Bonjour à tous !

Je suis terriblement désolée pour le retard considérable que j'ai pris dans la réécriture et la publication des chapitres. Suite à une démission il y a de cela quelques mois, j'ai trop de boulot et il faut faire face. J'adore mon travail mais je suis crevée et j'hiberne tous les weekend depuis six mois !

Pour me faire pardonner, je vous propose aujourd'hui un très long chapitre qui est en fait la compilation de trois anciens chapitres. Au programme : vacances, poufs, querelles et cours de natation !

Egalement quelques remerciements pour les commentaires de Poppy-cherry et Audreylike-fanfictionnaruto :

Poppy-cherry :

Merci beaucoup ! J'aime beaucoup travaillé avec Sasuke et son personnage (peut-être même plus qu'avec Sakura qui est pourtant mon personnage principal). Comme tu le dis, le fait qu'il n'ait jamais eu de petite-copines explique assez bien son caractère possessif. Mais il n'y a pas que ça. J'ai prévu d'autres révélations dans les chapitres suivants et j'espère que tu les apprécieras tout autant !

Audreylike-fanfictionnaruto :

Je te remercie d'avoir lu ma fiction et de m'avoir écrit une review. J'ai toujours un peu peur d'avoir une écriture un peu lourde et j'essaye autant que possible d'ajouter de l'humour afin de rendre mon style d'écriture plus digérable. J'espère que la suite te plaira tout autant !

Crédits : les personnages de Naruto ne m'appartiennent pas et son l'oeuvre de Masashi Kishimoto.

En vous souhaitant une bonne lecture !


Chapitre N°8 : Okinawa

Voilà, c'était le Jour J, nous allions enfin partir en vacances à Okinawa, tous ensemble, dans l'unique but de nous détendre et de nous amuser. Nous avions trois professeurs pour nous accompagner.. Un bus nous attendait devant l'établissement scolaire et nous sommes tous montés dedans, excités comme des puces. A quatre heures du matin, le bus partit pour l'aéroport car notre avion décollait à huit heures moins cinq. Le trajet jusqu'à l'aéroport se passait sans soucis apparent ; On arriva à l'aéroport après une heure et demie de voyage car la périphérie de Tokyo était toujours encombrée, même au petit matin. Nous étions tous fatigués par notre courte nuit mais également très pressés à l'idée d'arriver à Okinawa. En attendant de pouvoir monter dans l'avion, nous étions tous avachis les uns contre les autres, à moitié-morts dans le terminal I de l'aéroport Haneda et seul Naruto était frais et disposé à faire rire la galerie ; il venait de passer une heure et demi à baver contre la fenêtre du bus à côté de Sasuke.

Lorsque Hatake-sensei vint nous voir au bout d'une heure, il nous déclara qu'on allait bientôt monter à bord. Tous se pressèrent donc aux toilettes tandis que moi je gardais les sacs de mes amis ; il ne restait plus que moi, Karin et sa bande de poufs. Même si elles parlaient à voix basses je pouvais très distinctement entendre leurs propos ; j'avais une très bonne ouïe :

- ...Et avec ce que j'ai dans ma valise, il ne pourra plus me résister, c'est certain.

- Karin... Tu sais, je pense que tu devrais essayer de passer à autre chose... Sasuke n'a jamais eu beaucoup d'attention pour toi et maintenant qu'il y a sa fiancée, j'ai bien peur qu'il t'en accorde encore moins que d'habitude.

- Oh ça, ce n'est pas dit. Tout le monde a bien remarqué qu'ils se détestaient alors je compte bien profiter de ce voyage et l'attirer dans mes filets. Je ne vais tout de même pas m'empêcher de l'aimer sous prétexte qu'une pétasse débarque de nulle part au beau milieu de l'année et se l'accapare.

- Oh et puis fais comme tu veux, mais on t'aura prévenu.

- Et moi je vous dis que vous devriez vous intéresser de plus près aux amis de mon chéri-d'amour. Après tout, ce serait tellement bien qu'on vole leurs copains à ces petites pestes.

Une autre rousse peroxydée sembla se réveiller soudainement et s'égosilla bruyamment :

- Kyaah, je vais piquer mon Neji à cette horrible Tenten ! De toute façon, vu qu'ils ne font pas partis de la même caste, il ne se passera jamais rien entre eux...

Karin eut un sourire goguenard, semblant savoir ce qui se tramait dans la tête de la rouquine :

- Dis-nous en plus ! Quelque chose me dit que tu as fait une très bonne découverte...

- En effet, et vous ne devinerez jamais ! Cette fille est pauvre !

- Quoi ?

- Ah bon ?

- Oui oui, elle n'a vraiment rien à faire dans notre établissement et je ne comprends toujours pas comment elle a fait pour y rester quand ses parents sont morts mais j'ai bien l'intention de révéler à tout le monde ce qu'elle cherche tant à garder pour elle, cette petite salope.

Une des filles, qui sembla éprouva un peu plus d'empathie que les autres, s'exclama alors :

- Ses parents sont morts ? Mais... Comment tu sais ça, Natsu-chan ?

La rousse prit une grande inspiration et déclara, ravie de capter autant d'attention :

- Vous savez que mon père travaille dans le grand commissariat de Tokyo alors... Ça n'a pas été très difficile d'en savoir plus sur cette con****e. Et tous ces éléments vont me permettre de lui faire payer sa relation bien trop proche avec mon Neji d'amour et de lui voler celui qu'elle aime tant. Elle n'est qu'une pauvre, elle ne mérite pas de le fréquenter et je suis sûre qu'elle ne voudra pas que je révèle à Hyûga-sama, le patriarche, que son neveu fréquente une fille de basse extraction.

- Que tu es cruelle Natsuko-san..., murmura la même jeune fille aux cheveux châtains clairs coupés au niveau des épaules.

La conversation ne s'arrêta pas là mais j'en savais suffisamment pour comprendre que la plupart de ces filles préparaient un mauvais coup. Mais il fallait que j'agisse avec finesse ; si il était vrai que Tenten nous cachait certaines choses c'était probablement parce qu'elle avait ses raisons. Je cacherais donc certaines choses aux autres lorsque je leur confierais ce que je savais. D'ailleurs, en parlant des autres, les voilà qui revenaient mais je savais que ce n'était pas le bon moment pour leur en parler. Face à l'air tendu que mon visage ne pouvait s'empêcher de trahir, mes amis se doutèrent qu'il s'était passé quelque chose en leur absence et me questionnaient du regard. Seules mes lèvres bougèrent :

- « Plus tard ».

Ils hochèrent de la tête et cela se termina ainsi, Kurenai-sensei vint nous chercher et nous montâmes enfin dans l'avion. Les places étaient attribuées et je me retrouvais entre cette péta**e rousse et Naruto, devant moi il y avait Tenten, Sasuke et Karin. Ino était assise entre Choji et Kiba et Shikamaru entre deux amies de Karin dont je ne connaissais pas le nom. Ensuite, il y avait Neji, Hinata et Saï. Temari était assise derrière moi avec un gars que je ne connaissais pas et la dernière amie de Karin, celle aux cheveux châtains clairs qui semblaient moins conne et surtout bien plus gentille que les autres.

