Bonjour bonjour tout le monde, vous allez bien ?

J'avouuuue que j'ai un peu honte de revenir comme une fleur après tout ce temps, mais eh, vaut mieux tard que jamais non ? ~ regard implorant ~

Voilà un plutôt long chapitre pour me faire pardonner de tous ces mois d'absence. Ne vous inquiétez pas, je ne vous oublie pas, et quoi qu'il arrive je finirai cette histoire ! (Merci à mon amie pour m'avoir reboostée dans l'écriture, love sur toi O)

Donc voici le 12ème chapitre qui j'espère vous plaira ! On se retrouve en bas.

Dans le chapitre 11 : Au cours de sa première discussion avec Tom Jedusor au sujet de la magie noire le soir de la rentrée, Harry en arrive à la conclusion qu'apprendre cette forme de magie n'est pas une mauvaise idée pour défier Voldemort avec les mêmes « armes » que lui. Une semaine après leur arrivée à Poudlard, Harry, Blaise et Millicent vont aux sélections de Quidditch des Serpentard afin de postuler pour différents postes. L'événement se finit plutôt mal étant donné que Draco Malfoy a payé pour entrer dans l'équipe et que ce fait a passablement énervé Millicent, qui a décidé de le frapper à plusieurs reprises avec son balai.


CHAPITRE 12

- Tu m'expliques pourquoi tu as fait ça ?

Blaise venait de prendre la parole, alors qu'Harry et Millicent entraient successivement dans la salle commune après lui.

- Il l'a cherché, répondit la jeune fille en haussant des épaules.

- Si ça a un quelconque rapport avec les sélections de Quidd…

Harry se fit interrompre par un mouvement de la main de Blaise, le reste de sa phrase restant bloqué dans sa gorge.

- Bien sûr que ça a un rapport, tu as bien entendu ce qu'elle a dit à Malfoy !

- Oui, j'ai entendu.

- Il n'avait clairement pas le droit de te faire ça Harry, reprit une Millicent un peu plus détendue que plus tôt. Je conçois que, dans notre milieu, on nous apprenne dès petit à abuser de notre pouvoir, mais ça, c'était totalement tordu et puéril. Personne n'a jamais fait ça pour intégrer l'équipe, alors pourquoi lui en aurait le droit ?

Harry soupira longuement et se laissa tomber sur le canapé de la salle commune sans aucune grâce. Il n'y avait pas beaucoup de monde actuellement, et un bref regard autour de lui permit de constater qu'aucune personne de leur année n'était dans les parages non plus. En plus des problèmes qu'ils risquaient d'avoir suite au débordement de Millicent, ils n'avaient pas besoin que leur discussion sur l'héritier s'ébruite jusqu'à lui.

- Je suis d'accord, mais ça n'en valait franchement pas la peine. Ce mec est un abruti fini et à cause de ça, vous avez également bousillé vos chances d'entrer dans l'équipe cette année. Sans compter que tu t'es pris trois après-midis de retenues.

- Avec Lockhart en plus de ça, ajouta Blaise comme s'il s'agissait de la pire chose au monde (et Harry ne pouvait qu'approuver).

Millicent fut la dernière à se poser sur le canapé, allongeant ses jambes sur celles d'Harry et Blaise afin de se mettre à son aise tout en répondant un « Ne vous inquiétez pas pour ça ». Après son débordement et les coups de balai qu'elle avait donné à Malfoy, Gemma Farley, la préfète qui avait assisté aux sélections de Quidditch pour son petit-ami, avait attribué à Millicent des retenues et avait congédié les trois Serpentard dans leur dortoir, les informant par la même occasion que leurs familles seraient mises au courant de l'accident. Blaise et Harry, qui n'avaient pourtant techniquement rien fait pour mériter une telle punition, n'avaient pas protesté et s'étaient contentés de suivre les ordres de la sixième année, acquiesçant simplement avant de tirer Millicent vers leur dortoir. Elle avait juré quasiment tout le long du trajet contre la « blonde pestiférée qui n'existait que par son argent et son papa à qui elle devait faire des faveurs le soir », mais s'était finalement calmée en retrouvant le calme et la neutralité des cachots. L'odeur familière des potions et le froid du sous-sol lui avaient, d'une façon ou d'une autre, permis de retrouver un minimum ses esprits, et Blaise et Harry avaient accueilli cette détente avec soulagement.

Millicent pouvait réellement devenir flippante quand elle s'y mettait.

Pourtant et malgré son emportement, elle avait pris le temps de les remercier implicitement de leur solidarité, et Harry n'avait même pas pris la peine de relever alors que Blaise lui avait attribué son éternel haussement d'épaules. C'était normal pour lui et dans le fond, il se fichait pas mal que les Dursley soient mis au courant de l'histoire. Leur opinion, contrairement à lorsqu'il était petit, lui passait franchement au-dessus, et il devait bien ça à Millicent qui avait quand même agi dans un premier temps pour prendre sa défense. Les Dursley étaient donc le cadet de ses soucis. En revanche, il s'inquiétait pas mal pour Blaise et Millicent.

Surtout pour Millicent, en réalité.

- Et vos parents ? Comment vont-ils réagir ?

- J'en sais rien, dit la jeune fille alors que Blaise haussait des épaules.

- Tu as abîmé le saint corps du puissant et précieux Draco Malfoy quand même, ce n'est pas rien, la taquina Harry pour cacher sa véritable inquiétude.

Il ne supporterait pas que Millicent se fasse punir par ses parents par sa faute.

- Je sais, mais figure toi qu'ils n'apprécient pas vraiment les Malfoy non plus.

- Ah, c'est plutôt un bon point ça. Mais comment ça se fait ? Je pensais que vous les fréquentiez.

- Oui, bien sûr. Mais c'est seulement pour leur place dans la société sorcière. La bonne image qu'ils renvoient, tout ça.

- Ils pourraient donc ne rien te dire ?

- Oh non ! Je vais m'en prendre plein la tête, je le sais et j'assumerai. Mais on va dire qu'ils ne seront pas aussi sévères que je le mériterai normalement.

- Je suis vraiment désolé de t'avoir poussé à faire ça.

- Tu ne l'as poussée à rien du tout, répondit Blaise avant que la jeune femme ne puisse répondre. Milli est une sauvage. C'est elle qui devrait apprendre à se contrôler un peu.

Il avait évidemment eu le droit à un léger coup de la part de la sauvage en question. Blaise leva les yeux au ciel en se caressant distraitement son bras, victime du précédent assaut de la blonde.

- Non mais je rêve ! Comme si tu ne fantasmais pas de mettre tes poings dans la tête de Malfoy et toute sa famille au complet.

- Certes, mais ça ne veut pas dire que je leur donne des coups de balai.

- Concours de circonstances.

- Bien sûr. Tu es déjà allée voir un psychomage pour ton léger problème de colère ?

- Evidemment que non. J'suis pas une fêlée. Malfoy, en revanche, en aurait bien besoin.

- Histoire de lui faire dégonfler les chevilles ? demanda Harry en souriant en coin.

- Faudrait emmener toute la famille avec lui dans ce cas.

- J'ai l'impression que pas beaucoup de monde n'apprécie réellement les Malfoy.

- Bien sûr Harry, tu t'attendais à quoi ? On ne fait pas mieux dans le genre hautain et froid, c'est insupportable.

- Tes parents aussi ne les supportent pas ? Demanda-t-il en s'adressant à Blaise.

- C'est encore pire.

Harry ne prit pas la peine de demander ce qu'il entendait par « c'est encore pire », se rendant bien compte qu'il s'agissait-là de la vie du basané et que, celui-ci étant plutôt introverti, il pourrait mal voir le fait qu'Harry insiste trop.

- Bon, reprit la jeune fille, on n'a plus qu'à attendre un an avant de retenter notre chance.

- Avec ce qu'il vient de se passer ? Ils ne nous accepteront jamais.

- Pas si on s'entraîne et qu'on devient les meilleurs. Aller, Blaise, un tout petit peu d'entraînement et tu deviendras un véritable dieu.

- On y croit tous, ironisa-t-il.

- Ne fais pas ton rabat-joie. Harry, t'en penses quoi ?

- Qu'on leur fera mordre la poussière ? répondit-il finalement, se rendant bien compte que son affirmation ressemblait plus à une question qu'autre chose.

- Vraiment les gars, soupira-t-elle d'exaspération.

La jeune fille roula théâtralement des yeux suite à ça, et croisa ses bras sur son torse tout en détaillant la mine blasée de Blaise, qui lui fit une réflexion qu'Harry ne prit pas vraiment la peine d'écouter. Il ne ressentait pas le besoin de parler, il se sentait liquidé. Sans qu'il n'ait fait quoi que ce soit pour, il se retrouva plongé profondément dans ses pensées alors que ses deux camarades continuaient à parler entre eux, et alla même jusqu'à fermer ses yeux quelques instants en appuyant sa tête sur le dossier du canapé.

