CHAPITRE 2
Les vacances d'Halloween étaient arrivées à grands pas et au vu du contexte dans lequel vivaient les sorciers, il avait été établi que les adolescents du square Grimmaurd rentreraient pour les vacances. La maison était le lieu établi de l'Ordre du Phoenix et bien que certaines opérations secrètes se préparaient entre ces murs, chacun avait exprimé le souhait d'être au plus proche de sa famille. Ainsi les enfants Weasley, accompagnés d'Hermione Granger et de Harry Potter, s'étaient retrouvés à faire leur valise en direction de Londres.
À leur arrivée au quartier général, le groupe d'adolescent pu admirer la décoration mise en place pour l'occasion. À l'évidence quelqu'un s'était amusé à plonger la maison dans l'ambiance. Encore qu'avec les bizarreries présentes dans les placards et ça, malgré un travail acharné pour remettre de l'ordre dans le manoir, ainsi que l'épouventard qui avait élu domicile dans le buffet aménageait dans le salon, la maison disposait déjà d'un charme naturel pour les festivités d'Halloween.
Mr et Mrs Weasley, ainsi que Remus et Sirius étaient présents pour accueillir le groupe. Alors que Mrs Weasley, s'empressa d'embrasser tous ses enfants (et ceci incluait bien évidemment Harry et Hermione) pour leur dire bonjour, Mr Weasley lui partagea quelques mots de bienvenue aux arrivants. Sirius s'impatientait, désirant embrasser à son tour son filleul qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Lorsque Molly Weasley se décida enfin à le lâcher (après lui avoir fait remarquer qu'il ne mangeait pas assez), Sirius étreignit fortement Harry, il en avait d'ailleurs presque bousculé Mrs Weasley dans son emportement. Il regarda alors le jeune homme, un large sourire illuminant son visage.
- Alors, tu aimes la déco ? J'y ai mis tout mon cœur. Ajouta-t-il avec très peu d'exagération, comme à son habitude.
Harry, amusé par les frasques de son parrain, sourit à son tour, lui répondant qu'il n'était guère étonné qu'elle vienne de lui. L'adolescent la trouvait d'ailleurs très réussie, bien qu'il n'était pas très sûr de ce qui était naturellement présent dans la maison et de ce que son parrain avait ajouté.
Alors que l'effervescence des retrouvailles s'étaient calmée, Sirius profita de la présence de tout le monde pour annoncer ses plans.
- Très bien puisque vous êtes tous là, je dois vous annoncer que Remus et moi avons décidé d'organiser une petite fête demain soir ! Tout le monde à bien besoin de s'amuser un peu.
Mrs Weasley, qui n'avait pas été mentionnée, rappela sa présence à Sirius d'une toux peu discrète. Remus quant à lui, s'était contenté de lever les yeux au ciel, lorsque son ami, avait précisé qu'il était lui aussi à l'origine de cet évènement. Sirius, rappelé à l'ordre, ajouta:
- Oh, j'ai oublié de préciser que c'est bien évidemment Molly qui régalera tout le monde. Bien, je compte sur vous !
À cette annonce, le groupe d'adolescent sembla en joie. Alors qu'Hermione, Harry et Ron remerciaient Sirius de l'initiative, Fred et Georges se concertaient déjà sur les faces à prévoir pour cette soirée d'Halloween. Les mots d'ordre étaient, terrifiant et grandiose. Sirius était ravi de voir que son projet avait reçu un accueil chaleureux et alors que le petit groupe se dispersait, il profita de ce moment en tête-à-tête avec Remus pour aller le remercier.
- Je voulais te dire merci, d'avoir accepté de m'aider pour cette soirée.
- C'est pas comme si j'avais vraiment eu le choix. Taquina Lupin
- Oui et bien tu l'as bien cherché aussi... Sirius se stoppa lorsqu'il se rendit compte que son ami avait simplement rétorqué pour l'ennuyer un peu. C'est juste que tu es toujours en mission pour l'ordre et on a plus vraiment d'occasion pour se parler, alors j'ai pensé que ça pourrait être drôle de se retrouver tous les deux à cette soirée...
- Tu as raison Sirius, on ne sait pas de quoi demain sera fait et il serait judicieux de profiter de notre amitié autant que faire se peut. Et puis il me semble que tu me dois toujours une danse que tu m'avais promise il y a bien longtemps.
Remus Lupin avait prononcé ces quelques mots tout naturellement, comme s'il n'avait jamais quitté Sirius. Pourtant, il savait que leur relation avait évoluée depuis cette promesse. Aussi, il sentit le rouge monter à ses joues lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il avait suggéré. Un moment de flottement s'installa entre les deux hommes. Remus n'était pas très sûr des sentiments qu'éprouver son ami concernant cette relation passée. À vrai dire, il n'était lui-même plus très sûr de ses propres sentiments. Il avait aimé Sirius si profondément que la chute avait été brutale. Lily et James étaient ses plus proches amis. Apprendre que l'homme avec qui il avait partagé sa vie, n'était pas celui qu'il pensait, fût un déchirement.
