Coucou tout le monde, on se retrouve aujourd'hui pour le onzième chapitre de cette fiction !
Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de répondre à toutes vos reviews de façon individuelle, du coup je vous dis un grand grand merci ici et j'essaierai de répondre le plus rapidement possible à vos questions.
Voilà, on se retrouve en bas. Bonne lecture !
Dans le chapitre 10 : Le début d'été passe lentement mais heureusement pour Harry, Ron vient le chercher au volant de la Ford avec ses frères pour qu'il passe le mois d'août avec eux. Alors qu'il fait ses courses scolaires avec les Weasley et les Granger, les Malfoy arrivent et Lucius glisse le journal de Jedusor dans le chaudron de Ginny. Harry le voit, et décide de profiter d'un moment d'inattention afin de récupérer le journal de Jedusor. Finalement, Harry et Ron arrivent à Poudlard à bord de la voiture, et c'est un Rogue particulièrement énervé qui les attend au château.
CHAPITRE 11
L'entrevue avec Rogue, McGonagall, Rusard et Dumbledore avait été réellement pénible et longue au possible, pour ne pas changer de la première fois qu'elle avait eu lieu. Ron s'était ratatiné sur lui-même en laissant Harry parler pour eux deux, et ils s'étaient vu attribuer des retenues qu'Harry devrait effectuer avec Lockhart et Ron avec Rusard. On leur avait également retiré cinquante points chacun.
Ils avaient été libérés à la fin de la Cérémonie de Répartition pour se faire congédier directement dans leurs dortoirs respectifs, rejoignant alors leurs camarades de maison en train de déballer leurs affaires. Harry avait ignoré les regards des autres garçons de deuxième année qui se demandaient certainement pourquoi il n'était pas venu pour le banquet, et s'était concentré uniquement sur Blaise, qui avait été le seul à ne pas le juger un seul instant et qui ne semblait pas vouloir poser plus de questions que nécessaire. Il était sincèrement heureux de revoir son ami. Harry lui avait alors brièvement expliqué la raison de son retard en évitant de mentionner Dobby, et Blaise avait simplement haussé des épaules en disant que cinquante points seraient faciles à rattraper pour eux.
Harry avait attendu que tous les enfants du dortoir s'endorment avant de sortir de son sac le journal de Jedusor, l'observant durant quelques instants sans rien en faire. Depuis qu'il l'avait récupéré du chaudron de Ginny, il le protégeait et le cachait comme s'il s'agissait de l'objet le plus précieux qu'il ait en sa possession, prenant bien soin de ne jamais le laisser trainer à porter de quiconque. C'était un objet de magie noire extrêmement puissant et maléfique renfermant le souvenir de Voldemort lui-même, c'était donc normal qu'il en prenne plus que soin.
En revanche, il n'avait pas encore eu le courage d'écrire quoi que ce soit dedans, ne sachant pas vraiment jusque-là ce qu'il était supposé en faire et quel comportement adopter. Il avait réfléchi à plusieurs hypothèses durant le reste de l'été, comme cacher le journal dans son propre coffre-fort pour que personne ne puisse mettre la main dessus, ou encore le garder toujours avec lui pour être certain que, même dans son coffre-fort, aucun Gobelin ou autre personne ayant réussi à les corrompre ne puisse le prendre. Mais encore une fois, c'était très risqué et le souvenir du Seigneur des Ténèbres pouvait à tout moment être libéré de nouveau, risquant de faire encore plus de victimes encore que s'il eût agi dans son temps.
Alors il avait attendu d'être à Poudlard pour pouvoir réfléchir en ayant les idées claires, non entouré par les Weasley assez étouffants ou les Gryffondor bien trop curieux pour leur propre bien. Il avait voulu retrouver la paix que la maison Serpentard lui offrait depuis maintenant un an, et pourquoi pas demander de l'aide à la limite du raisonnable à Zabini, qui, il en était certain, ne le jugerait jamais sur quoi que ce soit et serait bien plus clément qu'Hermione sur le fait qu'il possède un objet ayant appartenu à Lord Voldemort lui-même. Puis, pour être honnête, il n'avait pas plus que ça envie qu'elle lui prenne la tête à propos des lignes conductrices, qu'il avait de toute évidence bouleversées en s'appropriant le journal intime.
Il savait qu'il avait fait une connerie en le faisant, il n'était ni stupide, ni inconscient. Il savait que ce serait désormais compliqué de s'occuper du cas du journal sans le moindre petit risque d'implication directe, mais il n'y pouvait plus rien désormais. Il avait agi bêtement et ne pouvait plus rien faire pour réparer son erreur. Après tout, il ne pouvait décidément pas aller voir Ginny et simplement lui donner le journal en guise de cadeau de bienvenue. Et puis, il avait voulu éviter un profond traumatisme à la jeune femme en le faisant, ce serait encore plus stupide de revenir sur son acte en lui remettant en sa possession.
Non, il garderait le journal, et à défaut de pouvoir le cacher sans être en perpétuel danger, il ferait en sorte de le détruire.
Harry soupira et ouvrit le journal intime doucement, finalement décidé de ce qu'il en ferait et comment il agirait le reste de l'année.
