Les Hyakuya remettent le couvert à l'institut, et bien sûr on trouvera à leur répondre.
Bonne lecture ^^
Ce matin-là, Shinya dévala les escaliers avec une gaieté inhabituelle. Il chercha Miyuki des yeux, avant qu'elle ne vienne vers lui. Le jeune se mit aussitôt à rougir.
« Ah bonjour Shinya. » salua-t-elle d'une voix câline.
« Miyuki … »
La brune approcha de très près, si bien qu'il put poser ses mains autour de ses hanches.
« Tu es mignon quand tu rougis tu sais ? Vraiment adorable. » dit-elle.
« Je rougis pas. » répondit-il, vermeil.
« C'est ça, et ton père adoptif est notre meilleur pote. Je dois te laisser, j'ai ma cérémonie de prêtresse. » reprit Miyuki.
Elle déposa un baiser sur sa joue, et le laissa là. Shinya entra dans la cuisine avec une envolée de cœurs, et Mahiru s'étonna de ne pas en recevoir dans son assiette. La jeune fille faillit éclater de rire devant son air complètement béat.
« Tu m'as l'air d'aller bien toi ce matin. » commenta-t-elle.
« Ouuuuaiiiis. » soupira Shinya en prenant place.
Il commença à piocher de la nourriture, poussant de temps à autre un soupir énamouré. Mahiru cacha son visage pour ne pas rire. Un peu plus tard dans la matinée, alors que les autres venaient juste de finir leur petit-déjeuner Guren reçut un coup de téléphone.
« Allô ? »
« Guren … au secours … je t'en supplie ! »
« Que … Mito est-ce que c'est toi ? Qu'est-ce qui se passe ?» demanda Guren alarmé.
« Les Hyakuya … ils attaquent. J'ai très peur Guren je t'en supplie, viens nous aider ! Sauve-moi s'il te plaît ! » répondit la jeune file en larmes.
« Mets-toi à l'abri j'arrive tout de suite. »
Les pleurs de Mito Jujo lui répondirent. Guren raccrocha et sortit de la pièce où il s'entraînait. Mahiru le rattrapa dans le couloir, afin de lui dire bonjour. Mais elle remarqua vite sa tension.
« Guren tout va bien ? » demanda-t-elle.
« Non. Les Hyakuya attaquent à nouveau l'école. J'y vais. »
« Je t'accompagne. » décida Mahiru.
« Inutile je … »
« Non écoute-moi. C'est à cause de moi qu'ils ont pu entrer à l'école la première fois, et qu'ils recommencent aujourd'hui. Beaucoup de gens sont morts et vont encore mourir. Je dois réparer ça, je dois les aider. » coupa l'adolescente.
Guren ne sut que répondre. Il regarda autour de lui, et trouva un manteau à capuche ainsi qu'un foulard au porte-manteau. Le jeune les tendit à Mahiru en lui recommandant de cacher son visage. Cette dernière les enfila vite fait, pendant que Guren allait lui chercher des armes. Puis ils s'élancèrent au-dehors. Guren prit l'adolescente dans ses bras presque sans s'arrêter, déploya ses ailes et s'élança dans le ciel. Mahiru arrondit les yeux quand elle se trouva dans le ciel, et baissa son foulard.
« Je vole … » dit-elle.
« Eh bien, techniquement parlant c'est moi qui vole. » répondit Guren.
Yay pour l'ambiance mon gars. Mahiru le regarda les yeux en billes. Elle secoua ensuite la tête et admira la vue. C'était la première fois qu'elle la voyait ainsi. Elle en oublierait presque pourquoi ils se trouvaient dans le ciel. En tout cas, ils volaient vite. Bientôt, l'école Shibuya fut en vue. Mahiru replaça son foulard sur la figure, ne laissant que ses yeux de visible. Ses cheveux étaient attachés et cachés sous sa capuche. Guren amorça une descente. L'odeur du sang parvint à ses narines. Il se posa en douceur dans la cour, le temps de déposer Mahiru. Rétractant ses ailes, tous deux foncèrent dans les locaux de l'école.
