Chapitre-3
Cercueil
Lorsque j'ouvris les yeux, il faisait si sombre que je pensais m'être réveillée en pleine nuit. Chose inhabituelle. D'habitude, ce sont les premiers rayons du soleil traversant les rideaux clairs de mon appartement qui me réveillent. Sauf que…je ne dormais jamais avec un simple drap sur moi, vu le froid qui régnait en cette fin d'automne, et encore moins avec un chemisier et une jupe courte. De plus, mon lit est normalement étroit et moelleux et non assez large pour deux personnes et dur comme la pierre. Au moins, il n'y avait personne à côté de moi, j'aurai été encore plus paniquée.
Soudain, j'eus assez de jugeote pour me demander stupidement : « Mais où suis-je ? ». Je retirais le drap mince de mon corps encore très anémié et fatigué pour poser mes pieds frigorifiés sur un paquet poussiéreux glacé et grinçant. Je marchai à l'aveuglette, mon front rencontra finalement un mur dans un « Aïe ! » sonore. Un mal de tête me vrillait déjà un peu le crâne, mais à ce moment, il empira.
Je songeais à plusieurs situations : j'avais été enlevée et j'étais en danger. J'étais en danger et on m'avait hébergée. Ou…on m'a hébergée et je n'étais pas en danger. Ou…pire encore…j'avais voulu qu'on m'héberge et cette nuit j'avais souhaité le danger.
Bref…que j'avais passé la nuit chez un étranger. Sans même m'en souvenir. Pour ma…toute première fois. Gâchée médiocrement. Des larmes me montèrent aux yeux.
Tout à coup, la porte s'ouvrit et un rayon de lumière douloureux illumina la pièce.
-Ah, tu es réveillée. Tu…qu'est-ce que tu fais la tête contre le mur ?
-Aaaaaaaah !
En effet, je m'étais cognée à l'opposé du mur où se situait la porte. Je devais avoir l'air fine.
-Mon Dieu ! Rah ! J'ai mal aux yeux ! Qui-qui êtes-vous ?! demandai-je d'un ton paniqué.
Je ne voyais qu'une ombre sur fond blanc dans l'embrasure de la porte. Des pas lourds se rapprochèrent, des mains immenses et chaudes m'empoignèrent avidement les épaules et me secouèrent. Dante ! Ma mémoire se raviva. La pizzeria. Vivien. La pluie. La boîte de nuit. L'alcool. La danse. Le trou noir. Le Cercueil. Désormais je savais pourquoi on appelait ça le Cercueil.
-Hé oh ! Ca va ? Ici Dante !
-Vous…Vous…que s'est-il…
-Je vois…bon, je t'expliquerai tout après, t'a pas l'air encore très réveillée…Viens prendre une douche.
Non ! Seigneur ! J'avais passé la nuit chez Dante !
Je le suivis dans le couloir, fixant ma concentration sur son dos et rien d'autre pour le suivre correctement et oublier la décoration lugubre. On descendit un escalier et la porte de la salle de bain me revint en mémoire. J'étais vraiment chez Dante ! Au Devil May Cry ! Ces armes ont-elles toujours été là ???
Je pris une douche rapide et relaxante, brûlante. Dans une armoire, je me permis de prendre une grande serviette blanche. Il y en avait des tonnes de toutes les tailles. Mais...je n'avais plus de vêtements propres.
Les idées claires, je passai la tête par la porte pour interpeller mon étrange hôte :
-D-Dante ! Heu…Je veux dire…Mr Dante. J'ai…Je…Est-ce que par hasard il vous resterait…des vêtements féminins ?
Il ne répondit pas. Soudain, mon regard s'arrêta sur une pile de vêtements sur le bureau. Je claquai mon front de plein fouet avec la paume de ma main pour corriger ma stupidité et mon impolitesse. Sur la pointe des pieds, je pris les vêtements et repartis m'habiller dans la salle de bain. Un haut noir à manche longue moulant, un pantalon blanc moulant également. Et, miracle, un boxer noir féminin. Ça, c'était de la veine. Malheureusement, pas de soutifs.
Lorsque je revins dans la pièce principale, il était assis dans le salon, dans ses vêtements habituels, sans la cape, m'attendant sagement, lisant un magazine à la lueur d'un feu crépitant dans l'immense cheminée. Je m'approchai et restai plantée là, attendant l'autorisation de m'asseoir. Ses vêtements collants dévoilaient parfaitement les formes magnifiques et parfaites de son corps athlétique. Il attendit également une quelconque action de ma part. Déjà presque 11h selon une horloge.
