Salut tout le monde !
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 15, j'espère qu'il vous plaira !
Mention spéciale : On a atteint les 110 favoris et 200 reviews ! C'est incroyable, vous êtes les meilleurs ! Je tenais vraiment à vous remercier pour votre soutien, et plus particulièrement à ceux qui laissent des reviews (qu'elles soient régulières ou pas, qu'elles soient longues ou pas). J'apprécie vraiment le fait que vous preniez un peu de temps pour me dire ce que vous en avez pensé et je me régale à lire vos réactions donc voilà, je vous remercie du fond du cœur. Ca me donne envie d'écrire pour vous :)
Dans le chapitre 14 : Au cours de sa confrontation avec les Serpentard, Harry fait une syncope. La raison ? Il commence à oublier peu à peu son passé. A l'infirmerie, Hermione apprend à Harry qu'elle a trouvé un moyen de sauter la 3ème année, mais que cela nécessite qu'il rende visite à Sirius à Azkaban. Il accepte donc, et alors qu'ils sont en train d'en discuter, Draco Malfoy arrive et montre le journal de Jedusor devant Hermione.
Bonne lecture
CHAPITRE 15
Harry retint sa respiration. Hermione murmura un « Qu'est-ce que… » à peine audible à son oreille.
Il avait merdé. Salement merdé.
Le regard d'incompréhension de la Gryffondor lui retournait l'estomac, au même titre que celui amusé de Malfoy posé sur eux. Le temps semblait suspendu au-dessus d'eux et Harry n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était censé dire ou faire à ce moment précis. Hermione avait vu le journal alors qu'il n'était pas encore censé l'avoir et il savait que l'air tétanisé qu'il arborait involontairement avait fait comprendre à la jeune femme que Malfoy l'avait directement volé dans ses affaires. C'était tout bonnement la merde.
- Où est-ce que tu as trouvé ça, Malfoy ?
Hermione l'avait finalement lâché des yeux pour prendre la parole, fusillant sur place de son regard perçant le blond qui tenait toujours le journal de sa main droite. Son ton était agressif, et Harry savait par expérience que ça signifiait que la jeune femme ne comprenait pas – ou refusait tout simplement de comprendre – ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux.
Malfoy ne se démonta pourtant pas devant le regard assassin de la brune, et replaça le carnet dans sa sacoche avec un calme olympien. Il donnait l'impression de maîtriser toute cette situation, et cette impression énervait autant qu'elle inquiétait Harry.
- Parce que tu sais ce qu'est ce carnet, toi, Granger ? répondit-il d'une voix lente.
La jeune femme fronça des sourcils. Elle s'était très vite rendue compte que son attitude agressive pouvait être interprétée comme celle d'une personne inquiète et que, en toute logique, elle n'avait aucune véritable raison de l'être en voyant que c'était Malfoy qui était en sa possession. Elle n'était même pas censée connaître la réelle nature de ce journal, ainsi que le pouvoir que celui-ci pouvait contenir. Harry était certain qu'elle se fustigeait intérieurement alors que sa voix paraissait un peu plus calme extérieurement :
- Je suppose que c'est le journal intime d'Harry.
- Intéressant.
- Et ton air de fouine ne fait que confirmer mon idée.
- De fouine ? Où vas-tu chercher une comparaison aussi ridicule ?
Malfoy avait arqué son sourcil et la regardait dédaigneusement. Il n'attendait aucune réponse de sa part et, avant qu'elle ne puisse répondre, reprit la parole d'une voix amusée.
- En attendant, tu as raison. Il s'agit bien du journal intime de Potter. Si tu me permets, j'apprécierai que tu dégages pour pouvoir régler deux-trois petites choses avec lui, concernant quelques… écrits me dépeignant.
Rêvait-il ou Malfoy le… couvrait ? Bon, concrètement, ça ne servait à rien étant donné qu'Hermione était déjà au courant de la nature du journal, mais l'intention était là, déguisée sous une couche de sarcasme et de méchanceté. Harry savait que les Serpentard étaient très loyaux envers leurs camarades, mais il n'avait jamais pris conscience que cette règle s'appliquait également pour Malfoy et lui. Comme en cours de Sortilège, Harry en resta décontenancé.
- Et pourquoi j'accepterai une telle chose ?
- Parce que, pour l'instant, c'est demandé poliment.
- Tu es pathétique.
- Dégage.
Et avec un air dédaigneux qu'Harry ne lui connaissait que trop bien, Hermione se leva finalement, et franchit les portes de l'infirmerie en lançant un long regard significatif au brun.
Non, ce n'était pas un regard significatif.
