Hello ! Et oui, désolée du retard…sans raconter ma vie, disons simplement que j'ai eu de graves problèmes personnels depuis novembre de l'année dernière et je vous dis avec sincérité que ce n'est que maintenant, au mois d'avril, que je commence à voir la lumière au bout du tunnel, même si tout n'est pas encore gagné, ma vie s'améliore.

Je promets de ne pas vous oublier. Et j'espère que mes histoires sont d'un quelconque soutien à ceux qui les lisent et ont des problèmes également. Je sais que moi, sur fanfiction, rêver de temps à autre en lisant des histoires me permet de m'évader quelques minutes pour mieux supporter mon quotidien. Alors j'espère être d'une aide quelconque à qui que ce soit, même sommaire.

Aujourd'hui, grand changement, j'ai prévu de répondre aux reviews avant l'histoire. Histoire de faire durer le suspens quoi XD !

RAR : (encore mille fois merci)

Supy : Lol, contente de voir que tu n'es pas déçue et que décidément lol, Dante a toujours la classe entre mes mains ^^. Lol, oui, je pense maintenant que tu dois voir pourquoi j'ai créé Karine XD. Je suis sûre que vous serez tous impatients de voir comment elle va réagir au chapitre suivant. Donc oui, maintenant, elle va écouter Clara un peu plus souvent maintenant, lol.

Lol, sérieux ? Une grande fan de Viny ? Moi aussi je suis fan (lol, en même temps j'ai écrit une fic sur lui aussi ^^', comment ne pas le deviner. En tout cas, je t'envie! Moi aussi je veux une figurine!)

Kurama-Sesshomaru : Merci pour l'histoire du BAC, tu m'as vraiment beaucoup soutenu. Ca m'a fait du bien, vraiment merci!

Mdr, toi, stresser? Mais ce n'était pas mon intention voyons (XD). Contente de voir que ce chapitre t'a scotché! Je voulais vraiment faire rentrer le lecteur à fond dans la scène d'action! Lol, et je vois tout le monde est très remonté contre Karine aussi. Mais non, t'inquiète pas, elle va pas le lui piquer lol XD. Je pense même que ça va être tout le contraire.

Je te laisse découvrir ce chapitre plein de rebondissements au niveau sentimental et je te laisse aussi angoisser tant qu'à l'avenir de leur couple (niark niark). Il va y avoir une sérieuse remise en question!

Donc j'espère que ce chapitre va te plaire, il y a une petite surprise à l'intérieur ^^. Merci encore pour toutes tes reviews et tes encouragements. Biiiiz je t'aime aussi!

Laure : Désolée du reard, vraiment! Pardooooon! T_T

Merci pour la review et merci de comprendre mes retards. Je suis contente moi aussi que t'ai eu ton BAC, ça reste quand même très important ^^. Dis-moi, t'es à la fac maintenant?

Biz et apprécie bien ce nouvrau chapitre! Byyyyye!

Aschen : Merci pour la review et désolée du retard évidemment. J'espère que le moment tendre de ce chapitre t'aura plu ^^.

Casey78 : Merci de me féliciter pour mon BAC. D'ailleurs merci pour le commentaire tout court, et totu ce qu'elle contient, c'est vraiment du bonheur. Et désolée pour le retard aussi, bien sûr. J'espère que ce chapitre te plaira autant que les précédents bien qu'il ne s'y passe pas grand chose. Biiiiiz!

PS:Je vais y jeter un coup d'oeil. J'espère que tu sauras me reconnaître lorsque j'y laisserais un commentaire ^^.

Pauline : Je suis vraiment contente. Merci la review. J'espère que la suite continuera de te plaire autant que les premiers chapitres!

Asherit : Lol, il est vrai que j'ai créé un persoonage peu commun XD. Lol, et oui, t'as complètement raison! J'aurai pas mieux dit moi-même lol. Quand elles font une connerie elles font pas semblant XD. Mais bon, les réflexes de Karine n'ont pas suffit et c'est Clara qui en pait les conséquences, comme tu vas pouvoir le remarquer dans ce chapitre. Allez biiiiz!

Ravenhill : Wow, c'est un roman que tu m'as écrit! Pardonne-moi si ma réponse n'est pas aussi longue!

