CHAPITRE 3

Sirius affairé par les préparatifs de la soirée, n'avait pas vu l'heure avancée qu'affichait la pendule. Molly Weasley qui, d'un coup de baguette, disposait les derniers plateaux de sandwich sur les tables, rappela l'organisateur à l'ordre. Les enfants allaient bientôt descendre et Sirius devait à tous prix se changer pour l'occasion. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de s'amuser pensa-t-il. Remus entra dans la pièce au moment où Sirius gravit les escaliers. Il interrogea Molly du regard, se demandant ce qui avait bien pu piquer la mouche. Molly lui expliqua qu'il était simplement parti se changer, pour être dans le ton.

À cette remarque Remus ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Alors qu'il aidait Mrs Weasley à installer les tous derniers préparatifs, il repensa à son ami, lorsqu'ils faisaient encore tous partie des Maraudeurs. Sirius avait toujours été très beau, c'était un fait. Les filles n'avaient d'yeux que pour lui. Remus se souvenait comment elles le dévoraient toutes des yeux, dans l'espoir de se faire un jour remarquer par le beau et mystérieux Sirius Black. À l'époque déjà cela amusait le loup-garou, car son ami n'avait jamais jeté son dévolu sur aucune de ses camarades. Bien sûr il savait user de ses charmes pour obtenir certaines faveurs, cela lui était surtout très utile pour créer des diversions lors de certains méfaits, mais il n'avait jamais accordé plus d'égare à ces jeunes filles. À croire qu'il n'avait jamais vraiment été intéressé par les femmes. Cela semblait assez logique pour le Remus d'aujourd'hui mais, à l'époque le Gryffondor ne comprenait pas comment Sirius pouvait rester si indifférent. Dès que Remus abordait le sujet, Sirius répondait vaguement qu'il les trouvait toutes insipides et sans inspirations. Il finissait toujours par conclure, qu'il n'avait pas besoin de distraction dans sa grande entreprise contre Servilus et qu'il avait tout ce qui lui fallait auprès de ses très chers amis les maraudeurs.

Au fond cette situation avait toujours plutôt arrangé Remus qui, même s'il n'osait pas se l'avouer à l'époque, adorait Sirius comme l'une de ses groupies, dont l'héritier Black préférait ignorer l'existence. Le loup-garou se rappelait à quel point cette période de sa vie était difficile. Il avait réussi à se faire accepter au sein d'un groupe d'ami qu'il aimait énormément et qui tenait également à lui. Pourquoi aurait-il dû tout risquer juste parce qu'il trouvait Sirius très charmant. Mais à mesure que les saisons avançaient, ses sentiments pour l'animagus ne s'estompaient guère. Au contraire il avait fini par comprendre qu'ils étaient bien trop forts pour continuer à être ignorés. Mais comme par un heureux enchantement, la situation avait fini par se clarifier.

Remus se souvenait du jour où il avait compris que ses sentiments étaient partagés. Il avait une fois de plus demandé à Sirius pourquoi il ne s'intéressait à aucune de ses filles. Et le jeune homme avait simplement insisté sur le fait qu'il n'avait vraiment pas de raison d'aller voir ailleurs, alors qu'il avait déjà tout ce qui lui fallait ici. Il avait regardé Remus droit dans les yeux tout du long de ses explications. Tout en subtilité et sous-entendu, un comportement qui ne ressemblait pourtant que peu à Sirius Black et malgré ça, Remus avait compris où il voulait en venir. Et dire qu'il n'avait cessé de lui répéter depuis tout ce temps et qu'il n'avait rien voulu entendre. Remus était censé être le plus fin d'esprit de la bande mais, sur ce coup-là, l'amour l'avait rendu complètement aveugle. Après cette déclaration, les deux garçons avaient fini par échanger leur premier baiser, engagé par Remus lui-même. Un premier baiser qui avait l'amertume du café associer à une subtile touche de cannelle. Une association qui aujourd'hui encore, rappelait à Remus, les souvenirs de son idylle passée avec l'ancien prisonnier. Leur délicat échange terminé, Sirius comme à son habitude ria de la situation, faisant remarquer à son ami à quel point il avait mis du temps à comprendre. Et tous deux s'étaient amusés des circonstances, s'esclaffant d'un rire franc, de ses rires qui envahissent tout notre corps et nous font du bien, le genre de rire qui reste graver en mémoire et qui sont parfois trop rares.

