Chapitre 4 : Un mariage princier
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« Reposez-vous bien, Hinata-sama, demain sera une longue journée. »
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Mlle Asou, après ces dernières recommandations et une révérence élégante, sortit de la chambre de sa future princesse et ferma la lourde porte derrière. Il était 3h00.
Enfin seule, Hinata poussa un profond soupire. Enfin seule ! Elle avait les jambes en compote et la tête prête à exploser. Son gosier était sec à force de répéter sans cesse les mêmes phrases de politesse, les mêmes phrases de salutation… Elle n'en pouvait plus ! C'était bien trop d'informations d'un seul coup pour sa petite tête brune déjà préoccupée.
Mais, elle le savait que trop bien, aucune erreur ne serait tolérée !
Tous les journalistes du pays seraient là.
Toutes les chaînes de télévision nationale retransmettront l'événement en direct.
Il y aura même des chaînes étrangères.
Prise de panique à cette pensée, Hinata décida d'une dernière révision avant d'aller dormir.
« Alors… se tenir droite ! » murmura-t-elle.
Légèrement voûtée à cause de ses mauvaises habitudes de marche et d'assise, la jeune fille se redressa, étira excessivement son cou, et fit quelque pas dans la chambre et comptant dans sa tête 1, 2, une révérence, 1, 2, une révérence 1, …2…1, 2. Après avoir traversé la chambre en long et en large, Hinata s'arrêta, lasse.
Elle repassa alors dans sa tête toutes les étapes du mariage traditionnel, et tout ce qu'elle devait dire : ce serait un mariage traditionnel, shinto. D'abord le sanctuaire, la bénédiction etc. Ensuite… heum…la parade dans les rue de la ville, jusqu'au Palais impérial…
Elle frissonna, imaginant par avance la foule qui sera présente. Les rues seraient noires de monde, plus que lors d'un concert de rock ? Oh non… Elle secoua la tête. Avec un peu de chance, tout le monde s'en fiche de ce mariage !
Elle se concentra à nouveau sur les étapes de la cérémonie.
Puis, la cérémonie.
« C'est bon ! Je suis au point ! » déclara-t-elle, satisfaite.
Elle avait l'impression que sa tête allait exploser, et que de la vapeur sortait de ses oreilles.
Elle se regarda dans l'immense miroir, près de la penderie de sa chambre. Elle faisait peur à voir ! Ses cheveux bruns et longs, initialement ramenés en queue de cheval, manifestaient leur mécontentement quant à la manière dont ils étaient coiffés. Ses grands yeux nacrés étaient cernés, sa peau blanche était encore plus pâle que d'accoutumée.
Effrayée par son propre reflet, Hinata détourna les yeux et décida qu'un petit tour sur la terrasse ne serait pas un luxe. Elle enfila un gilet en vitesse, et sortit prendre l'air.
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Le ciel était noir, parsemé de nombreuses étoiles éclatantes. La lune était pleine, perchée dans un coin de l'étendue céleste, tel un luminaire.
L'air était frais, ce qui obligea Hinata à s'enrouler davantage dans son gilet en laine.
Elle prit une profonde inspiration, et sentit l'oxygène frais revigorer son corps affaibli. Ah… ça fait du bien.
Elle étira ses bras, mais se stoppa net, en entendant quelqu'un à côté.
« Ca fait longtemps que tu es ici ? »
Sasuke ?
Le rythme cardiaque d'Hinata s'emballa soudainement, et ses mains devinrent moites.
Téméraire, elle osa tourner la tête, lentement.
Il y avait une autre terrasse, à environ trois mètres de la sienne. Elle était située entre la terrasse de la chambre d'Hinata et de celle de Sasuke. Jusqu'alors, Hinata ne l'avait pas remarqué. Elle n'en avait pas eu le temps.
Sauske était appuyé sur le balcon, le regard au loin. Le vent ébouriffait un peu plus ses cheveux bruns.
