Bonjour tout le monde !

Et non, vous ne rêvez pas, voici déjà le chapitre 26 ! J'espère que celui-ci vous plaira autant que les précédents ^^ Comme d'habitude, je tiens à remercier toutes les personnes qui me suivent et me lisent au quotidien. Je remercie également tous ceux qui me laissent des review au fil des chapitres ! J'adore lire ce que vous m'écrivez et voir que mon histoire vous plaît toujours :)

Je vous laisse avec ce nouveau chapitre

Bonne lecture, on se retrouve en bas ^^

Chapitre 26

« - Bonjour, Bella, fit-il doucement en me fixant de ses prunelles dorées.

Cette voix... Je l'avais déjà entendu quelque part. Ecarquillant les yeux, je me souvins alors qu'il s'agissait de la même voix que j'avais entendu au téléphone quand ces vampires m'avaient trouvé à Denali. Je compris alors seulement qui j'avais en face de moi et ma rage prit le dessus sur mon corps, faisant apparaître mon bouclier autour de moi.

- Peter, dis-je simplement. »

Point de vue Bella

Il était là à à peine quelques mètres de moi, m'observant en silence. Son regard semblait empli d'inquiétude et d'un autre sentiment que je ne parvenais pas à identifier. Etait-il inquiet de voir que je possédais désormais un bouclier qui me protégeait ? Il devait sans doute se rendre compte qu'il ne serait pas facile pour lui de m'approcher. Il fit un pas dans ma direction et à nouveau, je grognai. Hors de question qu'il m'approche !

Tournant légèrement la tête vers la fenêtre, je vis que Billy nous observait avec attention. Étrangement, il ne semblait pas inquiet de voir un autre vampire que moi près de chez lui. D'ailleurs, comment cela se faisait-il qu'il ne soit pas paniqué ? Après tout, Peter était chez lui avant que je n'arrive. J'observais plus attentivement Billy et en voyant mon regard inquisiteur, je vis la culpabilité se peindre sur son visage avant qu'il ne détourne les yeux. Il ne m'en fallut pas plus pour comprendre qu'il m'avait demandé de revenir à la Push à la demande de Peter. Comment avait-il pu me faire cela ? Je me sentais tellement blessée, tellement trahie que cela ne fit que décupler ma rage. J'étais venue dans l'optique de le réconforter suite à la mort de Paul et voilà que lui, m'enfonçait encore davantage.

- Ne lui en veux pas, dit doucement Peter. Il ne m'aurait jamais aidé à te retrouver si je te voulais du mal, Bella. Au contraire, il a fait ça pour t'aider.

M'aider ? Etait-il sérieux ? Il m'avait enlevé, m'avait torturé pendant des mois alors comment pouvait-il dire cela ? Me reconcentrant sur lui, je me mis en position défensive tout en retenant un nouveau grognement. Il était hors de question que je le laisse m'approcher. Plus jamais, je ne laisserai quelqu'un me contrôler et me blesser comme ils avaient tous pu le faire ces dernières années.

- Mon cœur, écoute-moi s'il te plaît, me demanda t-il avec ce qui ressemblait à de la tendresse. J'ignore ce que Stefan et Vladimir ont pu te dire et te faire croire mais tout ce qu'ils t'ont dit à mon sujet est faux. Ils t'ont menti dans l'unique but que tu ne reviennes pas vers moi. Ils voulaient que tu me fuis pour qu'ils puissent t'atteindre encore plus facilement.

Il fit encore plusieurs pas vers moi, ne faisant pas attention à mes grognements, et s'arrêta à deux mètres de moi, juste à la limite de mon bouclier. Son odeur se fit encore plus envoûtante à mesure qu'il se rapprochait et je dus faire preuve de tout mon self contrôle pour ne pas m'approcher de lui à mon tour. Je croisais son regard et frissonnai face à l'intensité de celui-ci. Depuis ma transformation, c'était la première fois que je ressentais cette attraction envers un homme et cela avait le don de m'effrayer.

