Bonjour tout le monde !
Et non, vous ne rêvez pas ! Me revoici avec un nouveau chapitre, deux fois plus longs que ceux de d'habitude. J'espère qu'il vous plaira :)
A nouveau, je tiens à remercier toutes les personnes qui me suivent et me lisent au quotidien. Je remercie également toutes les personnes qui m'ont laissées des reviews sur le précédent chapitre comme : Stella82 , Math'L , Grazie , larosesurleau , 13trinity, cyntia3062 , N'giie...
Je vous laisse avec ce nouveau chapitre !
Bonne lecture, on se retrouve en bas ^^
Chapitre 16
« - Bats-toi, Bella, murmura Carlisle. Bats-toi.
Après lui avoir à nouveau insufflé de l'air, je regardais son visage désormais dénué de vie et paniquais encore plus. »
Une semaine plus tard
Point de vue Peter
Assis sur le rocking-chair dans un coin de la pièce, j'observais silencieusement Bella. Endormie, elle n'avait sans doute pas conscience de ma présence mais j'avais besoin d'être auprès d'elle, besoin d'être à ses côtés après avoir failli la perdre i peine quelques jours.
Lorsqu'elle avait fait son arrêt cardiaque, lorsque je l'avais cru morte, j'avais eu l'impression de sombrer avec elle. Vivre sans elle m'était alors apparu comme quelque chose d'inimaginable, d'infaisable. Je comprenais désormais ce que ressentait tout vampire qui avait perdu son compagnon lorsqu'il demandait à mourir. Vivre sans son âme-sœur est impossible.
J'ignorais comment Marcus faisait pour continuer de vivre sans Didyme. Il faisait preuve d'une telle force que pour la première fois de toute mon existence, j'éprouvais un certain respect envers l'un des rois Volturi. Lorsqu'il avait su que Bella avait fait une crise cardiaque, il avait voulu quitter Volterra pour être à ses côtés mais Carlisle l'en avait dissuadé, affirmant qu'il ne serait pas bon pour Bella d'avoir autant de vampires autour d'elle.
Carlisle pensait que son cœur avait lâché à cause de toute l'énergie que lui absorbait son don mais pour lui, ce n'était pas la seule raison. En effet, d'après lui, Bella était tellement sous tension quotidienne depuis qu'elle avait été enlevé qu'il était normal que son cœur lâche à un moment donné. Même s'il ne me le disait pas, je savais parfaitement qu'il craignait qu'elle ne refasse un arrêt et qu'on ne puisse pas la réanimer.
Me dire que je pouvais la perdre à n'importe quelle minute me terrifiait. Si seulement je pouvais la transformer... Cependant, je savais qu'elle ne me le pardonnerait jamais. Elle était tellement effrayée par notre espèce qu'elle ne supporterait pas d'en faire partie et ferait tout pour mourir. Secrètement, j'espérais qu'elle finirait par me demander de la transformer pour que nous puissions ainsi passer notre éternité ensemble. Mais pour cela, il fallait encore qu'elle me pardonne...
Soudain, je vis Bella remuer dans son sommeil et l'entendis émettre un sanglot étouffé. Comprenant qu'elle faisait un cauchemar, je m'approchai doucement et m'asseyant sur le bord du lit, je vins doucement caresser sa joue tout en murmurant :
- Tout va bien, mon ange... Tout va bien...
A mon toucher, elle se calma légèrement et inconsciemment, s'approcha davantage de moi. Mon cœur se serra en voyant cela, regrettant les moments où même consciemment elle se blottissait dans mes bras. Malheureusement, il avait fallu que j'agisse comme un idiot avec elle durant plusieurs jours. Pourrait-elle me le pardonner un jour ? Même si elle était ma compagne, elle était tellement fragile et surtout tellement méfiante et effrayée à l'égard des vampires, qu'elle risquait de se renfermer sur elle et de ne plus me laisser l'approcher.
- Peter..., murmura t-elle endormie.
Mon cœur se gonfla en l'entendant murmurer mon prénom. Elle ne l'avait pas prononcé depuis tellement longtemps...