Si ses poumons ne s'étaient pas gonflés, elle ne se serait pas rendu compte qu'elle avait retenu sa respiration tout ce temps.
Hinata essaya de le fixer, mais cela lui fut impossible. Elle préféra regarder au loin, elle aussi.
« Je… heum… » marmonna-t-elle.
« Oui un peu ! » répondit une autre voix féminine.
Surprise, la jeune Hyuuga tourna la tête. Une autre personne était sur le balcon voisin, appuyée de la même façon que Sasuke.
Elle ne mit pas longtemps avant de reconnaître cette chevelure blonde, cette silhouette élancée, parfaite. Ino Yamanaka.
Précipitamment, Hinata s'accroupit. Dissimulée derrière les grosses poutres du balcon, elle pouvait voir sans être vue. Mais elle hésitait à rester. La dernière fois qu'elle avait suivi sa curiosité, le résultat n'avait pas été fameux. Chute, menace, honte….
Après tout… je ne peux pas tomber plus bas ! se dit-elle, en se rapprochant un peu plus des poutres sculptées.
« Mr Hiagui m'a dit de t'attendre ici. » poursuivit Ino. « Que tu n'en avais pas pour longtemps ! Mais… ça fait maintenant plus d'une heure !»
« Excuse-moi. Si j'avais su que tu m'attendais, je serais venu plus tôt. »
Sasuke qui s'excuse ! J'aurai tout vu…
« Ne t'inquiète pas ! J'ai l'habitude de t'attendre ! »
Ino était très belle ce soit-là. Elle avait une robe rouge à volant, de jolis escarpins. Rien à voir avec Hinata et son uniforme d'écolière, qu'elle n'avait pas quitté de la journée.
« Tss. » émit Sasuke.
Ino prit une mine boudeuse.
« Attendre que tu me demande de sortir avec toi. Attendre que tu me donne mon premier baiser. Attendre de rencontrer tes parents… »
« Ino… C'est toi qui n'as pas voulu officialiser notre relation ! » protesta Sasuke, un brin mélancolique.
Hinata écarquilla les yeux. Alors… ils sont en couple ? Ceci expliquant cela, elle comprit la demande en mariage qu'elle avait interceptée dans les couloirs du lycée.
« Je sais… mais je ne voulais pas être la fiancée du Prince. Je voulais être moi ! Mais je n'aurai jamais imaginé que tu me remplacerais si vite… ! »
Tout était dit sur un ton de légèreté. Mais les propos étaient sérieux et graves. Ce contraste angoissait Hinata.
« Je ne t'ai pas remplacée… »
Ino jeta un regard noir à Sasuke.
« Tu vas te marier dans 6 heures ! Avec une parfaite inconnue en plus de cela ! »
C'est moi, l'inconnue ! s'offusqua Hinata.
« C'est un mariage arrangé ! Et tu le sais bien. »
« Tu vas passer toute ta vie avec elle, tu vas avoir des enfants avec elle… »
« Arrête avec tes idioties… » s'exclama Sasuke, excédé.
Silence.
Hinata commençait vraiment à se sentir mal à l'aise.
« … Sasuke… » laissa échapper Ino.
« Ne t'inquiète pas. Ca ne changera rien entre nous. C'est juste une cérémonie officielle, pour donner une certaine image de la royauté aux gens. Tu seras toujours la bienvenue ici, Ino. Personne ne t'ennuiera. »
Nouveau silence.
Hinata regarda entre deux poutres. Sasuke était toujours dans la même position. Droit sur ses pieds, le regard lointain. Mais Ino avait changé de position. Elle s'était agrippée au dos de Sasuke, enroulant ses bras autour de lui.
