Bonjour et bonne année !
Tout d'abord mille pardons pour le retard considérable.
Mais je n'abandonne pas et j'espère vraiment finir cette fiction d'ici à l'année prochaine, ou, dans le plus grands délais, d'ici à juin 2019. J'ai écris la trame de chaque prochain chapitre ! J'espère juste pouvoir tenir ces nouveaux délais.
Je voudrais tous vous remercier pour votre patience et votre assiduité et puis remercier tout particulièrement Calista, Eglantine, Vala59 et Anne pour leur commentaire :
Calista :
Merci beaucoup pour ton commentaire qui m'a fait très plaisir. C'est peut-être mon chapitre préféré, le onzième. Il s'y passe plein d'événements ; Sasuke se lâche et est prêt à avancer, Sakura recule. Ce qui vous attend pour la suite ? Des surprises ! Mais je n'en dirais pas plus maintenant, ça gâcherait l'effet ! J'espère que ça ne te décevras pas !
Eglantine :
Merci beaucoup ! Comment va évoluer la relation entre Sakura et Sasuke ? Eh bien, tu verras pas mal de changements dans les chapitres à venir ! Ca décolle, mais en douceur !
Vala59 :
Merci pour ton commentaire. J'espère que la suite te plaira autant que le début. A venir beaucoup de revirements de situation qui vont mettre nos protagonistes à rude épreuve !
Anne :
La suite, la voilà ! Désolée pour l'attente !
Bon les chouchous, je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve en bas du chapitre !
Crédits : tous les personnages de Naruto sont l'oeuvre de Masashi Kishimoto. Je ne fais que les emprunter dans une oeuvre fan-fictive.
Chapitre n° 11 : Monsieur Valentin est attendu au service gastro entérologie
...Zzz
Encore quelques points et je vais avoir fini de recoudre.
Continuez comme ça Haruno. Très bonne technique.
Je m'en efforce, Professeur.
...
Professeur ! La tension chute ! Le cœur s'est arrêté !
Bon sang, qu'est-ce qu'il se passe ?! Ne nous lâche pas maintenant bonhomme.
- Sakura ?...
Docteur Haruno, j'ai besoin de votre aide.
Kimura, Tanaka : commencez à préparer le défibrillateur. Haruno : On va tenter un massage cardiaque. J'effectue trente compressions thoraciques et vous, vous soufflez deux fois.
Entendu !
Allez, un. deux. trois...vingt-huit. Vingt-neuf. Tren- Soufflez !... Une deuxième fois.
... Allez on reprend...Un. Deux. Trois...
- Sakura...
... Trente ! Soufflez !... Encore une fois !
Professeur Ogawa, le coeur repart !
Sa tension remonte aussi
Pfiou, il a tenu le coup ! Bon travail Haruno ! .. Tanaka et Nakamura, Veillez à stabiliser le patient et mettez le sous-...
- SAKURA !
Je me réveillais en sursaut et tombais de mon lit. Aïe ma tête~
Après l'habituel bisou du matin (enfin aujourd'hui, plutôt le bisou repart-tout), ma mère contourna mon lit et tira les rideaux. De sa voix enjouée et mièvre, elle s'exclama, chantonnant presque :
- Désolée d'avoir crié, ma Sakura-chérie, lèves toi ! Aujourd'hui est vraiment un grand jour pour toi. Ahlala, je me rappelle de ma première st-valentin avec ton père. Nous nous étions rencontrés dans le café au coin de la trentième rue et...
Moi je grognais, ayant littéralement la tête, HUM, la où je pense... et absolument aucune envie d'écouter ses souvenirs d'étudiante effarouchée et stéréotypée qui aboutiraient sur d'autres souvenirs dégoulinants d'amour et de bons sentiments sur « quand ton père venait me chercher à l'agence de mannequinat... » qui aboutirait forcément sur du « Toi aussi, ma chère fille, tu devrais faire quelques photo-shoots pour ton Sasuke d'amouuuur ~... » puis des "Il faut vraiment qu'on aille faire les essayages pour ta robe ma chérie, le temps passe si vite"... STOP ! Très chère mère, malgré tout le respect que je te dois, tu oublies très souvent que nous n'avons pas le même caractère, pas les mêmes ambitions dans la vie.
