L'heure de la rébellion a sonné. Et ça ne va pas plaire à tout le monde.
Bonne lecture ^^
Ils se tenaient tous quatre devant l'entrée de l'école Shibuya. Cet institut formait les gens possédant des pouvoirs, issus de longue lignée de sorciers avérés. Certaines familles étaient plus puissantes que d'autres et étaient considérées comme des élites. Et au-dessus de toutes, celle qui dirigeait l'endroit se tenait la famille Hiiragi. Ceux par qui les Ichinose étaient tombés en disgrâce après avoir été au premier rang. Tout ça à cause d'une stupide histoire d'amour entre leurs ancêtres cinq siècles plus tôt. Parce qu'un Hiiragi n'avait pas supporté de ne pas être le vainqueur. Il avait humilié celui avait remporté l'amour d'une Ichinose et elle-même. Depuis, tout le monde les déconsidérait. Mais à partir de maintenant … tout allait changer.
Guren fut le premier à avancer. Il marchait d'un pas assuré, sa jumelle à ses côtés suivis par leurs aides. Les étudiants déjà présents les remarquèrent bientôt.
« Vous les avez vus ceux-là ? »
« Oui, le symbole sur leur badge n'est pas celui des Hiiragi. »
« Ah mais au fait c'est cette année. C'est les Ichinose ça ! »
« Baaaah ! Ceux qui n'ont aucun pouvoir véritable se permettent d'entrer dans notre école. »
Aucun des concernés ne tint compte de ces commentaires, pas plus que des expressions de dégoût à leur encontre. Un étudiant ouvrit alors une canette de soda et la lança droit sur Guren. Ce dernier la regarda venir d'un air neutre. Miyuki saisit l'objet en plein vol, sans en répandre une goutte. Elle tourna ensuite un regard incendiaire vers le responsable. Elle jeta un sort à la canette, destiné à la faire exploser.
« Allons sœurette. Ne nous faisons pas remarquer dès le premier jour. » dit Guren d'une voix suave.
Miyuki considéra la chose sans quitter l'élève des yeux. Finalement, elle désactiva son sort puis jeta le soda dans une poubelle.
« Non mais … vous les avez vus ces minables ? »
« Quelle arrogance. »
« Attendez un peu que les Hiiragi s'en occupent vous allez voir. Ils feront moins les fiers. »
« Ouais on va se marrer. »
Entendant cela, Guren ne cacha pas un sourire sarcastique. En effet, ils allaient rire. Plus loin, le brun aperçut un jeune de son âge pas loin de l'entrée du bâtiment. Il possédait des cheveux presque blancs, et affichait un mince sourire. Et un talisman blanc entre les doigts. Guren ne prit même pas la peine de s'arrêter. Mais il plaça un bras devant sa sœur pour qu'elle ralentisse. Un éclair de lumière fusa vers le brun. Un sort des Hiiragi. Au vu de sa vitesse, Guren put juger de sa force. Pas mal, sans doute un membre de cette famille. Pour autant, le jeune ne ralentit pas d'un millième de seconde. Il avançait parfaitement confiant. Il pouvait esquiver, contre-attaquer, ou laisser l'atteindre.
Le sort l'atteignit avec un son de cloche. Derrière, Sayuri émit un son de peur. Guren stoppa un instant.
« Oh wow ! Impressionnant je n'ai senti qu'un courant d'air. » se dit-il.
Shigure et Sayuri bondirent devant lui, Shigure deux kunais dans chaque main. Mais leur maître les écarta.
« Inutile. » dit-il doucement.
Guren reprit sa route en direction de son attaquant. Il aperçut son expression de surprise. Guren passa sans lui prêter attention, contrairement aux filles lui retournèrent un regard incendiaire.
« Mais qu'est-ce … » fit le jeune aux cheveux blancs.
Guren sourit en l'entendant essayer de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Lui marchait tranquillement dans les couloirs, ignorant totalement les autres étudiants qui murmuraient sur leur passage. Mais il était très content de tester sa résistance. Il attendait la suite avec impatience. Finies les humiliations auxquelles son nom le promettait. Ils arrivèrent bientôt en vue de leurs classes respectives. Sayuri était en classe 1, Shigure en 2.