Impuissante, je regardais passivement Karin sauter sur Sasuke pour l'embrasser, tout en me regardant vicieusement. Mais comme Sasuke n'aimait pas cette fille, tous ses efforts étaient vains et je me mis même à rire après un certain laps de temps, ce qui irrita la jeune "demoiselle" :

- Tu as quelque chose à me dire Haruno ?, me demanda sèchement Karin.

Sasuke lui rétorqua à ma place :

- Non, elle n'en a pas besoin. Elle ne sait que trop bien que toutes tes tentatives seront vaines, Karin.

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, mon Sasu-chou d'amour.

- Eh bien, Saku-chan est ma fiancée et ma petite-amie, c'est elle que j'aime.

La brune perdit son sourire niais et se rassit dans son siège en croisant les bras sur sa poitrine, elle boudait ; je savais bien que Sasuke la ferait taire rapidement. C'est la rousse à côté de moi qui prit la parole :

- Sasuke-kun, tu n'as vraiment aucun goût

- Je t'emmerde, la grosse, lui rétorqua-t-il sèchement.

- Quoooi ?! Répètes un peu ce que t'as dit, espèce de p'tit con... D'abord, je ne suis pas grosse je ne pèse que quarante kilos et trois cent vingt-et-un grammes pour un mètre soixante-sept ! Alors hein !

- Oh tu as encore mincis ma belle Natsuko, que je suis fière de toi !, s'époumona Karin, visiblement émerveillée.

- Du calme, les ados, vous gênez les autres passagers, intervint Asuma-sensei de l'avant de l'avion.

- Monsieur, monsieur, est ce qu'on peut changer de place ?, s'écria Naruto brusquement.

- Bon d'accord mais seulement si vous êtes sages.

Tout le monde se leva immédiatement. Je me mis à côté de Sasuke. Bien que je n'éprouve aucun amour pour lui, il fallait bien que Karin le laisse respirer. Naruto s'installa à côté de Hinata et Temari. Shikamaru se joint à Kiba et Ino tandis que Neji rejoignait Tenten avec Saï et les Karin et sa bande s'isolèrent pour comploter.

Le voyage ne dura que quelque trois heures et les autres se chamaillaient tandis que je profitais du calme de Sasuke pour m'endormir contre lui, bien que les sièges nous empêchaient de nous rapprocher plus. Pour plus de confort, il encadra mes épaules de son bras et embrassa tendrement mon front. Derrière nous, on entendait des gloussements. Tenten et Neji se moquaient de nous, déclarant :

- Neji, tu vois, je t'avais bien dis qu'elle l'aimait bien.

- Même pas vrai, je profite juste, rétorquais-je à moitié endormie.

Sasuke ne dit aucun mot, de toute façon, lui non plus ne m'aimait pas, donc je ne vois pas ce qu'il aurait pu ajouter. Je m'endormis enfin et ne me réveillais qu'une heure et quart plus tard, lorsqu'on rattacha nos ceintures de sécurité tandis que l'avion décrivait des cercles dans le ciel afin de venir atterrir sur une piste de l'aéroport de Naha ; depuis le hublot on pouvait voir un temps éclatant et presque sentir un soleil chaleureux. Nous avions tous hâte d'arriver dans notre hôtel, de poser nos bagages dans nos chambres et de vite partir à la mer même si moi je ne me baignerais pas.


Notre hôtel était immense et vraiment très luxueux, ce qui contrastait avec le vol low-cost que nous venions de faire. Le sol était recouvert d'une moquette lie de vin tandis que les murs étaient couverts de marbre d'un blanc cassé, dans un style parfaitement européen. L'entrée était pourvue d'un très grand aquarium en forme de U qui servait également de bureau pour les réceptionnistes de l'hôtel.

Nous étions répartis en deux ou trois personnes par chambre et nous pouvions choisir avec qui la partager dans la mesure où les garçons restaient entre garçons et les filles entre filles. Pour ma part, je me retrouvais avec Tenten et Temari tandis que Hinata partageait la chambre de droite avec Ino. A ma gauche il y avait la chambre de Sasuke, Saï et Neji tandis que la chambre d'en face était occupée par Shikamaru, Naruto et Kiba. Les professeurs passèrent dans nos chambres pour nous dire qu'on avait quartier libre jusqu'à dix-neuf heures mais qu'à cette heure précise il fallait qu'on se rejoigne tous dans le hall d'entrée de l'hôtel pour prendre notre dîner ensemble. On décida rapidement d'aller profiter de la piscine de l'hôtel qui était absolument géante et comportait plusieurs toboggans et autres bains à remous. Etant donné que j'étais aquaphobe, j'avais emmené un roman dans mon sac de plage. Je m'étais quand même vêtue d'un maillot de bain deux pièces vert histoire de laisser ma peau profiter un peu du soleil. A vrai dire, seul Sasuke était au courant de mon étrange malaise vis-à-vis de l'eau et je préférais qu'il en reste ainsi. Je prétextais juste ne pas aimer nager.

Tandis que les autres jouaient dans la piscine, je m'étais installée sur un transat et j'avais bien entamé mon roman. Les jeunes hommes avaient commencé une partie de beach-volley dans la piscine avec les filles. Ces dernières étaient particulièrement en beauté dans leurs maillots de bains respectifs et attiraient les regards. Temari portait un deux pièces imitation camouflage qui mettaient très bien en valeur sa forte poitrine. Hinata portait un une pièce sous un large tee-shirt blanc ; elle avait prétexté être très sensible à l'intensité des rayons UV mais nous savions tous que c'était uniquement parce qu'elle n'assumait pas son corps. Quant à elle, Tenten avait judicieusement choisi de mettre un petit maillot de bain couleur chocolat qui se mariait à merveille avec sa peau naturellement halée. Elle avait également lâché ses cheveux qui, sous l'effet de l'humidité, avaient légèrement ondulé et lui arrivait au bas de la nuque. Toujours souriante, elle resplendissait dans l'eau turquoise de la piscine. Pour finir, Ino arborait un maillot de bain bleu cyan ornés de petites perles dorées. Elle aussi était magnifique mais Shikamaru ne lui prêtait guère plus d'attention que d'habitude ; non, il était après disputer une faute avec Temari.

- Mais tu vas m'écouter, femme pirate ! Je te dis que la balle est sortie du terrain !

- Y'a pas de lignes crétin d'eau douce, on ne peut pas savoir !

- Si on considère qu'il n'y a pas de lignes simplement parce qu'elles ne sont pas tracées, on ne peut pas jouer correctement.

- Mais on s'en fout des règles, on veut juste jouer, débile...