C'était simple, il voulait détruire le journal, n'est-ce pas ? Or, le seul moyen qu'il connaissait pour le faire était de lui injecter du venin du Basilic, Basilic qu'on ne pouvait trouver que dans la Chambre de Salazar Serpentard. Chambre qu'il devrait alors ouvrir en gardant un comportement crédible d'enfant de 12 ans qui découvrait un journal dont il ne connaissait rien. Il devrait donc se « laisser manipuler » par Voldemort pour faire tout ce que Ginny avait fait dans le passé afin de rendre sa venue dans la Chambre crédible et non suspecte – parce qu'il ne pouvait clairement pas se pointer dans la salle sans avoir parlé une seule fois avec Jedusor, la bouche en cœur en plein milieu de l'année, pour récupérer un crochet d'une créature dont il n'était même pas censé connaître l'existence.
La pulpe de ses doigts parcourut le papier abîmé et ancien de long en large délicatement, et il attrapa sa plume également perdue au fond de son sac après quelques secondes de réflexion.
Bonjour.
« Bonsoir. »
Il n'avait eu à attendre que quelques secondes avant que Jedusor ne lui réponde, et deux secondes de plus avant que la phrase suivante n'apparaisse :
« A qui ai-je l'honneur ? »
Je suis Harry Potter. Je vous retourne la question.
Le papier resta vierge plus d'une minute après son message, Harry se doutant bien que Jedusor était certainement en train d'analyser à toute vitesse la situation dans laquelle ils étaient. C'était vrai que sur tous les élèves présents à Poudlard, il était peu probable que ce soit Harry Potter qui récupère le journal de Jedusor, rendant alors tous ses plans de manipulation ou de séductions inutiles, et ce dernier devait réfléchir à quoi faire désormais pour mener à bien son plan. Harry était connu pour être un fervent partisan du bien – pour ne pas dire LE fervent partisan du bien – et à peu près tout était remis en question du côté de Voldemort, qui devrait adopter une nouvelle tactique pour faire ouvrir la Chambre. Mais Tom était une personne assez intelligente et il répondit le plus normalement du monde suite à ça, ayant certainement déjà un nouveau plan à l'esprit.
« Je suis Tom Jedusor, je suis ravi de te rencontrer. »
Moi de même. Qui êtes-vous ?
« Je suis un ancien élève de l'école. J'étais à Serpentard. »
J'y suis aussi.
« C'était la rentrée aujourd'hui, n'est-ce pas ? En quelle année es-tu ? »
D'après ce qu'il comprenait, Voldemort essayait d'instaurer le dialogue en faisant mine de s'intéresser à lui. Harry pouvait très bien jouer le jeu, ça l'arrangeait bien de son côté également étant donné qu'il voulait faire mine de ne rien savoir de ce type, et d'être un simple enfant plein de questions et de curiosité.
Je suis en deuxième année et en effet, c'était la rentrée. Dites, je parle à quoi/qui au juste ?
« Je viens de te le dire il me semble. »
Non, vous avez donné votre identité, pas ce que vous étiez. Je parle à un fantôme, une créature, ou à une véritable personne qui possède un deuxième journal relié à celui-ci ?
Nouvelle pause.
« Tu te poses les bonnes questions Harry, c'est bien. Je suis en effet une réelle personne, mais ce journal est le seul exemplaire existant, mes pensées sont simplement retranscrites. »
Donc je suis en quelque sorte dans votre tête quand j'écris là-dedans ?
« C'est à peu près ça, oui. »
Bien qu'il s'en fiche pas mal, Harry se demandait si ce que lui disait le Mage Noir était vrai. S'agissait-il vraiment d'un mécanisme de retranscription directement relié au cerveau, ou lui racontait-il des bobards afin de faire la conversation ?
Comment est-ce possible ?
« C'est un sortilège plutôt ancien. De la magie noire mélangée à de la legilimancie ancienne dans une forme particulièrement complexe, si tu veux tout savoir. Ce journal est unique en son genre. »
Et c'est vous qui l'avez ensorcelé ?
« En effet. »
Vous devez être puissant.
« Il paraît. »
Harry hésita quelques instants avant d'écrire sa phrase suivante, se demandant où cette conversation allait les mener.
Et vous faites de la magie noire.
« C'est exact. »
Au moins il ne démentait pas.
C'est illégal vous savez.
C'était profondément puéril, mais eh, il était supposé avoir 12 ans et ne pas savoir à qui il s'adressait vraiment. De plus, Harry voulait savoir pourquoi Jedusor s'ouvrait autant à lui en répondant sans réellement lui mentir depuis tout à l'heure.
« Les idées préconçues sur cette magie sont complètement stupides si tu veux mon avis. Elle ne devrait en aucun cas être mal vue par la communauté sorcière. »
Elle est mal vue car elle est illégale et dangereuse, c'est tout.
« Détrompe-toi. Elle est illégale parce qu'elle est incomprise, et l'incompréhension mène à la dangerosité. La magie noire est simplement une seconde forme de magie et c'est stupide de la bannir du monde sorcier. »
Une seconde forme de magie vous dites ? Donc, d'après vous, tout n'est lié qu'à un problème de compréhension ?
« Tout à fait. »
J'aimerais en entendre plus.
Il avait quand même réussi à retenir l'attention d'Harry.
« La magie blanche comme la magie noire ont leurs propres vertus et chacune correspond mieux à un sorcier ou un autre. Pour un sorcier qui ne sait pas bien se contrôler ou qui manque de puissance, la magie blanche sera la plus efficace car elle est plus facilement contrôlable que la noire, qui elle sera utilisée par des sorciers plus puissants. »
Donc… La magie est une espèce de mécanisme ?
