Yooo !
Je voulais vous offrir ce chapitre un peu plus tôt, mais je n'ai pas pu à cause d'un exam. Me voilà donc maintenant aha
Dans le chapitre 13 : C'est le club de duel et lors de la démonstration avec Malfoy, Harry se révèle Fourchelang aux autres. Dès lors, les élèves se font un malin plaisir de persécuter Harry, notamment en cours de Sortilèges durant lequel Flitwick ne réagit pas. Malfoy, en revanche, le fait et menace de faire virer Flitwick pour non-assistance à élève en détresse. Il se fait finalement virer de la classe, et tous les Serpentard partent avec lui en solidarité.
Bonne lecture !
CHAPITRE 14
C'était étrange de voir les couloirs aussi vides en pleine journée.
Malfoy en tête de file, les Serpentard se dirigeaient silencieusement vers les cachots, désirant atteindre le plus rapidement possible leur salle commune s'y trouvant. Leurs pas résonnaient lourdement dans les couloirs, mais ça n'empêchait pas que le silence s'épaississe un peu plus au fil des secondes autour d'eux sans que quiconque ne souhaite le briser. Personne n'osait dire quoi que ce soit. Personne ne savait vraiment quoi dire non plus.
Surtout pas Harry, qui se déplaçait en fixant distraitement ses pieds afin d'éviter les regards insistants et maladivement curieux de Tracey Davis et Pansy Parkinson.
Il ne comprenait vraiment pas ce qu'il venait de se passer. Il avait l'impression que son cerveau refusait catégoriquement de prendre en considération les derniers événements, préférant se persuader que tout ceci n'était qu'issu de son imagination et que Malfoy n'avait décidément pas menacé de faire virer Flitwick à cause de lui.
C'était un monde parallèle. Encore plus parallèle que celui dans lequel il était arrivé suite au rituel.
Il n'était pas idiot, il savait bien que Malfoy était la seule raison pour laquelle les Serpentard avaient quitté cette classe en signe de solidarité, mais c'était justement ce premier point qui l'embêtait. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de faire une chose pareille ? Malfoy, prendre sa défense ? Alors que c'était lui qui le persécutait la plupart du temps depuis maintenant presque neuf ans ?
Cette seule pensée lui donnait bien trop mal à la tête tellement elle était incohérente.
En voyant la « détresse » d'Harry – oui, vraiment, ça lui faisait du mal de seulement penser à ça –, Malfoy avait décidé de se mettre de son côté et de menacer un professeur de renvoi – non, ça par contre, il ne s'en remettrait pas. Il l'avait assigné du titre de « meilleur potentiel de Poudlard » alors qu'ils se détestaient cordialement et étaient tacitement en constante rivalité, et avait clairement exposé son point de vue sur la stupidité de la soi-disant implication d'Harry dans la réouverture de la Chambre des Secrets. Il avait été assez convaincant pour faire paniquer Flitwick sur ledit renvoi, et assez menaçant pour que, Harry en était certain, les Poufsouffle le laissent tranquille dans les semaines à venir et fassent passer le mot suivant : Harry Potter avait l'appui des Serpentard, et ceux-ci n'allaient plus laisser les choses courir sans rien dire.
En soit, il avait défendu Harry avec une classe et une efficacité presque… effrayante.
- Tu vas bien Harry ? demanda Millicent en chuchotant discrètement. T'es tout pâle.
Il avait presque sursauté en entendant sa voix.
- Oui, ne t'inquiète pas. J'ai juste mal à la tête.
Quand ils furent finalement arrivés aux cachots et que Malfoy annonça d'une voix claire Contrôle – qui était le mot de passe de ce mois-ci –, les Serpentard se ruèrent littéralement à l'intérieur avant de se retourner vers Harry, qui s'était immobilisé en remarquant l'attention nouvelle qu'on lui portait. Il fallait s'en douter. Les Serpentard se préservaient assez pour ne rien dire ou faire paraître en dehors de la salle commune, mais les choses allaient toujours plus naturellement une fois qu'ils se retrouvaient entre ces murs et qu'aucune personne extérieure ne pouvait les voir interagir.
Harry déglutit. Il n'appréciait pas vraiment lorsqu'on l'épiait.
Malfoy s'était assis sur l'accoudoir d'un fauteuil tout en conservant une tenue princière et distinguée, et observait ce qu'il se déroulait sous ses yeux en arquant un sourcil – le fameux et célèbre sourcil. Il fit un petit rictus amusé en croisant le regard d'Harry, et celui-ci détourna presque instantanément le regard en le remarquant. Il n'avait pas spécialement envie d'avoir un sourire typiquement Malfoyen dans son champ de vision, il en avait eu assez le droit lors de ces dernières années et ce n'était pas toujours issu de bons souvenirs.