Mahiru dégaina son sabre en apercevant un premier man in black. Elle lui trancha la tête d'un geste habile. Les autres membres des Hyakuya la découvrirent et se rassemblèrent pour la vaincre. Mahiru se jeta au sol et glissa entre eux, plantant son sabre tout autour. Guren arriva ensuite et empala un homme qui tentait d'abattre son sabre sur elle. Dès qu'il put, il huma l'air, cherchant la piste de Mito. Puis il invita la jeune fille à le suivre. Mahiru sortit des kunais qu'elle jeta. Des élèves en profitèrent pour décamper. Un autre groupe des Hyakuya chargea vers elle et Guren. Se mettant alors dos à dos, ils parèrent les premiers coups. Guren frappa son adversaire au ventre, pendant que Mahiru escaladait le sien, mettant ses jambes autour de son cou puis se laissant tomber elle fracassa la tête de son adversaire.
Guren lança des talismans aux autres. Il sentit à nouveau, puis repartit. Plus loin, ses chaînes dorées saisirent des ennemis qui menaçaient des étudiants au cou et les étranglèrent. Soudain, Mahiru en aperçut dans les toilettes.
« Guren ! » appela-t-elle.
Il la vit bifurquer vers un coin. Mince, il devait faire vite, il ignorait où se trouvait Mito et dans quel état. Cependant, il était également hors de question de laisser Mahiru combattre seule, si talentueuse qu'elle soit. Aussi l'adolescent la suivit-il, pour découvrir qu'en fin de compte elle géra très bien ses adversaires seule. Goshi était là par terre, une blessure à l'épaule.
« Guren ? T'es revenu ? » s'étonna-t-il.
« Mito m'a appelé, tu sais où elle est ? » répondit Guren en lui tendant la main.
« Euh, il me semble qu'elle allait vers la salle d'audio. » répondit le blond en se remettant debout grâce au brun.
« Alors je file. Toi sors d'ici. »
Goshi eut juste le temps d'acquiescer.
« Guren ! L'ennemi possède des armes contenant des démons. » annonça Mahiru.
« Quoi ? »
« Elles ne sont pas très développées, mais je les reconnais. Malgré que je ne sois plus là ils continuent à tenter d'en produire. » reprit Mahiru.
« Mais ton sabre est ordinaire, ils finiront par avoir le dessus sur toi. Alors quoi qu'il se passe tu restes à côté de moi d'accord ? »
« Entendu. »
Guren avisa un autre groupe devant lui. Sans s'arrêter il décrivit un arc de cercle. Les flammes qui en jaillirent emprisonnèrent les hommes.
Dans la salle audiovisuelle, Mito s'était enfermée avec d'autres élèves. Elle avait scellé la porte, mais elle entendait les assaillants s'acharner dessus. Et son sortilège ne durerait pas longtemps.
« Où es-tu Guren ? Viens vite s'il te plaît ! » pria Mito.
Assise par terre dans un angle de la salle, elle fixait la porte avec angoisse. Dans peu de temps, cette dernière cèderait. La rouquine cherchait ardemment une solution. Ils étaient au troisième étage, comment descendre de là ? Ou plutôt avec quoi ? Soudain, la porte craqua et s'ouvrit sous les cris des élèves. Mito lança quelques talismans, mais ils furent coupés en vol. Avec horreur, elle vit ses camarades se faire décapiter ou transpercer.
« Là ! La gamine des Jujo capturez-la ! » entendit-elle.
La peur compressa sa poitrine. Mais l'entraînement reprit le dessus et les réflexes refirent surface. Mito cassa le bras de celui qui tentait de la saisir, balaya un second et envoya ensuite un coup de pied au ventre d'un troisième.
« Ne bouge plus sale gamine. » entendit-elle.
Mito réalisa que la lame d'un sabre était glissée sous sa gorge. Son adversaire ricana, puis attrapa le haut de son uniforme et tira d'un coup sec. Le tissu se déchira, Mito poussa un cri.
« Hé elle est plutôt bien fichue ! Si on en profitait ? » lança un homme.
« Bonne idée ! »
« Nooooon ! » s'écria Mito quand un type la saisit par les cheveux.
Elle fut jetée au sol, et se débattit en sentant des mains s'agiter sur elle.
