Chapitre 2 : Joyeux anniversaire !
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Cette première journée de cours avait été éprouvante. Enfin arrivée chez elle, Hinata gara sa bicyclette dans le jardin, côté rue, et poussa un profond soupire.
« Et 1 jour ! 1 ! » s'encouragea-t-elle, victorieuse.
Un sourire aux lèvres, elle passa la porte de chez elle, le torse bombé.
« Je suis rentrée ! »
Un silence sidéral suivit son entrée. La lycéenne fronça les sourcils, interrogative.
« Papa ? Hanabi ? »
Mais ni son père, ni sa sœur ne lui répondirent. Tiens… c'est étrange… Elle s'avança vers la cuisine : personne. Intriguée, elle décida d'aller à l'étage : peut-être s'étaient-ils réfugier dans une des chambres ?
Hinata monta les marches de l'escalier en bois grinçant deux à deux, et arriva à l'étage.
« Pap… »
« Chuut ! »
Hinata tourna la tête. Une oreille collée contre la porte du bureau de leur père, Hanabi lui fit signe de se taire. Elle avait encore son sac d'école au dos, et n'avait même pas pris la peine d'ôter ses chaussures.
« Hanabi » chuchota Hinata « Qu'est ce que tu fais ? »
« Viens écouter ! » lui répondit sa petite sœur, toujours à voix basse.
Poussée par sa curiosité légendaire, Hinata s'approcha à pas de loup. Elle parut hésiter un court instant, mais ne tarda pas à imiter sa sœur, et à coller une oreille contre la porte du bureau de leur père.
« Non…. Non vous ne pouvez pas ! »
C'était son père. Il discutait vivement avec un homme qu'elle ne reconnaissait pas.
« Hiachi… vous savez parfaitement que nous sommes en droit de le faire ! Vous devez à la banque plus de 200 000 yen.
« Je sais je…je vais payer ! »
« Huh ! Bien évidemment que vous allez payer ! D'une manière ou d'une autre ! »
« Laissez-moi encore un peu de temps… »
« Vous en avez eu assez ! »
« S'il vous plait ! J'ai deux filles… »
Silence.
« Je vous laisse trois jours ! Après quoi, nous serons dans l'obligation de saisir tous vos biens. Y compris cette maison. »
Hinata en eut le souffle coupé. QUOI ? Elle n'avait pas encore réalisé ce qu'elle venait d'entendre que déjà, les bruits de pas s'approchaient de la porte.
Hanabi, plus réactive que sa sœur ainée, l'attrapa par le bras et l'entraina jusque dans sa chambre. Elle ferma la porte derrière elles, et attendit que les bruits de pas s'éloignent avant de respirer à nouveau. Elle esquissa un sourire.
« Alors ? Cette rentrée ? »
Hinata ne lui répondit rien. D'une part, parce qu'elle n'avait pas envie d'en parler. D'autre part, parce qu'en parler maintenant lui semblait inapproprié. Apparemment, Hanabi ne se rendait pas compte de la gravité de la situation. La maison…
Contrairement à ce que son ainée semblait croire, sa jeune sœur mesurait bien la gravité de la situation familiale. Mais elles étaient différentes : depuis toujours, on avait mit la pression sur Hinata. Maladroitement, son père mettait ouvertement tous ses espoirs en elle, ce qui lui pesait. Et pour ne rien arranger, leur mère mourut et la jeune adolescente endossa une charge supplémentaire sur ses frêles épaules.
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Ceci expliquant cela, Hanabi, bien que consciente de ce qu'elle venait d'entendre, n'en fut pas bouleversée. C'était comme si Hinata avait amorti le choc, tel un bouclier humain devant elle. C'était toujours comme ça. Elle se contentait de regarder sa sœur en se mordillant la lèvre inférieure, impuissante.
Hinata n'arrivait pas à reprendre ses esprits. Elle ignorait que les problèmes d'argent de sa famille étaient si importants ! Elle ignorait que son père devait affronter les huissiers, les supplier de lui laisser plus de temps pour les rembourser. Elle se leva soudain, sortit de la chambre et dévala les escaliers à toute vitesse.
Haletante, elle trouva son père assis sur le sofa, la tête dans les mains. Instantanément, Hinata sentit une boule lui nouer la gorge.
« Otousan… » chuchota-t-elle.
Elle ne l'avait jamais vu dans cet état. Elle ne l'avait jamais entendu supplier qui que ce soit. L'image qu'elle s'était faite de son père, était celle d'un géant, invincible, qui même en cas de tempête, comme pour la mort de leur mère, ne s'effondrait pas, mais était capable de porter sa famille à bout de bras.
Silencieuse, elle s'approcha de lui et mit une main sur son épaule.
Elle savait que tout ce qui leur arrivait était de sa faute, et de ce satané lycée. Elle n'était pas dupe.
« Papa ? »
Il sursauta et se tourna pour la regarder.
« Hinata ? Tu es rentrée ? » s'étonna-t-il.
Sa fille fut surprise de le voir sourire, comme si rien ne s'était passé. Mais elle pouvait lire dans ses yeux l'inquiétude qui le tiraillait. Toujours égal à lui-même pensa-t-elle. Toujours à chercher à ne pas l'inquiéter.
« Oui, je viens d'arriver ! » mentit-elle.