C'était une menace de mort.
- C'est ta petite-amie ?
- Pardon ?
La question l'avait pris de court, et il lâcha la porte du regard pour porter son attention sur Malfoy. Harry avait visiblement retrouvé la faculté de parler, ce qui n'était vraiment pas désagréable – même si c'était pour dire des choses aussi stupides qu'un « Pardon ? » abruti – et il observa le blond en fronçant des sourcils quelques secondes. Il fallait aussi dire qu'il s'était attendu à tout, sauf à cette question sortie d'un peu nulle part. Où Malfoy était-il encore allé chercher ça ?
- Granger. C'est ta petite-amie ? répéta-t-il en s'asseyant au pied de son lit.
- Absolument pas. Et je ne crois pas t'avoir autorisé à t'asseoir ici.
- Je ne crois pas t'avoir demandé ton avis.
Harry soupira, déjà las de cet échange. Pourquoi Malfoy devait-il toujours se montrer aussi… lui ? Finalement, il décida de laisser de côté cet aspect de la conversation, et reporta son attention sur le carnet se trouvant dans la sacoche de son interlocuteur.
- Comment as-tu trouvé le journal ?
Le sourire que Malfoy arbora à cet instant aurait pu être qualifié de torve.
- Parce que je le cherchais.
- Et pourquoi tu le cherchais ?
- Parce que tu l'avais.
- Mais co-
- Tu as fini avec tes questions stupides ?
- Ne me provoque pas.
- Sérieusement, Potter ?
Harry referma la bouche, préférant garder le silence pour ne pas provoquer une réelle dispute avec le Serpentard. C'était dingue comme ils n'étaient pas capables d'entretenir une conversation sans qu'un mot ne dépasse l'autre. C'était comme s'ils n'étaient juste pas faits pour exister dans un même milieu, comme s'ils ne pouvaient pas partager le même air sans avoir envie de prendre celui de l'autre – ce qui était, en soi, une comparaison vraiment ridicule.
Finalement, après un long soupir dans lequel il fit passer tout le dédain qu'il pouvait ressentir pour le blond, Harry referma le rideau autour d'eux et remit en place le sort de silence à l'aide d'un informulé. Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en la discrétion de Pomfresh, mais des oreilles indiscrètes pouvaient toujours trainer parmi les élèves passant non loin de l'infirmerie – surtout qu'il était le coupable rêvé pour tout le monde, alors il préférait ne pas leur offrir des aveux sur un plateau d'argent.
- Wow, tu nous donnes un peu d'intimité Potter ? dit Malfoy en voyant le rideau se refermer.
- Tu ne voudrais pas essayer d'ouvrir la bouche pour dire des choses intéressantes pour une fois ? Comme par exemple, expliquer pourquoi tu es ici ?
- Parce que tu es l'Héritier de Serpentard, voyons.
- Je ne-
- « Je ne suis pas l'Héritier de Serpentard », l'interrompit le blond en l'imitant d'une voix exagérée et ridicule qui fit grincer les dents d'Harry.
- Malfoy, le prévint-il sans pouvoir contenir la menace dans sa voix.
- Arrête tes conneries, tu veux ? Je sais qui tu es vraiment depuis que la Chambre a été réouverte, je n'avais juste pas la preuve que je voulais pour venir t'en parler. Parce que, entre nous, tu aurais démenti avec brio et démonté chacun de mes arguments si j'étais venu sans preuve de ta culpabilité.
Touché.
- Et tu penses que ce que tu m'as volé est ta preuve irréfutable ?
- Je pensais t'avoir demandé d'arrêter tes conneries. Je connais le… pouvoir de ce journal. N'insulte pas mon intelligence.
Harry inspira longuement, essayant de garder un air impassible alors que tout bouillonnait en lui.
Comment le garçon pouvait-il savoir quoi que ce soit concernant le journal ? Malfoy avait-il écrit à l'intérieur et parlé à Jedusor ? Honnêtement, Harry en doutait fortement. A première vue, il s'agissait vraiment d'un journal intime et si Malfoy avait voulu être discret, il n'aurait jamais écrit quoi que ce soit dedans sous peine d'être démasqué. De plus, celui-ci lui avait clairement stipulé qu'il avait cherché le journal, et non qu'il l'avait trouvé par hasard. Il devait donc bien y avoir une raison à cet intérêt... Malfoy avait donc su ce qu'était vraiment le carnet avant de mettre la main dessus. Mais comment ?