Son regard retomba sur ses camarades qui attendaient visiblement qu'il parle pour lancer la conversation, chacun ayant une posture différente qu'Harry définirait toute pourtant comme agressive. Etrangement, il n'avait pas forcément envie d'ouvrir la bouche pour lancer les hostilités. Premièrement, parce qu'il avait un mal de crâne terrible à cause de toutes ces histoires, mais en plus parce qu'il n'avait clairement pas envie d'avoir à expliquer quoi que ce soit de tout… ça. Il savait que ce serait une bonne occasion pour les Serpentard de l'interroger sur ce qu'il en était vraiment de son implication dans l'histoire de la Chambre des Secrets, et il n'avait tout simplement pas envie d'avoir à rabâcher son innocence encore une fois.
- … Pourquoi vous me regardez comme ça ? fut tout ce qu'il trouva à dire alors que le silence se faisait de plus en plus pesant.
- Aucune réaction ?
C'était Flora Carrow. Harry haussa des épaules dans sa direction.
- J'en sais rien.
Il ne savait même pas pourquoi Malfoy avait fait ça, alors à quelle réaction s'attendaient-ils ?
- C'est à peine drôle, maugréa Parkinson.
- Et si vous le laissiez un peu tranquille ? intervint finalement Blaise en croisant ses bras sur son torse à l'attention des autres.
- Sérieusement, je ne savais pas que vous vous… tolériez, tous les deux, dit-elle en ignorant Blaise et en pointant successivement Harry et Malfoy du doigt.
- Ce n'est pas le cas, répondit simplement le blond.
- Alors pourquoi avoir fait ça ? C'est totalement incompréhensible.
- A aucun moment je n'ai dit que c'était pour lui que je l'avais fait.
- Explique-toi alors, nous laisse pas comme ça !
Malfoy soupira et se leva, contournant Daphnée Greengrass afin d'attraper un livre au hasard dans la bibliothèque qu'il fit semblant de feuilleter quelques instants. Harry, lui, se contenta de lever les yeux au ciel face à l'impatience propre à l'enfance que manifestait Parkinson. Sérieusement, qu'est-ce que ça pouvait lui faire de savoir pourquoi Malfoy avait fait ça ? Bien évidemment, ça intéressait Harry parce que ça le concernait directement, mais Parkinson n'avait rien à voir dans l'histoire alors pourquoi ? Elle avait tant besoin de soulager son besoin de potins que ça ?
- Il faisait pitié, à se faire opprimer de la sorte sans aucune résistance.
- Et alors ? demanda Goyle alors que Millicent se plaçait instinctivement à côté d'Harry.
- Et alors, vous savez bien qu'un Serpentard ne doit pas faire pitié, à aucun moment. Il fallait bien que quelqu'un prenne les devants, auquel cas notre réputation en aurait encore pris un coup à cause de lui.
- Il me semble que cet acharnement n'est qu'envers moi, dit difficilement Harry, qui avait de plus en plus de mal à se concentrer sur ce qu'il disait à cause de la douleur de sa tête. Tu n'avais pas be…
- Oh, arrête un peu tu veux ? Tu es devenu une victime à cause de ton statut d'Héritier de Serpentard, Potter. Quoi que tu fasses, ça aura une répercussion sur nous. Alors oui, j'ai réagi, parce que c'était évident que tu n'allais pas le faire et que tu allais encore laisser notre maison se faire traîner dans la boue.
- Je ne suis pas l'Héritier de Serpentard, soupira-t-il en fermant les yeux quelques secondes.
Le mal de tête qu'il avait commencé à ressentir dans les couloirs ne faisait que s'accentuer au fil des secondes et il était persuadé qu'il n'avait jamais ressenti une telle douleur à ce niveau-là. Il avait besoin d'un médicament… Et de repos. Du calme serait le bienvenu. C'était pour cela qu'il devait éviter la dispute qui menaçait de poindre il n'en avait pas envie et n'avait clairement pas envie de débattre encore une fois sur la même chose non plus. De plus, éviter cette partie de la confrontation lui ferait gagner du temps, et il pourrait aller voir Pomfresh plus rapidement afin qu'elle lui donne quelque chose contre cette douleur.
- Et je suis désolé si l'un de vous a eu à souffrir de leur stupidité, ajouta-t-il en tentant clairement de calmer les hostilités.
Mais seul un ricanement ironique d'Hestia Carrow lui répondit, et Harry rouvrit les yeux en fronçant des sourcils.
- Sans déconner Potter, tu ne trouves pas que ça fait trop là ? demanda-t-elle.
- C'est clairement toi qui es en trop, marmonna Millicent de sorte à ce que seul Harry l'entende.