S'il avait été précédemment véritablement énervé par ce que Malfoy avait fait, désormais, alors que l'adrénaline était redescendue, il ne voyait là que l'action d'un fils à papa qui ne croyait pas en son propre talent. Alors bien évidemment, il ne ressentait absolument aucune pitié pour le blond, qui avait quand même franchement dépassé les bornes en s'en vantant plus que de mesure, mais Harry arrivait désormais à relativiser en se disant qu'il ne l'avait fait seulement parce qu'il s'était senti menacé. Il lui semblait que, dans son temps, Malfoy avait véritablement passé des sélections et les avait remportées haut la main, les balais n'étant qu'un cadeau de la part de Lucius Malfoy pour mettre à l'équipe de son fils les meilleures chances de leur côté, et ce fait confirmait simplement sa théorie. Le Serpentard s'était senti menacé par la présence d'Harry et avait pris les devants en soudoyant l'équipe. Il avait agi comme tout bon Serpentard qui se respectait.

Ce n'était pas étonnant que personne ne semblait apprécier les Malfoy.

S'il s'y était attendu d'ailleurs, à celle-là. Il avait été véritablement surpris de l'apprendre. Le fait que même les « proches » des Malfoy ne les appréciaient pas donnait à Harry un sentiment de satisfaction presque enfantine qu'il ne se sentait absolument pas coupable de ressentir. Pour lui, ils étaient forcément aimés étant donné que la famille Malfoy était une des familles les plus célèbres de la communauté anglaise du Royaume-Unis. Ils étaient très riches, très beaux et puissants et, d'après lui, c'était quelque chose qui plaisait forcément. Et pourtant, non.

Dans le fond, ça avait de son sens. Il avait toujours entendu le Serpentard affirmer qu'« il valait mieux être craint qu'aimé », et Harry se doutait bien que ce n'était pas quelque chose qu'un pré-adolescent pouvait penser tout seul sans avoir été endoctriné avant. Son père était forcément celui qui lui avait mis autant de conneries dans la tête, et ce n'était pas étonnant quand on voyait le personnage. Pompeux au possible, vil et méchant, il avait fait de l'arrogance son mode de vie et celle de son fils. Il semblait savoir que leur entourage ne les appréciait pas, et n'avait absolument pas l'air de s'en préoccuper plus que ça, ce qu'Harry ne comprenait vraiment pas. Lui n'avait pas pu vivre avec ça sur la conscience, lorsqu'il avait compris que les Gryffondor n'étaient avec lui que parce qu'il était Harry Potter et qu'ils se fichaient en réalité pas mal de qui il était vraiment… Il ne comprenait pas qu'on puisse rester volontairement avec ce genre de fréquentations, mais il supposait que c'était simplement là une question d'éducation et que c'était quelque chose qu'il ne comprendrait jamais.

Il avait toujours essayé de s'entourer des personnes les plus sincères qu'il connaisse et il estimait avoir plutôt bien réussi de ce côté-là. Au moins ça, pensa-t-il alors qu'il entendait Blaise et Millicent s'esclaffer à côté de lui, ce qui lui fit ouvrir les yeux pour les contempler avec un sourire amusé.

Il ne cesserait jamais de le répéter, mais il était vraiment heureux d'avoir eu l'occasion de les connaître suite à ce voyage temporel. Ils étaient, en quelque sorte, ses piliers dans la maison Serpentard et il était vraiment reconnaissant envers eux. Ils étaient toujours les premiers à le défendre face à telle ou telle attaque de la part de Malfoy – ou Nott l'année précédente – et étaient les seuls qu'il appréciait réellement chez les Vert et Argent. Pour Ron et Hermione, c'était un peu pareil, sauf qu'ils avaient en plus le lien des années qui avaient passé et des épreuves qu'ils avaient traversées ensemble.

Enfin, avec Hermione. La seule chose qu'il avait techniquement vécu avec Ron était la traversé jusqu'à Quirrell l'année précédente.

Mais peu importait que ce ne soit pas réciproque, Harry connaissait la véritable valeur de son amitié avec Ron et ça lui suffisait amplement. Il était son meilleur ami et l'avait soutenu quand personne ne l'avait fait chez les Rouge et Or, le défendant quand les rumeurs allaient bon train sur lui. Même s'il avait eu quelques différends avec le Weasley pour de stupides raisons, leur amitié avait toujours été plus forte que tout et c'était pour cela qu'il faisait tout pour ne pas s'éloigner de lui malgré leurs différentes maisons aujourd'hui. Il valait la peine qu'on se donne du mal pour lui. Après tout, il s'était sacrifié pour qu'Hermione et lui puissent aller jusqu'au bout du rituel, il lui devait bien ça.

Harry n'avait pas vraiment eu l'occasion de revoir ses amis Gryffondor depuis l'épisode de la voiture, ils ne se croisaient qu'en cours et autant dire qu'ils ne pouvaient pas vraiment avoir de discussions à ce moment-là. Cette année, ils n'avaient que Potion, Métamorphose et Botanique en commun, et ce n'était que durant ce dernier cours qu'ils avaient l'occasion de converser un peu (et encore, Chourave avait décidé de se faire un peu respecter cette année). Rogue et McGonagall étaient le genre de personnes dont on ne voulait pas s'attirer les foudres, et ils tenaient encore trop à la vie pour risquer de tenter la moindre communication. Entre-autre, c'était en majeure partie pour ça qu'ils avaient des contacts plutôt limités. Autrement, ils avaient eu les habituelles – pour Hermione et lui – épreuves de début d'année, qui consistaient à voir ce que l'élève avait gardé ou non de l'année précédente, et avaient été trop occupés à réviser pour passer leur temps-libre ensembles. De ce fait, à part en coup de vent entre deux cours ou à la pause déjeuner, Harry n'avait pu s'entretenir réellement avec aucun des deux.

Et cette situation l'énervait autant qu'elle l'arrangeait.

A cause de leur problème de concordance d'emploi du temps, il n'avait toujours pas eu l'occasion de dire à Hermione ce que Dumbledore lui avait confié la veille de son retour à Privet Drive. C'était quelque chose qu'il gardait pour lui depuis plus de deux mois maintenant et il devait en parler désormais. C'était un besoin vital, garder une chose si importante et bouleversante pour lui était impossible lorsque ça concernait aussi sa meilleure amie. Mais dans un autre sens et honteusement, il devait avouer que cette distance l'arrangeait plutôt bien.

Il n'avait jamais été un grand menteur. Harry en était même un piètre. Avec les années et la guerre, il avait eu l'occasion de peaufiner un peu son « talent » et de paraître crédible pour quiconque ne le côtoyait pas au quotidien, mais pour Hermione, qui le connaissait comme si elle l'avait fait, un mensonge de sa part était presque évident. Il était bon comédien, mais dès qu'il s'agissait de cacher quelque chose c'était comme le nez au milieu de la figure. Sauf que, le léger problème d'Harry en ce moment était qu'il cachait quelque chose qui ne passerait pas, mais alors pas du tout auprès d'Hermione si elle venait à le découvrir. Et qu'il était un terrible menteur.

Alors si cette distance instaurée obligatoirement l'arrangeait du fait qu'il n'ait pas à mentir à propos du mystérieux journal qui se trouvait dans son sac, soit. Mais, il devait avouer maintenant que l'absence quotidienne des deux Gryffondor laissait un léger vide en lui, et qu'il aimerait quand même bien trouver un moment pour discuter avec Hermione de ce que Dumbledore lui avait dit. Il n'avait jamais aimé être séparé d'eux trop longtemps, et encore moins pour ses propres conneries. Il n'aimait pas ça du tout.

- En attendant, tes coups de balai étaient magnifiques, finit-il par dire afin de couper court à ses propres pensées et rompre le silence qui s'était installé.

- Ne l'encourage pas Harry !


Etonnement, et mis à part l'incident des sélections de Quidditch la première semaine, Harry n'avait eu aucun problème majeur les deux premiers mois de sa seconde année. En effet, on était aujourd'hui le 31 octobre, et même s'il n'avait jamais réellement apprécié cette date pour des raisons plus qu'évidentes, il était satisfait que cette année se passe mieux que ce qu'il n'avait espéré.

Sa journée avait bien commencé. Il avait eu cours de Potion, où il avait fait gagner 10 points à Serpentard, de Défense contre les Forces du Mal, durant lequel Lockhart l'avait presque ignoré, d'Histoire de la Magie, où il avait eu l'occasion de faire une petite sieste après le repas, et enfin de Botanique. Il avait eu l'occasion de parler un peu à Ron et Hermione durant ce dernier cours, et son plat favori avait été servi au déjeuner. En soit, la journée s'était très bien passée pour lui, et il avait stupidement espéré que cela continue ainsi.