Quelles possibilités s'offraient à Harry dans cette situation ? Il ne pouvait clairement pas démentir si Malfoy savait vraiment ce qu'était le journal, et ne pouvait pas non plus se jeter dans la gueule du loup sans s'assurer que Malfoy savait bien la bonne chose. Peut-être que celui-ci pensait qu'il s'agissait simplement d'une expérience magique, d'un test ou peu importe, et qu'il n'avait aucune idée que Jedusor était le second interlocuteur ? Harry en doutait fortement, surtout que Malfoy avait bien dit que le journal était une preuve irréfutable de la culpabilité d'Harry, mais il devait s'en assurer.
- Tu sais ? demanda-t-il finalement d'une voix hésitante.
- Tu as oublié qu'il appartenait initialement à mon père ?
Bon. Voilà déjà la réponse à l'une de ses questions. Ne restait qu'à savoir s'il savait qui était derrière ce carnet.
- Mais comment… Tu as déjà écrit dedans ?
- Evidemment que non. Mon père ne m'aurait jamais laissé faire une chose pareille.
Et évidemment, Malfoy ne se serait jamais laissé imposer une telle chose sans savoir pourquoi. Il avait donc connaissance de la présence du souvenir de Jedusor dans le journal, ce qui voulait dire qu'il ne bluffait absolument pas depuis tout à l'heure. Il savait vraiment qu'Harry avait un rôle majeur dans la réouverture de la Chambre et ça, c'était vraiment quelque chose qui ne jouait pas en sa faveur. Dieu seul savait ce que Malfoy voulait faire de cette information.
- Et comment tu savais que c'était moi qui l'avais ?
- Je t'ai vu le prendre cet été, dans le chaudron de cette Weasley. Honnêtement, je ne l'avais pas reconnu jusqu'à ce que tu te décides à le voler.
- D'accord. Et alors ?
- Et alors, ça a tout de suite éveillé ma curiosité.
- … Pourquoi ça ?
- Tu penses bien qu'en te voyant voler ta fan numéro un, je me suis posé quelques questions.
- Tu sais réfléchir, toi ? demanda Harry, plus par la force de l'habitude que par une réelle envie de se prendre la tête.
- Je sais que c'est un concept étrange pour toi Potter, mais oui.
- Et donc ?
- Laisse-moi t'expliquer mon raisonnement : tu venais de donner tes bouquins à Weasley, donc tu n'as pas volé sa sœur pour faire des économies. Quand tu l'as pris, tu avais l'air soulagé, et tu avais ce stupide air que tu prends toujours quand tu fais quelque chose que tu juges héroïque. De plus, tu l'as fait quand mon père et ce larbin du ministère se battaient, tu voulais donc que personne ne te prête de l'attention.
- Toutes ces suppositions pour quelle conclusion ?
- Tout ça pour dire que tu savais très bien ce qu'était le journal en le prenant. Ce qui m'a surtout mis la puce à l'oreille est le fait que tu ais décidé de le voler dès que mon père l'a mis dans le chaudron. J'aurais pu penser que c'était parce que c'était ta seule occasion de le faire, mais au vu de la familiarité des parents Weasley avec toi, j'en ai conclu que ça faisait quelques temps que tu vivais chez eux. Par conséquent, tu aurais très bien attendre de retourner chez les Weasley pour prendre le journal, et de façon beaucoup plus discrète en plus de ça, mais non, tu ne l'as pas fait. Ma théorie est que tu ne voulais pas qu'elle découvre le pouvoir qu'il renfermait, et que tu as préféré lui couper l'herbes directement sous le pied. J'ai raison ?
Harry ne répondit pas. Il savait que Malfoy était intelligent et qu'il avait toujours fait preuve d'une capacité d'analyse brillante – il n'était pas la main droite du Seigneur des Ténèbres pour rien – mais il ne s'était jamais douté que ce talent s'était révélé si… tôt.
- Sauf que, reprit Malfoy en observant un point invisible derrière Harry, je n'arrive pas à mettre le doigt sur la façon dont tu l'as su. Ça fait des dizaines d'années que les Malfoy sont en possession du journal de Jedusor, alors comment toi, un Potter élevé par des Moldus, tu as pu savoir le pouvoir qu'il renfermait ?
Bon. Voilà bien une fâcheuse position.
Comme à son habitude, il ne savait pas quoi dire pour démentir les propos de Malfoy, et ne savait pas non plus quelle excuse donner pour justifier le fait qu'il savait. Il fallait qu'il trouve quelque chose à dire et vite, avant que Malfoy ne se doute que quelque chose déconnait vraiment chez Harry.
- J'ai entendu des… histoires. Sur le journal. Comme quoi c'était ta famille qui l'avait… et tout ça, quoi.
Avait-il déjà mentionné le fait qu'il était un piètre menteur ?