L'animagus avait fini par redescendre, revêtant une tenue des grands jours des plus élégante. Remus ne put s'empêcher de la détailler. Elle lui sciait à merveille. Décidément, même après toutes ces années passées en prison, Sirius n'avait pas perdu de sa beauté ni de son charme. Remus senti l'embarras le submerger, il appréciait vraiment de voir Sirius dans cette tenue. Ce qui ne l'aidait pas à garder les idées très claires malheureusement.

Alors que Molly Weasley s'était à son tour éclipsée pour appeler les enfants, Sirius s'approcha de son ami, un sourire malicieux pendu aux lèvres.

- Alors qu'est-ce que tu penses du roi de la soirée ? Il prononça ces quelques mots d'une voix plus suave qu'il ne l'aurait voulue.

Remus considéra un instant son ami avant de répondre à sa question, d'un air morne:

- Très en beauté, comme toujours...

Le petit groupe d'adolescent dévalèrent soudain les escaliers, tirant Remus et Sirius, de leurs pensées respectives et marquant le début des festivités.

...

La soirée avait débuté de manière calme, mais à mesure que l'heure avançait, l'atmosphère s'égayait. Sirius Black, qui avait géré l'ambiance musicale toute la soirée, profita du départ de Molly pour monter le volume et changer de style musicale, abordant un thème plus rock et plus dansant. Hermione, Ginny et Harry s'étaient retrouvés à danser au milieu du salon, dans des éclats de rires, alors que Ron préférait observer la scène, prétextant qu'il fallait bien quelqu'un pour surveiller les verres, au cas où une des créatures peuplant la maison leur chaparde. Les jumeaux Weasley quant à eux étaient un peu à l'écart. Ils avaient tous deux l'air de comploter et commencèrent à sortir tout un attirail, lorsque Remus, d'un air réprobateur, les obligea à leur donner ce qu'ils avaient en main. Les jumeaux s'exécutèrent non sans quelques protestations, avant de rejoindre le reste de l'assemblée pour faire la fête.

Sirius particulièrement dans l'ambiance, s'amusait avec les adolescents. Il leur faisait des démonstrations de pas de danse tous plus improbables les uns que les autres. Remus qui préférait rester à l'écart observait la scène, d'un œil amusé. Il n'avait pas vu son ami se réjouir autant depuis un moment. Il était sincèrement heureux de le voir ainsi en joie, pourtant il n'arrivait pas à se défaire de cette mélancolie qui l'envahissait depuis le début de la soirée. En fait, cette morosité ne l'avait pas quitté depuis qu'il avait abordé un sujet délicat la veille. Il s'en voulait d'avoir ramené le passé sur le tapis, c'était douloureux pour lui d'y repenser et cela devait en être de même pour Sirius.

Sirius, qui n'avait pratiquement pas quitté Remus des yeux de la soirée, remarqua une fois de plus l'air absent de son ami. Il ignorait ce qui pouvait encore se tramer dans son esprit, mais il était décidé à ne pas le laisser dans cet état alors que tout le monde s'amusait. L'animagus alla rejoindre Remus, qui avait plongé ses yeux sur les objets confisqués aux jumeaux et les observait, comme s'il s'agissait d'une relique précieuse. Sirius donna un petit coup d'épaule à son ami et le regarda droit dans les yeux dans l'espoir de trouver la réponse à ses questions. Remus afficha un sourire gêné. Sirius l'avait une fois de plus tiré de ses rêveries, qui devenaient assez fréquentes depuis quelques jours.

- Des Crèmes Canari. Je crois. J'ai entendu Fred et Georges en parler une fois. Une de leurs dernières créations. Je crois qu'ils avaient l'intention de tous nous transformer en poussin géant. Eluda Remus.

- On peut dire que ces deux là ne manquent pas de ressources. S'esclaffa Sirius. Il avait enfin réussi à faire apparaître un discret mais sincère sourire sur le visage de son ami. C'était un début pensa-t-il.

- Ils me rappellent parfois les idiots que l'on pouvait être à leur âge. Il faut dire qu'on avait de sacrée idées nous aussi, n'est-ce pas Sirius ?

- Oui et heureusement qu'on avait une certaine personne pour nous tirer des sales draps dans lesquels on se fourrait parfois.

- Parfois ?! Tu veux dire tout le temps ! James et toi vous étiez incorrigibles. Heureusement que j'avais de la suite dans les idées, sinon vous auriez passé votre scolarité en retenu.

- Dois-je rappeler à ce cher Moony qu'il était loin d'être le dernier à élaborer des blagues.

Sirius vit le visage de Remus s'éteindre à nouveau. "Moony", voilà un surnom que le loup-garou n'avait pas entendu depuis bien longtemps. Depuis l'arrestation de Sirius pour être exacte. Il était la dernière personne à l'avoir appelé ainsi et depuis qu'ils s'étaient tous deux retrouvés, l'animagus ne l'avait plus jamais appelé ainsi. Trop de souvenirs douloureux étaient associés à ce surnom.

