Chapitre-6

Danger

(Musique : Prologue de Devil May Cry 3)

Me croiriez-vous, si je vous disais que malgré tout ce qu'on pourrait en dire, j'étais contente de ma situation ? Si je vous disais que je ferais tout ce qu'il fallait pour que ça marche, même me mettre en danger ? Si je vous disais que de lui à moi, il n'y avait aucune différence, et que nous étions tous les deux mus par la même mauvaise raison : la peur de se retrouver seule ?

La peur de ne jamais partager sa vie avec quelqu'un d'autre à nouveau ? Quelqu'un qui nous plaisait ? Quelqu'un d'unique ?

Me croiriez-vous ? Si je vous disais que je ne réalisais pas le danger, à partir du moment où ses yeux polaires se posaient sur moi, et que dans son regard sombre je ne voyais que l'envie de me garder, malgré la difficulté de la situation ?

Me croiriez-vous, si je vous disais que les Parques m'avaient offert un sombre destin, que je les regardais tisser ma toile lugubre et que je les laissais faire avec réjouissance…car peu m'importait si le temps m'était compté, tant que les derniers grains de sable de ma vie étaient gaspillés en sa présence ?

Me croiriez-vous si je vous disais qu'en réalité, elles m'avaient fait un cadeau ? Que j'avais eu le choix, que j'avais senti le danger venir mais que j'avais décidé de prendre ce cadeau empoisonné avec les deux mains, avec précipitation ? Que je l'avais pris avec joie, le sourire aux lèvres.

Me croiriez-vous si je vous disais que c'est avec plaisir que je me suis plongée dans l'égoïsme de mon petit bonheur personnel et qu'il… ?

Non, personne ne me croirait. Personne ne croit aux démons. Personne ne croit aux chasseurs de démon. Et personne ne croit en lui. Dante. Parce que c'est un nom qui reflète l'Enfer. Et durant tout ce temps passé avec lui, j'ai vu et vécu l'enfer avec mes propres yeux, mon propre corps, ma propre âme et mon propre esprit.

Tout cela n'a aucune importance. Personne ne peut me comprendre. Je voyais l'enfer mais j'étais aveugle…

J'ignorais encore à ce moment-là la signification du mot danger.

Pour conclure sur une note plus légère, j'ignorais également en quoi j'étais unique…en quoi je pouvais l'intéresser…

TuuuuuuutTuuuuuuutTuuuuuuuut

Allez réponds !

Les sonneries angoissantes s'échouèrent dans mon oreille, faisant vibrer mes tympans, tel le glas des cloches d'une cathédrale.

-Tut ! (Ah ! Il décroche enfin !)…(soupire fatigué) Allô ?

-Allô, D-Dante ? Tu vas bien ? C'est Clara.

-Ouais, ouais…, répondit-il d'une voix distraite et feutrée.

-J'ai essayé de te joindre toute la journée, tu sais ? Tu…Il était prévu qu'on se voit ce midi ! Et il est 17h00 !

-Ouais je sais, je sais, mais je suis vraiment sur une affaire importante en ce moment. Alors je suis un peu pris tu comprends ?

Etais-ce seulement moi ou était-il distant ? Essayait-il de m'éviter ? Prenait-il déjà la fuite ? M'étais-je faite des illusions ?

Mon inquiétude dut se lire avec évidence sur mon visage, puisque ma meilleure amie Karine afficha une moue peu avenante, clairement ennuyée par le comportement déjà suspect de Dante.

Concentre-toi, Clara, ce n'est pas le moment de virer à la paranoïa et la possessivité !

-Qu'est-ce qu'il bave ? fusa sèchement sa question, l'air blasé.

-Il est occupé…, lui murmurai-je, la main sur le téléphone – elle grogna. Écoute, Dante, voilà ce que je te propose, lançai-je d'une voix hésitante. Ma meilleure amie repart demain mais elle aimerait quand même te rencontrer avant, alors ce que je te propose, c'est de commander une pizza vers 20h00.

Clairement irritée, Karine prit son appui sur son autre pied, balançant nonchalamment sa hanche du nouveau côté, avec un soupire bruyant montrant de façon très visible son manque de confiance envers le comportement…malheureusement légèrement irresponsable de Dante aujourd'hui.