Merci pour mon BAC, ça fait vraiment plaisir de voir tous les gens qui m'ont félicité pour, ça fait vraiment du bien. Lol, et à ce que je vois, t'aime beaucoup Karine. C'est gentil, parce que beaucoup d'autres sont remontés contre lle après qu'elle ai fait la connerie de venir dans le chapitre précédent XD.

Et j'espère que je me m'améliore pour les décors et la description de scènes d'action ^^'. À la première personne, je dois avouer que c'est pas évident du tout!

Et puis, je dois avouer que je ne sais plus quoi dire, tu devines tout d'une seule lecture. Je n'ai plus rien à t'enseigner, ni même de suspens à te faire ressentir ^^'. Tu as tout eu bon.

Maintenant, reste juste à savoir si Dante va effectivement lui donner des leçons (ou pas XD).

VegetaYouShoulveComeOver : Lol, c'est un pseudo super drôle que t'as là XD. C'est par rapport à quoi?

Merci pour le compliment. Lol, et puis t'inquiète pas, Clara va évoluer avec le temps. Elle ne sera pas toujours comme ça ^^' (espérons-le en tous cas XD). Et merci de me soutenir. Bonne lecture! ^^

Eclipse1995 : Merci beaucoup ^^. C'est vraiment sympa ce que tu dis, ça me fait vraiment plaisir. J'attends ta réaction pour ce chapitre et j'espère qu'il va te plaire ;). Moi aussi je suis très impatiente de voir comment vont évoluer els choses quand ils vont passer au stade supérieur mdr XD.

Merci de m'encourager à continuer. Désolée pour le retard et j'espère que la suite te plaira. Biiiz!

Ophelle : J'espère que ce chapitre t'aura plu et merci pour la review magnifique que tu m'as laissé. Biiiiz! Et désolée pour le retard!

Dezaato : Salut! Lol, mais n'hésite pas à dire des choses sincères si c'est pour me dire quelque chose d'aussi gratifiant voyons ^^. Ce que tu m'as dit m'a vraiment fait plaisir, vraiment. C'est très sympa. J'espère que la suite te plaira même s'il ne s'est pas passé grand chose ^^'. Vraiment, merci, désolée pour le retard et surtout bonne lecture. Biiiiz!

Chapitre-7

Chance

Je pleurai tant et si bien que j'arrivai à peine à respirer. Mon humeur me faisait valser entre les cris, les pleurs et la respiration laborieuse. J'avais rétracté mon bras blessé contre ma poitrine et ma main gauche tenait instinctivement la blessure sur mon avant-bras, empêchant le sang de trop couler.

Soudain, Karine réagit derrière moi. Elle s'agenouilla et s'apprêtait à me prendre dans ses bras lorsque brusquement, Dante la devança, arborant toujours cette expression sombre sur son visage, accompagné d'un regard noir. « Ne la touche pas. Tu pourrais être contaminée. » Il me souleva, un bras portant mes jambes et l'autre entourant mes épaules et me plaquant durement à lui. Ma tête se nicha plus confortablement dans le creux de son épaule.

Sans dire un mot de plus, il se dirigea vers le Devil May Cry. J'entendais vaguement une conversation entre Lady et Karine, mais mes sanglots étaient si violents qu'ils couvraient tout et déchiraient le silence de la nuit, celui qui suivait la bataille. Il passa la porte en la poussant d'un coup de pied impatient et continua ainsi vers les escaliers menant à l'étage.

Même dans les escaliers, il poursuivait d'un pas cadencé, sans que jamais mon poids n'ait l'air de le fatiguer. Il ouvrit une porte à droite comme il put avec la main tenant mes jambes.

Nous entrâmes et il ferma la porte d'un autre coup de pied, moins brusque cette fois-ci. C'était une autre salle de bain, un peu plus sombre et moins spacieuse, tandis que celle du bas était d'un blanc éclatant. Il finit par me poser à terre, assise, le dos contre la baignoire qui se trouvait au fond de la pièce, face à l'entrée. J'étais trop occupée à tenir mon visage dans mes mains pour observer son visage et mesurer son degré de ressentiment.

Il tira sur mon bras et la douleur me fit échapper un cri. La blessure me brûlait à présent, comme si la présence de Dante lui était hostile. Mon sang carmin se mélangeait au noir du monstre, présent partout sur moi. Jamais je ne m'étais sentie aussi sale et en piteux état.

