Chapitre 1. Rentrée des classes
.
.
« Hinata ! Tu vas être en retard ! »
Encore sous sa couette, la jeune fille se réveilla en sursaut (comme à son habitude).
« Non, papa ! Je me prépare déjà ! » mentit-elle, la voix encore enrouée.
A contrecœur, Hinata sortit de son lit douillet. Elle s'étira avec tant de force qu'elle crut se démettre les épaules, tout en ouvrant sa bouche pour bailler avec puissance. Elle se gratta la tête, les yeux mi-clos, et fit une inspection rapide de sa chambre, songeuse… puis soupira.
Alors… c'est à sa que ressemble la chambre d'une lycéenne de Terminale ? pensa-t-elle. Un peu nostalgique, elle se rappelait toutes ses années passées dans cet établissement, avec ses amis. Les batailles de papier mâché en seconde, les histoires d'amour avortées avant même d'avoir existé en Première… tout ça pour en arriver à ça… la Terminale : dernière ligne droite avant le saut dans le vide et la VIE. Elle bailla à nouveau, prête à se rendormir.
« HI-NA-TA ! » hurla son père en bas de l'escalier !
Elle écarquilla les yeux, près de l'infarctus.
« Ouiii ! Papa ! Je mets mes chaussures et je descends ! » dit-elle, mollassonne, en se dirigeant vers la salle de bain.
.
.
.
.
Définitivement en retard, Hinata enfourcha sa bicyclette, une antiquité rouillée léguée par sa mère et à laquelle elle tenait beaucoup, prête à traverser la ville de Konoha en vraie pilote de F1. Elle ajusta son casque de cyclique modèle, tira légèrement sur sa jupe d'uniforme, afin qu'elle ne se soulève pas à cause de la vitesse, et jeta un coup d'œil à sa montre chronomètre. Ca va être serré… pensa-t-elle. Son père la retint un instant.
« Hinata ! J'ai quelque chose à te dire. » dit-il en arrivant près d'elle, «Encore une année au lycée, et tu seras une jeune fille mure, prête pour… »
« Papa ! » Le coupa-t-elle. « Je vais être en retard ! »
« Hum. D'accord, j'attendrai ton retour. »
« Oui, s'il te plait. »
« Fais attention sur la route. » dit-il, mal à l'aise.
Sans attendre ses dernières recommandations, Hinata avait déjà dévalé l'allée de leur modeste résidence, s'engageant sur l'avenue principale de leur quartier. Chaque année, son père lui faisait un petit speech sur les responsabilités d'une adolescente, sur l'importance des études, l'image qu'elle devait avoir auprès des professeurs et de ses camarades… Son père se faisait du souci pour elle. Hinata, contrairement aux autres jeunes filles de sa génération, avait grandi sans sa mère. Elle n'avait pu parler de ses amourettes d'adolescente à personne. Le jour où son corps décida qu'il était temps pour elle d'avoir ses règles, elle dû y faire face toute seule, encore une fois, se persuadant à raison qu'elle n'allait pas se vider de son sang puis mourir. Elle avait du se débrouiller adolescente, et devenait une jeune fille un peu atypique. Et c'est ce qui inquiétait Hiachi, son père. Il rêvait d'un grand avenir pour elle ! C'est pourquoi, il l'avait inscrite, malgré ses faibles revenus, dans le lycée le plus prestigieux de Konoha, le lycée Noboka. Il avait espéré qu'en ayant les meilleurs professeurs, les meilleurs enseignements dispensés dans un cadre idéal, sa fille entrerait dans un moule doré.
Il avait tord.
Elle l'écoutait attentivement, certes, mais avait déjà abandonné tout espoir d'être l'élève modèle attendue depuis longtemps.
Dévalant les rues de Konoha à la vitesse fulgurante de 10 km/h, la pilote intrépide, Hinata Hyuuga, finit par arriver devant les grilles de son lycée à 8h00 tapantes. Ses fidèles amis, Sakura Haruno et Lee Rock, commençaient à s'impatienter de l'autre côté de la grille. Quand ils virent le vélo de leur amie s'engager dans le parking du lycée, au milieu des voitures de luxe de leurs camarades, ils soupirèrent de soulagement. La sonnerie de début de cours retentit.
« Allez ! » l'encouragèrent-t-elle.
Hinata descendit de son bolide, les jambes gonflées à bloc, et se mit à courir vers les grilles automatiques, qui commençaient à se refermer. Arf, encore un petit effort ! Maintenant dans la peau d'une grande athlète, elle piqua le sprint de sa vie, 50 mètres intenses en montée, qu'elle gravit avec peine.
La grille était presque fermée. Bien évidemment, elle n'était pas dotée d'un système redéclenchable ! Si ça avait été le cas, Lee aurait pu se jeter entre les grilles pour en redéclencher l'ouverture. A Noboka, l'heure c'était l'heure, et tout retard était sévèrement sanctionné, surtout (et même uniquement) s'il s'agissait d'élèves des classes moyennes de la société : c'est-à-dire, eux.
« Dépêche-toi Hinata ! Utatane va arriver ! » hurlait Sakura, le regard angoissé.