Hinata comprenait tout à présent. Elle comprenait la règle n°3 du contrat de mariage (cf. chapitre3). Elle comprenait que dans la dernière phrase, Sasuke entendait qu'elle ne l'ennuierait pas. Elle comprenait aussi le désarroi d'Ino : voir celui qu'elle aime en épouser une autre. Elle comprenait aussi que jamais elle n'aurait de place dans cette relation. Elle n'était que celle qui les séparait.
Elle sentit une boule lui nouer l'estomac, et une incontrôlable tristesse l'envahir. Elle comprenait aussi Ino.
S'asseyant en tailleur sur le sol froid, Hinata se dit qu'un instant de réflexion s'imposait.
Elle l'aime, visiblement. Mais à cause de moi, elle ne peut pas être avoir lui.
Comment peut-elle l'aimer ? O_o
Enfin, là n'est pas la question !
Elle n'aimait pas le rôle qu'on lui attribuait. Celui de la méchante ! Après tout, elle n'en voulait pas de ce mariage, elle non plus ! Hinata était une grande sentimentale. Elle y croyait… en l'Amour. Pourtant, tout ce qu'elle était, ou paraissait être à travers les discours des deux amants éperdus, s'opposait à cet idéal.
Après un dernier coup d'œil vers Sasuke, toujours impassible, puis vers Ino, effondrée, Hinata rentra dans sa chambre en rampant, afin de ne pas être découverte.
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La chaleur de la chambre contrastait avec la fraicheur du soir.
C'était un endroit cosy, très confortable. En d'autres circonstances, Hinata se serait sans doute attardée à regarder autour d'elle, ou encore se serrait jetée dans les draps moelleux.
Mais ce soir-là, la situation était grave.
Il faut que je sorte de ce Palais !... pendant qu'il en est encore temps…
La jeune Hyuuga se mit sur ses jambes et sortit de sa chambre.
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Bien évidemment, les couloirs n'étaient pas vides. Chacun était gardé par plusieurs gardes alertes et armés.
Mais voilà, Hinata fut agréablement surprise de constater qu'ils n'étaient pas là pour l'embêter, elle, la future princesse héritière. Au contraire, c'était comme s'ils ne la voyaient pas. Cela ne l'empêcha pas pour autant de raser les murs, crispée et tremblotante.
Enfin, après avoir tourné dans l'immense Palais pendant trois quart d'heure, Hinata trouva enfin la sortie, qui n'était en fait qu'à deux minutes de sa chambre.
Impossible de sortir par la porte principale !
Elle décida alors de passer par le jardin arrière.
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Comme tout ce qui touchait à ce Palais (humain comme chose), le jardin arrière était splendide : un jardin japonais dans toute sa splendeur. Reproduction de la nature en miniature, symbolisme, capture des paysages.
Mais Hinata ne s'attarda pas non plus sur cela. Elle se dirigea vers la muraille qui entourait le jardin et donnait sur le monde extérieur. Elle était bien trop haute.
Arf… comment je vais faire ?
Hinata regarda autour d'elle, à la recherche d'une issue. Dans un élan de désespoir et de déraison, la jeune fille monta au grand chêne situé derrière elle, et dont les branches enjambaient la muraille.
Rassemblant son reste de courage et de détermination, Hinata entama son ascension assez aisément. Son poids plume lui permis de grimper même sur les branches qui ne paraissaient pas solides. En moins de deux, elle se retrouva au sommet du chêne, suspendue au dessus du vide.
Elle avança d'un mètre : la branche n'était pas si solide que ça finalement ! Elle commençait déjà à ployer.
Hinata retint sa respiration, et se crispa un peu plus sur le bout de bois qui la rattachait à la vie.
Okaaaasan… je vais mourir comme ça ?
Hinata s'imagina étendue sur le sol, comme une crêpe qu'on aurait fait tomber par terre. Kōgō allait lui en vouloir, de gâcher ainsi son beau gazon ! … et Sasuke ? Au moins, ses problèmes seraient réglés ! Mais il ne s'en tirerait pas aussi facilement ! Elle viendrait le hanter tous les soirs, tous les jours de sa vie ! Ce sera sa vengeance.
