'épaule de son fils. « Vous inquiétez pas, personne ne voudrait vous le prendre » se retint de dire Harry en fixant toujours de façon mauvaise le blond de son âge en face de lui. Il entendit vaguement Monsieur Weasley répondre au père Malfoy, mais il était beaucoup trop concentré sur le visage de son fils et son envie de le tuer pour être un si gros con.

- Beaucoup de travail au Ministère, n'est-ce pas ? Toutes ces perquisitions... J'espère qu'ils vous paient les heures supplémentaires, au moins ?

Avec dédain, Lucius attrapa deux livres appartenant à Ginny en marmonnant un « Apparemment pas » qui fut pourtant très clair pour tout le monde. Harry ne cesserait jamais de se le dire, mais Malfoy était le portrait craché de son père, jusqu'au comportement près. Monsieur Malfoy rejeta presque les livres qu'il avait en main, et ce geste attira presque immédiatement l'attention d'Harry, qui fut le seul à remarquer que le père de Malfoy avait glissé le journal de Jedusor dans le chaudron de Ginny en reposant ses livres.

Il était plus petit que les autres bouquins, discret. Mais il était bien là et Harry ne pouvait plus le quitter des yeux.

Il n'écouta plus le reste de la conversation à partir de ce moment-là, fixant à leur tour Lucius Malfoy, Malfoy Junior et le journal. Tout était venu de cette altercation. Ginny avait fini totalement perturbée à cause de cette année-là.

Profitant que l'attention soit accaparée par les coups violents que Lucius Malfoy et Arthur Weasley avaient fini par commencer à s'échanger sous les exclamations de leurs enfants, Harry attrapa le journal à l'allure pittoresque et le glissa dans son propre chaudron avec discrétion. Il allait éviter une année d'enfer à cette petite fille, voire à tout le château entier.

Bon dieu, qu'était-il en train de faire ?


- Ma baguette Harry... J'ai cassé ma baguette !

Harry ouvrit la bouche pour dire que quelqu'un pourrait certainement la réparer à l'école, bien qu'il n'y croie pas un traître mot, mais il n'eut pas le temps de prononcer le moindre mot qu'une secousse parcourut la voiture. Une branche venait de frapper avec violence le pare-brise, et Harry s'enfonça dans son siège en se protégeant instinctivement le visage de son bras. Avec peine, il sortit sa propre baguette de la ceinture de son pantalon, et hurla un « Finite Incantatem » qui eut l'effet escompté.

Après quelques secondes de silence entrecoupé par leur respiration haletante après que la voiture ait retrouvé la terre ferme, Ron prit finalement la parole d'une voix tremblante.

- Mais comment tu connaissais ce sort ? Comment tu savais que ça allait marcher ?

- Je me suis entraîné cet été... Et je n'avais pas la moindre idée que ça allait marcher.

- Mais la magie est interdite...

- Je me suis entraîné théoriquement. Les livres, tout ça. Ça ne sert pas qu'à faire du feu.

Ron rit légèrement à la réplique de son ami, avant de faire tomber son front contre le volant de sa voiture en geignant légèrement.

- Papa va me tuer. T'as vu l'état de la voiture ?

- Je cr...

Mais encore une fois, Harry n'eut pas le temps de finir sa phrase. Comme dans son souvenir, la voiture éjecta les deux garçons sur la pelouse, suivis par leurs bagages et animaux, avant de se diriger vers la forêt interdite sous les cris de protestation de Ron.

- Non mais c'est pas croyable ! Depuis quand une voiture pense toute seule ? C'est une voiture !

- Depuis quand des aiguilles tricotent seules ?

- Mais... Ce sont des aiguilles à tricoter, c'est normal qu'elles tricotent !

- Bah c'est une voiture, c'est normal qu'elle roule, répondit nonchalamment Harry alors qu'il ouvrait la cage d'Hedwige pour qu'elle puisse s'envoler.

Ses membres lui faisaient mal, mais il n'allait clairement pas se plaindre. Il avait connu pire... et il était enfin à Poudlard. Il avait retrouvé le château. Il eut un léger moment d'émerveillement en voyant la bâtisse magnifique non loin d'eux et sur pieds, mais il se reprit rapidement et tourna la tête vers ses affaires. Instinctivement, Harry se dirigea vers son sac à dos légèrement ouvert, et fouilla précipitamment dedans pour se calmer seulement une fois qu'il sentit une couverture de livre usé sous ses doigts.

Il n'avait pas perdu ou abîmé le journal. Il referma le sac et le plaça sur son dos.

- Tu penses que la Cérémonie de Répartition est terminée ? L'interrompit la voix de Ron.

- Non... Il est encore trop tôt.

- Et on fait quoi du coup ? On ne va pas pouvoir arriver comme des fleurs, ça c'est clair. On n'était pas sur les listes au moment de l'appel, on va se faire tuer.

- Merci Ron, tu es très réconfortant.

Harry et Ron lancèrent à leurs bagages un Wingardium Leviosa commun, et commencèrent à avancer vers le château d'un pas rapide. Moins ils auraient de minutes de retard, moins ils seraient susceptibles de se faire violemment réprimander.

- Tu penses qu'on va enlever des points à nos maisons ?

- Je pense surtout qu'on va avoir des retenues interminables, répondit Harry en se rappelant de ses heures de torture avec Lockhart.

- Papa va me tuer pour la voiture. Oh mon dieu, et maman ! Elle va littéralement me tuer.

Harry lança une moue compatissante à son ami avant de reprendre la parole une fois qu'ils furent dans le château :

- On a qu'à poser nos valises ici. On va essayer de se glisser discrètement dans la Grande Salle.

Ron acquiesça rapidement, et ils se dirigèrent en trottinant vers la Grande Salle. Dans le souvenir d'Harry, Rusard les avait attendus en haut des escaliers pour leur arrivée, leur disant directement qu'ils allaient avoir de sérieux ennuis et ne laissant pas place à l'imagination sur ce qui allait leur arriver. Là, Rusard ne s'était pas encore présenté et Harry s'était dit que c'était l'occasion de saisir leur chance. Ils avaient été plus rapides à se sortir du Saule Cogneur et Harry se bénissait actuellement.

La grande porte en bois était entrouverte, et les deux garçons glissèrent leur tête dans le trou pour voir si le chemin était libre.

- Dis, fit remarquer Ron. Où est Rogue ?

Harry observa à son tour la table des Professeurs, et remarqua instantanément la place vide de son professeur de potion.

- Il est peut-être malade. Ou peut-être qu'il a fini par démissionner.

- Il a peut-être été renvoyé ! Tout le monde le déteste...

- Ou peut-être qu'il attend de savoir pourquoi vous n'êtes pas venus par le train, dit derrière eux une voix glacée qu'ils reconnurent sans peine.

Oops. Ils étaient mal.


Voilà le début chaotique de la deuxième année... Et oui, Harry a pris le Journal de Jedusor ! Je vous avais dit qu'il n'allait pas toujours agir intelligemment... C'est tellement stupide que j'en ris moi-même. Sacré Harry.

Mais du coup, ça change totalement la donne de la deuxième année. Et j'espère que la façon dont je l'ai tournée vous plaira x)

A la prochaine !