Bonjour bonjour !
Tout d'abord encore une fois très désolée de ces retards. Ceux qui me suivent sur Angie et les plus intimes savent pourquoi il est devenu si compliqué pour moi d'écrire...
J'ai beaucoup avancé sur Angie et Bleach mais j'avais besoin d'une pause à un moment et je sais pas pourquoi, j'ai réussi à pondre une suite sur celle-là.
Je ne fais pas de RAR car je n'ai pas grand chose à dire et je suis pressée de publier, si ce n'est un grand merci à tous ceux qui ont reviewé : Idrill01, kocylender, NoobZero et ma reconnaissance profonde et éternelle à ceux qui me suivent après tant d'année et avec autant de chaleur bien que je ne le mérite pas : kurama-sesshomaru, CupcakesCult, Amandine et Eclipse1995.
Vous avez toute mon amitié. Bonne lecture !
Attention aux âmes sensibles - et celles pas du tout ! Chapitre plus suggestif que les autres et ça va pas aller en s'arrangeant avec les chapitres ! (:P)
Chapitre-9
Progrès
Un mois passa, et l'arrivée de l'hiver avec lui.
Nous étions fin novembre à présent, et le froid s'était définitivement installé sur la ville, comme à chaque année. J'avais sorti les bottes, les pulls, les vestes et les collants d'hiver sous mes jeans épais. Et Dante, comme à son accoutumée, déambulait de façon crâneuse dans sa sempiternelle cape rouge et ses jeans noirs ou pantalons épais ou en cuir, et un simple haut moulant. Quand il mettait un haut, ceci dit...et qu'il ne mettait pas tout en œuvre pour attirer mon attention malgré moi.
Mais je sais la question que vous vous posez. La relation a-t-elle évoluée depuis ? Nous sommes-nous habituée à une vie de couple précipitée sous le même toit en vue des circonstances ? Le danger s'est-il amplifié ? Est-il justifié ?
La vérité, c'est qu'entre mes cours, mon travail et mon stress permanent allant crescendo, ce n'était décidément pas une ambiance propice au romantisme. Oh... ça n'empêchait pas Dante d'essayer, avec ses baisers passionnés volés à la dérobée, ses regards enflammées, ses souffles chauds sur ma peau, ses tentatives d'étreinte, ses taquineries salaces à n'en plus finir.
Mais la proximité rapprochée et l'accélération de l'étape de notre vie de couple (sous le même toit) m'avait quelque peu effrayé, même si, soyons honnête, Dante accueillait très bien cette situation. Il était habitué aux démons, au danger qu'ils pouvaient représenter, aux confrontations... Je n'étais qu'une goutte d'eau dans ce monde de mixité qu'était la normalité et le paranormal, comme le soleil et la lune qui se côtoient et se superposent en faisant fi des règles comme le jour ou la nuit, bien qu'au vu de tous ils représentent des opposés.
Depuis un mois, il y avait eu quelques attaques sur Dante, mais les protections qui m'étaient aussi destinées posées tout autour de l'agence avait bien fait leur travail pour l'instant, et j'étais toujours indemne. Même si, avouons-le, j'ai failli me faire attaquer deux ou trois fois le soir sur le trajet entre la pizzeria et d'autres destinations, et Dante s'était retrouvé obligé de me suivre malgré lui en voiture.
Deux ou trois fois étaient minimes selon Dante, alors j'avais bon espoir qu'ils iraient décroissant avec le temps. Le temps qu'on m'oublie. Le temps que Dante prenne confiance en notre relation, surtout au vu du fait qu'il prenait sa mission de "protection" très au sérieux, et que je ne le discutais jamais en matière de sécurité.
Lady avait refait une ou deux apparitions intempestives, pour mieux dérober Dante de tous ses salaires, ce à quoi j'étais mitigée. Rembourser ses dettes, ok, mais le laisser sans rien ?
Mais ce n'était rien par rapport aux soirs où il rentrait couvert de sang de la tête aux pieds, majoritairement le sien, avec un sourire contrit d'une oreille à l'autre, l'air de supplier ma clémence. Une colère sourde me prenait en le voyant, alors que je me précipite vers lui pour l'observer de la tête aux pieds, mais étonnamment, je ne constatais aucune blessure ouverte. Jamais.