Je sortis en hâte du lit pour vérifier le calendrier. On ne sait jamais, ma mère aurait très bien pu s'être trompée d'une journée ou deux... Ou même dix ?
Quatorze février 2017. Non pas de doutes possibles. Et mer*e...
Restons un tantinet positif : J-12.
Dans deux semaines j'allais être stagiaire à l'hôpital où travaillait mon père. La vie était merveilleuse, je nageais dans un bonheur profond et sans bornes. Ce stage, c'était un projet dans le cadre de notre année de Première. L'école nous obligeait à effectuer un stage de dix jours au poste de notre choix. Le stage n'était pas rémunéré mais l'école demandait cependant à ce qu'un maître de stage veilla à bien superviser son disciple et faire un petit compte-rendu à la fin de la période impartie. Chaque élève de première y participait au moins une fois et chaque classe disparaissait à tour de rôle pendant dix jours. Notre classe était la dernière à effectuer son stage et nous avions pu profiter des retombées des autres classes pour nous faire une petite idée de ce qui nous attendait. La plupart de nos camarades avaient choisi la solution de facilité (ou pas) en décidant de choisir l'entreprise de l'un de leur parents. Seules Hinata et Ino avaient fait des choix différents : Hinata avait décroché une place dans une école maternelle et Ino, quant à elle, n'avait eu qu'à passer un coup de fil à Marco pour qu'il la prenne volontiers sous son aile. La mode et les tapis rouges, ça avait toujours été son truc !
Pour en revenir à aujourd'hui, c'était une merveilleuse journée pour les frileux qui n'auraient pas à endurer des températures excessivement basses. Cela étant, comme me l'avait si gentiment fait remarquer ma mère, c'était la Saint-Valentin. Je n'aimais pas l'horrible symbolique de cette journée faste et néfaste ; connaissant Sasuke, cela ne présageait rien de bon. La journée s'annonçait plutôt mal.
Je pris un très bref petit-déjeuner afin de ne pas avoir à subir les affreux discours romantiques de ma mère sur l'Amour avec un grand A, la factice idylle entre Sasuke et ma personne. Je pris ensuite, à contre-cœur, cela va sans dire le petit colis mis au frigo par mes bons soins hier-soir : d'affreux chocolats en forme de cœurs fourrés au praliné ou au thé vert qu'on nous avait incité à faire durant le cour de cuisine au lycée la veille. Ensuite, je me dirigeais au dehors, soupirant, maudissant cette horrible journée tandis que ma mère pleurait de joie sur le palier. Mon dieu, je veux mourir.
J'arrivais donc incognito parmi la cohue de jeunes adolescentes en chaleur, attendant les mâles dominants du bahut pour leur offrir d'atroces chocolats plus ratés les uns que les autres, des petits gâteaux mielleux et dégoulinants de factices bons sentiments. Comme si nous pouvions comprendre quoique ce soit à l'Amour à notre âge... Bien évidemment, le cas de notre lycée était assez particulier puisque nous avions une ribambelle de mecs à minettes. En temps normal, au Japon, les filles donnent des pâtisseries à l'élu de leur cœur afin de lui témoigner de l'affection, ou tout simplement déclarer sa flamme. Je trouvais cette pratique assez courageuse car en Europe ou en Amérique, il n'y avait que très rarement ce genre de coutume et c'était souvent aux hommes de faire le premier pas.