- J'en doute. Les seules personnes possiblement au courant sont actuellement à Azkaban. Trouve autre chose, Potter.
Et Harry savait qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'il se sorte de cette situation en utilisant le mensonge. Il ne s'était pas préparé à ce que Malfoy trouve le journal et n'avait jamais imaginé se retrouver dans une telle situation, il était donc totalement pris de court sans issue de secours. Il n'aurait jamais imaginé que quelqu'un – et surtout pas le blond en fait – puisse se rendre compte que quelque chose ne collait pas avec Harry, et qu'il savait des choses dont il n'était même pas censé soupçonner l'existence.
Pourtant, Harry savait qu'après Voldemort, Malfoy était son plus redoutable adversaire et qu'il était à craindre plus que quiconque, il n'était pas débile ou complètement amnésique… Mais, d'une façon ou d'une autre, il avait baissé sa garde. C'était certainement dû au jeune âge du blond ou à son manque d'hostilité en ce moment, mais Harry avait arrêté de voir un Mangemort dans chaque action du Serpentard et avait mis sa réelle nature en second plan. Il n'avait vu en lui qu'un enfant particulièrement gênant qu'il n'appréciait pas, et avait complètement oublié que si quelqu'un devait découvrir quoi que ce soit sur lui, c'était bien lui. Malfoy était dangereux pour lui, et ça peu importe son âge. Harry ne devait plus l'oublier.
- Laisse tomber Malfoy, soupira finalement Harry. C'est quelque chose qui te dépasse.
- Oui, je l'avais deviné. Et c'est pour cette raison que je suis bien décidé à comprendre ce qu'il se passe, que tu coopères ou pas.
- Tu vas aller voir Dumbledore ?
- Tu changes de sujet ? C'est loin d'être habile, Potter.
- Je t'ai déjà avoué à demi-mots ce que tu voulais savoir et je ne compte rien dire de plus à ce sujet. Donc oui.
Contre toute attente, Malfoy lui adressa un petit sourire.
- Non, ne sois pas ridicule, lâcha finalement le blond. Si je devais faire quoi que ce soit, ce serait plutôt afin de t'aider. Est-ce que je dois te rappeler que je ne veux pas voir le moindre Sang-de-Bourbe dans cette école ?
- Non, je pense que j'ai saisi l'idée.
Malfoy acquiesça lentement, l'observant longuement et silencieusement suite à ça. Ce nouveau silence eut pour don de mettre Harry plutôt mal à l'aise et inconfortable, en plus du fait qu'il faille mentionner que le eye contact avec Malfoy n'était définitivement pas ce qu'il préférait. Le blond inspira finalement exagérément, avant de plonger de nouveau la main dans son sac et d'en sortir le cahier, qu'il lui rendit aussi simplement que ça et sans la moindre hésitation. Harry le prit, interdit et quelque peu… surpris, et fit abstraction du léger picotement dans ses doigts en touchant la reliure du journal – celui-ci était visiblement heureux de retrouver son propriétaire.
Harry ne disait rien, se contentant d'observer Malfoy en essayant de ne pas marquer sa surprise. Dans le fond, c'était évident que le Serpentard aurait fini par lui rendre afin qu'Harry puisse continuer « ses » actions, mais le brun aurait imaginé que le futur Mangemort aurait profité un peu plus de la situation. Après tout, celui-ci avait quasiment toutes les cartes en main et il aurait été vraiment facile de faire chanter Harry grâce à ça… mais visiblement, ses idéaux étaient plus forts que sa sournoiserie. Harry ne savait pas si c'était une bonne nouvelle ou non.
- Quoi qu'il arrive Potter, je comprendrai à un moment ou à un autre quel est le problème avec toi, sois en sûr. Mais pour l'instant… continue comme tu le fais. C'est utile.
Il se leva finalement du lit d'Harry, coupant la réponse du brun dans son élan, et fit un mouvement de tête plutôt cordial avant de pousser le rideau et partir vers la sortie de l'infirmerie. Harry, lui, resta silencieux en observant la silhouette s'effacer derrière la porte, et passa une main sur son visage afin de reprendre ses esprits. Il avait toujours l'impression d'être mentalement diminué lorsqu'il se retrouvait en présence du Draco Malfoy de ce temps-là, de foirer tout ce qu'il faisait et disait et que toutes ses capacités s'en allaient vers d'autres horizons, et c'était une sensation vraiment désagréable qu'il exécrait ressentir. Il aimait contrôler chaque parcelle de sa vie et Draco Malfoy était tout simplement incompréhensible et incontrôlable. Harry maugréa dans sa barbe alors qu'il plaçait le journal sous le coussin de son lit.