« Bien, je vous laisse ici. » déclara Sayuri un peu angoissée.
« Ne t'inquiètes pas, je vous protègerais toutes les deux même à distance. En attendant soyez discrètes. » informa Guren.
« Guren-sama. » fit Sayuri en prenant de la couleur.
Ils la laissèrent là, puis quittèrent Shigure et enfin arrivèrent dans la classe 9. Miyuki prit place à une table de distance de son frère. Elle s'assit tranquillement, croisant les doigts de ses mains et y posant le menton. Elle partit dans une observation de la salle de classe pendant que les autres étudiants prenaient place. Elle nota la présence de la représentante de la Maison Jujo, avec ses cheveux roux, prix que son ancêtre avait payé pour sa gloire. Un des Goshi était présent également, ainsi qu'une Sanguu. Des familles renommées. Et de potentielles victimes pour son jumeau. Les autres étudiants semblaient s'offusquer de l'attitude de ce dernier.
Pour l'heure, Guren se tenait jambes tendues mains derrière la nuque, le regard vers la fenêtre. Finalement l'enseignante fit son entrée, et il reprit une position normale.
« Bonjour à tous. Je suis Aiuchi Saia ravie de vous accueillir à l'école Shibuya, et suis persuadée que tout le monde passera une riche année ici. Nous avons aussi le déplaisir d'accueillir parmi nous deux rats, et je crains bien que les élites d'ici ne doivent se charger de leur montrer la dignité de cette école. » lança-t-elle.
Les élèves ricanèrent. Mais Guren lui … afficha une sourde colère. Soudain, une effroyable aura magique se répandit telle une vague dans toute la classe. Les rires s'étranglèrent dans les gorges, laissant place à une expression choquée sur tous les visages. Cette force invisible fit tomber une chape de plomb sur la quarantaine d'élèves présents. Chacun put se sentir pris dans un étau. Même l'enseignante en était muette. Seule Miyuki affichait un sourire moqueur, la magie de son frère l'épargnant. Les yeux améthystes fixés sur la professeure, Guren rétracta sa force et la dirigea vers elle. L'enseignante se retrouva à reculer jusqu'au tableau.
« Excusez-moi ? » fit Guren.
Son ton de voix était chaud, et soyeux. Ce qui rendit encore plus terrible ce qui se passait. Les prunelles violettes, glacées étaient concentrées sur la femme. L'aura magique qui la clouait sur place devenait à présent mortelle. Nul doute qu'au moindre mot de travers il la tuerait dans la seconde. La porte de la classe s'ouvrit, mais personne ne fit attention. Le nouveau venu examina avec surprise la scène devant lui. Il sentait comme tout le monde cet air dangereux, froid et malsain qui planait.
« Comment nous avez-vous appelés ? J'ai certainement dû mal comprendre. »
Le nouvel arrivant reconnut immédiatement la personne qui se permettait de parler ainsi à l'enseignante. Cette dernière paraissait maintenant terrorisée.
« Oi Guren ! Rappelle-toi ce que tu m'as dit en arrivant ici. » fit soudain une voix féminine.
Guren eut un sourire moqueur, puis doucement il rétracta sa force indiquant par là qu'il ne baissait pas la garde. Un affreux silence s'installa. Le jeune homme à la porte prit une inspiration et entra.
« Shinya-sama ! B-bienvenue dans ma classe ! » s'exclama Saia, soulagée de cette diversion.
Le dénommé Shinya se contenta d'un signe de tête, puis approcha de l'élève située entre Guren et Miyuki.
« Puis-je m'asseoir ici ? » demanda-t-il.
L'enseignante allait protester quand elle vit Guren lui retourner un regard noir. Les mots moururent dans sa bouche.
« Ou-oui bien sûr. » répondit l'étudiante.