« Oui, c'est une juste métaphore. La blanche se 'déclenche' sous certains critères, la noire sous d'autres, et il en faut plus pour la noire que pour la blanche. La puissance fait partie d'un de ces critères, la trace de pureté du sang également. »
Harry fronça des sourcils tout en lisant ces quelques lignes, s'empêchant de faire le moindre commentaire sur ladite « pureté du sang » mentionnée en tant que critère de la magie noire. Il connaissait l'idéologie de Voldemort et ne pourrait décidemment rien en changer, même s'il le tentait (ce qui n'était absolument pas son objectif ce soir, il n'était pas désespéré à ce point).
Mais il y avait quand même une chose qu'il ne comprenait pas forcément. Jedusor, bien qu'il soit un descendant de Salazar Serpentard lui-même et qu'il ait à maintes reprises prouvé la puissance dont il était doté, était un Sang-mêlé. Comment pouvait-il utiliser la magie noire étant donné que son sang n'était « pas pur » ?
Comment se fait-il que les Sang-mêlés puissent utiliser la magie noire dans ce cas ? C'est bien le sang moldu qui altère la « pureté du sang », non ?
« Il faut que la famille sorcière du Sang mêlé soit assez puissante pour recouvrir la partie moldue de son sang. Mais en effet, un Né-Moldu ne saura jamais utiliser la magie noire correctement, et celle-ci deviendra dangereuse même pour lui. Un Né-Moldu, même le plus doué en magie, qui s'essaierait à la magie noire aurait une chance de survie d'environ 10%. Elle est bien trop puissante et complexe. »
Tout ceci le laissait dubitatif.
Alors pourquoi Albus Dumbledore utilise de la magie blanche ? Ne serait-il pas plus efficace avec l'autre ?
« Parce qu'il connait les idées fixes de la communauté sorcière et sait que s'il commençait à faire de la magie noire publiquement, il perdrait de sa prestance et peut-être même la confiance d'un bon nombre de gens. »
En public ? Vous voulez dire que Dumbledore fait également de la magie noire caché de tous ?
« Evidemment, comme un bon nombre de personnes. Mais ce n'est pas si choquant que cela, comme je te dis, la magie noire est simplement une seconde forme de magie qui doit bien être utilisée. »
Autant dire qu'il était sur le cul. On lui avait rabâché le discours sur le côté malsain de la magie noire depuis qu'il avait 11 ans et maintenant, on lui disait que Dumbledore et un bon nombre de sorciers l'utilisaient simplement comme ça ? C'était du pur délire. Harry était un peu sceptique.
Mais alors, si c'est simplement une seconde forme de magie, pourquoi ne nous en parle-t-on pas à Poudlard ?
« J'ai toujours trouvé ça idiot également. Le Ministère est dans l'optique que, vue qu'elle blesse beaucoup de gens sans être travaillée, elle le pourrait encore plus en l'étant. Sauf que cet incompétent n'y connait rien du tout. »
Cet incompétent est quand même ministre. S'il pense que c'est le mieux, c'est que ça l'est peut-être.
Harry n'appréciait pas particulièrement Fudge, mais il devait faire mine de ne pas comprendre – ou de ne pas s'intéresser à – la politique… Alors il pouvait se permettre les réflexions idiotes. C'était même presque obligatoire qu'il en fasse pour ne pas passer pour un gamin particulièrement étrange et bien trop informé.
« Il met en danger beaucoup de sorciers en faisant ça et c'est intolérable. Notre communauté est déjà en train de s'éteindre, on ne peut pas se permettre de perdre plus de sorciers. »
Harry n'eut pas le temps de commencer à écrire quoi que ce soit que de nouveaux mots apparurent sur la feuille.
« Au contraire, la magie noire devrait être enseignée pour que les sorciers ayant les capacités de l'utiliser puisse le faire correctement, car elle devient réellement dangereuse à partir du moment où elle est utilisée sans avoir été apprise de façon assidue. Cette magie peut faire de véritables carnages si on ne sait pas ce qu'on fait. Il n'y a qu'à vérifier le nombre d'accidents chaque mois provoqués par des sorciers ne sachant pas comment la manier correctement. A Durmstrang, par exemple, la magie noire est enseignée à partir de la 6ème année et le nombre d'accidents mortels provoqués par un surplus de magie est minime en Bulgarie, voire inexistant par certains temps. Les chiffres parlent. »
Harry posa sa plume doucement à côté de lui en lisant les mots de Voldemort, se mordillant la lèvre tout en fronçant des sourcils. Même s'il doutait nettement des propos du Mage Noir, il était sincèrement tenté de plus se renseigner sur cette forme de magie qui était clairement taboue dans la société sorcière afin de se faire sa propre opinion. C'était vrai qu'il ne s'était jamais réellement penché là-dessus dans le passé, associant tout simplement la magie noire aux « méchants » qu'il devait combattre, mais si elle offrait plus qu'une simple offensive terrifiante que le Ministère miroitait, alors il voulait voir ce de quoi il s'agissait réellement. Puis, pourquoi pas se renseigner également sur ces fameux accidents différents en Bulgarie et en Ecosse pour appuyer ses recherches ? Harry reprit sa plume tout en caressant le bout sur ses lèvres, se demandant ce qu'il pourrait répondre à ça.
Personne ne nous a jamais vraiment informé de ce qu'était réellement cette magie. Dès qu'ils le peuvent, ils nous mettent dans le crâne que celle-ci est plus que dangereuse et à bannir de notre vocabulaire.
« Dangereuse ? Aucune magie ne l'est plus qu'une autre. La réelle différence est dans le sorcier. »
J'ai peur de ne pas vous suivre.