Il se leva chercha une fiole sur les étagères. Il en saisit une assez massive, plutôt poussiéreuse, transparente, laissant voir un liquide tout aussi clair et transparent, fermée par un simple bouchon de bois.

Je lui jetai un regard inquiet même si je savais au fond de moi que Dante ne me donnerait jamais quelque chose pouvant aggraver une blessure. Il s'agenouilla à nouveau à côté de moi, du côté de mon bras droit.

-C'est de l'eau bénite. Fais en sorte d'en avoir toujours sur toi maintenant. Elle tue les démons en agissant comme un acide mais purifie les blessures teintées d'énergie démoniaque.

-Dé-dé…

Je n'arrivais même pas à prononcer un mot. Son attitude était froide et son visage à présent inexpressif. C'était comme s'il essayait de maîtriser sa colère.

-Les humains comme toi ne sentent pas l'énergie démoniaque, mais une fois blessé par un démon, cette énergie peut teinter la blessure et agir comme un poison. (Il fit une pause, me regardant droit dans les yeux, comme pour être sûr que j'assimilerai une chose importante.) Tu peux en mourir en quelques heures et si le démon est assez puissant, il peut te posséder et te contrôler, ou bien réveiller en toi des instincts sombres et meurtriers. Tu pourrais à ton tour devenir un monstre à visage humain. Tu comprends ce que ça veut dire ?

-Ou-ou…oui.

Mes sanglots m'empêchaient de prononcer le moindre mot sans bégayer.

Il ouvrit la bouteille avec les dents puis versa le liquide sur mon bras, qu'il avait placé au-dessus de la baignoire. C'était comme si on avait versé de la glace liquide sur mon bras, étouffant le feu qui y avait pris place. La sensation était douloureuse et soulageante à la fois. Néanmoins, la peau n'étant pas touchée par la blessure accueillait l'eau bénite comme une eau normale. Seule la blessure réagissait.

Il s'agissait d'une ouverture béante sur mon avant-bras. Ce n'était pas une coupure mais davantage une déchirure peu soignée. De la vapeur s'en échappait, une fois que le liquide l'avait pénétré. La douleur me fit grimacer et pleurer de plus belle, mais il tenait fermement mon bras, m'empêchant de le retirer.

Lorsqu'enfin il arrêta, il reboucha la bouteille, la replaça où elle était et prit un rouleau de bandage et un de film plastique sur l'étagère inférieure. Il se dirigea à nouveau vers moi, enroula rapidement le bandage qui se teinta un peu de sang, le serra étroitement, et rajouta le film plastique par-dessus, encore plus étroitement.

Mes pleurs s'étaient plus ou moins calmés, seules quelques larmes échappaient à mon contrôle de temps à autre. Des images me revenaient en tête, tels des coups de poings, mais avec la présence de Dante à mes côtés, comme repère de la réalité, j'arrivai vaguement à me convaincre que le cauchemar était fini et que j'étais en sécurité.

Tant d'émotions m'habitaient que je ne savais plus trop où j'en étais, mais la sensation restait désagréable.

Soudain, il se releva, jeta un dernier regard sur moi. Il me semblait le voir se tendre, ses poings se serrer, et sentir une once de culpabilité poindre en lui. Peut-être était-ce ce qui lui avait permis de maîtriser sa colère.

Il tourna vivement les talons, son manteau virevoltant derrière lui, et se dirigea vers la sortie.

-Où-où…où vas-tu ? m'exclamai-je en me relevant et en me retenant de tenir ma blessure avec ma main gauche maculée de sang humain et démoniaque.

Il ne répondit pas.

-Ne me laisse pas ! criai-je en m'élançant vers lui.

Il ouvrit la porte, ignorant mes appels.

-Dante, Dante ! Ne me laisse pas, je t'en supplie !

Je l'étreignis par derrière avant qu'il ne fasse un pas de plus. Mes bras l'entourèrent de toutes mes forces, bien que la douleur se réveillât à nouveau. « Dante… » appelai-je doucement. Mes sanglots avaient repris, malgré moi. Ma tête posée contre son dos, je sentais son cœur battre fort mais lentement. Je le sentis à nouveau tendre tous ses muscles et s'arrêter de respirer.

