Bon bon bon ! Déjà, merci pour l'accueil que vous m'avez réservée, vous êtes les meilleurs !
En relisant le livre 2, je me suis rendue compte que Fourchelangue… S'écrivait en réalité Fourchelang ! Donc je suis vraiment désolée pour cette erreur et je vais corriger ça aha
Voici le chapitre 13 pour vouuuus 😝
(J'ai décidé de mettre en place un petit truc tout bête, mais qui manque parfois… Désormais, à chaque début de chapitre, je vais mettre un court résumé du précédent afin que vous ne soyez pas trop perdus. Ça va être une longue fiction et si je mets du temps à poster, il ne faudrait pas que vous ayez à chaque fois à relire le chapitre d'avant pour vous rappeler de là où on en est. Du coup voilà, je vais faire ça également pour les 12 premiers chapitres en même temps que la correction générale de la fiction. J'espère que ça vous aidera aha.)
Dans le chapitre 12 : Tom demande finalement à Harry de placer une Miss Teigne pétrifiée dans le couloir avec le mot qui va avec, et suite à une longue discussion sur la « Guerre des Êtres » (qui est la principale raison de la haine contre les Moldus), Harry accepte. Après la découverte de la première pétrification, Dumbledore convoque Harry et Hermione dans son bureau, et leur demande des informations sur ce qu'ils savent déjà pour pouvoir éviter tout ça – ce qu'ils refusent, évidemment. Hermione mentionne juste le fait qu'il n'y aura pas de morts. Quand ils sortent du bureau après une discussion houleuse, Hermione interroge Harry sur son comportement bizarre et fuyant, et celui-ci commence à avoir peur qu'elle se rapproche de la vérité (le fait qu'il ait le journal et qu'il soit responsable du message sur le mur). Il détourne alors son attention en lui révélant qu'ils ont été envoyés en 1991 volontairement, et Hermione décide de reprendre les recherches elle-même.
CHAPITRE 13
Trop de monde.
Beaucoup trop de monde.
Avant d'arriver dans la Grande Salle quelques minutes plus tôt, Harry ne s'était pas souvenu que tant d'élèves avaient participé à la nouvelle activité de Poudlard la première fois. Certes, dans son souvenir, il savait qu'il avait apprécié l'excitation que le club de duel avait provoqué chez chacun, mais aujourd'hui, il n'avait qu'une seule envie : qu'il se barrent tous, et qu'il n'ait pas encore une fois à se montrer en spectacle.
Il fallait savoir que, contrairement à tout ce que ses actes pouvaient faire penser de lui, Harry était une personne plutôt introvertie, voire… secrète ? Oui. Vraiment. Harry, au fur et à mesure du temps, était devenu une individu incroyablement renfermé sur lui-même.
Alors, bien évidemment, il n'avait absolument aucun mal à sociabiliser lorsqu'il le voulait bien – mais le problème était justement là : il le voulait de moins en moins. Lorsqu'il avait eu 11 ans et qu'il était arrivé à Poudlard, il avait désiré plus que tout s'intégrer dans ce monde magique qui lui promettait mille et une choses magnifiques et avait sauté sur chaque occasion pour se faire des amis. Il avait refusé de serrer la main de Malfoy en première année afin de protéger un potentiel ami, et avait suivi le mouvement des Gryffondor, qui semblaient génétiquement programmés pour haïr les Serpentard alors que ça faisait des siècles qu'il n'y avait plus de réelle raison à ça. Il avait laissé tomber ses plus importants principes – qui consistaient à ne rejeter personne à cause de préjugés qui pouvaient s'avérer totalement faux – et avait joué le rôle que tout le monde avait attendu de lui à chaque instant de sa vie. Il avait été parfait, attentionné et dévoué à tout le monde.
Quelle n'avait pas été sa désillusion lorsqu'il était arrivé en deuxième année, et que tout le monde s'était ligué contre lui en apprenant qu'il était un Fourchelang. Lorsque tout le monde l'avait accusé d'avoir agressé toutes ces victimes, et que sa maison, sa famille par substitution, avait retourné son acharnement sur lui. Il avait été réellement déçu, et ça avait été la toute première fois – mais pas la dernière – que le monde magique l'avait déçu.
Ce fut à partir de ce moment-là qu'Harry avait commencé à être plus réservé quant à ses fréquentations, et son besoin de se préserver n'avait fait qu'accroitre au fil des années. En quatrième année, quand même Ron s'était retourné contre lui, qu'on se faisait une joie de le traiter de menteur, de profiteur, de « petit favori de Dumbledore » suite à la pioche de son nom dans la Coupe de Feu et qu'il avait vu pour la première fois quelqu'un mourir pour lui sous ses yeux, il s'était encore un peu plus renfermé sur lui-même et avait laissé toute l'innocence de son enfance s'envoler. A sa cinquième année, après la catastrophe avec Cho, l'année entière qu'il avait passé à se faire traiter d'imposteur par La Gazette et la mort de Sirius au Département des mystères, Harry avait continué à imiter le comportement typique de l'huître. Il s'était finalement complètement fermé en sixième année, lorsqu'il s'était rendu compte que Voldemort commençait à réellement prendre du pouvoir et que certaines personnes à qui il faisait confiance par défaut allaient de son côté. Il s'était alors promis à ce moment-là de ne plus laisser qui que ce soit entrer dans sa vie s'il n'était pas sûr à 100% qu'il en valait la peine, et c'était peut-être en majeure partie pour ça qu'il n'avait jamais réussi à réellement s'attacher à Ginny malgré le fait qu'ils « étaient faits pour être ensemble ».
Puis la Grande Guerre avait fini le travail. Tous les morts, toutes les trahisons avaient achevé son dernier brin de sociabilité. La simple preuve étant qu'il avait mis plus d'un an à accepter l'amitié de Blaise et Millicent, alors qu'il était resté avec eux une grande partie de leur première année, que la guerre n'avait pas commencé, qu'ils n'étaient pas corrompus – ou du moins pas encore – et qu'il savait juste pertinemment qu'il n'avait rien à craindre d'enfants de 11 ans.