Après son arrêt cardiaque, Bella avait été inconsciente pendant trois jours. Trois long jours où nous étions tous inquiets de son état, moi principalement. J'avais crains qu'elle ne se réveille jamais, crains de l'avoir perdu pour toujours. Heureusement, elle avait fini par se réveiller une nuit et Carlisle s'était empressé de lui retirer ces tuyaux qui lui permettaient de respirer. Il lui avait expliqué ce qui s'était passé mais elle n'avait pas prononcé le moindre mot. Même son cœur n'avait pas accéléré. Je n'avais appris que plus tard que Carlisle lui avait administré des calmants pour qu'elle ne panique pas lorsqu'elle se réveillerait.
Durant les deux jours qui avaient suivis, il avait continué de lui en administrer pour permettre à son cœur de récupérer. Cependant, il avait dû enlever la perfusion qui la nourrissait pour qu'elle puisse se nourrir elle-même. J'aurais pu me charger de lui apporter son repas mais Rosalie avait préféré s'en occuper, prétextant que Bella l'écouterait davantage. Mais je connaissais la véritable raison. Rosalie lui avait demandé si elle voulait me voir et Bella avait refusé. Même si cela m'avait brisé le cœur, cela était tout à fait justifié.
Après m'être éloigné ainsi d'elle, l'avoir ainsi abandonné – du moins c'est ce qu'elle croyait – il était normal qu'elle m'en veuille. C'est pourquoi, ne pouvant la voir quand elle était éveillée, je profitai de son sommeil pour pouvoir la voir un minimum. Au début, Rosalie avait tenté de m'en empêcher mais Emmett était intervenu, lui demandant ce qu'elle ressentirait si on l'empêchait de le voir. Cet argument avait dû marcher car elle m'avait laissé passer tout en promettant de me tuer si je faisais à nouveau souffrir Bella.
Cette menace m'avait un instant énervé car au grand jamais, je n'avais voulu la faire souffrir, puis me calmant, j'avais été rassuré de voir que Bella pourrait compter sur elle. Rosalie avait beau être quelqu'un de dur et de froid, je savais qu'elle tenait à Bella et qu'elle n'hésiterait pas à la protéger au moindre danger.
- Peter ?
Me reconnectant avec la réalité, je baissai à nouveau les yeux sur Bella croyant qu'elle avait à nouveau prononcé mon prénom dans son sommeil, mais qu'elle ne fut pas ma surprise lorsque je croisai son regard noisette. Totalement perdu dans mes pensées, je ne m'étais pas rendu compte qu'elle s'était réveillée.
- Excuse-moi, murmurai-je en retirant ma main de sa joue et en me levant.
Avant même qu'elle ne me demande de partir, je me dirigeai directement vers la porte. Je n'avais aucune envie de l'entendre me repousser une fois de plus.
- Reste ! paniqua t-elle.
Me retournant doucement, je vis qu'elle s'était redressée. N'étant pas sûr d'avoir bien entendu ce qu'elle m'avait demandé, je ne bougeai pas, me contentant de l'observer. Repoussant ses couvertures, elle tenta alors de se lever mais étant trop faible, ses jambes lâchèrent. M'avançant à vitesse vampirique jusqu'à elle, je m'empressai de la rattraper avant qu'elle ne s'effondre au sol.
- Tu vas bien ? m'inquiétai-je en l'asseyant doucement sur son lit et en restant debout devant elle.
Relevant doucement la tête, elle m'observa pendant quelques instants en silence puis détournant le regard, elle murmura :
- Je suis désolée.
Surpris, je m'agenouillai doucement devant elle et relevant doucement son menton, la forçai à me regarder.
- De quoi ? Tu n'as aucune raison de l'être.
- Bien sûr que si ! s'exclama t-elle en plantant son regard ampli de larmes dans le mien. Je n'ai pas cru ce que tu m'as dit sur Charlotte et je t'ai envoyé promener alors que tu me disais la vérité.
Je me tendis aussitôt face à ce qu'elle venait de dire. Cela signifiait-il que Charlotte avait réussi à utiliser son don sur elle ? Je la tuerais pour cela. Je n'hésiterais pas une seule seconde ! Sentant sûrement ma tension, à ma plus grande surprise, Bella vint doucement et avec hésitation poser sa main sur ma joue.