Mais Greengrass l'avait visiblement entendu, et elle étouffa un rire discret derrière sa main en lançant un regard amusé à Millicent et Harry. Harry, lui, se retint de sourire lorsqu'Hestia Carrow reprit la parole d'un ton agressif et provocateur, qui ne réussit à provoquer en lui qu'une incommensurable pitié.
- On commence vraiment à en avoir marre de ton comportement de gamin.
- C'est bien dommage, soupira Harry.
Ce n'était pas étonnant qu'elle prenne part au débat alors qu'il ne lui avait quasiment jamais adressé la parole. Depuis quelques temps, elle avait développé une fascination presque malsaine pour Draco Malfoy et avait, de ce fait, adopté le même comportement que lui en espérant se faire remarquer dès lors. C'était donc parti pour des reproches dignes du plus grand des Malfoy, domaine dans lequel elle était incroyablement bonne – s'il en croyait les rumeurs de dortoir, la jeune femme s'exerçait quasiment tous les soirs afin de parfaire l'imitation de son cher et tendre. Un regard vers Malfoy lui indiqua qu'il attendait visiblement avec lassitude que la jeune femme commence à parler en grande pompe également, et Harry esquissa finalement un petit sourire malgré lui. Ce n'était pas véritablement la réaction que Carrow aurait escompté.
- On t'accueille malgré le fait qu'on ne te connaisse pas, que tu ne partages pas les mêmes… valeurs que nous. On te laisse tranquille parce que tu n'es clairement pas une personne sociable. On te défend face aux autres car, au final, tu n'as pas l'air bien différent de nous
Elle avait levé un doigt à chaque argument, le regardant avec un mépris tel que c'en était presque ridicule. Harry leva les yeux au ciel en reconnaissant exactement les mêmes arguments que Malfoy avait utilisé une année plus tôt, lorsqu'ils étaient sortis en plein dîner, et jeta encore une fois un regard à Malfoy pour voir sa réaction. Sourcil arqué, moue dubitative. Il avait aussi reconnu ses mots.
- Mais malgré tous ces efforts, reprit Hestia, tu nous insultes derrière notre dos et tu pactises avec les Gryffondor. Ensuite, en plus du fait que tu ne participes pas vraiment à la bonne cohésion de groupe, tu t'obstines à nous faire passer pour des lâches en devenant la victime de tout le monde. Mais c'est quoi ton problème à la fin ?
Harry vit du coin de l'œil Malfoy se rassoir sur son accoudoir, continuant à observer la scène sans ne plus rien dire, et entendit Millicent marmonner derrière lui alors qu'il sentait la colère monter chez la petite blonde. Finalement, Goyle – oui, vraiment – prit la parole d'une voix quand même (un peu) plus sympathique que sa camarade :
- Ils pensent que tu es l'Héritier de Serpentard. Pourquoi tu n'en joues pas ?
- Parce qu'il est débile, tu ne vois pas ? reprit Hestia en décrédibilisant tout son personnage de Malfoy. Il pourrait tellement se faire respecter en les effrayant, en leur faisant comprendre qu'on ne parle pas comme ça à un Potter, à un Serpentard et à un Héritier de surcroît ! Mais lui, il préfère ne pas réagir et passer pour le pire des lâches !
- Non, Carrow, c'est toi qui te montre idiote ici, intervint finalement Malfoy alors qu'on n'y croyait plus. Je veux bien qu'il joue sur son statut de Potter et de Serpentard, mais pas sur celui de l'Héritier.
Elle allait répondre, mais referma bien vite la bouche en remarquant le regard dissuasif que lui lança Malfoy. Elle… rougissait ? Sérieusement ? On ne pouvait pas faire pire dans le cliché ?
- Pourquoi ça ? Je ne trouve pas que l'idée d'Hestia soit si mauvaise, dit finalement Tracey.
- Bon sang, pourquoi est-ce que personne ne se rappelle de l'Histoire ?
Harry tiqua à ces mots.
- Potter, ainsi que tous les Serpentard qui l'auraient déjà côtoyé, se feraient tout bonnement virer de l'école s'il laissait seulement entendre qu'il avait fait ça. Vous ne vous rappelez donc de rien ? La première fois que la Chambre a été ouverte, ils ont viré toute la maison parce qu'ils n'ont jamais réussi à trouver le coupable. La deuxième fois, lorsqu'ils ont pensé que la créature à l'intérieur avait été tuée, ils ont simplement renvoyé l'élève en pensant que l'histoire s'arrêterait là. Mais très visiblement, la créature ne l'est pas – ou plus, du moins – et ils vireraient tous ceux qui seraient susceptibles d'ouvrir de nouveau la Chambre sous les indications de Potter. Donc non, à moins que tu veuilles te faire dégager de Poudlard, il ne va absolument pas jouer sur son nouveau statut pour le bien de tout le monde.
