Trop contente que ça vous plaise toujours, vos messages sont vraiment super motivants, merci beaucoup tout plein.


- comment tu te sens, mon cœur ?

La voix doucereuse, Shayne caressa gentiment la joue de Matthew qui était emmitouflé sous les couvertures de leur lit et souffrait visiblement le martyre.

- j'ai bal à la tête et le dez bouché, se plaignit-il d'une voix toute faible.
- tiens, bois ça, ça te fera du bien.

Matthew releva légèrement la tête de son oreiller afin de recevoir le bol de soupe fumant que lui passa Shayne, il ne savait pas ce qu'il ferait sans elle.

- j'ai toujours su que be barier avec toi, c'est la beilleure décision que j'ai prise de toute ba vie.

Shayne l'observait d'un regard tendre pendant qu'il sirotait son bol de soupe avec attention et elle le débarrassa quand ce dernier fut vide.

- allez, essaie de dormir maintenant, je repasserai plus tard.
- passez une bode soirée avec Tris.
- merci. Et toi, repose-toi surtout.

Elle déposa un tendre baiser sur la tempe de son mari puis l'aida à se couvrir à nouveau jusqu'aux épaules et elle ne put réprimer un sourire quand il ferma les yeux, on aurait dit un vrai petit ange.

- alors il va mieux ?

Beatrice n'avait pas tardé à lui demander des nouvelles de Matthew dès son apparition dans le salon, elle fut touchée par tant de sollicitude chez sa meilleure amie.

- tu connais les mecs, un simple rhume et ils se croient à l'article de la mort.
- sympa pour ton mari ça.
- les faits, juste les faits.
- rien que les faits, confirma Beatrice dans un sourire.
- ah ça doit être mon frère qui ramène les gouttes pour le nez de Matt ! Lâcha Shayne quand on sonna à la porte.

Elle se dirigea vers cette dernière en ayant parlé très fort à sa colocataire.

- vas-y entre, dit-elle en guidant son frère d'une main encourageante vers le salon.
- sympa ton pyjama rose. Tu parles toute seule maintenant ?
- ben non, je….

Lorsque Shayne s'aperçut que Beatrice avait quitté le salon à sa plus grande surprise, elle fit semblant de jouer le jeu.

- oui, faut croire que je perds la boule ces temps-ci.
- tiens, chose promise, chose due.

Shayne accepta volontiers le flacon de gouttes pour le nez que son frère venait de lui tendre, c'était son sauveur.

- merci, j'irai t'en chercher un nouveau à la pharmacie la semaine prochaine.
- pas la peine, mon médecin continue de m'en prescrire quand je suis enrhumé mais je ne les prends jamais, je n'aime pas ça. Comment va Matt ?
- grâce à toi, il ira mieux en un rien de temps. Vas-y, assis-toi, dit-elle en désignant le canapé d'une main, je te sers à boire, je reviens.
- non, c'est bon, je passais en coup de vent, je ne peux pas rester, on dîne ensemble avec Nita ce soir.
- et ben, c'est l'amour fou à ce que je vois, vous ne vous lâchez plus tous les deux. Je suis contente pour toi. Tu mérites d'être heureux.
- ne vas pas t'imaginer quoi que ce soit. Il ne s'est encore rien passé de sérieux avec elle.
- sans déconner ? Pourquoi ? Elle est frigide ?
- arrête Shay, dit Tobias d'un air amusé. Je veux être sûr de ce que je veux c'est tout.
- si tu veux mon avis, tu réfléchis trop. Tu es au courant que tu peux coucher avec elle sans avoir à l'épouser ensuite ?
- très drôle. Je veux prendre mon temps. Après tout, rien ne presse.
- si tu le dis. C'est toi qui vois. Fais comme tu le sens.
- merci pour ta permission, petite sœur.

Il déposa un furtif bisou sur la joue de cette dernière puis il quitta la maison en fermant la porte derrière lui, c'est pile à ce moment précis que Beatrice réapparut dans le salon, Shayne ne croyait pas à une coïncidence.

- tiens, regarde ce que je ramène ! S'exclama l'assistante avec fierté. Avec ça, on a de quoi faire pour la soirée !

Elle agita respectivement le DVD de Dirty dancing, Miss FBI divinement armée, Princesse malgré elle, Roméo et Juliet, Titanic, Un amour à New york, Flash Dance, Pretty Woman, Ghost et enfin Bodyguard sous le nez de sa meilleure amie qui ne broncha pas et la fixait d'un air réprobateur.