De son temps et au début de sa mission ici, Harry n'avait eu aucun problème à se méfier de Malfoy et à comprendre que celui-ci était tout simplement nocif pour lui, qu'il était un obstacle dans tout ce qu'il entreprenait. Cependant, avec ce Malfoy de 12 ans qui ne vivait pas dans l'optique de le nuire et qui l'avait même aidé à plusieurs reprises pour telle ou telle chose, Harry avait un peu plus de mal à tout remettre en place dans son cerveau. L'équation « Malfoy égal Mangemort sans scrupule qui fait tout pour te détruire et te tuer » n'arrivait plus à se superposer naturellement à l'image de ce garçon trop jeune et trop intelligent et Harry trouvait ceci vraiment embêtant. Il savait que dès que Malfoy recommencerait à agir au nom de Voldemort, il n'aurait plus aucun mal à désirer sa mort comme il l'avait toujours fait, mais l'opinion d'Harry aurait bien changé d'ici-là et ce n'était pas quelque chose qu'il désirait particulièrement. Il ne voulait pas avoir le moindre scrupule au moment de tuer Draco Malfoy.
Il ne comprenait même pas pourquoi son cerveau avait décidé de ne plus considérer Malfoy comme une pure menace. Peut-être était-ce dû au fait qu'il oubliait des détails de sa vie et qu'il avait oublié certaines choses que Malfoy lui avait faites ? Il ne voyait que ça. Il lui accordait plus facilement le bénéfice du doute tout simplement parce qu'il avait oublié à quel point le Serpentard pouvait être exécrable. Malgré lui, Harry se retrouva soulagé par cette explication un peu bancale.
- Monsieur Potter ?
Harry releva la tête en entendant la voix de Pomfresh, sortant à peine de ses pensées en la regardant d'un œil absent. Elle lui indiqua qu'il pourrait quitter l'infirmerie après avoir ingéré un breuvage à la composition inconnue – et qu'il ne voulait pas vraiment connaître non plus – et il la remercia avec un petit sourire lorsqu'elle le quitta à nouveau. Se sentant un peu plus à son aise dans son corps, dans lequel il n'avait même pas eu conscience d'être mal depuis son réveil, Harry fit basculer ses jambes hors du lit et se leva lentement, soupirant longuement au contact froid de la pierre sous ses pieds seulement recouverts de fines chaussettes. Il fallut quelques secondes pour que la sensation désagréable dans ses jambes s'en aille, et Harry fit glisser le journal dans la poche interne de sa robe de sorcier en même temps qu'il glissa ses pieds dans ses chaussures. Un rapide coup d'œil vers le miroir non loin de lui lui indiqua qu'il avait vraiment une mine fatiguée avec des traits exagérément tirés, mais il se contenta d'hausser des épaules et de sortir de l'infirmerie sans un mot de plus adressé à l'infirmière. Que pouvait-il faire pour son apparence, de toute façon ? Et que pouvait-il dire de plus à elle, maintenant ? Il l'avait déjà remerciée, ce n'était pas comme s'il était totalement ingrat.
Il marchait lentement, c'était terrible. Il n'était pas spécialement fatigué, la potion qu'elle venait de lui donner avait un bon effet sur son organisme, mais il se sentait… cassé. C'était une sensation vraiment étrange et désagréable, et il se doutait bien qu'il ne pouvait pas aller en parler à Pomfresh sans expliquer les raisons de ses actuels problèmes de santé, à savoir un rituel interdit par le décret magique depuis maintenant plus d'un millénaire. Il ne pouvait décemment pas non plus en parler à Hermione, étant donné qu'elle risquerait de lui exploser la tête s'il venait à ouvrir la bouche en sa prés…
Merde.
Hermione. Sa discussion avec Malfoy lui avait presque fait oublier qu'il avait un second énorme problème sur le feu… Et que ce problème se dirigeait actuellement tout droit vers lui d'un pas furieux.
- Harry Potter !
La voix d'Hermione paraissait encore plus furieuse que son attitude, et il tourna la tête vers elle en même temps qu'elle le plaqua contre un mur avec une force inouïe. Son visage n'exprimait que colère et trahison, et son air meurtrier ne laissait aucun doute sur ses intentions. Elle allait gueuler. Voir le frapper. Et il pourrait absolument tout faire pour empêcher ça, il n'arriverait pas à l'arrêter sans utiliser la force.
- Tu vas m'expliquer c'est quoi ce bordel ?
- Lâche-moi Hermione.
- Pas avant que tu m'expliques ce qu'il se passe ! Et sans me servir tes habituels mensonges je te prie !