-Bonjour, Mr Dante.
-Bonjour, Clara, répondit-il ironiquement en abandonnant sa lecture, un petit sourire machiavélique sur les lèvres. Qu'attends-tu pour t'asseoir ?
Je ne me fis pas prier. Anxieuse, je joins mes mains sur mes genoux collés fermement l'un à l'autre.
-Ces habits te vont bien.
-Merci beaucoup. Alors, que s'est-il passé cette nuit ? Je ne comprends plus très bien.
-On est parti en boîte, tu te souviens de ça au moins ? (j'affirmai). Bon. Sur la piste de danse, t'as commencé à tourner de l'œil. Alors on est parti s'asseoir un instant dans un petit salon à l'abri. Mais le mec de la piste est revenu te voir. Il insistait, et, comme s'il n'existait pas, tu l'ignorais. Il a commencé à s'énerver mais tu ne le regardais toujours pas. Jusqu'à ce que je comprenne que tu croyais vraiment qu'il n'était pas là, près de nous. Tu n'avais d'yeux que pour moi, dit-il avec arrogance (je rougis encore, de honte cette fois).
-Quoi ? À ce point ? L'alcool devait vraiment avoir beaucoup d'effet sur moi.
-Je venais de le remarquer. Comme il me tapait sur le système, je l'ai rembarré et ses potes l'ont empêché de faire une bavure, apparemment ils savaient, eux, qui j'étais. T'as commencé à t'endormir sur mon épaule. J'ai compris que la soirée était finie. Il était déjà 5h du mat'. Je t'ai tenu par l'épaule jusqu'à la voiture et à peine t'es-tu assise que tu t'es endormie. Et tu ronflais !
-Pardon. Dieu que j'ai honte, murmurai-je, rouge écrevisse.
-On a rencontré quelques ennuis sur le trajet. (J'écarquillai les yeux). Juste quelques petits démons inférieurs. Ils n'ont posé aucun problème. Je t'ai porté jusqu'à ma chambre et j'ai dormi dans une autre. Je n'avais aucune d'idée de l'endroit où tu habitais alors…
-Merci en tout cas. Alors, repris-je avec hésitation, il ne s'est vraiment rien passé, sûr ?
Je me souviens à peu près de la frénésie qui m'avait prise, aidée par le désir et l'alcool. J'aurai pu l'embrasser ou faire plus que je n'aurai pas pu m'en empêcher.
-Si tu entends par là…entre nous deux, susurra-t-il malicieusement. Alors définitivement non, lança-t-il abruptement. Je t'aurai violé sur place que tu n'aurais rien senti tant tu étais profondément endormie. C'était pas très intéressant.
-Ah…(il n'y avait pas de nom pour la couleur écarlate qu'avait dû emprunter mon visage). Et bien, merci quand même. Enfin, désolée d'avoir…gâché la soirée.
-Des regrets ? lança-t-il, moqueur à souhait.
-N-non !
-Je suis sûr que oui. Tu regrettes parce que tu avais envie d'une bonne nuit torride en ma charmante compagnie, n'est-ce pas ?
-Q-quoi ?!
Je sursautai violemment, gênée au plus haut point. Je dardai sur lui un regard estomaqué et offensé. Il rigola. J'aurais voulu creuser un trou dans le sol avec mes propres mains pour m'y enterrer jusqu'à devenir poussière. Mon Cercueil à moi.
-Allez, fais pas cette tête. Tu as déjà eu un petit ami au moins, fais pas l'innocente.
-N-non…
-Bon, alors…je sais pas moi, un flirt.
-Jamais ! Ça me dégoûte !
-Rassure-moi la vierge là…t'as déjà au moins embrassé une fois dans ta…
-Non plus.
Cette fois, ce fut lui qui resta sans voix. Figé. Incrédule. Ebahi.
-Attends, là. Tu veux dire que personne n'a jamais suscité…
-Non. Jamais personne n'a manifesté un quelconque intérêt pour moi. Ni moi envers d'autres d'ailleurs, répondis-je sèchement, mais ma voix faiblarde lui fit perdre tout son effet.
-Quoi ?! Ton père t'a gardé au couvent ou quoi ?