« LÂCHEZ-MOI NOOON ! »
Mito ferma les yeux, les larmes coulant sur ses joues. Elle avait envie de vomir. La malheureuse sentit ses jambes être immobilisées. La peur atteignit son paroxysme. Soudain, elle entendit un grand bruit suivit de cris. Ouvrant les yeux, Mito vit alors deux personnes entrer dans la salle. Dont Guren. Des pics de chair jaillirent de son dos et empalèrent deux types. Il saisit un pupitre qu'il leva par le pied et l'envoya sur un des gars qui tenait Mito. Aussitôt qu'ils la lâchèrent elle ramena ses jambes contre elle et rampa plus loin.
Guren trancha les talismans qu'on lui jetait. Ils explosèrent aussitôt, mais il ne sentit rien. Ce qui ne manqua pas de surprendre le responsable. L'adolescent ne lui laissa pas le temps de comprendre, et le carbonisa. Du coin de l'œil, il distingua Mahiru se faire plaquer au sol. Il envoya aussitôt une chaîne qui broya son ennemi. Mito s'aperçut de son côté que la grande table avait été lancée sur les assaillants. Le grand bruit qu'elle avait entendu. Mahiru se releva d'un bond et para un coup. Elle sortit ensuite un kunai qu'elle lança pendant que son opposant levait son arme.
« Mito est-ce que ça va ? » demanda Guren en lui tendant la main.
La jeune fille bondit alors et se jeta dans ses bras en pleurant toutes les larmes de son corps.
« Wouf ! Oh doucement Mito ! » souffla Guren.
Mais la rouquine l'enserrait fort. Guren fit la grimace, et résolut d'attendre que sa crise de larmes passe. Après tout, elle venait de subir un grand choc.
« Tu es venu. » dit-elle en le lâchant enfin.
Guren s'écarta aussitôt, avalant de grandes goulées d'air.
« Comme tu vois. » répondit-il.
Un mouvement attira l'œil de Mito. Quelqu'un s'approchait par derrière. Elle poussa aussitôt Guren sur le côté.
« On se calme, je ne suis pas un ennemi. »
« Ma … Mahiru-sama ! » s'exclama Mito en la reconnaissant.
Cette dernière venait d'abaisser son masque pour rassurer sa condisciple.
« Bref, Mito tu peux nous faire un résumé de la situation ? » demanda Guren en revenant.
« C'est comme je te l'ai dit, les Hyakuya nous ont attaqué mais je ne sais pas pourquoi. J'ai essayé de … de protéger les autres mais … »
Les larmes coupèrent sa réponse. Mahiru s'approcha et posa ses mains sur ses épaules.
« Tu as fait ce que tu as pu. Nous allons te faire sortir de là. » dit-elle.
Mito la regarda avec reconnaissance. Puis le trio sortit en courant de la salle, et escortèrent leur camarade dehors. Goshi vint vers eux en les apercevant. Mito lui fut confiée, et il partit avec. La rousse regarda par-dessus son épaule pendant que Guren et Mahiru retournaient dans le bâtiment.
Tous deux luttèrent encore un moment, abattant autant d'ennemis que possible. Guren gardait un œil sur sa compagne.
« Tiens tiens, Mahiru-san refait surface. » entendirent-ils.
La jeune fille se retourna lentement. Elle reconnut un directeur d'un des laboratoires qui expérimentait sur le Séraphin de la fin. Il avait dû reconnaître son style ou sa silhouette. La jeune fille abaissa son foulard.
« Monsieur Haruki Ashiba. » dit-elle.
« Nous sommes vraiment ennuyés depuis que vous nous avez quitté sans préavis. Nous avions pourtant un accord : vous deviez nous aider dans la conception d'armes démoniaques. En échange de quoi nous réaliserions votre souhait le plus cher. » reprit Haruki.
« Le fait est, monsieur Ashiba, que mon souhait est déjà réalisé. Je n'ai plus l'utilité des armes démoniaques. » informa Mahiru.
« Voyez-vous ça. Et vous pensez donc pouvoir vivre normalement avec ce que vous avez ? » continua Haruki.
« Et comment. Car voyez-vous, je n'ai plus mes démons. » fit Mahiru avec un sourire.