Cela étant, avec nos beaux mecs riches et célèbres, je m'attendais à ce que ces derniers soient l'objet de la plupart des déclarations de toutes ces donzelles en manque d'affection. Je n'aimais pas cette journée, je n'aimais VRAIMENT pas cette journée... Calmes toi Saku, calmes toi... Évites de suivre tes désirs et de trucider la moitié du lycée, ça t'évitera la case prison dans le Monopoly...
Bref, trêves de bavardage interne. Je me traînais sans broncher, sans un mot, jusqu'à mon casier pour prendre mes chaussures et me reposer en salle. Au dehors on pouvait entendre l'intensité des cris décoller ce qui laissait penser qu'une de nos fameuses superstars était arrivée. Je me demandais par quel miracle ils allaient survivre aujourd'hui...
A peine avais-je ouvert mon casier qu'Ino me sauta sur le dos :
- Sakuraaa~ C'est la Saint-Valentin ! Hiiiiiiii~
Elle m'attrapa dans ses bras brièvement avant de voltiger dans le couloir en formant des petits pas de deux en chantant "vive la St-Valentin, vive le chocolat" puis de revenir vers moi. Heureusement pour moi, son euphorie n'était pas contagieuse. J'en gémis cependant :
- Pitié Ino, rien que d'y penser j'ai mal à la tête...
- Allé, dis toi que nous ne sommes pas les plus à plaindre. Imagines Sasuke, Naruto, Neji et Saï se battant pour leur vie. L'année dernière c'était très distrayant !
Je fourrais mes bouquins de cours dans mon sac avant de claquer la porte du casier. Puis je tendis l'objet de toutes mes euphories dans les mains d'Ino. Notre stage de 10 jours commençait dans deux semaines et c'était tout de même bien plus intéressant qu'une vulgaire fête commerciale.
- "Notre intestin, ce petit charmeur" ? ... Yuk, glamour comme titre, j'espère au moins que le contenu est captivant !
Je repris mon bébé dans les mains avant de commencer à le feuilleter. A mon tour d'être euphorique :
- Il est passionnant~ Tu n'imagines pas à quel point !
A mon tour de la regarder avec les yeux en soucoupes. Grâce à mes bonnes relations (comprendre ici qu'un père qui est chirurgien dans un grand hôpital pouvait vraiment aider à décrocher un stage). J'allais passer dix jours merveilleux dans le service gastro entérologie et hépatologie de l'hôpital Sarutobi. Ce n'était pas mon domaine de prédilection mais j'étais déjà tellement contente de pouvoir faire mon stage dans un centre hospitalier que ça me comblait. Bien sûr, j'aurais préféré cardiologie/rythmologie ou neurologie mais papa m'avait informé que ces deux services ne prenaient pas de stagiaires. Quoiqu'il en soit, j'étais malgré tout aux anges !
Elle eut un rire légèrement moqueur :
- Je te le laisse bien volontiers. Marco m'emmène à un défilé, moi ~
- Tu m'en diras tant, ma petite princesse !
Elle fit mine de ne pas avoir entendu ce que je venais de dire et décida de changer de sujet :
- Ah, au fait, je viens de croiser Neji avec un bouquet. Quelque chose me dit que ça va bouger dans la journée !
- Comment ça ?, grommelais-je sans finesse ni grâce.
- Oui ! Un bouquet de roses rouges... Neji et Tenten, tu sais, le jeu du chat et de la souris qui dure depuis le mois de novembre.
Cela fit tilt, comme une ampoule qui s'illumine. On aurait presque pu entendre le tintement :
- Aaaah !... Et alors ?
- Et alors ? Bah, j'en sais pas plus ! Leur groupe va avoir chimie maintenant et nous maths. On les verras au cours de sport !
Elle me tapota l'épaule rapidement et me fit une bise, avant de s'en aller en sautillant :
- Je te rejoins en classe, il faut que je file au secrétariat pour ma convention de stage ! Marco me l'a signé hier !