- Son don n'a pas fonctionné sur moi, Peter, murmura t-elle. J'ai... j'ai senti quelque chose essayait de m'atteindre et immédiatement c-cette barrière s'est déclenchée.
A ses mots, je me sentis aussitôt soulagé. Savoir que Charlotte n'était pas capable de l'atteindre avec son don me rassurait sur le fait que jamais Bella n'aurait à revoir ce qu'elle avait subit par le passé. Reculant sa main, elle détourna à nouveau le regard.
- Je suis désolée d'avoir refusé de te voir avant, ajouta t-elle faiblement. Je...j'avais peur que tu m'en veuilles pour ce que je t'avais dit...
- Pourquoi t'en voudrais-je ? répondis-je doucement. Je méritais ce que tu m'as dit. Je t'ai fait souffrir, j'en suis conscient et jamais, je ne me le pardonnerais.
Une larme coula le long de sa joue et je ne pus m'empêchai de venir l'essuyer en lui caressant la joue. Venant m'asseoir à côté d'elle, je l'attirai doucement sur moi et la serrai dans mes bras tandis qu'elle se mit à sangloter contre mon épaule.
- Tu m'as tellement manqué, chuchotai-je en mettant mon visage dans ses cheveux.
Une semaine plus tard
Point de vue Bella
Assise dans le fauteuil du salon, j'observai Alice, Rosalie, Emmett et Edward jouer à la wii tandis que Peter et Jasper étaient en train de parler près de la grande fenêtre tout en les observant également et qu'Esmée et Carlisle étaient assis dans le canapé, lisant chacun un livre. Voir des vampires se comporter comme des personnes normales était tellement perturbant que j'avais mis une bonne vingtaine de minutes avant de me détendre légèrement.
A cet instant, il semblait tous tellement humains que j'en oubliais presque leur véritable nature.
- Tu es sûre de ne pas vouloir jouer, Bella? fit Edward en s'approchant de moi et en me souriant.
J'hochai simplement la tête à sa question et baissai les yeux tandis que les battements de mon cœur accélérèrent. J'avais tellement entendu cette question par le passé qu'aujourd'hui encore, je ne pouvais m'empêcher de me tendre en l'entendant. Mes ravisseurs me l'avaient tellement posé, sans attendre la moindre réponse qu'il était certain que je ne pourrais jamais réagir autrement face à celle-ci.
Edward dut remarquer la réaction que suscita sa question car il s'accroupit devant moi et me demanda doucement si ça allait. Levant la tête, je croisai son regard doré et face à la gentillesse que j'y trouvai, murmurai avec hésitation :
- Ta...ta question...
- Oui ? fit-il m'encourageant à poursuivre ce que je voulais dire.
- Ils...ils me la p-posaient tou-toutes les semaines, terminai-je en détournant le regard à nouveau.
Un silence pesant accompagna mes paroles et je baissai la tête, regardant mes doigts qui jouaient avec le foulard que Rosalie m'avait offert la veille. Edward fit alors une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Posant ses doigts sur les miens, il répondit :
- Je suis désolé, je ne savais pas. Je te promets que je ne le dirais plus. Si l'un d'entre nous dit ou fait quelque chose qui te met mal à l'aise, n'hésite pas à le dire, d'accord ?
- O-oui.
Il serra légèrement mes doigts comme pour s'excuser puis retourna jouer avec les membres de sa famille. Dire que j'étais surprise par sa réaction était un euphémisme, tant j'étais habituée aux réactions cruelles de ses congénères, ou du moins de deux de ses congénères. Les Cullen et Peter se montraient tellement gentils avec moi depuis qu'ils m'avaient rencontrés que j'avais encore du mal à croire que cela était bien réel.
Durant quelques temps, j'avais pensé que tout cela n'était qu'une illusion. Que ces vampires étaient gentils avec moi uniquement pour mieux me blesser et s'en prendre à moi par la suite. J'avais pensé qu'il voulait me guérir pour me briser encore davantage. Cependant, il fallait bien que je me rende à l'évidence. Cela faisait maintenant environ trois mois que j'avais quitté cette cave affreuse, que ses vampires m'avaient trouvé et pas une seule fois, ils ne s'étaient mal comportés avec moi, bien au contraire.