-N-non…C'est juste que…j'ai commencé à être indépendante depuis…mes dix-huit ans. Et…j'ai pas eu beaucoup l'occasion de sortir et…les garçons ne m'intéressant pas vraiment et puis…
-Ah oui ? Vraiment ? fit-il d'un ton narquois.
Non, me dis-je. Dante n'est pas un garçon. Il est bien plus que ça.
-Tu veux dire que…en fait, c'est ton premier saut en tout quoi.
Je frottai nerveusement mon épaule en regardant ailleurs, ne sachant que répondre.
-Je ne trouve pas ça…anormal. Je veux dire…je suis sûrement pas la seule. Y a sûrement plein de filles qui n'ont encore jamais eu d'expérience. J'en avais simplement pas envie, c'est tout. Je m'intéressais à mes études et faisais plaisir à mes parents.
-Hum hum, répondit-il, l'air de bien sûr, « oui, c'est ça, bien sûr » d'un ton ironique.
-Vous trouvez ça anormal, vous ?
Cœur qui tambourine. Mal de tête qui empire. Quels sont ces symptômes ? Du stress ?
Il adopta une grimace, l'air de ne pas trop savoir quoi dire. Je soupirai alors puis frissonnai. L'hiver se rapprochait à grands pas, je le réalisai.
-Tu as froid ? Désolé, pas de chauffage ici. Comme je suis plus ou moins insensible au froid.
Pas étonnant, vu la chaleur incroyable qui se dégageait de tout son être. Comme j'aurai aimé m'y blottir.
Soudain, il se leva et vint s'asseoir à mes côtés, en passant son bras sur le dossier du fauteuil, derrière mes épaules, intentionnellement. Je sursautai à son mouvement. Je savais plus ou moins ce qui risquait de se passer si je ne faisais rien. Malgré mon statut de « casier vierge toutes catégories confondues », il me semblait quand même plus ou moins qu'il cherchait à m'avoir pour lui. Encore plus contradictoire encore. N'importe quel mec, aussi sûr que lui surtout, aurait été dégoûté par cette nouvelle. À moins qu'il ne fût attiré par le fait que je sois justement inexpérimentée dans tous les domaines. Nouvelle, fraîche, intouchée et innocente. Cela lui plaisait-il donc ? Quel tordu…
De profil, il se pencha vers moi. Mon cœur accéléra ainsi que le sang à mes tempes. Je sursautai encore. Il était tout près à présent…je fermai fort les yeux, mais il ne fit que déposer un baiser chaud et humide sur ma joue cramoisie. Je rouvris les yeux. Son odeur et son haleine étaient étrangement exquises.
-Hé, du calme, je ne vais pas t'mordre. C'est juste un baiser.
Son souffle s'égara dans ma chevelure sombre et encore humide, puis sur ma nuque. Des frissons d'un autre genre me parcoururent. Je me trémoussai sur place, ne comprenant pas les réactions de mon corps face à ce souffle ardent s'égarant sur ma peau.
Il égara sa bouche brûlante aux lèvres fines et douces sur mon cou, tandis que je fermais les yeux, par peur de l'inconnu. Je paniquai, mon cœur battait à toute allure. Je ne savais pas quoi faire. Devais-je enfin céder et m'épargner pour de bon toutes ces tortures inutiles, me jeter à l'eau dans l'inconnu ou vendre ma peau chère pour espérer une relation sérieuse ? Être sûre qu'il ne se fichait pas de moi ?
-Ouvre les yeux, demanda-t-il doucement.
Je n'avais pas remarqué que je haletai et transpirai à ce point la peur. Avec ses mains, il entoura mon visage en les posant sur mon cou, à moitié derrière mes oreilles, soulevant mes cheveux longs. Ses magnifiques yeux d'un bleu-gris polaire me dévisageaient d'un air amusé.
-Alors, c'est agréable ? dit-il avec une lueur sadique dans les yeux et le sourire vampirique.
-J-j-je…sais pas trop. Dante, je crois qu'on…
-Relax, j'te dit. Je vais pas t'mordre ! Du moins pas encore…
Il plaisantait. Mais cela ne m'empêchait pas de respirer irrégulièrement et rapidement comme un buffle à travers mon nez, la gorge sèche. Même si je voyais dans ses yeux une lueur de protection.