- t'étais où ?
- ben, aller chercher les DVD.
- pourquoi tu t'es enfuie quand mon frère est venu ? On dirait que tu cherches à l'éviter à tout prix, je me trompe ?

Shayne scanna la réaction de son amie avec attention, elle ne comprenait pas son comportement des plus puérils.

- je ne l'évite pas. C'est juste que…
- ça se passe mal entre vous au boulot , c'est ça ?
- mais non, on s'entend super bien, c'est juste que… c'est mon boss je te rappelle, c'est normal que je n'ai pas envie qu'il me voit comme ça.

Pour cette soirée entre filles, Beatrice avait opté pour un pantalon de pyjama avec une flopée de petites licornes en motif, pareil pour son long-tee shirt rose, mais le pire c'étaient ses chaussons ridicules d'où une corne de licorne aux couleurs de l'arc-en-ciel s'échappait, en plus elle n'était pas maquillée, la totale quoi.

- j'y crois pas, lâcha Shayne comme si elle venait tout juste de réaliser quelque chose. C'est pas vrai.
- quoi ?
- tu craques sur mon frère.

La poisse ! Beatrice n'en revenait pas que son amie soit aussi perspicace, elle avait des antennes ou quoi ?

- pfff alors là, c'est n'importe quoi.
- je t'en prie Tris, si tu n'as pas envie qu'il te voit dans cette tenue ce n'est pas parce que tu es son employée mais surtout une femme qui veut plaire à un homme.
- je rêve, souffla Beatrice en levant les yeux au ciel.
- au lieu de continuer à nier, tu ferais mieux de te demander ce que tu dois faire.
- à propos de quoi ?
- de Tobias ! Pour le séduire !
- mais je n'en ai pas envie, Shay ! Et même si c'était le cas, il est avec Nita, je te rappelle.
- oh mais c'est pas sérieux avec cette fille, c'est qu'un bouche-trou, un pansement, une pièce rapportée, la rebound girl par excellence pour s'amuser après son divorce, sa prochaine grande histoire d'amour il la vivra avec toi, j'en suis sûre, fais-moi confiance, dit-elle en tenant fermement son amie par les épaules. Par contre, si tu veux vraiment que ça arrive, il faut que tu suives mes conseils à la lettre, d'accord ?

Beatrice se contenta d'acquiescer mollement, ça ne servait plus à rien de continuer à nier même si elle craignait le pire quand elle se mettait à imaginer les multiples subterfuges que son amie avait en réserve.

- ma meilleure amie et mon grand frère en couple, c'est génial ! On va devenir belles-sœurs !

Shayne se jeta d'un coup dans ses bras et Beatrice ne put réprimer un sourire au passage, si seulement la sœur de Tobias pouvait avoir raison, elle l'espérait de tout son cœur.


Neela ressassait inlassablement sa dernière conversation avec Eric dans la salle de pause pendant qu'elle se dirigeait lentement vers cette dernière. Quand elle arriva enfin à destination, elle regrettait déjà d'être venue, elle aurait préféré ne jamais assister à la scène pathétique qu'elle avait sous les yeux.
Visiblement Eric s'était vite remis de son râteau avec elle et il profitait allègrement de la présence de Lauren, l'assistante de Matthew dans la pièce. Cette dernière le nourrissait avec jeu avec les cookies de sa nièce et le directeur de création mordait à pleine dents dedans, le sourire aux lèvres.
Le fait qu'il se donne en spectacle de cette manière dégoûta Neela au plus haut point mais elle n'allait pas se priver d'un bon café juste à cause de lui. Elle fit donc son entrée dans la pièce en passant juste devant leurs deux chaises pour se servir une tasse du précieux liquide.

- surtout ne faites pas attention à moi, dit-elle d'une voix métallique.

Eric ne réagit pas à sa remarque mais Lauren jeta immédiatement un coup d'œil au cadran de sa montre.

- oups, il faut que je retourne à mon bureau moi.
- déjà ? Tu ne peux pas rester ? T'es sûre ? L'interrogea Eric avec insistance.
- non, je devrais y être depuis dix minutes au moins. On se voit demain.

Joignant le geste à la parole, Lauren quitta sa chaise avant d'adresser un signe furtif de la main à la fille de Naveen.

- salut Neela !
- salut.