Lorsqu'il était rentré dans son dortoir, laissant Blaise et Millicent à la bibliothèque pour terminer un devoir de Métamorphose qu'Harry avait déjà fini depuis longtemps, un paquet l'attendait alors sur son lit. Après avoir vérifié d'un coup de baguette que celui-ci n'était pas piégé d'un sort ridicule digne des élèves de deuxième année de Serpentard, il l'avait ouvert... Pour ensuite le faire retomber sur le sol.

Son regard s'était retourné vers son sac de cours, duquel une lumière s'échappait par le trou de sa fermeture éclair, et il s'était précipité dessus pour en récupérer la source. Le journal, se dit mentalement Harry alors qu'il se mit à fouiller dans son sac pour sortir l'objet qu'il cherchait. C'était comme s'il l'appelait à lui, comme si Jedusor voulait engager la conversation avec lui. Sans attendre, le Serpentard attrapa le carnet, dont les pages s'étaient comme allumées, et l'ouvrit sur ses genoux en prenant distraitement une plume et de l'encre.

Tom ?

« Bonsoir Harry. »

Le journal… brillait ?

« En effet, j'avais besoin de m'entretenir avec toi. »

Harry ne répondit pas, et de nouveaux mots apparurent sur la feuille vierge au bout de quelques secondes.

« Je suppose que ton mutisme signifie que tu as reçu Miss Teigne. »

Son regard glissa naturellement vers le chat gisant au sol. C'était terriblement glauque. Il se retint de justesse de lui dire qu'il avait un gros problème mental, et se contenta d'une réplique naïve en guise de réponse.

Oui, je l'ai reçu. C'est donc vous qui avez fait ça ? Je pensais que vous n'étiez plus élève à Poudlard.

« Effectivement, je ne le suis plus. Disons simplement que j'ai des contacts à travers l'école qui ont permis de déposer le chat dans ton dortoir. »

Le garçon arqua un sourcil en mordillant sa plume, restant quelques secondes sans rien faire. En effet, comment le chat avait-il fait pour se retrouver à son lit ? Il ne pouvait rationnellement pas concevoir qu'il ait été directement pétrifié à cet endroit, et savait également qu'aucun de ses camarades ne l'aurait mis ici étant donné qu'aucun n'avait été concerné la première fois que tout ceci s'était passée. Le non-sens de cette situation l'intriguait.

Mais honnêtement, on était dans une école de magie, pourquoi les choses inexpliquées l'étonnaient encore ?

Pourquoi avoir fait ça Tom ? Qu'est-ce que je suis supposé faire moi, maintenant, avec une Miss Teigne inconsciente sur les bras ?

« J'espérais que tu puisses m'aider. »

Vous aider ?

« Oui. Depuis le temps que nous parlons, je considère que tu es une personne en qui je peux désormais avoir confiance. Me fais-tu confiance, toi, Harry Potter ? »

Harry ne savait pas quoi répondre.

Je ne sais pas. Je ne sais même pas qui vous êtes.

« Voilà une bien stupide raison pour un garçon si intelligent. Je sais que tu me fais confiance et que tu apprécies converser avec moi. »

C'est peut-être vrai. Mais est-ce que ça veut pour autant dire que je veux vous aider à faire d'horribles choses ?

« Qu'est-ce qui est horrible au juste ? »

Je ne sais pas, mettre un chat pétrifié en plein milieu d'un dortoir, par exemple.

« Il ne me semble pas t'avoir demandé de faire une telle chose. »

Mais vous, vous l'avez fait.

« Mes actions restent mes actions, pas les tiennes. »

Harry avait l'impression de tourner en rond. Le Seigneur des Ténèbres avait visiblement réponse à tout et cette attitude avait une légère tendance à l'agacer. Il devait tendre une perche.

Vous attendez visiblement quelque chose de moi.

Une perche que Jedusor saisit de suite.

« En effet. Et, si tu me le permets, j'aimerais t'expliquer quoi. »

Son silence parla pour lui-même, et de nouveaux mots apparurent au bout d'une petite minute de flottement.

« Nous sommes d'accord que tu dois te débarrasser de Miss Teigne avant d'être accusé à tort pour cet acte, et moi, je te donne une alternative de débarras qui nous serait profitable à tous les deux. Très discrètement, j'aurais besoin que tu prennes ce chat, que tu l'accroches au couloir du rez-de-chaussée, et que tu écrives sur le mur mot pour mot « La Chambre des Secrets a été ouverte. Ennemis de l'héritier prenez garde ». Rien de bien méchant en soit. »

Harry prit quelques longues minutes avant de répondre.

C'était la première fois que Jedusor lui demandait directement de faire quelque chose. En prenant le journal, il avait totalement omis le fait
qu'il aurait à faire tout ce que Ginny avait fait dans le passé, et même s'il en avait pris conscience un peu après, il n'avait pas pensé que ça lui ferait aussi étrange une fois le moment venu. Harry savait qu'il le ferait, qu'il accrocherait finalement Miss Teigne dans ce couloir après avoir un peu protesté juste pour la forme, il le savait parce que c'était là une partie de son plan pour que le Mage Noir le pense naïf, stupide et totalement dans sa poche, mais il avait comme la sensation d'être… corrompu. Il ne le ferait pas par plaisir, c'était sûr et certain, mais il le ferait quand même. Ce serait sa première action au nom de Voldemort et il détestait ça.

Pardon ? Pourquoi est-ce que je ferais une telle chose ?

« C'est très simple Harry. La Chambre des Secrets est au cœur d'une ancienne histoire qui a laissé ses cicatrices à Poudlard, de très lourdes cicatrices. Personne ne suspectera le célèbre Harry Potter d'être le responsable de l'ouverture de la Chambre, ainsi que de la pétrification d'un animal. Ton image de héros va te sauver la mise. »

Comme il pouvait se tromper. Harry n'oubliait pas sa deuxième année à Gryffondor, lorsque tout le monde l'avait suspecté d'être l'Héritier de Serpentard malgré sa maison. Malgré ça, il finit par écrire :

Ça… Ne manque pas de sens.

« Je n'en ai jamais manqué. »

Mais, commença à écrire Harry sans faire attention au pic de narcissisme de son interlocuteur, quels sont les « ennemis de l'héritier » ? Et quelle-est cette histoire d'héritier ? C'est quoi, la Chambre des Secrets ?

« Une question à la fois, je te prie. Je suppose que je dois tout te raconter depuis le départ si tu ne sais rien. »

S'il vous plait.

« Tu n'es pas sans savoir que l'école a été fondée par les plus grands sorciers du Moyen Âge, à savoir Helena Poufsouffle, Helga Serdaigle, Godric Gryffondor et Salazar Serpentard. »

Oui, je le sais. D'après ce que j'ai entendu, Serpentard et Gryffondor ne s'entendaient pas.

« C'est exact, mais tu te doutes bien qu'il y avait une raison à cela. »

Quelle était-elle ?

« Il faut savoir que le château était magnifique, il avait d'ailleurs encore plus de prestance qu'aujourd'hui. Cependant, il y avait une politique bien trop laxiste au sein de l'école, qui acceptait tout et n'importe quoi au niveau du type d'élève admis, ce qui a très rapidement fait dégringoler sa réputation. Serpentard a été le seul à s'opposer à cette comédie, désirant virer les Sangs-de-Bourbe ou, au moins, empêcher qu'ils continuent à s'inscrire… Tu penses bien que les autres ne l'ont pas laissé faire. »

A raison, si je peux me permettre.

« C'est ton opinion, Harry. La légende dit qu'il aurait créé une Chambre secrète où se réfugier afin de rester dans l'enceinte du bâtiment qu'il a lui-même construit, et qu'il aurait élevé une créature redoutable dans le but de tuer, ou du moins effrayer, les Sangs-de-bourbe du château. Toujours d'après les légendes, il avait pour but de revenir enseigner à l'école une fois que celle-ci aurait été épurée de la vermine, mais il n'en a jamais eu l'occasion, mort avant de parvenir à son but. Ceci, est l'histoire de base de la Chambre des Secrets. »

Et bien… Je ne sais pas vraiment comment réagir. C'est quelque chose.

« En effet. Mais, comme tu t'en doutes, il y a bien évidemment des suites qui concernent les héritiers. Tous sont issus de la lignée de Salazar Serpentard, et ils sont les seuls à avoir la capacité de trouver, d'ouvrir la Chambre des Secrets, et de contrôler la créature qui y vit encore. »

Attendez, « qui y vit encore » ? Vous voulez dire qu'elle est encore vivante ?