Mais voilà, toutes les épreuves de sa vie l'avaient rendu ainsi et, bien qu'il arrive à paraître moins « sauvage » depuis qu'il affichait clairement son amitié avec Blaise et Millicent, sa réputation de première année l'avait précédé et personne n'osait vraiment l'approcher. De son point de vue, c'était vraiment une chose agréable et seule Hermione pouvait réellement comprendre son ressenti, bien qu'elle ait vécu la guerre différemment. Même s'il s'était légèrement amélioré sur le point de vue social depuis qu'il n'avait plus à vivre dans une atmosphère de terreur et de défaite, qu'il n'avait plus à diriger une armée, à prendre des décisions difficiles qui avaient tué plus d'une personne et qu'il avait réussi à légèrement se détacher de tout ça après un an et demi dans cette nouvelle version de son monde, il n'avait pas non plus envie qu'on vienne lui taper la causette à toutes les occasions possibles – et il n'avait décidément pas envie que des gamins de 12 ans viennent le saouler avec leurs histoires ridicules. Cette situation était donc véritablement profitable, bien qu'il passe quand même pour le salaud de service.
Il était vu par les autres Serpentard comme celui qui, sans raison apparente, avait rejeté sa maison et ses élèves et qui cassait du sucre sur leur dos tout en faisant copains/copines avec les autres Gryffondor – ce qui était totalement faux soit dit en passant. C'était compréhensible qu'ils ne veuillent plus approcher Harry Potter après tout ce qu'il avait pu dire lors de son entrevue avec Malfoy, et cette situation allait dans son sens alors le brun ne faisait strictement rien pour remédier à la situation. N'ayant jamais eu la moindre affinité avec un seul des Serpentard lors de ses premières années initiales, c'était très bien qu'aucun ne veuille créer de relation avec lui – Blaise et Millicent ne comptaient pas dans ce cas de figure. Pour les autres élèves, c'était simple : Harry était la parfaite représentation du Serpentard détestable aux yeux de tous, et personne ne voulait faire quoi que ce soit pour se rapprocher de lui. Ça ne faisait que confirmer les idées plutôt négatives qu'Harry pouvait avoir sur ses « camarades » et leur façon de totalement discriminer les Serpentard, mais tout ça l'arrangeait beaucoup également alors il n'allait clairement pas aller se plaindre de leur manque de sympathie. Ça allait vraiment dans son sens.
Il était peut-être moins sauvage, mais il tenait quand même à sa tranquillité et au bon déroulement de sa mission. Et actuellement, sa tranquillité était rudement mise à l'épreuve.
Ainsi entouré de tous ces adolescents à l'excitation ridicule et exubérante, l'asociabilité d'Harry ressortait inéluctablement et il devait se retenir à chaque instant de jeter des sorts à tous ceux qui le poussaient dans une vaine tentative de se rapprocher de l'estrade. Contrôle, Harry, se disait-il en fermant les yeux pour se concentrer et se calmer. Depuis le Bataille Finale de mai 98, Harry avait un véritable problème avec les foules. Il se sentait oppressé, cerné, piégé, et il devait réunir tout son bon sens pour ne pas exploser, ou tout simplement sortir d'ici pour se rendre dans la Salle sur Demande afin de libérer la tension accumulée. Il n'avait toujours pas réussi à trouver un moyen de canaliser sa magie dans ce si petit corps, et était obligé d'aller « vider tout ça » dans la Salle sur Demande au moins une fois par semaine. Il irait peut-être deux fois cette semaine, tout compte fait.
Il soupira longuement alors qu'il venait de se faire bousculer par un Poufsouffle de première année.
Suite à la pétrification de Colin Crivey quelques jours plus tôt et seulement une semaine après l'histoire de Miss Teigne, Dumbledore avait annoncé qu'un club de duel ouvrirait ses portes aux intéressés, et ceci dans le but d'apprendre aux jeunes sorciers quelques sortilèges et techniques supposés les aider dans des situations dangereuses ou un minimum délicates. C'était là une attention noble et préventive, si on oubliait le fait que Gilderoy Lockhart soit aux commandes, qu'un simple sort ne serait jamais assez puissant pour abattre ou simplement ralentir une créature telle qu'un Basilic, et qu'il n'y aurait qu'un seul cours étant donné le chaos qu'Harry allait provoquer en se révélant Fourchelang. Mais tout ceci n'était, évidemment, que détail, et Harry et Hermione se devaient bien de garder leurs réflexions pour eux-mêmes.
Alors il en était là. Attendant que Lockhart daigne arriver afin que les élèves autour de lui se calment un peu, et envoyant des signaux de détresse à Ron et Hermione d'un côté, et Blaise et Millicent de l'autre.
Ça lui faisait d'ailleurs étrange de voir ses amis… ensemble. Séparés par lui et s'ignorant totalement, mais ensemble quand même.
Aucun n'avait l'air de vouloir faire la conversation à l'autre et Harry comprenait parfaitement les raisons de chacun. Il n'approuvait peut-être pas, mais il comprenait. Ron ne voulait pas parler à Blaise car, inconsciemment, il le prenait pour son rival vis-à-vis d'Harry et se montrait naturellement hostile face à lui. Ils pensaient chacun n'avoir rien en commun avec l'autre et, dans le fond, ils n'avaient pas tort. Le fait qu'il soit à Serpentard n'arrangeait strictement rien du point de vue de Ron, et c'était très certainement pareil du côté de Blaise qui avait montré à maintes et maintes reprises qu'il considérait les Gryffondor comme… qu'il ne les considérait pas du tout, en fait. Du côté d'Hermione, elle ne voulait pas avoir affaire à Millicent car, même si on avait tendance à l'oublier, la jeune fille faisait partie des fidèles adeptes de Draco Malfoy dans le « passé », donc de Voldemort pas ce biais. Comme Parkinson, Davis, Nott et bien d'autres de leur année encore, elle avait suivi le Prince des Serpentard et l'avait aidé à monter dans la hiérarchie des Mangemorts, accomplissant avec les autres Mangemorts tout ce que Voldemort ou Malfoy pouvait demander. Elle faisait d'ailleurs partie des marqués, et cela dès la sixième année. Il pouvait alors comprendre le manque d'envie d'Hermione de faire le moindre effort pour s'investir, et il ne le lui demandait d'ailleurs pas. Du côté des deux Serpentard… Ils s'en fichaient, c'était aussi simple que ça. Harry ne pouvait pas s'avancer sur la façon dont ils auraient réagi si les Gryffondor avaient essayé de leur parler – après tout, il ne les connaissait pas aussi bien que Ron et Hermione – mais il était persuadé que ça n'aurait pas été violent. Millicent aurait probablement juste dit qu'aucun n'avait à faire le moindre effort pour se connaître, qu'ils n'avaient rien en commun, que ça ne servait à rien de forcer les choses et que ce n'était pas grave, et Blaise aurait juste acquiescé aux dires de sa meilleure amie. Bien évidemment, il ne fallait pas compter sur eux pour faire le premier pas ou autre connerie du genre. Il ne fallait pas oublier qu'ils étaient à Serpentard, et qu'ils ne faisaient strictement rien pour se montrer avenant envers les autres. C'était un privilège seulement réservé à leur maison, et encore. Les Serpentard de leur année s'étaient déchirés au moment où Harry avait décidé de faire son propre « clan », et avait emmené Blaise, puis Millicent avec lui.