Elle bondit hors de sa chaise, manifestement heureuse de quitter sa place. Shinya prit place, un peu mal à l'aise. Ce n'était en rien ce à quoi il s'était attendu. Il jeta un regard en coin à son voisin. Ce matin, il l'avait attaqué dans le but de connaître sa force. Or Guren avait simplement eut l'air de prendre un courant d'air en pleine figure. Pourtant, le sort aurait dû l'envoyer valser. Et là en arrivant, cette puissance plus que palpable … il sentit des frissons dans le dos. Quelque chose venait d'entrer dans cette école, et personne n'aurait pu s'y attendre. L'enseignante débuta son cours.
« Hey. » osa enfin Shinya à l'attention de Guren.
Pas de réponse.
« Hey Ichinose Guren. » reprit Shinya à voix basse.
Le brun tourna un œil sur le côté, avant de finalement tourner toute la tête. Shinya fit face à une paire de prunelles d'un beau violet qui le regardait sans animosité, et un visage neutre. Difficile à croire après ce qui venait de se passer.
« Je peux t'appeler Guren ? » s'enhardit-il.
Guren le fixa sans dire un mot. Voilà qui n'était pas fait pour le mettre à l'aise.
« Que veux-tu ? » dit-il enfin.
« Eh bien … je me demandais comment tu avais pu encaisser mon attaque de tout à l'heure. »
« Comme ça. » fit simplement Guren.
Shinya afficha une mine perplexe. Ouais.
« Mais c'était réellement impressionnant. J'ignorais que les Ichinose étaient si forts. » continua Shinya.
« Et ? »
Shinya le dévisagea. La conversation n'était pas aussi simple qu'il l'avait espéré. Rien ne se déroulait comme il l'avait imaginé. Le blond l'avait imaginé fort, pour que Mahiru le choisisse. Mais c'était au-delà de ce qu'il avait cru. Et encore, ce n'était certainement là qu'un échantillon.
« Eh bien, je me demandais si en fait nous ne pourrions pas être amis toi et moi. Vu que l'on a un ennemi en commun, à savoir les Hiiragi. » lança finalement Shinya.
Il vit alors Guren hausser un sourcil.
« Je t'assure. Tu vois, je suis en réalité un fils adoptif. Toute ma vie j'ai été éduqué de manière à convenir à cette famille. Et malgré cela, ce n'est jamais assez. Je suis toujours considéré comme un cafard. »
Guren avait entendu des rumeurs sur ce procédé. Les Hiiragi sélectionnaient des enfants spéciaux, puis les élevaient et le meilleur était choisi pour épouser un des leurs. Voici donc l'un d'eux en face de lui.
« Dans mon cas, j'ai été choisi pour être le fiancé de Mahiru. » annonça Shinya.
Les flammes qui dansèrent un instant dans les yeux de Guren inquiétèrent encore plus l'adolescent. Peut-être devrait-il laisser tomber en fin de compte.
« Je suis content pour toi. » dit Guren avant de tourner la tête.
« Mais on ne ressent rien l'un pour l'autre. Tiens tu savais qu'elle était aussi dans cette école ? En tant que représentante des première année ? » reprit Shinya.
« Tu es pénible, tu le sais ça ? » lança Guren.
« Qui moi ? J'essaie simplement d'avoir une conversation avec un camarade de classe. » fit Shinya avec un sourire.
En tout cas, Guren paraissait franchement ennuyé. Mais tout s'expliquait à présent : il l'avait attaqué dans le but de le tester, et tentait visiblement de le connaître. Sachant que les Ichinose étaient maltraités ici, il pensait sans doute s'en faire un allié. Cependant, ce Shinya envisageait-il réellement de se rebeller contre cette famille ? L'enseignante annonça qu'il était temps pour la classe d'assister à la cérémonie d'entrée à l'auditorium.
« Bien. Allons donc assister à l'oraison de notre déesse commune qu'en penses-tu Guren ? » fit Shinya en se levant.
« Garde tes distances. » lança-t-il, son aura redevenue froide.