La salle de cours était presque vide. Mais cela me plaisait beaucoup, j'aimais le silence, ce qui n'arrivait que très rarement dans une classe peuplée à moitié par des hooplas. Nonchalamment, je sortais mon Ipod de ma veste d'uniforme pour m'aérer l'esprit, une horrible journée s'annonçait, je me donnais des forces.
Peu à peu les autres élèves entraient et s'installaient. Après peut-être une dizaine de minutes, je vis entrer mon « cher et tendre », presque porté par son fan club qui tentait tant bien que mal de lui glisser des paquets de chocolats moisi dans son sac à dos ou ses poches. Arrivé dans la salle, il se tourna vers elle et, d'un ton frôlant la sévérité, décréta froidement :
- Assez !
Comme hypnotisées par son regard ténébreux, elles lâchèrent en commun un soupir frôlant un pseudo extase avant de filer bas vers leurs propres salles de cours et seules celles de notre classe purent entrer dans notre salle attitrée. Sasuke profita que Temari ne soit pas encore arrivée pour s'emparer de la place à mes côtés.
De sa voix froide et sensuelle, il murmura :
- Sakura.
J'ôtais un écouteur pour tourner mon visage impassible vers lui :
- Tu sais quel jour on est...
- Je ne veux pas en parler... Et si tu comptais sur moi pour t'avoir préparé des chocolats, tu te fourres le doigt dans l'œil. Ce n'était pas la peine de venir les réclamer, je n'ai rien pour toi, lâchais-je avec effront.
Il se tourna en direction de la porte, attrapa quelque chose. Non ce n'était pas que quelque chose, c'était plus que ça. Sasuke venait de sortir sa guitare folk favorite, la noire. L'impétueuse, comme il l'appelait affectueusement.
- Sakura, cette chanson est pour toi.
Les groupies firent toute un "Oooh" puis un silence morbide s'installa tandis que j'assistais absolument impuissante à Sasuke me chantant une drôle de chanson d'amour (de Escape the fate). Je retins tout de même le refrain qui, à priori, avait été choisi pour moi et me fit plaisir :
You are so beautiful, you are the kind of girl
that has the chemicals that makes me fall in love
Difficult, so very difficult
You are the kind of girl, that makes me fall in love, fall in love
Le calvaire prit fin. Je voyais autour de nous toutes filles admirer les dons musicaux de Sasuke, tandis que ce dernier achevait sa chanson par une death voice très bien imitée. Son doigté était également très bon, c'était indéniable. Je supposa que j'aurais du être profondément flattée du fait qu'en principe c'était plutôt à nous, les filles, d'offrir des cadeaux à nos amoureux. J'étais bel et bien flattée par sa petite attention mais je considérais également cela comme un moyen de faire le « show off » , de se montrer auprès des autres. Je terminais cependant mon monologue intérieur car Sasuke, ayant achevé sa chanson, me lançait un regard intense, attendant probablement des compliments virulents qui ne franchiront probablement jamais la barrière de mes dents. Je me forçais cependant à laisser sortir un léger :
- Hum, c'était bien. Tu devrais peut-être te lancer dans une carrière de musicien...
Il s'esclaffa sous l'effet de ma remarque, mais son rire s'éteignit très rapidement avant qu'il ne replonge son regard dans mes yeux émeraudes :
- J'aurais tout de même préféré que cela te touche là, déclara-t-il en pointant mon cœur puis, continuant :
- Et j'aurais bien aimé avoir un baiser en guise de récompense, mais je suppose que, toi Sakura Haruno, fiancée de ma propre personne, et également celle qui possède mon cœur, n'est guère capable de répondre à mes attentes d'amoureux transis.