« Alors ? Cette rentrée ? Comment sont tes camarades de classes ? »
Elle grimaça. Elle n'avait vraiment pas envie d'évoquer cette journée, ni avec son père, ni avec personne. Et puis, c'était le cadet de ses soucis à présent ! Elle savait que dire la vérité n'était pas la meilleure chose à faire ! Il allait s'inquiéter :
« Ecoute papa, le lycée pour lequel tu t'es endetté afin que je reçoive un enseignement potable, et bien, il n'en vaut vraiment pas la peine ! Tous les élèves sont des fils à papa méprisants, tous ! Ils me persécutent depuis le début ! Heureusement qu'il y a Saku et Lee ! Mais Saku n'est plus elle-même quand elle passe la grille du lycée, quant à Lee, il se fait marcher dessus sans broncher, tous les jours ! C'est simple : UNE ANNÉE DE PLUS ET JE POSE UNE BOMBE !»
« C'était bien ! Ils sont tous très charmants ! »
Son père sembla la croire sans difficulté. Elle s'en étonna.
« Oh ! Tu vois, finalement ! Tu as fini par t'y faire ! » se réjouit-il.
Elle se força à sourire.
« J'ai entendu dire que Son Altesse Impériale Sasuke-sama faisait sa rentrée à Noboka aujourd'hui aussi ! »
« Comment tu sais ça ? » s'étonna Hinata.
« On ne parle que de ça à la télé ! » Cette nouvelle semblait vraiment l'enchanter. « Alors ? Comment il est en vrai ? Hein ? Tu as pu l'approcher ? »
Son père, pourtant très discret, se changea en adolescente pré pubère en évoquant le Prince. Décidément, Son Altesse avait une Aura particulièrement impressionnante !
« Tu sais papa, j'ai eu la chance de le voir de très près ! Ta fille est une catastrophe ambulante, mais ça, tu le sais déjà ! Elle a donc renversé Sa Majesté Sasuke dans les couloirs du lycée. Ce que tu ne sais pas en revanche, et ce qu'ignore aussi tout le pays, c'est que ce « Prince » n'est qu'un pauvre et misérable insecte orgueilleux ! Il considère tout les êtres humains comme ces jouets ! J'aimerai qu'il se change en cafard afin de pouvoir l'écraser moi-même comme la vermine qu'il est ! Mouahahahah (rire maléfique) »
« Oh. Oui. J'ai pu l'approcher. C'est quelqu'un de très charmant lui aussi ! »
Ça lui faisait mal à la gorge de complimenter ce soi-disant souverain. Mais la situation était déjà bien assez grave pour en rajouter ! Elle n'aimait pas les drames.
Hiachi esquissa un large sourire satisfait. On aurait dit que ce que venait de lui raconter sa fille illuminait sa journée, qui avait bien mal commencé.
Il se leva, et posa ses deux grandes mains velues sur les épaules de sa fille. S'il y avait quelque chose qu'Hinata ne supportait pas, sans savoir pourquoi d'ailleurs, c'était bien les poils ! Qu'ils soient sur les mains, les pieds, le dos, sous les aisselles … elle les avait en horreur ! Arghh. Elle frémit, et se concentra sur le visage de son père pour ne pas déglutir.
« Hinata, je suis fière de toi ! Je sais que je peux compter sur toi… »
Outousan…Ne dis pas ça !
« Non ! Non ! » protesta-t-elle. Elle prit une profond inspiration avant d'ajouter : « Je… je vais faire mes devoirs ! »
Et, sans plus attendre, elle tourna les talons et monta en vitesse à l'étage.
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Elle ferma la porte de sa chambre, et s'appuya dessus.
Trop d'émotions… !
Tout le monde comptait sur elle. Pourquoi ? Elle l'ignorait ! Elle n'avait jamais été vraiment digne de confiance. Ses résultats scolaires étaient plutôt moyens, elle n'était pas une grande sportive. A sa décharge, elle savait dessiner… avait beaucoup d'imagination aussi ! Mais il fallait le dire, ces résultats en Arts de la mode n'était pas non plus faramineux !
Son esprit divagua et lui servit une image de S.A.I. Sasuke-sama. Mh. Elle ferait bien de se tenir à carreaux à partir d'aujourd'hui. Son avenir, et celui de sa famille en dépendait. Il était exclu qu'elle retourne vadrouiller dans l'aile Est du bâtiment ! Croiser une nouvelle fois ce Sasuke-sama pourrait s'avérer fatal pour elle. Penser à son visage froid et à ses yeux assassins lui glaça le sang. Elle frissonna.
Beaucoup trop d'émotions !
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Elle soupira, écraser sous le poids du monde.
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Arf… les devoirs vont attendre !
Et, après avoir jeté son sac à dos dans un coin de sa chambre, elle se laissa tomber lourdement sur son lit.
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Allongé sur son lit, les bras en croix, Sasuke Ushiha-sama ne trouvait pas le sommeil. Le regard fixé sur le lustre perché quinze mètres au-dessus lui, il cherchait dans l'obscurité quelque chose pouvant l'apaiser. En vain.
Il se mit sur un côté.
Cette journée ne s'était pas trop mal passée. En tous les cas, mieux que ce qu'il avait pu imaginer.
Il se tourna à nouveau.
Ino était dans sa section. Elle était aussi dans sa classe. A vrai dire, le chargé des relations externes du palais en avait touché deux mots au Proviseur avant la rentrée. Ce n'était donc pas une surprise pour lui.