Tous les élèves se levèrent, et tous se tournèrent vers Guren qui marchait vers la sortie, Miyuki sur ses talons. Shinya regarda la classe, pour remarque que personne n'osait s'approcher de lui. Ils lui laissaient tous la priorité, signe qu'il s'était passé quelque chose qui les avait clairement impressionnés. Shinya sortit à son tour, les yeux rivés sur la silhouette devant lui la tête pleine de réflexion. Il était sûr que ce gars-là manigançait quelque chose. Il n'avait pas hésité à menacer une enseignante. Clairement il ne souhaitait pas courber l'échine contrairement à ce que l'on attendait de lui. Shinya se demanda si Mahiru savait. Si elle était courant qu'il détenait une grande puissance.
En tout cas, l'année scolaire promettait d'être intéressante. Shinya entra dans l'auditorium et s'assit quelques rangs devant Guren. Lorsque tous les élèves eurent pris place, le principal commença son discours. Shinya ne parvint pas à se concentrer sur ses paroles. À la place, il sentit son attention se concentrer à nouveau sur Guren. Presque malgré lui, il se retourna. Il nota la présence de la jeune fille à côté de lui.
« Des jumeaux ! Mais je croyais que les Ichinose n'avaient qu'un seul enfant. » pensa-t-il.
Shinya l'observa. Elle rivalisait sans peine avec Mahiru pour la beauté. Était-elle aussi puissante que son frère ? Peut-être pourrait-il s'adresser à elle pour connaître Guren. Il vit quelqu'un derrière le brun tapoter l'épaule du garçon.
« Hé … I-Ichinose Guren. »
Ce dernier se retourna avec lenteur, découvrant une rouquine. Elle déglutit puis reprit la parole.
« J'ai une question pour toi. » dit-elle.
Guren la fixait droit dans les yeux.
« T'étais pas censé être le seul rat des Ichinose ici ? » dit-elle enfin.
« Elle a dit quoi là, Poil de Carotte ? » intervint alors Miyuki.
Son aura était clairement agressive. Forte, très forte, mais pas aussi écrasante que celle de Guren. La rouquine se raidit.
« Qui traites-tu de rat, cheveux rouillés ? » lança Guren.
De nouveau, cette sensation oppressante. La jeune fille pâlit et resta bouche bée.
« Écoute-moi bien toi : si jamais je t'entends encore insulter quelqu'un de ma maison … je te désintègre au sens propre. » avertit Guren.
« À condition qu'il reste quelque chose de toi après que je me sois occupée de ton cas. » ajouta Miyuki.
Il lui tourna ensuite le dos dans un geste de mépris total. La jeune fille derrière, qui ainsi que le reconnut Shinya était membre des Jujo, retomba contre le dossier de sa chaise, apparemment soufflée. Shinya se retourna avec l'expression de celui qui émet un sifflement impressionné. Il n'avait pas entendu leur conversation, mais pour qu'ils arrivent à clouer le bec d'une élite c'est qu'ils en avaient les moyens. Vint enfin le discours de Mahiru. Cette dernière s'avança sur l'estrade. L'auditoire devint silencieux. La jeune fille fit face à la foule derrière un pupitre. Elle était telle que dans les souvenirs de Guren : gracieuse, digne, bienveillante. Shinya se tourna de nouveau vers Guren.
« Snif snif ? Pourquoi ça sent le démon par ici ? » demanda soudain Démétriel.
Les yeux de Guren s'arrondirent.
« Le QUOI ?! » demanda-t-il en insistant sur le dernier mot.
« Le démon. Tu peux le sentir toi aussi. Je t'assure qu'une personne dans cette salle est possédée par une entité démoniaque. »
Shinya observait Guren renifler l'air. Mais qu'est-ce qu'il fabriquait au juste ? En tout cas, il afficha une expression choquée.
« C'est pas vrai … Mahiru est possédée par un démon ? » reprit-il.
« Affirmatif. Si elle avait été seulement en contact, ce serait différent. Mais quand un humain sent le démon, c'est qu'il en a un. En ce qui concerne ta copine, elle sent drôlement fort. » continua la Contradiction.