Il avait murmuré cela, d'un ton léger mais emprunt d'amertume tandis qu'un faux sourire naissait sur ses lèvres pâles. Je n'aimais pas qu'il nous affiche en public ; ça ne concernait que nous deux. Pour le faire taire, je finis par céder, jouant le rôle de la petite-amie compatissante que je n'étais pas pour regagner ma tranquillité :
- Oh, tu voulais un bisou ? Mais il fallait le dire plus tôt mon amouuur ~
Sourire hypocrite accroché à mes lèvres, je m'asseyais sur ses genoux pour venir engager un baiser langoureux avec monsieur l'insatisfait. Ses bras s'enroulèrent presque automatiquement autour de ma silhouette et j'eus tôt fais de sentir sa main gauche remonter le long de mes cuisses jusque sous ma jupe tandis que ses lèvres frôlaient ma gorge. Je ne savais pas si c'était le climat romantico-timbré qui régnait dans le lycée qui faisait ça, mais je le trouvais tout de même très osé. Je me dégageais de ses baisers fiévreux pour chuchoter sur un ton réprobateur un et un sourire gêné :
- Humm, chéri, tu sais, on est au lycée...
Il écarta ses lèvres de mon cou pour lever les yeux sur mon visage, m'offrant un regard défiant :
- C'est dommage, ça aurait pu être vraiment très festif et je suis sur que tu aurais a-do-ré.
Il fini sa phrase en murmurant ces mots, de sorte que seule moi puisse mesurer à quel point son esprit était perverti. Des bruits de pas retentirent néanmoins dans le couloir et M. Asuma finit par mettre un terme à nos déboires amoureux par une sommation :
- Monsieur Uchiwa, malgré le fait que nous soyons le jour de la St-Valentin, je vous prierais de bien vouloir ôter vos mains des cuisses de Mademoiselle Haruno de sorte qu'elle puisse assister à son cours de mathématiques. Et je vous prierais également de bien vouloir ranger cet instrument qui n'a rien à faire ici et de bien vouloir rejoindre votre cours de chimie. Merci ~
Sasuke se levant en ronchonnant bruyamment mais quitta la classe avec un clin d'oeil et en m'offrant un baiser volant. Je me retournais rapidement vers Ino en me plaquant contre mon bureau, le visage dans les mains et en demandant :
- Le gars qui vient de sortir, tu le connais ? Moi je ne le connais pas.
Ino éclata de rire et la journée pu démarrer finalement dans le calme et la bonne humeur.
Le cours de mathématiques se passa sans encombre particulière. Avec Ino on se dépêcha de rejoindre le reste de notre classe sur le terrain d'athlétisme. Neji, Tenten et les autres avaient des travaux pratiques en chimie et ni l'un ni l'autre n'avait regardé son téléphone. Ce n'était plus possible d'attendre plus. Il fallait qu'on sache.
L'autre moitié de la classe attendait devant le gymnase pour se changer et nous coururent jusque devant Tenten et Neji. Dans les bras de la jeune fille, trônait maladroitement un énorme et magnifique bouquet de roses. Ino donna un petit coup de coude à Neji en raillant :
- Alors ? En couple ou pas en couple ?
Sourire carnassier aux lèvres, elle ne laisserait aucun répit ni à l'un ni à l'autre. Tenten, qui pourtant n'était pas farouche, vira au cramoisi tandis que Neji manqua de s'étouffer.
- Euh, on avance à notre rythme.
- Et tu lui as offert des chocolats de la St-Valentin ?
La jeune fille aux macarons trouva soudainement le sol bien plus intéressant et bredouilla, doublement gênée :
- Euh, non. Je n'ai pas pu aller au cours de cuisine...Je travaillais hier. Tu sais, le kebab...
Neji s'empressa de se porter à son secours :
- Mais c'est rien, je n'en attendais pas de toute façon. Et puis dans la plupart des pays, les hommes savent être des gentlemen et n'attendent pas après les chocolats. Il n'y a bien qu'au Japon où l'on fait tant de chichis.
Il se gratta le menton puis ajouta :
- Je préfère être un gentleman, moi.