La jeune Hyuuga n'était plus qu'à quelques foulées de la grille, qui, quant à elle, ne lui laissait plus pour se faufiler qu'un intervalle de trente centimètres environs.
Certes, Hinata n'était pas grasse, elle était même menue du haut de son mètre59 et de ses 47kg toute mouillée. Mais l'affaire s'annonçait périlleuse. L'intervalle allait en se rétrécissant. Alors, dans un élan de désespoir, (qu'elle regretta la seconde d'après) la jeune lycéenne s'élança, les jambes en avant, s'imaginant sans doute athlète de saut en longueur.
Grâce à l'impulsion qu'elle avait prise, Hinata s'éleva d'abord, aidée par le vent. Elle passa ses jambes de l'autre côté de la grille, puis le bras gauche, puis le droit. Elle sourit, pensant être tirée d'affaire. Mais, à sa grande surprise, elle s'arrêta net, suspendue dix centimètres au-dessus du sol.
« Qu'est ce qui se passe ? » s'enquit-elle auprès de ses amis.
Lee ne lui répondit pas, trop occupé à rire aux éclats quant à Sakura, elle ne lui répondit pas non plus, incrédule.
Hinata regarda dans son dos la grille s'était complètement refermée, emprisonnant entre ses deux battants dorés, le col de sa veste d'uniforme.
.
La deuxième sonnerie retentit, comme un glas mortuaire aux oreilles des trois amis.
.
« Oh non… » gémit-elle.
Lee s'arrêta de rire brusquement, et ravala sa salive. Sakura voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Sa gorge s'était asséchée soudain.
Dans la même angoisse que ses deux amis, Hinata se mit gigoter pour se défaire de sa veste. Mais elle n'y parvint pas.
« Venez m'aider ! » commanda-t-elle à ses amis.
Ceux-ci quittèrent leur état d'inertie, et se ruèrent vers elle, affolés. Sakura et Lee empoignèrent leur amie, l'aidèrent à se défaire de sa veste, non sans mal. Dans la confusion, Lee marcha sur les pieds de Sakura, qui poussa un cri de douleur.
« Argh ! Fais attention mono-sourcil ! »
« Désolé… » s'excusa-t-il, confus.
« J'ai une trace sur mes nouvelles chaussures maintenant ! » continua Sakura, prête à en découdre.
« Désolé, Sakura. Attends, je vais l'enlever. »
Lee s'agenouilla pour ôter la trace noire que ses semelles avaient laissé sur les chaussures blanches vernies de Sakura. Hinata le regarda avec un pincement au cœur. L'amour à sens unique : une idiotie pour Hinata, qui voyait son meilleur ami, épris de sa meilleure amie, elle-même éprise, comme toutes les filles du pays, de cet imbécile de Prince.
« Hé Oh ! » s'exclama Hinata, qui sentait déjà ses pieds gonfler. « Vous m'oubliez ? »
Lee et Sakura s'excusèrent, confus, et se concentrèrent à nouveau sur leur amie suspendue. Grâce à leurs efforts, et au prix de quelques d'égratignures, de nouvelles tâches sur les chaussures neuves de Sakura, et de réprimandes pour le pauvre Lee, ils réussirent à défaire Hinata de sa veste, qui tomba lourdement sur le bitume.
« Argh… » laissa-t-elle échapper, en frottant son derrière endolori.
« Pas le temps de s'apitoyer ! » s'exclama Sakura.
Et, sans plus attendre, elle empoigna Hinata et l'obligea à se relever. Les trois jeunes gens ramassèrent leurs sacs à dos et se mirent à courir vers le bâtiment des Terminales.
Noboka ne ressemblait en rien à un établissement scolaire traditionnel. Après les grilles impressionnantes de l'entrée, l'on découvrait une cours immense, bitumée afin que les voituriers puissent y déposer les élèves les plus illustres. Seuls les pauvres gens comme Hinata y allaient en vélo. Sakura, elle, avait réussi à se payer une voiture sportive d'occasion avec l'argent que ses parents avaient mis de côté, et dont elle disposait depuis ses 18 ans (qu'elle avait eut une semaine auparavant). Pour elle, paraître riche était plus important que s'assurer un bel avenir… Même Lee se faisait déposer en voiture, par son tuteur ! Évidemment, il ne s'agissait pas d'une voiture de luxe, mais d'un mini van ! Mais au moins, il arrivait sec en temps de pluie.
La cours centrale du lycée était parsemée de nombreux espaces verts, agrémentés de bancs et d'arbres de toutes sortes, sous lesquels les élèves aimaient à se retrouver pendant les interclasses. Aucun détritus par terre, aucune mauvaise herbe sur le gazon verdoyant.
Autour de cette vaste cours était érigés, en étoiles, les bâtiments de travail. Chacun d'eux étaient une merveille d'architecture, en pierre taillée beige, datant de l'époque Azuchi Momoyama (fin XVIème). Ils étaient immenses, rectangulaires. Le premier, sur la gauche en entrant, était consacré à l'administration. Le second, à droite, en face du premier, était dédié aux premières années. Il était séparé par une allée de cerisiers du bâtiment des secondes années, tout aussi imposant que lui.