Elle entendit un craquement à la base de la branche sur laquelle elle était agrippée.
Pas assez courageuse pour regarder la mort en face, elle ferma les yeux.
Otousaaaan !
« ATTENTION ! » hurla quelqu'un.
La branche céda, précipitant Hinata dans le vide. Elle chercha un moyen de se raccrocher à l'arbre : elle loupa une branche, puis une autre. Le feuillage ralentissait sa chute, mais ne parvenait pas à la stopper.
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Le corps d'Hinata tomba lourdement aux pieds du chêne. Mais quelque chose avait amorti sa chute.
« Aouch… » gémit-elle.
« Est-ce que ça va ? »
Hinata ouvrit les yeux grands.
Je suis en vie ?
La joie qu'elle ressentait masquait sa douleur. Elle sera surement couverte de bleus le lendemain, mais elle s'en fichait éperdument : elle était en vie ! Cependant, elle n'arrivait pas à se redresser, toujours allongées, face au sol, le visage enfoui dans le gazon fraichement coupé.
« Est-ce que ça va ? » répéta quelqu'un près d'elle.
Hinata fronça les sourcils, sentant le sol bouger sous elle.
J'ai du me cogner la tête…
Elle releva le visage, et voulut se redresser. Mais en voulant s'appuyer sur le sol, elle le sentit mou sous ses mains. Un gémissement s'en suivit.
Paniquée, Hinata se propulsa en arrière, les yeux écarquillés de terreur.
« Qui… qui êtes-vous ? » bégaya-t-elle.
Quelqu'un gisait au sol, à l'endroit exact où elle se trouvait, quelques secondes plus tôt. La personne se redressa.
C'était un garçon. Il se mit assis, et appuya son dos sur le tronc du chêne.
Ces cheveux blonds cendrés, ce beau visage, doux et hâlé. Ces grands yeux bleus… Je l'ai déjà vu quelque part…
« Décidemment ! Nos rencontres sont toujours mouvementées ! » s'exclama-t-il, un sourire aux lèvres.
Hinata cherchait dans sa mémoire le nom associé à ce jeune homme, mais ne trouvait pas.
S'en rendant compte, il la devança.
« Naruto Uzumaki. Tu m'as bousculé avant-hier dans les escaliers du lycée. »
Aaaarf.
« Ah oui ! C'est vrai ! » s'écria Hinata, contente d'avoir résolu ce casse-tête.
Ses joues s'empourprèrent. Pourquoi était-elle si gaffeuse ?
« A peine arrivée et tu essaye déjà de t'enfuir ? » se moqua Naruto.
Hinata baissa la tête, honteuse.
Naruto esquissa un sourire attendri. Cette bouille d'enfant, ses grands yeux, cet air fragile… elle était vraiment attendrissante.
Voyant qu'elle était affectée, le jeune-homme décida d'arrêter les plaisanteries.
« Comment tu t'appelles ? » demanda-t-il, d'une voix rassurante.
Hinata releva la tête, surprise.
« La dernière fois, » poursuivit-il, « t'étais tellement préoccupée par Sasuke que tu ne t'ai pas présentée. »
La simple évocation de ce nom fit frémir Hinata. Son irritation reprit de plus belle.
« Oh… je m'appelle Hinata Hyuuga. » bougonna-t-elle. « Mais je ne suis pas préoccupée par Sasuke. Pas du tout même ! Au contraire ! Il m'exaspère…»
Naruto sourit à nouveau. Il fixait Hinata de ses grands yeux bleus, qui exerçaient sur elle une force d'attraction étonnante. Elle ne pouvait pas s'empêcher de les regarder, tant ils étaient doux.
« Ne t'inquiète pas. » lui dit-elle, après un instant de silence. « Même s'il peut paraître froid, Sasuke n'est pas méchant. Il est même très attachant. »
Hinata ne sut pas quoi répondre, surprise par tant de perspicacité.