Le directeur semblait apprendre quelque chose. Puis soudain il lui lança quelque chose, que Mahiru attrapa par réflexe. Il s'avéra que c'était une arme démoniaque. La jeune fille sentit l'énergie noire l'envahir. Non ! Elle ne voulait pas redevenir comme avant ! Être à nouveau sous emprise démoniaque signifiait perdre Guren. C'était absolument hors de question. Elle ne laisserait pas cela se produire. Mahiru commandait à sa main de lâcher le fourreau, mais en vain. Pourtant, l'énergie parut rester confinée à son bras.
« Mahiru ! » intervint Guren.
Il tira sur le fourreau pour la libérer. De son côté, Haruki Ashiba observait la scène comme n'importe quelle expérience.
« Guren ! Avale ce démon en vitesse. Mahiru est protégée par l'énergie angélique que je lui ai administrée, néanmoins cette chose peut la corrompre. » intervint Démétriel.
Sans plus attendre, Guren leva la main de Mahiru à la hauteur de son visage, puis mordit sans hésiter le fourreau. L'adolescente sentit la force du démon refluer. Haruki fronça les sourcils : que diable trafiquait ce gosse ? Finalement, Mahiru put lâcher l'arme. Elle se tint le poignet comme si elle était blessée.
« Comment vas-tu ? » s'enquit Guren.
« Mal. » souffla Mahiru.
Elle tomba à genoux. Ce sale type avait essayé de la corrompre. Guren pensa la même chose, et adressa un regard meurtrier à l'homme. Une impressionnante aura jaillit dans la salle.
« Maudits Hyakuya. » siffla Guren.
Les ailes du jeune sortirent, toutes les trois ainsi que les bras de Démétriel. Haruki le regarda avec stupéfaction.
« Vos expériences malsaines me tapent sur les nerfs. Pour qui vous prenez vous à jouer avec des forces interdites ? Qui vous a permis d'approcher ces secrets prohibés ? » lança-t-il avec sa double voix.
Le directeur recula face à la puissance qui l'entourait et menaçait de l'écraser.
« Cette fois c'en est trop. Écoute bien stupide mortel : votre orgueil et votre cupidité sont parvenus jusqu'à moi, la Contradiction. Je suis la créature qui vous attaque sans répit. Pour vos péchés j'ai passé mon jugement sur vous. Vous serez détruits ainsi que vos recherches. Va et porte le message aux tiens : j'arrive. » dit-il.
Guren leva la main, et envoya une onde d'énergie sur l'homme, qui fut expulsé de la salle. Haruki partit sans demander son reste. L'hybride se tourna vers Mahiru, qui paraissait enfiévrée. Il posa un genou à terre et prit la main qui avait touché l'arme. L'hybride posa les lèvres dessus. Lorsqu'il releva doucement la tête, Mahiru vit le poison sortir de sa peau et être absorbé par Guren. Elle se sentit mieux.
« Merci beaucoup. » dit-elle.
Guren se releva. Il percevait encore des présences indésirables. Haruki l'avait mis de mauvaise humeur. Aussi la créature qu'il était ouvrit-elle la bouche pour répandre une fumée noire, qui fila dans tout le bâtiment. Serpentant dans les couloirs, la fumée entra de force dans le corps de chaque Hyakuya, qui tomba aussitôt raide.
« Qu'as-tu lâché ? » questionna Mahiru en se levant.
« Le Souffle de la Mort. Va sors d'ici, je te ramène puis je vais aller m'occuper de ces bêtes stupides. »
Mahiru acquiesça, puis fut escortée par Guren au dehors. Ayant accompli son œuvre, la fumée noire revint, s'enroula autour de lui et rentra par la bouche. Guren prit Mahiru, puis repartit.
Il lâcha Mahiru sur le sol du domaine sans se poser, et la jeune fille manqua de s'étaler comme une crêpe. Guren repartit aussi sec.
« Tiens ? Tu es rentrée Mahiru, où étiez-vous passé ? Vous êtes allés braquer une banque ou quoi ? » questionna Shinya en voyant sa tenue.
Le jeune était allongé sur un carré d'herbe, la tête reposant sur les cuisses de Miyuki.