Depuis le départ, ils m'avaient aidé à guérir autant physiquement que mentalement. Ils s'étaient montrés attentifs, attentionnés, patients avec moi alors qu'ils ne me connaissaient pas. Certes, Marcus était mon arrière grand-père mais tellement de générations s'étaient écoulées entre nos deux naissances qu'il aurait pu me laisser où j'étais et ne pas s'occuper de moi. Or, il avait tout fait pour m'aider, allant jusqu'à appeler l'un de ses amis de longue date qui se trouvait être médecin pour qu'ils puissent s'occuper de moi.
Les Cullen et Marcus étaient tellement différents de ses deux monstres qui avaient tués Jacob et qui m'avaient enlevés. Ils étaient tellement plus... humains. Rosalie et Alice se comportaient avec moi comme si j'étais l'une de leurs amis, il en était de même pour Emmett et Jasper. Esmée était attentive à mes besoins et semblait animer d'une fibre maternelle à mon égard. Carlisle, lui, avait dépassé le simple stade de médecin. Il essayait de me parler de chose et d'autre et par moment, cela me faisait penser à Billy, le père de Jacob, qui m'avait toujours considéré comme sa nièce. Quant à Edward, il était assez protecteur envers moi et assez attentif. En le voyant agir ainsi avec moi, on pouvait penser qu'il s'agissait d'un grand frère surveillant sa jeune petite sœur.
Cette attitude de la part d'Edward semblait agacer Peter. Même s'il n'en disait rien, je voyais très bien qu'il se tendait lorsque Edward m'approchait et qu'il allait même jusqu'à se rapprocher de moi quand c'était le cas. J'ignorais pourquoi il réagissait ainsi et je n'avais pas osé demander.
Depuis l'autre jour, nos rapports avec Peter étaient redevenus ceux qu'ils étaient avant l'arrivée de Charlotte. Même si par moments, il me laissait seule avec les autres, il m'avait expliqué que cela était dans l'unique but que j'apprenne à les connaître et à être à l'aise avec d'autres personnes que lui. Lorsqu'il m'avait dit cela, j'avais compris qu'il ne le disait que pour m'empêcher de m'inquiéter. Après tout, la dernière fois qu'il m'avait laissé seule plus de quelques heures, j'avais tellement paniqué que je m'étais renfermée encore davantage sur moi-même.
Durant ses derniers jours, mon état physique s'étant amélioré, Rosalie et Peter m'avaient poussé à sortir de ma chambre et à rester au moins quelques heures dans les pièces communes. Même si cela ne m'enchantait pas, j'avais obéi. Après tout, que pouvais-je faire d'autre ?
Tournant la tête vers Peter, je devinai rien qu'à son expression qu'il n'était pas content de ce qui venait de se passer avec Edward. Regardant par la fenêtre, il ne m'adressa aucun regard. M'en voulait-il ? Perturbée et inquiète, je détournai le regard et rencontrai celui de Jasper. Un léger sourire flottait sur son visage et me faisant un clin d'oeil, une soudaine vague de jalousie monta en moi. Fronçant les sourcils, je vis alors Jasper faire un léger mouvement de tête vers Peter.
Perdue, il me fallut quelques secondes pour comprendre que ce que Jasper m'avait fait ressentir était ce que Peter ressentait. Etait-il vraiment jaloux ? Si oui, pourquoi ? Deux sentiments différents se bousculèrent alors en moi après cette découverte. D'un côté, l'incompréhension car j'ignorais comment il pouvait être jaloux et de quoi il pouvait l'être et d'un autre, j'étais étrangement contente et je n'aurais su dire pourquoi.
Jasper dut ressentir mes émotions car je vis son sourire s'agrandir et je m'empressai de détourner la tête, tentant de me concentrer sur autre chose. Mon regard tomba aussitôt sur Carlisle venant déposer un baiser sur la joue d'Esmée. Elle sourit et vint l'embrasser tendrement avant de se lever et de se diriger vers le jardin. Les voir se comportaient ainsi me serra le cœur. La façon dont ils se regardaient mutuellement me faisait penser à la façon dont Jacob me regardait autrefois. Mon cœur s'accéléra à cette pensée.
