Callie regardait le plafond de sa chambre d'hôtel sans parvenir à dormir, elle avait la sensation de ne pas être où elle devait. Elle se sentait légèrement coupable de ne pas accompagner Arizona mais elle n'était pas prête à dire aurevoir à sa vie à l'université par amour. Elle s'était fait de nouveau amis et s'était habitué au quotidien avec eux. Dans sa vie passée, elle avait toujours privilégié l'amour et en avait souffert. Elle avait bien trop peur de risquer ce nouvel équilibre pour une relation qui finirait par s'achever laissant place aux regrets... Et pourtant, l'image de sa splendide blonde ne cessait de venir la hanter, elle ne pouvait pas s'ôter de l'esprit qu'Arizona était sans elle à Baltimore. Elle aurait dû être à ses côtés, la soutenir... Callie grogna toute seule dans sa chambre, c'était trop compliqué de mélanger amour et travail !
Addison: Outch ! T'as une tête de déterrée ...
Callie lui lança un regard meurtrier en s'asseyant face à elle pour prendre son petit déjeuner. Le restaurant de l'hôtel était rempli d'étudiants, elles s'étaient donc installées à une table légèrement isolée afin de papoter tranquillement.
Callie: Ben j'ai dû rester éveillée jusqu'au départ de Karev et Robbins pour être sure que tout était en ordre donc je suis un peu crevée ouais...
Addison: C'est toi qui t'es proposée pour t'en occuper ! D'ailleurs ça s'est bien passé ?
Callie: Ouais, aucun problème à signaler...
Addison: Tu as pu dire aurevoir à Robbins convenablement ?
Callie rougit immédiatement et perdu contenance: Heu... oui... évidemment et à Karev aussi...
Addison: Oui m'enfin, t'as toujours été plus proche de Robbins... Je veux dire... Vous êtes fort complices et vous vous parlez beaucoup...
Callie: Ben elle fait son mémoire avec moi donc évidemment on se connait mieux mais bon ça reste une élève.
Addison: Ah oui t'en es sure ? Parce que je vous trouve fort proche en ce moment... D'ailleurs, tu ne m'as jamais expliqué comment tu l'avais retrouvée hier pour lui annoncer la nouvelle...
Callie ouvrit la bouche pour lui rétorquer quelque chose mais ne trouva pas quoi répondre et se contenta donc de refermer sa bouche doucement.
Addison: Bon Callie quand est-ce qu'on va arrêter de tourner autour du pot ? Est-ce qu'il se passe quelque chose entre toi et Robbins ? Addison s'avança pour prendre une des mains de sa collègue dans la sienne. Tu peux me le dire, je ne te jugerai pas.
Callie jeta un regard nerveux autour d'elle pour s'assurer que personne ne les écoutait. Elle souffla un coup pour se donner du courage mais ne parvint pas à sortir un mot de sa bouche. Elle se contenta donc d'hocher la tête en regardant timidement son assiette. La latino n'avait pas honte d'être avec Arizona mais c'était la première fois qu'elle l'avouait à quelqu'un. Elle ressentait une sorte de soulagement et en même temps, ça rendait les choses tellement concrètes, tellement réelles... C'était bizarre de parler tout haut de quelque chose qu'elle vivaient depuis si longtemps dans le silence et dans le secret. Elle était bouleversée d'enfin l'avouer à sa collègue et amie. Elle sentit les larmes qui lui monter aux yeux mais battit des cils à plusieurs reprises afin de les retenir. Elle était soulagée de se débarrasser de ce secret, du moins auprès de ses proches. Elle releva la tête pour observer la réaction d'Addison face à la nouvelle. Addison qui avait remarqué son malaise se dépêcha de continuer, enthousiaste.
Addison: Ah ben au moins t'as écouté mon conseil sur les élèves comme plan cul !
Callie: Oui m'enfin, on était déjà ensemble quand tu m'as parlé de ça...
Addison: Tu déconnes ? Attends ça fait combien de temps que tu me mens ?
