Avant qu'elles aient eut le temps de dire quoi que ce soit de plus, Webber, se trouvait face à elles, l'air furieux. Il fusilla Arizona du regard ce qui eut pour effet de la faire battre en retraite.
Arizona: Bon ben je crois que je vais y aller moi...
Dans un ultime acte de rébellion, elle murmura à Callie « A tantôt et courage ! » Cette dernière lui sourit rapidement avant de s'éloigner avec l'éminent directeur, loin des oreilles indiscrètes. Seule au milieu de la cafétéria, Arizona devait faire face aux regards médusés de tous les élèves présents. Le silence qui avait envahit la salle lors de leur baiser commençait à s'estomper doucement et les bavardages habituels reprenait mais partout où elle regardait, elle croisait des regards curieux. Elle sentit le rouge lui monter et baissa les yeux, tentant d'ignorer au mieux tout les bavardages à son sujet. Elle repéra rapidement quelques visages amicaux et se précipita vers eux, s'affalant à leur table. Elle souffla un grand coup comme pour essayer de remettre toutes ses idées en place et réaliser ce qui venait de se passer. Même à cette table composée uniquement d'amis, Arizona se sentait assez mal à l'aise. Heureusement, elle pouvait compter sur Alex pour rompre le silence gêné de la tablée.
Alex: Hé ben dis donc, tu viens de rendre jaloux la moitié de l'unif !
Toute la table éclata d'un grand rire. Le stress, la peur, la joie, la gêne, l'inquiétude pour Callie enfin tout ces sentiments contradictoires s'évacuèrent dans un éclat de rire. Tout semblait soudain plus léger, plus viable. Elle se sentait entourée et bien.
De son côté, assise à son bureau, Callie regardait d'un air perdu par la fenêtre. Elle n'avait aucune idée du temps qui s'était écoulé, elle était bien trop occupé à réaliser les conséquences de ses actes. Elle venait de perdre son emploi, c'était une situation totalement nouvelle pour elle. Elle devrait écrire un C.V, partir à la recherche d'un nouveau job et de préférence dans la région. Elle devrait prévenir ses parents, son père... Elle grimaça en imaginant la réaction du fameux Carlos Torres quand il apprendrait que sa fille venait de se faire virer... La jolie brune entendit la porte s'ouvrir doucement derrière elle mais ne prit même pas la peine de se retourner. Elle sentit un corps robuste s'asseoir à côté d'elle et passer un bras autour de ses épaules. Elle posa sa tête dans son cou et reconnu directement le parfum de Mark. Ce n'était pas Arizona mais ça lui convenait aussi.
Une fois son repas achevé, Arizona se leva sous le regard curieux de tous les élève. Elle fit semblant de ne pas prêter d'intérêt à tous ces visages tournés vers elle et elle se précipita vers le bureau de Callie. Lorsqu'elle entrouvrit la porte, elle aperçut sa belle dans les bras de Sloan. Elle sentit un léger pincement au coeur mais ravala directement sa jalousie. Au vu de l'air défait de ses professeurs, il ne faisait aucun doute que Callie venait de perdre son emploi... Arizona s'approcha doucement du duo. Elle se positionna face à sa belle et s'accroupit pour que son visage soit à la même hauteur que le sien. La blonde posa doucement une main sur la joue chaude et humide qu'elle caressa délicatement tandis que les grands yeux de sa latino trouvaient les siens. Mark s'écarta précautionneusement de Callie.
Mark: Tu sais où me trouver si tu as besoin ! Et de toute façon, on se voit demain pour boire notre verre hebdomadaire avec Addison...
Callie acquiesça mollement avant de passer doucement ses bras autour des hanches de sa belle blonde pour la rapprocher. Arizona la serra le plus fort possible, s'imprégnant de son odeur, de sa chaleur. Elle voyait la tristesse naître sur le visage de sa magnifique copine et elle ne pouvait s'empêcher de se sentir légèrement coupable: tout ces chamboulements dans sa vie venaient de leur relation...
Ce fut le gsm de Callie qui mit fin à ce moment. La sonnerie retentit fort dans le petit bureau plongé dans le silence. La latino le sortit mollement de sa poche et jeta un oeil sur l'interlocuteur. Elle se figea instantanément, fixant d'un air terrorisé son téléphone. Arizona jeta un oeil sur le nom qui apparaissait sur le petit écran: « Papa ». Elle n'avait que très peut entendu parler des parents de Calliope. Elle savait juste qu'ils vivaient à Miami et que son père était quelqu'un de riche et de suffisamment influent pour lui trouver un emploi à l'université. La latino coupa l'appareil et le glissa nerveusement dans sa poche.