...

Hermione qui observait Remus Lupin et Sirius Black depuis un moment ne put s'empêcher de faire remarquer à Harry, leur conduite qu'elle jugeait étrange.

- Dis Harry, tu ne trouves pas que Remus et Sirius se comportent bizarrement ces derniers temps ?

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Je ne sais pas, j'ai simplement l'impression que depuis quelques jours ils se trouvent gênés par leur présence mutuelle.

Harry se trouvait étonné par cette soudaine déclaration d'Hermione. Il savait Remus et son parrain très proches et ne comprenait pas très bien comment ils auraient pu se sentir mal à l'aise l'un envers l'autre. Il savait qu'ils avaient tous deux éludés leurs différents il y a bien longtemps et n'avait depuis, jamais semblait être en froid. Harry savait que les deux hommes comprenaient l'importance de leur amitié et n'auraient jamais risqué de la compromettre. Ils avaient déjà perdu beaucoup trop d'êtres chers aux fils des batailles.

- Gêné par leur présence mutuelle ? Répéta Harry interloqué. Tu veux dire comme lorsque Ron et toi vous retrouvez seuls tous les deux ? railla-t-il.

- Qu.. Quoi ?! Non ça n'a rien à voir... C'est juste que je me disais, peut-être se sont-ils disputaient, à propos d'une affaire importante pour l'Ordre. Je pensais juste qu'on pourrait tâcher d'en savoir plus...

Harry ne put s'empêcher de sourire face à l'embarras de son amie. Mais il devait admettre qu'elle n'avait pas tort, maintenant qu'elle lui avait suggéré, c'était vrai que les deux hommes semblaient peu à l'aise. Harry continua de les observer un instant, avant de se tourner de nouveau vers Hermione. Peut-être n'était-il pas si éloigné de la réalité. Ils partageaient une amitié sincère et profonde depuis tant d'année. Mais peut-être s'agissait-il de plus ?

- Tu sais Hermione, je crois que tu as tort. J'ai l'impression que ce qu'il se passe entre mon parrain et Remus est exactement comme toi et Ron.

- Quoi, c'est ridicule, je vois même pas de quoi tu parles !

- Ce que je veux dire c'est que j'ignore encore bien des choses sur les maraudeurs, ni Sirius, ni Remus ne sont très loquaces sur cette période. Peut-être étaient-ils vraiment proches...

Hermione compris soudain où Harry voulait en venir et fut étonnée de la perspicacité de son meilleur ami, vis-à-vis de la relation entre Remus et Sirius (et aussi, de sa relation avec Ron, bien qu'elle ne l'admettrait jamais). Un air triste se dessina sur son visage. Si les deux hommes avaient été amant, alors leur histoire était digne d'une véritable tragédie. Toutes ces années, éloignés l'un de l'autre à penser les pires atrocités. Comment pouvait-on survivre à cela ?

Alors que la jeune fille s'apprêtait à répondre à son meilleur ami, Ron revint les bras chargés de victuailles et la bouche également pleines, n'ayant pu s'empêcher de piocher en route. Les interrompant par la même occasion dans leur théorie.

- Alors qu'est-che que ch'ai manqué ?

- Hermione me disait justement qu'elle...

- Rien du tout ! coupa l'intéressée. Harry et moi on parlait juste de notre prochain devoir d'histoire de la magie.

- Oh encore un sujet passionnant à ce que je vois... Ajouta Ron.

...

La soirée touchait à sa fin, les adolescents remerciaient chacun Sirius pour sa bonne idée, avant de retrouver leur chambre respective. Remus commençait à ranger le désordre autour de lui, la musique continuait à tourner sur le vieux tourne disque présent dans la salle. Sirius avait profité du moment d'inattention de Remus pour changer de chanson. Il s'agissait d'un morceau de jazz, particulièrement propice à une danse à deux. Heureuse coïncidence, il s'agissait également du morceau favoris de Remus Lupin. Dès les premières notes, le loup-garou reconnu la beauté de la mélodie qu'il appréciait tant. Il sourit tendrement, ce morceau faisait jaillir tant d'émotion. Sirius s'approcha de son ami sans un mot dire, une main tendue vers lui, l'invitant à danser.

- Je crois me souvenir que c'est ton morceau préféré.