« Evidemment, tu penses bien qu'un des plus grands sorciers de l'histoire n'a pas fait une créature ayant une espérance de vie limitée. »

Mais, on a réellement des preuves de l'existence de cette Chambre ? Et de toute cette histoire ?

« Cette légende est très ancienne, je comprends ton scepticisme. Mais c'est au cours des siècles suivants que nous avons eu confirmation de cette histoire, lorsque la Chambre des Secrets fut réouverte deux fois. »

Que s'est-il passé ?

« La première fois, le château a compté une dizaine de morts, et tous les élèves de Serpentard ont été virés car personne ne pouvait réellement savoir qui était le réel héritier. La deuxième fois qu'elle fut ouverte, c'était i peine cinquante ans et il n'y eut qu'une seule victime. Le coupable a cependant été trouvé, et la vie a ensuite repris son cours. »

Il n'avait jamais entendu parler de cette première réouverture. Harry ne put empêcher son regard de tomber de nouveau sur la chatte pétrifiée, et il grimaça en remarquant que les yeux rouges étaient toujours ouverts.

Je vois. Je peux me permettre une autre question ?

« Evidemment Harry. Tu sais que je te répondrai toujours le plus honnêtement possible. »

Et je vous remercie pour ça.

Il avait envie de vomir.

Voilà, vous avez dit que la mention de cette histoire vous favoriserait aussi. En quoi ?

« C'est très simple. Je suis en total accord avec l'idéologie de Serpentard, et j'aimerais que les Sangs-de-Bourbe quittent l'école. »

Wow.

On allait sur quelque chose de plutôt intéressant.

Pourquoi cette haine envers eux ?

« L'Histoire, Harry. L'Histoire. »

L'histoire de la Chambre des Secrets ?

« Non, l'Histoire avec un grand H. Que fais-tu en ce moment en Histoire de la Magie ? »

La question prit Harry au dépourvu, mais il fit un mouvement de tête pour balayer toutes ses interrogations.

On est sur la Révolte des Gobelins. Mais je ne vois pas trop le rapport, je dois l'avouer.

« C'est parce qu'il n'y en a pas. Aujourd'hui, on vous apprend des choses dans le but de vous formater, de vous faire devenir de petits mages bien sages qui ne connaissent rien de leur véritable histoire. Veux-tu la connaître, toi, Harry Potter ? La véritable Histoire des Sorciers, celle qui rend les plus instruits d'entre nous haineux des Nés-Moldus ? »

Mais de quoi parlait-il encore ?

Qui ne le voudrait pas ?

« Bien, je n'en attendais pas moins de toi. Connais-tu le principe de la Chasse aux Sorcières ? »

Vaguement. J'en ai entendu parler seulement dans mon école primaire, lorsque j'étais dans le monde moldu.

« Ce qui n'est absolument pas surprenant. »

Ça prenait lieu aux Etats-Unis non ?

« Au 16ème siècle, oui. Aux 10ème et 14ème siècles, c'était l'Europe qui était touchée, et plus particulièrement l'Angleterre, la France et l'Italie. Et, ce que tu as pu entendre était très loin de la réalité. »

Il n'avait jamais entendu parler d'une Chasse aux Sorcières se déroulant en Europe, mais il n'allait pas faire le plaisir de le lui dire.

Racontez-moi dans ce cas.

Il devait avouer que le Lord avait un certain talent pour mettre l'eau à la bouche de ses interlocuteurs. Harry, même s'il ne savait absolument pas ce qu'on allait lui sortir, avait vraiment envie d'entendre ce que le Mage Noir avait à lui raconter, afin d'aller se documenter ensuite et pourquoi pas demander confirmation à Blaise ou Hermione qui étaient beaucoup plus aptes que quiconque à s'y connaître sur ce genre de sujet. Harry, bien que son attention en cours d'Histoire de la Magie soit plutôt limitée, avait toujours été friand de tout ce qui composait le monde sorcier, et son histoire en faisait partie. Il avait été trop déçu par le monde moldu pour ne pas vouloir s'en détacher le plus possible en connaissant d'autres cultures – dont celle des sorciers, qui était par la même occasion la sienne et la plus intéressante qu'il n'ait jamais eu à connaître.

« En Europe, la lutte contre les sorciers était beaucoup plus violente et meurtrière qu'en Amérique. Ça a débuté avec de simples manifestations, ainsi que l'équivalent de l'époque des campagnes de prévention. Des rituels ridicules étaient effectués autour des maisons afin de, en théorie, nous empêcher d'entrer à l'intérieur. Rien de bien méchant ou de concret en soit, et les sorciers vivaient paisiblement dans leur coin en faisant abstraction de tous ces mouvements du côté moldu. Mais ça a rapidement dégénéré, comme tu peux t'en douter. »

Qu'est-ce qui est arrivé ?

« Il faut savoir que nous sommes à ce moment-là dans les années 900, avant la création de Poudlard donc, et que la société sorcière à l'époque n'était pas aussi évoluée qu'aujourd'hui. La plupart des sortilèges n'était pas encore découvert (le Repousse-Moldus et les sortilèges basiques de combat n'existaient donc pas), il n'y avait pas d'école pour apprendre aux sorciers les choses essentielles et la Confédération Internationale des Mages et Sorciers n'existait pas à ce moment-là. De ce fait, les représentants des populations sorcières avaient pour habitude de se regrouper une fois par mois à un endroit reculé pour juger les criminels, une sorte de tribunal improvisé, et un jour, des Moldus les ont vu. Tout ce qu'ils ont trouvé à faire, c'était d'aller avertir leur village, qui est ensuite allé tuer la vingtaine de représentants le mois suivant. Ça a réellement bouleversé la population sorcière, qui a vu tous ses leaders se faire tuer. »

Harry relut ces lignes plusieurs fois avant qu'elles ne s'effacent, passant et repassant la plume sur ses lèvres tout en réfléchissant. Il avait toujours pensé que, s'il devait y avoir une guerre, ce serait les sorciers qui commenceraient les hostilités… Mais pourquoi pensait-il seulement ça ? Les sorciers avaient toujours vécu tranquillement dans leur coin, avaient toujours fait en sorte de rester cachés afin de ne pas attirer les ennuies et de conserver le Secret, alors pourquoi aller attaquer les Moldus au risque de leur tranquillité ? Ça n'avait absolument aucun sens. C'était logique que, dans ce cas, ce soient les Moldus qui aient attaqué en premier à la découverte d'une nouvelle population, qui aurait pu s'avérer être dangereuse pour eux. Seulement, avant qu'Harry ne puisse dire quoi que ce soit, de nouvelles lettres apparurent rapidement et Harry reposa sa plume en passant une main sur son visage.

« Les Moldus, eux, jubilaient parce qu'ils avaient enfin la preuve que les sorciers existaient bel et bien. Face à ces preuves, les derniers réticents ont rejoint la cause, et une dynamique de destruction en masse s'est installée. Ils nous traquaient, nous tuaient. Les sorciers étaient vraiment trop peu nombreux et inexpérimentés à l'époque pour pouvoir faire le poids face à des populations entières, et ils voyaient leur nombre diminuer de plus en plus rapidement. Les Moldus tuaient même d'autres Moldus lorsqu'ils pensaient qu'ils faisaient de la sorcellerie. C'était le véritable chaos pour les sorciers, qui ne pouvaient pas se défendre lorsqu'on les prenait d'assaut. Ils ne connaissaient que peu de sorts, et la plupart étaient liés à l'agriculture et l'eau. »

Et ils disparurent de nouveau.

Une traque. Si ce que Jedusor disait était vrai, les sorciers avaient été traqués, chassés et tués durant des années par des Moldus, et cette haine meurtrière que les plus anciennes familles de sorciers avaient n'était que le résultat de ces années d'oppression. Bien sûr, la véracité des propos du Lord Noir était toujours à prouver, mais il fallait avouer que ça expliquerait pas mal pourquoi seules les longues lignées de sorciers avaient ce problème avec les Moldus et Nés-Moldus. D'après ce qu'Harry avait compris, tout ça prenait lieu durant le Moyen Âge, et même s'il était peu probable qu'il existait déjà à cette époque des Malfoy, des Black ou encore d'autres familles d'aujourd'hui, les premiers de ces mêmes familles avaient pu arriver à un temps ou ces histoires n'étaient pas encore totalement oubliées par la population sorcière. Ils avaient pu transmettre ce qu'ils savaient à leurs héritiers, et l'histoire avait pu perdurer dans la famille et malgré le temps. Ça avait beaucoup de sens.

Comment les sorciers ont réussi à s'en sortir ?