Jacob... Il était mort. Par ma faute. J'avais beau n'être plus aussi renfermée que quinze jours plus tôt, je n'en oubliais pas moins que j'étais entièrement responsable de sa mort. J'aurais aimé en parler avec Peter, me confier à quelqu'un mais parler de Jacob avec lui me gênait sans que je ne sache pourquoi.
Peut-être que je pourrais en parler avec Esmée ? Elle était si gentille, si douce avec moi qu'elle m'écouterait peut-être. Avec hésitation, je regardais les personnes présentes dans la pièce, me demandant si je pouvais réellement me déplacer comme je le voulais. Carlisle dût deviner ce que je voulais faire car lorsque je croisais son regard, il me sourit et fit un léger mouvement de tête dans la direction qu'avait empruntée Esmée, comme pour me dire que j'avais le droit d'aller la voir.
Baissant la tête, je me levai alors doucement et après avoir lancé un regard à Peter qui m'observait avec inquiétude, je pris lentement la direction du jardin. Les mains tremblantes, j'ouvris doucement la porte et la refermai après être sortie. Enroulant mes bras autour de moi pour me réchauffer un peu, j'avançai doucement vers Esmée qui se trouvait à l'autre bout du jardin en train de planter des fleurs.
Se retournant au bruit de mes pas, un sourire étira ses lèvres lorsqu'elle m'aperçut :
- Bella ! s'exclama t-elle. Tu veux m'aider ?
- Si vous voulez, répondis-je faiblement.
La surprise se peignit un instant sur son visage en m'entendant lui répondre mais elle se reprit rapidement. Se levant, elle alla chercher des gants de jardinage ainsi que le matériel nécessaire pour planter des fleurs et revint vers moi, me les tendant.
- Tiens, ce sera plus facile avec ça, sourit-elle.
Enfilant les gants, je me mis alors à suivre ses mouvements. Sentant le vent ébouriffer mes cheveux et plantant des fleurs comme je le faisais étant enfant avec mon père, j'avais pour la première fois l'impression d'être enfin libre. Certes, je me trouvai encore avec des vampires mais j'étais désormais convaincu qu'ils ne me feraient aucun mal.
Oui, deux membres de leur espèce c'en était pris à moi de la pire façon qui soit et avait tué Jacob mais ce n'était pas pour autant que leur espèce entière était mauvaise. J'avais eu tort de croire cela dès le début. Après tout, des humains faisaient également des choses abominables et pourtant, nous n'étions pas tous comme eux. J'avais tiré des jugements trop hâtif sans même leur laisser une chance et aujourd'hui, je me trouvais stupide pour cela.
- De quelles fleurs s'agit-il ? interrogeai-je doucement.
- Ce sont des hellébores, répondit Esmée. Elles sont très résistantes au froid. Bien souvent, on les appelle les Roses de Noël car elles fleurissent à cette période de l'année.
A ces mots, mon cœur loupa un battement et mes yeux s'emplirent de larmes tandis que je lâchai brutalement le semoir à main.
- Bella ? s'inquiéta Esmée en s'approchant aussitôt de moi. J'ai dit quelque chose de mal ?
Me relevant, je secouai doucement la tête. Ne pouvant retenir mes larmes plus longtemps, celles-ci se mirent à couler silencieusement le long de mes joues et à ma plus grande surprise, Esmée s'empressa de venir me serrer dans ses bras.
- Qu'est-ce qui se passe ? m'interrogea t-elle en se reculant légèrement et en venant doucement essuyer mes joues. Dis-moi...
- Jacob avait l'habitude de m'en offrir tous les ans, chuchotai-je douloureusement.
- Oh Bella, fit-elle tristement.