« Tu peux la guérir ? » s'enquit Guren.
« Probablement. Il faudra que je l'examine pour être sûre. »
Miyuki adressa un regard interrogateur à son frère. Ce dernier chuchota à son oreille, et Shinya vit la même expression se former sur son visage. Elle tourna ensuite le regard vers Mahiru, peinée. Puis elle ferma les yeux, concentrée. Un instant après, elle hocha la tête en direction de son jumeau, qui pour le coup eut l'air contrarié.
« Ces deux-là ont senti quelque chose chez Mahiru. » pensa Shinya.
En tout cas, le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils avaient piqué son intérêt. Mahiru acheva son discours. Les applaudissements qui suivirent firent sursauter Shinya, qui applaudit avec retard.
Les classes regagnèrent leur salle.
Durant l'après-midi commença l'apprentissage des sortilèges. Chacun en connaissait déjà une partie, mais d'autres étaient réservés à l'enseignement. La professeure dessina plusieurs symboles au tableau, et demanda aux élèves de réaliser des combinaisons. Chacun plancha sur sa copie. L'enseignante marchait entre les rangs, quand elle remarqua les jumeaux Ichinose le nez en l'air. Toujours impressionnée par la mise en garde de Guren le matin, elle décida de s'en prendre à sa sœur.
« Je vois que certains ici se croient dans un salon de thé. Voulez-vous des petits biscuits ? » cingla l'enseignante.
Les élèves tournèrent la tête, moqueurs. La femme se retrouva soudain le nez sur une feuille. Miyuki venait de noirci une page avec toutes les combinaisons possibles avec les symboles donnés. L'adulte les examina, notant qu'elles étaient toutes justes.
« Il n'empêche, vous ne devez pas perturber le cours, miss Ichinose. » lança-t-elle.
« En quoi le fait d'être silencieuse perturbe-t-il votre cours ? » demanda-t-elle d'une voix douce.
Plongée dans un livre de sorts avancés, elle ne leva même pas le nez de sa lecture.
« Votre attitude désinvolte ne vous conduira pas loin, je ne le tolèrerai pas sachez-le ! » s'exclama l'enseignante.
« Désinvolte ? Parce que j'ai été rapide et que je m'avance ? Voilà une curieuse idée. » continua Miyuki, en tournant une page.
« Voulez-vous bien me regarder quand je vous parle ! » reprit l'adulte.
Elle tenta de saisir son livre, mais Miyuki le mit hors de sa portée. La prof tenta alors de lui saisir le bras. En temps ordinaire, elle était rapide. Trop pour un élève. Pour un élève ordinaire. Mais la brune le fut davantage grâce au sang de la Contradiction et lui saisit le poignet.
« Inutile de vous énerver après moi. Je ne fais rien qui dérange qui que ce soit. » reprit Miyuki d'un ton serein, son autre main soutenant son visage.
L'aura de Guren explosa soudain dans la salle. Tout le monde mit une main à sa gorge pendant un court instant, avant que cela soit à nouveau dirigé vers la responsable.
« Ça suffit. » dit-il d'une voix tranchante.
Miyuki relâcha le bras de l'adulte d'un geste brusque. Cette dernière recula, puis s'en alla du côté du tableau. La pression disparut, laissant les jeunes et l'adulte à bout de souffle.
« Vous deux … » dit Saia.
« Silence. » claqua Guren.
Craignant qu'il ne passe véritablement à l'action, l'enseignante préféra garder le silence. Si le ton de sa voix n'était pas menaçant, son regard lui l'était clairement. La puissance de ce gosse était anormalement élevée. Sa sœur possédait elle aussi une grande force pour son âge et sa classe. Saia hésitait à rapporter ces incidents aux Hiiragi. N'allait-on pas se moquer d'elle et la rabrouer pour ne pas savoir gérer deux misérables Ichinose ? Elle serait la risée de tout le campus. Aussi préféra-t-elle s'asseoir pour le moment.