Enfin, situé de l'autre côté de la cours, au bout de l'allée bitumée et entourée par de grands arbres à fleurs, trônait le bâtiment des Terminales, les dernières années, dont faisaient maintenant partie Hinata et ses amis. Ce bâtiment était beaucoup plus grand que les deux précédents. Non pas que le nombre d'élèves y soit supérieur, mais parce que pour être accepté en Terminale, il fallait payer des droits d'entrée dont le montant équivalait à dix ans de salaire pour un salarié moyen. Les résultats scolaires importaient peu en fait.
Les fenêtres étaient immenses, les sols marbrés, et d'immenses statues avaient vu le jour à l'entrée.
Hinata soupira intérieurement. Tout ce luxe… l'exaspérait.
Les trois amis étaient sur le point de gravir les marches de l'escalier en pierres polies, menant à la grande porte du bâtiment rénové. Ils les gravirent deux à deux. Arrivés devant la porte d'entrée, ils crurent être sauvés. Lee, arrivé le premier, toucha à peine la grosse poignée argentée, que derrière eux, une petite voix haut perchée se fit entendre :
« Jeunes gens… »
Lee laissa échapper un couinement étrange.
« Où croyez-vous allez comme ça ? »
Hinata grimaça, et, incertaine, se retourna pour faire face à son destin, imitée par ses deux compères. En bas des escaliers, les bras croisés et le dos voûté, la surveillante en chef du lycée, Mme Koharu Utatane, les regardait avec un sourire narquois au coin des lèvres.
« Si près du but… » se lamenta Sakura.
S'en était fini…
.
.
.
.
A l'entrée de l'établissement afin que tout le monde puisse les admirer, appuyés sur leurs mains, les jambes tendus et l'arrière train en l'air, Hinata et ses deux amis retardataires purgeaient leur peine.
La jeune fille sentait tout son sang lui monter à la tête, et ses bras, qui supportaient le poids de son corps depuis plus de trois quart d'heure, menaçaient de plier et de la faire tomber à plat ventre sur le bitume. Elle recevrait alors un coup de bâton sur le postérieur, asséné avec plaisir par Utatane, qui rôdait tel un charognard, à l'affut de tout signe de fatigue de la part de ses proies.
Lee avait les fesses rouges, tant il manquait de force dans les bras. Sakura résistait assez bien. Quant à Hinata, elle avait déjà reçu quatre coups.
A bout de force, la jeune fille regarda son amie, au bord des larmes.
« Comment tu fais, Sakura, pour tenir aussi longtemps ? »
Le visage concentré, la jeune fille lui répondit les dents serrées.
« Je pense à mon prince ! Je dois être impeccable pour lui ! »
« Oh… »
Hinata soupira. Qui au monde méritait une telle admiration ? Personne ! Et surement pas ce fameux prince.
La sonnerie de fin de cours retentit, au grand soulagement d'Hinata et de ses amis. Leur calvaire touchait à sa fin. Ils avaient passé le plus gros ! Maintenant, il ne leur restait plus qu'à faire face aux railleries des autres élèves, qui, en sortant dans la cours, les trouveraient dans cette position plus qu'humiliante.
Ils ne se firent pas attendre. En moins de deux minutes, un attroupement se fit autour des trois amis.
« Ah ! regardez-les ! les trois souillions du lycée ! »
« Ouais ! Bien fait ! C'est pas votre place ici ! »
« (rires) Ta bicyclette a eut un problème, Hyuuga ? »
« Pas de mauvaises herbes ici ! Vermines ! »
Etc. Etc. Etc.
Certes, c'était pénible. Surtout pour Sakura, qui passait son temps à essayer de passer pour ce qu'elle n'était pas. Lee, quant à lui, se souciait plus de Sakura que des insultes qu'on lui lançait. Elle souffrait, alors lui aussi.
Hinata, en revanche, s'y était accoutumée. Tous ces enfants de riches les malmenaient depuis leur entrée dans ce lycée ! Ils n'étaient pas du même monde ! Au début, elle en avait souffert. Elle s'était renfermée sur elle-même, aurait tout fait pour avoir, elle aussi, une voiture de luxe, une grande maison, de l'argent à profusion.
Mais elle en avait fini avec le déni. Elle était en accord avec elle-même, en accord avec tout ce qu'elle avait toujours été : une jeune fille simple, réservée, issue d'une famille modeste, certes, mais droite et aimante. C'est ce qu'elle était, et les mécontents n'avaient qu'à maigrir !
Son année de Terminale, elle allait la passer en se faisant le moins remarquer possible. C'était sa principale résolution. Et ça s'annonçait plutôt mal…
Le brouhaha autour d'eux devenait infernal, et la foule ne cessait de grandir. Encore deux minutes à tenir… s'encourageait Hinata.
« IL ARRIIIIIIVE ! » hurla une jeune fille dans la foule.
Alors, quelque chose d'étonnant se passa. Les centaines d'élèves agglutinés autour d'eux, se déplacèrent dans un même élan vers un autre point, à quelques mètres de là. Les filles hurlaient, gloussaient. Même les garçons étaient en extase.
Hinata tourna la tête, afin de comprendre la raison d'un tel engouement.
.
Une voiture arrivait.