Maintenant que la jeune stagiaire se retrouvait toute seule dans la salle de pause avec Eric, elle n'avait aucunement l'intention de lui adresser la parole, mais c'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle lui lance une petite pique bien sentie.

- apparemment ça ne dérange pas Lauren de fricoter au travail avec un collègue, tant mieux pour toi.
- oui, j'ai de la chance, elle n'est pas coincée comme certaines.

Neela se mit à grincer des dents, ce type avait le don de lui taper sur les nerfs, elle perdait son calme petit à petit.

- quelle charmante attitude, au lieu de m'enfoncer, tu aurais pu me demander pourquoi j'avais réagi comme ça avec toi l'autre jour.
- ne me prends pas pour un con, tu ne veux pas mélanger plaisir et business, j'avais pigé.

Neela secoua la tête d'un air excédé, lui parler c'était comme de parler à un mur, il ne l'écoutait pas.

- tu sais quoi, laisse tomber, j'abandonne.

Et sans prononcer un mot de plus, elle quitta la salle de pause en trombe, décidément, ce mec ne comprenait rien à rien. Il n'en valait vraiment pas la peine, il l'avait déjà zappée de sa vie, il ne lui restait plus qu'à en faire de même.


- donc j'ai décalé ton rendez vous avec monsieur Hilton et j'ai mis en attente ta visioconférence hebdomadaire, je peux rester si tu veux qu'on passe en revue les chiffres du deuxième trimestre.
- non, c'est bon Tris, tu en fais déjà tellement. Passe une bonne soirée.

Confortablement assis dans le fauteuil de son bureau, Tobias se replongea dans la lecture de son dossier mais Beatrice se tenait toujours debout et immobile devant lui.

- il y a un problème ? Se renseigna-t-il d'une voix soucieuse.
- tu aurais une minute ?
- pour toi, je suis prêt à aller jusqu'à dix.

La jeune assistante échangea un sourire complice avec son patron avant de déposer délicatement une feuille volante sur le bureau de ce dernier.

- j'avoue que je ne m'attendais pas à ça, réagit-il à la lecture de sa démission. Tu as trouvé une place en tant qu'avocate ?
- à Paris, oui. Dans le cabinet Bauer et Associés.

Pris de court, Tobias resta bouche bée face à cette nouvelle, il pensait que son assistante serait restée un peu plus longtemps dans l'agence et surtout dans la Grosse Pomme, comme quoi, toutes les bonnes choses avaient une fin.

- je suis content pour toi, Tris. C'est ce que tu as toujours voulu.
- oui, dit-elle dans un sourire triste. Je ferai mes deux semaines de préavis comme prévu, que tu aies le temps de te retourner et de trouver quelqu'un d'autre.
- je vois qu'encore une fois, tu as pensé à tout. Rentre bien.

Beatrice quitta le bureau de son patron alors qu'une centaine de questions se bousculaient encore dans sa tête, le frère de Shayne avait l'air de prendre son départ avec philosophie et cela ne la réjouissait pas des masses, elle devait l'avouer.

- tiens.

Dès le lendemain matin, Tobias déposa une revue touristique sur la ville de Paris sur son bureau, il avait l'air si pressé qu'elle s'en aille, cela mettait la jeune assistante hors d'elle.

- un petit cadeau d'avance avant ton départ.
- c'est gentil, commenta-t-elle en retenant une grimace.
- je dois dire que je l'ai feuilletée et il y a plein d'avantages à vivre à Paris.
- ah oui ? Lesquels ?
- et bien, déjà, en France, le service est compris dans les prix affichés sur les menus, ils ne sont pas indiqués hors pourboires comme chez nous, donc tu peux donner ce que tu veux au serveur ou bien rien du tout même. Tu trouveras encore plein d'autres petites astuces du même genre dans cette revue, je te souhaite une bonne lecture.
- merci Tobias.

Elle s'efforça d'adresser un sourire sincère à son patron puis dès qu'il rejoignit son bureau, son sourire disparut, elle bouillonnait de l'intérieur, il fallait qu'elle se défoule sur quelqu'un. Elle composa alors le numéro de celle qui était responsable de tous ces maux depuis vingt-quatre heures.

- allô ?
- super ton idée, Shay. J'aurais mieux fait de me casser une jambe le jour où j'ai décidé de suivre ton plan foireux !

Son ton était peu aimable, sa voix métallique, elle était furieuse après sa meilleure amie.