Callie: Je ne voulais pas te mentir, c'était un vrai supplice de garder le silence mais je n'assumais pas. Je n'arrivais déjà pas moi-même à accepter de vouloir être en couple avec une fille qui est mon élève en prime. Je sais que tu ne m'aurais pas rejeter mais c'est nouveau pour moi tout ça et je n'étais pas sure de pouvoir l'annoncer à mon entourage, de supporter le regard des gens... Je sais que c'est con mais c'est vraiment plus dur que ce qu'on peut penser. Pour tout te dire, je ne suis pas encore sure de pouvoir. J'aime Arizona mais...
Addison: Wahou attend... Pause deux secondes... Tu l'aime ? Vous êtes un vrai couple et tout ?
Callie sourit en pensant au temps qu'ils leurs avaient fallut pour l'admettre: Oui je l'aime... On est ensemble depuis une vingtaine de jours maintenant mais je pense que ça pourrait être du sérieux...
Addison: Ecoute Callie, je ne veux pas te sembler brusque mais je m'inquiète pour toi. Que tu profite de la vie et que tu vois quelqu'un, homme ou femme, je trouve ça génial mais tu sembles t'être vraiment attachée. Il faut que tu sache que Robbins est plutôt du genre à enchainer les conquêtes, elle est reconnue pour ça... Je ne dis pas qu'elle joue avec toi, je n'en sais rien mais fais attention à toi, je ne veux pas que tu souffre davantage !
Callie répondit plus brusquement que ce qu'elle aurait voulut: C'est gentil de t'inquiéter pour moi mais Ari m'aime et j'ai entièrement confiance en elle.
Addison ne répliqua pas. Son objectif n'était pas de se mettre Callie à dos. Elle lui avait fait part de ses doutes, la latino les avait entendus, le reste ne la concernait plus. Un silence légèrement froid s'était installé, Callie n'avait pas vraiment apprécié la remarque d'Addison et ne faisait aucun effort pour mettre fin au léger malaise. C'est la jolie rousse qui enchaina, un sourire en coin.
Addison: Bon et alors dis moi du coup, c'est comment d'être au lit avec Robbins ? Elle a tellement de succès à l'université que ça m'a toujours intrigué...
Callie avec un petit sourire: Magique...
Addison: Ah oui, t'es vraiment mordue...
Les deux femmes éclatèrent de rire et continuèrent leur repas en papotant joyeusement de tout et de rien.
Avant de partir pour l'hôpital, Callie jeta un regard distrait sur son gsm, espérant recevoir un sms de sa belle mais elle n'avait rien reçu. C'est donc un peu déçue qu'elle se rendit à l'hôpital. Sa matinée se passa de manière assez banale, elle avait surveillé les différents groupes d'un oeil lasse. Elle pensait que travailler l'occuperait mais ses pensées étaient entièrement tournées vers sa jolie blonde. Arizona lui manquait et elle ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Son cerveau se démenait pour trouver une solution à son problème. Elle pourrait se faire porter malade et rejoindre discrètement Arizona à l'hôpital. Elle pourrait également la rejoindre en tant que spécialiste ortho... Un accident de scooter, personne ne poserait de question... Elle pourrait de cette façon trainer l'hôpital sans révéler la vrai nature de sa relation avec Arizona et la soutenir en même temps. Son cerveau élaborait mille et un scénario sous le regard bienveillant d'Addison qui semblait la surveiller sans cesse du coin de l'oeil. Cet intérêt commençait à agacer la latino qui ne demandait qu'à plonger dans ces pensées. Sans oublier qu'Ethan semblait s'être aussi donné comme mission de veiller sur elle car il ne la suivre pour lui parler, ce qui commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Callie vérifia une dernière fois son gsm avant de s'installer près d'Addison à la cafétéria. La latino jouait maladroitement avec les deux tomates qui restaient au fond de son assiettes, le regard perdu dans la contemplation de de son plateau repas. Elle aurait tout donné pour être à Baltimore sans que ça ne remette en cause son emploi. Elle détestait cette situation, elle détestait être coincée à Washington et actuellement elle détestait aussi cet emploi. Addison posa une main sur la sienne et prit une voix étonnamment douce.
Addison: Je suis désolée pour ce que je t'ai dis tantôt sur Robbins, je ne sais pas ce qui se passe entre vous, je n'aurais pas dû m'en mêler.
Callie: T'inquiète pas c'est déjà oublié...