« Eh bien, la magie blanche peut tout autant blesser que la noire, la seule différence est dans l'allégeance du sorcier qui les utilise. Merlin, par exemple, était un Mage Noir mais n'a jamais causé le moindre problème car c'était un homme sensiblement bon et puissant. Leonardo Parmento, au contraire, était un Mage de la Lumière et a massacré tout son village Italien pour des raisons inconnues des historiens. Jade Lupignan, Mage de la Lumière, a fait brûler le Ministère de France il y a deux siècles. »
Je ne savais rien de tout ça.
« Evidemment que tu n'en savais rien, on se garde bien de le raconter. »
J'irai me renseigner un peu plus à propos de tout ça, je n'aime pas vraiment quand une opinion publique influence la mienne de façon directe ou non. De plus, je trouve ça vraiment passionnant.
« Ça l'est. Et même si tu ne trouves aucune indication, rappelle-toi qu'aucune magie n'est plus mauvaise qu'une autre, c'est simplement ce qu'on en fait qui diffère les choses. Il y a quelques siècles, c'était la magie blanche qui était crainte ici-même à cause de nombreux partisans l'utilisant à des fins peu conventionnelles. Aujourd'hui, les sorciers qui veulent prendre le pouvoir sont simplement des Mages Noirs, mais ça ne veut pas dire que la magie noire est mauvaise en elle-même. Tout dépend de l'ère. »
Harry était étonné que Voldemort fasse référence à lui-même comme étant une personne mauvaise qui faisait de mauvaises choses avec une magie foncièrement bonne, mais il ne fit mine de rien et se contenta de donner une réponse courte comme il le faisait depuis tout à l'heure.
Votre façon de voir les choses est vraiment intéressante.
Il jeta un coup d'œil au réveil se trouvant à côté de lui, et soupira longuement avant de recommencer à écrire sans attendre de réponse de la part de son interlocuteur.
Je discuterai bien avec vous encore un peu, mais j'ai cours demain et il est déjà tard. Au revoir, Tom, je vous écrirai dès que possible.
« Au revoir Harry, au plaisir de te reparler. »
Et le garçon referma le carnet avant de le replonger dans son sac, jetant par la même occasion sa plume à côté de sa lampe de chevet. Il repensa pendant quelques minutes en fixant le plafond à tout ce qu'il venait d'apprendre sur la réelle allégeance de la magie (qui, si tout ce que Voldemort lui avait dit était vrai, n'existait pas), et se promit silencieusement qu'il irait vérifier ces informations dans des livres fiables pour, comme il l'avait dit, se faire sa propre opinion. De plus, s'il pouvait affronter Voldemort avec une magie aussi puissante que la sienne, Harry n'allait clairement pas se gêner pour apprendre la magie noire à son tour. Malgré son statut de Sang-mêlé, la lignée Potter était certainement aussi ancienne que celle des Malfoy et il n'avait plus rien à prouver quant à la puissance dont il était doté.
Au diable les normes de la société, il n'avait qu'un seul but en tête et il s'agissait de tuer Voldemort. Changer la couleur de sa magie n'était strictement rien pour lui.
Finalement, discuter avec le souvenir de Jedusor n'aurait pas que des inconvénients.
La semaine se déroula rapidement et sans encombre. Harry avait reparlé une seule fois avec Tom Jedusor – en se gardant bien de le révéler à Hermione – et, bien que la conversation ait été beaucoup moins lourde et sérieuse que la fois précédente, Harry avait tout autant apprécié de lui parler. Alors bien évidemment, le fait que ce soit Voldemort le rebutait clairement, mais il ne pouvait pas nier le fait que Jedusor soit une personne intelligente et réfléchie, deux qualités qu'il appréciait vraiment chez une personne avec laquelle il discutait. Alors en lui parlant, Harry essayait de ne pas penser à sa réelle identité afin de pouvoir jouer son rôle pleinement et de, par la même occasion, se détendre un peu lui-même. Eh bien oui, il pouvait trouver des avantages dans toute cette situation bien merdique.
Lockhart faisait également toujours une légère fixation sur lui, l'agaçant sincèrement par la même occasion, mais il pouvait gérer l'homme tant que celui-ci n'essayait pas de faire ami-ami avec lui à tout prix. Il tentait simplement d'éviter de passer devant sa salle de cours quand il traversait le château, et se mettait toujours au fond de la classe quand il avait Défense contre les Forces du Mal afin d'éviter un quelconque contact visuel qui résulterait à une interrogation orale ou à une réflexion sur le Survivant et ses prouesses.
Quant à Malfoy… Celui-ci était égal à lui-même. Soit il l'ignorait de façon presque vexante, soit il lui lançait des piques intelligentes et subtiles, encouragé par les autres Serpentard qui avaient très vite montré leur allégeance envers leur Prince. Peut-être le fait qu'ils soient vexés par les mots qu'Harry avait pu avoir pour eux les encourageait clairement… Mais les seuls qui se fichaient de tout ça et qui voulaient bien passer leur temps libre avec lui étaient bien évidemment Blaise et Millicent. Ces deux-là ne prêtaient guère attention aux moqueries dont ils étaient forcément également victimes, et se contentaient de lancer des regards blasés pour faire comprendre que tout ceci était puéril au possible. Alors oui, Malfoy avait fait un résumé de ce qu'il s'était passé dans le couloir à toute la maison Serpentard, rajoutant même probablement quelques passages de son imagination pour l'enfoncer encore plus, et ses camarades lui en voulaient désormais pour son manque de loyauté envers « sa seconde famille qui avait littéralement tout fait pour lui ». Que pouvait-il y faire, il n'avait jamais remarqué la moindre volonté de lui faciliter la vie plus que nécessaire, il ne pouvait donc pas vraiment être reconnaissant pour quoi que ce soit. De plus, il n'allait clairement pas distribuer des câlins pour se faire pardonner d'une chose dont il n'était absolument pas désolé. Il ne voyait pas là où il avait fauté dans son discours auprès de Malfoy et n'en avait pas vraiment discuté avec Blaise ou Millicent, qui évitaient tout simplement le sujet.