« Erf ! À l'école. Shibuya vient d'être attaqué par la secte Hyakuya. » informa Mahiru en s'approchant du couple.
« De nouveau. Et j'imagine que mon frère est allé leur poser une réclamation. » dit Miyuki.
« Tout à fait, surtout après qu'un de leur directeur aie tenté de me corrompre avec une arme démoniaque. Autant dire que Guren n'a pas apprécié du tout. » précisa l'adolescente en ôtant sa capuche et son foulard.
Elle s'agenouilla face à Miyuki.
« Le pauvre garçon est décidément soumis à beaucoup de stress ces temps-ci. Je compte sur toi pour l'aider à se relaxer Mahiru. » reprit Miyuki.
« La raideur peut être appréciable chez un homme. » intervint Shinya.
Miyuki lui flanqua une tape sur la tête. Mahiru demanda ensuite où se trouvait Shinoa. Chez Kureto visiblement. L'adolescente hocha la tête puis se leva et alla se changer. En passant, elle décida de rendre visite à son grand-frère. Elle leva la main pour toquer, quand des rires d'enfants à l'intérieur suspendirent son geste. Mahiru écouta. Oui c'était bien Shinoa qui riait, et elle avait l'air de bien s'amuser. Plus qu'étonnée étant donné avec qui la fillette se trouvait, Mahiru tourna la poignée tout doucement et entrebâilla la porte. Elle découvrit ainsi sa petite sœur en train de tortiller sur le lit comme un poisson, visiblement pour échapper aux chatouilles que lui infligeait Kureto. Mahiru ouvrit plus largement la porte.
Son aîné découvrit sa présence, et confus s'empressa de reprendre une attitude digne.
« Mahiru. Tu sais qu'habituellement on est tenu de frapper avant d'entrer. » dit-il.
« Change pas de sujet. Alors comme ça, on s'amuse avec sa sœur ? Toi, le grand et terrifiant Kureto. » sourit-elle.
L'intéressé prit de la couleur.
« Oui c'est suupeeer ! » s'exclama Shinoa en enserrant la tête de son frère.
« Non non, je lui apprends juste à … à ne pas embêter ses aînés. Il lui faut se conduire dignement. » répondit-il en se dégageant.
« Mais … bien … sûr. »
Prit en flagrant délit d'amour fraternel. Qui l'eut cru. Mahiru approcha tranquillement du lit, l'air de rien suivi du regard par sa fratrie. Soudain, elle attrapa un oreiller.
« Bataille de coussiiiiins ! » clama-t-elle en le balançant à la figure de Kureto.
« ! »
« Ouuuaaaiiiis ! » cria Shinoa en en attrapant un.
Ce fut vite une joyeuse pagaille. La bagarre dura un quart d'heure, avant que tous trois ne retombent sur le lit, ravis. Mahiru était heureuse de constater que son frère changeait. Ce dernier en était tout étonné. Mais … il se sentait étrangement bien. Comme apaisé.
Ailleurs, on ne s'amusait pas du tout. Haruki Ashiba avait à peine détaillé ce qui s'était passé à l'école, qu'un grand fracas retentit. Une alarme déchira l'air. Sortant dans le couloir, on entendit des bruits de mitraillettes, ainsi que des cris, des tremblements et de bruits de mur s'écroulant. Plus loin, Guren attendit derrière un angle de mur. La déflagration d'un sort passa. Poussé par ses ailes le jeune s'élança dans le couloir, tranchant tout à sa portée. Il bloqua ensuite un sort avec son épée.
« Ils sont forts. » remarqua-t-il avec un sourire.
Un scientifique arriva avec une mitraillette à quelques pas de lui. Guren déplia brusquement son aile plumée, bousculant l'ennemi. Il tendit ensuite un pic qui alla se planter dans la cage thoracique de son ennemi. Son ouïe perçut soudain des bruits de pas derrière. Il opéra un repli. Pile quand des sifflements lui parvinrent.
« … c'est … des scalpels. » remarqua-t-il en voyant un objet métallique planté dans un mur.