- Je t'ai dit de me lâcher.
- Et moi je t'ai dit de te justifier !
- Tu vois pas qu'on est en plein milieu d'un couloir ?
- Putain, tu vois pas que je m'en fiche ?
Elle avait hurlé. C'était à prévoir. Lockhart, qui avait visiblement cours à côté, ouvrit la porte de sa salle afin de les réprimander ou de simplement voir ce qu'il se passait, et avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Hermione referma la porte d'un coup de baguette en hurlant qu'ils avaient besoin d'intimité. Harry en avait profité pour se dégager de sa prise et s'éloigner du mur afin qu'elle ne puisse plus l'y repousser, et avait observé quelques secondes la porte qu'Hermione venait de claquer au nez de son professeur. Professeur qui n'avait visiblement pas envie de retenter l'expérience, et qui resta bien sagement dans sa salle après ça.
Hermione pinçait désormais son nez de deux doigts, tentant manifestement de contrôler sa respiration et son envie de meurtre qu'elle avait envers lui. Harry était content qu'elle le fasse.
- Allons dans un endroit plus tranquille, dit-elle d'une voix cassante avant qu'il ne puisse faire la moindre remarque.
Et elle ne dit pas un mot durant tout le trajet jusqu'à la Salle sur Demande, faisant bien comprendre à Harry qu'elle était plus que furieuse et qu'aucune parole de sa part ne serait la bienvenue si ce n'était pas pour lui expliquer ce que le journal faisait entre les mains de Draco Malfoy. Jamais la colère d'Hermione n'avait été retournée contre lui, il devait avouer que ça lui faisait bien étrange d'être victime de ses assauts, mais il ne dit rien pour le lui faire remarquer sous peine de se prendre un sort en pleine figure qui le rendrait méconnaissable pour au moins une bonne semaine. Malgré son tempérament impulsif, il avait quand même un instinct de survie bien développé et il savait qu'une réflexion de ce type ne ferait qu'énerver encore plus sa meilleure amie.
Après la discussion éprouvante qu'il avait pu avoir avec le blond, il n'avait pas vraiment envie d'aggraver encore plus son cas maintenant qu'il était avec sa camarade. Harry ne se sentait vraiment pas bien et il n'avait pas envie d'avoir à subir la colère de la brune, surtout s'il s'amusait à décupler celle-ci avec des réflexions idiotes.
Une fois à l'intérieur de la salle, qu'elle avait visiblement imaginée très simple au vu du manque de mobilier à l'intérieur, elle se retourna vers lui et croisa ses bras sur sa poitrine d'un geste brusque. Malgré lui, Harry déglutit et ne put lâcher du regard le canapé derrière elle. Il ne voulait pas avoir à affronter le regard de sa meilleure amie.
- Alors ?
Sa voix n'avait pas l'air plus calme qu'à sa sortie de l'infirmerie, au plus grand regret d'Harry.
- Je ne sais pas quoi te dire.
- La vérité pour une fois, ce serait bien.
- Hermione…
- Harry. Je veux immédiatement que tu m'expliques. Je vais perdre toute ma patience, et autant dire que ça ne va pas être joli. Comment Draco Malfoy a fait pour se procurer le journal ? Et pourquoi est-ce qu'il est venu directement te voir toi après ça ?
- Je… Bordel de merde.
Harry passa une main sur sa nuque, signe évident qu'il était mal à l'aise. Hermione ne rata rien de ce spectacle et fronça encore plus des sourcils.
- Tu n'étais pas censée l'apprendre…
- Je suis heureuse de le savoir. Alors ?
- Très bien.
Il soupira longuement. Autant dire la chose directement, tourner plus autour du pot ne ferait que rendre son amie furieuse et impatiente. Hermione était le genre de personne à avoir besoin de réponses immédiatement, et il se doutait bien que c'était la meilleure chose qu'il ait à faire en cet instant.
- C'est… moi qui ai le journal depuis le début de l'année.
Hermione n'eut besoin de rien dire pour qu'Harry comprenne son destin funeste. Il continua cependant sur sa lancée, se disant qu'Hermione serait peut-être plus clémente si elle n'avait pas besoin de lui tirer les vers du nez.
- Quand j'ai vu Lucius Malfoy mettre le journal dans le chaudron de Ginny j'ai… paniqué.
- Depuis quand tu as des sentiments pour elle, toi ? Tu ne l'as jamais aimée.
- Je ne l'aime peut-être pas, mais je l'apprécie. C'est la sœur de mon meilleur ami et elle a toujours été très loyale envers moi. Je ne voulais pas qu'elle souffre.