Toutes ces années à imaginer que Sirius avait joué la comédie et ne l'avait jamais aimé, qu'il n'avait jamais eu une once de considération pour James et Lily et qu'il n'avait fait que se jouer d'eux était impensable. Remus n'avait jamais pu se résoudre à faire taire son affection pour le meurtrier qui se trouvait derrière les barreaux d'Azkaban. Tout ce temps, bien que les preuves accablées Sirius, une infime part de lui continuait à penser que ce n'était pas l'homme qu'il avait aimé, l'auteur des faits. Remus se sentait rongé par la culpabilité, en accordant du crédit au monstre qu'était Sirius Black.
Puis un jour, toutes ses convictions furent évincer d'un revers de baguette, lorsque Harry lui montra la carte des maraudeurs, où le nom de Peter Pettigrew était inscrit. Ce jour-là, il avait senti la bile lui monter à la bouche. Durant toutes ces années, son plus vieil ami, l'homme qu'il avait tant chéri, avait payé pour les crimes d'un autre. Il s'était senti malade d'avoir pu imaginer que Sirius était bien l'auteur de la trahison. Revoir Sirius ce soir-là, dans la cabane hurlante et savoir que son ami lui avait tout pardonné était plus qu'il n'aurait pu espérer. Enfin le loup-garou se sentait un peu apaisé, le poids des remords se faisait plus léger.
Mais désormais, même s'il se savait encore très proche de Sirius, il ne pouvait s'imaginer reprendre leur relation là où elle s'était arrêtée. Il aimait Sirius, mais les deux hommes avaient tellement changé. La prison avait dû affecter Sirius à un niveau qu'il ne pouvait imaginer. Tous deux n'abordaient jamais le sujet, en fait il ne parlait jamais de leur relation passée. Il y avait comme un accord tacite entre eux, ne pas parler du passé, se concentrer sur le présent. Pourtant, aujourd'hui Remus avait brisé cet accord, en rappelant cette promesse que Sirius lui avait faite, il y a de ça une éternité.
Sirius remarqua l'embarra de Remus, voilà bien longtemps qu'il avait oublié cette promesse. Il n'aurait jamais imaginé que son ancien amant le rappel à cet ordre. Cependant, au vu de la réaction de son ami, il comprenait que cela lui avait échappé. C'était pourtant si agréable de repenser à ces doux moments échangés. La remarque de Remus n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Pour Sirius, si son ami se rappelait ce détail, c'est qu'il portait encore assez d'attention à leur relation passée. Il avait suffi d'une simple petite phrase innocente, pour raviver l'espoir dans le cœur de l'ancien prisonnier. La soirée qu'il avait prévu demain, serait parfaite pour se rapprocher de son ancien amant. Il serait là tous les deux, sans missions pour l'ordre, sans personne pour les juger et il pourrait user de ce temps précieux pour parler à leur guise.
En réalité, si l'animagus pensa organiser une fête pour son filleul dans un premier temps, il en était vite arrivé à la conclusion qu'il avait également une occasion parfaite de se rapprocher de Remus. Ainsi avait-il profité de l'occasion pour le coller d'office au chaperonnage de la soirée.
Remus et Sirius étaient restés tout ce temps immobiles, sans un mot dire, ils s'observaient tous deux. On sentait toute l'émotion des années passées dans leur regard. Sirius pouvait sentir l'odeur sucrée du chocolat que dégagé Remus. Certains détails ne changeaient pas, pensa-t-il. Il avait également remarqué que de nouvelles cicatrices avaient recouvert son cou. Il imaginait qu'il devait en être de même sur son corps. Merlin, que ce corps lui avait manqué durant toutes ses années passées à Azkaban. Il aurait tellement aimé pouvoir serrer contre lui cet être réconfortant qu'était Remus à cette époque. Maintenant il n'avait plus que des bribes de souvenirs d'un passé trop éloigné et un ami qu'il ne pouvait même plus toucher par peur de briser le peu qu'il leur restait. Imperceptiblement Sirius s'était rapproché de son ami, la main légèrement levée. Inconsciemment il désirait prendre le bras de Remus, le toucher pour sentir s'il était bien réel devant lui, ou si ce n'était qu'un mirage. Dans ce silence de plomb, on n'entendait que la respiration des deux hommes, ainsi que le tintement d'une pendule. Remus comprenait la détresse de son vis-à-vis, mais ne pouvait se résoudre à lui offrir plus que son amitié dans l'immédiat. C'est lui qui rompit le silence, de son habituelle voix calme.
- Je dois y aller Sirius. J'ai une patrouille qui m'attend. Mais je ne manquerais pas de te voir demain.
Sirius acquiesça d'un léger signe de tête alors que Remus tournait les talons vers la sortie. Il serait dur de se reconnecter à la mission après cet échange. Une raison de plus, qui faisait que Lupin ne pouvait se permettre de renouer avec Sirius. La réussite de l'Ordre devait passer avant son confort personnel.