- De toute façon, avec toi on ne peut pas avoir de conversations sans que les insultes fusent !

- C'est ce qui fait mon charme, idiot !

- Oh oui, autant de charme qu'une sirène de la mythologie grecque, c'est sur ! T'es bien jolie en peinture, mais dès que tu ouvres la bouche...

- Merci. Maintenant, va chercher la balle, homme~

Au bout d'un quart d'heure, je préférais arrêter ma lecture pour me reposer un peu, tournant le dos au soleil afin de le faire bronzer, je m'endormis. Ce n'est que lorsque je sentis quelques gouttes tomber sur ma peau que je me réveillai :

- Hum... Qu'est-ce qu'il y a ?, maugréais-je, encore vaseuse de ma sieste.

Une voix suave que je connaissais bien me répondit :

- Je pensais que tu aurais peut-être envie de profiter du bain à remous avec moi.

- Profiter du bain à remous oui, avec toi non, mais je ferais avec.

Je me relevais péniblement avant de constater que tout le monde avait déserté la piscine ; Naruto et Hinata s'embrassaient gentiment, tout comme Shikamaru et Ino d'ailleurs. Neji, Tenten et Temari faisaient une partie de poker. Kiba était parti draguer une des barmaids avec Saï qui observait minutieusement comment le jeune homme s'y prenait afin d'en tirer une nouvelle leçon de vie.

Attendez...

Hinata et Naruto s'embrassaient ? J'en restais ébahie :

- Uchiwa, il s'est passé quoi avec Naruto et Hinata ?

- Naruto est tombé sur elle en voulant empêcher le ballon de toucher la surface de l'eau et depuis ils ne se lâchent plus.

Je pouffais doucement :

- Aussi simple que ça, sérieusement ? Et dire qu'on commençait à échafauder un plan avec les filles alors que les faire tomber l'un sur l'autre ça suffisait ?

- Personne n'y croit, c'en est presque irréel.

- Au moins ça fait un mec de la bande en moins à draguer pour les chiennes de Karin, déclarais-je en le suivant jusqu'au bain.

Il se retourna légèrement pour scruter mon visage :

- C'est de ça dont tu voulais nous parler tout à l'heure, n'est-ce pas ?

- Oui.

Je m'installais dans le bain, m'appuyant contre son épaule pour ne pas glisser, puis il me rejoint et me demanda des explications.

- J'ai entendu la rousse parler avec Karin ; elle a découvert pas mal de choses sur Tenten et va s'en servir pour éloigner Neji d'elle. Elle est complètement fêlée et pense que si Tenten ne disparaît pas de sa vie, elle ne pourra pas l'avoir.

- Hum, je vois, j'en parlerais à Neji, je suis sûr qu'il ne se laissera pas faire. Il apprécie trop Tenten pour se laisser berner par des éléments compromettants.

- J'espère que tu as raison.

- Ne t'inquiètes pas, je m'en charge.

Il me tira contre lui comme il l'avait fait dans ma baignoire.

Neji et Tenten nous rejoignirent :

- On vient profiter un peu des massages, j'espère que cela ne vous dérange pas, les amoureux, se moqua gentiment Tenten en s'installant dans le bain.

Je lui tirais la langue avant de refermer les yeux et de continuer mon activité. Sasuke, qui n'avait pas vraiment de tact avec les gens, déclara de but en blanc :

- Neji, je dois te prévenir ; Sakura a entendu l'autre rousse de la bande à Karin déclarer qu'elle ferait tout pour te mettre dans son lit et apparemment, elle veut s'en prendre à toi, Tenten.

Tous les deux nous regardèrent surpris. Pour ma part, je n'aurais peut-être pas prévenu Tenten, j'aurais plutôt réglé le compte de cette nana, je l'aurais peut-être fusillé ou lynché, j'aurais fait tout et n'importe quoi, bien sûr, en compagnie de Temari qui s'en serait donné à cœur joie mais je n'aurais pas prévenu Tenten. Je savais qu'à partir du moment où elle le saurait, la jeune fille refuserait qu'on lui vienne en aide. Je respectais cette part de la personnalité de Tenten qui était débrouillarde et indépendante mais j'avais peur que cette fois-ci, la jeune fille ne soit pas assez forte pour se défendre seule.

D'un côté, je préférais que Sasuke en ait parlé à Neji. Neji ne laissera jamais quiconque faire du mal à la jeune fille. D'ailleurs, sa réaction en dit long sur la question :

- Cette pouffiasse, elle va voir de quel bois je me chauffe. Merci de m'avoir tenu au courant.

- Je peux très bien me défendre toute seule tu sais, déclara posément la jeune fille.

Le jeune homme lui agrippa doucement l'épaule pour la forcer à le regarder, oubliant notre existence :

- Tenten, je sais que tu es forte mais tu sais trop bien que si une menace pèse sur toi je ne réponds plus de rien.

La jeune fille éclata de rire, se remémorant sans doute d'un souvenir :

- Oh ça oui je le sais que tu es surprotecteur, réussit-elle à ajouter entre deux éclats de rire.

Je les regardais interloquée. Sasuke m'expliqua rapidement ; un garçon du lycée avait voulu draguer la jeune fille l'année précédente et voyant son refus, il l'avait giflé. Neji s'était alors ruer sur le garçon pour le démolir. Je souris devant cette petite anecdote ; cela me rassurait de savoir que Neji défendrait Tenten coûte que coûte ; j'observais l'échange de regards des deux concernés, si je ne les avais pas connu, j'aurais pensé qu'ils s'aimaient.


Cela faisait maintenant cinq jours que nous séjournions au grand hôtel Suna de Okinawa et le soleil avait considérablement enjolivé nos vacances, nous aidant à supporter les assauts incessants des chiennes en chaleur de Karin. Ces dernières n'arrêtaient pour ainsi dire jamais, tentant sans cesse de provoquer les garçons par des tenues toutes plus courtes les unes que les autres, des petites danses séduisantes et d'autres propositions à tendances licencieuses. Jusqu'à maintenant, les garçons s'en foutaient royalement ; ils restaient avec nous la plupart du temps et nous passions la quasi-totalité de nos journées dans la piscine ou à la plage à dorer au soleil, à profiter de la douce température de l'eau pour nous amuser pendant des heures.

Aujourd'hui n'étaient qu'un jour comme un autre : Tenten et Neji se cherchaient amicalement, Shikamaru et Ino faisaient la sieste côte à cote sur leurs serviettes de plage, Naruto s'amusait avec Kiba dans la mer, Hinata et Temari papotaient et pour ma part, je subissais les assauts incessants de mon crétin de fiancé. Je n'arrivais vraiment plus à le comprendre ; il était tantôt irrité par mes faits et gestes et me le faisait bien savoir, tantôt attiré par ma compagnie et parfois même jaloux qu'un autre homme puisse me lancer des œillades. Il était également beaucoup plus agréable et attentionné qu'il ne l'était à mon arrivée au Japon et je regardais tout ceci d'un mauvais oeil.