-C'est la fin de mes horaires de travail alors comme ça on dînera tous ensemble au lieu de déjeuner, et je serais tranquille puisque j'aurai fini mon boulot. Ça…( un silence de mort régnait à l'autre bout du fil) Ca t'irait ?

-Écoute Clara, quand je dis que je suis sur une affaire importante, c'est que le pactole promis est proportionnel à la dangerosité de la mission. J'suis même obligé de faire du partenariat. Tu peux pas venir me voir en ce moment.

-Quoi ? Mais…Mais pourquoi ?

-(autre soupire pesant) Parce que les démons n'ont même plus peur de rentrer chez moi pour me faire la peau. S'ils nous voient tous ensemble, ils en auront aussitôt après toi aussi. Et tu n'es pas taillée pour te défendre. Voilà pourquoi, expliqua-t-il un peu brusquement.

Je sus que ma déception se lisait sur mon visage lorsque je vis l'air intrigué de Karine, qui posa les mains sur ses hanches d'une façon qui trahissait sa force de caractère.

Je me détournai d'elle et me dirigeai vers la terrasse en baissant le volume de ma voix pour que notre conversation devienne plus discrète.

-Est-ce que c'est à cause de Karine ? murmurai-je.

-(rictus ironique) Si c'était que ça !

Je sentais à la façon dont il me parlait qu'il semblait…distrait mais aussi méfiant, comme…sur le qui-vive. Comme quelqu'un qui guetterait le danger par la fenêtre.

-Tu es sûre que la situation n'est pas prête de changer ou…qu'on ne peut pas trouver d'arrangement ?

-On ne négocie pas avec les démons…

-Tu permets ? lança ma meilleure amie en m'arrachant mon portable de l'oreille, furibonde.

-Hé ! protestai-je faiblement.

-Ecoute-moi bien toi ! J'ai pas fait tout ce chemin pour repartir avec l'idée que ma précieuse Clara sort avec un tordu de première qui se teint les cheveux en blanc, dix fois trop âgé pour elle, un véritable obsédé de la pire catégorie doublé d'un psychopathe qui se prend pour un exorciste ! cracha-t-elle, ne laissant aucunement le temps à Dante de répliquer.

-Chasseur de démon, corrigeai-je à son attention avec une voix de petite souris, ce à quoi elle me répondit en faisant les gros yeux, ceux qui disaient que si je ne me taisais pas, je passerais aussi à la casserole.

-Alors soit on est un homme, soit on ne l'est pas ! Mais je jure que si tu ne trouves pas d'ici trois le secondes le moyen de le prouver et m'affronter, moi, la centième ridicule chaperonne à qui tu auras affaire pour me prouver que tu mérites Clara, tu peux lui dire adieu parce que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu ne la revois plus jamais, est-ce que c'est bien clair ?

-Non, Karine, je t'en prie, dis pas ça ! m'exclamai-je en saisissant son bras pour tenter de reprendre l'appareil.

Étant plus grande et forte que moi, elle n'eut aucun mal à se dégager de ma prise pour s'éloigner d'un pas cadencé vers la cuisine et s'adosser à l'évier, le dos recourbé.

-J'en ai la possibilité et crois-moi, je me gênerai pas pour un pauvre type comme toi. Ça lui arrive d'être une pauvre cloche mais moi vivante je ne laisserai personne profiter d'elle et surtout pas un déglingué dans ton genre, vu ?

Il y eut un moment de silence atroce et angoissant durant lequel Dante répondait probablement à ces propos venimeux, avec le maniement mordant de la langue dont je le savais capable, à en juger par l'air de plus en plus colérique de Karine. Ses yeux s'exorbitaient de seconde en seconde, jusqu'à ce qu'elle s'exclame :

-Non mais tu te fous de moi ? J'en ai rien à foutre, ok ? Tu peux te mettes ça où je pense ducon. Ou tu la veux, ou tu la veux pas ! Tu as trois secondes j'ai dit (elle commença un décompte affreusement rapide) : un…deux…

Un débit rapide à l'autre bout du fil lui répondit. Soudain, un air satisfait que je lui connaissais bien apparut sur les traits de ma meilleure amie, tandis que je m'approchais d'elle à pas mesuré. « Aaaaah !...Très bien, très bien !...Hum, hum ! » répliquait-elle. Je soupirai, incapable de deviner ce qu'ils se disaient exactement. Je me sentais frustrée et agacée par le comportement embarrassant de Karine.