Même si je ne le voulais pas, il fallait bien que j'admette que ce vampire me plaisait. Il me plaisait même beaucoup plus qu'il ne le devrait et j'aurais sans doute succombé à son charme si Stefan et Vladimir ne m'avaient pas rappelé ce qu'il m'avait fait et si je n'avais pas subi toutes ses tortures au cours des derniers mois. Rien que l'idée qu'un homme me touche m'effrayait. Le seul qui en avait été capable jusque aujourd'hui était Paul et ce, pour la simple et bonne raison qu'il m'avait soutenu pendant des mois au cours de notre enfermement.

J'avais un mal fou à détacher mon regard du sien et il me fallut plusieurs minutes pour enfin y parvenir. Ce n'était pas possible d'être à ce point attirée par quelqu'un. Il devait sûrement posséder un don. Il ne pouvait en être autrement. Je ne pouvais pas être attirée par un monstre qui m'avait fait autant de mal.

- Mon cœur, ajouta t-il, ce sont eux qui t'ont enlevé quand tu étais humaine. Marcus – un des Volturis et ton ancêtre – t'a cherché dans le monde entier pendant plus d'un an et il a finit par te retrouver. Nous avons essayé de t'aider à te reconstruire, nous avons tout fait pour que tu surmontes ce qu'ils t'avaient fait subir mais malheureusement, ils ont fini par te retrouver et t'enlever à nouveau, grâce à un dénommé Ben qui a utilisé son don sur les Cullen et sur moi. Jamais, nous ne t'aurions fait le moindre mal. Dès le moment où tu es entrée dans nos vies, tu es devenue une personne très importante à nos yeux. Nous aurions tout fait pour que tu ailles mieux et que tu sois enfin heureuse. Encore aujourd'hui, si tu nous en laisses la possibilité, nous ferions en sorte que tu le sois. Marcus et les Cullen t'aiment, Bella. Je... Je t'aime et je ne veux plus continuer de vivre si tu n'es pas à mes côtés.

Point de vue Peter

Elle était là. Face à moi. Elle était encore plus magnifique que dans mon souvenir et son odeur de freesia était encore plus forte maintenant qu'elle était devenue un vampire. J'aurais tellement aimé m'avancer et la prendre dans mes bras, j'aurais tellement aimé qu'elle me reconnaisse. Malheureusement, elle ne semblait pas se souvenir de moi. Au vue de sa position défensive, de son bouclier et de ses grognements, elle devait sans doute encore croire tout ce que les roumains lui avaient raconté. Son regard noirci était empli de rage et de haine.

Celle-ci s'était accentué quand elle avait compris que Billy l'avait fait venir à la Push à ma demande. En effet, quand j'étais arrivé ici il y a une semaine, mon don m'avait poussé à venir voir ce vieil homme qui s'était avéré être le père de Jacob et le fameux Billy dont Bella m'avait parlé. Il avait fallu que je fasse des pieds et des mains pour qu'il me croit lorsque je lui avais dit que je ne voulais aucun mal à Bella, que tout ce que je voulais c'était la protéger de ses monstres qui l'avaient enlevé à deux reprises. Au départ, il avait refusé de me croire. Pour lui, je n'étais qu'un vampire, dénué d'humanité et coupable de monstruosité. Il me jugeait responsable de la mort de la meute et de la transformation de Bella. C'est au bout de trois jours et grâce à Alice que j'étais enfin parvenu à lui faire comprendre que je ne voulais qu'aider Bella.

En effet, Alice m'avait envoyé par mail différentes photos tout en précisant que cela m'aiderait à convaincre Billy. Et elle n'avait pas eu tort. Lorsque j'avais ouvert les fichiers qu'elle m'avait envoyé, j'avais constaté avec surprise qu'il s'agissait de photos de Bella et moi. Sur certaines d'entre elles, on me voyait en train de l'observer amoureusement, sur d'autres on la voyait assise sur moi, sa tête contre mon torse et une de ses mains tenant mon pull. Sur le coup, je m'étais demandé pourquoi Alice ne me les avait jamais montré puis j'avais compris qu'elle l'avait fait uniquement pour m'empêcher de souffrir davantage de la perte de ma compagne alors je n'avais pu lui en vouloir.