« Comme tu le sais, c'était l'époque de la famille Serpentard. Salazar n'était pas encore né à ce moment-là, mais son père, un brillant Mage Noir, a découvert des choses qui ont permis aux sorciers de commencer à se défendre. Il a inventé des potions, et a créé, avec le père de Rowena Serdaigle, un groupe de penseurs et d'intellectuels sorciers afin de développer de nouveaux sortilèges. C'est là que l'Avada Kedavra a été découvert, ainsi que le Reducto et l'Expelliarmus. On appelait ce groupe « La Corde », parce qu'il était supposé la mettre autour du cou des Moldus. »

Harry était aussi stupéfait que passionné par ce qu'on lui racontait. Il avait réellement du mal à croire qu'on puisse cacher une histoire comme celle-ci aux étudiants d'aujourd'hui, alors que deux des familles des fondateurs étaient supposées être directement liées à celle-ci, mais il laissait le bénéfice du doute à Jedusor et enregistrait chaque information qu'on pouvait lui donner. Après tout, celui-ci ne lui avait toujours dit que des choses vraies, alors il irait se renseigner avant de rejeter cette histoire.

« La « Guerre des Êtres » (puisque c'est comme ça qu'on l'appelle) en elle-même a donc débuté lorsque les sorciers ont commencé à se révolter face à l'oppression Moldue. On arrivait enfin à se défendre, notre côté faisait désormais autant de morts que le leur, mais malheureusement, la Guerre ne se finissait jamais. Dès que les sorciers réussissaient à tuer un leader, un autre s'élevait et trouvait un autre moyen d'anéantir une grande partie d'entre nous. La seule façon d'arrêter tout ça a été de créer des maladies et une épidémie– qu'ils appellent aujourd'hui « La Peste » – qui ont considérablement réduit leur population, et ils ont finalement arrêter leur génocide. Ils n'étaient plus assez nombreux et les grandes têtes pensantes de l'époque étaient mortes. »

Harry se mordit la lèvre tout en lisant ces mots, ne sachant pas vraiment comment réagir face à toutes ces révélations. Tout ce que Jedusor lui disait bouchait finalement les trous de l'Histoire qui n'avaient jamais été expliqués, et il ne savait pas vraiment s'il devait prendre tout ça en considération. En cours d'Histoire de la Magie, ils évitaient toujours ces périodes, et c'est seulement maintenant qu'on pointait cela du doigt qu'il le remarquait. Jamais ils n'avaient étudié la période d'avant la création de l'école, et n'avaient jamais non plus approfondi le 14ème siècle.

Et la seconde Chasse ?

« Les sortilèges ressemblaient déjà un peu plus à ce qu'ils sont aujourd'hui et la société était plus avancée. Cependant, le côté Moldu l'était aussi plus. Ils ont développé des stratégies, et ont réussi à atteindre Poudlard et Beauxbâtons dès qu'ils ont recommencé à juger que les sorciers étaient dangereux. Ils ont mis feu aux bâtiments, et le Transplanage n'existant pas encore à cette époque-là, la plupart des étudiants sont décédés. La Seconde Guerre des Êtres a commencé par ça, et a fini de la même façon que la première. Destruction en masse par épidémie. Sauf que cette fois, nous n'avons pas voulu laisser de trace pour éviter que tout ne recommence une nouvelle fois. Tous les Moldus qui n'ont pas été tués par la maladie ont été soumis à l'Oubliette, et c'est seulement à partir de ce moment-là que la société sorcière a pu commencer à se reconstruire. »

C'est terrible. Je ne savais pas tout ça.

« Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas, Harry Potter. »

En effet, je me sens un peu inculte face à vous. Vous savez tant de choses.

« J'ai vécu longtemps. »

Il n'eut pas le temps d'écrire quoi que soit en réponse.

« Pour revenir à notre sujet, j'ajouterai simplement que c'est pour tout cela que Salazar Serpentard ne voulait pas de Nés-Moldus à Poudlard. Il ne voulait pas que les Moldus apprennent les avancées que les sorciers pouvaient faire, et il ne voulait définitivement pas donner une raison aux Moldus de se rappeler qu'ils existaient. Après la Guerre des années 900, les sorciers désiraient juste se faire oublier et redevenir anonyme. Serpentard considérait que l'invasion des Nés-Moldus au château était un constant rappel aux familles moldues que les sorciers existaient, et il était persuadé que les Moldus penseraient que les sorciers se préparaient à une nouvelle bataille ou quelque chose de similaire. »

Harry se détestait de penser ça, mais il trouvait que ce raisonnement avait de son sens. Quand une population voulait se faire oublier, ce n'était clairement pas recommandé de rappeler constamment à des centaines et des centaines de familles qu'elle existait, et d'en plus laisser entendre qu'elle formait de jeunes adolescents dans une école. C'était incontournable que les gens arrivent à de fausses conclusions, et pensent que quelque chose se trame derrière cette nouvelle formation proposée par deux des héritiers de « La Corde ».

Et Rowena Serdaigle ? Pourquoi n'était-elle pas du côté de Serpentard alors que leurs pères avaient travaillé ensemble ?

« Elle considérait la chose d'une autre manière. Pour elle, les Sangs-de-Bourbe devaient venir au Château pour apprendre à maîtriser leurs pouvoirs elle croyait que ce fait rassurerait les Moldus… Mais on voit très bien comment ça s'est terminé. Une autre Guerre a éclaté quatre siècles plus tard. Comprends-le, Harry Potter : les gens ont peur des choses qu'ils ne comprennent pas. L'ignorance est destructrice, et les Moldus sont l'espèce la plus ignorante qui soit. »

Harry ne put s'empêcher de grimacer alors que cette phrase trouvait dangereusement écho en lui. Les seuls Moldus qu'il avait côtoyé étaient les Dursley, et ceux-ci l'avaient séquestré, maltraité, et mal nourri simplement parce qu'il était un sorcier. Lorsqu'il était un encore enfant, petit, innocent et ayant de l'amour à revendre, il n'avait pas compris pourquoi on ne l'aimait pas en retour. Il n'avait pas compris pourquoi tout le monde s'extasiait devant son cousin, mais pas lui, alors qu'il faisait toujours ce qu'on pouvait lui demander et qu'il était peut-être le gosse le plus adorable de l'existence. Il se demandait pourquoi sa tante refusait de lui faire des câlins, pourquoi son oncle ne lui adressait pas un regard et pourquoi son cousin refusait de lui prêter ses jouets. Et à ses onze ans, il avait compris pourquoi : il était un sorcier. Pourtant, les temps étaient différents et personne ne semblait se rappeler de cette époque de guerre, mais ils avaient quand même été ainsi. Ils avaient quand même été exécrables et malveillants, et confirmaient absolument tout ce que Tom Jedusor pouvait dire sur leur espèce.

- Non Harry, ne pense pas ça, chuchota-t-il pour lui-même en fermant quelques instants ses yeux. Les Dursley sont un cas particulier. Pas tous les Moldus sont comme ça, regarde juste les parents d'Hermione. Ils sont vraiment cool avec la magie et encouragent leur fille dans cette voie.

Mais il ne pouvait s'empêcher de se demander désormais quelle serait la proportion des personnes aussi intelligentes avec le sujet face à celle qui flipperait tout simplement, et voudrait qu'ils disparaissent pour éviter toute menace et tout risque de rébellion de la part des sorciers. Parce que les Moldus ne connaissaient pas les sorciers, ils ne savaient pas que tout ce à quoi ils aspiraient, c'était le calme et la sérénité. Ils ne savaient pas qu'envahir leur monde et le dominait n'était par leur objectif.

Mais qu'est-ce qu'il lui prenait de penser des choses pareilles ?

Pourquoi personne ne parle de ces Guerres aujourd'hui ?

« Les anciennes familles le font. »

Je parle des écoles en général.

« Comme je te l'ai déjà dit, ils veulent vous formater tout en vous faisant penser que vous avez le choix de vos actions. Ils vous font croire que la Magie Noire est mauvaise dès que vous entrez à l'école, et ne disent rien qui pourrait faire du tort aux Moldus afin que vous acceptiez leurs rejetons au sein de l'école. C'est comme ça. »

Et comment la population a pu tout simplement… oublier tout ça ? Deux guerres, quand même, ce n'est pas rien.

« Pour le côté moldu, c'est simplement à cause du grand nettoyage de la Seconde Guerre des Êtres. Mais chez les sorciers, c'est plus compliqué que ça. Une grande partie de la population sorcière a été tuée durant la guerre, mais après, il y a eu un taux de suicide énorme et c'est devenu un peu comme un tabou au sein de la société. On n'en parlait pas autour de soi, on ne pouvait mentionner la guerre qu'au sein de la famille et encore, les personnes ayant vécu ça en parlaient à peine à leurs enfants pour ne pas leur faire peur. Au fil des générations et parce que l'école n'a pas été ouverte pendant plus de cent ans, plus personne n'en parlait et ça s'est tout simplement oublié. La plupart des familles ayant vécu à ce moment-là se sont éteintes, emportant l'Histoire avec eux, et les quelques lignées restantes sont les seules qui en connaissent encore l'existence. »

Pourquoi n'en parlent-elles tout simplement pas, ces lignées restantes ?