Soudain, elle me pointa le téléphone portable noir à clapet sous le nez, l'air d'une femme d'affaire qui venait d'obtenir tout ce qu'elle désirait. « Il veut te parler. » informa-t-elle. Je le pris nerveusement entre mes minces petits doigts, craignant d'entendre le « Il n'y aura jamais plus rien entre nous, tu peux en être sûre ! » fatidique.

-A-Allô ? appelai-je d'une voix peu assurée, le cœur battant à tout rompre, dopé par le stress.

-Ta copine est l'enfer fait femme, t'es au courant de ça ? se plaint-il. Bravo, elle vient de battre le record de perniciosité de toutes les précédentes ! Moi qui croyais ne jamais tomber sur pire ! Félicite-la de ma part !

-Je-je suis désolée, vraiment. Je ne pensais pas qu'elle réagirait comme ça. Je ne pouvais pas prévoir. Je voulais juste…

Faire plaisir à tout le monde, comme toujours, d'où le « pauvre cloche » de Karine, j'imagine…

-Peut-être, mais en tout cas je te préviens, si y a le moindre pépin, j'annule et je ne veux entendre aucune protestation ni ultimatum. Sinon je jure que vous aurez vous-mêmes creusé votre tombe et que je ne suis pas celui qui ai incité les démons à venir frapper à votre porte !

Il me raccrocha violemment au nez. J'éloignais l'appareil de mon visage, consternée.

« Qu'est-ce qu'il a dit ? » demanda-t-elle en me faisant face.

Je lui répétai mot pour mot, sans aucun mal, tant les mots seraient à jamais gravés dans ma mémoire. L'enfer fait femme, elle était bonne celle-là. D'ailleurs, à cette mention, elle rit à gorge déployée, un brin sadique, contente de son effet. En effet, dans un certain sens, je devais admettre que ça donnait une bonne idée de ce dont Karine est capable…

-Je…J'ai pas compris, explique-moi…

-On se retrouve ce soir au resto pour manger après ton service. Il a même dit que c'est lui qui nous invite.

-Quoi ? Donc…il…on ne rompt pas ?

-Mais non, imbécile ! railla-t-elle. Non, en fait, le plus intéressant, c'est le fait qu'il dise que si on conteste l'annulation, il ne prévoit même pas de rompre. Il va tout simplement laisser les « démons » envahir ton chez-toi, tant qu'il sort avec toi !

Une immense vague de soulagement se répandit en moi et je soupirai discrètement, une main sur le cœur pour tenter de le calmer et le prévenir qu'il risquait de souffrir de stress horriblement, à présent.

-Non mais quel phénomène, je te jure ! Ce gars-là doit être plus que désespéré pour se laisser mener à la baguette par moi comme ça. Ha ha ha! Ca a pas l'air d'être son genre !

-…Ouais, on peut dire ça, répliquai-je, grinçant des dents à la mention de l'adjectif « désespéré ».

-En tous les cas, me confit-elle d'un air mutin, mis à part le fait qu'il soit dérangé, il a une superbe voix. Il doit vraiment être aussi canon que tu le dis ! Pourquoi t'as pas de photo de lui sur ton portable ? En plus de ça, à un moment, j'ai failli perdre mon latin. Monsieur est maître dans l'art de l'usage de la langue, concéda-t-elle avec un clin d'œil suggestif.

-Oh arrête, tu m'énerves…, soupirai-je en faisant la moue, à moitié sérieuse. J'aurai jamais dû te raconter ça…

† Devil May Cry †

-Alors ?

-Pas de réponse…

-Humph, renifla-t-elle en signe de dédain.