- Ce n'est pas ce qu…
- Je suis d'ailleurs surpris que tu n'y aies pas pensé toi-même, l'interrompit-il, toi qui prétends posséder un cerveau équivalent au mien.
C'eut le don de la faire taire. En voyant qu'il avait réussi à lui faire fermer le clapet en seulement quelques phrases, il esquissa un sourire satisfait avant de reprendre son air impassible et quelque peu désintéressé. Il reposa son regard sur son bouquin.
- Mais, reprit Tracey de façon hésitante, sans pour autant appuyer sur cette histoire d'Héritier, qu'est-ce qu'il pourrait faire pour arrêter d'entacher notre maison ? Parce que cette situation commence vraiment à devenir pesante.
- Essayer de se faire respecter un peu ? proposa Flora d'une façon beaucoup trop innocente.
- Ça risque d'être compliqué ça, répondit Parkinson.
- Il pourrait pousser un gros coup de gueule, non ? dit Crabbe.
- A quoi ça servirait ? demanda Daphnée avec logique.
- Réfléchis. Peut-être que les gens s'amusent avec lui parce qu'il ne fait rien contre ça. Je suis certain que s'il se montrait un peu moins passif, ils arrêteraient de s'en prendre à lui.
- Raisonnement stupide, ce serait inutile.
- Non, pas du to…
- Vous allez arrêter vos conneries maintenant ?
Blaise avait repris la parole de son éternelle voix calme, mais ferme. Toutes les têtes se tournèrent vers lui.
Sauf celle de Malfoy qui resta fixée en direction d'Harry. Il le regardait avec un air étonné.
- Harry est intelligent de ne pas réagir, dit finalement Blaise alors que les autres se taisaient enfin. Les autres élèves finiront bien par se lasser et le laisser tranquille, ils n'ont pas une patience inépuisable. Si Harry disait quoi que ce soit, personne ne le lâcherait et on en aurait encore pour des mois. Alors si vous vouliez bien arrêter de prendre des décisions à la place du seul véritable concerné, ce serait fortement appréciable.
- Zabini, quel message crois-tu qu'il transmet en ne fai…
Mais Parkinson s'interrompit lorsqu'Harry, qui était bien trop silencieux jusque-là, s'effondra inconscient au sol.
Du blanc. De la lumière. De la chaleur.
Ou du froid tout compte fait.
Il s'agissait des seules choses qui parvenaient jusqu'au cerveau d'Harry, qui ressortait des profondes brumes de l'inconscience avec difficulté. Il ne lui fallut cependant pas beaucoup de temps pour comprendre où il se trouvait.
L'infirmerie.
En soit, ce n'était pas étrange de se réveiller ici – il avait eu l'occasion d'en faire l'expérience à de trop nombreuses reprises durant ses années de scolarité à Poudlard, et une légère impression de déjà-vu se manifestait désormais – mais ça n'empêchait pas que cette fois-ci, ça l'était. Harry n'avait pas la moindre idée de ce qu'il faisait ici et de comment il avait pu arriver là.
Lorsque ses yeux s'habituèrent à l'éclairage de la pièce, il se redressa difficilement en croyant reconnaître les silhouettes de Blaise, Millicent et Hermione à son chevet. Ses suppositions furent confirmées une fois qu'il eut posé ses lunettes sur son nez et que sa vue fut nettement améliorée. Les trois le regardaient étrangement et avaient l'air inquiets. Harry posa instinctivement une main engourdie sur son front, recouvrant par la même occasion sa cicatrice de ses doigts, et avala difficilement sa salive en reconnaissant un goût médicamenteux sur sa langue. Bon.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
La question de Millicent le prit au dépourvu. Comment était-il censé le savo… Ah. Ça lui revenait désormais. Le mal de crâne.
- Je n…
Mais sa voix craqua (certainement à cause du fait qu'il n'avait pas parlé depuis un petit bout de temps) et il toussa un peu pour faire partir la désagréable sensation.
- Je ne me sentais pas très bien.
- Tu nous as fait vraiment peur. D'après Malfoy, tu étais tout pâle avant de t'effondrer… Et après tu as commencé à saigner du nez. Tu transpirais beaucoup.
- J'ai fait un malaise donc ?
- Non, reprit Blaise. C'était une syncope, pas un malaise. Tu as perdu connaissance.
Un silence suivit sa remarque. Harry n'était même pas certain de savoir ce qu'était la différence entre une syncope et un malaise, mais il n'osa rien demander à ses camarades et se contenta de regarder ses mains pâles. Pomfresh lui expliquerait en détail ce qu'il s'était passé pour que son corps réagisse de la sorte. Hormis son problème de cicatrice, Harry n'avait jamais eu le moindre souci de santé et, même s'il ne montrait rien, ce malaise extrême – ou cette syncope si Blaise le voulait – venant de nulle part l'inquiétait un peu.