Il grimaça.
Ino n'avait pas semblé très enchanté de ce « hasard ». Sans doute savait-elle, qu'il n'y avait aucun hasard là-dedans. Après tout, elle le côtoyait depuis assez longtemps pour comprendre que ce que Sasuke-sama veut, il l'obtient, d'une manière ou d'une autre.
Alors, le jeune homme sentit de l'angoisse monter en lui, sans qu'il n'en su l'origine. Il chercha dans sa mémoire.
Ino s'était mise en colère contre lui. Il se rappelait son regard déçu, quand elle le dépassa pour aller en cours. Qu'est ce qui avait déclenché cette colère ? Il fouilla encore dans ses souvenirs.
Ah oui…c'est vrai.
Il se souvint. Sa chute. La peinture sur ses vêtements. Sur sa chaussure. Il tressaillit au souvenir de l'humiliation qu'il avait ressentie alors. Tel était, à ses yeux, l'inconvénient d'intégrer un établissement scolaire, aussi select soit-il. Ils étaient pleins de gens inutiles. Certains rebus de la société arrivaient malgré tout à s'y frayer un chemin ! Il fallait qu'il en touche deux mots au Proviseur. Durcir les conditions d'accès lui semblait primordial afin que son année se passe dans de bonnes conditions.
« SA MAJESTE L'IMPERATRICE KŌGŌ HEIKA (appellation pour l'impératrice) ! » entendit-il crier dans les couloirs.
Sasuke se redressa. Quelqu'un frappa à sa porte.
« Entrez ! » ordonna-t-il.
Un homme d'une trentaine d'année, son protocole, Mr. Hiagui, s'exécuta. Il fit la révérence et informa le jeune prince d'une chose qu'il redoutait déjà.
« Pardonnez-moi votre Altesse ! Sa Majesté Kōgō Heika votre mère est en chemin pour vous voir. »
Sasuke grimaça. A contrecœur, il sortit de son lit haut perché et enfila son peignoir en soie rouge, avec sur la poitrine, brodé de fil d'or, les armes de sa famille mêlées aux symboles de l'Empire.
« SA MAJESTE L'IMPERATRICE KŌGŌ HEIKA, ENTRE ! »
Et, sans attendre son approbation, elle entra.
Encore vêtue de ses habits impériaux, Mikoto regarda son fils, surprise.
« Vous ne faites pas la révérence ? »
La mâchoire serrée, il s'exécuta.
L'impératrice fit signe à ses gens de la laisser seule avec son fils, ce qu'ils firent sans broncher.
« Prince Sasuke, j'ai à vous parler. »dit-elle en s'approchant de lui.
Sasuke se releva de sa révérence, l'air agacé. Il n'avait pas envie d'une énième discussion concernant l'Empire, ses responsabilités etc. etc. Il aurait voulu penser à des choses plus communes pour quelqu'un de son âge. Aux filles. Au lycée. Il y était parvenu, mais c'était sans compter sur l'intervention de sa mère.
« De quoi sa Majesté (Kōgō) veut-elle me parler ? »
Pas de familiarité entre membres de la famille impériale. Mais à la grande surprise de son fils, Mikoto alla s'asseoir sur le bord du lit, et l'invita à l'y rejoindre. Intrigué, le jeune prince s'exécuta. Ça faisait des années qu'ils n'avaient pas été aussi près l'un de l'autre.
Mikoto prit un temps de réflexion. Elle se demandait sans doute par où commencer. Le regard perdu de son fils n'arrangeait pas les choses. Elle décida de commencer simplement par des évidences.
« Sasuke, vous êtes le Prince Héritier de l'Empire. Vous savez ce que cela veut dire ? Quand votre père le Tennō Heika le décidera, ou quand la mort l'emportera, c'est vous qui monterez sur le trône et qui serez le chef de cet Etat ! »
Sasuke ne répondit rien. Il savait que ce n'était que l'introduction.
« Sasuke. » reprit Mikoto. « Vous n'êtes pas sans ignorer qu'en tant que tel, et… sachant l'état de santé de votre père le Tennō… il est temps d'assurer l'avenir de la famille impériale. »
Elle s'arrêta une seconde fois, troublée. Sasuke savait ce qui causait tant d'inquiétude. Son père, le Tennō Heika Fugaku Ushiha, était la proie de violents maux de tête. Si ce n'était que ça. Malheureusement, ces mêmes symptômes avaient conduit à la mort de son frère ainé, Shōwa Tennō Teyaki Ushiha, 11 ans auparavant.
Mikoto se reprit.
« Vous vous rappelez de la conversation que nus avons eue la semaine dernière ? »
Sasuke acquiesça d'un bref hochement de tête. Il laissa échapper un petit rire moqueur. Comment aurait-il pu oublier la conversation qu'ils avaient eue, et qui scella son avenir encore un peu plus ?
« Comment… Comment aurai-je pu l'oublier ? »
Malgré sa sévérité habituelle à l'égard de son fils, Mikoto s'attendrie légèrement devant son désarroi.
« Avez-vous une alternative à nous proposer, à moi et à votre père ?