Elle tourna la tête vers la salle bondée du restaurant italien. Dante l'avait probablement choisi pour pouvoir manger une pizza et un sundae à la fraise au dessert, tandis que nous pourrions choisir ce qui nous plairait. Comme les lasagnes de nos voisins de tables par exemple, qui sentait affreusement bon d'ailleurs…

Seulement comme par hasard, une demi-heure après que l'heure de rendez-vous soit dépassée, il avait à nouveau décidé de ne pas répondre. J'avais beau rappeler…

Il était peut-être trop en colère pour moi pour avoir envie de venir ? Surtout pour faire face à celle qu'il appelait « l'enfer fait femme » ? Peut-être qu'au contraire je l'avais obligé à sortir et qu'à cause de moi il avait eu des ennuis ? Etait-il retenu captif par des démons ? Etait-il souffrant ? Mal en point ? Ou pire…mourant ?

Ou même déjà mort.

Driiiiiiiiiiiiiiiiing !

-Ah ! Ah ! Ah mon dieu ! m'écriai-je en sursautant, le portable vibrant et criant à tout rompre dans ma main.

-Réponds, bon sang ! répliqua Karine, excédée par ma peur soudaine et inexpliquée. C'est sûrement lui !

Je…je me suis fait peur toute seule, bon sang !

-A-a-a-allô ?

Je n'entendais que des bruits confus à l'autre bout du fil. Plus particulièrement des cris bizarres et agonisants. Karine s'interrogea sûrement sur le visage que j'adoptai car elle avait un air complètement interdit et abasourdi, miroitant probablement le mien.

« Allô ! » cria une voix féminine à l'autre bout du fil. J'entendis d'immenses coups de feus, capable de rivaliser avec le bruit que ferait un lance-rocket.

Dîtes-moi que cette fille répondant au téléphone de Dante n'avait pas de lance-rocket.

-Qui est-ce ? demanda-t-elle.

-C-c-c'est plutôt à moi de vous poser cette question.

Cette fois, j'entendis distinctement la voix de Dante, en arrière-fond. Il criait et haletait. Je fronçai les sourcils de travers, les yeux écarquillés.

-Qui c'est ? demanda avidement Karine.

-Qui c'est ? répétai-je machinalement, sentant toute couleur quitter mon visage.

En attendant, c'est elle que j'avais entendu bouger et haleter. « Saleté ! » lança-t-elle. (Coups de feu.) Je sursautai à l'insulte. Karine se pencha au-dessus de la table, abasourdie par ce qu'elle venait probablement d'entendre.

-Pourquoi est-ce vous qui répondez et pas Dante déjà ? demandai-je sèchement (ma voix trahissait ma nervosité cependant).

-Ici Lady. Dante est occupé pour le moment ! Qui le demande ? questionna-t-elle rapidement, le souffle court.

-O-o-occupé ? Comment ça occupé ? Ça fait une demi-heure qu'on l'attend !

-C'est Clara ? (Sursaut)

-Comment vous le savez ? accusai-je.

-J'l'vais vu sur le téléphone ! Dante ! s'écria-t-elle en s'éloignant du combiné. Une certaine Clara te demande ! Qu'est-ce c'est encore que cette histoire ? questionna-t-elle d'un ton encore plus accusateur que le mien.

-Clara ! Surtout ne viens pas ! entendis-je Dante hurler de loin, l'air enragé.

Brusquement, prise d'une impulsion panique, je raccrochai en plaquant le téléphone sur la table, alertant tous les voisins de table. Karine et moi nous nous dévisageâmes un long instant, les yeux grands ouverts, la bouche fermée mais de façon figurée, la mâchoire probablement écrasée par terre.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle enfin.

-Je…Je sais pas. Une femme a répondu. Mais Dante était bien là.

Elle fronça également les sourcils de travers, stupéfaite.

-Qu'est-ce qu'il faisait ?

-Je…je sais pas. J'ai entendu des coups de feu mais…

-Quoi ?

-Non rien. Je me fais des idées, répondis-je précipitamment.

Elle m'envoya un regard incendiaire.

-Des coups de feu ? Tu veux pas plutôt dire qu'ils étaient en train de coucher ensemble ? (Sursaut)

-Quoi ? Non, j'ai jamais dit ça ! C'est tordu comme explication ! Pourquoi ils…ils…et tirerait des coups de feu en même temps ? Je pense…je pense qu'ils sont en mission et qu'il ne peut pas nous rejoindre.

-Tu ne penses tout de même pas que je vais croire à cette connerie ?

-C'est ça ou rien. En plus il m'a demandé de ne pas venir.