- Ce sont des termes moldus, dit Hermione d'une voix étonnée.
- Et alors ?
- Rien, ça m'étonne juste que tu connaisses les termes médicaux moldus alors que tu es un Sang-Pur.
- Et moi ça m'étonne que tu aies des pouvoirs alors que tes parents sont de simples Moldus. La vie est parfois pleine de surprise.
Et le tout dit d'une voix calme et pas du tout offensante. C'était un véritable don que Blaise avait là. La mâchoire d'Hermione se contracta pourtant, et la jeune femme lui lança un regard sous lequel même Harry se sentait mal à l'aise alors qu'il ne lui était pas destiné. C'était vrai que c'était terriblement maladroit de la part de Blaise de dire une chose pareille, en plus du fait que ce soit complètement stupide et méchant, mais il ne pouvait pas véritablement savoir que ses paroles prenaient un degré différent pour chaque personne présente dans la pièce. Hermione avait subi l'oppression raciale de la guerre et c'était une chose qui l'avait énormément marqué, bien qu'elle n'en fasse quasiment jamais mention aujourd'hui. C'était donc normal pour elle de prendre mal une telle réflexion.
Cependant, elle ne lui répondit pas, et préféra s'adresser aux deux Serpentard à la place.
- Ce serait bien que vous partiez, j'ai des choses confidentielles à dire à Harry.
- Des choses ?
- Confidentielles, compléta Hermione d'un ton dur.
La remarque de Blaise l'avait visiblement plus qu'énervée, et Millicent la regarda en fronçant des sourcils et en contractant ses traits également. Déjà que ce n'était pas le grand amour entre les jeunes femmes, depuis que le passage du club de duel s'était ajouté à leur rivalité de base, elles ne se toléraient presque plus. Millicent s'apprêtait à dire quelque chose pour riposter face à Hermione, mais Blaise posa une main sur son bras et lui intima de s'en aller en silence. C'était mieux comme ça.
Millicent lança un dernier regard à Harry avant de quitter l'infirmerie.
- Tes amis sont des cons, dit la Gryffondor une fois qu'ils furent seuls.
- Non, ils sont jeunes… Et inconscients de ce qu'ils peuvent dire parfois. N'en veut pas à Blaise. Je pense que tu l'as vexé aussi.
- Je m'en contrefiche.
Son ton était catégorique, ses traits tirés, ses sourcils froncés. Harry soupira longuement et posa une main sur celle de son amie.
- Il ne deviendra pas un Mangemort.
- Mais sa saleté de copine oui.
- Hermione. Ne soit pas comme ça, tu vaux mieux que ça.
La jeune femme balaya la remarque du garçon d'un geste de la main, se détachant de la prise d'Harry par la même occasion. Afin de ne pas se prendre un coup par inadvertance, Harry retira sa main et la plaça sagement à côté de sa propre jambe. Endroit plein de sureté à l'heure actuelle.
- Je vais appeler Pomfresh pour qu'elle te fasse un rapide check-up.
- Tu ne voulais pas me dire quelque chose ?
- Oui. Mais après qu'on se soit assurés que tu ailles bien.
Et Pomfresh arriva après qu'Hermione soit allée lui annoncer qu'Harry s'était réveillé, l'ausculta le temps de quelques minutes, et assura que cette réaction de son corps n'était due qu'au surmenage et à la pression que les autres élèves mettaient sur lui. Harry fit semblant de prendre cette excuse pour plausible face à la sorcière, et se retourna vers Hermione une fois qu'ils furent de nouveau seuls.
- Le surmenage ? C'est une plaisanterie ?
- Une plaisanterie, non, dit-elle en s'asseyant sur le bord du lit. Une erreur professionnelle, oui. Et tant mieux, puisque ça aurait été compliqué de justifier la réelle cause de ta syncope.
- Tu le sais ?
- C'est lié à l'Alibi. Ça fait quelques jours que je me sens vraiment fatiguée aussi.
Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? C'était quelque chose qu'il considérait quand même comme importante. De plus, pourquoi, lui, avait dû avoir un malaise vraiment mal foutu alors qu'elle ne s'était sentie que fatiguée ? Alors il ne fallait pas se méprendre, il n'aurait pas voulu qu'Hermione subisse également une chose pareille, mais il aurait apprécié ne pas avoir à le faire non plus. Ce n'était pas toujours agréable de perdre connaissance.
- Pourquoi on a des réactions différentes toi et moi ?
- Parce que moi, je n'ai pas tant changé le cours du temps que ça, les effets restent donc minimes sur moi. Toi, en revanche, tu as modifié toute une suite logique d'événements en allant à Serpentard et en devenant l'ami de Zabini et Bulstrode.