Pourquoi pas. En échange, une chaîne glissa sur le sol, s'enroula autour des genoux de la femme -tiens oui c'en était une- la souleva et l'écrasa au sol et au plafonds. Guren la tira ensuite vers lui. La maintenant devant, il avança. La malheureuse lui servit de bouclier humain face à une certaine quantité de sorts. Jetant le cadavre méconnaissable, Guren sortit un talisman jaune, un sort élémental. Des filins d'eau apparurent, atteignant les humains avec la force d'impact de balles. La voie libre, le jeune continua sa route.
« Aiyaaaa ! »
Guren pencha la tête pour esquiver le coup de sabre. Une des mains de Démétriel planta un kunai dans le flanc de son ennemi, pendant que Guren l'emprisonnait dans une pince. Il envoya ensuite le corps sur une porte qui se défonça. Les prunelles violettes aperçurent à l'intérieur des cages contenant des enfants. Intrigué, Guren entra. Plusieurs gosses de moins de dix ans étaient enfermés dans cette salle, fille comme garçon. Ses yeux se posèrent sur l'un d'eux, un petit brun aux yeux verts. L'enfant regarda avec crainte mêlée de curiosité la créature venir à lui. Les orbes émeraude rencontrèrent les améthystes dorées.
« Vous … vous êtes un ange ? » demanda l'enfant.
« À moitié oui. Que fais-tu ici ? » questionna Guren.
« Votre voix est bizarre. »
« Je sais. Pourquoi des enfants sont-ils là ? » reprit l'adolescent.
« Parce qu'ils font des expériences sur nous. » répondit une fillette.
Les autres autour hochèrent la tête. Guren serra les poings. Puis il empoigna les barreaux devant lui avec ses quatre bras, et arracha la porte.
« Tu peux sortir. » dit Guren.
Il alla à chaque cage dont il arracha la porte. Les enfants sortirent tout doucement. L'hybride tendit ensuite une main vers un mur, y envoya un puissant rayon qui le transperça.
« Allez, dehors. »
Hésitants, les petits sortirent. Une fois qu'ils furent tous à l'extérieur, Guren sentit sa colère monter d'un cran. Les petites ailes de sa tête s'étendirent. Une énorme explosion suivit. Et Haruki Ashiba aperçut Guren à travers la dizaine de murs qu'il venait de creuser avec son attaque. Durant un instant, tous deux se jaugèrent. Le directeur du labo semblait comprendre qu'il avait affaire à quelque chose de particulièrement coriace.
« Faites sortir le sujet 23 ! » clama le directeur.
« Vous êtes sûr ? » répondit-on.
« Vous croyez qu'on a le choix ? »
L'homme à qui l'on avait donné cet ordre se sauva. Lorsque Haruki tourna le regard vers Guren, il ne vit qu'une forme floue. La seconde d'après, il reçut un grand choc qui l'envoya contre le mur derrière. Guren le saisit au cou et le souleva.
« Réaliser des expériences sur des enfants. Vous êtes de grands MALADES ! » dit-il.
Soudain, il perçut un danger. Relâchant immédiatement son captif l'adolescent bondit en arrière. Une onde de choc passa entre eux. Un peu plus loin, il découvrit un enfant de dix ans main levée. Le petit avait les yeux noirs à l'exception de la pupille qui était dorée. Le directeur eut un ricanement.
« Voyons si tu fais le poids face au sujet 23. » dit-il.
« Démi à quoi ai-je affaire ? » demanda Guren.
« À une caricature de Séraphin. Il n'en est pas encore à ce niveau-là, tout juste celui d'un Chérubin. »
« Donc on peut le vaincre. » comprit Guren.
« Oui mais méfies-toi. C'est jusqu'à présent l'adversaire le plus fort qui se soit présenté à toi. Les humains n'étaient rien du tout. »
L'enfant leva à nouveau la main. Un rayon d'or en partit. Guren se protégea avec une aile.
« Nom de dieu ! En effet il a du potentiel. » constata le jeune en pliant sous l'effort.