Tout à coup, mon ventre se manifesta, criant sa famine. Nous l'ignorâmes tous les deux. Il s'approcha, toujours yeux ouverts puis les ferma peu à peu. Je tentai de reculer mon visage. Mais en vain, il me tenait. Je fermai les yeux aussi fort que je pus, comme si je craignais un déluge. Il était trop tard et impossible de reculer.
Sa bouche épousa doucement et chastement la mienne. Mon cœur explosa dans ma poitrine. Et…ça y est, c'était trop tard, j'avais cédé. Mon premier baiser lui appartiendrait à jamais. Pendant un instant, nous restâmes figés. Sa chaleur corporelle m'enveloppait agréablement. Ses mains soutenaient ma tête sans m'emprisonner à présent. Elles glissèrent lentement sur mes épaules frêles. Les traits crispés de mon visage se détendirent. C'était…plutôt agréable en vérité.
Je me tournai de sorte à ce que mon buste soit face au sien. Ses lèvres glissèrent aisément et sensuellement sur les miennes qui étaient maladroites et se contentaient d'épouser ses formes. Il décolla un instant ses lèvres. Je m'apprêtai à rouvrir les yeux lorsque le contact reprit. Cette fois, je sentis le bout de son nez effleurer ma joue gauche plutôt que la droite. Il appuya un peu plus fort et je songeais alors qu'il essayait peut-être de me repousser, mais sa main glissée sur ma nuque, les doigts entremêlés dans mes cheveux, me disait le contraire.
Qu'étais-je censée faire ?! Je ne comprenais plus rien ! Je ne savais pas comment m'y prendre ! Je ne me souviens même plus avoir vu un film pouvant m'indiquer la marche à suivre ! Devais-je tourner la tête dans tous les sens et gémir follement comme les femmes d'un soir des héros de cinéma ? Sérieusement ? Avais-je vraiment passé trop de temps dans les bouquins et la cuisine ?
Mon ventre se manifesta de nouveau. Je levai mes mains, dans l'intention de les poser quelque part sur lui, de préférence, de façon prude pour le repousser mais sa nouvelle façon d'embrasser me figea. Son visage s'éloigna un peu et sa langue glissa avec expérience sur ma lèvre supérieure puis inférieure. Un frisson me secoua de la tête aux pieds. Qu'est-ce que c'était…bizarre ! Etait-ce que faisaient les couples normaux ?
Il reposa ses lèvres sur les miennes, toujours avec douceur. Je sus mieux m'y prendre. Quand soudain, sa langue se manifesta de nouveau à l'entrée de ma bouche. Cette fois, la panique s'empara de nouveau de moi. Qu'est-ce qu'il faisait, bon sang ? Je n'étais pas préparée à ça ! Mon ventre se manifesta une énième fois. J'y trouvai là mon excuse !
-Peut-être devrions-nous manger ?! m'exclamai-je à bout de souffle en m'éloignant brusquement, me retrouvant allongée sur le canapé.
Il m'observa longuement, ses mains toujours posées sur moi. Je rabaissai tout à coup les miennes. Puis un sourire étira ses lèvres encore humides de notre échange. En y repensant, j'eus soudain l'envie de retenter l'expérience, malgré ma peur farouche de l'inconnu et de l'inconvénient de mon ignorance et de ma maladresse. Comment ne pas être dégoûté après avoir vu ma nullité extrême à présent ? Pourtant, il ne semblait toujours pas lâcher l'affaire. Étrangement, je m'en réjouis.
-Tu as raison, concéda-t-il en ramenant ses mains vers lui. Je t'invite à déjeuner.
-Encore de la pizza ? couinai-je.
-Non, un sundae à la fraise.
-G-génial.
Il se leva vivement, prit ses clefs, enfila sa cape d'un mouvement et maintint la porte d'entrée ouverte pour moi. Le froid me reprit à nouveau, maintenant qu'il s'était éloigné et qu'un courant d'air surnaturel entrait dans le bâtiment. Il me toisait toujours avec cet air malicieux et satisfait. Joyeux même. Sortions-nous ensemble à présent, ou n'était-ce qu'un test ? Un avant-goût ?
Je passai devant lui à pas lents, déterminée à lui poser la question fatidique en prenant mon courage à deux mains, puis me résolut à voir comment la situation évoluerait plutôt que de me faire de faux espoirs.