- Je ne vois pas vraiment en quoi ça explique quoi que ce soit. Je change des événements, et alors ? C'est comme s'ils n'avaient jamais eu lieu, alors ça ne devrait pas me faire ça en toute théorie.
Elle sembla réfléchir quelques instants, comme si elle voulait trouver une manière simple de dire les choses afin qu'il les comprenne. Attentive Hermione.
- Non, tu prends le problème dans le mauvais sens. Quand on a fait le rituel, une part de sa magie s'est déposée sur nous afin de nous aider. Cette part est là pour nous rappeler les souvenirs de notre ancien monde, pour éviter la catastrophe de l'oublie... Notre corps, lui, veut qu'on oublie cet ancien monde. Nos corps et cette magie sont en constant combat, et si je n'ai ressenti que de la fatigue, c'est parce que mon combat est moins important que le tien. Comme je le disais, je n'ai changé que peu de choses à ma vie ici, donc mon parcours en ce temps est relativement identique à l'autre. Toi, en revanche, c'est différent. Cette partie draine l'énergie de ton corps pour l'empêcher de lutter contre le rituel…
- Donc tu veux dire que… je vais ressentir ça pendant encore six ans ?
- Non, ne t'inquiète pas ! Ça passera. Il faut juste que ton corps s'habitue et qu'il arrête de lutter. A ce moment-là, on sera à l'abri de tout oubli et ça nous enlèvera une sacrée épine du pied.
Cette réplique le soulagea autant qu'elle l'inquiéta. La bonne nouvelle était que ça allait passer, qu'il n'aurait plus à ressentir une telle chose et c'était un sacré soulagement. De plus, quand ce serait terminé, le problème de l'oubli serait mis de côté pour au moins un bon moment étant donné que son corps et la magie du rituel auraient appris à coexister ensemble. En revanche, la formulation de la dernière phrase d'Hermione l'avait beaucoup dérangé. Le « A ce moment-là », en réalité. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait réellement un mauvais pressentiment.
- Attends attends attends, est-ce que je comprends ce que tu veux dire de façon subliminale ou je me fais des films ?
- Tout dépend de ce que tu as compris.
Harry inspira longuement en posant deux doigts sur sa tempe.
- Que je suis actuellement dans une période plutôt… critique ? Que je suis susceptible d'oublier plus que jamais étant donné que mon corps se « rebelle » ?
- Eh bien… oui, en quelque sorte. Si tu veux entendre toute ma théorie, je pense que tu as même déjà oublié certaines choses. Pas importantes, mais des détails de notre ancienne vie. Par exemple… Donne-moi les matières où tu as eu Effort Exceptionnel aux BUSES.
Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais rien ne lui vint à part une panique incroyable. C'était une plaisanterie ? Pourquoi n'en avait-il aucun souvenir ? C'était quelque chose qu'on n'oubliait pas, ses résultats d'examens !
- Je… J'en sais rien.
- Ne t'inquiète pas, ça te reviendra quand ta lutte intérieure sera terminée…
- Mais pourquoi ça ne se manifeste que maintenant ?
- C'est sans doute la seule question à laquelle je ne peux pas te répondre. Quelque chose a encore dû changer, mais toi seul peux le savoir.
Harry pensa au journal. Etait-ce le fait qu'il l'avait pris et qu'il avait changé le cours entier de la deuxième année pour plus de personnes qu'il ne l'avait pensé au départ ? Non. Il aurait eu sa petite attaque en début d'année, pas en plein milieu.
- Désolé de te décevoir, mais je n'en sais strictement rien.
- Bon. D'accord. Fais juste attention à toi.
Et Hermione passa distraitement ses doigts le long de sa baguette tout en semblant de nouveau plongée dans ses pensées, réfléchissant encore visiblement à quelque chose qui dépassait clairement Harry.
- Mais… Je suppose que ce n'était pas ce que tu avais en tête quand tu disais que tu devais me parler ? dit-il afin de la ramener sur Terre.
- En effet.
Elle s'assura que personne ne se trouvait aux alentours, et ferma finalement le rideau autour d'eux pour lancer un sortilège de silence afin d'avoir plus d'intimité – bordel, cette phrase sonnait bizarre même dans sa tête. Si quelqu'un arrivait, ils l'entendraient et feraient alors semblant de dormir, mais si quiconque essayait d'entendre la conversation qu'ils avaient, il n'entendrait qu'un silence profond. Ce sortilège était des plus géniaux.
- J'ai fini de rassembler les parties sur le rituel d'avancé dans le temps. Je ne peux même pas te dire à quel poi…
- Quoi ? C'est une blague ?
Harry n'avait pas pu s'empêcher de bondir en entendant la nouvelle, surprenant Hermione qui avait sursauté face à son éclat de voix.