Sasuke repensait à sa conversation de la veille avec Ino. Epouse-moi… Il avait espéré qu'elle aurait accepté. Ce n'est pas qu'il l'aimait, ou du moins, il n'en savait rien. Ce qu'il savait en revanche, c'est qu'il était bien avec elle. L'épouser elle était donc préférable à l'autre alternative qui s'offrait à lui: épouser une parfaite inconnue! Il aurait alors eu le sentiment, au moins une fois, d'avoir un pouvoir sur sa vie, même infime. Au moins celui de décider de la personne qu'il appellerait sa femme et avec laquelle il aurait des enfants. Mais non, il n'en avait aucun. Chaque jour un peu plus, il se sentait poussé vers un avenir tout tracé, quasi transcendant.
« Non. » dit-il, après un long silence.
« Bien. Vous savez donc ce que ça signifie ? »
« Je le sais. Qu'il en soit fait selon votre volonté, Kōgō. »
Sans plus de cérémonie, l'impératrice se leva et se dirigea vers la sortie. Mais, sur le point de sortir, elle s'arrêta.
Sasuke ne s'en rendit pas compte. Il avait les yeux dans le vide.
« Je sais ce que tu ressens. » ce tutoiement soudain fit frémir Sasuke. « Tu as l'impression que tout t'échappe. Mais c'est le lot des gens de notre rang. » Son ton se durcit soudain. « Vous n'êtes pas comme tout le monde ! Alors faites vous à cette idée ! Vous êtes le Prince héritier, le futur Tennō de ce pays. Ne l'oubliez jamais. »
Sasuke grinça des dents, tant sa mâchoire était crispée.
« Ouvrez! » ordonna Mikoto à ses gens.
« SA MAJESTE L'IMPERATRICE KŌGŌ HEIKA ! »
Les portes s'ouvrirent devant elle, afin qu'elle n'ait pas à en toucher la poignée, puis se refermèrent.
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Sasuke se leva à son tour, la gorge nouée. Il fit d'abord les cent pas dans sa large chambre, puis se dirigea vers la fenêtre. Il en écarta les lourds rideaux afin de contempler le paysage.
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Il faisait nuit noire, mais les lumières des habitations luisaient dans le noir. Comme lui, certaines personnes ne dormaient pas encore. Comme moi…
Mais cette pensée fut rapidement chassée par l'écho des paroles de Mikoto, plus puissantes :
Vous n'êtes pas comme tout le monde ! Alors faites vous à cette idée ! Vous êtes le Prince héritier, le futur Tennō de ce pays. Ne l'oubliez jamais.
D'un geste rapide et précis, il referma les rideaux.
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Il fallait qu'il se fasse à cette idée.
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Mikoto entra dans la majestueuse chambre conjugale, tracassée par la conversation qu'elle venait d'avoir avec son fils.
A sa grande surprise, son époux ne dormait pas, mais l'attendait, inquiet. Il debout au milieu de la pièce, l'air songeur.
Intriguée elle aussi, elle s'approcha.
« Tennō… vous ne dormez pas encore ? »
Le Tennō Heika Fugaku, leva se retourna pour faire face à sa femme. Elle pu lire sur son visage l'inquiétude, comme s'il était en proie à un combat intérieur.
« Non, je… je réfléchissais. » dit-il de sa voix rassurante.
Mais cela ne suffit pas à berner sa femme qui savait lire en lui comme dans un livre ouvert.
« Tennō… je vois bien que quelque chose vous tracasse… » osa-t-elle.
Se voyant démasqué, Fugaku esquissa un sourire forcé.
« Effectivement. On ne peut rien vous cacher, chère Impératrice. »
Mikoto sourit brièvement à la plaisanterie de son époux. Elle se rapprocha un peu plus près de lui.
« De quoi s'agit-il ? » Puis de rajouter. « Cela a-t-il un rapport avec le Prince Héritier ? »
Le Tennō se vit une nouvelle fois devancé, et ne pris pas la peine de la contredire. Au lieu de cela, il sortit un objet de la poche de son habit impérial, et le tendit à sn épouse. Mikoto tendit la main et réceptionna l'objet en question. Elle l'observa, intriguée : il s'agissait d'un médaillon. Probablement fait d'or, il tenait dans la paume de sa main. Il avait la forme de la rosace impériale à 16 branches. Cependant, elle n'était représentée qu'à moitié car le médaillon était coupé en son milieu. Mikoto l'examina avec plus d'attention : il avait été sectionné de manière grossière.
« C'est… »
« La rosace impériale. » continua Fugaku. « Elle appartenait à mon père, le défunt Tennō. Il l'a d'abord donnée à mon frère, mais quand celui-ci a succombé à sa maladie, c'est moi qui en aie hérité. »
Mikoto regardait son époux, silencieuse.
« En me la léguant, mon père m'a raconté l'histoire de cette moitié de rosace. Une histoire qui ne signifiait pas grand-chose pour moi… jusqu'à présent. »
Mikoto ne comprenait pas où il voulait en venir. Elle regarda à nouveau le médaillon : il était très beau, marqué par le temps, ce qui lui donnait du caractère.
« Et… quelle est cette histoire ? » demanda-t-elle.
Fugaku maqua une pause. Il regardait l'horizon, l'air grave.
« Mon père… a fait la guerre alors qu'il n'était encore que Prince héritier. Vous l'ignoriez ? Moi aussi… C'est étrange… » Fugaku marqua une pause, pensant au nombre de choses qu'il ignorait sur son défunt père.