Il rejoint sa voiture avant moi. Il faisait meilleur dans la voiture et sa chaleur remplissait l'habitacle. Il ne dit mot, ni ne fit un geste. Attendait-il que j'en fasse un, comme pour approuver notre relation ? Je nageai dans l'inconnu. Et le bonheur à la fois. Mais aussi l'incertitude.
Comme je m'y attendais, il roula vite, sans ceinture, alors que je m'étais solidement attaché. Je voulais lui dire de ralentir, que nous avions tout notre temps, que nous étions dimanche, qu'aucun de nous n'était censé travailler de toute manière. Comment le faire sans l'offusquer ou passer pour une froussarde ?
Je tentai une approche, inspirant à fond. Il avait pour l'instant un visage impassible. Je glissai une main sur son poignet droit, un des seul endroit où sa peau était découverte. Sa main gauche tenait le volant et la droite reposait sur son frein à main. Il m'envoya un regard interrogateur mais aucune trace d'animosité.
-Dante, nous avons tout notre temps. Ralentissez donc. Je ne sors jamais le dimanche, vous vous souvenez ?
Il ne sourit pas et reporta son attention sur la route. Il dégagea ma main, je crus à une embrouille entre nous, mais il la reprit, l'entoura et la posa sur sa cuisse alors qu'il ralentissait sensiblement. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Il ne souriait toujours pas, mais n'en était pas moins de bonne humeur pour avoir accédé à ma requête.
Un sourire m'échappa. J'étais enfin fixée. Rien n'avait été dit, mais ça ressemblait tout du moins à un début de relation intime. J'étais cependant sûre et certaine qu'il n'était pas amoureux de moi. Tout comme je ne l'étais pas complètement. Mon attirance relevait simplement du béguin pour l'instant. De là à savoir s'il allait s'approfondir…Je ne savais pas même ce que c'était d'être amoureux. Sentimentalement parlant, je veux dire. Comment se sent-on, au fond ? Euphorique, comme moi en ce moment ? Éperdument attirée par un corps et sa beauté, ainsi que l'extravagance d'une joyeuse personnalité ?
Restait une dernière question : était-ce un flirt de quelques jours ou un début de relation amoureuse prometteuse, sérieuse et fidèle ? Nous donnerions-nous cette chance ?
Je devais probablement me poser trop de questions…
† Devil May Cry †
-Alors, raconte, c'est quoi ta vie ? lança le chasseur de démon, nonchalamment assis dans le fauteuil en cuir de la brasserie de glace.
Je pinçai mes lèvres avant de répondre. Du coin des yeux, je voyais la magnifique serveuse pulpeuse faisant le va-et-vient en roller, au ton candide. Glamour, adulte et elle semblait proche de Dante. Si seulement j'étais comme elle.
-Euh…et bien. Je suis étudiante.
Il me lança un regard blasé.
-Enfin, je veux dire…Je suis née dans la ville voisine. J'ai pas vraiment…d'histoire extraordinaire à raconter. J'ai une meilleure amie depuis le collège, Karine.
-Sérieux ? Tu comptais me le dire quand ? Elle va à la fac avec toi ? s'enquit-il, tapotant le dossier du fauteuil du bout du doigt distraitement.
-Non, elle est restée dans notre ville natale. Mais c'est pas grave, on se voit plus très souvent mais on s'appelle tous les jours.
-Elle est courant ? demanda-t-il.
-De quoi ?
-… (Son bras glissa et il se pencha sur la table et rapprocha son visage du mien avec un regard prédateur.) De moi, souffla-t-il, suivi d'un sourire sardonique alors qu'il se relevait.
Inspiration. Expiration. Usage de la parole : ok. Allez, on repart.
-Pas encore.
-Oh ? lança-t-il de sa voix grave avec un air amusé, le sourcil arqué.
-Oui, je ne savais pas encore exactement où tout ça allait nous mener alors j'ai…je vais lui dire ce soir.
-Hum. Elle est genre…protectrice par hasard ?
(Je rigolai.) –Comme une sœur !
-Rah, merde ! Encore une ! rechigna-t-il pendant que j'éclatai de rire.
-Rebonjour ! C'est encore moi ! lança joyeusement la serveuse en court uniforme rose. Voici votre commande.
-Merci, Cindy, répondit simplement Dante.