Mais je le grondais avec toute la force d'esprit dont j'étais capable, les mains en tous sens. Il me rassurait sur le fait que ce n'était qu'une égratignure, et que sa capacité à guérir n'avait toujours pas donné d'idées meurtrières inventives à ses ennemis (« Ce qui est à la fois triste et insultant pour leur intellect et quelqu'un de mon rang ! » dit-il.)
Je le grondai encore, tirai son oreille, puis criai les larmes aux yeux combien j'étais inquiète à chaque fois qu'il partait. Et si j'étais malchanceuse ou pas assez vive pour y échapper, « DANTE, non ! », il me colle alors à lui pour un baiser fougueux, me salissant aussi au passage, pour mieux me proposer une douche ensemble avec une oeillade suggestive.
Ce que nous n'avons jamais refait, évidemment.
Je suis repassée de temps à autres à mon appart nettoyer ou vérifier que tout était en place, récupérer des vêtements, des objets, des livres, des cahiers de cours...
Aujourd'hui, nous étions un jeudi 15H00 de l'après-midi, et j'étais en train de bosser pour un rapport d'analyse sur divers lois qu'on avait étudié dernièrement et qui était à rendre. Un quart d'heure passa, puis un deuxième... et je sentais mon moral décroître avec lui. Je me demandais ce que je faisais ici. Pourquoi je me sentais si mal. Pourquoi je faisais ça. Pourquoi j'apprenais tout ça. Ce que je faisais de ma vie.
Je ne comprenais plus un traître mot de mes cours. Pas qu'ils étaient compliqués. Pas que je dénigrais la formation, les débouchés en droit ou les ressortissants suprêmes : les avocats. Tous les corps de métiers étaient intéressants selon les individus, et nécessaire à la société. Mais là, maintenant, tout de suite, j'avais l'impression de foutre mon temps et ma vie à la poubelle.
Bouleversée par cette révélation naïve et stupide, je me levai brusquement et jetai dans un accès de rage pur les livres et les cahiers qu'il y avait sur moi et sur la table à travers toute la salle de jeu du Devil May Cry. La seule chose qui me paraissait avoir du sens dans ma vie en ce moment, c'était Dante ! Et c'était pitoyable de se raccrocher autant à une seule personne !
Je ramenai ensuite mes cheveux derrière mes oreilles lorsque j'eus finis de tout jeter sans aucune raison, et me trouvant encore plus stupide, je découvris mes joues humides. Jamais je ne m'étais sentie aussi reconnaissante que Dante soit absent en ce moment de nullité extrême. Que je sois la seule à découvrir l'étendue de l'inutilité de mon existence. De l'inutilité que je la lui donnais moi-même, c'était le pire.
Oui j'aime mes parents. J'adore ma famille. Je les aimerais toujours. Mais à cet instant, je me demandais vraiment si c'était un crime fédéral, si je les blessais réellement si je voulais une autre voie. Même Dante avait droit à une commission sur les monstres qu'il tuait grâce à un petit accord passé avec la mairie de la ville, officieusement. Pourquoi maintenant que je suis en âge de prendre quelques décisions, je ne pouvais pas vivre ma vie telle que je l'entendais ?!
Tout ce stress, toute cette sensation de sentir mon avenir se raccourcir, filer entre mes doigts, voire disparaître du jour au lendemain en fréquentant Dante me faisait réaliser des choses auparavant insignifiantes.
J'aimais manger, bon sang ! J'aimais cuisiner ! J'aimais faire plaisir aux gens, et recevoir des compliments sur mes efforts, passés au fourneau par exemple ! En essuyant mes joues dans la salle de bain, je réalisai que les seuls moments où je m'étais sentie vivre ces dernières semaines, c'est en rencontrant Dante, en découvrant la relation de couple et à mon rythme l'intimité, et faire la cuisine chez Dante.
Quand j'ai découvert la petite kitchenette de la dernière porte du rez-de-chaussée de l'agence, je découvris une cuisine pas plus grande qu'un couloir, avec juste un frigo, un congé, un four à micro-ondes, et des placards et des plans de travail alignés inséparables du bâtiment. Quelle joie ça avait été quand après m'être activement plainte de notre pauvre régime alimentaire que Dante claque du fric pour remettre la cuisine en état, propre, avec une gazinière dernier cri et un four encastré juste dessous.