« Enfin », reprit-il, « toujours est-il que durant cette guerre, il mena une bataille des plus périlleuses près du Mont Fuji. Là, il fut grièvement blessé sur le champ de bataille. Mais… un frère d'arme, un certain Haruto Hyuuga, lui sauva la vie, au péril de la sienne. A partir de ce moment, les deux hommes, déjà très proches, devinrent inséparables. »
Mikoto semblait intriguée.
« Haruto Hyuuga… »répéta-t-elle. « Je ne crois pas l'avoir déjà vu au Palais… »
Fugaku regarda sa femme.
« Il n'en n'a pas eut l'occasion. La mort de mon grand-père obligea mon père à abréger son service militaire afin de se faire sacrer. Les obligations de l'empereur, celles d'Haruto, firent qu'ils ne se revirent plus. »
« Oh… et… que vient faire cette rosace dans l'histoire ? »
« J'y viens. » continua l'Empereur. « Avant de se quitter, mon père, désirant honorer son ami issu d'un milieu populaire, lui fit une promesse. La première fille qui naîtrait de sa descendance directe serait promise au Prince hériter, sous réserve que l'un et l'autre l'accepte. En gage de sa promesse, le tout nouveau tennō donna la moitié de la rosace impériale à son ami, et conserva l'autre. Il lui donna aussi l'anneau impérial qu'il portait au doigt. »
Mikoto fronça les sourcils, interrogative.
« Mais… pourquoi cette histoire ressort-elle maintenant ? Vous m'avez épousé… »
« Mon défunt père n'a eut que des garçons. J'étais le prince héritier. Il a donc fait rechercher son ami afin de pouvoir accomplir sa promesse et unir leurs familles. Mais lui aussi, n'a eut que des garçons. Ce qui m'a permis de vous épouser, vous, Mikoto. » expliqua Fugaku, un sourire tendre aux lèvres.
Mikoto le regardait de ses yeux en amandes. D'abord confuse, quelque chose se passa en elle. Elle posa les yeux sur la demi-rosace qu'elle tenait dans sa paume, puis les reposa sur son époux, lucide.
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Elle comprit.
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« J'ai fais faire des recherches. » reprit Fugaku. « Le fils d'Haruto Hyuuga vit ici. Et… il a eut deux filles, dont l'ainée a l'âge du Prince héritier. » Il regarda sa femme dans les yeux. « Il me revient de faire en sorte que la volonté de mon défunt père soit respectée. »
Mikoto frémit.
« Je sais qu'il est encore jeune. Mais, compte tenu de mon état de santé… je me dois, en tant que Tennō Heika, d'assurer à mon pays un avenir radieux. Et c'est ce que je ferais. Vous comprenez, n'est ce pas ? »
Mikoto acquiesça. Elle avait essayé de donner une chance à son fils de pouvoir épouser celle qu'il aurait choisie. Or, il n'avait pas pu saisir cette opportunité.
Elle regarda le médaillon.
Elle avait cependant espéré, en tant que mère, avoir une influence quant au choix de la princesse et future Kōgō. Elle aurait choisie une fille de bonne famille, bien élevée, digne de porter la couronne et capable de tenir un pays. Or, par cette promesse qu'elle devait honorer, ce pouvoir lui été retiré.
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Elle serra le médaillon dans sa main.
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Pour la première fois, elle aussi, était impuissante.
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Le soleil se leva sur la maison des Hyuuga. De l'air frais passait par la fenêtre de la chambre d'Hinata, qui dormait encore.
La porte grinça. Quelqu'un pénétrait dans sa chambre, à pas de loups. Mais trop fatiguée par les événements de la veille, elle n'entendit rien. Le bruit de ses ronflements gras couvrait celui des pas qui s'approchaient doucement de son lit.
Deux personnes se penchèrent sur Hinata, si près, qu'elle put sentir leur souffle sur son visage pâle.
Tirée de son sommeil, elle entrouvrit un œil.
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« JOYEUX ANNIVERSAIIIIIIIIIIIIIIIIIRRE HINATA ! » hurlèrent les visiteurs.
Hinata sursauta. Elle écarquilla les yeux, paniquée.
« Oh mon Dieu ! » dit-elle, haletante.
Aux pieds, de large sourire aux lèvres, se tenaient son père, et sa sœur. Ses deux amis quant à eux, étaient penchés au dessus d'elle.
« Alors ? Qu'est ce que ça fait d'avoir 18 ans ? » demanda ce dernier, un sourire béat aux lèvres.
« Rhoo tais-toi ! » grogna Sakura, angoissée.
Chaque année, il posait cette question et chaque année elle lui répondait la même chose : rien, évidemment. Mais cette année était spéciale !
« Hé bien… » réfléchit-elle. « Je suis majeure ! » s'exclama-t-elle en leva les bras au ciel.
Tous l'acclamèrent en poussant des cris de joie.
Son père s'approcha alors d'elle, un gros gâteau à la crème dans les bras. Hinata s'en lécha les babines, tant il était appétissant. De grosses fraises, un coulis de fruits rouges, des copeaux de chocolat… et dix-huit bougies en guise de couronne.
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Avant de souffler, la jeune fille ferma les yeux et croisa les doigts. Puis, au bout de cinq secondes d'intense concentration, elle rouvrit les yeux et souffla ses bougies.