Mais aujourd'hui n'était pas le moment de penser aux nombreux points de sa vie qu'il aurait à régler au cours des prochains mois, car les sélections de Quidditch étaient prévues pour dans un peu moins de trente minutes et il aurait à entièrement se vider la tête à ce moment-là. Malfoy allait certainement passer les tests sur un Nimbus 2001 alors que lui devrait se contenter d'une Comète de l'école, le désavantageant très nettement, et il allait vraiment devoir montrer tout le talent qu'il possédait pour pouvoir être pris à la place du garçon blond qui était également très doué dans ce sport.
Blaise, Millicent et lui marchaient donc vers le stade de Quidditch tout en discutant du jeu en question, faisant le point sur quel poste chacun visait. Parce que oui, étrangement, Millicent s'était également mise en tête de participer aux sélections avec eux pour une raison qu'ils n'avaient pas forcément saisie.
- Pourquoi vous voulez être poursuiveurs ? demanda Harry avec un léger sourire en coin.
Dans ses souvenirs, Blaise n'avait fait partie de l'équipe de Serpentard qu'à partir de la septième année, mais peut-être qu'il n'avait tout simplement jamais tenté sa chance au cours des années précédentes et qu'il le faisait aujourd'hui pour suivre Harry dans sa démarche. En revanche, Millicent n'avait jamais eu la chance d'intégrer l'équipe de Quidditch et Harry se demandait si elle avait déjà seulement tenté dans le passé. En connaissait son caractère assez impulsif, le garçon se disait que oui.
- J'ai la carrure pour, répondit simplement Blaise en observant le ciel d'un œil distrait.
- Être gardien est trop stressant. Batteur ? Ne m'en parle même pas. J'aurais trop peur de me rater et de me prendre le Cognard en pleine tête. Attrapeur ? Je suis clairement pas assez patiente pour attendre qu'il atteigne mon champ de vision, j'ai besoin d'action ! Donc poursuiveur, finit-elle dans un sourire.
Harry lui fit un petit sourire en coin alors qu'elle semblait visiblement très excitée par ce qu'elle racontait.
- Il y a deux places, c'est ça ?
- Oui, étant donné que Marcus Flint prend directement la troisième grâce à son statut de capitaine.
- J'espère tellement qu'au moins l'un de nous sera pris, continua Millicent avec un grand sourire.
- D'ailleurs... Tu sais que l'équipe de Serpentard est vraiment idiote et favorise énormément les garçons quand même, non ?
- Je sais bien, et je m'en fiche totalement ! Qu'ils soient sexistes s'ils le veulent, ça ne va pas m'empêcher de tenter ma chance.
La jeune femme de bonne humeur, placée entre les deux garçons, glissa ses deux bras en-dessous de ceux des Serpentard tout en les rapprochant d'elle, faisant ralentir un peu leur allure alors qu'ils étaient maintenant tous accrochés. Si habituellement, ce genre d'attouchement pouvait déranger Harry qui n'avait jamais été un garçon très tactile, ça ne le dérangeait pas plus que ça quand il s'agissait de Millicent. Elle était une jeune fille de 12 ans qui avait ses vrais premiers amis, c'était donc normal qu'elle se montre assez démonstrative – et elle l'était d'ailleurs un peu plus avec Blaise, mais Harry considérait que c'était une chose tout à fait normale étant donné qu'ils étaient destinés à finir ensemble. De plus, il était lui-même assez démonstratif avec Hermione quand il le voulait, et même si la jeune Bulstrode ne remplacerait jamais la Gryffondor, il pouvait faire un effort.
- Je suis toute excitée pour ces sélections. C'est idiot étant donné que je ne vole pas extrêmement bien et que je sais que je n'ai absolument aucune chance d'être prise dans l'équipe, mais je suis heureuse de faire ça avec vous. C'est un peu comme un acte de gang.
- Un acte de gang ? répéta Harry en se moquant légèrement d'elle.
- Oui ! C'est en gang qu'on va aux sélections, on se soutient mutuellement et on va tout défoncer.
- Ce n'est pas dit qu'on défonce tout, ne t'emballe pas pour rien, soupira Blaise en levant les yeux au ciel.
- Harry est le plus doué des attrapeurs que je n'ai jamais vus, et je peux parler étant donné que je joue avec Malfoy et sa bande depuis que je suis enfant. Toi tu es vraiment bien gaulé pour être poursuiveur et tu sais jouer. Tu te places toujours aux endroits stratégiques sur le terrain et tu es celui qui fait toujours gagner ton équipe quand on est à la maison.
- Vous êtes souvent l'un chez l'autre ? Interrompit Harry en souriant.
- Ça arrive quelques fois, en effet, intervint Blaise en haussant des épaules. Nos parents sont de bons amis et on se retrouve souvent. Sans oublier de mentionner les fameuses soirées dont on t'avait parlé.