« Hum ! Il ne m'a pas encore montré cette face de sa personnalité ! » rétorqua-t-elle.
Naruto étouffa un rire.
« Attention ! Tu parles de ton futur époux ! Le prince héritier ! » dit-il, faussement sérieux.
« Ts. Ça aussi c'est une grande blague ! Ni lui, ni moi n'en avons envie ! Et puis… je ne suis pas pour les ménages à trois ! »
« Ménage à trois ? » s'étonna Naruto.
Hinata se tut, se flagellant mentalement. Elle était bien trop loquace !
« Heum, non rien. »
Naruto la regardait maintenant avec tristesse et compassion. Elle avait l'air vraiment affectée, mais ne voulait pas le montrer.
« Un jour ou l'autre vous finirez par vous aimer. » lança Naruto, sérieux.
Hinata le regarda comme s'il avait dit une grossièreté, ce qui l'amusa davantage. Son regard exprimait à la fois la stupéfaction et le dégoût.
Se disant que contester en bégayant n'arrangerait en rien la situation, Hinata décida de changer de sujet.
« Mais… parlons un peu de toi ! » s'exclama-t-elle. « Qu'est ce que tu fais ici, déjà ? Tu travailles ici ? »
Le visage de Naruto devint plus sérieux. Il fronça les sourcils, comme quelqu'un qui réfléchit intensément.
« Ah ! C'est une très longue histoire ! » souffla-t-il. « Mais disons que le Palais est une deuxième maison pour moi ! »
« C'est-à-dire ? » demanda Hinata, poussée par sa curiosité.
« Ma mère travaillait au service du Tennō. J'ai grandi ici, avec elle. Le Tennō a été très bon avec nous… » Ses traits se durcirent. « Mais ma mère est morte y a quelques temps… d'une longue maladie. »
Ok… je me sens mal…
« Oh… je suis désolée. » lui dit Hinata, la tête basse.
Naruto sourit, décontracté.
« C'est pas toi qui la tuée ! » il rit un peu devant la gêne d'Hinata, puis poursuivit. « Elle était ma seule famille. Alors, le Tennō m'a permis de rester vivre au Palais, dans la maison, là-bas ! »
Il désigna de l'index une « petite » maison, qui faisait quatre fois celle d'Hinata, au fond du jardin japonais. Elle avait un style traditionnel japonais, qui collait parfaitement avec le cadre.
« Oh… c'est très gentil de sa part. » marmonna Hinata.
Elle aurait bien voulu lui demander où était son père, mais elle n'osa pas, de peur qu'il soit décédé lui aussi. Elle avait déjà réveillé de vieilles douleurs dans le cœur du pauvre garçon, et ne voulait pas réitéré son erreur.
« Je n'ai jamais connu mon père. Je ne sais pas qui il est, ni où il est. » lança Naruto.
Hinata écarquilla les yeux. Il lit dans mes pensées ?
« Oh… »
Naruto la regardait, rieur. Le clair de lune formait un halo autour de lui, mettant en valeur ses cheveux blonds ébouriffés. Ses yeux ressemblaient à deux croissants de lune.
Son sourire illuminait tellement qu'Hinata se mit à sourire elle aussi. Elle se rendit compte que cela ne lui été pas arrivé depuis longtemps.
Tout était si calme autour d'eux.
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« Bon, tu devrais y aller maintenant. » soupira Naruto. « Demain sera une longue journée pour toi. Très longue et très éprouvante ! Tu dois te reposer. »
Hinata eut un pincement au cœur. Elle aurait aimé rester là, parler avec Naruto tout le reste de la nuit. C'était si apaisant, si agréable. Elle ne s'en était pas rendu compte, mais la simple présence du jeune homme avait chassé toutes ses craintes.
« Oui, tu as raison. » admit-elle à contrecœur.