Remus hésita un instant. Il regardait la main de Sirius, qui attendait patiemment qu'on réponde à son invitation. Invitation que Remus fini par accepter. Après tout, Sirius lui devait une dernière danse. Tous deux, tendrement enlacés, comme il ne l'avait plus été depuis des siècles, ils se mouvaient délicatement au rythme de la musique. Sirius, plongé dans le coup de son ancien amant, pouvait sentir de nouveau le doux parfum propre à Remus, un mélange de chocolat et de livre. C'était une odeur si apaisante et il n'avait eu que peu d'occasion de la ressentir dernièrement. Remus, lui aussi perçut cette légère effluve de café et de cannelle qui lui rappelait tant Sirius. Le loup-garou ne put s'empêcher de sourire. Après toutes ces années, le café et la cannelle étaient toujours ce qui caractérisait l'homme qu'il était en train d'enlacer. Les deux amis était portaient par la mélodie, que rien ne troublait, ils étaient seuls comme si le temps s'était figé. Le monde extérieur, à cet instant, ne les inquiétait plus. Cet instant pouvait durer une éternité s'il le fallait, cela leur importait peu. Seul Sirius, dans un murmure, vint briser le silence de leur étreinte.

- Moony... Je suis désolé, j'aurais dû t'offrir cette danse il y a bien longtemps. Te promettre une danse pour le jour où nous habiterions enfin ensemble était tellement stupide et utopiste. C'était la guerre...

- Sirius, si tu n'avais pas fait cette promesse, nous n'aurions pas eu cette danse aujourd'hui. Et je ne peux me l'imaginer. Maintenant profitons encore de ces quelques minutes qui nous restent avant de retourner à la réalité.

Sur ces mots, Remus ferma les yeux. Il avait oublié à quel point il était agréable d'être enlacé par Sirius. Dans ses bras, le loup-garou avait l'impression d'être le trésor le plus précieux qui soit. Soudain Sirius se défit légèrement de l'étreinte de Remus, il devait voir son visage, forçant son ami à le regarder, il appuya son front contre celui du loup-garou. Il savait que cet instant partagé avec Remus était irremplaçable, mais il devait lui dire ce qu'il avait sur le cœur.

- Remus, je sais qu'il s'est construit un monde depuis que nous nous sommes perdu. Nous ne sommes certainement plus les mêmes. J'ai changé, la guerre, la prison, l'éloignement... J'ai changé... Pourtant, je n'ai jamais cessé de t'aimer. Je t'aime au point où te savoir tout près sans pouvoir te prouver mon amour, sans pouvoir te toucher, me tue... Je t'aime au point où il m'en devient même pénible de respirer, parce que je t'ai dans la peau Remus Lupin.

- Sirius...

- Non ! Laisse moi finir !

Sirius pouvait voir les larmes border les yeux de Remus, bien que ce dernier fuyait le regard profond de son ami. Toute cette douleur que sentait l'ancien prisonnier, toutes ses années qui lui avaient été volées, tout ce temps passé à payer pour les horreurs d'un autre et à se retrouver avec les détraqueurs. Tout ce temps qu'il n'avait pas eu avec Harry et Remus. Toutes les atrocités qu'avait pu imaginer Remus. Toute la souffrance qu'il avait dû ressentir aussi. Sirius avait accumulé tant de raisons d'en vouloir à la vie. Mais il ne voulait pas en vouloir à son plus cher ami. Il ne voulait plus lui en vouloir. Il devait savoir.

- Maintenant tu sais à quel point j'ai besoin de toi. N'essaie pas de m'arrêter, car je regarderais toujours dans ta direction. Je n'aurais de cesse de t'attendre, même si tu n'arrives même plus à me voir... Je n'aurais de cesse de t'attendre, car c'est bien la seule chose qui me reste.

Remus était d'un calme olympien, du moins en apparence, car tout son être bouillonnait de rage. À cet instant précis il en voulait tellement à son ami de lui avoir ouvert son cœur une nouvelle fois. Cette fois-ci les temps étaient différents, eux aussi étaient différents et Remus particulièrement. Il n'était plus la même personne. La guerre, l'avait mortifié. Il avait vu tellement de proche tomber au combat qu'il avait fini par devenir cet être froid et pragmatique. Il n'y avait pas de place pour l'amour dans sa vie actuellement, certainement pas pour aimer Sirius. S'il devait le perdre une nouvelle fois, il savait combien cela lui en couterait. Il devait garder ses forces morales et physique pour le combat. C'était au-dessus de leur simple petite existence. Il ne pouvait pas se permettre d'aimer Sirius. Non c'était trop dur. Et pourtant il savait qu'il ne pourrait pas complètement l'oublier. Sirius Black était encré dans sa peau, il avait été son premier amour. Celui qui l'avait à la fois fait grandir et détruit. Sirius était son plus cher ami et ils partageaient le même toit. Il ne pourrait jamais oublier cette part de lui-même. Mais il n'avait simplement pas la force de la faire prospérer.