- Génial. Super. Et quand est-ce que tu quitteras ce foutu complexe de héros qui nous fout à chaque fois dans la merde ?
Il ne répondit pas, se contentant d'observer ses pieds sans pouvoir s'empêcher de prendre un air honteux. Ce qu'elle disait était vrai : tous les problèmes que le trio avait rencontrés étaient à cause de lui et c'était inutile de nier les faits. Parce qu'il était Harry Potter, un Gryffondor – ou ex-Gryffondor – bien trop impulsif pour son propre bien et qu'un malade mental l'avait pris en grippe. Il était un réel aimant à emmerdes et s'en voulait quotidiennement pour ça, mais dans la situation actuelle, ce fait n'était absolument pas à prendre en compte. C'était ses propres actions qui les avaient menés jusqu'ici et pour l'instant, tout se passait très bien.
- Dis-moi ! Quand ?
- Ne le prends pas comme ça Hermione, je gère très bien la situation jusque-là.
- Comment est-ce que tu peux prétendre gérer une quelconque parcelle de cette situation ? Pour nous, bien mener notre mission c'est laisser les choses se dérouler sans anicroches ! Et qu'est-ce que môsieur Potter fait dès que j'ai le dos tourné ? Il va changer tous les événements alors que je lui ai bien stipulé de ne jamais le faire sans que je ne lui en ai donné mon accord au préalable !
- Je te dis que tout va bien, d'accord ? Aucun événement n'a été changé, tout ce qui devait se passer est passé alors arrête de paniquer pour rien. Tes lignes conductrices n'ont pas été chamboulées.
Elle balaya la réflexion d'un geste de la main.
- Bon dieu. Mais qu'est-ce qui ne va pas bien chez toi ? Pourquoi t'étais obligé de jouer à l'Héritier de Serpentard ? T'es suicidaire ou complètement débile ?
- Arrête de me parler comme ça. Je me rends bien compte que ce que j'ai fait été une erreur, mais j'estime l'avoir bien réparée en plus du fait que Ginny ne souffrira jamais de la présence de Tom Jedusor.
- Tu ne vois pas que Ginny est le cadet de mes soucis ? Tu as ouvert la Chambre des Secrets ! Tu as laissé Miss Teigne et Colin se faire agresser !
Harry leva les yeux au ciel sous les mots d'Hermione, ce que celle-ci ne sembla pas vraiment apprécier. D'un geste précis et prise d'une violente colère, elle envoya son poing vers la joue d'Harry dans le but de lui faire « retrouver ses esprits », mais, le garçon ayant anticipé le mouvement, son poing ne rencontra que du vide. Harry recula de quelques pas afin d'instaurer une distance de sécurité, essayant de faire totalement abstraction du geste qu'Hermione avait eu à son égard – putain, elle avait essayé de le frapper ! –, et se contenta de répondre d'une voix qu'il espérait calme :
- Techniquement, je n'y suis encore jamais allé. Et pour ta gouverne, ce n'est pas moi qui choisis les victimes de Jedusor. Je ne peux rien y faire.
- Tu vas arrêter cette mascarade immédiatement, Harry. Tu vas aller détruire ce foutu journal, et peu importe si je dois te mettre sous Impérium pour ça !
- Non mais qu'est-ce que tu crois au juste ? Tu crois que ce n'était pas le but depuis le départ peut-être ? Tout ce que je veux, c'est détruire ce truc. Ça ne se voit pas ?
- Mais alors qu'est-ce que tu attends ?!
- De pouvoir entrer dans la Chambre, Hermione ! Arrête un peu d'être stupidement scolaire et commence à réfléchir comme en temps de guerre putain !
Cette fois-ci, il s'était également laissé emporter par sa colère. Il voulait bien subir les remontrances d'Hermione, mais il ne fallait pas non plus qu'elle le prenne pour un incapable doublé d'un inconscient. Il avait pris le journal en connaissance de causes et avec un seul but : le détruire. A aucun moment il n'avait voulu l'utiliser à des fins personnelles.
Il coupa la jeune femme avant qu'elle ne puisse émettre un seul son. Il estimait qu'elle avait déjà assez parlé pour dire et insinuer des conneries à son sujet.