Le reste de la classe termina l'exercice, et Aiuchi dispensa le corrigé. Elle passa ensuite à une autre leçon. Saia remarqua que tant qu'elle ignorait les deux Ichinose, ils ne causèrent plus de problème. La première journée s'acheva ainsi, avec pour tout le monde la leçon qu'il ne fallait pas irriter les Ichinose, en particulier le fils. Les jumeaux retrouvèrent leurs aides et firent route ensemble.
« Tout s'est bien passé ? » interrogea Guren.
« Ils ont tenté de me rabaisser, mais ont paru surpris de sentir ma force. » informa Shigure.
« Et toi Sayuri ? » demanda Miyuki.
« Pareil … mais j'ai mis un moment à oser leur montrer que je n'étais pas faible. » répondit-elle.
« Tu ne dois pas hésiter. Il est impératif qu'ils comprennent dès maintenant. » lança Guren.
« Oui Guren-sama. »
Ils arrivèrent à leur logement. L'appartement loué pour eux était vaste et comprenait cinq chambres. Mais les Ichinose avaient également loué l'étage en dessous et au-dessus par précaution. Toutefois, Guren regarda ses aides avec une expression contrariée.
« Oi vous deux. Pourquoi vous êtes dans la même partie que moi ? »
« Nous sommes censées assurer votre protection Guren-sama. Même si avec votre nouvelle force vous n'en avez plus besoin. » répondit Shigure.
« En effet, alors du balai. » lança Guren.
« Mais … Miyuki-sama reste donc ici ? » fit Sayuri.
« Elle c'est ma sœur, elle ne sera pas dans mes pattes comme vous deux. » rétorqua Guren.
« Hé ho, un peu de considération pour tes serviteurs tu veux ? Elles ne nous gêneront pas. » intervint Miyuki.
« C'est trop gentil de votre part Miyuki-sama. » sourit Sayuri.
« Bon bon, faites comme vous voulez. » céda Guren.
Chacun entreprit de déballer ses affaires. Guren lui, s'en alla dans une autre partie de la maison aménagée en salle d'entraînement. Il souhaitait avoir une conversation avec Démétriel au sujet de Mahiru. Il appuya sur le bouton de l'ascenseur. Une autre personne arriva derrière lui. Il annonça se rendre au vingt-septième étage. Mais alors qu'il entrait dans l'ascenseur après l'individu, il sentit sa locataire s'agiter. De plus, l'étage choisit par l'homme inconnu n'était pas éclairé sur le tableau.
Guren bondit hors de l'ascenseur et fixa l'homme.
« Seriez-vous un assassin par hasard ? » lança-t-il.
« Eeeeh bien … quel réflexe. Rien de moins de la part du futur chef des Ichinose.» sourit l'homme.
Guren huma l'air un instant.
« Que peut bien me vouloir un vampire ? » lança Guren.
Il vit la stupeur passer dans les yeux de son adversaire.
« Vampire moi ? Allons je suis si effrayant que ça ? » plaisanta-t-il.
« Vous sentez le vampire. » répondit Guren.
Là, son interlocuteur afficha une expression sérieuse. Comment un simple humain pouvait-il percevoir son odeur ?
« Toi … tu es humain sans l'être. Comment est-ce possible ? »
« Oh je suis quelqu'un de compliqué. » fit Guren.
L'inconnu parut sortir quelque chose de sa poche. Un sortilège avec des chaînes. Quelle meilleure occasion que de tester son épée. L'adolescent balaya les chaînes enchantées d'un geste si vif qu'il en était presque invisible. Ses propres chaînes jaillirent dans un flash de lumière, emprisonnant le vampire.
« Argh ! Qu'est-ce que c'est que ça ? » s'exclama son adversaire en sentant les maillons d'or le brûler.
« Bien. Maintenant que vous êtes calmé répondez-moi. Je doute que les Hiiragi vous ai envoyé, témoin les sorts sur vos chaînes. Ils ne leur sont pas familiers. Voyons … de la Cabbale, un brin de druidisme … magie de l'Europe de l'Est tout ça. » reprit Guren.