.
Une grosse berline noire, aux vitres teintées noires. Sur le devant du pare-choc, deux drapeaux miniatures flottaient dans le vent : celui de l'empire du Japon, et celui des armes de Konoha.
La berline s'engagea dans l'allée bitumée du lycée, les élèves, situés de part et d'autre, lui faisant une haie d'honneur.
Toujours la tête en bas, Hinata grimaça. Pourquoi tant de fracas ? Elle tourna la tête et vit une armada de journalistes et reporters attendre devant le bâtiment des Terminales. A quel moment sont-ils arrivés ? s'interrogea-t-elle. C'était bien la première fois qu'elle voyait des journalistes dans l'enceinte de son lycée. Ceux-ci avaient l'air tout aussi excité que les élèves. La personne qui arrivait devait être vraiment importante…
La grosse berline noire alla terminer sa course devant le bâtiment fraichement refait des Terminales. Les cris se firent plus stridents. Les flashs des gros appareils photos des journalistes se mirent à scintiller. Le principal de l'établissement, Mr Sarutobi, était là lui aussi, se donnant des airs dignes, mais ne pouvant cacher son excitation.
La sonnerie annonçant la fin de la punition retentit.
« C'est bon, vous pouvez partir ! » lança Utatane, avant de se précipiter à toute jambe vers le bâtiment de Terminale.
Hinata, Lee, et Sakura s'exécutèrent, soulagés. Hinata ne quittait pas la scène des yeux, intriguée.
« C'est marrant ! J'aurai cru qu'elle pouvait voler, cette sorcière ! » se moqua Lee, amer.
Ni Sakura, ni Hinata ne relevèrent sa plaisanterie. Vexé, il marmonna quelque chose, avant de s'intéresser à son tour à l'attroupement autour de leur bâtiment.
Malgré leur intérêt, ils restèrent en retrait, surement par peur de mourir piétinés.
Hinata observa alors deux autres berlines, noires elle aussi, rejoindre la première devant le bâtiment des Terminales. En sortirent huit gaillards, tous gonflés à bloc, vêtus de costumes noirs et portant des lunettes noires. Deux autres, pareillement vêtus, sortirent de première berline. Alors, ils éloignèrent les élèvent agglutinés autour de la première voiture et formèrent une haie infranchissable, frayant un chemin étroit allant de la portière arrière de la voiture, à la porte d'entrée de l'établissement.
Alors, le chauffeur de la voiture en sortit, fit le tour de la berline, jusqu'à la portière arrière. Il l'ouvrit avec cérémonie. Alors, les journalistes se rapprochèrent, posaient des questions que personne ne comprenait tant le bruit autour était fort. Les gloussements, les cris, les pleurs, montèrent soudain en puissance. Il y eut un mouvement de foule que les gardes du corps eurent de la peine à contenir. L'attention de tous convergeait vers un point central.
« C'est qui ce type ? » demanda Lee.
« OH MON DIEU ! C'EST LUI ! » Hurla Sakura en s'élança vers la foule.
Hinata frémit.
LUI.
« Cette année, de lycée Noboka de Konoha est le siège d'un événement exceptionnel ! Son Altesse impériale le Prince héritier Sasuke Ushiha, effectuera son année de Terminale, non dans le Palais Impérial, comme de coutume, mais dans le prestigieux lycée de Noboka, à Konoha. Nous assistons à un événement his-to-rique mesdames et messieurs ! »
Hinata regarda la reporter à côté d'elle, à l'antenne d'une grande chaine de télévision nationale.
Elle s'approcha de quelques pas, espérant en voir un peu plus. Mais elle était trop loin, et la foule était trop dense. Sans compter sa petite taille. Le Prince héritier ? Dans son lycée ? Se hissant désespérément sur la pointe des pieds, et étirant son cou au maximum, elle ne vit en tout et pour tout que la chevelure noire de jais de ce Prince, distinguant à peine sa silhouette au milieu de la foule qui l'entourait. Il ne s'arrêta pas pour saluer ses admirateurs, et ne releva pas les yeux du sol une seconde. Les mains dans les poches, en moins de trente secondes, il s'engouffra dans le bâtiment, suivi de près par ses gardes du corps.
Et ce fut fini.
En moins de temps qu'il fallait pour le dire, l'atmosphère électrique s'apaisa. Les journalistes remballèrent tout leur attirail, montèrent dans leurs fourgons, et sortirent de l'établissement les uns après les autres. Les élèves, qui l'espace d'un instant avaient mis de côté leur dignité pour hurler comme des otaries, ajustèrent leurs uniformes froissés, arrangèrent leurs coiffures.
Utatane ordonna de sa voix stridente à tous les élèves de regagner leurs salles de classes et tous s'exécutèrent.
« Viens, on y va ! » dit Lee à Hinata, tout en avançant vers le bâtiment des Terminales. "J'ai pas envie qu'elle me fesse encore!"
Il frémit à cette pensée. La jeune fille sortit de sa torpeur intérieure, et s'élança à la suite de son camarade.
Un prince ? Dans ce lycée ? A cette pensée, un frisson la traversa. Elle ne savait pas pourquoi mais… sa résolution lui semblait encore plus difficile à tenir à présent.