Ces photos avaient convaincu Billy et il avait alors composé le numéro de Bella, ce qui m'avait d'ailleurs assez surpris car j'ignorais qu'il était en contact avec elle. Elle avait répondu au bout du deuxième appel et nous avions alors appris que son ami Paul avait été tué. J'avais vu le visage de Billy se décomposer sous la douleur que cette nouvelle lui causait mais il avait tout de même fait en sorte que Bella vienne à la Push. En apprenant la mort de ce dénommé Paul, je n'avais pu m'empêcher de me demander si c'était pour cela qu'Alice parvenait désormais à voir le futur de Bella et j'avais compris que c'était cette photo dont elle avait parlé qu'elle regardait dans la vision d'Alice. C'était sans doute également dû à la mort de son ami que Bella était pleine de rage et faisait preuve de brutalité.

Toujours dans une position défensive, elle m'observait en silence tout en évitant de me regarder à nouveau dans les yeux. Son regard était emplie de colère, de haine mais aussi d'incompréhension et de peur. J'aurais aimé entendre une nouvelle fois sa voix mais elle ne semblait pas vouloir parler. La seule chose que je l'avais entendu dire depuis qu'elle était arrivée était mon prénom et après cela elle était restée silencieuse, ne laissant échapper que des grognements à mesure que je me rapprochais d'elle.

- Mon ange, je t'en prie, crois-moi, murmurai-je à nouveau en avançant légèrement une main vers son bouclier.

Alors que je m'attendais à ce que celui-ci me repousse ou m'empêche d'avancer davantage, ma main passa soudain à travers et j'écarquillai les yeux. Etais-je réellement parvenu à passer ma main à travers celui-ci ? J'ignorais comment cela était possible mais pour le moment, je m'en fichais. Si je pouvais passer à travers ce bouclier alors cela signifiait que je pouvais m'approcher de Bella. Elle dût prendre conscience de la même chose car je la vis écarquiller les yeux à son tour avant d'avoir un mouvement de recul.

A ma plus grande surprise, au lieu de suivre ses instincts de vampire et de m'attaquer, elle se releva soudain et se mit à courir dans la direction inverse. Il ne me fallut que quelques secondes pour me rendre compte qu'elle était en train de fuir et paniquant à l'idée de la perdre à nouveau, je me mis à courir à mon tour, la poursuivant. Elle ne pouvait pas disparaître. Pas une nouvelle fois. Pas comme ça.

- Bella, attends ! l'appelai-je.

Elle accéléra sa course et j'en fis de même. J'avais déjà passé bien trop de temps loin d'elle alors il était hors de question que je la laisse partir. Même si elle courrait vite, j'étais malheureusement pour elle encore plus rapide. Il ne me fallut que quelques minutes pour arriver à sa hauteur et quand enfin ce fut le cas, je l'attrapai rapidement par le poignet pour l'empêcher d'aller plus loin.

- Lâche-moi ! hurla t-elle.

Elle tenta de me repousser en me donnant un coup mais j'attrapai aussitôt son autre bras. La collant contre un arbre, je mis ses deux bras au dessus de sa tête les tenant d'une main tandis que mon autre main alla se poser sur sa taille. Je détestais me montrer aussi brutal avec elle mais je savais parfaitement que c'était le seul moyen pour la retenir.

- Lâche-moi, grogna t-elle à nouveau en se débattant.

- Non ! grognai-je à mon tour. Si je te lâche, tu t'enfuiras à nouveau et c'est hors de question. Je refuse de te perdre ! Quand comprendras-tu que je t'aime ?

- C'est faux ! Tu mens ! Tu m'as torturé pendant des mois ! hurla t-elle folle de rage. C'est ta faute si je suis devenue un monstre !