- Approchez ! Approchez-vous !
Gilderoy Lockhart venait de monter sur l'estrade sans que le Serpentard ne s'en aperçoive, élégamment vêtu et son éternel sourire qui avait le don de crisper Harry sur les lèvres. Un peu plus loin et adossé au mur, Severus Rogue scannait la salle de ses yeux noirs tout en fusillant du regard tous ceux qui avaient le culot de le regarder dans les yeux, ou ceux qu'il n'aimait tout simplement pas. Ça faisait peu de personnes épargnées, si on comptait.
Lockhart leur fit part de son discours plein de narcissisme qu'il avait certainement répété devant sa glace avant de venir, et il entendit Hermione ricaner lorsque leur professeur fit référence à ses livres pour « plus amples détails sur ses aventures ». C'était vraiment agréable de ne pas avoir à subir la jubilation d'une Hermione de 12 ans face à cet imposteur, sérieusement. C'était peut-être un des points les plus positifs de cette nouvelle année. Il la regarda donc également avec un petit sourire amusé sur les lèvres, et se reconcentra ensuite sur ce que le professeur de Défense contre les Forces du Mal pouvait dire. Pas que ce soit très intéressant, mais c'était au moins divertissant.
Rogue s'approcha finalement lorsque Lockhart en fit la mention, et esquissa un rictus dans sa direction qui fit légèrement grimacer Harry. Bien que Rogue soit devenu un allié durant la guerre, qu'il se soit beaucoup calmé avec Harry et qu'il valorise ses capacités en lui donnant des points en cours de Potion, Harry ne pouvait s'empêcher de toujours se sentir impressionné par cet homme, voire peut-être un peu craintif. Il était puissant, renfermé, calculateur, intelligent. Et, contre toute attente, du côté du bien. C'était facile de succomber au mal lorsque l'on avait tout pour s'élever dedans, mais Severus Rogue ne l'avait pas fait et Harry ne pouvait qu'être impressionné et étonnement respectueux face à cette volonté d'esprit qui n'était la caractéristique que de trop peu de monde.
Alors certes, il trouvait toujours que Rogue était un gros con dans son comportement, mais en tant que personne, celui-ci était bien meilleur que lui.
Même si on voyait clairement à la façon dont il regardait son collègue qu'aucune bonne pensée ne le traversait actuellement. A part peut-être l'idée de le faire voler à travers la pièce, qui devait vraiment le mettre en joie. Intérieurement. Très intérieurement.
Et il le fit. Quelques minutes plus tard, Lockhart avait traversé l'estrade et s'était réceptionné contre le mur du fond, provoquant une vague de panique chez les élèves – vague de panique essentiellement composée de la gente féminine, en réalité. Ron et Millicent avaient éclaté de rire en le voyant tomber – et Ron avait de suite arrêté en se rendant compte qu'il riait avec Millicent, ce qui lui avait valu un regard un peu méprisant de la part de la jeune fille – et Hermione, Harry et Blaise s'étaient contentés de sourire face au spectacle. Hermione et les trois Serpentard se joignirent même aux autres Vert et Argent lorsqu'ils applaudirent le directeur de leur maison, et Ron avait regardé Hermione comme si elle venait de lui annoncer la chose la plus surprenante de l'histoire de l'existence. Pour les Serpentard, voir leur égérie se débarrasser aussi facilement de l'homme qui était censé avoir tout fait et tout vu et que personne de leur maison ne semblait apprécier rendait tout ceci terriblement amusant, et pour Hermione… C'était simple, elle tenait enfin la vengeance de ses années de fanatisme totalement injustifiées. Mais bien évidemment, Ron ne pouvait pas le savoir.
Tout le monde se calma finalement et des groupes furent formés pour commencer l'entraînement, Lockhart ayant décidé de mettre fin à son humiliation en démarrant la pratique. Harry s'était naturellement mis avec Hermione, Blaise avec Millicent et Ron avec Seamus Finnigan qui traînait par-là, et ils étaient sur le point de commencer à faire ce que le professeur de Défense contre les Forces du Mal avait ordonné lorsqu'Harry entendit la douce voix de Rogue s'élever derrière lui. Ah, c'était donc pour ça qu'Hermione s'était arrêtée dans son geste, que Ron s'était crispé – Rogue avait toujours cet effet sur lui – et que Millicent avait froncé de façon exubérante des sourcils en sentant les problèmes arriver ? Harry eut une nouvelle grimace en voyant le petit rictus carnassier sur les lèvres de son directeur de maison en se retournant. Mince. Il avait presque oublié ce qui allait suivre.
- Je pense que quelques changements doivent être effectués. Potter, vous allez avec Malfoy. Bulstrode, avec Granger. Zabini, vous irez avec Nott.
Et après avoir annoncé ça d'un ton catégorique qui ne laissait place à la discussion, le potioniste se retourna dans un mouvement de cape dont lui seul avait le secret, et se dirigea vers Malfoy en binôme avec Parkinson. Il le faisait certainement dans le but de lui annoncer également la nouvelle de ce changement de dernière minute, et Harry était quand même curieux de voir comment réagirait l'héritier Malfoy. Il lança finalement un regard désolé à Hermione qui lui fut rendu, et entendit les voix de ses camarades de Serpentard s'élever une fois que Rogue fut assez loin pour ne pas les entendre.
- Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, avait dit Blaise en se tournant vers Nott, qui avait visiblement été prévenu du changement vue la façon dont il le regardait.
- Courage. Au moins tu restes avec l'un des nôtres, avait cette fois annoncé Millicent en lorgnant Hermione.
- Un problème Bulstrode ?
- Jamais. Je te préviens juste que je risque d'avoir du mal à me contrôler avec toi en face.
- Ne t'inquiète pas pour ça, je pense que je suis parfaitement apte à maitriser une… fille comme toi.
- On va voir ça. Mais n'y crois pas tr…
Et elles furent ensuite trop loin pour qu'Harry puisse entendre la suite de leur discussion.
- Tu penses que ça va bien se passer entre Milli et Granger ? avait demandé Blaise avec un air concerné dans la voix.
- Aucune idée. Pour Nott et toi, tu le sens comment ?
- On va laisser couler. Malfoy et toi ?
- On va laisser couler, reprit Harry en haussant des épaules. Evite de trop casser Nott cependant, il risquerait de te prendre en grippe pour quelques années.
- Mmh… En effet. T'as pas mal fait les frais de son acharnement, n'est-ce pas ?
Harry acquiesça avec un sourire en coin. Blaise reprit la parole :
- Dans le fond, je suis certain qu'il n'est pas méchant. Juste idiot.
- Il me semble que c'est encore pire pour toi, non ?
Avec un sourire énigmatique qui eut le don de faire rire légèrement Harry, Blaise s'éloigna finalement de lui afin de se rapprocher de son partenaire.
Le regard d'Harry glissa finalement sur son propre binôme, qui parlait désormais avec Rogue les sourcils froncés. Parkinson était maintenant un peu plus loin, et avait une mine dégoûtée en se rendant compte qu'elle devait faire équipe avec un Fred Weasley particulièrement taquin et amusé par la situation. Bon Dieu, il allait véritablement lui en faire voir de toutes les couleurs. Son regard retomba cependant bien vite sur Malfoy, et au bout de quelques secondes d'une discussion qui lui paraissait animée, Harry attrapa sa baguette sans réfléchir. Curieux et faisant totalement abstraction du fait que ce ne soit pas très honnête, il jeta un sortilège d'augmentation vocale que Ron avait imaginé, puis inventé en s'inspirant des Oreilles à rallonge de Fred et George, et s'assit sur l'estrade en regardant désormais dans la direction opposée aux deux interlocuteurs. Il n'avait pas vraiment envie de paraître suspect.
Il avait vraiment envie de savoir ce qu'il se disait.
- …rquoi tu me fais ça ? disait Malfoy.
- Cette rivalité entre vous est ridicule, entendit-il dire de la part du professeur de potion.
- Et tu crois que c'est en nous faisant nous battre que les choses vont s'arranger ?
Un point pour Malfoy. Sans rire, c'était quoi cette excuse pourrie de la part de Rogue ? Il se doutait bien que s'il les avait mis ensemble la première fois, c'était dans l'unique but de faire profondément chier Harry, mais là ? Il ne comprenait tout simplement pas. Il savait que son professeur l'avait un peu plus à la bonne depuis qu'il était à Serpentard et qu'il rapportait pas mal de points grâce à ses bonnes notes, mais de là à carrément forcer les choses pour arranger leur « rivalité », c'était un peu gros. Rogue ne pouvait décemment pas l'apprécier autant.
- Au moins, vous êtes contraints à rester un peu ensemble. Votre… problème a divisé les Serpentard de votre année et vous êtes les seuls à n'avoir jamais fait ça. Vous devez rester soudés, au moins pour gagner la Coupe des Quatre Maisons et pour sauver l'honneur des Serpentard. On ne peut pas se permettre d'avoir une telle rivalité au sein même de notre maison.
Voilà. Enfin une raison un peu plus plausible.
- Mais c'est… Potter. Je n'en ai pas envie.
- A d'autres Draco.
- J'ai déjà essayé. Il n'a rien voulu savoir. Je ne vais pas lui courir après, il a fait son choix.
- Tu remarqueras que le Potter de cette année est un peu… mieux que celui de l'année précédente, même si ça me tue de l'avouer. Il a l'air de mieux accepter son statut de Serpentard. Tu devrais réessayer.
- Il est indigne de notre maison. Il l'a prouvé à maintes et maintes reprises.
- Draco.
Malfoy soupira longuement. Il avait l'air profondément embêté par ce que son professeur lui demandait.
C'était étrange, mais Harry avait toujours tendance à oublier que Rogue était le parrain de Malfoy, et qu'ils entretenaient de ce fait le même type de relation qu'il pouvait avoir avec Sirius. Le tutoiement qu'ils avaient employé naturellement tous les deux l'avait dans un premier temps surpris – après tout, il n'avait jamais entendu la moindre conversation privée entre ces deux là – et l'utilisation des prénoms encore plus, mais dans le fond, n'était-ce pas normal pour un parrain et son filleul ? Harry n'arrivait décidément pas à se faire à l'idée. Il savait que Malfoy vouvoyait son père et sa mère, alors pourquoi ne le faisait-il pas avec Rogue ? Leur professeur de Potion pouvait-il s'avérer être une personne sympathique, du moins avec les gens de sa « famille » ?
- Bon, nous ne continuerons pas cette discussion ici quoi qu'il arrive. Alors est-ce qu'on s'entend au moins pour aujourd'hui ?
- On verra, se résigna finalement Malfoy.
- Bien. Vas-y, maintenant, ou Potter risquerait de se suicider depuis son estrade.
Il rêvait ou bien Rogue venait réellement de faire de l'humour ? De l'humour noir, certes, mais de l'humour quand même ? Malgré le fait que ce soit à ses dépens, Harry ne put empêcher à sa bouche d'esquisser un petit sourire amusé. C'était vrai qu'il ne devait pas avoir l'air malin, assis seul sur cette estrade, à regarder dans le vide comme s'il pensait à la difficulté de la vie et aux moyens de remédier à ça.
- T'es bête, dit finalement Malfoy et Harry était certain d'avoir entendu de l'amusement dans sa voix.