L'air de Karine acheva de montrer sa suspicion. « Ça suffit. Lève-toi on s'en va. » Je la suivis dehors, sur le parking sombre, humide et glacée. « Où ? » demandai-je. « En avoir le cœur net ! » répliqua-t-elle en grimpant dans sa petite voiture grise. « Quoi ? » m'exclamai-je en montant côté passager. En démarrant, elle se tourna vers moi en lançant : « Parce que je sais que tu ne lâcheras pas l'affaire tant que tu n'en seras pas sûre. Moi je dis qu'il te trompe. Quand tu verras, tu pourras le quitter sans regret. »

Elle fit reculer la voiture avant de s'engager sur la route. J'avais encore fait une erreur en indiquant l'adresse de Dante dans mon récit. J'étais trop confuse et incrédule pour lui répondre tout de suite. Je me contentai de fixer durement la route pendant quelques minutes, où le silence régnait dans l'habitacle.

-Pourquoi…Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu dises des trucs comme ça ?

-Quels trucs ?

-Comme celui que tu viens de dire ! C'est comme si pour toi, c'était impossible que je puisse avoir un petit ami ! Quelqu'un qui veuille bien de moi ! Pour ce que je suis ! C'est quoi ton problème ? Je suis si détestable que ça ?

Je me rendis compte que j'étais sur les nerfs, mais aussi au bord des larmes.

-Parce que tu es trop crédule. Tu as pris le premier venu et maintenant tu es prête à tout pour le garder. Mais tu ne veux pas voir qu'il n'est pas fait pour toi.

-Qu'est-ce que tu en sais ? m'exclama-je, agressive, bien que ma voix eut plus l'air de minauder qu'autre chose. Qui te dit qu'il n'es pas fait pour moi ?

-Si c'était le cas déjà il serait venu ! répliqua-t-elle en haussant le niveau d'agressivité de la tension qui régnait déjà.

-Il a eu un empêchement ! Ça arrive ! Ça ne fait pas de lui un mauvais petit ami ! Qui selon toi serait assez bien ? L'homme parfait ? Il existe pas, ok ?

-Qu'est-ce qui te prends de me crier dessus ? T'es amoureuse ou quoi ! (Elle quitta momentanément la route des yeux pour me toiser du regard.) De qui de lui ou de moi est-il le plus crédible ? Celui à qui tu devrais accorder ta confiance ?

-LUI !

Je la vis serrer des dents du coin des yeux.

-Et en quel honneur ? s'énerva-t-elle.

-S'il m'a demandé de ne pas venir, c'est signe que quelque chose ne va pas et que c'est dangereux ! Pourquoi tu veux pas m'écouter ? criai-je en m'emparant de son bras, essayant de la faire changer de direction.

-Arrête ! Tu vas nous tuer !

-Pourquoi tu veux pas me croire ?

L'enseigne rouge apparaissait déjà au bout de la rue et de la cour carrée. Soudain, un corps massif atterrit sur le toit de la voiture encore en marche, en pleine vitesse. Nous sursautâmes et criâmes en chœur, toute colère envolée, remplacée par la peur. Tout à coup, des griffes d'acier immenses percèrent la toiture, jusque au frein à main. Nous hurlâmes de peur mais Karine eut le courage d'obliger la voiture à tenir la route. « C'est fini ! On est mortes ! » m'écriai-je.

Nous finîmes par arriver dans la cour rectangulaire. Elle freina brusquement et la voiture tourna sur elle-même avant de ralentir enfin. Au passage, nous heurtâmes plusieurs corps massifs inconnus. Ma voix ne cessait de hurler face aux attaques incessantes du monstres. « Baisse-toi ! » m'ordonna Karine. L'instant d'après, le déchirement du métal nous prévint que le démon avait trouvé le moyen d'ouvrir la boîte de conserve. « Sortez de là ! » cria celle que je reconnaissais être Lady. « Sortez de la voiture ! »

Paniquée, j'avançai une main vers la portière mais le monstre eut tôt fait de la transpercer, croyant atteindre ma main. Je la retirai vivement en hurlant de plus belle, effrayée à mort. Soudain, la portière s'ouvrit et je découvris une splendide jeune femme me toisant du haut de son lance rocket. Elle s'apprêtait lorsque le démon la balaya d'un geste du bras. Tandis qu'elle atterrissait quelques mètres plus loin, une explosion rougeâtre fauche le démon qui s'acharnait au-dessus de nos têtes mortelles.