On n'entendait que d'une oreille sourde les murmures, les gloussements de poules de toutes ces groupies qui jacassaient entre elles telles des bécasses :
- Oh, regardes, elle a un bouquet ?!
- Tu crois que c'est Neji-sama qui lui a offert ?
- C'est étrange, en principe ce sont les filles qui offrent à la st-valentin, pas le contraire.
- Je me demande si Neji-sama l'a fait par pitié ou s'il lui a offert parce qu'il l'aime ?
- J'aurais tant aimé qu'il me les offre, elles sont si belles ces roses.
- Ahah, vu ta tronche c'est mort.
- C'est pourtant étrange. Karin-senpai n'arrêtait pas de dire à qui voulait l'entendre qu'il sortait secrètement avec Natsuko-senpaï, tu crois que c'est vrai ?
Le reste de la journée se passa de manière banale. On nota cependant quelques événements, par exemple à l'heure du déjeuner lorsque Neji passa « accidentellement » son bras autour de la taille de Tenten tandis qu'il faisait la queue avec leurs plateaux vides, ou lorsque Naruto, Neji et Sasuke durent fuir pour leurs vie quand un troupeau de groupies décida de leur témoigner tout la force de leur amour factice.
Au terme de notre dernier cours, nous avions tous survécu et la journée, bien qu'éprouvante, c'était finalement terminée. On franchit le portail et Naruto, le bras encerclant la taille de Hinata déclara avec enthousiaste qu'ils allaient dîner dans un restaurant de ramen pour fêter la st-Valentin dignement. Neji se glissa derrière Tenten pour la serrer dans ses bras et ne pas la laisser s'échapper. La jeune fille avait tout fait pour éviter de croiser le regard du Hyuuga jusqu'à présent, et nous avions tous entendu parlé du bouquet de roses que la jeune demoiselle avait reçu ce matin. Ce présent était d'ailleurs dans les bras de la jeune fille. Nous savions tous que Neji, près à se battre comme un chevalier pour sa princesse, ne laisserait passer aucune occasion pour se l'approprier, pour conquérir ce petit cœur gelé et endolori par tant d'épreuves. Déposant un baiser sur la tempe de la jolie brune, il la tira un peu plus loin pour entamer la « négociation », de toute façon, elle finirait bien par céder...
Ino, Saï, Shikamaru et les autres finirent par rentrer chez eux peu après le départ de Naruto et Hinata. Et par conséquent il ne restait plus que nous deux. Sasuke boudait, alors, comme à chaque fois que je me sentais menacée, je cédais ; j'effleurais sa joue gauche avec mes lèvres tout en faisant glisser le petit paquet que j'avais été forcée de prévoir pour cette funeste occasion dans sa paume droite. Puis je m'éloignais, comme si de rien n'était. Il me regarda ahuri avant de me sauter dessus pour m'enlacer amoureusement :
- Chériie ~
Je fus alors assaillis par une foultitude de baisers papillons, sur tout le visage tandis que les poules de basse-cour gloussaient autour de nous. Je n'aimais pas cette situation, peut-être aurais-je du attendre d'être arrivée devant chez moi en sa compagnie pour lui offrir mon cadeau ? Je me maudissais.
Sasuke attrapa fermement ma main, déclarant tout sourire qu'il allait me conduire dans un grand restaurant romantique afin de me remercier pour mon présent. La perspective d'un bon repas sur une table avec des chandelles ne m'aurait pas déplu si ça avait été une autre personne, une personne à laquelle je n'avais aucune obligation de mariage, une personne que j'aurais choisi d'aimer. Mais bon, on m'avait confié à l'Uchiwa, en pensant que ce serait la meilleure chose pour mon avenir et pour l'avenir de nos deux familles. Je devais donc accepter. Je soupirais de lassitude avant de me tourner vers lui pour accepter sa requête lorsqu'une voix qui ne me paraissait pas si inconnue que cela m'interpella :
- Sakuuura (prononcez le u et le r à la française, merci)-chaaaaaan, mon amouuuur, devines qui est venu te voir en cette belle occasion qu'est la St-Valentin ?!