Le silence était lourd cette après-midi dans la voiture de la jolie blonde. Callie semblait plus malheureuse que jamais et Arizona n'avait aucune idée de la manière de la consoler. Elle se sentait coupable de son malheur et ne savait pas comment mettre sa conscience de côté pour la soutenir. Elle se contenta simplement de lui déposer un petit bisous sur la joue quand la voiture s'arrêta à un feu rouge. Ca ne réglait rien mais ça lui montrait son soutien... Le gsm de Callie sonna à nouveau et dans un grand soupir, la latino finit par décrocher. Elle ne pouvait pas l'éviter éternellement et elle préférait se confronter le plus rapidement possible pour être tranquille.
Callie, d'un air faussement enjoué: Allo Papa, tu vas bien ?
Carlos: Ne fais pas la maligne, Webber m'a appelé tout à l'heure ! J'aimerais entendre ta version de l'histoire avant de savoir si je débarque à Baltimore pour te secouer ou si tu as une bonne explication.
Callie: Je t'en supplie ne débarque pas ici !
Carlos: Explique moi alors !
Callie: Bien... Disons que j'ai rencontré quelqu'un. Il faut bien que tu comprenne que cette personne compte beaucoup pour moi. Cette histoire d'amour me rend très heureuse sauf que cette histoire est en quelque sorte interdite par le règlement de l'université. Bref, j'ai essayé d'en parler à Webber mais il a décidé de me virer.
Carlos: Je vois...
Callie: Rien de bien méchant tu vois...
Carlos: Je prend le premier avion pour Baltimore, je vais régler tout ça !
Callie: Quoi ? Non je te jure ce n'est pas nécessaire
Elle n'eut droit à aucun autre commentaire, son père avait déjà raccroché.
Callie: Bordel, je suis dans la merde là !
Arizona: Qu'est-ce qui se passe ?
Callie: Il se passe que mon père va débarquer ici et que ça va être l'enfer. Il va me sermonner et m'obliger à aller m'excuser près de Webber. Je le vois d'ici faire un gros chèque à l'université pour qu'on me reprenne...
Arizona: Bah au pire s'il parvient à te faire ré-engagé, c'est peut-être pas complètement mauvais...
Callie: Tu ne comprends pas... Toute ma vie j'ai travaillé dur pour mener ma propre vie, sans les relations de mon père, sans user de l'argent, sans être « la fille de »... Je me sens honteuse quand il utilise son porte-feuille comme ça. J'essaye de m'éloigner de tout ça sans arrêt mais il finit toujours par réapparaitre dans ma vie pour « m'aider ».
Arizona: C'est ton père, il veut le mieux pour toi... Je ne dis pas que sa technique est la meilleure mais il t'aime ça se sent.
Callie: Ca je sais mais il est trop protecteur, tu ne te rends pas compte. Quand il va apprendre pour notre couple, ça va être horrible. Il est très catholique et je pense qu'il va avoir beaucoup de mal à... à accepter tout ça... Il est du genre à dire partout qu'il n'a rien contre les homosexuels tant qu'ils ne montrent pas leur affection en public et qu'ils ne se marient ou n'adoptent pas ! Autant dire que quand le grand Carlos Torres apprendra que sa petite fille chérie est en couple avec une femme, il va nous faire une crise, je n'ose même pas imaginer... Je pense bien que je ne serais plus jamais sa "petite fille chérie" après ça...
Arizona sentit que Callie s'inquiétait vraiment de ce coming out, ce qui ne fit qu'accentuer la culpabilité de la blonde. Cette dernière s'en voulait de mettre en péril les relations familiales de sa belle. Elle avait l'impression que leur amour était en train de détruire toute la vie de sa latino... Elle gara dans le parking de l'hôpital universitaire de Baltimore en quelques manoeuvres avant de conclure leur discussion.
Arizona: Il t'aime et il ne veut que ton bonheur, il finira forcément par l'accepter...
Callie lui lança un regard sceptique avant de sortir de la voiture pour se rendre vers le bâtiment où était hospitalisé Tim, son futur patient et beau frère.
Callie checkait une dernière fois les constantes du jeune homme tandis que les parents d'Arizona serraient nerveusement le corps de leur fils toujours inconscient. Lorsque la latino eut finit, elle lança un petit regard vers Bailey et Stark qui attendaient dans le couloir avec des infirmières et Ben, l'anesthésiste. La latino s'approcha doucement d'Arizona et posa une main dans son dos en signe d'encouragement.
Callie: Je suis désolée mais il est temps d'y aller...