Karine me poussa de force dehors, me suivant de près. « Dégage de là bon sang ! » Je sentais ses ongles s'enfoncer dans ma main tant elle me soutenait avec force, détermination et peur. Elle me traîna par le bras vers la ruelle que nous avions emprunté pour venir. Je voyais à peine. L'adrénaline me rendait essoufflée et mon cœur semblait à deux doigts de s'arrêter pour surmenage.

-Ton arme, donne-moi ton flingue ! ordonna-t-elle.

-Quoi ?

Les films et les livres qui disaient qu'en moment de panique on était vif, alerte et lucide mentaient vertement. Je ne ressentais rien de cela, si ce n'est une peur panique et une nécessité absolue de sauver ma peau. J'étais paralysée dans mes décisions.

« Je sais que tu caches une arme dans ta veste ! Donne-la moi merde ! » Avec ma main libre, moite, les doigts tremblants et nerveux, je saisis l'arme à feu à l'intérieur de ma veste et la collai à son bassin où elle me l'arracha. Nous continuions de courir vite. Elle retira la sécurité et tira à bout portant devant elle. « La tête ! Vise la tête ! » hurlai-je. La bête tomba et nous l'évitâmes de justesse. Nous courions le plus vite possible, mais c'était comme si le monde était au ralenti, les monstres rapides comme l'éclair et l'embouchure inatteignable.

Nous courions de toutes nos forces pourtant. Je le savais car je sentais mes chevilles prêtes à rompre au moindre faux mouvement de quelques centimètres. Mes genoux réclamaient le repos car malmenés. L'air glacé rentrant dans mes poumons semblait les déchirer de part en part et l'adrénaline en surdosage m'empêchait d'analyser clairement tout ce que je voyais ou entendais. Je ne voyais que Karine et l'obscurité. J'étais figée par la frayeur, complètement terrorisée.

Enfin, nous arrivâmes à la ruelle. Il a fallut qu'un démon se soit posté à cet endroit. Karine tira les dernières balles restantes, surprise et effrayée par la brusque apparition du monstre géant défiguré. L'arme émit alors un cliquetis chronique et inquiétant, nous informant que nous étions désormais sans défense.

Le hennissement d'une bête infernale m'avertit que nous étions attaquées par derrière. Je me retournai vivement, les yeux agrandis par la terreur. Tout était si rapide que je ne captai pratiquement rien. Je ne sentis que la chair de mon bras se déchirer et le mouvement violent du monstre me projeta au sol, aux pieds de Karine, impuissante, qui par réflexe avait tiré sur le démon. Mais en vain.

Tout à coup, une immense épée argentée traversa l'abdomen du monstre et ne s'arrêta qu'à quelques millimètres de mon nez. Une gerbe de sang foncée à l'odeur putride nous macula des pieds à la tête. L'épée se retira tout aussi vivement sur le côté, entraînant le monstre à tombe sur le côté également, avant de disparaître en une masse sablée sombre.

J'eus tout juste de voir une immense silhouette faire volte-face pour tirer à une main. Mais tous les monstres présents disparaissaient dans un coin sombre et celui qui se tenait au centre de la cour, le plus grand, disparut en laissant traîner un long rire glauque après son passage. « Meeeeerde ! » entendis-je crier la voix grave de Dante, qui jeta son épée massive dans la direction du monstre. Mais elle ne fit que heurter le vide et ricocha plusieurs fois avant de se planter aux pieds des marches de son enseigne.

Son corps fit à nouveau volte-face, le visage emprunt de colère noire. Nous sursautâmes à nouveau. « Quel mot de « Ne viens pas ! » n'as-tu pas saisi exactement ? » lança-t-il en criant avec une voix d'outre-tombe. « Tu l'as fait exprès ? » accusa-t-il avec force. La jeune femme que j'avais aperçu tout à l'heure, une brunette sombre, mystérieuse mais surtout sexy posa fermement une main sur son épaule pour lui intimer le calme et la raison.