C'est bon, oh, la serveuse, pas besoin de te pencher comme ça. On est pas si loin du bout de la table. On voit tout devant, c'est pas vrai ! Je ne veux même pas imaginer derrière…
Dante capta mon regard et me lança un long sourire ironique, dévoilant ses canines. Faut que j'arrête cette mentalité. On dirait que je suis hyper-possessive…
Quand elle s'en alla enfin, je me remis enfin à respirer. Allez, calme. Elle n'a rien fait, pourquoi tu t'énerves ? Je sirotai un instant mon sundae à la fraise, l'imitant, avant de reprendre la parole.
-Hum, pas mal ! avouai-je.
-Ouais. Alors, elle est comment en fait ?
La serveuse ? Inutilement aguicheuse. Ah, non, Karine, c'est vrai.
-Mon opposé. Je crois que c'est pour ça qu'on reste ensemble. On se complète. Elle est du genre fonceuse, forte avec un caractère dur. J'ai toujours été la plus fragile de nous deux. C'est pour ça qu'elle se sent obligée de me protéger. J'aurais voulu lui éviter ça, quand même.
-Elle voudra me rencontrer, j'imagine.
-Oui, mais pas d'inquiétude, je lui dirai d'être gentille.
Il me sortit le regard ce celui qui à qui on la faisait plus.
-Elles ne sont jamais gentilles…c'est au moins la centième fois que je rencontre la sœur ou l'amie sur-révoltée.
Il a eu une centaine de petites amies…Ooooow…Non ! C'est pas vrai !
-Ok, bon, rassure-moi, tes vieux, ils sont comment ?
-Oh, euh…ils sont…cools, j'imagine. Ma mère est du genre très chrétienne mais ouverte d'esprit et mon père du genre…un peu plus sévère et papa poule. Un peu conservateur aussi. Mais ils ne sont pas méchants. Ils sont comme tous les parents, j'imagine…
-Hum.
Un silence s'installa jusqu'à ce que nous finissions le sundae décoré de multiples fraises. La serveuse revint chercher les coupes vides et nous restâmes un moment à discuter de nos vies et à partager nos goûts. Une discussion assez superficielle, mais j'imagine qu'elle était nécessaire pour que nous apprenions à nous connaître l'un et l'autre.
J'appris que, comme ma meilleure amie, rien ne nous rapprochait Dante et moi. Aucun de nos goûts ne s'accordait. Je ne sais pas si cela constituait un obstacle ou un enrichissement pour chacun de nous deux. J'imagine que je verrai par la suite…Je suis vraiment nulle pour ce genre de choses.
Fin du Chapitre-4
Et bien voilà…chapitre moins attrayant que les autres, je dois l'avouer…Mais nécessaire, surtout que Ankoku no Neko voulait tellement en apprendre sur notre héroïne, qui, soit dit en passant, n'est pas très extraordinaire…
Enfin bref, le prochain relate une discussion entre Clara et Karine, sa meilleure amie, donc je vous préviens, ça risque d'être barbant également…
Et merci pour tous vos compliments concernant l'épisode de la boîte de nuit, j'y ai vraiment travaillé et ça m'a donc fait très plaisir que vous ayez été aussi passionnés que moi ! ^^
Merci mille fois !
RAR :
Ankuko No Neko : Coucou chaton ^^
Oui, je prends toujours mon temps pour répondre à mes lecteurs, je suis sûre que ça leur fait autant plaisir que moi lorsqu'ils m'écrivent des reviews. Simple marque de respect pour ceux qui font l'effort de me donner leur avis, c'est très important ^^.
Lol, et bien sûr que tes conseils m'intéressent, sinon je n'avais plus qu'à désactiver la fonction review, mdr ! Bref, j'espère que ce chapitre t'a un peu plus éclairé. Comme je te l'ai dit, je ne suis pas du genre à balancer un descriptif long de trois paragraphes sur mon personnage, alors tu en apprendras au fur et à mesure, désolée ^^'.
Et je suis contente que tu aie remarqué le travail fourni sur le chapitre 3. J'y ai vraiment passé beaucoup de temps ! Et en ce qui concerne l'environnement, promis je vais m'améliorer parce que ce n'est pas la première fois que l'on me fait la remarque…je suis tellement obsédée par mes personnages il faut dire ! J'espère que tu remarqueras mes efforts sur ce point au prochain chapitre !
Et au fait, tu écris quel genre ? Dans quelle section ?