.
.
.
.
En entrant dans sa salle de classe, Hinata esquissa un sourire. Enfin en terminale ! La dernière année avant le grand saut dans une vie trépidante et pleine de surprise ! La grandeur et l'élégance de la salle lui parurent un tantinet inappropriées pour une salle de classe destinée à des lycéens. Seul le grand tableau noir accroché au mur lui rappelait où elle était réellement.
Hinata alla s'asseoir à côté de Sakura, au premier rand, tandis que Lee préférait le fond de classe, afin de pouvoir somnoler à son aise. Tous trois étaient dans la section artistique de leur lycée. La plus dénigrée, évidemment.
Hinata et Sakura avait pour projet d'être stylistes, ce qui motivait leur décision d'appartenir à cette classe. Lee, quant à lui, n'était là que pour être avec Sakura. Hinata l'avait repris à plusieurs reprises, le sermonnant sur l'importance de son choix, qui aurait une incidence sur le reste de son existence… Mais rien n'y fit. Il devait protéger Sakura, ou plutôt, la surveiller !
Hinata sortit ses affaires de cours. Elle s'arrêta un entendant les gémissements de Sakura, sa voisine.
« Qu'est ce qu'il y a ? » 'l'interrogea-t-elle.
« Le Priince ! » elle renifla. « Il est pas dans notre claaasse ! Il est en section Science-Politique ! A l'autre bout du bâtiment ! On n'a pas du tout les mêmes horaires ! Ouiiiinnn ! »
Hinata étouffa un rire. Rien d'étonnant ! La section Science-Politique, à l'inverse de la leur, était la plus prestigieuse. L'élite du pays y était formée : fils et filles de grands entrepreneurs, d'ambassadeurs… et maintenant princes impériaux !
« Arrête de pleurer, Saku ! » La consola-t-elle.
Alors, Hinata balaya la classe des yeux et constata avec horreur, que toutes les filles étaient dans le même état que son amie. Toutes, sauf elle.
Il est vraiment temps que je quitte ce lycée ! pensa-t-elle.
Le professeur entra dans la classe, et instantanément, les élèves se levèrent pour la saluer. Ils s'inclinèrent tous en disant : « Bonjour, Sensei ! » Puis, se rassirent, après que leur professeur le leur ait permis.
Et sans plus tarder, ils se mirent au travail.
.
.
.
.
La première heure de cours passa relativement vite. Ils allaient apprendre de nouvelles choses, et cela réjouissait Hinata, avide de connaissance. Ils avaient les meilleurs professeurs, tous très compétents dans leur domaines, mais aussi dans la manière de l'enseigner.
Dès que la sonnerie retentit, Sakura se tourna vers Hinata.
« Tu crois qu'il m'a vue ? »
« Mh ? Qui ça ? »
« Le Priiince ! Tu crois, hein ? »
Hinata se dit que l'année allait être bien longue et ennuyeuse à cause de ce trouble-fête.
« Oui. Bien sûr ! J'en suis certaine. » dit-elle à son amie.
N'importe qui y aurait décelé le mensonge, mais pas Sakura, qui gloussa.
« Merci ! Kyaaaa ! »
Hinata esquissa un sourire forcé.
« Bien ! »
« Tu crois vraiment qu'IL t'as remarqué ? Sakura la souillonne ! Laisse-moi rire ! Mouahahahah ! »
Hinata et Sakura se tournèrent. Une bande de filles les avaient encerclées. Elles étaient quatre, les bras croisés, à les regarder avec dédain : Mika, Prune, Ana et Tami, les quatre filles de quatre géants de l'automobile japonaise.
« Laissez-nous tranquilles ! » leur somma Sakura, excédée. « Bandes de filles à papa ! »
Hinata n'avait pas envie de s'en mêler. Elle voulait vraiment passer cette année dans la joie et la tranquillité, et ce, même avec le groupe des 4, qui les suivait depuis leur première année.
« Regarde-toi, et regarde ton amie ! » continua Prune, à l'adresse d'Hinata. « C'est quoi ces fringues ? Regard ton uniforme ridicule ! Non mais, c'est quoi ça ? »
Ne réponds pas…se disait Hinata. Il fallait à tout prix qu'elle tienne sa résolution. Cette année était spéciale pour elle. La dernière.
A vrai dire, ne pas répondre n'était pas vraiment une épreuve. Hinata n'avait pas aussi fort caractère que Sakura. Elle était naturellement très réservée.
« Hinata a du style, contrairement à vous ! » rétorqua Sakura, voyant que son amie de réagissait pas.
Hinata regarda son uniforme. Elle l'aimait bien. A vrai dire, elle l'avait customisé elle-même. La jupe étant très courte, elle avait enfilé un legging noir opaque afin de cacher ces maigres gambettes. A ces chevilles, elle avait des guêtres en laine, une bleue et une rouge, surmontant des tennis noires. Sa chemise blanche, elle l'avait juste agrémentée d'un pin's, et sur la pochette de sa veste, elle avait cousue un lapin rose.