J'ai cru vivre Noël. Je n'aurais jamais pensé que Dante ferait ce genre de choses. Qu'il était à ce point comme ça, sujet aux coups de cœur et aux coups de folie. Cela faisait indéniablement parti de son charme.
Je lui ai sauté au cou pour l'embrasser plusieurs fois, et je n'eus pas tellement l'excitation de le remercier plus, à son grand dam, pour mettre à profit ce qu'il venait de m'acheter tester tout de suite les possibilités de gastronomie qu'elle m'offrait, et que je pouvais offrir à mon tour à Dante.
Je secouai la tête devant le miroir pour me remettre les idées en place et partis plus calmement ramasser comme une idiote les objets et bouquins que j'avais balancé tout à l'heure. Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'avais matière à réfléchir jusqu'à l'année prochaine en vue d'une reconversion...
…
Le soir, vers 21H00, je retrouvai Dante comme d'habitude. Soit il m'accueillait sur le pas de la porte pour vérifier que rien ne m'arrive jusqu'à ce que je sois bel et bien rentrée, soit c'est moi qui l'accueillait dans le salon.
J'étais dans le fauteuil à bosser sur un autre cours. Il posa sa housse de guitare, enleva sa veste sur le porte-manteau, s'approcha de moi pour m'embrasser tendrement avant de se poser en face de moi, faisant toujours attention à ne pas me déranger pendant mes leçons, avec tout le respect dont un homme pouvait être capable ceci dit. Prenant une inspiration et en mettant dans un coin de l'esprit la douleur d'avoir cette boule d'angoisse au ventre, et qui grossissait comme une tumeur au fil des jours, je lui lançai gaiement :
-J'ai déjà fait le repas si tu veux !
-C'est pas de refus, en balançant les bras de façon nonchalante en l'air pour qu'ils retombent en un bruit mat sur ses jambes écartées.
Nous mangeâmes comme d'habitude ce que j'avais cuisiné la veille ou l'après-midi, et il s'empiffra pour trois. Cela me rappelait que partager les frais dans sa maison avait été un vrai casse-tête : lui refusait que je paye quoique ce soit, et moi je refusais de lui laisser porter toutes les charges alors que je vivais chez lui, comme si nous étions des clichés du passé.
Heureusement, nous étions parvenus à divers accords. Et je pouvais acheter tout ce que je voulais pour les courses, tant que c'était en quantité. Quand il eut finit, il ramassa mon assiette, la sienne et le plat avant de disparaître un instant dans la cuisine pour les mettre au nouveau lave-vaisselle.
Quand il revint, il s'arrêta un instant près de moi alors que je reprenais mes cours, pour observer ce que je faisais avec curiosité, avant de s'en aller prendre sa douche dans la salle de bain du rez-de-chaussé. Le temps qu'il finisse, je soupirai d'agacement et jetai mes livres sur le côté pour monter à l'étage.
Il me rejoint alors que j'allais entrer dans la chambre après ma propre douche, m'attrapant par derrière en passant ses doigts autour de mes hanches et posant ses lèvres sur ma joue. Ça, c'était inhabituel. Il savait que je détestais tout ce qui pouvait se tramer dans mon dos, mais heureusement son pas était lourd sur le parquet, et je l'avais facilement reconnu.
-Mauvaise journée ? Glissa-t-il d'un ton léger.
-Non, répondis-je tranquillement en essayant de m'avancer dans la chambre avec lui, nous faisant dandiner.
-Sûr ? Répéta-t-il.
Il me souleva d'un bras, m'arrachant un cri de surprise, pour me poser ventre contre son épaule. Il rit en me voyant me débattre gentiment, et je ris avec lui. Il ferma la porte du pied et me jeta, avec précaution tout de même, sur le lit comme si je ne pesais rien. Il ne me laissa même pas le temps de me redresser et s'allongea sur moi, entre mes jambes, en cage entre ses bras pliés de chaque côté. J'écarquillai alors les yeux.
-Est-ce qu'on t'a dit déjà dit que tu n'étais pas douée pour cacher des choses ? Lança-t-il d'un ton mielleux.
Il me lança à nouveau ce regard céleste incendiaire entre ces cils, suivi de son sourire sardonique, extrêmement charmeur cette fois. J'essayai en vain d'inspirer une goulée d'air. Il s'appuyait à peine sur moi, mais c'était comme si la position en elle-même m'avait coupé la respiration, et toute réflexion avec elle.