Elle se débattit furieusement et je n'eus d'autre choix que de me rapprocher encore davantage. Posant ma main contre son visage, je la forçai à me regarder et dès que son regard croisa le mien, nous cessâmes tous les deux de bouger. Comment avais-je fait pour survivre si longtemps loin d'elle ? Nos yeux semblaient incapables de se détacher. Cela me rappelait le jour où l'on s'était rencontré. Ce jour où je l'avais rattrapé alors qu'elle s'était jetée de la fenêtre de sa chambre à Volterra. Un frisson d'angoisse me parcourut à ce souvenir et je me rapprochai encore davantage.

Nos corps étaient désormais collés l'un contre l'autre tandis que nous ne nous quittions pas du regard. Lâchant doucement ses poignets, je vins poser ma main contre sa taille, gardant l'autre contre son visage. Elle était si belle... Ses yeux s'éclaircirent lentement, reprenant leur couleur bordeaux et dorés. Bientôt, son régime végétarien rendrait ses yeux entièrement dorés et cette couleur rouge aurait disparu de son regard. Son odeur de freesia m'envoûtait complètement et ce, encore plus maintenant que nous étions collés l'un à l'autre.

- Je ne t'ai jamais rien fait, murmurai-je. Si ce n'est t'aimer et t'épauler. Souviens-toi. Je t'en prie mon cœur. Souviens-toi.

Je cédai alors à l'envie qui me tordait l'estomac depuis que je l'avais vu apparaître à l'orée de la forêt devant chez Billy. J'ignorais si c'était une bonne idée mais un pressentiment me poussait à croire que c'était important que je le fasse. Me penchant, je déposai alors mes lèvres sur les siennes, l'embrassant doucement. Elle se tendit fortement et posa ses mains sur mon torse comme pour me repousser.

- Je t'aime, chuchotai-je contre ses lèvres avant de l'embrasser à nouveau.

Elle resta stoïque quelques instants puis enfin, répondis à mon baiser. Sentant ses lèvres bougeaient contre les miennes, je réclamai alors l'accès à sa bouche. Ma langue vint caresser sensuellement la sienne, ce qui nous tira à tout deux un gémissement de plaisir. Elle m'avait tellement manqué ! Je voulais lui montrer à travers ce baiser à quel point je l'aimais et heureusement pour moi, elle était entièrement réceptive. L'embrassant, j'oubliais alors ces derniers mois. Plus rien ne comptait mis à part elle. Elle était là à mes côtés et c'était tout ce qui comptait pour l'instant.

Soudain, Bella posa ses mains sur mon torse et me repoussa brutalement. Surpris, j'ouvris les yeux et vis qu'elle en avait profité pour se reculer. Son regard était empli de peur et de douleur et je ne pus m'empêcher de paniquer en voyant cela.

- Bella ? l'appelai-je doucement en faisant un pas dans sa direction.

Elle eût un mouvement de recul en me voyant m'approcher et un sanglot s'échappa d'entre ses lèvres. J'ignorais ce qui la mettait dans un tel état mais j'espérais ne pas en être la cause. J'essayais à nouveau de m'approcher d'elle mais la douleur dans son regard s'accentua et je me stoppai immédiatement.

- Pitié, laisse-moi partir, murmura t-elle dans un sanglot. Si vraiment tu m'aimes, laisse-moi partir, je t'en prie.

L'entendre me supplier de cette manière me brisa le cœur et à cet instant, je maudis mon don qui me poussait à la laisser partir. Je craignais tellement qu'il lui arrive quelque chose, que ces roumains la retrouvent et lui fassent du mal à nouveau. Combien de temps devrais-je encore supporter notre éloignement ? Combien de temps encore devrais-je vivre sans ma compagne ? Voyant que je ne bougeais pas et que je n'amorçais plus aucun mouvement dans sa direction, elle commença à faire plusieurs pas en arrière tout en continuant de me regarder pour être sûre que je ne la suivrais pas.