- Cet été et même si on n'était pas chez nous, on restait majoritairement tous les deux pour ne pas avoir à traîner avec Malfoy et son troupeau. Puis, quand j'y pense, continua-t-elle en tournant la tête vers le mulâtre, on est quasiment toujours restés essentiellement ensemble à ces soirées-là. Comme quoi, on avait prédit le truc.
- Ça a l'air d'être la chose la plus désagréable qui existe, soupira le garçon à la cicatrice.
- Oh, tu sais Harry, quand t'as un ami avec qui rester tu en ris plus qu'autre chose. Toutes ces manières plus que pompeuses sont grotesques quand tu les regardes avec quelqu'un d'autre. Mais quoi qu'il arrive, pour revenir sur le sujet principal… On va les avoir ces postes. Soyez en sûrs.
Harry ne répondit pas alors qu'ils entraient sur le terrain de Quidditch, déjà habillés dans leur tenue réglementaire. Quelques élèves étaient déjà là ainsi que le capitaine de l'équipe, Marcus Flint, qui discutait avec un Draco Malfoy à l'air assez fier, et Harry n'y fit pas particulièrement attention alors qu'il tentait de reconnaître quels autres élèves étaient présents pour tenter leur chance.
Les trois amis se dirigèrent vers le hangar à balais pour prendre ceux de l'école, et retournèrent sur le terrain afin de rejoindre les autres candidats aux différents postes en silence, se soufflant des bonnes chances tout en se séparant. Blaise et Millicent avaient rejoint le groupe des candidats au titre de poursuiveur, et Harry s'était reculé pour se mettre seul alors qu'aucun autre attrapeur ne semblait venir – à part Malfoy évidemment qui était toujours en train de parler à Flint mais qu'Harry n'avait absolument pas envie de rejoindre. Harry reconnaissait quelques élèves d'années supérieures, et essaya de se remémorer qui réussirait à entrer dans l'équipe en deuxième année. Il lui semblait qu'Adrian Pucey réussirait à prendre une des deux places de poursuiveur, et que Lucian Bole serait un des deux batteurs, mais c'était tout. Il n'avait plus aucun souvenir pour les autres étant donné que les équipes changeaient chaque année.
- Potter. Pourquoi ne suis-je pas étonné de te voir ici ? Entendit-il dire d'une voix traînante.
Harry soupira longuement avant de se retourner vers Malfoy, qui le regardait le plus méchamment du monde maintenant qu'il s'était détourné de Flint.
- Parce que tu sais qu'ils ont besoin de quelqu'un qui a vraiment du talent ?
- Et tu as l'audace de venir ici en le sachant ?
- C'est bon Malfoy, on va se la jouer fair-play et on verra qui sera le meilleur attrapeur ici. Peut-être que tu te la fermeras après ça ?
- J'aurais bien aimé, mais vois-tu, l'équipe ne cherche pas d'attrapeur.
Non. Il n'avait pas osé. Alors il n'avait vraiment été pris que pour son argent ? Le regard d'Harry glissa vers les balais de Flint et Malfoy, et il soupira longuement pour se calmer en remarquant que c'était bien des Nimbus 2001.
- Comment ça ? Se força-t-il à articuler.
- J'ai déjà été sélectionné. Tu peux donc aller ranger le balai et retourner dans la salle commune pour, je ne sais pas, pleurer sur l'injustice de ta vie ?
- Comment as-tu pu être pris en ne passant aucun test ?
- Ils savent que je suis talentueux et n'ont pas besoin de plus.
- Je le suis plus que toi. Tout le monde qui nous a déjà vu jouer le sait.
- Tout le monde ? Et qui, Potter, dis-moi ? Range un peu ton orgueil et admets que tu as perdu pour cette fois.
- Je n'ai rien perdu du tout, tu es juste un véritable connard.
- Oui, tu me sors toujours la même chanson, j'ai saisi depuis. Tu ne veux pas changer de disque histoire que je ne m'endorme pas ?
- Va te faire foutre, tu ne devrais pas avoir besoin de l'argent de ton père pour ça.
- De plus, continua le blond en ignorant sa réflexion, pourquoi tiens-tu tellement à être l'attrapeur de cette équipe ? Tu ne devrais pas aller postuler pour celle de Gryffondor plutôt ?
- Je suis un Serpentard, alors arrête tes conneries c'est bon.
- Ah, et depuis quand tu es plus qu'un gamin capricieux ? Laisse tomber Potter, le soir de ton petit numéro tu m'as très bien fait comprendre ce que tu pensais réellement de Serpentard et de nous tous. A partir de ce moment-là, tu as perdu tous tes droits dessus. Donc dégage avec ton numéro du « c'est ma maison aussi » parce que tu ne le penses absolument pas et c'est puéril.
- Lequel de nous deux est le plus puéril ? Celui qui veut passer les épreuves normalement ou celui qui paie pour entrer dans l'équipe ? Remets-toi en question Malfoy. Vraiment, ça devient urgent.
- Casse-toi de là, t'as pas ta place ici.
- Ouais, j'vais faire ça.