- Bien sûr que non ! Tu en doutais ?
- Mon dieu Hermione, je ne sais vraiment pas ce que je ferai sans toi.
- Tu serais probablement mort à l'heure qu'il est, mais ce n'est pas la question.
- Si, c'est tout à fait la question. Désolé, je t'ai interrompu. Continue.
Tout sourire, il se laissa retomber sur ses coussins sans lâcher la petite brune du regard.
- Je disais donc que ça a été difficile de tout se procurer, surtout que je n'ai que 12 ans légalement parlant et que je ne peux pas acheter à distance. Si on avait eu Dumbledore de notre côté, les recherches auraient pu être bien plus rapides, mais je ne suis pas certaine qu'il approuve ce que l'on va faire…
- Il nous tuerait s'il venait simplement à l'apprendre.
- Oui, voilà.
Ils se lancèrent un regard complice et amusé.
- Vraiment Hermione, c'est génial.
- Je sais, merci. Par contre, il y a quelque chose qui est assez problématique dans le cadre de ce rituel.
- Dis-moi.
- Pour la concoction de la potion du rituel, il faut comme ingrédient principal une… « partie » d'un parent proche. Et quand je dis parent proche, c'est famille.
- C'est une plaisanterie. Je ne veux pas que quoi que ce soit venant de Pétunia rentre en moi !
- Mais non, pouffa-t-elle, ne t'inquiète pas, tu n'auras pas à ingérer quoi que ce soit venant d'elle. Je me suis renseignée, continua-t-elle en voyant qu'Harry commençait à paniquer. Et un parent biblique marche tout autant.
- Quoi, tu crois qu'on va aller demander un cheveu à notre père de tous, j'ai nommé Dieu ?
Hermione éclata de rire.
- Mais non espèce d'abruti. Sirius. Sirius est ton parrain, tes parents t'ont baptisé avant qu'ils ne décèdent. Sirius est donc bibliquement de ta famille.
… Sirius.
Il avait oublié Sirius. Comment avait-il pu oublier son parrain ?
- Oui. C'est vrai. En fait, je ne savais même pas que j'avais été baptisé. Je pensais que c'était juste un titre qu'on lui avait donné comme ça.
- Non non, il y a bien eu une cérémonie d'après les recherches. Enfin, tu sais, c'est l'équivalent sorcier d'un baptême, c'est la même chose.
Il était toujours bouleversé d'avoir pu oublier l'existence de son parrain pendant un laps de temps indéterminé. A sa mention, les souvenirs étaient revenus comme s'ils n'étaient jamais partis, mais Harry avait quand même conscience d'avoir oublié le prisonnier et ceci le faisait véritablement culpabiliser. Alors ce n'était pas entièrement de sa faute, c'était son foutu corps qui faisait des siennes dans l'état actuel des choses, mais il avait vraiment l'impression d'avoir raté quelque chose.
Heureusement pour lui, si Hermione l'avait remarqué, elle n'en fit rien savoir. Harry reprit donc la parole.
- Quoi qu'il arrive, c'est quand même embêtant que ce soit quelque chose qui doive venir de Sirius. Si mes souvenirs sont bons, il est encore à Azkaban et je ne le verrai qu'en fin d'année prochaine.
- Je pense… qu'on peut changer ça un minimum, par contre.
Un petit sourire amusé et surpris vint se placer sur les lèvres du sorcier.
- Bah alors Hermione, où sont ta raison et tes lignes conductrices ?
- Ferme-là, dit-elle dans un sourire également. Je n'en peux juste plus d'être ici et dans ce fichu corps. Alors tu vas aller rendre visite à Sirius.
- Rendre visite ?
- A Azkaban.
- Tu penses vraiment que notre requête serait acceptée ?
La voix d'Harry était clairement hésitante.
- Oui, je le pense. Tu es Harry Potter, et c'est légitime que tu veuilles… rencontrer le tueur présumé de tes parents.
- Je ne savais même pas que les visites étaient tolérées à Azkaban.
- Si, tu le sais très bien, tu l'as juste oublié. Les visites sont acceptées quand les personnes sont importantes, souviens-toi pour les Croupton. C'est lors d'une visite que l'échange entre Barty Jr et sa mère a été effectué.
- C'est vrai ! J'avais totalement… oublié cette histoire. Putain, mon cerveau est un véritable gruyère.
- Ne t'inquiète pas, dit Hermione avec un sourire compatissant. Tout te reviendra. Je suis là pour t'aider à te rappeler, tu te souviens ?
- Ouais. J'espère que ça va aller.
La jeune femme plaça une main sur l'épaule d'Harry et la lui serra quelques instants, voulant lui insuffler un minimum de son courage pour aider son meilleur ami dans cette épreuve. Harry reprit cependant la parole avant elle, ne désirant visiblement pas s'attarder sur le sujet de sa mémoire.