« Parce que la société actuelle ne serait pas prête à les croire, tout simplement. Pour eux, l'Histoire est telle qu'elle est, et tout ceci ne serait qu'un ramassis d'inventions. »

Et pourquoi pensez-vous que moi, je suis prêt à le croire ?

« Parce que tu es un garçon intelligent, et que tu n'as pas encore été endoctriné par les idées du monde sorcier. Et que je sais que tu vas aller te renseigner, et que tu trouveras la preuve que les 10ème et 14ème siècles sont complètement effacés de l'Histoire du monde sorcier. Ou alors, tu seras assez intelligent pour tout simplement aller demander à ton directeur. »

Vous voulez dire que Dumbledore sait toute cette histoire ?

« En effet. Et plus que ça : ses ancêtres ont participé à tout ça. »

Et vous allez me dire que lui, ne serait pas capable de redonner au passé sa véritable histoire s'il le voulait ?

« Il est là le problème Harry. Il ne le veut pas. Comme je t'ai dit, aujourd'hui, on se garde bien de vous raconter tout ça afin qu'il n'y ait rien à reprocher aux Moldus. Et c'est pour ça que je souhaite que tu mettes Miss Teigne dans ce couloir. La Chambre des Secrets est la seule chose à Poudlard qui ait déjà réussi à effrayer assez les Sangs-de-Bourbe pour qu'ils comprennent qu'ils n'ont rien à faire là. »

Je le ferai.

« Je n'en attendais pas moins de toi, Harry. »

Je vais devoir y aller, je suppose. J'ai une retenue dans pas longtemps.

« Très bien. Au plaisir de te reparler. Et surtout, ne te fais pas prendre. »

Et Harry se retint de répondre un « ça ne risque pas » avant de prendre sa cape d'invisibilité, et de réduire Miss Teigne d'un coup de baguette afin de faciliter le transport.


Harry ferma la dernière enveloppe en soupirant longuement, heureux malgré tout d'avoir réussi à terminer cette pile à la taille astronomique qu'il s'était vu attribué en entrant. Cela faisait bien deux heures qu'il était enfermé avec Lockhart dans son bureau, à remplir des cartons de remerciements pour ses fans tous plus fêlés les uns que les autres, et il jurait que s'il passait une minute de plus enfermé avec cet homme, il allait péter un câble.

Il n'avait aucune patience ce soir, et n'avait à aucun moment répondu au monologue – très centré sur lui-même – de son professeur au cours de ces deux dernières heures. Il fallait dire aussi qu'il était éreinté par la conversation qu'il avait eu un peu plus tôt avec Tom Jedusor, et que des tas d'informations et de questions se baladaient désormais dans sa tête. Il pensait trop pour seulement comprendre ce que Gilderoy Lockhart lui racontait.

La discussion dans le journal avait été terriblement instructive, et, même s'il ne partageait absolument pas les idées de Voldemort – fallait pas déconner, on n'était plus au Moyen Âge et les Nés-Moldus n'étaient absolument pas une menace pour le monde sorcier – il comprenait un peu mieux d'où venait cette haine. Mine de rien, ça lui faisait du bien de connaître les origines et le motif de ces années d'enfer qu'il avait pu vivre, et c'était un soulagement de comprendre mieux celui qui avait tué ses parents, même si c'était très étrange dit ainsi. Légèrement psychopathe également, sur les bords.

Harry sursauta légèrement lorsqu'il entendit un sifflement lui vriller les tympans, attirant alors l'attention de son professeur qui remarqua enfin que le garçon avait fini sa pile de lettres, et donc sa retenue de la soirée. Le Serpentard inspira bruyamment pour se concentrer, afin de faire abstraction de la voix du Basilic qui lui disait très clairement qu'il avait envie de tuer quelques élèves en ce moment même, et fit un signe de tête pour signifier à l'adulte que ce n'était rien alors qu'il lui faisait déjà une réflexion sur l'heure.

- Non, ne vous inquiétez pas. Ça m'a juste surpris de voir que j'avais déjà fini de répondre aux lettres. Vous avez raison, le temps passe tellement plus vite lorsque l'on s'amuse, finit-il en cachant à peine la pointe d'ironie que Lockhart ne sembla pourtant pas déceler.

- Puisque tu as fini, je suppose que tu peux retourner dans ton dortoir maintenant. Ou alors aller profiter des quelques confiseries qu'il doit rester dans la Grande Salle. C'est Halloween après tout ! fit son professeur avec un air idiot sur le visage.

Le garçon allait accueillir cette libération avec joie et soulagement, mais il se retint au dernier moment en gardant finalement le silence. Après le dîner, les élèves et enseignants étaient supposés trouver le message et Miss Teigne au mur du rez-de-chaussée, et si on l'avait soupçonné la première fois au tout départ, c'était parce qu'il avait été le premier sur les lieux du « crime ». Une idée plutôt simple lui avait traversé l'esprit, et il prit un air plus qu'hésitant avant de se lancer sans hésitation.

- Professeur… j'aurai quelque chose à vous demander.

- Dis-moi Harry, ça concerne les cours ?

- Pas tout à fait… Vous savez, j'ai rarement l'impression qu'on me comprenne vraiment… Qu'on comprenne mes besoins, du moins. En revanche, vous… Vous me comprenez, et vous partagez la vie que je mène moi-même. Professeur, ça ne vous dérange pas si je reste encore un peu ? J'ai… besoin de m'entraîner, vous savez, pour mes propres lettres. Vous êtes le seul qui ne trouvez pas cette pratique déplacée pour un garçon de mon âge. Vous ne me jugez pas et j'apprécie beaucoup ça.

Lockhart eut l'air un peu étonné dans un premier temps, et Harry se retint de justesse de s'esclaffer en voyant l'air de total abruti qu'arborait le professeur tant aimé de toutes les filles du collège, mais il se reprit bien vite pour lui répondre d'un air ravi :

- Mais bien sûr Harry ! Il n'y a absolument aucun problème à ça ! Fais juste bien attention à la boucle de tes « O », il faut qu'elle soit plus longue et parte plus haut. Sinon, c'est parfait.

- Merci Professeur, je savais que vous comprendriez.

Et il était drôlement fier de lui.

Il n'avait suffi que d'une dizaine de minutes supplémentaire pour que Chourave arrive en trombe dans le bureau de l'enseignant, lui demande de venir de toute urgence avec un air paniqué sur le visage, et qu'ils sortent ensuite de ce même bureau pour se diriger vers la source du problème. Les deux professeurs n'avaient pas réellement fait attention à la présence d'Harry derrière eux, mais, en éloignant totalement le fait qu'il n'était pas comme ces psychopathes qui avaient besoin de se rendre sur les lieux de leur crime pour voir quelles étaient les réactions des gens qui découvraient les faits, celui-ci se devait d'être sur les lieux afin de ne pas paraître trop suspect. Après tout, il était Harry Potter, et s'il ne se précipitait pas lorsqu'il apprenait que quelque chose ne tournait pas rond, ça paraîtrait bizarre.

Quoi que, personne à part Hermione ne le connaissait assez pour savoir ça, de ce temps.

Mais Hermione était quand même une raison suffisamment menaçante pour qu'il suive les deux professeurs et fasse acte de présence.

Ils arrivèrent donc après quelques minutes, totalement essoufflés par leur précédente course dans les escaliers – oui, même si ça avait été des escaliers en descente – et Harry se fraya un chemin parmi les élèves en même temps que son professeur de Botanique et de Défense contre les Forces du Mal. Une fois au premier rang, il vit qu'Hermione était de l'autre côté du cercle en compagnie de Ron et des autres Gryffondor qui sortaient de la Grande Salle, et elle lui lança un regard plein de reproche lorsqu'elle le remarqua enfin. C'était vrai que, s'il avait suivi les lignes conductrices, il aurait dû se retrouver sur les lieux du crime avant tout le monde et accepter de se faire accuser par Rusard, mais c'était quelque chose qu'il n'avait tout simplement pas pu se permettre étant donné que cette fois-ci, il s'agissait vraiment de lui. Il se contenta donc de l'ignorer, et laissa son regard glisser sur le chat et l'inscription qu'il avait lui-même taguée quelques heures plus tôt, prenant un air concerné dès qu'il relut les lettres rouges.

- Tout le monde se rend immédiatement dans son dortoir.