Et Harry tourna rapidement les talons pour retourner dans le hangar à balais afin de reposer le sien sous les regards interrogateurs de Blaise et Millicent un peu plus loin. Quand il revint sur ses pas pour aller voir ses amis, il soupira longuement tout en se pinçant l'arête du nez et laissa la main de la jeune femme lui caresser l'épaule pour le calmer. Ça n'aurait servi à rien qu'il reste plus longtemps aux côtés de Malfoy, il savait pertinemment comment ça se finissait toujours quand ils étaient trop proches trop longtemps alors qu'ils étaient en désaccord. Harry avait tenté une seule fois de discuter avec Malfoy dans le passé pour ne pas avoir à lui envoyer une ribambelle de sorts tous plus créatifs les uns que les autres, mais ça s'était terminé comme d'habitude, voire plus violemment étant donné qu'Harry avait fini à l'infirmerie pendant trois jours.
- Qu'est-ce que tu fous bordel Malfoy !?
Les cris cessèrent et le blond se retourna lentement vers la voix l'ayant interrompu, sa baguette toujours gracieusement tenue par la main du côté de sa marque des Ténèbres découverte. Harry ouvrit grand les yeux en remarquant qu'une petite troisième année se trouvait attachée à une chaise juste devant le Serpentard, et le Gryffondor lança instinctivement et rapidement un Protego alors que Malfoy tenta une seule fois de le mettre à terre pour ne pas être plus dérangé dans son activité. Les neurones d'Harry ne mirent pas énormément de temps à se connecter, et il devina aisément que la petite Serdaigle sous sa baguette était une née moldus et que Malfoy lui faisait certainement regretter d'être née. En le voyant totalement tétanisé, Mafloy l'observait désormais sans bouger également, la tête penchée sur le côté et un sourire insupportable sur les lèvres. C'était comme s'il avait presque voulu qu'on le voit s'attaquer à une petite.
- Tu es complètement malade ! Tu es tellement fier de ton statut de Mangemort que maintenant tu t'attaques directement aux élèves de l'école ?
Malfoy ne lui répondit qu'en souriant en coin, et lui lança un nouveau sortilège qu'Harry ne connaissait pas, mais qu'il réussit tout de même à éviter de justesse. Heureusement, d'ailleurs, au vu de la terrifiante couleur violet foncé qu'avait pris le sortilège.
- Attends que Dumbledore apprenne ça !
- Qu'il l'apprenne, tiens !
Et le blond éclata d'un rire froid et monstrueux qui donna des frissons dans le dos à Harry. La troisième année pleurait toujours derrière eux et Harry tenta de lui envoyer un sort pour la libérer, mais ce moment d'inattention qu'il avait eu sur le blond lui suffit pour qu'il se prenne un sortilège dans le ventre, qui l'envoya valser contre une étagère de la Salle des Objets Cachés. Harry accusa le coup en gémissant de douleur, se relevant dès qu'il fut en état, fortement stimulé par les cris qui avaient recommencé à retentir dans la salle après un « Endoloris » dit d'un ton amusé. Il s'appuya donc contre une table qui faillit se renverser sous son poids, et lança un sortilège de désarmement qui rata de peu sa cible. Il était visiblement encore un peu trop sonné pour tenter quoi que ce soit de concret.
- Dégage Potter.
- Laisse cette fille tranquille ! Elle n'a rien fait !
- Depuis quand « Elle n'a rien fait » est censé m'empêcher de vouloir lui faire quoi que ce soit ?
Nouveau rire sadique de la part du garçon. Le jeune et respectable Draco Malfoy avait bien changé (s'il avait un jour existé, déjà), laissant place au parfait détraqué que Voldemort avait formaté. Il avait l'air d'avoir totalement perdu la raison. Harry avait entendu plusieurs bruits sur la responsabilité du jeune Malfoy lors des attaques de Voldemort dans des villages ou autres, et il devait avouer que ce qu'il avait entendu de ses actes était juste effrayant, mais il n'avait pas pensé que le garçon aurait perdu à ce point ses repères pour arriver au stade de torturer une troisième année au sein même du collège. Il n'avait plus peur de Dumbledore et c'était terrifiant, car si les sbires de Voldemort ne craignaient plus le Directeur lui-même, ça signifiait que le Seigneur des Ténèbres non plus.
- Maintenant dégage, ou je te pétrifie avec tellement de volonté que tu resteras bloqué jusqu'à ce que le Seigneur des Ténèbres vienne te chercher lui-même.
Oui, évidemment, si Malfoy avait eu un seul moyen de l'emmener directement à son Maître, Harry serait déjà au sol. Sauf que Malfoy ne semblait pas avoir de moyen de faire venir Voldemort jusque-ici et ne pouvait pas transplaner hors du château. De ce fait, Harry était en sécurité sur ce plan-là.
- Je m'entraîne là, enchaîna Malfoy d'une voix traînante et agacée.
- Tu t'entraînes à lancer des Doloris ? Sur une gamine ?
- Tu préfères que ce soit sur toi ? Ça pourrait s'arranger, il faut juste que je demande la permission au Maitre pour abîmer son petit jouet préféré.
- Ouais, évidemment. Parce que tu es un Mangemort maintenant.
- Exactement. Et j'ai hâte d'aller pisser dans ta bouche une fois que tu auras crevé de la manière la plus merdique que tu mérites.
Et Harry lui envoya son premier sortilège offensif en plein visage. Essayer de raisonner cet être naturellement mauvais était une perte de temps, et la violence était visiblement tout ce qu'il était capable de comprendre.
- Explique-nous, c'est quoi l'histoire ?