Je n'aimais pas ce rapprochement progressif qu'il effectuait, je ne me sentais pas en sécurité et je préférais qu'on se haïsse plutôt ; j'avais déjà vécu des histoires d'amour dont une qui avait duré un an et cinq mois et m'avait particulièrement brisé le cœur et je n'avais pas trop envie de recommencer, et encore moins avec Sasuke qui représentait à mes yeux l'instabilité même.

Quoiqu'il en soit, à dix-sept heures, nous vîmes la troupe de guignols de Karin débarquer et polluer la plage de leur présence ; s'installant à quelques mètres de nous, je su tout de suite qu'elles avaient encore un complot en tête. Pour qu'elles s'approchent aussi près de nous, il ne pouvait s'agir que de ça. Elles commencèrent à jacasser sur le tout dernier rouge à lèvre de la marque Kanebo, qui faisait déjà fureur malgré sa toute récente mise en vente. On ne pouvait pas trouver plus intéressant en matière de conversation... Je les observais du coin de l'œil, attendant le moment du complot pour éventuellement intervenir ; je n'aimais pas leur proximité. Sasuke revînt de la mer. Se couchant contre moi, il me murmura dans le creux de l'oreille :

- Tu es bien tendue, ma chère Haruno. Tu penses qu'elles vont agir aujourd'hui ?

Sans répondre, je pris l'initiative de l'embrasser doucement, me mettant sur le dos et abandonnant mon livre contre la surface chaleureuse du sable ; je faisais uniquement ça pour faire enrager Karin, et je dois reconnaître que cela marchait pour le mieux. J'entendis un grognement couper leur conversation puis elles se levèrent toutes sauf la rousse et se dandinèrent jusqu'à la mer afin de se tremper les pieds. Ce n'est pas pour autant que j'achevais ce baiser car, même si nous ne nous aimions pas, je n'avais aucune certitude sur l'éventuelle fidélité de Sasuke et si tant est qu'il ne le soit pas, je devais tout de même m'assurer qu'il le reste durant ces vacances ; cela me ferait franchement chier qu'il couche avec Karin la bimbo siliconée pourvue d'autant de Q.I qu'une huître pas fraîche.

Bien sûr, Sasuke en profitait largement, me serrant contre son torse, savourant cette toute nouvelle intimité et une seule chose pouvait nous sortir de notre câlin ; ce fut un cri perçant. La rousse hurlait à rompre les tympans de la plupart des mammifères existants aux alentours, c'est-à-dire nous :

- Aaaah ! Au secours, sauvez-moi, je vais mouriiiir ~

Nous la regardâmes tous, puis Tenten lui demanda dans un sarcasme :

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Natsuko ? Tu t'es cassé un ongle ?

- Il y- Il y a... une... horrible araignée... sur la... serviette de Karin ! J'ai une peur panique des araignées !, pleurnicha t-elle, bruyamment.

Neji se leva et secoua énergiquement la serviette avant de rebrousser chemin mais un bras lui retint le poignet ; la vipère passait à l'action :

- Oh Neji, tu es mon héro ! Laisses moi te remercier, déclara t-elle, les yeux en soucoupes avant de lui sauter dessus, pressant contre lui sa plastique et de l'embrasser langoureusement.

Le garçon eut beau faire tous les efforts du monde pour se détacher d'elle, elle était coriace et munie d'une poigne de fer. Ce fut une Tenten courroucée qui vînt le tirer de ce pétrin, giflant la harpie par la même occasion :

- Non mais tu veux étouffer mon copain ou quoi ?! T'es complètement tarée ma pauvre ! Va te faire soigner !

Cette dernière émit un petit rire purement diabolique avant d'ajouter, offrant un regard vicieux à ma jeune amie :

- Moi pauvre ? Elle est bien bonne celle-là ! En tous cas, ce n'est pas moi qui vit à Arakawa et travaille comme serveuse dans un kebab, n'est-ce pas Tenten ?

Tout le monde fit silence soudainement et je vis les yeux de Tenten et de Neji s'ouvrir en grand tandis que la diablesse jubilait en arborant à présent un sourire éclatant de joie :

- ... Et s'il est vrai que toi et Neji êtes en couple, continua-t-elle en les menaçant, je te conseille de vite rompre votre relation ; vous ne voudriez pas que Hyûga Hiashi-sama l'apprenne...

Puis elle éclata d'un rire de harpie qui aura une seconde fois pulvérisé les tympans de tout mammifères à moins de cinquante mètres.

Tenten l'a gifla de nouveau :

- Tout cela ne te regarde pas.

Je vis les poings de Tenten se serrer tandis qu'elle ravalait sa fierté et partait précipitamment vers l'hôtel ; cette salope avait trouvé un moyen de faire fléchir la garde de Tenten et lui avait sans doute infligé une blessure qui laisserait une cicatrice ; je ne pouvais pas laisser faire ça ; je me dégageais de l'étreinte de Sasuke et me ruais vers elle, mais avant que je pus faire quoique ce soit, le fille s'était déjà retrouvée à terre ; Neji venait de lui administrer la plus belle baffe de la journée (les précédents étant pour Naruto de la part d'un peu tout le monde). La jeune fille se retrouva donc à terre sans comprendre quoi que ce soit ; larmoyant doucement avec un air de chien apeuré très frappant ;

- Mais-.. Mais Neji, cette fille n'est pas faite pour toi !

- Et alors, je refuse de le savoir !

- Mais... Elle est pauvre. C'est une guenon alors que moi je suis une princesse et je suis riche, nous ferions un si beau couple !

- Je m'en fiche de toi, je me fous des autres filles La seule qui m'importe c'est elle !

- Elle ne fera jamais partie de noter monde...

- Cela n'a pas d'importance. Et que je ne te revois plus la menacer ou tu recevras de ma part une sanction bien plus douloureuse qu'une simple claque, la mit-il en garde, visiblement très remonté contre elle.

Laissant la diablesse à terre (Mais surtout à nos bons soins, à Temari et à moi), le jeune homme partit en courant vers l'hôtel ; il n'aurait pas éprouvé autant de colère et de haine envers une seule et même personne si la victime n'avait pas été plus qu'une simple amie. Ainsi donc Neji aimait Tenten...


Notre séjour touchait bientôt à sa fin et nous avions tous pris de très belles couleurs, moi la première. J'arborais à présent un jolie hale doré et j'en étais ravie. Le seul qui n'avait pas pris de couleur du tout, étrangement, c'était Sasuke qui demeurait toujours blanc comme un linge.