L'avantage d'être dans un établissement regorgeant d'enfants de riches, était que personne n'osait réprimander les élèves sur leur manière de customiser leurs uniformes. Evidemment, les autres le faisaient en y ajoutant du tissu de luxe, de la soie, par exemple. Hinata n'en avait pas les moyens, bien évidemment.
« Il est immonde ! »
« Personne ne peut porter ça ! » renchérit Ana.
Et, sans plus de cérémonie, elle prit un pot de peinture rouge laissé ouvert sur le bureau d'Hinata, et le renversa sur la chemise de cette dernière.
« Non ! » s'écria Hinata.
La bande de quatre amies se mit à rire aux éclats.
Hinata regardait son uniforme, décontenancée. Oh non ! se répétait-elle. Comment allait-elle enlever ces tâches sur son uniforme ? Dans un geste désespéré, elle tenta d'essuyer la peinture avec une feuille de papier, mais elle l'étala encore plus, et s'en mit sur les doigts.
Sakura la regardait, une main sur la bouche, l'air effrayé.
« Voilà ! Maintenant t'es belle ! » ricanaient les quatre lycéennes.
Hinata sentit les regards de tous ses camarades de classe se poser sur elle. D'un naturel plutôt discret, elle ne tarda pas à sentir ses joues s'empourprer, dévoilant sa gêne à tous ces moqueurs.
Alors, d'un bond, la jeune fille se leva de sa chaise et sortit de la salle en courant.
Ne prêtant garde personne, Hinata traversait les couloirs à toute jambes, la vue brouillée par quelques larmes qu'elle n'arriva pas à réfréner. Plus que d'être des larmes de tristesse, c'était des larmes de rage. Elle n'en pouvait plus de tous ces gosses de riches, n'ayant jamais rien fait dans leur vie, mais se croyant les maîtres du monde. Elle en avait assez de leur air suffisant, de leurs moqueries.
Encore une année… se disait-elle. Une année, et je ne les verrai plus !
S'engageant dans un nouveau couloir, Hinata s'apprêta à tourner dans un angle serré, sans perdre de vitesse. Le sol marbré était glissant, tant il était poli. Ses chaussures bon marché, quant à elles, n'adhéraient pas aussi bien qu'elles auraient dû. Sans compter que sa vue était maintenant totalement voilée par les larmes.
Alors, l'inévitable se produisit…
Hinata trébucha. L'élan la propulsa, en l'air et en avant, sans qu'elle ne put l'empêcher.
« Aaah ! » s'écria-t-elle.
« ATTENTION ! » entendit-elle devant elle.
Dans un élan de survie, Hinata s'agrippa à la première chose qu'elle trouva devant elle, et qu'elle ne pu identifier. Une colonne ? Étrangement, la colonne tomba avec elle au sol, et Hinata s'écrasa sur elle de tout son long.
La jeune fille gémit, encore sous le choc de sa chute. Alors, elle sentit qu'on la poussait violemment en l'air. Elle atterrit sur son postérieur, une seconde fois.
« Aïe ! » laissa-t-elle échapper.
Elle essuya ses larmes avec le coin de sa veste, et regarda qui l'avait poussée ainsi.
Devant elle, allongé de tout son long sur le sol, un jeune homme gisait. Il était grand, élancé et athlétique. Ses cheveux noirs mi longs étaient ébouriffés. Certaines mèches retombaient sur son visage. Sa peau était pâle, sans défaut, ses lèvres étaient roses, fines, comme celle d'une fille. Etait-ce une fille ? Hinata se mit à douter.
Alors, la personne se redressa, et se mit sur ses jambes. Hinata, resta assise comme un pantin désarticulé. C'était bien un garçon. Il la regardait de ses yeux en amandes noirs, les sourcils froncés. Les traits de son visage étaient durs, d'une beauté glaciale. Hinata frémit. Elle baissa les yeux sur l'uniforme du garçon. Bien qu'un peu froissé, il était impeccable, sans compter une tâche rouge en plein milieu de la chemise auparavant blanche immaculée.
Hinata se crispa, honteuse. Elle baissa la tête, et constata avec horreur qu'une tâche de peinture avait aussi souillé sa chaussure gauche.
Autour d'eux, un attroupement s'était formé. Tout le monde chuchotait.
« Pst. Elle a frappé le Prince ! »
« Elle a voulu l'embrasser, et est tombé sur lui ! »
« Elle est folle ? »
« C'est qui elle ? Regardez ce qu'elle a fait au Prince impérial ! »
Oh non… pensa Hinata en grimaçant. Alors, c'est le Prince ? Pourquoiiii ça n'arrive qu'à moi ?
Alors, après avoir maudit le jour de sa naissance et licencié son ange gardien, vraisemblablement incompétent, Hinata se mit à genou, la tête baissée.
« Excusez-moi, votre Altesse ! Je… je n'ai pas fais exprès. Je suis confuse ! Je vous prie de m'excusez. » Implora-t-elle de sa voix fluette.
Le Prince héritier, Sasuke Ushiha, la fixait de ses yeux noirs, rageurs. Il avait le souffle court. Devant lui, cette misérable fille implorant son pardon ! Il se sentait humilié. Humilié au plus profond de lui, et ne le supportait pas.