Je me retournais vers cette voix.
Oh non... Finalement, la perspective d'épouser Uchiwa et tout ce que cela engendrerait comme conséquences n'était pas si mal... Et puis merde, pourquoi fallait-il qu'IL soit ici, pour moi ?! Je ne veux plus le revoir, CE salop...
Pense à ton stage dans deux semaines.
Pense à ton super stage dans deux semaines.
Pense à ton généralissime stage en médecine, ton rêve qui se réalise, dans exactement deux semaines.
Ne cède pas.
Ne craque pas.
Respire.
Bon sang. Respire.
Je marchais silencieusement aux côtés de mon fiancé, tout aussi muet que moi. Ni Sasuke ni moi ne semblions d'humeur à démarrer une conversation au sujet si épineux du « bel inconnu » qui était apparu au lycée en cette fatidique journée du quatorze février. Je l'avais tout simplement dévisagé avec haine tout en tirant Uchiwa contre moi tandis que le frenchy se faisait submergé par une vague de groupies plus folles les unes que les autres.
- Oh mon dieu, qu'il est beau !
- Saku-..
- Je l'ai vu la première, il est à moi !
- Je le veux, je le veux !
- Saky-...
- Ah non hein, il est à moi.
- C'est un étranger, c'est drôle qu'il parle japonais !
- C'est définitivement l'homme de ma vie~
- Lâchez-le, il est à moi !
Qu'elles se battent comme des harpies jusqu'à lui arracher les membres. Je ne me retourna pas une seule fois. Je n'avais vraiment aucune envie de le voir. Oser se montrer devant moi, après tout ce qu'il m'avait fait subir... Et déjà le simple fait qu'une foultitude de souvenirs assiégeaient mon cerveau me laissait un arrière-goût amer, me donnait la gerbe. Cela me dégouttait tellement de penser de nouveau à lui que j'eus du mal à ne pas rendre mon repas sur le trottoir... Vie de merde.
- Attends Sasuke... Je crois que je vais vomir.
J'étouffais un sanglot de rage.
Sasuke qui me regardait passivement jusqu'à présent entoura mes épaules par son bras droit avant de rapprocher son visage du mien et de demander avec une voix qui trahissait l'inquiétude :
- Sakura, est-ce que ça va ?
Je hochais de la tête pour lui répondre que ça irait, même si j'avais à présent l'unique envie de me foutre dans mon lit et d'abattre sur moi ma grosse couverture. Sceptique, il déposa un baiser sur ma joue tandis que nous arrivions dans ma rue. En moins de deux, nous étions dans ma maison, installés sur le lit de ma chambre. Je n'avais pas envie d'être seule pour la seule et unique raison que si j'étais seule je repenserais à la désastreuse journée d'aujourd'hui. Il sauta un instant du lit, sortit en dévalant les escaliers et ne revint que quelques minutes plus tard avec une tasse de chocolat chaud et des chocolats de ma marque préférée surement confiés par ma mère.
Je ne dis mots mais je me ruais sur les chocolats. Sasuke, pour une fois, respectait mon droit au silence, me serrait contre lui et tentait comme il pouvait d'attirer toute mon attention sur lui en embrassant mes joues. Mais je n'étais décidément pas d'humeur câline :
- Bon,Saku-chan, si tu veux arrêter de penser à ça, parles-en moi une bonne fois pour toute... Que je sois en mesure de t'aider...
Je le regardais comme s'il venait de fumer de la moquette.
Lui parler de Grégoire ? mon ex ? Très bien :
- Cela ne va pas te plaire...
- J'en ai rien à faire. Je veux t'aider.
Je m'attendais à une réponse comme celle-là. J'avala une fois ma salive puis :
- Le mec... C'était mon ex.