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Les yeux avides, Lee s'approcha de son visage, manquant de renverser le gâteau au passage.
« Alors ? Alors ? Qu'est ce que t'as souhaité ? » demanda-t-il.
Hinata ouvrit la bouche pur répondre, mais Sakura la devança.
« Imbécile ! » Elle donna une tape rageuse sur la tête de Rock Lee. « Elle peut pas le dire, sinon son souhait ne se réalisera pas ! »
« Oh… » laissa échapper Lee, en se frottant derrière la tête.
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Ainsi réunis, ils s'assirent tous en tailleur sur le sol de la chambre et partagèrent le gâteau. C'était un moment de joie, de détente, comme Hinata les aimait. Lee et Sakura n'arrêtant pas de se chamailler. Hanabi leur raconta des blagues, toutes plus douteuses les unes que les autres, sous le regard réprobateur de leur père. Et Hinata riait à gorge déployée, manquant de s'étouffer avec la crème du gâteau. Elle déballa les cadeaux et découvrit avec impatience ce que chacun lui avait offert : Des sous-vêtements coquins de la part de Lee (Mouarf…), un collier et des boucles d'oreilles de la part de Sakura,rien de part de sa jeune fauchée, et enfin, un kit de dessin professionnel de la part de son père.
« Wouah, Papa… » s'extasia Hinata. « Il est magnifique… »
Magnifique, en effet. Il était d'un gris métallique orné de fresque rose fuschia Il était plein de crayons, et de matériel professionnel de graphisme. Il devait être cher aussi. Elle eut un pincement au cœur en songeant aux sacrifices constant que faisait son père.
« Fais tout pour réaliser tes rêves ! Deviens une grande styliste ! »
Rien ne semblait pouvoir entacher cet état de grâce général, pas même Lee, qui renversa le contenu de son verre sur la moquette de sa chambre.
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Malheureusement, ce qu'avait redouté secrètement Hinata arriva, plus vite qu'elle ne l'avait pensé :
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« Allez ! » s'exclama Hiachi. « Il est temps pour vous d'aller en cours ! »
Arf…
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La journée de classe d'Hinata se déroula comme toutes les autres, rien ne semblait avoir changé autour d'elle: les autres étaient toujours aussi gonflés d'argent et d'orgueil. Cependant, son anniversaire avait mis Hinata d'humeur joyeuse. C'était comme si un bouclier de paix et de bonheur l'entourait, protégeant son atmosphère personnelle des assauts extérieurs.
Ainsi, souriante, elle parcourait les couloirs un large sourire aux lèvres.
« Pourquoi tu souris comme ça ? » lui demanda Sakura, les yeux ronds.
Hinata prit une profonde inspiration, comme en plein air.
« J'ai 18 ans ! »
« Et alors ? Moi aussi j'ai 18 ans ! Et je ne souris pas béatement comme toi ! »
Hinata préféra ne pas répondre à son amie. Son bouclier invisible la protégeait même des provocations de Sakura ! Quel exploit !
« Où est Lee ? » demanda Hinata pour changer de sujet.
« Oh… si tu savais à quel point je m'en moque ! »
« Sakura… »
Elles tournèrent à l'angle d'un couloir, s'engouffrant dans l'ail Est du bâtiment.
« Non, c'est vrai ! » continua Sakura. « J'ai remarqué que notre relation est beaucoup moins conflictuelle quand on se voit presque pas ! »
Hinata esquissa un sourire.
Les deux jeunes filles longèrent la rangée des casiers, passèrent devant la fontaine à eau.
Sakura s'interrogea.
« Mh… où on est là ? »
« Je sais pas trop… » lui répondit Hinata en regardant autour d'elle.
Le sourire d'Hinata s'effaça soudain pour laisser place à une grimace, quand elle reposa son regard devant elle.
Son bouclier protecteur disparut lui aussi tout à coup, la laissant en proie à la dure réalité. Elle était glaciale, comme le regard de celui qui se trouvait devant elle.
Elle frissonna. Sakura gloussa.
Il était là, entouré de sa garde personnelle, de quelques amis, et bien sûr, de ses fans. Majestueux, il était droit, les mains dans les poches de son pantalon bleu marine. Il avait laissé le dernier bouton de sa chemise ouvert, accentuant la longueur de son cou, soutenant son visage pâle et parfait. La veste bleue marine de son uniforme était cintrée sur la taille, et épousait les mouvements désinvoltes de son corps alors qu'il marchait.
« KYYYYAAAAA » hurla Sakura en l'apercevant.
Bien évidemment, son hurlement attira l'attention de Sa Majesté Sasuke, qui tourna la tête vers elles. Son regard noir croisa celui, nacré, d'Hinata.
« IL ME REGARDE ! » s'exclama Sakura,
Hinata se figea. Il la regardait, elle. Sa chair le poule et les frissons qui la parcouraient en étaient la confirmation.
Oh non…
Alors, comme si sa vie en dépendait (et c'était bien le cas), Hinata fit un demi-tour sur elle-même, et s'enfuit à travers les couloirs.
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Pendant sa course, elle entendit Sakura l'appeler. Mais elle ne pouvait pas y retourner ! Il fallait qu'elle tienne sa résolution. Et elle ne comptait pas avoir d'ennui avec le Prince héritier du pays. Où irait-elle se cacher alors ? A l'étranger ? Bien trop peureuse pour ça ! Et qu'adviendrait-il se sa famille ? Son père serait surement pendu ! Non… crucifié ! Non, pendu, puis crucifié!