Hinata osa ouvrir un œil et regarder, à travers les mèches de ses cheveux, la réaction de S.A.I (Son altesse impériale) Sasuke. Il semblait s'apaiser, ce qui était bon signe. Alors, la rage contenue dans son regard disparut, et un sourire satisfait apparut sur son visage.
Il ôta sa chemise, dévoilant un torse parfaitement dessiné, parfaitement lisse. Les filles qui s'étaient attroupées se mirent à hurler d'admiration. Hinata, quant à elle, ferma les yeux. Sasuke fit une boule de sa chemise sale, et la jeta avec mépris au visage d'Hinata, qui ne bougea pas. D'ailleurs, son manque de réaction l'agaça davantage.
« Chemise. » dit sèchement S.A.I Sasuke, en tendant la main dans le vide.
Alors, aussi rapide que l'éclair, un jeune homme de la même corpulence que lui ôta sa chemise et la lui tendit. Sans un mot de remerciement, et sans quitter Hinata des yeux, Sasuke l'enfila. Il la boutonna lentement, ce qui électrifia davantage l'atmosphère. Mais il ne s'en préoccupait pas. Il ne quittait pas Hinata des yeux.
Alors, sa chemise enfilée, il fit un pas vers elle, les mains dans les poches.
« Toi. » lui dit-il.
Tremblante, Hinata releva la tête, et le regarda.
« Huh ? »
Il fit un pas de plus, et avança son pied gauche plus près d'Hinata.
« Lèche-la. »
QUOI ? Hinata frémit. Elle ouvrit de grands yeux, attendant de sa part un signe, trahissant une plaisanterie de mauvais goût. Lui, ne sourcilla pas. Il était très sérieux, au contraire.
Hinata se leva alors, les sourcils froncés. Elle le regarda droit dans les yeux, et tendit un doigt menaçant vers le jeune impertinent.
« Hey ! Je me suis excusée ! Alors arrête ça ! Ca ne marche pas avec moi ! C'est pas parce que t'es né dans la bonne famille que ça te donne un quelconque pouvoir sur moi ! Tu me donne envie de vomir avec tes airs supérieurs ! Alors, toi et ta bande de lèches-bottes, allez voir ailleurs si j'y suis ! Espèce de b****** ! »
C'est ce qu'elle aurait dit, si elle avait eut plus de caractère et une once de folie en elle.
Au lieu de ça, elle resta bouche bée, à le regarder.
« Si tu veux que j'oublie cet incident, lèche, et fais disparaître cette tâche ! » Répéta-t-il, toujours impassible.
"Mais... c'est de la peinture..."
.
Tous les yeux étaient rivés sur Hinata, qui ne savait plus où se mettre. Il veut que je lèche sa chaussure… Il est malade ? Mais c'était le Prince héritier. LE PRINCE HÉRITIER. Il était capable de la rayer de la carte, elle et toute sa famille, s'il le souhaitait. Elle était vraiment mal tombée. Que fallait-il faire ? Ce Sasuke était surement capable de la faire renvoyer du lycée aussi. C'était impensable. Son père s'était saigné pour payer les frais d'inscription. Sa famille s'était endettée jusqu'au cou pour lui permettre de recevoir cette éducation, pour lui permettre de réaliser ses rêves.
Ça la révoltait de savoir qu'un être aussi vil que celui qui se tenait devant elle, soit capable de balayer sa vie entière sur un coup de tête.
.
Après tout... elle avait droit à la dignité, elle aussi...
.
Mais... il ne s'agissait plus d'elle.
.
.
Après un long moment d'hésitation, Hinata s'approcha de Sasuke. Elle s'appuya sur ses mains, puis se courba, lentement, rapprochant sa bouche de la chaussure gauche. Elle sortit sa langue.
« Arrête ! » ordonna quelqu'un dans la foule.
Hinata s'arrêta nette, le bout de la langue à quelques centimètres à peine de la tâche de peinture.
Tous les regards étaient maintenant tournés vers une autre jeune fille. Élancée, mince, elle avait de longs cheveux blonds, ramenés en queue de cheval, et de grands yeux bleus. Elle était très belle.
En la voyant, S.A.I Sasuke perdit instantanément de sa désinvolture. Ses traits s'adoucirent.
« Qu'est ce que tu fais, Sasuke ? » le réprimanda-t-elle.
Celui-ci ne répondit pas.
"C'est que..."
La jeune fille n'attendit pas le reste de l'explication de Sasuke, et posa son regard sur Hinata, toujours agenouillée.
« Relève-toi ». Lui dit-elle.
Hinata rangea sa langue et s'exécuta. Cette fille avait vraiment beaucoup de charisme. Et, plus étonnant encore, elle semblait avoir de l'influence sur le Prince Sasuke.
La sonnerie de fin d'interclasse retentit avec fracas. La jeune fille blonde regarda une dernière fois Sasuke, l'air déçu, puis s'engagea dans le couloir menant aux salles de classes. La foule autour d'eux commença, elle aussi, à s'éparpillée. Hinata eut dans l'idée dans faire de même, mais le regard terrifiant de S.A.I Sasuke s'était à nouveau posé sur elle. Elle resta sur place, pétrifiée.