- Un peu de respect jeune homme, répliqua tendrement Rogue.
De la… tendresse de la part de Rogue ? C'était quoi ça ?
- Excu… Je rêve ou Bulstrode et Granger sont en train de se battre ?
A ces mots, Harry tourna la tête pour observer les deux jeunes filles précédemment mentionnées et écarquilla des yeux en voyant le spectacle qu'elles offraient. Leurs baguettes étaient au sol et elles en étaient venues aux mains, poussant des cris dont Harry avait totalement fait abstraction jusqu'alors. Millicent étant bien plus grande et combattive qu'Hermione, elle avait forcément l'avantage et tenait la tête d'Hermione sous son bras, la jeune femme essayant de se dégager par tous les moyens. Avant qu'Harry ne puisse faire quoi que ce soit pour aller séparer ses deux amies, Lockhart se rapprocha du groupe pour le faire.
- T'AS PAS FINI DE MATER, POTTER ?
Harry avait tellement sursauté qu'il en avait fait tomber sa baguette.
Quel abruti. Il avait oublié d'enlever le sortilège d'augmentation vocale, et maintenant que Malfoy se trouvait juste derrière lui sa voix lui avait paru vingt fois plus forte.
En faisant totalement abstraction du ricanement satisfait et augmenté de Malfoy, alors persuadé qu'il venait de l'attraper la main dans le sac, Harry se pencha pour attraper sa baguette en murmurant un discret Finite Incantatem.
- Arrête de glousser.
C'eut au moins pour don de faire taire Malfoy.
- Je ne glousse pas.
- Bien évidemment.
- Je ne suis pas une fille.
- Ok.
- Je n'apprécie pas te…
- Tu comptes me faire un paragraphe argumenté ou on peut commencer ?
- Ne m'interromps pas quand je parle.
- Jusqu'à preuve du contraire, je fais ce que je veux.
Il voyait bien l'agacement qu'il avait réussi à lui provoquer en un temps record, et un sourire goguenard vint malgré tout s'installer sur son visage. Malfoy essayait de se contrôler, mais ses yeux lui lançaient des éclairs et le sourire d'Harry s'agrandit un peu plus à cette constatation. Harry ne pouvait décemment pas perdre cette vieille habitude qu'il avait de saisir toutes les perches tendues par Malfoy, c'était comme ça. Il était comme… programmé génétiquement pour agacer le blond. C'était un de ses plus infaillibles dons. Le Prince des Serpentard soupira finalement et contracta durement la mâchoire.
- Bon écoute Potter, si on commence comme ça on va pas aller loin. Alors je te propose qu'on s'ignore en bonne et due forme, et qu'on se contente de faire ce qui nous est demandé.
Une trêve de quelques instants lui allait quand même.
- Ça me va.
Et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent debout, face à face, à se lancer des charmes – c'était un abus de langage d'appeler ce qu'ils faisaient des sortilèges – tous plus ridicules les uns que les autres qui eurent divers effets sur leur corps, rendant leur combat assez… virulent, malgré le côté enfantin des sorts utilisés. Chacun mettait tout ce qu'il avait pour prendre le dessus sur l'autre et la colère dans leurs yeux rendait cet échange presque électrique. Ils voulaient dominer, c'était flagrant et ce besoin de supériorité était quelque peu inquiétant venant d'enfants de leur âge. Mais malgré ce qu'on pouvait penser en voyant cette haine danser dans ses yeux, Harry faisait beaucoup d'effort pour ne pas dévier ou annuler chaque charme envoyé par Malfoy, ou pour trouver des sortilèges de premier niveau afin de rester à celui du blond. Il n'était pas déloyal et abimer mortellement le blond n'était pas l'objectif d'aujourd'hui il devait quand même rester vivant, c'était pour ça qu'il était ici. Mais n'ayant plus fait usage de magie « enfantine » depuis des années maintenant, il devait avouer que la diversité de ses sortilèges était plutôt restreinte, voire ridicule. Il fallait aussi dire qu'il n'avait pas tué des partisans de Voldemort avec des Jambencoton ou des Rictusempra, et qu'il ne pouvait décidemment pas tout retenir toute sa vie.
Alors oui, malgré le fait que ses sortilèges soient plus puissants que ceux du blond, ils étaient plus restreints et peu originaux, et à force de refaire les cinq mêmes en boucle Harry finissait par se décrédibiliser quelque peu. C'est pour cela que le brun fut soulagé lorsque Lockhart, d'une voix paniquée, mit fin aux duels de tout le monde qui semblaient s'être envenimés. Malfoy sembla remarquer son soulagement face à l'arrêt des combats, et arqua un sourcil moqueur en le lorgnant. Il ne dit rien, mais son silence parla pour lui. Harry l'ignora simplement. Lockhart avait recommencé à parler et il n'avait pas envie de répondre au blond.
- Je crois que l'on devrait apprendre à neutraliser les mauvais sorts avant tout. Prenons deux volontaires. Londubat et Finch-Fletchey ?
- Très mauvaise idée, coupa Rogue d'un ton catégorique. Londubat sème la désolation chaque fois qu'il essaie de jeter le moindre sort. Il ne resterait plus quand-chose de Finch-Fletchey après ça.
Mais son froncement de nez prouvait bien qu'il n'en avait rien à faire. Harry vit du coin de l'œil le petit sourire amusé de Malfoy.
- Pourquoi pas Malfoy et Potter ?
Sourire qui se dissipa bien vite.
- Excellente idée ! Venez-là tous les deux, dit-il en leur faisant signe de monter sur l'estrade.
Malgré-lui, Harry tourna complètement la tête vers Malfoy pour voir ce qu'il faisait, et soupira longuement en voyant que le Prince des Serpentard le regardait aussi. Il fut étonné de retrouver le même ennuie que lui dans le regard gris du Malfoy, mais il fit mine de rien et se contenta de briser le contact visuel afin de monter sur l'estrade. Malgré toute la haine qu'ils pouvaient avoir pour l'autre, ils partageaient actuellement la même situation embarrassante et ennuyante et ressentaient donc la même lassitude. Une question similaire, peut-être pensée plus élégamment par l'un, passait en boucle dans leur tête : pourquoi ça tombait toujours sur eux ?