Il se rapprocha encore de moi, murmurant à voix douce :
- Tu veux en parler ?
Je finis par cracher le morceau, après quelques minutes à mastiquer tout le chocolat que ma bouche pouvait contenir. J'avais du mal à accepter que l'autre bouffon ait eu assez de culot pour se représenter devant moi. Il fallait que ça sorte. Quitte à avaler des couleuvres, autant les recracher :
- Quand j'étais en France, je suis sortie avec un garçon de mon lycée, Grégoire, et nous étions dans la même classe en seconde. Cela étant, après quelques mois de relation et parce que je ne me sentais pas encore prête à sauter le pas, il a jugé meilleur d'aller me tromper avec la pétasse de l'école, Natasha, qui flirtait avec lui depuis quelques temps (Nda : je répète, je n'ai absolument rien contre les Natasha, il fallait juste que je trouve un nom). Ça m'a détruite, je me suis sentie trahie et abandonnée. J'ai eu le cœur brisé, piétiné, tandis que cette garce jubilait de me voir dans cet état. Puis elle l'a largué une semaine plus tard, sous prétexte que les puceaux, ça ne l'intéressait pas. Ironie du sort, n'est-ce pas ? Ensuite, il y a eu les grandes vacances d'été, j'ai déménagé ici et la suite tu la connais. Voilà toute l'histoire, satisfait ?
Il m'attira sur ses genoux avant de poser sa tête sur mon épaule gauche et de soupirer :
- Non, bien sûr que non, je ne suis pas satisfait. Je n'aime pas parler de tes ex, ça m'énerve qu'il y ait eu d'autres hommes avant moi. Mais... Ce qui me satisfait encore moins c'est de ne plus voir ton beau sourire gracier tes lèvres et illuminer ton si beau visage.
Malgré tous les défauts du monde que je pouvais bien lui trouver, je devais admettre que Sasuke savait trouver les bons mots pour me réconforter. C'était dans ces très rares moments où il me chérissait et qu'il me faisait me sentir aimée et bien dans ma peau. Pour récompenser sa gentillesse, je lui offrais un sourire. Bien sûr, ce n'est pas mon plus beau mais bon, il faudra qu'il se contente de cela. Il me regarda visiblement rassuré et comblé avant de pencher sa tête pour chuchoter contre mes lèvres :
- Bien, où en étions-nous déjà...
Et sur ces derniers mots, il m'embrassa voluptueusement. J'y répondis volontiers, pas mécontente d'avoir un peu de tendresse dans un moment où j'allais en avoir besoin. Je ne savais pas vraiment pourquoi mon ex avait décidé de poser le pied au Japon mais connaissant le jeune homme et son entêtement, cela n'annonçait rien de bon. J'allais probablement devoir utiliser mon statut de fiancée et l'amour d'Uchiwa pour qu'il daigne me laisser en paix. Soit, je n'étais pas à cela près. Un gémissement rauque provenant de la gorge de Sasuke me sortit de mes pensées.
Oui... Je devais arrêter d'y penser et profiter un peu du moment présent. Finalement nous n'étions pas allés au restaurant mais c'était bien mieux. Sasuke avait promis de me chouchouter ce soir et j'étais bien décidé à bénéficier pleinement de ce petit traitement de faveurs. Blottie dans ses bras protecteurs, au plus près des battements sereins de son cœur, rien n'aurait pu me faire me sentir mieux.
J'étais aimée.
Voilà !
J'espère revenir bientôt avec un prochain chapitre !
Et non, je n'abandonne cette fiction, je vais juste mettre un peu de temps !
Comme dit plus haut, je pense pouvoir boucler cette fiction en un an voire un an et demi. La trame de chaque chapitre est écrite. Il reste trois à quatre chapitres (suivant comment je découpe) ainsi qu'un épilogue. Vous risquez d'être surpris mais je n'en dis pas plus !
Encore bonne année et à très bientôt !