Cette phrase, dite d'une voix autoritaire par l'homme qu'Harry ne pouvait désormais plus se voir en peinture, arracha le garçon à sa contemplation et celui-ci fronça des sourcils lorsqu'il remarqua que Dumbledore l'observait – non, le scrutait. Il arqua une nouvelle fois un sourcil, comme pour défier l'homme de penser quoi que ce soit de travers sur lui, et se retourna ensuite pour se diriger vers la groupe de Serpentard qui se dirigeait désormais vers les cachots, Blaise et Millicent retournés vers lui dans le but de l'attendre.

- Exceptez monsieur Potter et mademoiselle Granger.

Dommage.

Il ignora les regards d'incompréhension que leur lancèrent les élèves ayant entendu la requête de Dumbledore, ainsi que ceux étonnés et inquiets de Ron, Blaise et Millicent, et fronça juste des sourcils pour marquer sa surprise face à ses camarades. Il se retourna vers Hermione dans une très bonne imitation de celui-ci qui voulait obtenir des réponses, et celle-ci mima parfaitement l'ignorance tout en secouant la tête pour signifier qu'elle n'en savait pas plus que lui. Il ne put s'empêcher de se faire la réflexion qu'ils étaient parfaits dans leurs personnages.

Les autres enseignants se demandaient très certainement pourquoi le Directeur avait choisi de garder les deux amis après les faits, et Harry entendit dire de la part de Rogue « Il ne me semble pas avoir vu monsieur Potter au dîner », ce à quoi répondit Lockhart qu'il était en retenu avec lui jusqu'alors. Bien, sa couverture était au moins en place. Dumbledore donna rapidement des instructions au professeur Chourave sur l'utilisation des Mandragores pour l'antidote, et aux autres professeurs des informations sur ce qu'il faudrait dire ou non aux élèves s'ils venaient à poser des questions, et finit par se retourner vers Harry et Hermione un air grave sur le visage. Il leur intima simplement de le suivre, et ils parcoururent le chemin jusqu'au bureau du Directeur dans un silence pesant. Dumbledore marchait vite et gravement, et si Harry n'avait pas été d'aussi mauvais poil et inquiet pour son histoire de journal, il aurait déjà fait une remarque discrète à Hermione sur le possible tour de rein que le vieillard risquait de se faire.

Lorsqu'ils entrèrent dans le bureau, Dumbledore referma la porte derrière eux et les dépassa d'un pas toujours aussi rapide. Energiquement, – non mais sérieusement, il sortait ça d'où ? – il s'assit à son bureau astronomique et les regarda sérieusement quelques secondes. Harry et Hermione étaient toujours debout devant la porte, et n'avaient pas vraiment l'intention de bouger de cet emplacement.

- Très bien. Maintenant que nous sommes seuls, j'aimerais savoir ce qu'il se passe.

- Pardon ? Comment ça, « ce qu'il se passe » ?

- Ce mot, sur le mur. J'aimerais savoir qui l'a écrit, pourquoi, et si la Chambre des Secrets a véritablement été réouverte. J'ai également besoin de savoir s'il y aura d'autres victimes, qui sont-elles, et qu'est-ce que nous pourrions faire pour em…

- Professeur ! l'interrompit Hermione en élevant la voix pour l'arrêter.

Le vieil homme s'arrêta, et tourna la tête vers la jeune fille.

- Vous savez pertinemment que ce sont des informations que nous ne pouvons pas vous donner. Intervenir dans quoi que ce soit changerait le cours des choses d'une façon ou d'une autre et les conséquences pourraient être terribles.

- Vous trouvez que ce qu'il se passe n'est pas déjà terrible ? Avez-vous au moins la moindre idée de ce que la réouverture de la Chambre signifie ?

- Justement, intervint Harry. On le sait. Et nous n'interviendrons pas. Les choses se dérouleront comme elles le devront et vous n'avez pas le droit de nous demander d'agir pour empêcher ça.

- Comprenez, monsieur Potter, que je suis le Directeur de cette école. S'il y a la moindre chose que je puisse faire pour protéger mes étudiants, je le ferai.

- Et c'est très bien. Faites-le, comme vous l'avez fait la première fois. Vous devez vous débrouiller tout seul, nous n'avons pas à interférer dans le cours du temps. Vous en êtes capables, vous l'avez déjà fait !

Et Dumbledore savait pertinemment qu'Harry et Hermione avaient raison. Après tout, c'était le « lui » du futur qui leur avait dit de ne jamais faire la moindre chose qui pourrait significativement changer la ligne temporelle.

- Bien, concéda-t-il en fermant des yeux quelques secondes. Pouvez-vous au moins me dire s'il y aura des victimes ?

Hermione et Harry échangèrent un long regard. Hermione soupira.

- Oui. Mais seulement de pétrification, personne ne mourra.

Dumbledore parut tout de suite plus détendu et Hermione s'accorda un petit sourire. Harry pouvait parfaitement comprendre le soulagement du vieil homme, et il lui accorda au moins ça, ne faisant aucune remarque pour lui empêcher de savourer cette petite victoire significative pour lui. Les rides soucieuses entre ses deux yeux s'étaient quelque peu atténuées et, même s'il paraissait toujours inquiet pour l'avenir, il semblait au moins avoir un sacré poids en moins sur les épaules.

- C'est une très bonne nouvelle. Merci.

- En revanche, reprit Hermione en laissant tomber son léger sourire, j'espère que vous savez que ce que vous venez de faire était une grave faute professionnelle. Nous demander de vous suivre juste après cette découverte devant tous les élèves et professeurs ? Que croyez-vous qu'il se passera pour nous désormais ?

Il eut au moins la décence de prendre un air coupable.

- Je n'ai pas réellement pensé à ça. J'avais plus important à songer.

- Evidemment, ironisa simplement Harry en haussant des épaules.

Il avait définitivement pris cette habitude de Blaise.

L'aîné se retourna vers Harry lentement, s'adressant cette fois directement à lui d'une voix contenant plus de reproche que lorsqu'il leur parlait à tous les deux, et lui offrit un regard presque méprisant. Ouais, définitivement, ça ne passerait jamais entre eux.

- Croyez-le ou non, mais c'est une réelle surprise pour moi que cette histoire soit remise à l'ordre du jour. Je conçois bien que vous connaissiez déjà le déroulement de cette soirée, mais ce n'était le cas pour personne d'autre ici alors oui, monsieur Potter. J'avais autre chose à penser qu'à vos réputations et j'en suis navré.

- Pas de problème, professeur. On commence à avoir l'habitude d'assumer les conséquences de vos actes.

Et Dumbledore ne trouva rien à redire.

Ils avaient tous les deux compris où Harry voulait en venir dans ses propos. Seule Hermione, qui avait bien compris que quelque chose se tramait sans réellement en saisir le sens, ignorait encore cette histoire d'envoie prémédité dans le passé.

- Maintenant, reprit Harry, je pense que nous allons vous laisser. A moins que vous ayez autre chose à nous demander ?

- Vous pouvez disposer.

- Bonne soirée, dit Hermione froidement, certainement énervée que Dumbledore s'adresse de la sorte à son meilleur ami.

Et ce furent les derniers mots prononcés avant que les portes en bois se referment derrière les deux adolescents.

Harry soupira longuement une fois dehors, se retenant de justesse de s'étirer sans aucune grâce en plein milieu du couloir désert. Désormais, dès qu'il entrait dans ce bureau, il avait une boule terriblement pesante qui s'imposait dans son estomac, et il devait avouer que c'était une sensation franchement désagréable lorsqu'on n'avait pas mangé. Pourtant, il avait toujours apprécié l'endroit. Il y avait vécu tellement de choses, avait vu sa vie changer tant de fois en bien et mal. Quand il était jeune, il avait adoré y passer ses après-midis, à discuter avec Dumbledore de tout et de rien – surtout de rien, maintenant qu'il y pensait. Maintenant, il ne voyait cet endroit que comme un substitut d'Azkaban, avec ce Dumbledore idiot et incohérent comme bourreau. C'était triste.

Les choses avaient tellement changé.

Bien sûr, certaines choses étaient pour le mieux. Par exemple, sa rencontre avec Millicent et Blaise était une véritable bénédiction. Mais il ne fallait pas oublier que celle-ci avait été provoquée par sa répartition à Serpentard, qui lui mettait toujours de nombreux bâtons dans les roues quant à sa mission. Ensuite, tous ceux qui étaient morts étaient de nouveau en vie, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. La famille Weasley était au complet, il n'était encore responsable de la mort de personne – à part ses parents, mais ça ne comptait pas vraiment – et le château était encore intact.

Beaucoup de choses étaient bien meilleures. Mais c'était normal, la Seconde Guerre Sorcière n'avait pas encore commencé.

La voix d'Hermione résonna dans le couloir seulement quelques secondes après qu'ils aient quitté l'antre du Directeur, et Harry arqua théâtralement un sourcil en entendant sa question.