Avant notre retour à la routine lycéenne, il nous restait un weekend qui promettait d'être festif. En effet, le vendredi ; soit ce soir, l'hôtel avait prévu de faire une piscine nocturne jusqu'au petit matin pour ses clients tandis que le samedi soir, il y aurait une grande soirée dans tout l'hôtel comme à la fin de chaque mois. Cela allait clore notre voyage en grandes pompes. Nous revenions de la plage où nous avions encore une fois passer tout l'après-midi. Cela étant, l'atmosphère était plus tendue qu'hier. Ni Neji ni Tenten n'avait souhaité venir et tous deux restaient enfermés dans leurs chambres respectives sans dire un mot, se laissant lentement envahir par des ténèbres que leur propre désarrois nourrissait. Nous savions seulement que la veille Neji avait passé une heure à tambouriner la porte de notre chambre, sans succès. Bien sûr, cela nous avait tous plus ou moins marqué de les voir aussi morose l'un que l'autre ; nous qui étions habitués à la souriante Tenten et à l'imperturbable Neji.

Il n'y en avait qu'une pour se réjouir de leurs malheurs ; j'ai nommé Karin !

Elle ne cessait de féliciter sa copine rousse que nous avions gentiment démolie juste après le départ de Neji. Cette dernière, le visage complètement nettoyé de tout maquillage (Oui, après quelques claques, ça a été l'ultime sévisse que nous lui avions fait subir ; la lingette démaquillante !), ne semblait pas très fière d'elle en revanche. Peut-être que ces filles n'étaient pas si dénuées de sens finalement ? Enfin bon, passons le sujet des poufs, je me foutais bien de ce qu'elles pouvaient devenir sous réserve qu'elles finissent par nous laisser tranquille.

Quoiqu'il en soit, ce soir c'était piscine nocturne. Je n'étais guère enthousiasmée à l'idée d'y assister ; il n'y aurait que très peu de luminosité et donc je ne pourrais pas poursuivre mes lectures si intéressantes. D'un autre côté, c'était tout de même plus attirant que de rester la soirée dans la pénombre en compagnie de Tenten à faire un monologue qu'elle refuserait d'entendre et qui serait agrémenté de sanglots presque inaudibles. J'avais donc finis par accepter, ayant stupidement mis un maillot de bain sous ma petite robe tout en sachant pertinemment que ce dernier n'irait pas faire trempette comme le font les maillots de bain normaux ; tant pis pour lui, ce serait un bikini au chômage.

Il était approximativement vingt-deux heures et je regardais passivement les autres chahuter dans la piscine. Cette dernière n'était d'ailleurs pas très peuplée car les températures extérieures s'étaient quelque peu refroidies avec la tombée de la nuit et la plupart des clients de l'hôtel semblaient plutôt frileux. Ce qui expliquait également l'étrange tranquillité de notre soirée : pas de Karin, pas de problème en vue.

Au bout d'un moment, mes amis sortirent de la piscine, se plaignant de la fraîcheur du vent au contact de leurs peaux mouillées et se dirigèrent vers les bains à remous à l'intérieur du bâtiment derrière mon transat. Seul Sasuke se dirigea vers moi, s'agenouillant à mes côtés :

- Tu ne t'ennuies pas trop ?

- Non, ça va, répondis-je, non sans une pointe d'ironie dans la voix.

Non, franchement, qui ne se serait pas fait chier à ma place, assis pendant près de deux heures sur un transat à regarder une bande d'adorables débiles chahuter dans un eau à la fois envoûtante et dangereuse... Vraiment, parfois il pouvait être lourd... Et con.

Il m'accorda un de ses petits sourires en coin dont seul lui avait la recette secrète et déclara :

- Viens avec moi.

Je le regardais soupçonneuse et dubitative :

- Qu'est-ce que tu veux me faire faire encore ?

- Fais-moi confiance, pour une fois.

Un peu réticente, je m'exécutais néanmoins ; il avait été incroyablement gentil et obéissant ces derniers temps, fallait bien que je trouve quelque chose pour le récompenser. Il me prit la main et me conduisit jusqu'à une grande piscine... OH MON DIEU. Je paniquais, ma peur de l'eau faisant surface de nouveau. Je tentais de reculer tandis que lui commençait une lente descente dans ces eaux troubles et glaciales. Ayant pris conscience de mon refus, je ne lui laissais guère d'autre choix que de me soulever du sol et de m'amener lui-même jusqu'au milieu de la piscine ; j'eus beau frapper, taper, cogner ses épaules; rien n'y fit, j'étais à présent suspendue au-dessus de l'eau, au beau milieu de la piscine. Je paniquais derechef :

- Sasukeeeee~ Pitié ! Tout mais pas ça...

Il ricana. Vicieuse petite créature.

- Sakura...

- S'il te plait...

- Il n'y a que cinquante centimètres d'eau ; c'est la piscine des enfants.

Il m'y posa et je constatais en effet que l'eau atteignait seulement mes jambes et non le reste de mon corps. Je me calmais quelque peu ; je ne pouvais vraisemblablement pas me noyer là-dedans, à moins que quelqu'un ne cherche à me tuer bien évidemment.

- Qu'est-ce qu'on fait là ?

- On va remplir une mission très périlleuse : nous allons combattre ta phobie.

La mauvaise blague.

Je le regardais, stupéfaite puis répondis avec beaucoup de scepticisme :

- Non mais sérieusement, qu'est-ce que tu veux faire dans cette piscine pour enfants ?

Il me regarda d'un air profondément blasé avant de grogner :

- Mais, je viens de te le dire ! On va tacher de rendre ta phobie moins envahissante.

Là, il me faisait peur. Je n'avais guère envie de commencer à nager, même dans un bassin pour enfant. Et le pire c'est que je sentais toute cette néfaste motivation émaner de son être. Il glissa ses mains le long de mes avant-bras et les arrêta au niveau de mes coudes. Le sourire aux lèvres, il se baissa doucement m'entraînant avec lui. On s'assit dans l'eau qui cela dit en passant était assez froide. Il me prit dans ces bras et se coucha un peu plus dans l'eau, admirant ainsi un ciel de nuit d'une froide clarté. Les étoiles semblaient briller de mille lueurs et nous n'aurions jamais pu avoir une si jolie nuit à Konoha où la pollution engendrée près de Tokyo rendait le ciel un peu plus nuageux. Sasuke déposa un léger baiser sur mon front avant de demander, inquisiteur :

- Ça va ? Tu n'as pas peur ?

- Non ça va... Même si E.T venait nous capturer et nous emmener loin dans sa galaxie, ça irait, lui répondis-je avec un demi souriant.

Non je n'étais pas rassurée du tout, en fait.

Il explosa d'un rire moqueur que certainement jamais personne à part moi n'avait entendu. En temps normal, il se serait simplement contenté d'un petit micro-sourire à la commissure des lèvres ou d'un rire rapide et léger comme le vent.

- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?

- Rien de particulier, tu es juste sensationnelle... Ah la la, les extra-terrestres...

Je le regardais sceptique ; il avait un sérieux problème lui, à rire pour un rien.