-Laisse-moi partir, lança-t-il avec une voix reflétant son humeur sombre.

-Je t'en supplie, reste avec moi, bégayai-je.

-Clara. Tu sais ce que cela signifie. On ne peut pas être ensemble. Surtout si tu ne m'écoutes pas. Je croyais que tu savais à quoi t'attendre lorsque l'on a commencé à sortir ensemble.

-Je-je le savais ! répliquai-je, le cœur fendu.

-Tu n'est qu'une humaine Clara. Et tu es trop fragile. Je ne pourrai pas toujours te protéger et tu es incapable de te protéger seule. Ce soir en est la preuve. Lâche l'affaire avant de t'attacher davantage, Clara.

Pendant un instant, la douleur qu'avaient provoqué ses paroles était si intense que je ne pus prononcer un seul mot. Comme un coup de poignard en plein cœur, vif, froid, long et fatal. Mes sanglots s'intensifièrent et l'horreur de la situation me percuta à nouveau de plein fouet. En plus de mettre fait entourer par des démons assoiffés de sang et de violence, Dante me jetait avec un simple « tu ne corresponds pas à mes critères » général. Merci Karine. Dire que je n'étais pas venue de mon plein gré et que j'aurais pu éviter tout cela !

-Ka-Karine a eut l'idée de venir, murmurai-je en trouvant enfin quelque chose à dire. Pas moi.

-…

-Elle...elle ne me croyait pas, évidemment…avant.

-…

-Dante, dis quelque chose, s'il te plaît.

Il resta silencieux un long moment. Mais il finit par prendre une décision. Il ferma la porte et retira mes bras autour de lui. Il se retourna lentement, ses bottes produisant un son lourd et massif sur le vieux parquet. Il m'observa un moment, la mine sombre et implacable, avant de soupirer tout aussi lourdement.

Tout à coup, il retira son manteau maculé de sang pouilleux. Puis ses gants, ses hauts, ses bottes…et son pantalon. Il continuait de m'ignorer alors qu'il retirait son sous-vêtement. Inutile de m'en demander la couleur, puisque j'avais détourné les yeux depuis qu'il avait posé les mains sur sa ceinture.

À présent, j'étais ET angoissée ET embarrassée.

Soudain, je sentis des mains empoigner mes joues. Ses pouces essuyèrent mes larmes de façon rassurante. J'ouvris les yeux un instant et découvris son torse. Je les relevai pour rencontrer son regard. Il était enveloppant.

Je sursautai en sentant des mains glisser sur le sol de mon chemisier. Je paniquai et tentai de retenir ses mains.

-Qu'est-ce que tu fais ? Je-

-Schhh…

Il plongea ses yeux dans les miens avec une telle force que je m'en trouvais paralysée. Mes mains retombèrent le long de mes flancs. Mon cœur ne battait pas la chamade. Pour la première fois de la journée, je ressentais enfin le semblant de sentiment de sécurité que j'avais tant recherché.

Il s'affaira. Je restai immobile, les yeux fixes, grands ouverts. Lorsqu'il revint devant moi, il avait un bandage sur les yeux. « Tu…tu arrives quand même à voir, non ? » demandai-je avec embarassement. « Je ne distingue que les formes. » assura-t-il de suite. Une minute s'étira. « D'accord. » annonçai-je d'une petite voix cassée.

Il déboutonna lentement mon chemisier, bouton par bouton, avec patience, comme pour ne pas affoler un animal non-apprivoisé. Ses doigts effleuraient à peine ma peau parcourue de frisson.

Le haut tomba.

Il fit sauter le bouton de mon jean et baissa la fermeture éclair, fit glisser ses doigts sur mes hanches et tira le vêtement vers le bas jusqu'à mi-cuisse, où le vêtement s'échoua mollement sur mes pieds.

Son visage ne bougeait pas. Mais je devinai son regard. J'en avais le pressentiment. D'habitude mesquins et prédateurs, ils recelaient ce soir-là une lueur profonde et meurtrie.

Ses doigts survolèrent mes côtes et mon dos, avant de s'aventurer sur l'attache de mon soutien-gorge, dont les bretelles glissaient désormais sur mes bras.

Il s'aventura jusque sur mes poignets avant de rencontrer le vide et toucher le sol.