Elle se leva, imitée par Naruto.
Les deux jeunes gens restèrent ainsi pendant quelques secondes, debout face à face, pas encore décidé à se séparer.
Hinata était mal à l'aise maintenant, mais ne savait pas pourquoi. Elle décida d'abréger le rendez-vous.
« Bon, j'y vais. » grommela-t-elle.
Elle se tourna et marcha jusqu'à la baie vitrée et débouchait sur le Palais. Puis soudainement, elle s'arrêta.
« Naruto, tu seras là demain ? » demanda-t-elle, incertaine.
Elle ne se retourna pas pour voir la réaction du jeune homme.
Ainsi, elle ne vit pas son sourire attendri.
« Oui, je serai là. »
Hinata poussa un soupire de soulagement à peine perceptible.
« Ok. C'est… bien. »
Et elle s'engouffra dans le palais.
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Le matin arriva plus vite que prévu.
Dans la mesure où Hinata ne s'était endormie qu'à 4heures du matin, cela n'avait rien de surprenant.
Ce qui la surprit, en revanche, fut t'entendre quelqu'un entrer dans sa chambre aux alentours de 6heures.
« Hinata-sama ! Il est temps de vous lever ! »
Elle ne reconnut pas cette voix qui l'extirpait de ses rêves : Mlle Asou.
« Mmhh… encore une seconde papa… » marmonna-t-elle de sa voix enrouée.
Mlle Asou poussa un soupire d'exaspération. Elle savait qu'elle n'en avait pas le droit, mais elle décida de bousculer la jeune endormie.
« Hinata-sama ! Réveillez-vous !» répéta-t-elle. « Nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous ! »
Devant tant de remontrances matinales, Hinata ouvrit les yeux. Elle se redressa, les traits encore déformés par le sommeil, les cheveux désordonnés.
Elle ne reconnaissait pas sa chambre.
« Où suis-je ? » demanda-t-elle d'une faible voix.
« Vous êtes au Palais Impérial, mademoiselle ! » l'enquit Mlle Asou, au bord de la crise de nerfs. « Et dans moins de deux heures, vous serez officiellement la Princesse héritière de l'Empire du Soleil Levant ! »
Arf… alors tout ça était bien réel…
Pendant la nuit, Hinata avait rêvé que tout était comme avant. Elle avait vu Lee et Sakura au lycée, s'était disputé encore une fois avec le groupe des 4. Elle était arrivée en retard, alors avait dû se faire fessée en public par Mme Utatane… Mh, elle aurait tout donné pour une autre fessée, si cela pouvait lui permettre d'échapper à cette journée.
« Entrez ! » ordonna Mlle Asou.
Instantanément, une armada de femme de service entra dans la chambre, toutes vêtues de la même manière, et affichant la même détermination.
A moitié nue, Hinata eut juste le temps de s'envelopper dans un drap. Inutile de préciser que son extrême pudicité allait en prendre un coup.
« Mesdemoiselles ! commença Asou. « Dans exactement 1heures et 27 minutes, la future Princesse devra être prête. Par prête, j'entends lavée, habillée, coiffée, maquillée, et en route pour le Temple ! Alors, à mon signal : COMMENCEZ ! »
Le top départ lancé, Hinata vit se jeter sur elle l'armada de servante en furie. Effrayée, elle ferma les yeux et poussa un cri.
Quand elle les rouvrit, elle était déjà dans un bain à bulle.
Ca aurait pu être agréable, si trois servantes n'étaient pas penchées sur elle à lui astiquer le corps, comme on astique une voiture, avec de grosses éponges.
« Aïe ! » laissa échapper Hinata.
« Il faut enlever les peaux mortes ! » expliqua une des servantes, amusée.
Hinata prit une moue boudeuse. Mais avant qu'elle n'ait eu le temps de rétorquer, on la soulevait pour la plonger dans un nouveau bain.