Harry revint brutalement sur Terre et observa la jeune femme qui venait de lui parler. Oui, il avait bien fait de s'éloigner de Malfoy car, même s'il s'agissait d'une époque différente, la personne était toujours la même au fond d'elle et c'est en se rappelant de cela qu'Harry aurait facilement dérapé en lançant des sortilèges de trop haut niveau pour que le blond puisse réellement équivaloir. Alors certes, la raison de la dispute n'avait clairement rien à voir et n'était pas aussi grave que celle de leur septième année dans la Salle sur Demande, mais s'il y avait bien une chose qu'Harry ne supportait pas, c'était d'être pris pour un con par un Malfoy. Il soupira longuement de nouveau et prit la parole pour expliquer à ses deux amis la situation.
- Malfoy a payé pour entrer dans l'équipe, la sélection des attrapeurs est totalement annulée. C'est pour ça qu'il n'y en a aucun autre, ils étaient tous au courant sauf nous. Encore une de ses techniques ridicules pour m'humilier.
- Attends, c'est une blague là ? Demanda Millicent avec un air profondément choqué sur le visage.
- J'ai l'air de plaisanter ?
- Ça ne m'étonne pas tellement de Malfoy, soupira Blaise. C'est totalement son genre et celui de Lucius.
- Tous des pourritures. Putain, jura la jeune fille en enlevant sa main.
- Mais c'est triste quand même, son père n'a absolument aucune confiance en son talent et préfère payer pour être certain que son fils intègre l'équipe. C'est triste.
- Je t'assure que moi ça ne me rend absolument pas triste, grogna Millicent.
Le regard de la blonde glissa sur Malfoy, qui les regardait déjà avec un sourire suffisant. Il était satisfait de lui, en plus de ça.
- Ça suffit maintenant. Ça ne va pas se passer comme ça, continua-t-elle tout en se reculant de son groupe pour se diriger à pas déterminés vers Malfoy.
- Mais qu'est-ce qu'elle fait ?
- Aucune idée.
Et quand la jeune femme arriva au niveau de l'homme blond, avec lequel elle échangea quelques mots à l'air dur qu'ils n'entendirent pas mais qui eurent le don de la mettre en furie, celle-ci brandit son balai et l'écrasa dans le ventre de Malfoy, frappant à plusieurs reprises de grands coups frénétiques jusqu'à le mettre à terre en poussant des petits cris de guerre. Blaise et Harry n'avaient pas bougé tout de suite, bien trop choqués par leur amie pour esquisser le moindre mouvement, mais ils avaient rapidement suivi la petite foule qui se déplaçait pour aller aider le nouvel attrapeur à échapper à la furie qu'était la Serpentard.
Harry savait que son amie était une fille impulsive qui réagissait la plupart du temps au quart de tour et qu'elle avait également un faible pour les règlements de compte à la façon moldue, mais il ne l'avait jusque-là jamais réellement vu à l'action et la voir se déchaîner de la sorte l'avait profondément choqué. De son temps, il avait entendu pas mal de fois parler de Millicent Bulstrode et de ses bagarres avec les autres élèves, mais encore une fois, ce n'était que des rumeurs. Là c'était concret, et c'était en partie pour le défendre – oui, en partie, parce qu'Harry avait remarqué que c'était seulement après les quelques mots échangés avec Malfoy que la jeune fille avait vraiment vu rouge.
- Millicent, stop ! cria Harry alors qu'il attrapait d'un geste adroit le balai d'une poigne ferme, et que Blaise tenait les hanches de la jeune femme pour qu'elle ne se jette pas sur sa victime à mains nues.
Les autres Serpentard regardaient la scène en se jetant des regards incertains, ne sachant pas trop quoi faire entre aider et prendre parti ou faire mine de rien, tandis que Flint et Pucey s'étaient mis à deux pour soulever un Malfoy pleurnichant afin de probablement l'emmener à l'infirmerie. Millicent, qui avait arrêté de se débattre dans les bras de Blaise, regardait désormais le blond d'un œil méprisant et finit par lui dire d'une voix cassante :
- Ne t'avise plus jamais de me dire une chose comme celle-ci. Plus jamais. Et n'essaie même pas de rabaisser Harry encore une fois, sinon je t'assure que personne ne sera jamais assez puissant pour m'empêcher de te casser ta jolie petite gueule.
Et voilà pour ce onzième chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu !
D'une façon ou d'une autre, on en apprend un peu plus sur le comportement de Millicent (qui jusque-là était restée un peu plus effacée que Blaise) et je dois avouer que j'aime ce personnage x) J'avais déjà mentionné qu'elle avait les poings faciles et qu'elle réagissait souvent au quart de tour, mais ça a dû passer plutôt inaperçu du coup vous le redécouvrez certainement maintenant aha. Et non, Harry ne sera pas attrapeur. C'est ce qui me paraissait le plus logique, donc ne me criez pas dessus x)
Donc voilà, on a également la première discussion entre Harry et Jedusor ! Pour résumer, on a un Tom Jedusor qui veut que Harry lui fasse confiance, et donc qui lui parle le plus normalement du monde de telles ou telles choses qui lui tiennent à cœur, on va avoir un Harry qui va s'intéresser à la magie noire pour être un peu plus au niveau de Voldemort, et qui va également se laisser manipuler pour ouvrir la chambre des secrets afin de pouvoir tuer le Basilic, pour détruire à son tour le journal. Donc oui, comme vous l'avez dit, Harry devient en quelque sorte réellement l'Héritier de Serpentard dans ma version de cette deuxième année x)
(Puis, le petit flash-back que la plupart de vous attendiez aha, j'espère qu'il vous aura plu)
Voilà voilà, à la prochaine !