Le long silence de Remus face à la déclaration de Sirius, indiqua à l'animagus que cette bataille là, il ne l'avait pas gagnée. Remus ne partageait plus ses sentiments, comme il aurait dû s'en douter. Merlin qu'il avait été stupide de penser un instant, qu'il pourrait envisager un avenir ensemble. Le visage de Sirius s'était soudainement éteint, comme si une part de lui-même l'avait quitté. Le temps était précieux, il devait désormais faire son deuil. Le pourrait-il un jour ? Remus et lui étaient liés, pas seulement par cet amour qui les avait unis, mais également par cette amitié profonde qui les caractérisait. Au moins, espérait il ne pas avoir perdu cette amitié.

- Sirius... Je suis désolé. Tu l'as dit toi-même, on a bien trop changé tous les deux. Je ne peux pas revenir en arrière c'est trop douloureux.

Remus caressa une dernière fois le visage de son ami, appréciant la finesse de ses traits dans le creux de sa main. C'était sa façon de dire au revoir à Sirius. De lâcher prise. Il avait se sourire chaud et réconfortant que Sirius lui connaissait tant. Même en de pareilles circonstances Remus ne pouvait s'empêcher d'essayer de le rassurer. Il n'avait pas tant changé, pensa Sirius, pourtant il acceptait le choix qu'avait fait Remus. Qui était-il pour juger.

Soudain, les deux hommes se retournèrent, ils entendirent le cliquetis de la porte d'entrée qui s'ouvrait. Une adorable frimousse auréolée de cheveux rose passa l'encadrement de la porte. Sirius ne put s'empêcher de noter le changement d'attitude de Remus, à l'arrivée de Tonks. Son visage irradiait. Son ami en était-il conscient ? Sirius en doutait. Alors, c'était donc de ça qu'il s'agissait, durant tout ce temps. Remus avait réussi à tourner la page, alors que Sirius n'avait jamais pu s'y résoudre. Il sentit son cœur se briser en milliers d'éclats, sous le poids de la perte. Pourtant, imaginer que Remus pouvait de nouveau être heureux, lui donnait un peu de réconfort.

- Oh non ! On dirait que j'ai raté la fête... Tonks s'arrêta et observa les deux hommes un instant, elle avait cette soudaine impression d'être de trop dans le paysage. Oh vous faites de ses têtes.

- Remus et moi on était en train de tirer à la courte paille pour savoir qui de nous deux aller tout ranger. Mais je crois ma chère cousine que tu arrives justement à point nommé pour la fête ! Tu vas ainsi pouvoir aider Remus à tout ranger puisqu'il a perdu le pari, pendant que moi je vais dormir d'un sommeil profond et réparateur. Bonne nuit !

Une fois de plus il s'en était sortie avec une pirouette. Il donnait cette impression vaporeuse de tout prendre à la légère. Mais Remus savait. Il savait que son ami était dévasté. Il savait que Sirius avait construit tous ses espoirs sur les ruines du passé. Et Remus se sentait responsable de cet anéantissement. Il ne pouvait pas blâmer Sirius de l'abandonner ainsi. Oui ils avaient tous deux énormément changé, mais il y avait encore certains traits qui perduraient chez eux. Remus observa l'ombre de Sirius s'éloigner, telle un mirage. Demain il le savait la vie reprendrait son court et cette soirée ne serait plus qu'un souvenir de plus affiché au tableau. Lointaine et sombre, il peinerait à démêler le vrai du faux et finirait par croire que tout cela n'avait été qu'un simple rêve long et laborieux.


Voici la fin du voyage. Je sais que ce n'est surement pas ce à quoi vous vous attendiez. Aussi restez dans les parages, je vous prépare quelque chose (mais je n'en dis pas plus). J'ai adoré écrire cette fanfic, pourtant il y a tellement de sentiments sur lesquels je n'arrivais pas à mettre de mot, tellement de blancs qui mériterait d'être comblés. Qui sait, dans quelques années je reviendrais peut-être et j'y ajouterais ce qu'il y manque. C'est vrai je ne suis pas complètement satisfaite, mais je suis loin d'être une écrivain, je devrais m'en contenter.

J'espère sincèrement que cette histoire vous aura plus. N'hésitez pas à me faire savoir ce que vous en pensez dans les reviews.

À bientôt j'espère,
Bleeding Coconut