Lorsque je l'avais rencontré pour la toute première fois, la première chose qu'il avait faite fut de me tirer la langue avant de déclarer qu'il me détestait, pointant du doigt ma tignasse rose. Nous étions vraiment très jeunes et je n'avais pas compris sur le moment.

- « Pourquoi ? », lui avais-je demandé et ce à quoi il avait répondu

Je me souviendrais toujours de son rire. Le premier rire que j'avais entendu. Un rire moqueur et très blessant.

- « Parce que, le rose c'est moche ! T'es moche ! ».

Je n'avais jamais compris pourquoi il me détestait à ce point, c'était purement stupide de détester quelqu'un seulement parce que la coloration naturelle de ses cheveux était anormalement rose. Il aurait simplement suffit que je me teigne les cheveux d'une couleur plus naturelle pour qu'il arrête ses sottises. Cela étant, ma mère n'avait jamais voulu, prétextant que mes cheveux étaient absolument magnifiques et qu'elle aurait adoré avoir les mêmes étant enfants. Ma mère était vraiment une fille à aimer le rose et à vouloir en mettre de partout. Ses créations comportaient d'ailleurs toujours une petite touche de rose.

A partir de ce moment-là, nous nous étions mis à nous détester et nous avions commencé à nous faire des coups bas. Surtout lui. Il ne se passait pas une seule vacance de Noël sans que nous ne lrencontrions les Uchiwa dans la même station de ski en Autriche et à chaque fois qu'il le pouvait, il me couvrait de honte.

Je n'étais déjà pas très douée pour le ski à la base et il me faisait tomber à chaque fois qu'il le pouvait. Lui qui savait dévaler les pistes rouges et noires sur son snowboard comme personne, faisait exprès de passer très près de moi pour que je perde mon fragile équilibre et finisse les fesses dans la neige.

- Oups ! Désolée Haruno, malgré ta tignasse, je ne t'avais pas vu !

Puis il partait, continuant sa route, sur un rire tonitruant et moqueur.

Toujours de fausses excuses pour faire bonne figure devant nos parents. Toujours ce même rire moqueur et blessant.

Lorsque nous étions un peu plus grand, désespérés par mon inaptitude à faire du ski, mes parents avaient engagé un moniteur pour m'apprendre plus particulièrement la technique. Ce jeune moniteur, Mikhail, un riverain âgé de seulement vingt-et-un an, savait me mettre en confiance et avait toujours un mot gentil pour me réconforter lorsque je chutais. Au bout de quelques jours d'entraînements acharnés, j'avais réussi à faire quelques progrès. Je passais tout mon temps avec Mikhail et nous descendions ensemble les pistes vertes à longueur de journée en discutant gentiment de tout et de rien. J'avais finis par me sentir très attirée par lui qui était toujours si prévenant avec moi et je crois, je n'en suis pas certaine, que peut-être lui aussi éprouvait quelque chose pour moi.

Mais bien évidemment, tout bonheur près de Uchiwa était de courte durée.

Nous partagions le même chalet cette année-là car nos mères voulaient passer plus de temps ensemble. Fatiguée par ma journée de ski, j'étais allée me coucher tôt en prétextant que le lendemain mon moniteur m'emmenait sur ma première piste bleue. Nos parents étaient installés dans le salon et bavardaient allègrement autour de la cheminée.

Cette nuit là, sans que personne ne s'en rende compte, Sasuke, muni d'une paire de ciseaux, avait coupé les premiers points de la couture de mon pantalon de ski, au niveau des fesses, comptant sur le fait que je tomberais forcément sur une piste bleue et que le mouvement ferait son oeuvre.

Le lendemain arriva et Sasuke s'était innocemment proposé de nous accompagner avec Mikhail pour ma première descente sur la piste bleue, prétextant être admiratif devant les progrès spectaculaires que j'avais fais cette saison.

- Tu es peut-être moins empotée que tu en as l'air Haruno !

Mikhail me guidait en douceur et Sasuke fermait la marche. La piste était bien plus dure que je ne le pensais et j'avançais fébrilement avec les conseils de mon moniteur. Elle finissait par une jolie descente un peu plus pentue qui nous amenait devant la boutique de ski du village. Mettant en pratique les conseils de Mikhail, j'avais pris mon courage à deux mains et dévaler la piste sans écouter mes angoisses.

Arrivée en bas, je n'ai pas su freiner et j'ai attéris tête la première dans un tas de neige.

Chute. Crack !

J'étais coincée dans le tas sans arriver à me dépêtrer et je sentais la brise glaciale caresser mes fesses à l'air. Et puis deux rires puissants.

Sasuke me tira par le bras, toujours pris d'un fou rire incontrôlable tandis que Mikhail qui avait pourtant été toujours si gentil avec moi, se roulait à terre dans un rire guttural sans fin. Il en pleurait littéralement de rire.

Sasuke me tira la langue et je compris que mon pantalon de ski n'avait pas craqué tout seul.

Toute ma motivation réduite à néant, je partais sans un regard en arrière sous les rires incessants des deux jeunes hommes. Tentant de cacher mes fesses comme je le pouvait avec ma veste de ski et rejoignant rapidement le chalet, j'en étais venue à quelques conclusions :

Ne plus jamais faire de ski.

Ne plus jamais mettre de petites culottes avec des cœurs roses.

Plus jamais.


Mais revenons-en à Sasu-crétin ; étant petit je m'étais toujours demandé s'il n'était pas amputé du cœur. A présent je me demandais si l'organe qui régissait ses émotions, à savoir, le cerveau, marchait correctement.

- Et puis les extra-terrestres ça n'existent pas, acheva-t-il, brisant le silence qui nous entourait tel un cocon.

- ça, on n'en sait rien, personne n'en a jamais vu.

Un petit moment de silence.

- Moi si, j'en ai vu un.

- Tu viens de dire que cela n'existait pas ; ton cerveau a déraillé ou quoi ?

- Ben non, c'est toi l'extraterrestre. Avoue quand même que ce rose ne fait pas très humain.

Je me détachais de son étreinte, m'éloignant un peu ; je n'étais pas vexée, je savais déjà bien que je n'étais pas normale, humainement parlant. Les humains étaient trop repoussés par moi pour que cela me donne l'impression de faire partie de la même catégorie vivante et viable qu'eux. Il prit néanmoins cela comme le signe immanquable d'une blessure de mon orgueil :

- Rooooh allez ! Ne sois pas vexée ! Ce n'est pas comme si tu n'étais pas habituée à mes moqueries !

J'avais envie qu'il s'excusa quand même, pour une fois j'avais envie qu'il me traita comme une reine alors je me relevais et sortit du bassin sans un mot. Ayant atteint mon transat, j'attrapais ma robe et ma serviette et allais aux vestiaires. Lorsque j'en ressortis, Sasuke n'était pas encore ressortis du sien ce qui me permettait de m'enfuir à toutes jambes. J'avais vraiment envie qu'il se sente coupable et qu'il me supplie de le pardonner ; ça vaudrait bien pour toutes les vacheries qu'il m'avait faites subir jusqu'à maintenant. Je rejoignis très rapidement ma suite. Il était minuit passé et Tenten s'était endormie, des sillons de larmes sur son visage témoignaient de son état psychologique actuel ; je n'aimais pas trop cette situation et je savais que Neji y était lié. Seulement comme lui également semblait être un fantôme, on pouvait penser que cela avait à voir avec le domaine des sentiments amoureux.

