Bien conscient des dangers qu'il encourrait, Rumple décontracta légèrement ses phalanges autour du manche de la lame maléfique.

Pour que le baiser d'amour véritable opère, il ne pouvait contraindre la Ténébreuse à l'embrasser. C'était un acte qui devait être choisi délibérément par l'hôte. Même si, inconscient des conséquences, comme il l'avait été dans la Forêt Enchantée.

La Noirceur pouvait maintenant ériger autant de barrière qu'elle le souhaitait et ne perdit pas une seconde pour passer à l'attaque.

Cependant, Belle fut encore plus rapide. Ses lèvres lilas s'écrasèrent littéralement sur celles du seul être qui avait la capacité de la sauver des Ténèbres. Le héros au c?ur le plus pur qui ait jamais existé. Celui qui avait retiré Excalibur de son rocher. Celui qui était prêt à se sacrifier par amour. Qui avait affronté Hook pour sauver la ville. Qui avait tenté de la protéger en l'envoyant de l'autre côté de la frontière. Qui l'avait délivrée de la cellule capitonnée sous l'hôpital. Qui avait accepter de partager sa sentence et de vivre en reclus avec elle. Qui avait failli mourir de froid pour elle. Qui avait braver la clique des hypocrites qui contrôlaient la ville. Qui avait mis ses connaissances ésotériques approfondies à sa disposition. Qui l'avait épaulée et accompagnée sur le chemin de la rédemption. Qui risquait sa vie pour qu'elle recouvre son libre-arbitre et qu'elle puisse être la seule à décider de son destin.

SON HÉROS !

Elle passa ses bras autour de son cou et il enserra sa taille, la maintenant tout contre lui.

Les Ténèbres en elle se mirent à feuler, se démenant pour prendre le dessus et rejeter la menace qui pesait sur leur existence.

Le c?ur battant à tout rompre, Rumplestiltskin répondit ardemment au baiser de la Princesse d'Avonlea. SA princesse courageuse. Celle qui avait défié le Mal dés son apparition dans sa vie. Celle qui donnait un sens à son existence. Celle qui avait été la petite étincelle dans un océan de noirceur. Qui avait ravivé son âme en hibernation. Qui avait su voir l'être humain derrière la Bête. Qui avait permis à l'organe qui palpitait à peine dans sa cage thoracique de renaître de ses cendres. Qui lui accordait le droit de se sentir Homme. Qui lui avait octroyé plus de chances qu'il n'en mériterait jamais. Qui lui avait pardonné l'impardonnable. Qui concevait sa bravoure quand il pensait n'en n'avoir aucune. Qui avait endossé la Malédiction en lui sauvant la vie. Qui combattait sans relâche le Monstre dévoreur d'âmes. Qui l'aimait malgré tous ses défauts. Qui le réconfortait au c?ur de la nuit. Qui avait aidé Bae à le sortir du caveau originel. Qui croyait en ses talents métaphysiques et en son expérience de mage. Qui remettait son avenir entre ses mains. Qui avait foi en lui quand personne d'autre ne l'avait jamais envisagé.

L'Essence Démoniaque rugit de plus belle et se déchaîna, luttant contre l'assaut de la plus puissante de toutes les magies. Une magie aussi blanche que celle qui s'agrippait à la jeune femme était noire.

A court de souffle, Rumplestiltskin relâcha légèrement la pression de leurs corps, serrés l'un contre l'autre.

- N'arrête pas. Embrasse-moi encore. Ça marche, chuchota-t-elle contre sa bouche, avant de happer avidement ses lèvres entre les siennes, qui tournaient de la teinte mauve à bordeaux.

Sa peau, et bientôt son corps tout entier, se mirent à picoter.

Chacune de ces cellules grésillaient.

Lacey tenta de reprendre le contrôle et de s'imposer, mais l'amour de Belle était bien plus puissant que la simple attirance qu'elle ressentait pour Rumple.

La jeune femme sentit sa tête se mettre à tourner. Du manque d'oxygène ou de la bataille qui rageait en elle, elle l'ignorait.

Rumple, lui, n'en n'avait cure. Il ne rendrait pas les armes tant qu'il ne serait pas certain d'avoir réellement libérée son véritable amour des chaînes du Mal.

Il pouvait sentir contre son torse, les palpitations frénétiques du c?ur de son épouse qui battait de manière aussi erratique que le sien.

Le chaos devait prédominer dans le corps et l'esprit de sa princesse courageuse.

Il se concentra sur les sentiments qu'elle lui inspirait et injecta tout son amour dans les baisers qui mêlaient leur langues l'une à l'autre pour qu'il transcende la Vilenie qui s'était incrustée en elle.

Il prit à peine le temps d'inspirer une nouvelle goulée d'air, avant de retrouver le chemin des lèvres de Belle, aussi douces et goûteuses que dans ses souvenirs, à présent.

Elle avait la sensation d'être aspirer dans un typhon, sans plus aucune possibilité pour se repérer, si ce n'était le sang qui pulsait dans les veines du cou de son mari sous ses pouces.

Elle dû atteindre l'?il du cyclone car il s'estompa et tout à coup, la tempête cessa en elle !

L'ouragan essoufflé, seule l'exhalation provoquée par la proximité de l'homme qui détenait réellement son c?ur, agitait ses sens.

Le silence régna en maître dans sa conscience et dans son inconscient. C'était comme voguer sur un lac aux eaux calmes et limpides, poussé par les alizés. Elle était seule au commande !

Rumple perçut un sourire naissant au coin de sa bouche, alors qu'elle continuait de répondre à ses baisers.

Après plusieurs minutes, ils se séparèrent légèrement, pantelants.

Leurs regards plongèrent l'un dans l'autre. Ses iris marron se perdant dans ses prunelles bleu-lagon.

- Belle, souffla-t-il avec joie et soulagement.

Haletant, il posa son front contre celui de la jeune femme, sans cesser d'observer ses pupilles dilatée par la passion et d'admirer le visage parfait de la femme qu'il avait épousé. Ses joues étaient teintées de rose et ses lèvres framboise charnues, gonflées par l'échange de leurs baisers.

- Je suis là, acquiesça-t-elle dans un murmure, le souffle court, elle aussi. Grâce à toi.

- Deux précautions valent mieux qu'une, décida-t-il avant de reprendre là où ils s'étaient arrêtés.

Le rire cristallin de Belle était pure mélodie à ses oreilles avant que leurs lèvres et leurs langues se joignent à nouveau dans une danse passionnée.

Sans décoller sa bouche de la sienne, elle l'entraîna vers la porte qui donnait sur le couloir, la dague à la lame de métal ondulé, qui ne portait plus aucun nom, gisant sur le plancher, oubliée et pas plus offensive que n'importe quel autre coutelas.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'étonna-t-il.

- Ce que je meure de ne pas faire depuis des mois, répondit-elle entre deux baisers.

Man?uvrant à l'aveuglette, elle l'attira dans l'espace qu'ils avaient quitté un peu plus tôt. D'un mouvement du pied, elle ferma la porte de la chambre principale – leur chambre – tandis que ses phalanges agiles, couleur chair, déboutonnait prestement le col de sa chemise blanche D&G.

Alors que les doigts adroits de Rumplestiltskin s'insinuaient sous le bord de son top fuchsia, elle se laissa tomber sur le matelas l'entraînant avec elle, ses lèvres glissant sur son menton puis dans son cou. Le grognement de plaisir qui fit vibrer les cordes vocales de son mari se propageant dans tous son corps à la vitesse de la lumière.

La luxure qui s'emparait de ses sens était à elle, et uniquement à elle, à présent.