Il fit alors promener un léger souffle chaud sur mon oreille, provoquant un frisson.
-Ça fait deux jours que tu bosses sur cette feuille, et c'est à peine si tu as commencé la page...
J'écarquillai encore les yeux à cette révélation. Je n'aurais jamais imaginé que Dante fasse attention à ce genre de détail. Je croyais qu'il regardait juste ce que je faisais par curiosité, mais visiblement, il savait très bien ce qu'il en était.
Son sourire s'élargit après un rictus amusé en regardant mon visage. Sa chaleur m'enveloppait totalement...
-Tu t'emmerdes en droit, hein ? Devina-t-il en soufflant sur mon front pour dégager mes cheveux de façon joueuse.
Je restai les poumons vides, décidée à garder mes soucis puériles pour moi.
-Tu sais, quand on est en couple, c'est bien de donner une...indication de ce qui ce se passe à... (Il cherchait ses mots maladroitement, l'air de ne pas être plus à l'aise que moi avec le concept)...à l'extérieur...
Je fronçai les sourcils.
-Histoire qu'on s'imagine pas des histoires. Tu sais, comme la dernière fois, glissa-t-il en soulevant un sourcil suggestif.
La dernière fois. La fois où Karine et moi on a crû n'importe quoi, et on a failli finir déchiquetées.
Trouvant mon souffle je ne sais où, je lâchai un soupire fatigué. Peut-être qu'il valait mieux le rassurer sur le fait qu'il n'était responsable de rien. C'était la moindre des choses.
-Et bien... (Je regardais honteusement vers le côté.) Oui. Je crois que je suis en train de saturer...
-Hmph !
Il hocha la tête de gauche à droite avant de m'embrasser sur le coin de la bouche, de façon si suggestive que j'en eus un vertige.
-J'aime pas les hommes de loi de toute façon. Ou devrais-je dire plutôt, les femmes...
Ce fut à moi d'avoir un rictus amusé, mais il fut de courte durée lorsqu'il pressa longuement ses lèvres contre les miennes, me faisant fermer les yeux de plaisir, une main dans mes cheveux contre ma joue, pour un long baiser langoureux. Mais je mis maladroitement fin au baiser en me rappelant que je ne devais absolument pas laisser les choses aller trop vite, ou j'allais m'en mordre les doigts.
Il m'envoya cette fois-ci un regard troublé, avant de finalement soupirer d'agacement.
-Et je sais aussi à quoi tu penses, lorsque tu me tiens à bout de bras...
Il embrassa passionnément ma pommette gauche, avant de s'attarder sur mon oreille et descendre dans mon cou, ce à quoi je me raidis malgré la sensation agréable qui s'en dégageait.
-J'ai pas vingt ans, Clara. Je sais plus que quiconque que personne n'est jamais acquis... susurra-t-il en laissant sa main descendre le long de mon bras avant de remonter sur mon flanc, où je l'arrêtai net. Mais à trop me mettre hors de portée, je vais finir par perdre le plaisir de la chasse...
-Il ne s'agit pas seulement de ça, répondis-je un peu coupable. Seulement... ça va trop vite. Habiter ensemble, tout ça... Ça me fait peur. Je...
-Shh... Il n'y a aucun problème. Il ne se passera rien ce soir. Ni tous les suivants le temps qu'il faudra. Seulement là...tu as besoin de déstresser.
Je pinçai les lèvres.
-Et moi aussi d'ailleurs.
Ce n'est pas comme si j'étais contre une session de flirt après tout... je ne pouvais pas me mentir à ce sujet. Mais... était-ce vraiment raisonnable ? Est-ce que ce n'était pas un aller simple pour perdre de la valeur au fur et à mesure ?
-Dante... Je... Je tiens vraiment à toi. Pour moi... il ne s'agit pas seulement de...
-De ? Pressa-t-il en effleurant ma pommette du bout du nez, laissant son souffle chaud s'égarer sur mon visage.
Sexe.
-De flirt, lâchai-je faiblement.
De secondes en secondes il arrêta ses manigances de séducteur et prit un air sérieux que je ne lui voyais que très rarement. Je retenais mon souffle, de peur d'avoir fait quelque chose de travers.
-Clara. Tu tiens à ta virginité si j'ai bien compris.
Je le regardai alors avec de grands yeux effarés, l'air pris dans mes poumons.
-Ma question est la suivante : jusqu'où exactement tu y tiens ?
