/note de l'auteur : les prochains chapitres seront plus longs !


Il l'attendait en bas de son ancien immeuble de banlieue. Elle ne voulait pas sortir ; mais elle n'avait pas vraiment le choix. Il l'avait obligée, comme toujours. Pourquoi ç'aurait changé ?

"Bonjour," lança-t-elle avec un sourire forcé.

"Salut."

Il devait l'emmener en centre-ville, au cinéma. Ils devaient aller voir un film d'action stupide, un film que lui aimait. Certainement pas un film qu'elle aimait. Ils marchèrent quelques temps dans les rues. Le soleil resplendissait dans le ciel, et ce dernier était vêtu d'un bleu à faire frémir les océans des îles. Seuls quelques nuages s'amusaient à passer devant l'astre solaire, faisant s'assombrir la ville pendant quelques instants. S'il n'y avait pas une légère brise de vent de temps en temps, on aurait pu crier à la canicule, même si c'était le mois de Novembre. Rose observait les passants. Des grands hommes, des moins grands. Des plus maigres, des plus gros. Des grandes femmes, des moins grandes. Des plus maigres, des plus grosses.

Son attention se porta sur un jeune couple. Ils paraissaient heureux, eux. Ils se tenaient la main et se souriaient bêtement, comme si le monde leur appartenait. Elle se demanda pourquoi son couple ne serait jamais comme ça. "Parce que Jim est un connard" se répondit-elle mentalement. Elle soupira. De fatigue, certainement. D'épuisement. C'était ça ; elle était épuisée. Elle était épuisée de vivre. Elle se rendit compte au bout de dix bonnes minutes qu'ils ne prenaient pas le bon chemin. La panique naquit au creux de son ventre.

"Où tu m'emmènes ?"

"T'occupes."

"Jim, dis-moi où tu m'emmènes." Le ton montait.

Il la baffa. Fort. Sa joue rougit. Il la prit par le bras et il accéléra le pas. Arrivés dans ce qui semblait être une étroite ruelle abandonnée, il sourit. Il sourit cyniquement. Il la plaqua contre le mur. Elle se débattu, cria, hurla, mais il lui décocha son poing droit dans sa mâchoire. Il lui arracha son pantalon, sa culotte. Il baissa son pantalon, son caleçon.

Elle se réveilla dans un sursaut de panique. Elle calma sa respiration. Elle regarda tout autour d'elle ; rien. Uniquement sa chambre plongée dans l'obscurité. Les rayons matinaux du soleil franchissaient bravement les rideaux des fenêtres, et venaient caresser sa peau. Son portable affichait cinq heures quarante-sept minutes. Elle décida de se lever ; son alarme aurait de toute façon sonnée dans treize minutes.