La boîte de nuit, tu as bien deviné…j'étais effectivement à fond dedans. Je me suis vraiment inspirée de ma première sortie en boîte. J'étais avec plein d'amis mais j'ai ressenti ces impressions-là lors de ma première virée, et je me sentais vraiment oppressée avant de m'habituer. Je m'en suis beaucoup servi donc ^^.
Donc, je vois que c'était une excellente idée, puisque tout le monde a fondu. (J'espère d'ailleurs que la scène du baiser n'était pas trop nunuche). Je penserais à utiliser encore les sensations de mes propres expériences pour l'immersion dans la peau de Clara ^^.
Et merci de me dire que tu ne regrettes pas de lire cette fic, sachant qu'il n'était vraiment pas prévu que je la publie à la base.
À la prochaine j'espère et merci de me soutenir et me conseiller, n'hésite pas surtout, t'es là aussi pour ça !
Ashérit : Contente que ça marche, malgré la personnalité et l'histoire complètement inintéressante de Clara. C'était vraiment mon but. Je ne voulais pas d'une Mary-Sue et encore moins d'une héroïne extraordinaire. Je voulais une humaine de chez humaine, potiche si possible. Néanmoins, j'espère que le fait qu'elle n'ait jamais eu de copain et tout ne t'ai pas dérangé. N'hésite pas à me le dire. ^^
Ravenhill : Hello ! ^^
Merci de me complimenter sur le passage de la boîte de nuit. Je suis heureuse qu'elle ait autant de succès ! Et oui, dommage que ça ne soit pas allé plus loin mais comme tu dis, même si la partie intéressante de la fic se passe justement lorsqu'ils sont ensemble, je ne veux rien précipiter.
Et oui, Dante lui a fait un croche-pied ^^'. Désolée si c'était ambigu.
Mdr, moi je pense qu'en le voyant arriver à mon bahut, je lui aurait roulé une énorme pelle pour faire pâlir tout le monde de jalousie ! Je n'aurais pas résisté à la tentation ^^.
Pourquoi Dante s'intéresse à Clara ? Ça c'est la clef de l'histoire, donc hésite pas à émettre des hypothèses en attendant, lol.
Merci pour l'encouragement et à la prochaine j'espère !
Kurama-Sesshomaru : Aaaaah ! Ma grande amie ! Comment vas-tu ?
Je suis contente que tu aimes autant cette fic également. Je suis franchement heureuse d'avoir fait ta connaissance. Tu es une excellente motivation pour ne jamais arrêter d'écrire. Je sais que tu seras toujours là pour m'encourager. ^^
L'ambiance sombre ne vient pas maintenant, bien sûr. Mais t'inquiète pas, il n'y a pas qu'une intrigue amoureuse. Et oui, Dante n'a pas l'air entiché contrairement à elle…Tu es vraiment bonne lectrice. Tu me connais vraiment par cœur depuis le temps maintenant ^^. Tu es adorable.
Mdr, l'alcool délit les langues, c'est bien connu…Oups ! Non, c'est pas ce que j'ai voulu dire ! Lol.
Oui, tu vas te dire qu'il sortent ensemble un peu tôt après ce chapitre…mais bon, j'ai déjà précisé que l'histoire démarre réellement quand il sont ensemble. Avant, c'est juste des prélims. Lol.
Merci de toujours me soutenir et j'espère ne jamais te décevoir. Néanmoins, n'hésite jamais à me dire aussi ce que tu as moins aimé surtout. Allez biz, je t'aime aussi ma chérie !
Maybi : Lol, merci pour la review et voilà la suite. Désolée si j'ai été longue. J'essaie de publier tous les mois. ^^' J'espère que t'as rassasiée maintenant, lol.
Merci de montrer un tel engouement et à la prochaine j'espère ! (Super idée de menotte pour Vergil XD)
Casey78 : Wooooa, le compliment ! Merci en tout cas ! Ça fait vachement plaisir d'entendre ça ! En tout cas, je suis pareille…quand y a pas de fics intéressantes dans une section, ça me donne l'envie d'en faire une qui me plaît. Je vois que c'était une bonne idée.
Merci de me complimenter comme ça et j'espère que tu continueras à aimer cette fic comme au premier jour ^^. Merci, merci, merci pour tout ce que tu m'as dit. Je vais tout faire pour ne pas te décevoir.
Supy : Merci pour la review. Et oui, j'espère faire revivre un peu la section. Devil May Cry mérite vraiment plus de fics !