- Mais… une visite à Azkaban ne risquerait pas de changer un peu trop le cours de l'année prochaine ?
- C'est justement l'année prochaine qu'on va sauter si tu arrives à aller le voir, donc on s'en fiche un peu.
- Tu veux qu'on enlève la troisième année donc.
- Oui, c'est ça. On ne peut pas le faire avec la quatrième, car il y a le Tournoi et ce serait bien trop dangereux de ne pas te laisser entièrement maître de tes actes, et autant dire que la cinquième serait du suicide. La troisième est, concrètement, celle où il se passe le moins de chose pour nous, et si Sirius voit que tu ne lui en veux pas lors de votre rencontre à Azkaban, il ne se montrera pas hostile tout au cours de cette année et ça arrangera beaucoup de choses.
- Tu as pensé à tout.
- Evidemment, pour qui me prends-tu ?
Il se retint de lui dire un « Tes chevilles, Herm » et fit simplement un petit sourire goguenard.
- Et comment ça fonctionnerait, ce rituel ?
- Eh bien, c'est là que ça devient intéressant. J'ai trouvé en tout trois rituels, mais c'est le seul où nous gardons un minimum de contrôle sur ce qu'il se passe dans le temps. En fait… On va tout vivre rapidement. Du genre, très rapidement. Un an serait concentré en quelques secondes dans nos têtes, et on aurait une telle nouvelle quantité d'informations d'un seul coup qu'on risquerait de rester inconscients pendant des jours après.
- Donc… On va tout contrôler, mais le vivre plus rapidement ? C'est tout ?
- Non, pas vraiment en fait. On ne va pas tout contrôler, ce serait la solution parfaite sinon. Mais, lors des grands événements de nos vies, on aura certains choix. Bien évidemment, ce sera dur physiquement d'imposer nos choix, mais je suis certaine qu'on y parviendra.
- Je ne te suis pas.
- T'inquiète pas, je t'expliquerai tout parfaitement en temps voulu. D'abord, il faut qu'on demande à Dumbledore de te mettre en relation avec le Département de la Justice Magique. Peut-être que si on peut avoir son appui, ils seront plus cléments pour une visite.
- Tu rigoles ou quoi ? L'appui de Dumbledore ? En considérant la catastrophe de la dernière fois où l'on s'est vus ?
- On ne sait jamais, c'est un homme plein de surpr…
- Potter ?
Une voix provenant de l'extérieur de leur rideau les avait fait sursauter tous les deux, et Harry soupira longuement en reconnaissant après quelques secondes Draco Malfoy. Peut-être qu'ils pourraient faire semblant de dormir pour ne pas que celui-ci les dérange ? Pour dire vrai, Harry n'avait vraiment pas envie de parler au garçon, et ça se comprenait étant donné les circonstances de leur dernière confrontation. Mais d'un autre côté, sa voix dénuée de toute hostilité lui donnait envie de savoir ce qu'il lui voulait, en plus du fait que celui-ci se soit déplacé jusqu'à l'infirmerie pour lui parler comme si celui-ci n'avait pas pu attendre plus longtemps qu'Harry revienne à la salle commune. Harry décida donc, après un long regard échangé avec Hermione, de décaler le rideau de quelques centimètres afin de briser le sort de silence et de montrer à Malfoy qu'il ne se reposait pas, et enfin qu'il n'était pas seul.
En voyant le rideau s'ouvrir, Malfoy avait commencé à se rapprocher pour pouvoir être à la hauteur d'Harry, mais il s'était arrêté dans son élan en voyant qu'Hermione se trouvait également là.
- Ah. Tu n'es pas seul.
- En effet.
- J'aimerais beaucoup que l'on discute.
La requête surprit Harry, qui fronça des sourcils malgré le fait qu'il ait l'habitude maintenant que Malfoy fasse des choses étranges qui contredisaient ce qu'il était dans son esprit. Hermione, elle, était restée impassible face aux mots du blonds.
- Pourquoi ça ?
D'un geste mécanique et avec un sourire provocateur aux lèvres, Malfoy glissa sa main dans sa sacoche et en sortit…
Non, ce n'était pas possible.
Comment Diable avait-il fait pour trouver le journal ?
Et c'est fini pour ce chapitre ! Comme d'habitude, il y a beaucouuup de conversations x)
On a donc eu la confrontation des Serpentard, Hermione qui explique à Harry le nouveau rituel et ce qu'il devra faire pour que ça fonctionne (à savoir, aller voir Sirius à Azkaban et lui prélever un cheveu), et enfin Malfoy qui arrive et qui montre le journal à Harry, mais également à Hermione par la même occasion. Harry va avoir des problèèèèmes ~
On se retrouve au chapitre suivant aha