- Je t'attendrais, murmurai-je doucement. Quand tu te souviendras, reviens-moi...

Une profonde douleur inonda ses prunelles à mes paroles puis elle se détourna de moi et partit à vitesse vampirique. Une nouvelle fois, je venais de perdre ma compagne.

Point de vue Bella

Courir. Fuir. Courir. Fuir. Courir. Fuir.

Je ne pensais plus qu'à cela. Depuis qu'il m'avait laissé partir , je n'avais cessé de courir, traversant les états le plus rapidement possible. Pour la première fois, je ne fuyais pas pour ma sécurité mais uniquement pour ce que ce vampire avait fait naître en moi ou plutôt ce qu'il avait réveillé. Diverses images ne cessaient de se bousculer dans mon esprit et je détestais cela. Je détestais me sentir à ce point perdue et bouleversée et par dessus tout, je détestais qu'il en soit responsable.

« Je t'aime et je ne veux plus continuer de vivre si tu n'es pas à mes côtés. »

Sa voix résonna pour la millième fois à mes oreilles comme s'il s'était trouvé à côté de moi et je frémis. Je me sentais si mal depuis qu'il m'avait retrouvé ! J'avais essayé de nombreuses fois de me concentrer sur la rage et la haine que je ressentais, sans succès. Même si ces deux émotions étaient toujours présentes, elles étaient enfouies sous la douleur, le mal-être et le doute que je ressentais depuis que ce Peter m'avait embrassé.

Quand ces lèvres avaient frôlé les miennes, j'avais d'abord ressenti une intense peur puis quand il avait murmuré qu'il m'aimait, je n'avais pu lui résister plus longtemps. Avant même que mon cerveau n'en prenne conscience, mon corps était déjà en train de lui rendre son baiser. Celui-ci était parvenu à me faire oublier tout ce que j'avais vécu, la raison de ma fuite constante. Plus rien n'avait compté si ce n'est Peter. Son baiser m'avait donné l'impression d'être en sécurité et pour la première fois, j'avais laissé tomber mes barrières.

Cependant, à mesure qu'il m'embrassait, des images s'étaient bousculées dans mon esprit et j'avais été incapable de les arrêter. Je m'étais vu allongée dans un lit, ma tête reposant sur un torse. Celui de Peter. Je m'étais vu dans une piscine, mes bras autour du cou de Peter tandis que celui-ci m'embrassait tendrement. Puis je m'étais vu debout dans une forêt à côté d'un jeune homme que j'avais reconnu comme étant Jacob au vu des photos que Billy m'avait montré de son fils et j'avais vu Stefan le tuer sous mes yeux tandis que Vladimir me tenait. J'avais tellement souffert au moment où ces souvenirs s'étaient imposés à moi que je n'avais pu m'empêcher de repousser Peter et de le supplier de me laisser partir. Lorsqu'il y avait consenti, j'avais un instant été surprise et bouleversée puis je n'avais pas réfléchi plus longtemps et m'étais mise à courir le plus vite possible, m'éloignant de lui.

« Je t'attendrais. Quand tu te souviendras, reviens-moi... »

Ces mots se rejouèrent à leur tour dans mon esprit et serrant les poings, je m'arrêtai de courir pour la première fois depuis trois semaines. Fermant les yeux, j'essayais d'ignorer ces nombreux souvenirs qui se bousculaient dans mon esprit. J'aurais dû être heureuse que ma mémoire me revienne, heureuse que tout se remette lentement en place dans mon esprit mais c'était le contraire. Chaque souvenir me faisait souffrir davantage et m'effrayait encore plus.