Après dix petites minutes, quelqu'un tambourina à la porte avec insistance. Mais je n'y prétais pas attention, je savais déjà qu'il s'agissait de lui :

- Sakura ! Excuses moi...

Je ne dis mot, me préparant simplement à me coucher.

- Sakura ! Allez ! Ouvres moi cette porte, s'il te plait !

- Sakura... Je sais que tu es là.

- Saku... Allez je sais que tu m'entends, laisse-moi entrer. Il faut qu'on parle.

Ce cri désespéré réveilla Temari, qui, râlant, se leva et marcha d'un pas rapide jusqu'à la porte. Avant qu'elle n'ouvre, elle se tourna vers moi et je lui fis comprendre d'un geste que j'allais faire semblant de dormir. Elle attendit que je me sois glissée sous les couvertures pour ouvrir la porte en grand et dilapider mon fiancé primate :

- Oh c'est pas un peu fini tout ce boucan, y'en a qui essayent de dormir, Uchiwa !

- Laisse-moi voir Sakura, pas le temps de t'expliquer, je sais qu'elle est là !

Il entra en la bousculant un peu et me vit dans mon lit, sagement installée et faussement endormie. Temari se délectait :

- Comme tu peux le constater, Sakura dort à points fermés et c'est ce que je faisais aussi jusqu'à ce qu'un put**n d'abruti vienne gueuler à la porte. Maintenant, si tu veux bien, je voudrais DORMIR !

Mais il faut croire qu'il ne l'écoutait pas car il s'avança doucement vers mon lit pour constater par lui-même que je dormais (ou pas). Il s'accroupit à coté de mon lit et je fis tous les efforts du monde pour respirer le plus lentement possible. Malgré mes yeux fermés je pouvais sentir que son visage se rapprochait, jusqu'à ce que son souffle chaud atteigne ma joue. Il se rapprocha encore, vint déposer ses lèvres sur les miennes avant de se relever et de déclarer :

- Bonne nuit ma Sakura.

Temari finit de l'achever en déclarant, agacée :

- Ouais ouais, bonne nuit ! De toute façon, ce n'est pas comme si demain elle allait s'en souvenir ! Elle dort !

- Hn...

Il quitta la pièce et Temari vint me rejoindre sur le lit. Je me relevais :

- Tu veux en parler ?

- Non, il m'a juste dit que j'étais un extra-terrestre, et je me suis dit que ce serait bien que je me fasse désirée un peu, chuchotais-je.

On se regarda un instant sans un mot et puis nous explosâmes de rire en simultané, réveillant Tenten par la même occasion. Quelque peu grognon, elle maugréa :

- Gneuh ? Veux dormir les filles...

- Oui oui, excuse-nous, on va dormir. Bonne nuit les filles !


Nous venions de passer une super journée shopping dans Okinawa. Nous avions formellement interdit aux garçons de venir avec nous et nous avions également réussi à convaincre Tenten de venir avec nous. Nous voulions passer la journée à l'écart des garçons, nous avions prétexté que nous ne voulions pas leur gâcher la surprise pour ce soir et que nous voulions être absolument splendides pour eux. Conquis par nos discours charmeurs, ils s'étaient laissés avoir, acceptant de nous laisser entre filles pendant une journée. Bien évidemment la vérité était tout autre ; moi et Tenten cherchions à éviter à tous prix Uchiwa et Hyûga alors que ces derniers nous courraient après.

En ce qui concerne Tenten, Neji avait fini par se reprendre un peu et semblait plus déterminé que jamais à conquérir la jeune fille par tous les moyens ; aussi guettait-il les sorties de la chambre d'hôtel de la jeune fille. Quant à moi, c'était simple : Sasu-crétin se sentait affreusement coupable de m'avoir traité d'extraterrestre et cherchait un moyen de s'excuser et de se faire bonne conscience. Par ailleurs, Temari avait eu la judicieuse idée de proposer à Uchiwa d'être mon compagnon ce soir afin qu'il me laisse tranquille aujourd'hui. Son plan était qu'à la fin de la journée, elle fasse croire à mon fiancé crétin que je sois tombée malade pour que je puisse rester dans la chambre et ne pas le voir.

Okinawa regorgeait de boutiques hautes en couleurs et pleines de richesses insoupçonnées. Bien entendu, Ino dévalisa toutes les boutiques de vêtements branchées et nous fîmes de même dans des proportions plus acceptables. Les commerçants étaient également très sympathiques et avenants avec nous et nous avions passé une très bonne journée entre filles avant de rentrer à l'hôtel faire la fête.

En rentrant, les filles commençaient à se préparer dans notre chambre où Ino jouait les coiffeuses et les maquilleuses. Elle rendit toutes les filles sublimes tandis que moi je m'étais déjà mise en pyjama et je lisais tranquillement dans mon lit un autre roman sur les loups-garou. On toqua bientôt à la porte, lorsque la grande horloge de notre étage sonna les vingt heures. Mes amies étaient toutes prêtes et sortirent rapidement. Comme prévu, je restais dans mon lit, pas besoin d'aller leur faire croire moi-même que j'étais malade en allant m'afficher devant tous. On entendit très vite des exclamations de joie derrière la porte ; les filles étaient très belles, les garçons devaient surement les complimenter. J'y prêtais attention deux minutes, posant mon roman :

- Ouah les filles vous êtes éblouissantes, nous sommes chanceux !

- Ouais ben pas de mains baladeuses sinon...

- Temari, ne t'inquiète pas voyons !

- Ino a raison, on peut vraiment leur faire confiance de ce côté-là !

- Tenten... Je peux te parler ?

Rien qu'à entendre le ton quelque peu tendu et impatient du jeune homme, je savais qu'il s'agissait de Neji. Les pas s'éloignèrent un peu mais je ne pus pas savoir ce qu'il disait car Sasuke interrogea Temari :

- Sakura elle est où ?

- Oh, je suis désolée Sasuke, mais Sakura a fait un petit malaise en allant aux toilettes. Il vaut mieux qu'elle reste au lit. Elle m'a chargé de te dire qu'elle était désolée.

- Hum, je vois. Tu peux m'ouvrir votre chambre s'il te plait ?, demanda-t-il sur un ton impérieux.

Temari lui répondit, légèrement soupçonneuse :

- Si c'est pour l'embêter alors c'est non !

- Non non, si elle est malade, je vais m'occuper d'elle, c'est tout.