Ses mains descendirent à nouveau sur mes hanches où se trouvait la dernière barrière protégeant ma nudité. Il fit passer ses pouces entre ma peau et le tissu et le laissa couler le long de mes jambes, jusqu'à ce qu'il atterrisse lui aussi au sol, trônant au milieu de mes vêtements.

Tous mes vêtements.

Une longue minute s'étira entre nous, créant une tension nouvelle qui emplissait la pièce toute entière, faisant presque vibrer les murs.

Lentement, il se déplaça à la manière d'un félin, prenant soin d'éviter d'écraser mes vêtements, et se positionna de sorte à être de mon côté gauche. Il posa soudain une main brûlante dans mon dos et une autre derrière mes genoux, en se penchant légèrement, et me souleva d'un seul mouvement.

Le contact de nos peaux me fit comme un choc électrique et réactiva la nervosité de mon cœur, qui repartit de plus belle. La friction entre nos peaux mettait tous mes sens en alerte. Cette fois, tandis qu'il nous dirigeait vers la baignoire, où aucun rideau de douche ne nous protégerait, j'entourai sa nuque de mes bras frêles et sans force et croisai mes jambes le plus confortablement possible dans une tentative désespérée pour protéger mon intimité.

Une fois les deux pieds bien posés à l'intérieur, il reposa doucement mon corps tremblant de froid et de peur. Il prit fermement mes épaules et m'avança, face au long pommeau, dos à lui. C'était une baignoire ancienne, d'un blanc passé, étroite et courbe, le pommeau était doré et le bout était recourbé haut, de sorte à ce que la chute d'eau soit verticale.

Brusquement, après avoir tourné le robinet en bas, l'eau chaude heurta le sommet de ma tête, aplatissant mes longs cheveux noirs contre moi, tandis que le cours d'eau se frayait un chemin sur ma peau froide, le long de mes courbes. Il semblait connaître les moindres recoins par cœur.

Je relevai mes bras pour me protéger le visage, par réflexe. Il les emprisonna en prenant mes poignets, les rabaissant et me tirant vers l'arrière, me collant à lui et sa peau plus brûlante encore que l'eau. De la vapeur s'échappait déjà de là où nous étions, créant un début de buée sur le piteux miroir à moitié oxydé au dessus du lavabo du même style que la baignoire, à ma droite, accroché au mur en face de moi.

Je fermai les yeux et relevai la tête, laissant l'eau heurter mon visage sale de plein fouet. Les minutes passèrent, le sang, la pluie et la saleté coulèrent à mes pieds pour disparaître à jamais de ma vue. L'eau pure recouvrait mon corps de la tête aux pieds. Je ressentis un soulagement étrange, aidé par la présence rassurante de Dante dans mon dos.

Il relâcha enfin mes poignets et, tendrement, m'étreignit au niveau du ventre. Je laissai alors timidement ma tête basculer en arrière, sur son épaule, laissant mes dernières larmes s'écouler sur mes joues pour se perdre parmi les flots.

La sérénité m'envahit et le mouvement perpétuel de l'eau frappant et coulant sur ma peau eut raison de moi et finit par me calmer totalement. Ma peur avait disparu. Je pris une grande inspiration par le nez. L'angoisse s'était évaporée aussi, même si les souvenirs étaient encore vifs.

Je me redressai et me dégageai de sa prise pour me retourner face à lui. Il semblait également calmé. Je l'étreignis à mon tour, de toutes mes forces, ignorant superbement notre état de nudité la plus complète. Il me serra en retour, embrassant mon front délicatement avant de poser sa joue contre la mienne.

-Sais-tu seulement…ce qui serait arrivé…si tu étais morte ?

Je relevai la tête pour observer à nouveau ses yeux d'un bleu incroyable. Je les distinguais à peine, mais ils étaient si clairs et le tissu si fin. S'ils avaient été foncés, nul doute que je n'aurais jamais pu les apercevoir. Mes doigts agrippèrent ses hanches, mes bras l'entourèrent davantage. Très sincèrement, je répondis :

-Ça m'est égal.

Il eut l'air pris de court et ne sut probablement pas quoi répondre, puisqu'un silence hésitant s'installa à nouveau. Son regard vrillait, observant tour à tour un de mes yeux.