Alors que je pouvais passer des heures sans qu'aucun souvenir ne refasse surface, parfois ces derniers me frappaient brutalement et sans prévenir. Je me voyais humaine avec Jacob, avec mon père ou encore avec mes meilleurs amis dont Paul. En retrouvant ces souvenirs-là, je prenais petit à petit conscience du fait que je les avais tous perdu. Ils étaient tous morts. Ils avaient tous été tué. Ma douleur était telle que j'avais un mal fou à penser à autre chose. Même la souffrance de ne jamais avoir connu ma mère s'était réveillée. Elle était morte en me mettant en monde et tout ce que je pouvais me dire désormais par rapport à cela était que j'en étais responsable. Ils étaient tous morts par ma faute. Soudain, un nouveau souvenir s'imposa à mon esprit et je n'eus d'autre choix que de me laisser emporter par celui-ci.

« - Il est mort par ma faute, chuchotai-je douloureusement en plantant mon regard dans le sien. C'est à cause de ma ressemblance avec Didyme qu'il est mort.

- Oh ma chérie, bien sûr que non, s'offusqua une femme aux yeux dorés en resserrant doucement sa prise sur mes mains. Tu n'as pas à te sentir responsable, tu n'as jamais voulu ce qui est arrivé.

- Si... si je ne lui avais pas ressemblé, ils ne s'en seraient pas pris à nous, sanglotai-je. Ces monstres ne l'auraient pas tué et il serait encore aux côtés de sa famille.

De profonds sanglots me secouèrent et cette femme me serra à nouveau dans ses bras.

- Tu n'es pas coupable de ce qui s'est passé, Bella, murmura t-elle doucement tout en me caressant les cheveux. Tu n'as jamais demandé à ressembler à Didyme, ni même à être la descendante d'un vampire vieux de plus de milles ans. La nature a fait les choses ainsi alors tu n'as pas à te le reprocher. Les seuls responsables dans cette histoire sont ces monstres qui s'en sont pris à vous. Eux seuls sont coupables de la mort de Jacob. Ce sont eux qui ont décidé de s'en prendre à vous, eux qui ont pris la décision de lui arracher la vie devant toi et de te torturer pendant autant de temps. J'ai beau ne l'avoir jamais connu, continua t-elle au bout de quelques secondes, mais je sais qu'il n'aimerait pas te voir dans cet état. Il n'aimerait pas voir la jeune femme qu'il aimait se sentir aussi coupable pour une chose dont elle n'est pas responsable. Et surtout, il n'aimerait pas te voir aussi malheureuse, Bella. Il voudrait que tu te battes, que tu te relèves de ce que tu as subi pour montrer à ceux qui t'ont fait subir cela que tu es plus forte qu'eux et qu'ils ne t'ont pas détruite. Il voudrait te voir heureuse, Bella.

- Mais ils m'ont détruite, murmurai-je en me reculant légèrement et en la regardant, mes larmes continuant de couler le long de mes joues. »

Me reconnectant avec la réalité, je me laissai glisser au sol. Esmée... C'était elle cette femme dont je venais de me souvenir. J'ignorais comment mais je n'avais aucun doute sur son identité. Une nouvelle vague de souvenirs me rattrapa tout à coup. Je revoyais ce vampire me sortant de la cave dans laquelle j'étais enfermée. Je le voyais en train de me parler de sa femme et de sa descendance. Marcus... Mon grand-père...

Je revoyais cette humaine qui s'était occupé de moi à Volterra et qui avait refusé de m'aider à mourir. Sofia... Je revoyais ce vampire aux yeux dorés et au cheveux blonds en train de s'occuper de moi, de faire en sorte que j'aille mieux, du moins physiquement. Je le revoyais faire preuve de douceur à mon égard, je revoyais le moment où je lui avais parlé pour la première fois. Carlisle...

Je revoyais cette jeune femme brune aux cheveux coupés courts en train de courir un peu partout dans la maison et en train de me pousser à choisir des vêtements sur l'ordinateur et de la décoration pour ma chambre. Alice... Je revoyais ce vampire brun à la carrure impressionnante en train de faire l'idiot et de faire des blagues plus que douteuses à l'intention de ses frères et sœurs adoptifs. Je le revoyais en train d'essayer de me faire participer à ces farces ou en train d'essayer de me faire jouer avec lui à de multiples jeux vidéos. Emmett...