Arizona se pencha sur son frère et lui déposa un bisous sur le front en murmurant à son intention: Pas de bêtise hein ! Je compte sur toi... J'ai besoin de mon grand frère. Sa voix trembla légèrement. Depuis que t'es dans ce lit, j'essaye de me montrer forte mais la vérité c'est que sans toi, tout est difficile. Je t'aime et j'ai besoin de toi dans ma vie...
Callie sentit son coeur se serrer devant la tristesse de sa blonde, elle attendit d'être sûre qu'Arizona ait eu le temps de dire aurevoir avant de faire signe à l'équipe de venir chercher le patient. Les infirmières débranchèrent certaines machines, en branchèrent d'autres et elles prirent soin de le déplacer en douceur d'un lit à l'autre. Callie donna ses instructions et fit signe aux infirmières de l'emmener vers le bloc. Toute l'équipe suivit le mouvement d'un seul et même geste. La latino croisa une dernière fois le regard d'un bleu profond et se dirigea nerveusement vers le bloc.
Arizona regarda nerveusement l'horloge au-dessus de la porte. Cela faisait maintenant 20 minutes que l'opération avait commencé. Elle essuya ses mains moites sur son jeans et s'apprêtait à aller se chercher un café lorsqu'elle remarqua du mouvement près de l'entrée du couloir. Elle tourna instantanément sa tête vers la porte qui s'ouvrit, laissant apparaitre Callie et Bailey. Dès qu'elle aperçut son visage, elle comprit. Le résultat de l'opération lui sauta au visage comme une évidence. D'ailleurs il était beaucoup trop tôt que pour les voir débarquer pour parler à la famille. Elle continuait cependant à s'accrocher à un dernier espoir, fixant nerveusement sa latino. Callie arriva face à la petite famille, planta ses yeux dans ceux de sa belle blonde tandis que Bailey prenait son ton le plus professionnel.
Bailey: Je suis désolée mais Tim est décédé avant même que nous ayons eu le temps de l'opérer. Il n'était apparemment pas suffisamment fort pour supporter une quelconque intervention. Son coeur déjà affaibli par l'accident et les dernières opérations a lâché dès l'arrivée dans le bloc. Nous avons fait tout ce que nous avons pu mais nous n'avons pas réussi à le réanimer. Je suis vraiment désolée... Moi et mon équipe vous présentons toutes nos condoléances...
Mme Robbins éclata en sanglot tandis que son mari la serrait dans ses bras d'un geste protecteur. Des larmes coulaient le long de la joue du colonel qui semblait livrer un combat intérieur pour conserver son air fort. Ses yeux rouges trahissaient cependant cette illusion. Mais tout ce que Callie voyait, c'est Arizona. La jolie blonde n'avait pas bougé d'un pouce, comme figée, glacée par la nouvelle. La latino voyait qu'elle baladait son regard d'un air perdu, comme pour chercher des réponses à ses questions, pour accepter LA réponse... Elle voulait la prendre dans ses bras mais réalisa qu'aujourd'hui, elle était le chirurgien qui avait tué son frère. Elle se contenta donc de rester là, sans savoir quoi faire.
Arizona sentit quelque chose se déchirer en elle, laissant place à une grande douleur. Il lui était impossible de réfléchir et d'admettre pleinement ce qu'on venait de lui annoncer. Tout ça lui semblait encore abstrait. Et pourtant au vu du vide qui venait de prendre possession de sa poitrine, il ne faisait aucun doute que d'un côté, elle était consciente qu'elle ne reverrait plus Tim. Si sa tête avait du mal à admettre l'évidence, son coeur, lui, réalisait l'importance de la perte... L'immense tristesse qui lui déchirait littéralement la poitrine forma une boule dans sa gorge et laissa des larmes s'échapper douloureusement et couler le long de ses joues. Arizona avait l'impression d'être plongée dans un brouillard qui l'empêchait de voir, d'entendre quoi que ce soit. Autour d'elle, il n'y avait plus que cette perte... Son coeur était soudainement comme à vif, vulnérable, brisé. Dans le brouillard, Arizona perçut des bruits de pleures, des mains qui lui caressaient le dos ou des bras qui la serraient. Elle entendit vaguement des gens prononcer son nom ou des mots qu'ils pensaient être encourageants mais la blonde ne comprenait rien de ce qu'ils disaient vraiment, son cerveau semblait tout simplement bloqué sur cette perte...