- A toi de réfléchir. On ne connait qu'un seul moyen de détruire le journal, et ce moyen se trouve dans la Chambre des Secrets. Tu crois vraiment qu'aller dans la Chambre dès le début de l'année, sans rien connaître de son histoire ou du moyen d'y accéder, était crédible ou quoi que ce soit d'autre ? Non. Avant d'y entrer, je devais parler à Tom Jedusor. Je devais faire ce qu'il me disait de faire, afin qu'il croie avoir affaire à un élève manipulé et inoffensif. Quand il me donnera la localisation de la Chambre – s'il le fait un jour – je pourrai y aller et à ce moment-là, je tuerai le Basilic. S'il ne le fait pas, j'attendrai que quelqu'un se fasse enlever pour faire croire que j'ai eu le même raisonnement que notre réelle deuxième année. Alors maintenant, si tu arrêtais de me prendre pour un incapable, j'apprécierais fortement.
- Je ne te prends pas pour un incapable, mais pour un abruti fini ! Tu ne pouvais pas juste laisser les choses se faire ? Alors quoi, t'avais l'impression que nos vies n'étaient plus assez mouvementées en ce moment ? Ah oui, j'oubliais ! Harry Potter a besoin d'action !
- Ferme-là Hermione, tu commences réellement à devenir méchante.
- Puis tu sais quoi ? demanda-t-elle en ignorant sa réflexion. Oui, je te prends pour un incapable. T'as raison.
Au moins c'était dit.
- Est-ce que je dois te rappeler qui je suis, et pourquoi j'ai été choisi pour accomplir cette mission ?
- Non, pas besoin.
- Je ne suis pas un gamin de 12 ans, Hermione, et j'ai autant de capacité d'analyse que toi. Comme toi, je sais ce que c'est que d'avoir des responsabilités. Si tu ne te souviens pas, j'ai dirigé une armée.
- Tout ce que tu as fait, c'est la diriger vers sa mort. Excuse-moi de ne pas avoir confiance en toi.
S'il avait pu gérer le reste, là, il avait un peu plus de mal.
Les mots de la jeune femme lui avaient fait l'effet d'un coup de poignard. Harry avait toujours mal encaissé les morts qui résultaient de ses actions ou de sa simple existence et Hermione le savait pertinemment, elle n'avait donc pas le droit d'utiliser une telle chose contre lui. Les souvenirs de Sirius, mort à cause de son erreur, et de ses amis et alliés, ayant péri tout au long de la guerre, lui pesaient encore beaucoup trop pour que cette remarque le laisse de marbre.
Harry la regarda quelques instants, lui faisant bien comprendre qu'elle avait dépassé les bornes en disant une chose pareille, et sortit de la salle sans un mot de plus. Ses jambes le guidaient sans qu'il n'en ait conscience à travers les couloirs et il avançait plus rapidement qu'il ne l'avait fait jusque-là. Il n'avait qu'une envie : se laisser tomber dans son lit et ne plus faire attention à quoi que ce soit pendant au moins des heures. Une boule désagréable lui obstruait la gorge et il ne savait pas quoi faire pour pallier à ce problème, ainsi qu'à celui de son cœur qui se pinçait dès qu'il repensait aux mots de son amie.
Il était terriblement blessé et plus la peine l'envahissait, plus il marchait rapidement. Instinctivement, il serra la forme du journal contre sa paume sous sa robe, et ne prit même pas la peine de s'en vouloir d'avoir envie de parler à Jedusor pour penser à autre chose. Il inspira longuement, soulagé de se rapprocher de sa salle commune.
Avant de s'arrêter instantanément au détour d'un couloir face à une vision de pure horreur.
Justin Finch-Fletchey était allongé par terre.
Le seul problème – si on considérait qu'un corps en plein milieu d'un couloir n'était pas un problème en soi –, c'était que Justin n'était pas pétrifié.
Il était mort.
Et voilà pour ce 15ème chapitre, j'espère que vous avez aimé !
A partir du prochain chapitre, on va retrouver le rythme qu'on avait dans les chapitres précédents, à savoir plus d'actions et moins de dialogues. Ça fait trois chapitres que je vous charge en conversations et je sais que ça casse vraiment le rythme de l'histoire, mais c'était des chapitres nécessaires et obligatoires alors je suis vraiment désolée aha. Habituellement, trois chapitres couvrent plusieurs mois et là ils ne couvrent qu'un jour et même pour moi c'est un peu… lourd ? Alors bon, on va vite revenir sur le rythme de base.
Doooonc, dans ce chapitre on a finalement la confrontation de Hermione et Harry par rapport au journal, et l'explication de Malfoy dessus. Malfoy qui est bien décidé à trouver comment Harry a fait pour connaître la nature du journal sans l'avoir jamais vu... Puis pour finir, on apprend la mort de Justin Finch-Fletchey à la fin du chapitre, qui n'était pas vraiment supposé mourir de base. Voilà :)
Quoi qu'il en soit, on se retrouve bientôt pour le prochain ! Bises