- Harry, quand Draco pointera sa baguette sur toi, tu feras ça.
S'en suivit une chose encore plus humiliante pour Lockhart que son précédent vol plané dû au sortilège de Rogue : lorsqu'il tenta de montrer un geste compliqué et totalement faux de la baguette qui avait, en théorie, pour but de neutraliser un sort ennemi, le bout de bois – ouais, quand on ne savait pas l'utiliser à ce point, une baguette magique ne redevenait plus qu'un joli bout de bois – tomba tout simplement au sol. Harry, les autres Serpentard, Hermione et Rogue partagèrent le même sourire narquois et satisfait alors que Lockhart se baissait pour la ramasser en ricanant un maladroit « Holà ! Ma baguette est un peu énervée ce soir ! » qui ne sonnait pas du tout crédible. Cet homme ne cesserait donc jamais de se ridiculiser en tentant d'en faire toujours trop ? D'ailleurs, n'y avait-il pas un professeur dans cette salle (autre que Rogue, bien entendu) pour clairement montrer que ce que faisait et disait Lockhart était tout bonnement faux ?
- Donc pour me protéger, il faut que je laisse tomber ma baguette c'est ça ? ne put s'empêcher de demander Harry avec un petit sourire moqueur.
- Non, tu fais ce que je t'ai montré avant qu'elle ne me glisse des mains.
- Bien sûr.
Le sourire que lui adressa Harry lui faisait certainement comprendre tout le bien qu'il pensait de lui.
- Mmh... Bien. Tout d'abord, il faut savoir que chaque bon duel commence par les salutations. Alors saluez-vous ! dit le professeur de Défense contre les Forces du Mal afin d'échapper au regard un peu méprisant d'Harry.
Harry s'approcha donc de Malfoy, la baguette levée devant son visage, et fit malgré lui un petit sourire lorsque le blond ouvrit la bouche. Plus personne ne parlait dans la salle et sa voix, assez basse pour que seul lui l'entende, avait ce même accent aristocrate en chuchotant.
- Peur, Potter ?
- Terrifié, fut sa simple réponse dite d'un sarcasme si coupant qu'il se demandait pourquoi Malfoy ne saignait pas déjà du nez.
Et ils se saluèrent aussi respectueusement que possible avant de reprendre chacun une distance correcte entre eux, Harry croisant le regard d'Hermione qui lui disait clairement « Doucement Harry, t'as 12 piges ». Harry avait hoché discrètement la tête dans sa direction et s'était retourné au même moment que Malfoy, qui semblait avoir eu le même type de discussion silencieuse avec Rogue – bien qu'il soit certain que le sujet n'était pas « retiens-toi », mais plutôt l'inverse. C'est naturellement qu'ils se mirent en position de combat et, comme dans son souvenir, Malfoy lança le premier sortilège au « 2 » du décompte de Lockhart en surprenant tout le monde, sauf lui. Merci à ses réflexes, c'est sans aucun problème qu'Harry le neutralisa en un mouvement bref, simple et concis qui, pourtant, sembla impressionner les élèves par son mécanisme, et fit un mouvement d'épaule lorsqu'il croisa le regard sévère d'Hermione qui attendait certainement qu'il se laisse faire. Il avait laissé entendre qu'il ne ferait rien qui ne soit pas à la portée d'un enfant de son âge, pas qu'il ne se défendrait pas. Il avait simplement décidé de n'attaquer à aucun moment afin de ne pas risquer de trahir sa couverture. Il laissa donc Malfoy envoyer plusieurs sortilèges à la suite, montrant clairement qu'il ne désirait pas particulièrement prendre part de façon offensive à ce duel – puis même, de toute façon il ne connaissait pas assez de charme de premier niveau pour ça –, et baissa finalement sa baguette lorsque Malfoy fit de même après son Serpensortia.
Un magnifique serpent se trouvait désormais entre eux, sifflant – pour Harry – à quel point tout était étrange et hostile autour de lui. Il se sentait menacé, était dépaysé et n'appréciait que trop peu toutes les têtes à son niveau qui suintaient la peur et un intérêt malsain. Harry observa Rogue et Lockhart se disputer la destruction du serpent, qui se retrouva bien vite propulsé dans les airs après un sortilège nouvellement raté de Lockhart qui avait initialement pour but de le faire disparaître, et Harry ne put que lever les yeux au ciel face à toute cette agitation provoquée par son professeur de Défense contre les Forces du Mal. Malfoy, de son côté, semblait plutôt fier de lui à croire qu'il avait réussi à piéger Harry, mais le sourire que le brun lui envoya le fit vite déchanter. Se laissant guider par son instinct, le « héros de la nation » se dirigea vers le serpent, qui lui s'était rapproché de Justin Finch-Fletchey en le menaçant clairement – dans le sens où c'était clair même pour des personnes n'ayant aucune notion de Fourchelang –, et commença à parler. C'était à lui d'agir, et un bref regard vers Hermione lui apprit qu'elle approuvait ce qu'il faisait.
- Laisse-le tranquille. Tu vois bien qu'il n'a pas l'air d'un repas pour toi, non ?
Le serpent se tourna vers Harry, et lui répondit effrontément un « T'es qui toi ? Et de quoi je me mêle ? » qui surprit le garçon, et lui fit par la même occasion penser que l'animal était bien trop semblable à son créateur. Il allait répondre quelque chose sur le code de politesse des reptiles, qui devait bien exister après tout, lorsque le serpent s'embrasa suite à un sortilège de Rogue, ne laissant qu'une traînée de cendres là où il se tenait précédemment. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'Harry prit conscience du silence qui régnait dans la Grande Salle. Bien.
Une semaine après les événements, ce qu'il s'était passé au club de duel avait fait le tour du château. Il n'avait pas besoin de préciser que tout le monde le prenait aujourd'hui pour l'Héritier de Serpentard, et que chacun de ses gestes était épié comme s'il allait se mettre à pétrifier des gens au détour d'un couloir.
Bon Dieu. C'était reparti pour un tour.