Je me mis sur la pointe des pieds, priant le ciel de ne pas glisser. Un moment passa avant qu'il ne ferme enfin les yeux et se penche pour rencontrer mes lèvres. Il me semble que durant un millième de seconde, je crus voir une expression de douleur figée sur ses traits. Il n'avait fait que froncer les sourcils et plisser les yeux, mais l'impression se manifesta avec une telle force que je ne put que l'identifier avec certitude.

Le baiser fut bref mais tendre, fort et plein de signification. J'eus l'impression de le forcer à rester avec moi…et d'un autre côté, j'avais l'intuition que c'était ce qu'il souhaitait également.

Il plaqua une main immense sur ma joue, me fixant à nouveau sans détour. Puis il fit voyager son regard par-dessus mon épaule, derrière moi. Je laissai mes talons reprendre contact avec la baignoire avant d'observer la direction qu'avaient prise ses yeux, derrière moi. Au-dessus des petites croix blanches et dorées permettant d'ouvrir l'eau se trouvait une petite plaque dorée maintenue au pommeau. Un savon blanc y trônait.

Il est vrai que le premier objectif était de se laver.

† Devil May Cry †

Ce n'est lorsqu'il m'entoura d'une serviette blanche et épaisse, enveloppant mon corps tel un drap d'hôpital, que je réalisai ce qu'il venait de se produire. Il s'était dénudé, puis m'avait déshabillé –sans compter que je l'avais laissé faire, nous nous étions détendu dans la douche avant de commencer à se laver, et tout cela…sans que jamais il n'y ait de geste ou de regard déplacé. Pas un seul instant, il n'avait posé ses yeux prédateurs sur moi, le bandage avait tenu tout le long durant, bien qu'une certaine tension à la fois sensuelle et triste s'était répandu dans la pièce – c'était à vrai dire une combinaison que j'aurais crû impossible si je ne l'avais pas expérimenté moi-même.

Le temps que je passe le savon sur moi, il était passé sous le jet d'eau, dos à moi et ne m'avait donc pas observé. En se retournant, je lui avait passé le savon et encore une fois, il avait royalement ignoré ma nudité et m'avait à peine regardé, m'avait laissé sa place et s'était lavé à son tour.

Soudain, des mains frictionnant mes épaules et mon dos interrompirent ce –brillant- moment de révélation. Je relevai la tête. Il semblait de meilleure humeur, comme rassuré lui aussi.

-Tout va bien ? demanda-t-il d'une voix neutre, une serviette enroulée autour de sa taille, le bandage retiré.

-Tout va bien, répondis-je sincèrement. Merci de me réchauffer.

Il n'imaginait pas combien j'étais reconnaissante qu'il ne mentionne pas le fait que nous étions nus l'un en face de l'autre quelques instants auparavant. Qu'il ne lance pas de pique sur mon physique. Bien sûr il n'avait pas tout vu…mais distinguer des formes…J'étais déjà bien embarrassée…

Pas qu'il ait à être embarrassé en ce qui le concerne en tout cas…il avait un corps tout à fait splendide et d'une beauté terrassante, à l'image de sa force. Sa carrure trahissait d'ailleurs un peu cet état de fait, malgré sa minceur, ses muscles et sa silhouette svelte à souhait. Il n'avait pas non plus à s'inquiéter de sa nudité, je n'avais même pas eu le courage d'y jeter un œil et j'avais brillamment respecté sa pudicité…inexistante un instant plus tôt.

Moi par contre…

-Je vais chercher des vêtements. Ne bouge pas, compris ?

-Bien sûr, déclarai-je docilement.

Il fallait être folle pour chercher les ennuis. Comme si j'allais me jeter par la fenêtre de l'étage au milieu de la nuit munie d'une simple serviette dans le seul but d'attirer les démons encore à moi après ce qui venait de se passer. J'avais bien compris la leçon. J'espérais simplement que Karine avait réussi à se calmer elle aussi, à accepter la réalité et qu'elle en avait elle aussi tiré une leçon.

† Devil May Cry †

Lorsque je les vis assise dans le salon, je me précipitai, malgré mon état fébrile, pour les rejoindre, précédant Dante.

-Karine!

Elle se leva aussitôt, dans de nouveaux vêtements aussi, entourée d'une épaisse couverture. À première vue elle ne semblait pas trop traumatisée, ni même trop choquée. Elle s'élança vers moi à grande enjambée.