J'avais déjà trouvé ses vêtements courts sur moi…mais en vérité j'étais loin du compte. Etant plus grande que moi, sa chemise et sa jupe étaient si remontées qu'elle avait besoin d'un boxer pour ne pas dévoiler le plus important.

Karine se tenait immobile, debout contre moi. Et soudain, sans que je ne puisse me retenir, je me recroquevillai sur moi-même avant de fondre en pleurs bruyants. La douleur au bras m'atteignait enfin, mais ce n'était rien comparé à l'après-coup hyper stressant que je venais de vivre. Les spectateurs restaient interdits, ne sachant probablement quoi faire.

J'étais enfin consciente du danger qu'il me faisait courir…

Fin du Chapitre-6

Voilààààààààà !

Bon, bien sûr, désolée pour le retard. J'avais publié sans fautes à un mois d'intervalles jusqu'à présent mais avec les épreuves du BAC et tout, j'ai été surbookée. D'ailleurs, j'ai eu de bonnes notes grâce à mon assiduité ! (Mention bien, ça gère pas ça ?)

J'avais tenu à le partager avec vous ^^. Désolée encore pour le retard et pas d'inquiétude, la publication va reprendre un train normal à présent.

Merci donc d'avoir demandé la suite, donc de m'avoir encouragé en me prouvant que vous étiez bien là et de m'avoir poussé à reprendre l'écriture assez vite ^^.

RAR (mille fois merci pour les reviews, je ne pensais vraiment pas avoir de succès dans une section aussi peu fréquentée ^^') :

Ashérit : Comment va ma lectrice anti-Mary-Sue ? XD J'espère que mon héroïne continue de s'en éloigner. ^^ J'y mets vraiment tous mes efforts.

Merci encore pour tes compliments au passage ^^. Sache que cela fait toujours autant plaisir. Et maintenant tu sais comment elle réagit face au job de Dante. Elle se mets en mode « survie » lol. En tout cas moi je serai comme toi ou Clara. Soit l'hystérie, soit la paralysie. En tous les cas c'est pas très bon pour survivre face à des démons XD mdr.

Enfin bref, j'espère que la suite t'a plus malgré le retard. À la prochaine j'espère !

Casey78 : Hey, comment ma plus fidèle lectrice de Devil May Cry ? ^^ Encore désolée pour le retard.

Merci pour le compliment et le fait que je ne sois pas tombée dans le « twilightesque ». Ça c'est vraiment un compliment pour moi XD. Je suis souvent proche des sentiments des personnages, surtout lorsqu'il s'agit d'un récit à la première personne comme ici. Donc j'espère vraiment ne pas tomber dans la minauderie ^^'.

Et n'aie surtout pas honte de me faire lire ta fic. J'ai toujours plein de trucs à apprendre. Donc tu pourras sûrement m'apprendre des trucs et vice-versa. Si tu veux me l'envoyer y a pas de soucis. J'ai du temps maintenant donc je peux m'en occuper quand tu veux ^^. Ça me ferait très plaisir.

J'espère un jour publier un livre, effectivement. Mais comme je te l'ai dit j'ai encore beaucoup à apprendre ^^. Mais crois-moi, le jour où ça arrive, tu seras l'une des premières prévenues, j'en fais mon affaire.

Encore merci pour ton assiduité et n'hésite pas à me donner ton avis sur ce chapitre encore une fois ^^. Biz !

Supy : Ah ! J'en suis sûre ! Enfin bref, vérifie un jour si tu veux mais il me semble que oui ^^. Ton style d'écriture me rappelle vraiment quelque chose.

J'espère que tu n'es pas non plus déçue de ce chapitre. Durant la moitié, ça ne bouge pas. On est encore très centré sur la relation Clara-Dante. Mais je commence à élargir mon champ avec ce qui vient d'arriver ^^. Je pose mes marques petit à petit…J'essaie de prendre mon temps pour bien ficeler mon scénario et éviter de me retrouver dans une impasse à un moment donné XD.

Et oui. J'ai tenté de garder un semblant de réalisme. Il faut pas oublier que Dante vs Karine, c'est le fantastique vs réalité. Autremen dit, la frontière entre Devil May Cry et notre monde. Parce qu'après tout Karine et Clara sont des gens du commun, de « notre » monde et pas Dante. J'ai donc essayé de faire confronter les deux de la façon la plus plausible qui soit. Mais j'imagine qu'à un moment je n'aurai plus le choix et je devrais totalement me fondre dans le fantastique XD.