Addison: C'est juste que t'as l'air d'être contrariée alors je me suis dis que tu m'en voulais peut-être.
Callie releva la tête pour la regarder dans les yeux: Ecoute sans vouloir avoir l'air brusque, je m'en fous complètement de ce que tu penses de mon couple. Arizona a dû partir parce que son frère est hospitalisé et moi je suis coincée ici, loin d'elle et sans pouvoir rien faire pour la soutenir. J'ai aucune nouvelle depuis cette nuit et je suis vraiment en train de devenir dingue donc crois moi bien que ta petite remarque me passe complètement eu-dessus.
Addison sembla surprise par une telle réaction et lâcha sa main immédiatement. Callie regretta directement ses propos et enchaina rapidement en prenant un air désolé.
Callie: Je suis désolée ! Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas te parler comme ça mais...
Addison: Tu t'inquiète, j'ai bien compris... Pas de problème...
Un silence s'installa entre elle mais il fut finalement stoppé par la belle rousse.
Addsion: Callie, je suis désolée de te demander ça mais je ne comprend pas... Si tu l'aime et que c'est aussi sérieux que ça entre vous, pourquoi tu n'es pas partie avec elle ?
Callie: Si je la rejoins à Baltimore, ça officialise notre relation parce que soyons réaliste, je ne peux pas débarquer dans un hôpital plein d'élève pour soutenir Arizona sans révéler la vérité sur notre relation ! Ca signifie que je rencontrerai ses parents, ses amis et qu'on se présentera comme un vrai couple. Je ne sais même pas si je suis vraiment prête à assumer mon couple avec une fille. Et ça veut aussi dire que l'information va circuler et qu'il faudra assumer à l'université et près de Webber... Je risquerais de perdre mon job
Addison: Oui mais tu l'aime donc fonce, t'auras le temps de te prendre la tête plus tard !
Callie: C'est pas si simple !
Addison: C'est ridicule !
Callie: De toute façon la question ne se pose même pas, je ne peux pas te laisser seule ici avec 20 élèves, là je me ferais licenciée directement...
Addison ne la contredit pas, c'est vrai qu'elle devait être accompagnée pour encadrer ces étudiants. Callie soupira bruyamment et retint du mieux qu'elle pu les quelques larmes qui menaçaient de couler. Son gsm n'indiquait toujours pas de message tandis qu'elle tapotait rapidement sur les touches. « J'espère que tu vas bien. N'hésite pas à m'appeler si tu en as besoin. Courage ! Tu me manque fort, je t'aime. Ta Calliope ». A peine avait-elle appuyer sur envoyer qu'un jeune homme plutôt beau venait s'asseoir à côté d'elle.
Ethan: Dr Torres, j'aurais aimé qu'on parle un peu de mon mémoire ensemble, on pourrait éventuellement aller boire un verre ensemble...
Callie le fusilla du regard avant de répondre, excédée: Mr Layton je ne vais pas aller boire un verre avec vous. Si vous voulez qu'on parle de votre mémoire, envoyez moi un mail et nous conviendrons d'un rendez-vous. En attendant, j'apprécierai grandement que vous cessiez de m'importuner sans arrêt pour me parler de vos idées ou remarques.
Ethan sursauta, surpris par une telle réaction. Il se décomposa légèrement et finit par bafouillé rapidement: Heu... Bien Dr Torres, excusez moi...
Une fois qu'il eut évacué les lieux, Addison ne pû retenir un petit rire. Callie laissa, elle aussi, apparaitre un petit sourire, c'était agréable de se laisser aller de temps en temps... Après le diner, Addison et Callie accompagnèrent les étudiants en neurologie afin d'assister à un essai innovant sur des capteurs à fixer directement sur le cerveau afin d'analyser la prise de décision chez le patient. La latino trouvait cette technologie passionnante et elle l'inspirait réellement pour de futures recherches. C'est alors que les élèves pouvaient analyser le fonctionnement concret des capteurs que son gsm se mit à sonner. La belle brune jeta un regard rapide à l'écran et remarqua qu'il s'agissait d'Arizona. Elle regarda un instant la démonstration et sans hésiter, décida de décrocher. Elle s'excusa et sortit dans le couloir pour prendre l'appel.