Elle frissonna.
Et, descendant les escaliers du hall à grande vitesse, elle heurta quelqu'un qui montait, et se retrouva sur son postérieur (ça devenait une habitude.) Pourvu que ce ne soit pas Utatane…
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« Argh… » gémit la personne.
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Après avoir repris ses esprits, Hinata se releva et alla se penché sur la personne qu'elle avait heurté, confuse. Avec soulagement, elle constata qu'il ne s'agissait pas d'Utatane, mais d'un élève.
« Oh, excusez-moi ! Je ne vous avez pas vu ! » s'excusa Hinata.
Le jeune homme se redresse. Il épousseta son uniforme, et remis en place ses cheveux blonds cendrés.
« Ce n'est rien ! » dit-il, un sourire aux lèvres. « Et toi, tu n'as rien ? »
Hinata fut surprise. Et bien, la dernière fois qu'elle avait renversé quelqu'un, l'accueil fut quelque peu différent…
« Heu… non, non. Tout va bien. » répondit-elle, embarrassée.
Le jeune homme aux cheveux cendrés esquissa un nouveau sourire, qui plissa ses grands yeux bleus en demi-lunes. Il avait le teint hâlé, quelques tâches de rousseurs sur les joues, et il se dégageait de lui une incroyable sympathie. Il était très beau.
« Je m'appelle Naruto Uzumaki. Je suis nouveau ici. » dit-il.
« Oh… » laissa échapper Hinata, en regardant derrière elle.
Elle était distraite, plus préoccupée à vérifier que Sasuke n'ait pas envoyé une bande de gros bras à sa poursuite, que par ce que lui disait le jeune homme. Lui, l'observait, amusé.
Alors, semblant entendre les hurlements hystériques se rapprocher du hall, elle courut vers la sortie et disparut dans la cours.
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Naruto laissa échapper un petit rire. Cette fille était vraiment surprenante !
Et il aimait être surpris.
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Il leva les yeux vers l'escalier, entendant les cris et acclamations venant de l'étage.
Le Prince héritier marqua un arrêt brusque en voyant le jeune Naruto en bas des marches. Que fait-il ici?
Les deux jeunes hommes se regardèrent, seuls au milieu de la horde humaine.
Puis au bout de quelques secondes, Naruto salua Sasuke de la main, un sourire aux lèvres, auxquels le jeune Prince ne répondit pas.
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Dévalant à toute vitesse la pente qui menait à son pâté de maison, Hinata poussa un soupire de soulagement en apercevant sa maison. Un profond sentiment de paix l'envahissait à chaque fois qu'elle s'en approchait. C'était son havre de paix.
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Arrivant près de la clôture blanche, elle marqua un arrêt brusque. Deux voitures étaient garées dans l'allée. Deux grosses berlines noires aux vitres teintées.
La conversation qu'elle avait surprise entre son père et le mystérieux homme la veille revint à sa mémoire.
On voulait lui prendre sa maison…
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Prise de panique, Hinata laissa tomber son vélo dans l'allée et se précipita dans la maison.
« Papa ! » cria-t-elle en entrant.
Haletante, elle pénétra dans le salon, et s'arrêta net. Il était là, assis sur un fauteuil, en face de deux hommes qu'elle ne connaissait pas. Tous deux étaient vêtus de costumes noirs, de chemise blanche et de cravates noires. Ils avaient l'air grave.
Hinata regarda son père. Lui aussi était grave, même préoccupé. Quelque chose n'allait pas.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » demanda la jeune fille à son père.
Celui-ci ne lui répondit pas.
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Il tenait dans ses mains deux drôles d'objets : un médaillon. Ou plutôt une moitié de médaillon. Il avait aussi une grosse bague ancienne, en or, très belle, sur laquelle étaient imprimés les symboles de l'Empire.
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« Assied-toi, Hinata. » lui dit Hiachi, après un long moment de silence.
Hinata s'exécuta, crispée. Ca paraissait vraiment grave…
« Que ce passe-t-il ? » répéta-t-elle.
Son père évita une nouvelle fois sa question, mais fit signe à un des hommes de parler, ce qu'il fit sans broncher.
« Mademoiselle Hyuuga, « commença-t-il. « Nous sommes agents de sa Majesté le Tennō Heika Fagaku Ushiha. Sa majesté nous a demandé de venir vous trouver, afin de vous faire part d'un fait vous concernant… »
Oh non… se dit Hinata. Ce Sasuke m'a vraiment dans le nez ! Ce n'était qu'une petite chute après tout… ! Et il en fait une affaire d'Etat !
Elle baissa la tête, contrariée et honteuse. Son père devait être au courant. Voilà pourquoi il avait l'air si préoccupé. Elle s'en voulait de lui causer tant d'ennuis…
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Elle revoyait le visage de Sasuke… glacial. Alors ce n'était pas qu'une apparence. Ce Prince était réellement sans cœur ! Un orgueilleux sans cœur ! Il voulait sans doute qu'elle paie pour sa maladresse !
Quoi qu'il en fût, elle devait épargner son père.