L'adolescent répondit alors avec le même type d'attaque. L'enfant esquiva d'un pas de côté. Mais Guren était plus expérimenté que lui en matière de combat. Il lança ses chaînes qui capturèrent le jeune, et l'envoyèrent droit au plafond. Le sujet 23 retomba sans un son. Se mettant à quatre pattes, il fit trembler le sol. Son aîné créa un bouclier qui garda le carrelage intact autour de lui. Agitant ensuite les ailes, il envoya un puissant courant d'air auquel pourtant son opposant résista. Guren ne lui permit pas de répondre. Les éclairs de son épée le touchèrent de plein fouet.
L'enfant voltigea. Toutefois, il revint presque immédiatement à la charge, à grande vitesse. Il lança une main aux ongles longs droit sur la gorge de son adversaire. Guren esquiva, l'enfant continua. Il était très vif, bien plus que les humains qu'il avait combattus jusqu'à maintenant. Le sujet 23 contraignit son adversaire à reculer. L'ouïe de l'hybride perçut un pas de course. Non plusieurs, qui provenaient de différentes directions. Ils tentaient probablement de l'encercler afin de l'anéantir. Guren afficha un sourire. Les ailes sur sa tête brillèrent. L'instant d'après une formidable énergie jaillit, engloutissant tout sur son passage. Les murs autour tombèrent. Plus loin, le sujet 23 se remit sur pieds.
Mais son corps tremblait. Il mit un pied devant l'autre, mais sa jambe parut céder sous son poids. Il tituba. Son visage resta de marbre en dépit des difficultés de son enveloppe charnelle. En cet instant, le petit faisait penser à une marionnette désarticulée. Guren plissa les yeux devant le spectacle. Pauvre gosse. Il lança une nouvelle attaque. Sa main ne put rester droite et elle partit sur le côté. Guren entendit des cris. Les soldats ennemis avaient encaissé à sa place. Tant mieux. Les tremblements de l'enfant s'accentuèrent. L'adolescent vit bientôt de la sueur à son front, qui finit par couler sur son visage.
« Il est instable. » remarqua Démétriel.
Un déclic derrière l'alerta. Donnant un coup d'aile, Guren évita une première rafale balles. Se retournant ensuite, il lança un Faucon de Ré qui se chargea d'éliminer tout le monde. Guren regarda où en était le sujet 23. À terre, le corps criblé. Malgré cela il vivait encore. L'enfant tenta de se redresser. Mais ses bras tremblaient tellement qu'il retomba en arrière. Le cobaye réessaya, échoua, et recommença. Guren ferma les yeux, puis approcha. La pauvre marionnette au sol ne semblait pas comprendre pourquoi elle ne parvenait pas à se relever. L'adolescent s'accroupit. Il n'existait qu'une façon d'en finir. Démétriel conseilla de le tuer en lui tranchant la tête et c'était l'épée qui recevrait la force.
« Jusque-là nous avons avalé du démon, un peu d'ange devrait rééquilibrer le tout. » dit-il.
« Tu parles ! C'est de l'artificiel ce mioche. Autant avaler du plastique. »
« Bon. »
Guren choisit donc la décapitation. Au moins le petit ne souffrirait-il plus et ne serait-il plus une marionnette. Il se redressa ensuite. Il était temps de raser cet endroit. Haruki, qui se trouvait dans la salle de recherches, rassemblait des CDs contenant le fruit de leur labeur. On venait de lui annoncer la défaite du sujet 23, un des meilleurs jusqu'à présent. Maudit gamin. Mais il sauverait leur travail, il le poursuivrait ailleurs et puis c'est tout. Ashiba n'eut pas le temps de tout prendre. Ni même de sortir, ou quoi que ce soit d'autre. Une grande lumière envahit tout le laboratoire, consumant tout et tout le monde. Seuls les enfants à l'extérieur en réchappèrent.
Le petit groupe resta un moment à contempler ce qui était un vaste endroit une seconde auparavant. Puis ils aperçurent Guren, étendu au milieu.
« Il est mort ? » demanda un petit aux cheveux marrons, les yeux olive.
« Je sais pas. Je vais aller voir. » répondit une fillette plus grande, qui lui ressemblait beaucoup.
« Je viens avec toi. » fit l'enfant aux yeux émeraude.
Les deux enfants approchèrent de l'adolescent au milieu, promenant de temps à autre les yeux autour. Il n'y avait vraiment plus rien d'autre que de la poussière. Enfin, ils arrivèrent près de Guren. La fillette s'accroupit. Puis elle tapota le dos du jeune.
