Elle retrouva Mickey, Shireen et Keisha dans le hall du lycée. Ils s'échangèrent quelques politesses et se dirigèrent en salle de cours. Leur journée du mardi commençait par une heure trente de physique. Génial, se dit-elle. Ils entrèrent dans la salle et s'installèrent.

« Bonjour à tous. Nous allons commencer un nouveau TP de chimie. Veuillez mettre vos blouses. » indiqua Monsieur Smith.

Le TP se passa sans encombre. Enfin, si l'on considérait que faire exploser un tube à essai, renverser un bécher et se brûler un bec benzène n'étaient pas des encombres, il n'y en avait eu aucune.

« T'es vraiment un boulet. » se moqua Mickey.

« C'est pas vrai ! » s'exclama Rose. « Je comprends même pas comment ce truc a pu exploser. »

« Il a explosé parce que t'es un boulet, voilà tout. »

Ils rigolèrent un moment. Monsieur Smith se racla la gorge.

« Bien. Ce TP est désormais fini. Nous ferons son compte-rendu lundi prochain. Prenez vos blouses mardi, ce sera un autre TP de chimie. À la semaine prochaine. » conclut-il.

Le groupe d'amis sortit de la salle. Keisha prit la parole.

« Rose, je crois que Monsieur Smith a flashé sur toi. Durant tout le TP, il te regardait et rigolait dès que tu faisais une connerie. »

« Qu- Quoi ? N'importe quoi, tu sais très bien qu'il ne m'aime pas. Et moi non plus je ne l'aime pas. » déclara Rose. Elle fit mine d'avoir vu quelque chose derrière elle pour que personne ne voit que ses joues avaient prit une teinte rosée.

«Peut-être que tu ne l'aimes pas, » reprit Keisha « mais en ce qui le concerne, j'ai un doute. Souviens-toi du début d'année. » sourit-elle.

La journée se déroula calmement, mais quelques étranges événements se déroulèrent. Dès que Rose croisait Smith, il lui souriait. Ou parfois, c'est un jeu de regard qui se déclarait.
Peut-être qu'effectivement, il ne la détestait pas.
Le groupe d'amis allèrent boire un café dans un bar non loin du lycée. Ils croisèrent une dénommée Martha, qui se révéla être le coup-de-foudre de Mickey. Elle était aussi grande que lui, le teint noir, les yeux marrons et pleins de vie. Elle était plus vieille aussi, elle avait le même âge que John Smith, soit environ vingt-cinq ans. Rose, Keisha et Shireen le poussèrent à inviter Martha au cinéma. Résigné, il le fit et salua les filles. Une heure plus tard, après quelques bavardages échangés, les filles se séparèrent et Rose rentra chez elle.

La maison de Rose était tout à fait banale. Elle l'avait acheté après avoir rompu avec Jim. C'était un pavillon blanc, avec une porte gris foncé. Il y avait deux fenêtre sur la facade avant. Celle de gauche donnait sur son salon. Celui-ci était d'ailleurs la plus grande pièce de la maison. Le papier peint était beige, et contrastait avec la console blanche, sur laquelle reposait la télévision 22" Samsung. Son canapé lui était marron-châtain, et en face de lui se tenait une table basse blanche. Sur le mur en face du canapé, (et donc à gauche si l'on regarde depuis la fenêtre et depuis l'extérieur) était accrochée une guirlande, donnant l'effet cosy à la pièce. Enfin, quelques bougies beiges étaient éparpillées un peu partout dans la pièce.
Le salon donnait directement sur la salle à manger-cuisine. Les pièces étaient dans le même ton que le salon. Dans la salle-à-manger trônait une table ronde avec quatre chaises grises. La pièce s'ouvrait sur la cuisine, moderne, et où régnaient la vaisselle sale que Rose "n'avait pas eu le temps de faire".

La fenêtre de droite, elle, donnait sur la chambre à coucher. Deux murs de celle-ci étaient peints en noir, tandis que les deux autres étaient, eux, peints en blanc. Le lit était en face de la fenêtre, centré par rapport au mur. À droite, une table de nuit beige tenait une lampe ronde et quelques bouquins.

Le bureau, massif et beige lui aussi, était contre le mur à droite. En face de lui se trouvaient une commode pleine de vêtements, blanche, et à côté de celle-ci une armoire design blanche. À gauche du lit se trouvait la porte, qui donnait sur le couloir et une autre porte. Dernière cette dernière porte se trouve la salle-de-bain. La pièce s'ouvre sur la douche à l'italienne noire ; à droite lorsque l'on rentre se trouve le lavabo à une vasque, avec au-dessus son miroir éclairé par des LED et à côté de celui-ci, sur le mur de droite, tenaient un repose-serviette noir ainsi que la panière à linge.
Le garage, adjacent à la maison par la droite, contenait lui la machine à laver, le compteur électrique, le sèche-linge au fond de la pièce, et la tondeuse. La pièce était relativement vide, à part ces quelques éléments.
Le devant de la maison était une parcelle d'herbe. Des minis lampadaires encadrés un petit chemin en galets blancs menant à la porte. Deux pots de fleurs décoraient l'entrée de la maison.

Rose prit ce petit chemin entra chez elle.

Elle se jeta dans le canapé et continua son livre, Le songe d'une nuit d'été par W. Shakespeare. Elle lut pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'un bruit grinçant –qui ressemblait à celui de sa boîte aux lettres– la sortit de son livre.
Elle décida d'aller voir. Un petit papier avait été glissé, sur lequel était écrit

N'oubliez pas

votre colle, demain

à quinze heures

Smith

Il était vraiment étrange, ce professeur. Pourquoi diable fallait-il qu'il dépose lui-même l'avis de colle ? Ne pouvait-il pas le faire envoyer par le lycée ? Non vraiment, il était étrange. Un nœud se noua dans le ventre de Rose. Elle n'avait, mais alors, vraiment pas envie d'y aller, à cette colle.
Il se fit vite tard et Rose décida de se coucher.

Il l'attendait en bas de l'appartement.

Le cinéma, le ciel, le soleil, les passants.

La ruelle.

Ses mains sur elle. Une lueur d'espoir frappa Rose. Un éclair de force la traversa. Elle lui envoya son genou dans les tripes. Elle lui mit une droite, il vacilla. Elle le poussa pour qu'il tombe. Son crâne se fracassa sur le béton de la route. Elle lui cracha au visage. Elle courut au plus vite.

Elle se réveilla encore une fois en trombe. Putain de cauchemar, maugréa-t-elle intérieurement. Son portable sonna ; c'était son alarme. Elle alla se préparer. Le fameux jour de la colle était arrivé.