-Que... ? Quoi ?
J'espérais que la pénombre fut assez persistante pour me permettre de cacher mes joues cramoisies malgré la chaleur que Dante me procurait dans cette position plutôt... compromettante. Cependant, ma gêne apparente ne fit pas se démonter le demi-démon au-dessus de moi pour autant.
-Jusqu'où tu as l'intention d'aller avec moi exactement ?
-Je...C'est...Zepehkusa !
J'écarquillai moi-même les yeux à ma ridicule tentative de phrase. J'aurai le champ libre que je me serais tapé le front de la main.
-Jusque... Je ne comprends pas, répondis-je d'une voix blanche.
Il haussa un sourcil sceptique.
-Je vais y aller plus franco. Accroche-toi, ok ?
Je pris une grande inspiration heurtée en hochant la tête bravement.
-Est-ce que tu as l'intention d'attendre jusqu'au mariage ?
Je relâchai le souffle que j'avais, un tantinet soulagée. Le sujet était désespérément délicat pour moi, mais je me sentais tellement touchée qu'il pense à poser la question que je ne pouvais que forcer mon courage à me pousser à avouer. Et puis, mieux valait qu'il soit celui à aborder la question, parce que je ne serais de toute évidence jamais venue de moi-même au fond du sujet.
Je déglutis bruyamment en fermant les yeux fermement.
-Non. Non... Je... Je suis chrétienne, et... je crois en Dieu et... je veux me marier à l'église m-mais... je suis... (J'avais envie de me cacher sous terre.) Je suis comme toutes les filles. Je veux être normale et...
J'ouvris vaillamment un œil pour observer sa réaction. Il ne bougeait pas d'un iota et attendait sérieusement que je me démène avec ma réponse, ce qui acheva de me donner la résolution nécessaire.
-Je veux avoir une sexualité normale...
Il cligna des yeux, l'air égal.
-Avec toi ?
Il eut un rictus amusé mais attendri.
-Tu en es sûre ?
Je rougis derechef. Voulant attraper un oreiller pour me cacher derrière, je relevai le bras mais il en profita pour l'enfermer dans sa main, immense comparée à la mienne.
-Avec moi, vraiment ? Fais-moi un bisou, boubou !
-Dante ! Répliquai-je, furibonde et cramoisie.
-D'accord ! D'accord, lança-t-il en riant, j'arrête de t'embêter.
Il caressa le dos de ma main avec son pouce, le sourire fanant de son visage pour n'y laisser que du sérieux. Je l'observai sans ciller, sûre que ce qui allait se passer allait se graver dans ma mémoire.
-Je jure de ne jamais te faire de mal, physiquement ou moralement, consciemment, jura-t-il en plantant son regard dans le mien.
Je sentis mon cœur rater un ou deux battements, pendant lequel mon champ de vision ne se résumait qu'à lui. Pendant ces quelques pauvres secondes où il s'ouvrait à moi, je buvais ses mots et son expression, comme si elles pouvaient être les dernières.
-Je suis sérieux. Tu es...courageuse. Et agréable à vivre. Et j'espère que ça durera le plus longtemps possible. Je m'inquiète pour toi.
Il toussota.
-Au cas où ce n'était pas déjà assez clair, marmonna-t-il entre ses dents en frottant sa nuque avec gêne.
Je posais ma main sur son visage, mon pouce sur sa pommette haute et dure, mes doigts dans ses cheveux lisses et brillants.
-Maintenant ça l'est vraiment. Merci, soufflai-je en le regardant droit dans les yeux.
Comme un seul homme, nous nous rapprochâmes pour partager un long baiser tout en douceur. Pour finir, il embrassa ma joue, puis mon oreille droite, avant de dégager mon front de mes cheveux d'une main distraite.
-Pour le reste, on va y aller à ton rythme, ok ? Me rassura-t-il.
-Ok, répondis-je en hochant la tête, déterminée.
-Génial, dit-il impatiemment, l'air sérieux passé aux oubliettes. On peut s'y mettre maintenant ?
-Qu-
Il m'embrassa à nouveau, et je me laissai à nouveau submerger par cette sensation de flottement qui me prenait à chaque fois, en toute sécurité. Il laissa glisser sa main dans la courbe de mon cou pour relever ma tête et lui laisser un accès de choix lorsqu'il poursuivit ses baisers enfiévrés de mon oreille à ma clavicule de l'autre côté.