Habitude qu'il avait aussi pris des Serpentard.

- Dis-moi Harry. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Comment ça ?

- Pourquoi est-ce que tu n'étais pas encore sorti de retenue lorsqu'on a découvert Miss Teigne ?

Le garçon passa une main derrière son cou, signe que cette question venait de le mettre mal à l'aise, et Hermione ne manqua pas son mouvement. Elle prit d'ailleurs une mine renfrognée avant même qu'il ne sorte son mensonge.

- Je suis vraiment désolé, Lockhart m'a retenu plus longtemps.

- A d'autres. Tu vas me dire que t'as réussi à t'en débarrasser à 12 ans, mais pas à 18 ?

Elle marquait un point. Elle en marquait toujours.

- Qu'est-ce qu'il ne va pas en ce moment Harry ? reprit-elle sans attendre qu'il ne réponde. Pourquoi tu t'obstines à changer le cours de cette année ?

- Hein ?

- Quelle éloquence.

- Pourquoi tu me dis ça ? feignait-t-il de ne pas comprendre.

- Non, sérieusement, Harry, réfléchis deux minutes. Tout le monde te pensait coupable en deuxième année, et principalement parce que tu étais le premier à avoir découvert et approché Miss Teigne ! Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant que ce n'est plus le cas ?

- J'en sais rien. Peut-être que je vais avoir une année tranquille, pour une fois ?

- C'est donc ça ? Tu veux être déchargé de tout… ça ?

- J'en sais rien.

- Harry, tu peux pas te permettre ça. Je suis vraiment désolée que tu doives vivre ça une seconde fois, mais si tu changes trop de choses, on ne saura jamais ce qu'il se passera et on perdra toute notre avance.

- Je sais bien. C'était stupide, je sais. Mais de toute façon, Dumbledore nous a fait paraître vraiment suspect en nous convoquant juste après, alors les rumeurs vont aller bon train ne t'inquiète pas.

- Sur nous deux, Harry. Sur nous deux ! Alors qu'avant, c'était seulement toi qui étais mis en cause. Il va se passer quoi maintenant ?

- C'est bon Hermione. Je changerai ça durant le duel contre Malfoy, je me porterai volontaire et je parlerai Fourchelang devant tout le monde pour qu'on puisse bien me jeter la pierre durant toute cette fichue année. Ça te va ?

Hermione eut la décence de paraître triste pour lui. Elle n'était pas un monstre et n'aimait définitivement pas faire ça à son ami, mais elle avait le sens des priorités et ceci, était vraiment une priorité.

- Ecoute, dit-elle d'une voix plus douce que précédemment, t'as un comportement vraiment étrange ces derniers temps. Est-ce que je dois m'inquiéter ?

Harry commença à paniquer intérieurement, se demandant ce qu'il devait répondre à ça. Commençait-elle à deviner pour le journal ? Non, c'était impossible. Elle avait juste mentionné son comportement anormal, pas une quelconque théorie sur le pourquoi de ce comportement. De plus, penser qu'il pouvait être en possession du journal de Jedusor était une hypothèse vraiment tirée par les cheveux si on y pensait et honnêtement, personne, même avec un esprit vraiment tordu, n'arriverait à seulement songer à ça. Harry Potter, en possession du journal de Voldemort ? C'était ridicule. Ce comportement fuyant pouvait être le résultat de tellement de choses beaucoup plus plausibles, comme… comme le fait que Dumbledore les avait envoyés ici volontairement. Mais oui ! C'était le parfait moment pour le lui dire !

- Ok… Herm', sache tout d'abord que je suis vraiment désolé de pas t'en avoir parlé avant. C'était compliqué. Cet été, je ne pouvais envoyer aucune lettre et tu le sais, et ensuite, je me suis dit que je te le dirai en face à face parce que ce n'était définitivement pas quelque chose que je voulais t'annoncer par écrit. Mais comme tu le sais, on n'a pas eu un seul moment tous les deux depuis la rentrée et je ne pouvais décemment pas en parler devant Ron.

- Dis-moi. C'est grave ?

- Plutôt, oui.

- Arrête de tourner autour du pot et raconte-moi.

- Très bien. Ok.

Il inspira profondément pour se donner le courage nécessaire.

- La veille de la fin d'année, Dumbledore est venu me voir à l'infirmerie pour me dire ce qu'il avait déduit du dossier que nous lui avions donné.

- Sérieusement ? Je croyais qu'il ne l'avait même pas encore ouvert !

- Non, il l'a bien fait. Et il a travaillé dessus. Il… Il est arrivé à la conclusion que Dumbledore – notre Dumbledore – nous avait envoyé ici volontairement.

Et comme il s'y était attendu, Hermione s'arrêta en plein milieu du couloir en le dévisageant longuement, comme pour vérifier qu'il ne plaisantait pas. Il s'arrêta également afin de ne pas la distancer, et se retourna vers elle en se mordillant l'intérieur de la joue. Il était censé ajouter quoi, maintenant ? Non, vraiment, il avait toujours été le pire dans les relations humaines et il ne le répèterait jamais assez.

- Ça m'a aussi fait un sacré choc quand je l'ai appris.

- Comment est-ce qu'il peut le savoir ? demanda-t-elle brusquement.

- Apparemment, le sortilège ne pouvait fonctionner que s'il était bien exécuté. Une erreur capable de dérégler les paramétrages du temps aurait tout simplement annulé les effets du sortilège et on serait restés chez nous.

- C'est impossible. Pourquoi Dumbledore aurait fait une chose pareille ?

- Aucune idée.

- Il n'était pas aussi inconscient, c'est incohérent. Il n'a pas pu nous mettre volontairement dans cet enfer !

- J'en sais rien Herm'. Quand je vois le Dumbledore d'aujourd'hui, je me dis que nous ne le connaissions peut-être pas si bien au final. Il peut être un véritable idiot, pour rester poli, quand il s'y met.

- Je suis désolée mais je n'arrive tout simplement pas à y croire. Je vais demander à récupérer le dossier à Dumbledore et je vais m'en occuper moi-même.

- Sans vouloir te vexer, tu ne peux pas tout gérer en même temps. Entre les recherches pour avancer dans le temps, qui sont quand même plus importantes que ça, les cours, et les recherches sur le fonctionnement de l'Alibi, tu penses pouvoir respirer à un moment donné ?

- Non, Harry, tu ne comprends pas. Le fonctionnement de l'Alibi est actuellement à la tête de nos priorités. Si Dumbledore nous a envoyé au départ de toute notre scolarité, c'était peut-être parce qu'il voulait qu'on change quelque chose à tout ça. Il faut d'abord qu'on sache si c'est vrai pour comprendre ce qu'il voulait.

Harry en était arrivé à la même conclusion quelques mois plus tôt. Sauf qu'il n'avait pas eu l'idée d'aller faire des recherches lui-même pour savoir si ce que disait Dumbledore était vrai ou pas – et la différence entre Hermione et lui était bien là.

- Tout ça n'a aucun sens.

- Je sais bien. Et c'est pour ça que je n'arrive pas à y croire. Il nous aurait donné une petite indication sur quoi faire s'il avait vraiment voulu nous envoyer ici et maintenant, non ? Il ne nous aurait pas préparé pendant des semaines pour un an alors qu'il savait qu'on allait en remonter sept.

- Je ne sais pas quoi en penser. Je ne peux pas t'aider.

- Je vais aller récupérer le dossier. On se voit demain, en cours ?

- Oui, bien sûr.


. ET VOILAAAAA !

Vous pouvez même pas savoir à quel point j'suis contente de poster ce chapitre. Je sais qu'il était long et que la lecture a pu s'avérer… longue (:') ), et j'ai hésité à couper le chapitre en deux. Mais je me suis dit que ça faisait tellement longtemps que j'avais pas posté que ça ne servait à rien de le faire

Alors, vous en avez pensé quoi ? La discussion entre Jedusor et Harry, la Guerre des Êtres ? Je dois avouer que j'ai toujours adoré faire plein de théories sur tout et n'importe quoi en ce qui concerne l'univers HP, alors pouvoir en écrire une m'a fait trooooop plaisir ehe.

La conversation Hermione/Harry ? On peut dire qu'il en aura mis, du temps, à lui dire pour Dumby.

La relation Millicent/Blaise/Harry ? Même si leur conversation, en soit, n'était pas très intéressante du point de vue de l'histoire, c'était quand même important de la montrer je trouve. Parce que déjà, ça complète le passage des sélections de Quidditch, et ensuite ça montre le type de relation qu'ils ont réussi à atteindre au bout d'un an. Donc voilà voilà :P

Dites-moi tout ce que vous en avez pensé et je vous dis à la prochaine !