Contre toute-attente, seuls les élèves de sa maison et le professeur Rogue le laissaient tranquille. Il avait bien le droit à quelques regards insistants lorsqu'il se retrouvait dans la Salle Commune ou dans la Grande Salle, mais personne n'avait rien dit et c'était pour le mieux. Les Serpentard faisaient tout simplement comme s'il n'existait pas – ce qui ne changeait pas énormément d'habituellement – et que toute cette situation était trop loin d'eux. C'était bien la première chose qui l'avait séduit chez les Vert et Argent, et il ne regrettait aujourd'hui pas vraiment le choix qu'il avait pu faire de ne pas insister plus auprès de Dumbledore afin qu'il le change de maison. Il savait, en connaissance de causes, que la même situation chez les Gryffondor était une chose intenable et il était assez satisfait d'avoir à la subir du côté Serpentard… Même si les « assauts » des autres élèves étaient plus violents que la première fois.
Comme on pouvait se douter, si la rumeur qui affirmait qu'il était l'Héritier de Serpentard n'était pas vraiment passée alors qu'il avait été réparti à Gryffondor, ça passait encore moins maintenant qu'il était réellement à Serpentard et qu'il était considéré comme « un gosse à problèmes » depuis son débordement avec Malfoy et Dumbledore dans la Grande Salle de l'année précédente. Les propos étaient plus virulents, plus ciblés, et si même Fred et George ne faisaient aucune blague douteuse sur l'occupation de ses après-midis dans la Chambre des Secrets, c'est qu'il y avait forcément quelque chose en plus que la dernière fois.
Peut-être était-ce le fait qu'il avait réellement pris part à tout ça cette fois-ci. Qu'il avait été, en quelque sorte, le complice de Tom Jedusor et qu'il l'aidait actuellement à semer la terreur au sein du château.
Peut-être pas.
Comment aurait-il pu le savoir ?
Tout ce dont il était certain, c'était que les autres élèves des trois maisons restantes se faisaient un plaisir de crier sur tous les toits qu'ils avaient vu Harry Potter avec un comportement louche, qu'Harry Potter s'était énervé contre quelqu'un et que cette personne serait donc la prochaine victime de la créature, qu'Harry Potter avait l'air de plus en plus méchant ou qu'Harry Potter se renfermait sur lui-même – très certainement parce qu'il ne pouvait plus digérer tout ce qu'il causait au château, ça allait de soi !
Harry Potter était de nouveau une bête de foire et tout le monde semblait s'être donné le mot pour le faire sortir de ses gonds.
Il était actuellement en cours de Sortilèges avec les Poufsouffle… Et il fallait bien se douter que son « assaut » contre Justin n'avait pas du tout plu à ses camarades de maison. Ils étaient connus pour leur loyauté sans faille envers les gens qu'ils aimaient et même si, généralement, c'était dépeint comme une grande qualité de cœur et d'esprit, actuellement, Harry se demandait simplement si le terme « loyauté » n'était pas un lointain synonyme de « stupidité ». Ils se faisaient une joie de lui envoyer des bouts de papier ou de gomme dès que Flitwick avait le dos tourné, et pouffaient stupidement dès qu'Harry se tendait un peu plus face à ce geste enfantin à en pleurer. En admettant le fait que ce soit vrai et qu'il soit bien l'Héritier de Serpentard, n'avaient-ils vraiment aucun instinct de survie ?
Blaise, à côté de lui, s'obstinait à déchirer les coins de sa feuille tout en serrant sa mâchoire à lui en faire mal. S'il avait essayé, au départ, de raisonner de façon diplomate les autres élèves qui se faisaient un plaisir de persécuter Harry, il avait bien vite arrêté en excusant son impuissance à son ami, et en proclamant que ça ne servait strictement à rien d'essayer de faire quoi que ce soit étant donné qu'ils semblaient vraiment plongés dans leur connerie. Harry avait alors dit qu'il en avait déjà bien assez fait, et cela rien qu'en ne changeant strictement rien à son comportement malgré toutes les rumeurs qu'Harry se traînait. La seule chose que le basané avait dite en apprenant qu'il était un Fourchelang avait été « C'est une jolie langue. Tu dois être puissant pour pouvoir la parler. » et Harry avait été si reconnaissant envers son ami qu'il aurait pu le serrer dans ses bras. Il n'en avait à aucun moment attendu plus de sa part.
Millicent, en revanche, c'était autre-chose. Malgré le fait qu'elle avait été assez mature pour ne pas réagir du tout face à la nouvelle, elle n'arrivait absolument pas à imiter le calme olympien de Blaise et répondait toujours lorsque quelqu'un faisait une réflexion à Harry. Blaise et lui y étaient habitués, mais la jeune fille était si violente qu'elle avait à de nombreuses reprises failli utiliser les poings pour régler le problème, ce qui n'était pas recommandé étant donné que ses parents lui avaient clairement stipulé qu'ils ne tolèreraient aucun autre écart violent de la part de leur fille suite à l'épisode de la sélection de Quidditch. Si jusqu'à présent, Harry et Blaise avaient suffi à la calmer lorsqu'elle commençait à partir dans ses délires, à présent que les ¾ de Poudlard étaient contre lui et faisaient tout pour l'intimider, il était difficile de lui faire garder son calme.
- Je vais les étriper, avait-elle dit en serrant les dents à voix basse alors qu'Harry reçut un énième bout de papier.
- Millicent, prévint-il simplement.
- Je ne vais rien faire. Mais s'ils disent quoi que ce soit, je ne peux pas t'assurer que je ne vais pas leur répondre.
- Millicent, l'imita Blaise avec un air grave.
- Oh c'est bon, arrêtez ça.
Elle gonfla les joues tout en continuant à faire des dessins abstraits dans le coin de sa feuille afin de se concentrer sur autre chose.
Harry reçut une gomme entière au visage. Ses lunettes tombèrent sur le sol et, il ne savait pas si c'était dû à un mauvais angle de chute ou à autre chose, mais un des deux verres était désormais fissuré. Bordel.
Lorsqu'il se redressa pour observer l'état de ses lunettes sous les discrets et mélodieux rires des Poufsouffle, Harry entendit quelqu'un se lever brusquement derrière lui.
- Donc, si j'ai bien compris, vous ne comptez rien faire Professeur ?