-Clara ! Espèce de folle !

Ok, pas l'accueil auquel je m'attendais...

-Qu'est-ce qui t'as pris de sortir avec un démon ? T'es tombée sur la tête? S'écria-t-elle en tapant frénétiquement sa tempe. T'es complètement malade ! Tu te rends compte de la vie que tu mènes ?

-Du calme, lui intimai-je d'une petite voix.

-Et maintenant tout ses petits copains en ont aussi après nous ! (Elle plaqua tragiquement ses deux mains contre son visage) Je savais que je n'aurai jamais dû te laisser partir seule dans cette ville ! Regarde dans quoi tu te fourres quand je ne suis pas là !

-D-... (La colère me prit tout à coup.) Dans quoi je me fourres ? Tu plaisantes ? C'est toi qui a voulu venir sous prétexte qu'il me trompait avec elle ! Répliquai-je en pointant un doigt peu courtois en direction de la plantureuse Lady, ce qui amusa Dante. Regarde avec quelle excuse ridicule tu nous as foutu dans la merde !

Dante, à ma droite, impassible, parut interloqué en entendant mon langage. Quoi ? J'ai pas le droit de m'exprimer comme je veux quand je suis en colère ?

-Si tu m'avais écouté depuis le début, on n'en serait pas là ! Claraaaa, fit-elle de façon insistance, grinçant des dents. Ce mec n'est pas fait pour toi ! C'est un démon et tu n'es qu'une niaise d'humaine !

-Si tu m'avais écouté, les démons ne seraient pas à nos trousses à présent ! Mais je vois que tu es incapable, en tant que meilleure amie, de faire confiance à Dante, donc par extension à mes propres choix. Si tu nous avais écouté depuis le début, on n'en serait pas là !

-Non mais je rêve, est-ce que tu écoutes ne serait-ce qu'un seul mot de ce que je dis ! Clara, tu vas te faire tuer !

Je sursautai lorsqu'elle haussa le son pour se faire entendre. Quoiqu'il se passe, même quand elle était en tort, elle tenait à avoir le dernier mot...et à prouver qu'elle avait quand même raison. Étrangement, lorsque je compris que pour elle il ne s'agissait que d'avoir raison, ma colère devint froide et je pus répondre alors, la tête froide :

-Rien ne me serait arrivé si tu m'aurais laissé faire comme je le voulais. Ce que je vis avec Dante ne regarde que moi. Si tu ne veux pas que je le partage avec toi, soit. Mais rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis. Ce qui est valable pour vous trois.

Je me tournai vers Dante, toujours très remontée.

-Maintenant je sais pourquoi tu as abandonné si vite. Tu espérais que ce que dise Karine me fasse reculer, puisque tu n'avais ni l'envie ni la foi de me repousser. Tu es lâche. Mais bien tenté quand même. Essaye encore.

Je m'éloignais d'eux pour remonter à l'étage vers une chambre d'un pas tranquille mais ferme, trahissant mon irritabilité.

-Ca fait 2-0, entendis-je Dante soupirer avec amusement alors que je remontais les escaliers.

-Raaaaaah ! Je vais le tuer ! Je vais le TUER ! JE VAIS LE TUEEEER ! Hurla alors Karine.

Karine et Lady occupèrent une chambre d'ami, juste à côté. Mais je dormis seule. Selon moi. Dante me prêta son lit mais ne vint jamais m'y rejoindre. Au lieu de cela, il veilla toute la nuit, faisant des allée et retour dans l'édifice (pour vérifier qu'il n'y avait aucun envahisseur j'imagine). Tout ça pour revenir en hâte dans la chambre, s'asseoir sur une chaise à côté des fenêtres en regardant avec insistance dehors.

Je l'ai senti tendu et sur ses gardes, comme s'il redoutait la nuit et guettait la venue du jour. Je ne pus m'empêcher d'observer l'élégance de son profil, et le parfum de mystère et de sobriété qu'il dégageait tandis qu'il surveillait les alentours. C'était une facette sérieuse, grave et sombre que je n'avais encore jamais observé chez lui. Il semblait réfléchir à de nombreux paramètres et de temps en temps, plissait mystérieusement les yeux, comme si une pensée négative le prenait.

Il semblait réfléchir à un plan.