-C'est ton idée pour déstresser ? Dis-je d'une voix éteinte, en déglutissant longuement.
-Hmm-mmh...
-Je veux dire...tu es sérieux ?
-Hmm...
Il me fit taire en pesant sur mes lèvres un baiser renversant qui n'avait rien à envier au cinéma.
-Tu n'auras qu'à dire stop, souffla-t-il rapidement contre mes lèvres.
-Hum, mais...
Il reposa aussitôt ses lèvres contre les miennes, pour un autre baiser langoureux. « Hmm... » En sentant sa langue, chaude et humide, s'enrouler ainsi contre la mienne, comme une sensation de vertige enveloppant, je ne pus m'empêcher d'agripper son haut au col en V.
Vaguement, je sentais sa main gauche lâcher la mienne pour se plaquer, longue et brûlante sur ma hanche, se promener allègrement sur mon ventre, avant de remonter, tendre mais pressante sur mon flanc, pour se poser sur mon buste, juste en dessous de mon côté gauche, qu'il effleura du pouce.
J'eus une exclamation de surprise, et il me renvoya ma surprise lorsqu'il constata que je n'avais pas de sous-vêtement, un sourcil relevé à mon attention.
Mais il fut de courte durée. Il me laissa le temps de protester, ce que je ne fis pas, le cœur à cent à l'heure, les yeux agrandis et le souffle rendu chaud par ses baisers passionnés. Et sa surprise se transforma en une expression d'agréable satisfaction alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire sardonique.
-Tu...Non. C'est... C'est plutôt douloureux, en ce moment, essayai-je vainement de le dissuader.
-Je sais, affirma-t-il en mordillant mon oreille.
Je fronçai les sourcils tout en retenant mon souffle. Quoi ?
Il plaqua à nouveau ses lèvres contre les miennes, ne me laissant pas un instant de répit, et je sus que c'était une tactique de diversion, alors que sa main brûlante recouvrit un doigt après l'autre mon sein.
Dans un mouvement de réflexe, j'essayai de m'enfoncer dans le lit pour fuir sa main. Mais pas de chance, il semblerait que je ne puisse pas plus me confondre avec lui avec le poids de Dante déjà sur moi.
-C'est justement parce que tu es stressée.
Il embrassa ce point nerveux derrière mon oreille qui me faisait replier mes orteils, tandis que sa main malaxait prudemment ma poitrine, telle une première approche hésitante. Je reçus alors des signaux complètement contradictoires...Comme je le pensais, c'était plutôt douloureux, comme si j'avais une pierre au centre, roulant presque contre ma cage thoracique en dessous. Puis, il effleura plusieurs fois le bout, et je grimaçai, plutôt irritée par le mouvement agaçant.
-Hmm-mmh ! Protestai-je les yeux fermés.
-D'accord ! D'accord... J'ai compris.
Il rassembla ses doigts et commença un mouvement circulaire plus affirmé mais tendre alors que ses lèvres descendaient dans mon décolleté. Sa main changea ensuite de position, prenant alors ma poitrine en coupe pour mieux la recouvrir après d'une pression plus assurée.
Etrangement, mes jambes à l'instant rendues si tendues par sa maladresse se relaxèrent instantanément à mon insu. Et alors qu'il continuait ses mouvements, et prenait de l'assurance quant à si ça me faisait mal ou pas, je sentais l'air sortir calcinant de mes poumons.
Je me rendis même compte que j'avais saisi le bras de Dante inconsciemment, et lorsque sa main chaude me recouvrit entièrement d'un côté, je relâchai une longue expiration alors que mes doigts s'enfonçaient dans les muscles impressionnants de son biceps.
-Hum, c'est mieux là non ?
D'un seul mouvement, il me retourna sur mon flanc pour se placer dans mon dos « Ah ?! » et m'enlacer étroitement, ce à quoi il rit d'une voix rauque et profonde. Il dégagea mes cheveux de ma nuque avec le bras qui était autour de moi, et laissa l'autre main offrir un traitement égal au côté qui avait été négligé, sans fausse note cette fois.
Mes orteils continuèrent de se tendre alors qu'il promenait son souffle chaud sur la courbe vulnérable de mon cou, et ma main agrippa par réflexe le tissu de son pantalon lorsqu'il exerça une pression plus accentuée que les autres. Une seconde après, ses lèvres étaient humides et chaudes sur ma nuque, remontant vers mon visage.