C'était la voix de Draco Malfoy. Il avait l'air passablement agacé et si Harry ne le connaissait pas aussi bien, il aurait manqué la pointe d'énervement dans sa voix. Flitwick se retourna suite à l'éclat de voix de son élève et fronça des sourcils en l'observant.
Ok. Il se passait quoi là ?
- Faire quoi pour quelle raison, monsieur Malfoy ?
- Potter qui se fait persécuter par les Poufsouffle, ça ne vous dit rien ?
Flitwick esquissa un petit sourire face à cette réplique. C'était clair que, s'il s'était rendu compte de quoi que ce soit – ce qui était un peu évident étant donné les ricanements précédents des Poufsouffle et le bruit de la chute de ses lunettes – il ne comptait rien faire et allait tout nier en bloc. C'était vrai que la situation paraissait peu croyable. Des Poufsouffle, qui appartenaient à la maison la plus tranquille de Poudlard, persécutaient Harry Potter, Serpentard ayant toujours intimidé les autres camarades ?
Harry devait avouer que c'était absolument ridicule, et il mentirait s'il disait qu'il ne se sentait pas profondément humilié. Il ne réagissait pas aux attaques des autres maisons parce qu'il en avait l'habitude, mais ça n'en restait pas moins désagréable pour lui.
- Ne soyez pas ridicule. Asseyez-vous.
- Je conçois que cette situation vous semble… cocasse. Mais elle ne l'est pas, Professeur, prenez-en bien conscience. Il y a une claire tentative de persécution qui se déroule sous vos yeux et v…
- Je n'ai rien vu monsieur Malfoy.
- Ne m'interrompez pas.
D'accord. Peut-être était-il encore plus énervé que ce qu'Harry avait pensé dans un premier temps.
Il détestait très visiblement quand on l'interrompait.
- Je vous demande pardon ?
- Non, moi je vous demande pardon. Vous savez que fermer les yeux sur de telles choses se déroulant dans votre classe pourrait mener à votre renvoi définitif de l'établissement pour manque de réaction face à un élève en détresse ?
- En quoi vous permettez-vo…
- Je n'ai pas fini, dit-il d'une voix plus forte que précédemment en fusillant l'homme de petite taille du regard. Nous savons tous ici que Dumbledore prendra votre partie et dira qu'il y a méprise, mais sachez de source sûre que Dumbledore n'a que peu de choix sur qui le Conseil d'Administration décide de renvoyer. Dès que mon père en entendra parler, il va tout faire pour vous faire partir d'ici. Et étant donné que 6 des 10 membres du Conseil ont leurs enfants à Serpentard, vos chances de passer outre leur choix sont minimes, voire nulles.
- Je n'ai jamais eu le moindre problème avec les Serpentard, vous vous méprenez sur mes intentions. Je n'ai rien vu de tout ce qu'il s'est passé avec monsieur Potter et j'en suis navré, mais je ne peux pas punir des élèves sans en avoir la preuve sous les yeux. Nous n'avons pas besoin d'arriver jusqu'à de tels recours.
- Ses lunettes cassées n'en sont pas la preuve ?
- Il a très bien pu les faire tomber sans l'aide de personne. Je suis désolé mais ce n'est pas valable.
Le professeur ne voulait visiblement pas revenir sur sa première version, qui stipulait qu'il n'avait rien vu de tout ça. Il ne voulait certainement pas se décrédibiliser en changeant de version en cours de route, mais Harry trouvait juste qu'il s'enfonçait un peu plus dans le ridicule et la connerie.
- Votre comportement est bien trop discriminatoire pour que vous continuiez à enseigner dans cette école, censée partager les valeurs d'entraide et de tolérance. Alors quoi, ce n'est qu'un traitement de faveur accordé aux Sangs-de-Bourbe dans cette foutue école ?
- Monsieur Malfoy, comment osez-vous par les temps qui courent ?
- Et vous, comment osez-vous laisser le meilleur potentiel de Poudlard se faire insulter et martyriser sous peine qu'il est à Serpentard ? Je suis persuadé que si Potter avait été à Gryffondor ou peu importe, le corps enseignant n'aurait pas été aussi inutile et impuissant face à tout ce qu'on lui fait subir.
- Porter de telles accusations est honteux jeune sorcier, j'espère que vous en avez bien conscience.
- C'est votre compo…
- J'en ai assez entendu. Sortez immédiatement de ma salle.
- Il me semble vous avoir demandé de ne pas m'interrompre.
- Et il me semble vous avoir ordonné de quitter mon cours sur le champ. Vous recevrez bientôt une lettre de la part de Dumbledore.
- Ne vous inquiétez pas, vous aussi.
Le sourire goguenard de Malfoy ne laissait transparaître aucune crainte.
- Je n'ai jamais vu autant d'insolence en quarante ans d'expérience. Pour qui vous prenez vous ? Menacer un enseignant de renvoie, et puis quoi encore ?
- Laisser un élève se faire casser ses affaires à cause d'une rumeur ridicule qui vous arrange bien, et puis quoi encore ?
- Il me semble vous avoir demandé de quitter ma salle ! Sortez maintenant !
- Parfait.
D'une lenteur calculée qui eut le don de faire monter la tension de Flitwick (qui était plus livide que jamais), Malfoy rassembla ses affaires dans son sac sans laisser retomber son sourire. Bien vite, les autres élèves de Serpentard commencèrent à faire de même, et tous se levèrent pour suivre leur Prince sans avoir besoin d'échanger un mot pour se mettre d'accord. Harry observait le mouvement qui se créait dans la salle sans pouvoir faire un geste, comme pétrifié à son tour par l'ampleur qu'avaient pris les événements sans qu'il ne puisse rien contrôler. Blaise finit par lui tapoter l'épaule, et il reprit assez ses esprits pour pouvoir rassembler ses affaires à son tour et suivre le mouvement de sa maison.
Non mais qu'est-ce qu'il venait de se passer ?
Et voilà pour ce 13ème chapitre, j'espère qu'il vous aura pluuuuu !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Comme Malfoy n'était pas très présent – voire pas du tout – dans le chapitre précédent, je l'ai fait revenir en force ici avec une altercation comme on les aime x) Et c'est pas fini, il y aura encore plus de Malfoy dans le chapitre suivant :P
La suite au prochain épisode. Loooove x
