C'est le D-Day. Le jour où je vais aller à Poudlard. Le jour où je me suis perdu dans la gare de Kingcross parce que Johnson ne pouvait pas quitter l'établissement et parce que je suis une cruche en orientation. Non mais sérieusement sur le biller il y a marqué : quai neuf trois quart. Quelle sorte d'indication c'est ? Au même moment où j'essayais de trouver mon chemin, mon chariot rentre en collision avec celle d'un autre garçon aux cheveux noirs, avec des lunettes rondes et des fringues un peu trop grandes pour lui.
« Je suis désolé, dis-je.
-Ce n'est pas grave. »
Je remarque alors les différents bagages sur son chariot dont une cage avec une chouette. Allez, tentons le tout pour le tout.
« Tu vas à Poudlard toi aussi ? »
Il hocha la tête en souriant. Il me tends la main.
« Harry, Harry Potter.
-Alexander Carter. »
Ses yeux se posèrent sur l'espace vide qui composait mon bras gauche.
« Oh tu es…
-Amputé ? On va dire ça comme ça. Malformation à la naissance. Orphelin. Et maintenant apprenti sorcier.
-Cicatrice sur le front. Orphelin. Apprenti sorcier. »
On se met à rire pendant une bonne minute.
« As-tu besoin d'aide avec ton chariot ? me demande-t-il quand nous reprîmes la route.
-Non, j'ai l'habitude, tu sais.
-Je suis un peu stressé à propos de Poudlard, m'avoue-t-il en m'aidant tout de même. Tout le monde attends beaucoup de moi.
-Ah bon, pourquoi ?
-En fait… Je suis un peu célèbre.
-Ah. Moi aussi, je suis inquiet. Pour certains des cours comme celui de vol ou de potion, je n'ai qu'un bras, ça veut dire que mes mouvements restent limités.
-Je suis certain que tu trouveras une solution ! me sourit Harry. Oh, il y a un contrôleur. Peut-être qu'il connaît le quai neuf trois quart. »
Et il ne le connaissait même pas. Donc nous revoilà à errer sur les quais.
«La gare est pleine de Moldus, il fallait s'y attendre, dit une voix.»
On s'arrête et Harry me fixe dans les yeux. Enfin, essaye. Je suis un peu plus grand que lui. Une femme suivie de cinq enfants à la chevelure rousse marchait à toute allure. Moi et Harry la suivirent, espérant trouver notre chemin. Et nous sommes assez prêt pour entendre ce qu'ils disent.
« C'est quoi, le numéro de la voie ? demande celle qui semblait être la mère des quatre garçons.
-Neuf trois quart, lui répondit une fillette également rousse qui lui tenait la main. Moi aussi, je veux aller à Poudlard.
-Tu n'es pas encore assez grande, Ginny, ce sera pour plus tard. Vas-y Percy, passe le premier. »
Celui qui me semblait être l'aîné des trois garçons se dirige alors vers les voies neuf et dix. Je l'observe attentivement avec Harry, mais un groupe de touristes se plantent devant nous et nous cache la vue ! Les touristes se déplacent enfin, et le garçon n'est plus là, comme s'il avait disparus.
« Fred, à toi maintenant, dit la mère.
-Fred c'est pas moi, moi, c'est Georges, dit le garçon. Franchement, tu crois que c'est digne d'une mère de confondre ses enfants ? Tu ne vois pas que je suis Georges ?
-Désolé, mon chéri.
-C'était pour rire, sourit le garçon. En fait, Fred, c'est moi. »
Il s'avance à son tour, son frère jumeau lui disant de se dépêcher. En un clin d'oeil, ils avaient disparus. Harry marche alors vers la femme, je le suis volontiers.
« Excusez-moi. »
Oh Harry, si poli.
« Toi, je parie que c'est la première fois que tu vas à Poudlard. Ron aussi est nouveau, dit la femme en montrant un gamin roux avec des tâches de rousseurs et une trace sur le nez.
-Oui, c'est… c'est ça, dit Harry, et moi et mon ami… on ne sait pas comment on fait pour…
-On aurait dit que tu es en deuxième ou troisième année mon garçon, me dit-elle en souriant. Tu es si grand ! Ne vous inquiétez pas, il suffit de marcher vers la barrière qui est devant vous, entre les deux tourniquets. Ne vous arrêtez pas et n'ayez pas peur de vous cogner, c'est très important. Si vous avez le trac, il vaut mieux marcher très vite. Allez-y, passez devant Ron.
-Euh… Oui, d'accord, bredouille Harry en prenant mon chariot et le sien. »
On marche alors vers la barrière et je sens qu'Harry va de plus en plus vite. Tu oublies ton copain amputé Harry !

On traversa ainsi la barrière pour se retrouver sur un quai fourmillant d'enfants et d'adultes. Harry regarde alors la pancarte du quai et le train puis me lance un sourire. On avait trouvé notre train. Avec son aide, je pris mon énorme valise, mon sac à dos et la cage de Poet qui voulait s'amuser avec sa chouette. Tous les wagons étaient pleins sauf le dernier où nous trouvons un compartiment vide. Nous posons d'abord les cages dedans puis j'essaye, tant bien que mal, d'aider Harry à soulever nos valises. Mais avec un seul bras, c'est assez compliquer.
« On peut vous aider ? demande alors l'un des jumeaux.
-On veut bien, répondit Harry, le souffle court.
-Hé Fred, viens nous donner un coup de main. »
Je m'assoie patiemment sur le côté vu que je ne suis pas de très grande aide.
« Merci, dit Harry en s'essuyant le front où il avait une superbe cicatrice en forme d'éclair.
-Cela alors !
-Si c'est sûrement lui, dit le premier jumeau. C'est bien ça ? Demande-t-il à l'adresse d'Harry.
-Quoi ?
-Harry Potter ! dirent les deux jumeaux en chœur.
-Oui, oui, c'est lui, bredouille Harry en se grattant la nuque. Enfin je veux dire, c'est moi.
-Fréro, regarde son bras ! s'exclame l'un d'eux en me pointant de la tête.
-Par Merlin, c'est incroyable ! Jamais vu ça de ma vie !
-On peut regarder ?
-Est-ce que je peux toucher ? »
Une voix les appela et Harry ferme la porte du wagon après eux. Il s'assoie à côté de moi.
« Pourquoi es-tu si célèbre ? »
Je le vois devenir de plus en plus inconfortable et triste. Oh la gourde.
« Si tu ne veux pas en parler, ce n'est pas grave. Je comprends, dis-je rapidement.
-Merci Alexander.
-Tu sais tu peux m'appeler Alex. C'est plus rapide et moins « aristocrate ». »

Ron apparaîtra dans le chapitre suivant ^^ Merci d'avoir lut, les commentaires sont les bienvenus.