Je revoyais cette femme magnifique aux longs cheveux blonds me parler de ce qu'elle avait vécu, me soutenir, me prendre dans ses bras après des cauchemars. Rosalie... Je revoyais cet homme aux cheveux blonds mi-longs me donner des conseils, me calmant à l'aide de son don et prendre ma défense. Jasper... Je revoyais cet homme aux cheveux désordonnés et élancé me serrer contre lui pour que je puisse me calmer, me parler des livres qu'il lisait et m'en prêter quelques uns. Edward...

Puis à nouveau, ce fut les souvenirs concernant Peter qui me frappèrent de plein fouet. Tout me revint en mémoire brutalement. Je me souvins alors de la façon dont on s'était rencontré, de la première fois où je m'étais laissée aller contre lui, de notre première dispute, des regards que l'on s'échangeait, de toutes les fois où il m'avait prise contre lui, où il m'avait apaisé, soutenu et rassuré. Je me souvenais de cette fois où il m'avait emmené dans cette clairière et où nous avions mutuellement appris à encore mieux nous connaître. Je me souvenais de ce jour où je l'avais rejoint dans la piscine au dernier étage de la villa et où nous avions passé l'après-midi à nous amuser l'un avec l'autre. Je me souvenais de notre premier baiser, de la fois où il m'avait dit qu'il m'aimait.

Tout ce que j'avais vécu humaine se bousculaient dans mon esprit et alors que j'aurais aimé que cela se concentre sur les bons moments, ma mémoire en décida autrement. Les mois d'horreur que j'avais vécu humaine se rejouèrent brutalement et violemment dans mon esprit, m'arrachant des gémissements de douleur. Je revoyais Stefan et Vladimir tuer Jacob sous mes yeux. Je les revoyais me torturer et me violer à longueur de temps. Je ne pus retenir d'énormes sanglots face aux souvenirs de toutes ses choses qu'ils m'avaient fait et cela ne faisait qu'accentuer le dégoût que je ressentais envers moi-même vis à vis de ce qu'ils m'avaient fait ces derniers mois.

Cette douleur et ce dégoût que je ressentais vis à vis de cela étaient accentués par cette culpabilité que je ressentais. Culpabilité dû au fait que la meute, mon père et Jacob étaient morts par ma faute, au fait que j'avais cru Stefan et Vladimir sur ce qu'ils m'avaient dit par rapport aux Volturis mais surtout par rapport à Peter. Comment avais-je pu les croire ? Ils me violaient presque tous les jours, me torturaient avec ces humains, m'empêchaient de me nourrir pour m'affaiblir et comme une idiote, j'avais cru ce qu'ils m'avaient dit. J'avais été tellement persuadés que tous les vampires étaient des monstres que je n'avais pas réfléchi une seule seconde. Je comprenais aujourd'hui que tous les vampires n'en étaient pas. Les Cullen n'étaient pas des monstres, de même que Marcus et Peter.

« Mais toi, tu en es un..., me souffla ma voix intérieure. »

Oui, j'en étais un. J'avais tué cette adolescente. Je l'avais vidé de son sang, j'avais aspiré la vie qu'il y avait en elle. J'étais responsable de la mort de mes amis, de mon premier amour, de mon père. J'étais un monstre dans sa pure définition. Je ne méritais pas l'amour de Peter, pas après ce que j'avais fait, pas après l'avoir accusé de toutes ces monstruosités.

« Je t'attendrais. Quand tu te souviendras, reviens-moi... »

A nouveau ce qu'il m'avait dit me frappa et une profonde souffrance s'abattit sur moi. Je ne pouvais pas le retrouver. Pas après ce que j'avais fait. Je ne méritais pas d'être aimée par un homme que lui et d'être soutenue par des personnes comme les Cullen. Je ne méritais qu'une chose : la mort.

FIN DU VINGT-SIXIEME CHAPITRE

Alors alors ? ^^ Des réactions ? N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire si vous avez aimé ce chapitre et ce que vous en avez pensé !

A très bientôt ^^