John Smith était un plutôt bel homme. Il était élancé, élégant, et son atout principal était ses cheveux bruns diaboliquement sexy, coiffés en une sorte de vague déferlante qui raserait tout sur son chemin. Il portait toujours un costume, même s'il devait porter par-dessus une blouse blanche de scientifique.
Il n'avait ni femme, ni enfant. Il vivait dans une énorme bâtisse éloignée du centre-ville.
La maison –mini château ?– était effectivement gigantesque. Elle était en pierres claires, et s'élevait sur deux étages. Une toute petite tour en pierre avec un toit en tuile de bois se tenait debout à droite de la maison.
Lorsque l'on arrive par devant, on voit la maison encerclée par une immensité verte et plus loin derrière on voyait la lisière de la forêt. Les quelques hectares de celle-ci lui appartenaient. L'entrée de la maison se faisait par une terrasse en bois sur laquelle reposait un salon de jardin bordeaux. Une baie vitrée faisait office de porte d'entrée. On entrait par la cuisine, grande pièce. À gauche de la porte se trouvait un coin télévision-salle-à-manger à côté de l'immense plan de travail culinaire. Une cheminée trônait à côté de la télévision. L'aile gauche de la maison était reliée par une porte à côté de la cheminée. On y trouvait une chambre au rez-de-chaussée et une chambre-salle-de-bain à l'étage.
À droite de la cuisine, après avoir gravi deux marches et traversé en large un petit corridor, on tombait sur la salle-à-manger à proprement parlé. Elle était dans des tons clairs, beige et blanc, et une grande armoire à verres et vaisselles occupait un pan de mur. Une table était posée au milieu de la salle. Sur le mur en face de l'ouverture vers la cuisine se trouvaient deux portes. Celle de droite menait à un salon, un salon jaune, avec une cheminée directement sur la gauche, un canapé face à une télévision LG de 25" et derrière ce canapé une armoire avec un nombre incalculable de DVD. Un piano noir à queue surveillait la pièce au bout de celle-ci, et trois fenêtres éclairaient le salon.
Sur le même mur que la télévision, une porte s'ouvre sur un hall. La porte qui était à droite dans la salle-à-manger ouvre sur ce même hall. Le hall avait quatre ouvertures. Une à droite de la porte du salon jaune, qui donnait à l'extérieur. Une en face du salon jaune, qui menait à une salle cinéma, avec d'imposants fauteuils en cuir marron, ainsi qu'un vidéo-projecteur, un home-cinéma et une grosse malle qui faisait office de table. La salle est reliée à une autre salle par une porte, à gauche de l'écran de projection.
De retour dans le hall, la troisième ouverture se trouve à gauche d'une armoire massive en chêne, qui est elle-même à gauche de la précédente porte.
Cette troisième porte menait sur des toilettes, ainsi que sur un bureau, tout comme la porte de la salle cinéma. Le bureau n'était pas très grand au vu du reste de la maison. Une grande fenêtre éclairait la pièce, qui contenait deux ordinateurs, un bureau en verre imposant avec une tonne de papiers –certainement des copies de Monsieur Smith. Une porte en face de celle donnant sur la salle cinéma débarquait sur le corridor qui faisait la jonction cuisine-salle-à-manger.
Enfin, la dernière ouverture du hall était un escalier en marbre. Il menait sur quatre chambres, toutes équipées d'une salle de bain. Celle de John Smith était la plus grande ; elle se trouvait à gauche et tout au fond lorsque l'on montait l'escalier. Elle avait un lit à baldaquin immense en bois foncé, contre le mur en face de la porte. Un tapis était allongé au milieu de la pièce, au pied du lit. La grande fenêtre qui donnait sur les vastes étendues verdâtres du jardin se trouvait à gauche du lit. Un rideau rosé diminuait la lumière. Une porte plus loin de lit à droite menait à la salle de bain. Il y avait une grande cabine de douche qui prenait presque toute la place, et en face de celle-ci se trouvait un lavabo à double vasque. En face de la salle de bain se trouvait un bureau massif, sur lequel un paquet de copies reposait.
John Smith, lui, était avachi dans le canapé du salon jaune. Quelque chose semblait le préoccuper.
Déjà, Smith était très intrigué par cette Rose Tyler. Tout s'était bien passé en début d'année ; elle était très joviale –un peu trop ?– et était une très bonne élève. Vraiment, il s'était attaché à elle, en quelques sortes. Mais depuis cet automne, aux alentours du mois de Novembre, le comportement de Rose était devenu exécrable et ses notes avaient chuté. Ceci eut pour répercutions d'inquiéter et d'alarmer Smith. Il avait entendu par quelques rumeurs de lycéens que Rose avait un petit-ami. Il s'était alors dit que le problème venait de là, et avait commencé à enquêter en décembre. Mais il n'avait rien trouvé. Il avait alors pensé qu'il devrait récupérer les informations à leur source ; c'est-à-dire parler à Rose. Alors la semaine dernière il eut l'idée de lui parler après un cours, celui du lundi d'après. Mais ça ne marcha pas non plus. Tout comme la ramener en voiture. Après ces nombreux échecs, il comptait énormément sur la colle de demain. Peut-être arriverait-il à un quelconque résultat ?
Il partit se coucher, imaginant toutes sortes de scénarios pour demain.
C'était qu'il l'aimait bien, Rose Tyler.