Oh merde... Je vis Temari entrer dans la chambre en trombe puis accourir vers moi, chuchotant blasée :

- Put**n, il est impossible ton mec, on fait quoi ?!

- Bon... Laisse-le rentrer et partez vous amuser, je me débrouillerais pour le faire déguerpir rapidement.

- Tu es sure ? Je pourrais très bien lui dire que tu dors...

- Non, il serait capable de venir s'asseoir à côté de moi et de me veiller toute la nuit.

- Ok

Je la vis repartir et je laissais mon livre sur la table de nuit pour me couvrir de ma couette jusqu'au menton ; deux secondes plus tard, Sasuke entrait. Il s'approcha doucement de mon lit et s'accroupit à côté de moi :

- Bah alors t'es toute morte, c'est le shopping qui t'a rendu malade ?

Je fis mine de toussoter avant de répondre, prenant une voix fébrile :

- Je ne sais pas trop.

Il s'assit sur le lit à côté de moi et déclara très enthousiaste :

- Ne t'inquiètes pas , je vais m'occuper de toi, je vais être aux petits soins. Tu as besoin de quelque chose ?

- Non, ça va. Je vais juste me reposer.

- Je vais te commander un petit thé vert afin de t'aider à mieux dormir.

Il m'agaçait à vouloir en faire des tonnes :

- Je t'ai dit que ça allait !

- Fais moi confiance, repose-toi tandis que je me charge de ton bien-être.

Mon bien-être ?

Hahaha. Non mais vraiment, il croyait sincèrement que j'allais gober ça ?

Je toussotais légèrement avant de continuer :

- Tu vas mettre du poison dans mon thé pour m'achever plus vite, c'est ça ?

Il parut surpris :

- Sakura, tu es complètement parano ! Pourquoi voudrais-je te tuer, tu es ma fiancée ! Ou alors tu as de la fièvre ?

- Justement, je suis ta fiancée.

Il passa sa main sur mon front :

- Froid comme de la glace. Tu es bel et bien parano alors...

- La ferme, il faut que je me repose. Et puis tu peux parler. Toi, tu es moralement démuni et émotionnellement constipé.

- Merci du compliment mon amour ~

Il se leva et rejoint rapidement le meuble près de la porte d'entrée, attrapa le téléphone et demanda à ce qu'on m'amène rapidement une tasse de thé vert. Après cinq petites minutes, ma commande arriva et c'est Sasuke qui se chargea de me le donner à la cuillère. Je ne vous parle pas du déplaisir que j'ai eu :

- Allez ouvre grand la bouche, bébé !

- Oh put**n...

- Bah quoi je m'exerce pour plus tard, je compte bien être un bon père un jour.

- Eh ben... Tu ferais vraiment un père médiocre !

- Parles pour toi... Nos enfants ne vont pas être gâtés avec tes cheveux roses et ton caractère de merde.

- Ah parce que tu veux en faire plusieurs ? Oh misère... Et puis, pour ta gouverne, la couleur rose de mes cheveux résulte d'un mélange peu probable entre les poussées d'hormones de ma mère et d'un médicament que le médecin lui faisait prendre pendant sa grossesse. J'aurais du naître châtain...

- Alleluyah, pas de petits Uchiwa aux cheveux roses !

- Merci...

- Non mais quand même, reconnais que pour un garçon le rose c'est la honte.

- Qui te dit que nous aurons un fils ? Et puis, tu t'enfonces. Bravo l'étroitesse d'esprit !

- Parles pour toi. J'ai passé au moins six vacances d'hiver consécutives à t'entendre supplier ta mère de te teindre les cheveux en châtains. Après si tu veux vraiment parler d'étroitesse, tant que tu l'es là où je pense, ça me va !

- Oh, je crois que je vais vraiment vomir...

Il posa la tasse sur ma table de nuit et souleva les couvertures. Je sursauta rapidement :

- Hey, hey ! Tu fais quoi là ?!

- J'ai envie de venir passer la nuit contre toi. On parlait de faire un bébé il y a cinq secondes après tout.

- Oh je vais vraiment vomir~

-...

- Sérieusement, Uchiwa. Sans façon. En plus... Tu sais, les professeurs passent en rondes tous les soirs vérifier que nous sommes bien dans nos chambres respectives, et ce, quand bon leur semble...

- Ce soir il y a la soirée de l'hôtel et ils y seront, ils vont probablement se coucher bourrés et puis je suis sûr que Temari ou Tenten prendra soin de leur dire que tu te reposes ; ils ne nous dérangeront pas...

Je vois. Déterminé comme il est à passer la nuit près de moi, je n'allais pas m'en débarrasser facilement ; je cédais. J'étais fatiguée, je ne voulais pas me battre.

- Bon d'accord... Mais moi je dors. Et tu ne viendras pas te plaindre si tu choppes ce que j'ai.

- Cool !

Il se releva et quitta son jean, révélant un caleçon gris. Puis il s'installa dans mon lit, m'enjambant et se blottissant contre moi. J'éteignis la lumière tandis qu'il me serrait contre son torse musclé. Je le sentis se redresser dans le lit pour venir embrasser doucement ma joue puis mes lèvres. Il ne semblait plus vouloir me lâcher. Lentement, il me tourna sur le dos afin de pouvoir se placer au-dessus de moi, continuant à m'embrasser. Je donnais un léger coup de pied dans le sien afin qu'il me libère ; il se redressa :

- Quoi ?

- Bonne nuit.

- Ah ok... Bonne nuit.

Je me tournais pour être dos à lui et ses bras m'enlacèrent de nouveau et le silence se fit. Je comptais vraiment dormir mais Sasuke ne semblait pas de cet avis :

- Dis-moi, Sakura, pour hier... Je ne cherchais pas à te faire de la peine, je voulais juste faire un peu d'humour...

- Et je n'aime pas quand tu es totalement indifférente, ni quand tu m'évites... Je ne le supporte pas, je te veux toujours près pour moi, je veux t'avoir que pour moi.

- ... Et je ferais tout pour me faire pardonner...

- Laisse-moi dormir et demain, peut-être que je te pardonnerais.

Il ne dit plus rien et me serra contre lui avant de s'endormir rapidement, comme à chaque fois que nous dormons ensemble. Je rejoignis rapidement le royaume des rêves malgré notre retour proche vers la vie monotone. Le voyage s'achevait malheureusement et nous allions bientôt devoir affronter les examens de fin d'années...


Voilà~

J'espère que ce chapitre, malgré sa longueur, sa narration prédominante et son manque de joutes verbales, vous aura plus.

Oui Sakura est une peste vicieuse. Oui j'ai entendu des filles (les pouffiasses) parler comme ça lorsque j'étais moi-même au lycée (ce qui fait très peur) et oui Sasuke est toujours un (adorable) pervers !

J'espère pouvoir vous envoyer un autre chapitre très rapidement, avec moins d'attentes que pour celui-ci.

A très bientôt. Des bisous

RosePourpre