Callie: Ari ? Comment tu vas ?
Arizona avait la voix légèrement tremblante quand elle avait pris la parole: Ca va... ça va... C'est plutôt dur de le voir dans cet état mais on continue à espérer. Tout va se jouer ce soir, on va l'opérer et on en saura plus après...
Callie: Je pense à toi, garde espoir hein ! Tim est jeune, rien n'est joué !
Arizona soupira: Je sais... mais c'est vraiment difficile... Je ne sais pas comment je fais pour tenir le coup.
Callie: J'aimerais pouvoir t'aider...
Arizona ne répondit pas, la vérité c'est que si elle avait vraiment eut envie d'être avec elle, c'était possible...
Arizona: Bon et alors de votre côté, ça c'est passé comment la journée.
Callie remarqua le manque de commentaire de sa blonde mais fit comme si de rien n'était et elle se lança dans un récit très précis de tout ce qu'il s'était passé pendant la journée. Elles réussirent à plaisanter mais la latino était bien consciente que sa blonde se forçait. Elle sentait que la distance physique les éloignait réellement. Leur complicité s'effritait légèrement à cause des nombreux non-dit. Arizona ne l'admettait pas mais elle était déçue que Callie ne l'accompagne pas. Elle refusait de se livrer au téléphone ce qui ne faisait qu'amplifier le léger malaise. La latino assistait inocente à la lente destruction de leur complicité. Elle se haït encore plus de ne pas oser tout plaquer pour la rejoindre... Elles continuèrent à faire comme si de rien n'était en abordant des sujets inutiles jusqu'à ce qu'Arizona annonce devoir raccrocher. C'est sur un dernier « je t'aime » qu'elles se quittèrent.
Cette discussion laissa Callie perplexe. Elle sentait qu'Arizona avait vraiment besoin d'elle mais qu'elle faisait la fière. Et surtout, la latino sentait que sa belle blonde lui en voulait de ne pas être là dans un des pires moments de sa vie... Mais sa décision était la plus sage, la plus réfléchie... Elle comprenait la douleur de sa copine mais elle devait comprendre qu'elle avait des responsabilités.
La brune passa sa soirée avec Addison et rejoignit rapidement son lit. Elle avait très peu dormi la nuit précédente, elle avait donc une excuse parfaite pour rejoindre sa chambre au plus vite et mieux se plonger dans ses pensées. Elle enfila le t-shirt qu'Arizona avait l'habitude de lui emprunter quand elle logeait dans sa chambre et se laissa envahir par son odeur avant de s'endormit lourdement. C'est la sonnerie de son gsm qui la réveilla en sursaut. C'est l'esprit complètement embué qu'elle ouvrit les yeux. Elle lança lourdement sa main sur le petit appareil et le traina jusqu'à son visage pour voir qui l'appelait à cette heure tardive. Arizona...
Callie: Allo ?
La voix d'Arizona était brisée: Ca ne va pas du tout en fait. Je fais comme si je gérais pour mes parents, parce que je suis la jeune chirurgienne mais ça ne va pas du tout. Je n'y arrive pas. Teddy est effondrée. J'ai Alex mais il ne me parle plus, il a toujours tout gardé pour lui et il continue... Je me sens vraiment seule et désespérée. J'aurais aimé que tu sois avec moi...
Callie: Ari... Crois moi si je pouvais venir je le ferais mais je ne peux pas laisser ces 20 élèves sans encadrant et puis tu as toujours su qu'il fallait que ça reste secret entre nous...
Arizona: Je comprend mais la vérité c'est que ça me détruit cette relation secrète. Ca me détruit de devoir me taire, de devoir te voir en secret, de devoir t'aimer en silence. C'est vraiment difficile de réfléchir à chaque information que je donne sur ma copine alors que je ne sais même pas si on peut dire que t'es ma copine.
Callie le prit comme un coup.
Callie: Je suis ta copine.
Arizona: Quand j'ai une copine, je traine avec, je la présente à mes amis et mes parents. Quelqu'un qu'on se contente d'embrasser en secret, c'est un plan cul et ça ne me convient pas.
Arizona raccrocha avant que Callie ait le temps de répondre quoi que ce soit, laissant une latino en larme.