Et oui, j'aime aussi les moments romantique :3. ^^ Donc forcément y en aura beaucoup. Mais l'histoire est rated T-M. Donc y aura pas que ça non plus XD. Une fan de Sephy ? Enchantée ^^, je suis une fan de Vincy Valentine x). Toi et moi on a beaucoup à partager :D.

Kurama-Sesshômaru : Hé ma grande copiiiiiiine ! ^^

Je savais que tu l'attendais aussi ce chapitre, donc j'espère qu'il te plait autant que tout ce que j'ai écrit ! Mdr ! Donc tu vois, lol, nul besoin de me séquestrer ^^'. Faut pas proposer de telles idées, après les lecteurs vont se liguer avec toi et se relayer à tour de rôle pour me surveiller dans la salle dans laquelle vous m'aurez enfermé mdr XD.

Le rose whip ? Aaaaaah ! Non c'est bon, je suis déjà au travail ! Je t'assure !

Lol, et oui t'as vu ! J'ai fait un effort pour le décor ! Si toi tu remarques, c'est la preuve que y a un vrai changement non ? XD

Lol, déjà pressé de lire des trucs cochons mdr :3 ?

Désolée, pas de baiser dans ce chapitre ^^'. Juste de la bonne baston x).

Encore merci de m'avoir soutenu pour mon bac, tu mérites vraiment tous les chapitres à venir. Lol, faire payer mes fics ? En voilà une idée intéressante…lol

Désolée pour le piment, je sais pas quand il revient ^^'. Quand la situation le permettra ? XD

Encore merci pour ton soutien, biz ma cocotte je t'aime aussiiiiiiiiiiiiiii !

Lust69 (c'est fou ce que j'adore ton pseudo XD) : Merci pour le compliment. J'espère que celui-là est à la hauteur également.

Lol, oui il s'amuse bien comme tu l'as remarqué. Et oui tu as deviné, il a peur que son jeu vire au massacre comme dans ce chapitre. Ce qu'il craignait a fini par arriver ^^'.

Clara et ses questions existentielles, lol, j'ai fait exprès aussi XD. J'espérais faire rire mais je sais pas si ça a atteint son but, lol. Hésite pas à me dire si ça devient trop lourd.

Bon, comme tu l'as deviné, Clara et Karine ont foutu la merde donc maintenant elles sont aussi des cibles, mais j'espère ne pas tomber dans le cliché « cul cul la praline » comme tu dis mdr. Ca serait vraiment ma hantise. J'ai vraiment envie de créer un scénario qui sorte du lot, même si toutes les histoires finissent par se ressembler ^^'. On veut toutes la même chose à la fin.

P.S. : Oui, elle arrive dans quelques jours. Je l'ai presque finie également ^^. Après la correction, elle sera directement sur le site, pas d'inquiétude.

Ravenhill : Coucou ! ^^

Rah ! C'est génial ça ! :D T'as le rire facile ! J'espère vraiment faire rire mes lecteurs pour détendre un peu l'atmosphère des fois, puisque Devil May Cry, c'est pas seulement des bains de sang non plus. Mais je dois avouer que des fois j'ai l'impression que mes passages humoristiques ne font rire que moi des fois XD.

Oui, je suis très centrée sur les sensations et sentiments des personnages, donc forcément, ça doit être mon point fort.

Lol, et oui tu avais trouvé la super méga giga bonne hypothèse. Dommage que j'ai changé XD. Sinon t'aurais eu ultra-raison. En ce qui concerne la nouvelle, disons que tu touches la raison superficielle que j'ai donnée. J'espère que tu trouveras la raison profonde de nos deux personnages avec ce chapitre ^^. Et les suivants aussi pardi !

Lol, tu m'étonnes, à sa place j'aurais aussi eu envie de céder directement.

En tout cas, la rencontre se passe enfin. Après ce qu'il vient de se passer, je parie que ça ne fait que faire monter le suspens. XD

J'adore torturer mes lecteurs, niark niark niark ! x)

Laure : Bienvenue à toi nouvelle lectrice ^^. Voilà la suite ! J'espère qu'elle t'a plu. :)