Callie attrapa un chemisier noir dans la commode d'Arizona et l'aida a l'enfiler. Elle la coiffa consciencieusement et prit bien soin d'être la plus douce possible avec la brosse à cheveux. Lorsqu'elle furent toutes les deux prêtent, elle posa un petit bisous sur le front de sa belle en signe d'encouragement auquel cette dernière répondit avec un léger sourire. Ce petit sourire disparut hélas très rapidement laissant place au visage fermé et aux yeux emplis de détresse, qu'Arizona arborait quotidiennement depuis ces 3 derniers jours. Alex et Teddy les rejoignirent dans le salon et la petite bande se dirigea ensemble vers le cimetière de la ville. Callie se sentait comme un imposteur parmi ces gens qui pleurait leur proche alors même qu'elle était celle qui tenait le scalpel quand son coeur avait lâché. Elle glissa sa main dans celle d'Arizona qui s'y accrocha comme un noyé à une bouée. Callie la regarda affectueusement, elle était venue uniquement pour ça. Près d'elle, la latino se sentait utile. Elle ne pouvait pas changer le passé mais elle pouvait tout faire pour améliorer un tant sois peu le futur de la jolie blonde... Son gsm sonna et Callie raccrocha sans même regarder qui l'appelait. Elle savait pertinemment de qui il s'agissait... Son père avait débarqué le jour précédent à Baltimore mais il n'avait pas encore eu l'occasion de la voir car cette dernière s'était retranchée chez Arizona pour la soutenir au mieux.
La cérémonie débuta dans une église comble. Le cercueil qui trônait devant l'autel était couvert de fleures et une photo du jeune homme qui éclatait de rire reposait sur la seule parcelle de bois encore visible. Sur le bord de la photo, on pouvait apercevoir une touffe de cheveux blonds, il ne faisait aucun doute que la photo avait été recadrée et qu'Arizona se trouvait sur l'originale. Les discours s'enchainèrent. Tous insistaient sur cette complicité entres les deux enfants Robbins dont l'amitié était sans cesse décrite comme fusionelle. Chaque anecdote ne faisait que confirmer la relation privilégiée qui unissait les deux inséparables. Callie prenait un plaisir particulier à entendre toutes ces histoire et à s'imaginer la petite Arizona faire toutes ces bêtises. Quand ce fut à l'intéressée de faire un discours, elle lâcha la main de sa belle et d'un air déterminée se saisit du micro. Elle souffla un coup pour se donner du courage et se lança.
Arizona: Tim, tu as été mon confident, mon conseiller, ma bouée de sauvetage, mon partenaire de délires, bref tu n'était pas seulement mon frère, tu étais aussi mon meilleur ami. Tu es celui qui a toujours été là pour moi et à qui je pouvais parler de tout pendant des heures entières, celui avec qui je pouvais faire du « rien », celui qui me lançait dans les délires les plus fou... Mais tu m'as aussi montrer le bon chemin... Je ne te l'ai jamais dis parce que tu aurais pris la grosse tête mais tu étais et tu es un modèle pour moi. Tu es de ces hommes bons même dans la tempête, qui affronte la vie avec bravoure et honneur. Pour ça, je ne t'oublierai jamais ... Je ne saurais même pas exprimer à quel point je suis fière d'avoir été ta soeur. On nous appelait Tic et Tac pour exprimer cette amitié fusionelle et c'était tellement ça... Tu as été mon Tac, mon bro, mon frérot, ma « personne » et je t'aime... Sa voix tremblota légèrement, laissant apparaitre des larmes le long de ses joues. Aujourd'hui tu me laisses seule et tout me paraît plus difficile, plus effrayant... Tu me manque énormément...
Callie frotta rapidement les quelques larmes qui s'étaient échappées pendant le discours avant de passer un bras autour des épaules d'Arizona. Cette dernière posa tendrement sa tête contre sa latino.
Arizona regarda le cercueil contenant le corps de son frère s'enfoncer sous terre d'un air morose. Elle se sentait étouffé dans ce chemisier avec tout ces gens autour. Toutes ces émotions l'empêchaient de réfléchir or elle avait besoin de réfléchir. Elle jeta un oeil à Teddy et Alex qui pleuraient silencieusement à côté d'elle avant de se tourner vers sa latino. Il ne faisait aucun doute qu'elle l'aimait profondément mais elle ne parvenait pas à se défaire de ce sentiment de culpabilité. Observant un dernière fois le cercueil, Arizona sentit son coeur se serrer davantage. Elle manquait littéralement d'air, tout était trop difficile, trop lourd a porter pour ses épaules. Elle murmura dans l'oreille de Callie qu'elle avait besoin de s'éloigner pour prendre l'air. Arrivée à l'entrée du cimetière, elle ne s'arrêta pourtant pas. Ses jambes voulaient l'emmener loin de tout ça. Elle se mit à courir sans plus s'arrêter. Il n'y avait qu'elle et le vent contre sa peau. Elle aurait pu rester comme ça à jamais...
Aujourd'hui, je voulais vous remerciez pour vos reviews. Vos commentaires me touchent et m'aident à garder la motivation , donc merci :)