Sasuke, déjà près d'Hinata, s'approcha davantage, pour n'être qu'à quelques centimètres d'elle. Il était grand, et elle petite, se qui l'obligea à lever la tête pour le regarder. Mais quand son regard croisa celui, menaçant, de Sasuke, elle baissa les yeux.
« La prochaine fois que tu te mets en travers de mon chemin, tu le regretteras. » murmura-t-il à la manière d'un sociopathe.
.
Puis, il s'éloigna à son tour.
.
Hinata, quant à elle, resta crispée. Il était vraiment terrifiant.
C'est Sakura qui la sortit de sa pétrification, en lui arrachant la chemise que Sasuke lui avait jeté au visage.
« Kyaaaaa ! C'est SA chemise ! » criait-elle, en la reniflant.
Hinata était pensive.
« C'était qui, la fille ? »
Sakura grimaça.
« Ah, elle… » dit-elle avec dédain. « C'est Ino Yamanaka, la fille de l'ambassadeur japonais aux États-Unis. Sa famille est très proche de la famille impériale, ce qui lui donne une longueur d'avance sur moi ! Ts.»
Ino Yamanaka… répéta Hinata.
.
.
.
La fin des cours arriva à point pour Hinata, qui ne supportait plus les moqueries de ses « camarades ». Elle et ses amis se dirigeaient déjà vers la sortie de l'établissement, à pieds au milieu du défilé de voitures toutes plus luxueuses les unes que les autres, quand elle s'arrêta soudainement.
« Qu'est ce qu'il y a, Hina ? » l'interrogea Lee.
« J'ai oublié ma veste en cours ! » dit-elle. « Attendez-moi, j'arrive tout de suite ! »
Et elle s'échappa en courant. Elle remonta l'allée bitumée à toute vitesse, gravit les marches de l'entrée et pénétra dans le bâtiment. A nouveau, elle gravit les marches de l'escalier menant au premier étage, et traversa le long couloir débouchant sur l'aile ouest à toute allure. Par chance, la porte de sa salle de classe n'était pas fermée, et sa veste était toujours sur sa chaise. Qui aurait l'idée de voler ma veste, ici ? songea-t-elle. C'est plutôt moi qui serais tentée…
Sans attendre, elle enfila sa veste d'uniforme, et entama le chemin retour, décidant de couper par l'aile est, réservée aux études de sciences politiques, afin de gagner du temps.
Mais, alors qu'elle passait devant une des salles de classe, elle surprit une conversation des plus surprenantes.
« Épouse-moi. » entendit-elle.
Hinata s'arrêta net. Trop curieuse pour résister à la tentation, elle s'approcha de la porte entrouverte d'où provenait les voix. Par le trou de la serrure, elle vit les deux protagonistes et se figea : Ino était debout près de la fenêtre, les bras croisés. A côté d'elle, assis sur un pupitre de classe, S.A.I Sasuke la regardait.
Hinata eut des réticences à rester. La menace proférée par ce même Sasuke, trois heures auparavant dans les couloirs, était encore fraiche à son esprit. Mais l'attraction était trop grande.
« Qu'est ce que tu dis ? » demanda Ino.
« Epouse-moi, Ino. » répéta Sasuke. « Je veux me marier avec toi. »
« Sasuke… tu ne sais pas ce que tu dis. » dit-elle. « Tu n'es pas sérieux, et tu le sais ! Tu fais ça uniquement parce que… parce que tu as atteint la majorité et que… »
«… et qu'en tant qu'héritier du trône impérial… je dois me marier et donner au pays une image de stabilité, et à la famille impériale une espérance… de longévité. » récita-t-il.
Il avait un air triste au visage, ce que remarqua Ino. Elle se radoucit.
« Je suis désolée, Sasuke. » soupira-t-elle. « Mais je dois refuser. T'épouser…ce serait comme jeter mon avenir, et tous mes rêves à la poubelle ! Je veux vivre par moi-même, je veux être avocat internationale et pas… princesse ! Je ne rêve plus de ça. Je ne suis plus une petite fille. Et puis… je n'ai pas envie de porter atteinte à notre amitié ! Or, devenir mari et femme, y a rien de telle pour détruire une relation comme la nôtre !»
Sasuke ne chercha pas à la convaincre davantage. Il se leva doucement, et mit ses mains dans ses poches.
« Tu sais que c'est ta dernière chance ? » dit-il après un long silence.
Nouveau silence.
« Je le sais. »
Hinata en avait assez entendu, et commença à s'éloigner de la porte à reculons. Mais, maladroite, elle s'emmêla les pieds et trébucha. Elle s'écrasa au sol dans un grand bruit.
« Qui est là ? » demanda Ino, en se dirigeant vers la porte.
Sans attendre, Hinata se releva, tourna les talons pour courir vers la sortie.
« Hey ! Toi ! »
Hinata se figea, de dos.
« Mais… c'était toi tout à l'heure ? » demanda Sasuke, qui avait rejoint Ino sur le seuil de la porte.
Hinata était maintenant découverte. Cependant, elle ne comptait pas affronter une nouvelle fois le regard assassin de Sa Majesté Sasuke. Alors, sans se retourner, elle déguerpit à toutes jambes.
.
.
.