« … »
Guren approcha davantage de l'homme et le regarda droit dans les yeux.
« Eh bien ? Vous voulez quoi ? » reprit-il.
Il vit que son adversaire tentait de se libérer. Guren resserra les chaînes au point de lui couper la respiration.
« Je t'ai posé une question vampire, si tu ne me réponds pas dans la seconde … je te dévore. » reprit Guren.
Ses yeux avaient changé. De l'or cerclait sa prunelle et sa pupille était dorée. L'inconnu perçut une force tout autour, quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Ce n'était pas normal, personne ne lui avait parlé de ça … ce gosse, il … il n'était pas à 100% humain. Guren ouvrit légèrement la bouche, et une fumée noire s'en échappa. Cela puait la mort.
« Je … »
Guren attendit, sans bouger.
« Je suis … envoyé par la secte Hyakuya. » capitula son prisonnier.
« Pour quelle raison ? »
La voix … Guren n'avait pas remué les lèvres. De plus, une voix féminine résonnait avec la sienne. L'adolescent connaissait cette secte, large et puissante qui avait fourni de l'aide à bien des politiciens. Mais ce qu'elle faisait … des kidnappings, des meurtres et des expérimentations humaines la classait comme à éviter comme la peste.
« J'étais venu te proposer une alliance. J'ai fouillé ton passé, mais il est évident que quelque chose m'a échappé. Tu n'étais pas censé … censé être comme ça. » avoua le vampire.
La fumée qui s'échappait de la bouche de Guren commença à s'enrouler autour du vampire. C'était froid, glacé, surgelé. Cela sentait le tombeau. Un grondement caverneux résonna.
« Pas intéressé. » lança Guren de sa curieuse double voix.
« J'imagine oui. Bien, et maintenant ? » reprit l'homme.
Guren le dévisagea durant quelques secondes, immobile comme une statue.
« Hyakuya … une horrible organisation. Porte-leur un message de ma part. » dit-il enfin.
La fumée se rétracta.
« Les Ichinose ne courberont plus jamais la tête. Les jours des Hiiragi sont comptés, et si j'en viens à croiser votre route … je vous écraserais. »
Soudain, Guren tira son adversaire hors de l'ascenseur et le jeta contre une fenêtre. Le vampire passa au travers. L'adolescent entendit ensuite des pas familiers.
« On dirait que Démétriel a pris possession de ton corps. » devina Miyuki.
Elle était armée de son arc de prêtresse et d'un carquois. Ayant senti la tension de son aîné elle était venue aux nouvelles. Puis remarquant qu'il n'avait besoin de nulle aide, elle s'était tenue cachée.
« Je crois aussi. » répondit simplement Guren.
Ses yeux et sa voix avaient repris leur aspect habituel.
« Que peut bien faire un vampire avec les Hyakuya ? » reprit la brunette.
« Aucune idée et je m'en fiche. Mais ils ont signé leur arrêt de mort en m'envoyant un assassin. » fit Guren.
Il fit volte-face pour regagner sa chambre. Il était satisfait de son essai : son épée avait détruit toutes les chaînes en même temps, et il avait expérimenté une possession par Démétriel. Toute la puissance qu'elle renfermait était purement enivrante. Guren était à présent convaincu qu'il pouvait renverser les Hiiragi, et tous les autres.
« Au fait, que penses-tu de ce Shinya ? » reprit Miyuki.
« En dehors du fait qu'il parle trop ? »
« Oui. Quelqu'un qui peut espionner les Hiiragi peut être utile. Et si vraiment il les déteste, ce sera un allié. » répondit Miyuki.
« Mouais … mais comment savoir s'il est digne de confiance … » se demanda Guren à haute voix.
« Utilise mes yeux. Je vois dans les âmes, tu l'as constaté lors de notre rencontre. » intervint la Contradiction.
Aaaah oui, ainsi il connaîtrait les véritables intentions de tout un chacun. Intéressant.