-T'es moins fragile que t'en as l'air, hein ? Susurra-t-il d'une voix grave -et oserais-je le dire ? Diablement sexy à mon oreille.
Il pressa un baiser à faire fondre du métal derrière mon oreille, tandis que son bras, celui autour de moi, descendit pour me ceindre au niveau du ventre, complètement enveloppée par lui. Il écarta ses doigts sur mon buste, promenant sa langue sur mon oreille de façon tout à fait suggestive... Ma voix s'éveilla soudain malgré moi.
Le pic de la honte me submergea aussitôt de long en large, mais il était trop tard pour prétendre le contraire. Je fermai les yeux et me conjurai à moi-même de ne pas recommencer.
-Hmm... Cette voix ! C'est encore mieux que tout ce que j'avais imaginé...
Le rire aux lèvres mais la voix rauque, il saisit mon menton avec la main droite qui était autour de mon ventre et tourna brusquement mon visage vers lui pour assiéger sur ma bouche une baiser long et passionné qui ne laissait aucune place à la rébellion.
De l'autre main, il affirma des mouvements plus brusques mais sensuels sur ma poitrine, jouant de ses longs doigts et de sa main immense et puissante pour couvrir le plus de zone possible.
Et au moment où je me sentais le plus en sécurité, il détacha soudainement ses lèvres et ma voix s'éleva à nouveau dans l'air moite, alors qu'il dardait sur moi un regard bleu fixe et brûlant, son souffle chaud sur mon visage, de la même façon qu'il se délectait de mettre à genoux un adversaire puissant.
Finalement, après trois secondes impitoyables, il relâcha tout aussi soudainement mon visage, qui partit se cacher d'embarras dans l'oreiller, et reposa sa main au niveau de mon estomac, qu'il prit soin de malaxer au niveau des hanches.
Ses lèvres embrassèrent ma nuque, la ligne de mon dos et mon omoplate avec minutie, jusque mon épaule, tandis qu'il osait laisser sa main s'aventurer sous l'élastique mon pantalon, faisant coïncider la douceur de sa paume avec l'os arrondi de ma hanche gauche, pour ensuite la laisser s'aventurer sur une zone sensible que je découvris juste en dessous.
Je poussai une exclamation de surprise et agrippai son poignet de toute mes forces, juste avant qu'il n'aille trop bas.
-Stop, STOP ! Stop, stop, stop...
Je découvris également que j'étais essoufflée, le cerveau dans le coltar, le cœur à cent à l'heure mais totalement relâchée...ou bien même affaiblie, et les paupières lourdes.
De petits chocs nerveux lançaient des pics à tous les endroits de mon corps de façon très agréable, me rendant totalement vulnérable au moindre contact de sa part.
-Stop... susurrai-je une dernière fois alors qu'il ajoutait une dernière pression plaisante à souhait sur mon sein gauche.
Il appuya alors fortement ses lèvres sur ma tempe, les laissant s'imprimer à ma mémoire avant de s'éloigner un peu pour ramener la main baladeuse afin de dégager mes cheveux.
-Tu as fait des progrès ce soir, glissa-t-il à mon oreille sensibilisée par tous ses assauts. Tu t'es même laissée aller...
-Tais-toi, assénai-je en ressentant le besoin urgent de le prendre dans mes bras.
Je me retournai dans son étreinte pour entourer sa nuque et faire passer dans mon baiser un peu abrupte toute la passion que je pouvais receler. Il l'accueillit avec une satisfaction nettement apparente.
Il entoura mes hanches et le creux de mon dos pour me coller à lui mais j'eus tôt fait de me remettre en position foetale dans ses bras, lui tournant le dos.
-C'était bien, mais ça, c'était ton baiser de bonne nuit, lançai-je avec fermeté.
Il soupira lourdement, avant de laisser planer dans le silence lourd de la chambre un dernier rictus amusé. Il m'étreignit contre son cœur, sa joue contre la mienne, tiède et agréable.
-Bonne nuit.
Même avec des mots si simples, sa voix basse et caressante parvenait encore à provoquer des frissons de plaisir sur ma peau. Je lâchai un soupir d'aise silencieusement, cessant de combattre l'endorphine pour profiter d'une excellente nuit de sommeil.