- ça n'a pas marché ?
- non, pas du tout, au contraire, ton frère a l'air tellement content que je démissionne, c'est à peine s'il ne me jette pas lui-même dans le premier avion pour Paris !
- c'est bizarre, la technique du faux départ, ça marche toujours normalement.
- mouais, dans tes rêves sûrement. Et je fais quoi moi maintenant ? Il croit que je m'en vais dans deux semaines et il n'a pas du tout l'intention de me retenir tu sais.
- mais oui, mais c'est ça ! Réalisa soudainement Shayne. C'est pour cette seule et unique raison qu'il te laisse partir, il préfère que tu exerces le métier que tu aimes à 5800 kilomètres de lui, plutôt que de rester assistante à ses côtés, ah c'est beau ! Il est prêt à faire un tel sacrifice rien que pour ton bonheur, ça fait fondre mon petit cœur.
- non mais tu délires complètement ma pauvre, faut te faire soigner, ça devient urgent là.
- je suis certaine que c'est ça. C'est dommage, on aurait dû lui raconter que tu partais à Paris pour être assistante, je suis sûre que ma théorie se serait vérifiée.
- arrête Shay ! Je ne te demande pas un autre plan foireux mais une solution à mon problème, je fais quoi alors ?
- rien. C'est toi-même qui m'a dit que ça te pesait de devoir travailler tous les jours avec lui sans avoir le courage de lui avouer tes sentiments alors tu démissionnes vraiment, il n'y a que comme ça que tu pourras vraiment essayer de l'oublier, en ne l'ayant pas constamment sous ton nez.
- tu as raison, dit Beatrice d'une toute petite voix.
- tu le penses vraiment ou tu dis ça parce que t'as peur que je te foute dehors maintenant que tu es sans-emploi ?
- t'es bête.
- mais j'ai réussi à te faire rire. Allez je te laisse, à ce soir ma belle et ne t'en fais pas surtout, je suis sûre que tu trouveras un autre boulot rapidement.
- j'espère. A ce soir, Shay.

Elle raccrocha de bien meilleure humeur qu'auparavant, la sœur de Tobias avait vraiment le don de la rassurer comme personne.


Alors que Neela cherchait encore ses clés de voiture dans son sac, Eric fit son entrée dans le parking et passa juste devant elle et sa Corvette violette, elle fuit immédiatement son regard, elle avait peur de craquer sinon et de lui refaire la conversation après leur dispute de la veille, elle n'avait pas besoin de ça.

- si c'est pas parce qu'on bosse ensemble, c'est quoi ta raison alors ?

La voix d'Eric lui revint aux oreilles, elle se retourna immédiatement, la Range Ranger de son collègue était garée juste à côté de sa voiture, elle fit quelques pas en avant tout en se tenant encore à une distance raisonnable de lui.

- la peur de souffrir. Tous les hommes avec qui je suis sortie n'ont jamais accepté la vie que je mène et l'ingérence de mon père dans mes histoires, ils ont jeté l'éponge au moment même où ça devenait sérieux, j'ai eu le cœur brisé plus d'une fois, c'est constamment le même schéma, je ne veux pas revivre ça.
- ça n'arrivera pas avec moi. Je peux te le garantir. Je saurai gérer.
- c'est ce qu'ils disent tous au début et puis, au final, c'est la même chanson.
- oublie ces fragiles, je ne suis pas comme eux, je ne te raconte pas de salades.
- j'aimerais tellement pouvoir être aussi optimiste que toi.
- pas grave, je le serai pour nous deux.

Il lui adressa un regard si déterminé à cet instant que ses doutes commençaient à s'envoler au fur et à mesure de leur conversation.

- juste un truc, pourquoi Lauren t'a dit « à demain » dans la salle de pause hier matin ?
- parce qu'on avait prévu de se voir ce soir mais je viens juste de décider de changer mes plans.
- ah oui et pour faire quoi à la place ? Demanda Neela avec jeu.
- devine, murmura-t-il en lui touchant le bras.

Il finit par encercler sa taille tout en la dévorant du regard. Elle en faisait de même. Ses lèvres se posèrent enfin sur les siennes. Chaudes et douces. Leurs langues dansaient maintenant à l'unisson pour finir dans un baiser des plus passionnés. C'était officiel, leur journée se terminait bien mieux qu'elle n'avait commencé.


XOXO