« Oui… je sais de quoi il s'agit. Mais vous savez, ce n'est pas la peine de mêler ma famille à cette histoire. Je vous en supplie… laissez mon père en dehors de tout ça ! »
Hiachi la regardait avec des yeux ronds, tandis que les deux hommes en noirs s'interrogeaient eux aussi.
« Hinata… tu es certaine que tu sais de quoi il s'agit ? » l'interrogea son père.
Hinata acquiesça d'un hochement de tête timide. Puis, elle regarda les deux hommes avec le plus de détermination possible.
« Que veut-il ? J'accepte toutes ses conditions. » ajouta-t-elle.
Des heures de travaux d'intérêt général ?
Des excuses publiques ?
Travailler en heures supplémentaires au Palais Impérial ?
Quelles que soient les conditions du Prince pour qu'elle retrouve la paix, elle les accepterait avec dignité. Ou plus ou moins…
« Mademoiselle… je crois que vous vous méprenez sur nos intentions… » en conclut un des deux hommes. « Je crois en fait que vous ne mesurez pas l'importance de… »
Tous regardaient Hinata avec confusion, les regards incertains.
La jeune fille, quant à elle, s'évertuer à garder un peu de contenance ce qui s'avérait être très difficile. Les mains jointes sur ses genoux, elle les serrait comme si elles contenaient quelque chose de précieux. Or, c'était pour en cacher la moiteur aux yeux des deux agents impériaux.
La tête baissée, elle secoua négativement la tête. Elle devait supporter les conséquences de ses actes, aussi importants soient-ils.
« Hinata… » reprit son père.
« Je sais ce que je fais, papa ! » le coupa-t-elle.
« Je ne crois pas… »
« Si, papa ! » insista-t-elle.
« Hinata… si tu accepte…tu sais ce que ça voudra dire ? »
« Je suis une adulte, Otousan… enfin presque… » dit-elle, incertaine. « Et… en tant que tel, je dis assumer moi-même mes responsabilités. »
Il y eut un instant de silence. Hiachi scrutait le visage de sa fille, à la recherche d'un indice : plaisantait-elle ? Etait-elle devenue folle ?
Mais rien de tout cela ne lui apparut. Elle était… sérieuse. Et il ne pouvait pas le concevoir.
« Hinata ! » s'exclama-t-il. « Ce n'est pas quelque chose qu'on prend à la légère ! Ce n'est pas un jeu ! C'est très sérieux ! »
« Je ne suis plus une gamine ! » s'écria la jeune Hyuuga, excédée par les remontrances de son père.
« Est-ce que tu sais ce qui t'arrivera si tu suis ces hommes ? »
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A mesure qu'ils échangeaient, le ton de la conversation montait en puissance.
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« Non ! Mais toi non plus ! Qui peut savoir à part Sasuke ! »
« Quoi ? TU L'APPELLE DEJA PAR SON PRENOM ? »
« Oui ! Pourquoi ? Il est comme toi et moi ! »
« TU N'ES PAS ENCORE MARIEE AVEC LUI ! »
« QUOI ? HEIN ? MAIS QU'EST-CE QUE TU RACONTE! »
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« Je savais bien que tu ne comprenais pas… » s'exclama Hiachi, plus calme. « SI TU SUIS CES HOMMES, TU ACCEPTES DE DEVENIR L'ÉPOUSE DU PRINCE HÉRITIER DE L'EMPIRE, SA MAJESTÉ IMPÉRIALE SASUKE USHIHA. »
Hinata le regardait, comme pétrifiée, la bouche ouverte.
Hiachi prit le temps de reprendre son souffle, avant d'ajouter.
« Tu deviendras la Princesse héritière du trône impérial, Hinata. Si tu acceptes… »
« Qu-Qu-Qu… Quoi ? Hein ? QUOI ? Si j'accepte quoi ? » bégaya-t-elle.
C'était comme une explosion nucléaire dans sa tête, comme une rave-party entre ses neurones, qui aurait mal tourné. Hinata ne sentait plus ses pieds, ni ses mains. Elle était debout, mais se sentait planer dans les airs, nauséeuse.
Son père fut rassuré de voir qu'elle n'avait effectivement pas comprit l'enjeu de ce rendez-vous. Apaisé, il s'assit sur le fauteuil duquel il avait bondit en entendant les propos de sa fille ainée.
Il regarda les objets qu'il tenait dans ses mains, puis les présenta à Hinata, qui tentait de se convaincre qu'elle n'était pas folle à lier.
« C'est… c'est une longue histoire. Une histoire de pacte entre deux amis, que mon père m'avait raconté bien quelques temps avant sa mort, juste après que ta mère et moi nous soyons mariés… » commença-t-il. « Je croyais que ce qu'il me racontait n'était qu'une l'histoire abracadabrantesque d'un vieil homme sénile ! Mais non. Hinata… je viens d'apprendre qu'il ne délirait pas ! Ce pacte… a bien existé. »
Hinata comprit, au regard grave de son père, qu'elle ne pourrait certainement pas écouter le reste en étant debout sans danger. Ainsi, elle s'assit lentement à côté de son père, les sourcils froncés par l'inquiétude.
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Qu'allait-t-elle entendre ?
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« D'après ce pacte, Hinata, toi et le Prince héritier êtes promis l'un à l'autre. Acceptes-tu d'épouser le Prince héritier, Sasuke-sama ? Acceptes-tu de devenir la Princesse Impériale, Hinata ? »
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Hein ?
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