« On dirait qu'il dort. » dit-elle.
« Hein ? »
Le garçonnet aux cheveux noirs en bataille se pencha et secoua alors Guren. Il n'obtint rien non plus.
« Et on fait quoi ? » interrogea-t-il.
Sa camarade haussa les épaules. Plus loin, son frère demanda ce qu'il en était, et elle répondit qu'il avait l'air de dormir.
« On va pas le laisser là. Il faut trouver un abri. Venez nous aider ! » appela-t-elle.
Le reste des enfants accourut. Après instructions, chacun saisit Guren par où il put, et ils entreprirent de le traîner hors des ruines. Ils ahanèrent sous l'effort, durent parfois se reposer un peu, puis continuèrent. Finalement, ils gagnèrent une ruelle où ils décidèrent de rester, cachant Guren sous des cartons qui traînaient près d'une poubelle. Ils se regroupèrent ensuite en face de lui, assis sur le sol dos au mur. Les heures défilèrent, Guren pionçant toujours sous ses cartons.
Lorsqu'enfin il reprit connaissance, il se découvrit enfoui sous il ne savait quoi. Dégageant les cartons, il s'aperçut qu'il était dans une ruelle.
« Ah ! Il s'est réveillé ! » entendit-il.
Le concerné remarqua les enfants en face.
« Quelle heure est-il ? » demanda-t-il.
« Aucune idée. » répondirent plusieurs voix enfantines.
Levant la tête au ciel, l'adolescent nota que la nuit tombait. Guren se remit sur pied, puis son regard tomba sur le petit groupe. Les enfants l'observaient, interrogateurs.
« Alors dites-moi, d'où venez-vous ? » questionna Guren.
« C'est un monsieur qui nous amené ici. Pas tous ensemble. Mais … nos parents nous ont vendus ou abandonnés. » répondit un garçonnet.
« J'ai faim. » gémit l'enfant aux yeux d'olives.
« Ça va aller, ne t'inquiètes pas Yoichi. » fit sa sœur en lui caressant la tête.
« Donc vous n'avez nulle part où aller. » résuma Guren.
Secouage de tête collectif. Guren soupira en se passant une main dans les cheveux. Il tâtonna ses poches. Ouf, son portable était toujours là. Zut, il était en miettes. Guren le jeta dans une poubelle. Il lui fallait prévenir son foyer afin que l'on vienne chercher les enfants. Comment faire ?
« C'est simple. La télépathie est dans tes pouvoirs tu te souviens ? C'est comme ça que tu surveillais tes gardes à l'école. Alors appelle quelqu'un. » dit Démi.
Bonne idée ! Guren ferma les yeux, se concentrant sur l'image de sa sœur. Au domaine, cette dernière sursauta en percevant la voix de son frère. Son jumeau lui transmit les nouvelles, ajoutant qu'il était en compagnie de sept enfants. Miyuki annonça aller alerter immédiatement les siens.
« Bien. Les secours arrivent. » annonça Guren.
« Eh ? »
L'adolescent s'assit en face des petits. Dommage qu'il n'ait pas un sou sur lui, il serait allé leur acheter de quoi grignoter. Tant pis, il leur faudrait patienter. Posant à nouveau les yeux sur eux, il songea à ce qu'on leur avait fait. Des expériences … les malheureux. Ils en étaient marqués à vie.
« Je me demande ce qu'on leur a fait. Probablement la même chose qu'au sujet 23. Tiens, je devrais peut-être les ausculter un peu. » songea Guren.
Il se redressa, puis leur expliqua son intention. Sceptiques, les enfants le laissèrent faire. Il y avait bien la présence de substances dans leur corps. Ainsi, il s'occupa pendant un moment à soigner les enfants. Enfin, il entendit une voiture. L'adolescent se dirigea vers elle lorsqu'il reconnut des disciples de son ordre. Il leur indiqua les enfants, et demanda à ceux-ci de monter en voiture pour rejoindre son domaine. D'abord hésitant, les jeunes finirent par s'exécuter. C'était leur meilleure chance.