A nouveau, elle me serra doucement dans ses bras et me murmura que ça irait, que la souffrance que je ressentais finirais par s'alléger et que bientôt, je pourrais repenser à lui sans en souffrir. L'entendre me consoler me touchait et en même temps m'attristait encore davantage car je savais parfaitement que je ne pourrais jamais me remettre de la mort de Jacob pour la simple et bonne raison qu'il était mort devant moi d'une mort atroce et ce, entièrement par ma faute.
A cette pensée, mes larmes redoublèrent et prenant ma main, Esmée m'attira jusqu'à un banc installé à à peine un mètre de nous.
- Que se passe t-il, Bella ? murmura t-elle après que nous nous soyons assis et en prenant mes mains dans les siennes.
- Il est mort par ma faute, chuchotai-je douloureusement en plantant mon regard dans le sien. C'est à cause de ma ressemblance avec Didyme qu'il est mort.
- Oh ma chérie, bien sûr que non, s'offusqua t-elle en resserrant doucement sa prise sur mes mains. Tu n'as pas à te sentir responsable, tu n'as jamais voulu ce qui est arrivé.
- Si... si je ne lui avais pas ressemblé, ils ne s'en seraient pas pris à nous, sanglotai-je. Ces monstres ne l'auraient pas tué et il serait encore aux côtés de sa famille.
De profonds sanglots me secouèrent et Esmée me serra à nouveau dans ses bras.
- Tu n'es pas coupable de ce qui s'est passé, Bella, murmura t-elle doucement tout en me caressant les cheveux. Tu n'as jamais demandé à ressembler à Didyme, ni même à être la descendante d'un vampire vieux de plus de milles ans. La nature a fait les choses ainsi alors tu n'as pas à te le reprocher. Les seuls responsables dans cette histoire sont ces monstres qui s'en sont pris à vous. Eux seuls sont coupables de la mort de Jacob. Ce sont eux qui ont décidé de s'en prendre à vous, eux qui ont pris la décision de lui arracher la vie devant toi et de te torturer pendant autant de temps.
A ses mots, mes pleurs se calmèrent légèrement. Elle n'avait pas tort. Je n'avais jamais désiré ce qu'il s'était passé. Lorsque nous étions partis nous promener dans la forêt, tout ce que nous voulions c'était passer un moment tout les deux comme nous avions l'habitude de le faire. Au grand jamais, je ne me serai doutée de ce qui allait se passer ce jour-là.
- J'ai beau ne l'avoir jamais connu, continua t-elle, mais je sais qu'il n'aimerait pas te voir dans cet état. Il n'aimerait pas voir la jeune femme qu'il aimait se sentir aussi coupable pour une chose dont elle n'est pas responsable. Et surtout, il n'aimerait pas te voir aussi malheureuse, Bella. Il voudrait que tu te battes, que tu te relèves de ce que tu as subi pour montrer à ceux qui t'ont fait subir cela que tu es plus forte qu'eux et qu'ils ne t'ont pas détruite. Il voudrait te voir heureuse, Bella.
- Mais ils m'ont détruite, murmurai-je en me reculant légèrement et en la regardant, mes larmes continuant de couler le long de mes joues.
Esmée avait entièrement raison. Jacob n'aurait pas aimé me voir dans cet état. Il n'aurait pas aimé que je baisse les bras et que j'arrête de vivre après sa mort et après ce que j'avais vécu. Oui, Esmée avait raison quand elle disait que Jacob aurait aimé que je me batte. Cependant, même si Jacob aurait souhaité cela, j'étais beaucoup trop faible pour me remettre d'une chose pareille. Comment survivre quand on vous a brisé en mille morceaux ?
- Je t'interdis de dire cela Bella, dit-elle en posant ses deux mains sur mes joues. Tu es forte, tu t'en remettras, je te le promets. On fera tout ce qui est en notre pouvoir pour t'aider à aller mieux et pour te prouver qu'ils ne t'ont pas détruite.
- Je me sens si sale, Esmée, sanglotai-je.
Me regardant avec une profonde tristesse, elle vint à nouveau me prendre dans ses bras où je me laissai aller à mes sanglots.
- Ça finira par aller tu verras, murmura t-elle.
FIN DU SEIZIEME CHAPITRE
Ce chapitre vous a t-il plu ? N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé ^^
A très bientôt !