Celui-ci était plus agréable. Il se dégageait de l'eau une forte odeur, très agréable. C'était un bain d'huiles parfumées.
Les servantes avaient remplacé leurs éponges rugueuses par des gants de soie, très doux. Hinata se détendit.
« Votre peau sera douce et parfumée… »
Elle sourit à la servante. Finalement, c'était pas si désagréable d'être chouchoutée. C'était si agréable qu'Hinata commença à somnoler. Sa nuit avait été courte, alors les effluves de parfum dans ses narines, plus les mains des servantes qui la massaient, avaient autant d'effet qu'un somnifère.
Mais là aussi, le repos fut de courte durée. Déjà au bout de dix minutes, on venait l'extirper de son bain.
Une servante l'accueillit dans une serviette de bain, elle aussi très douce, essuyant son corps tandis qu'une autre se chargeait de ses cheveux. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Hinata fut sèche de la tête aux pieds.
« Levez les bras, s'il vous plait. » entendit-elle.
Sans distinguer qui lui parlait au milieu de la foule de servantes identiques, Hinata s'exécuta.
Un amas de tissu s'abattit sur elle, l'englobant entièrement. Qu'est ce qui se passe ? Elle sentait des mains la tripotait, tirer le tissu, le retrousser.
« J'étouffe… » s'exclama Hinata au milieu du tissu.
Levant la tête, elle aperçu une issue étroite dans laquelle faufiler sa tête. Avec difficulté, elle réussit à faire sortir sa tête par le trou étroit, et respira enfin. Elle se regarda dans le grand miroir de pied situé devant elle et eut la surprise de constater qu'elle était vêtue d'un magnifique kimono blanc. Les manches étaient longues, comme le voulait la tradition shinto. Il était aussi très serré, mais la finesse des tissus de qualité faisait qu'il n'était pas trop lourd à porter.
Il est magnifique…
Finalement, elle l'avait, son shiro-muku (kimono blanc de la mariée symbolisant sa pureté et sa volonté de s'adapter à sa belle-famille). De nouveau, on entraina Hinata de force, pour la faire asseoir sur une chaise. Deux servantes l'entourèrent, et commencèrent à manipuler se cheveux dans tous les sens : les peigner, les tirer, les brosser, les lisser, les attacher… tout ça en même temps !
Quinze minutes après, l'une d'elle posa quelque chose de lourd sur sa tête (tsuno kakushi), en esquissant un sourire satisfait.
Le troupeau de servantes vint de positionner devant elle, Mlle Asou en tête, et se mit à l'observer avec un air satisfait et attendri.
« Ca y'est, elle est prête ! » s'exclama Mlle. Asou. « Bravo les filles ! »
Et elles applaudirent, devant une Hinata plus que jamais mal à l'aise.
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La cérémonie religieuse fut la première angoisse d'Hinata.
Elle n'avait pas encore vu Sasuke, et se demandait bien qu'elle serait sa réaction en le voyant. Pour l'instant, tout ressemblait à un rêve éveillé, mais elle en était certaine, une fois qu'elle l'aurait vu, tout tournerait au cauchemar !
La voiture impériale dans laquelle elle se trouvait s'arrêta devant lesanctuaire Kanda-myôjin, fermé au public pour l'occasion. C'était vraiment un sanctuaire magnifique, le plus beau de Tokyo, et aussi le plus ancien.
Hinata hésita un instant avant de descendre : non seulement elle était mal à l'aise dans sa tenue, et ne pouvant pas faire de mouvement trop ample dans être aidée, mais aussi parce qu'elle commençait à entendre des bruits d'agitation à l'extérieur.
Ses mains devinrent moites. Arrrgh.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » demanda-t-elle au conducteur.
Celui-ci esquissa un sourire amusé en voyant le regard terrifié d'Hinata.
« Le peuple est venu vous saluer, Princesse ! » répondit-il dans un rire.
Hinata s'appuya contre son siège. Ca y'est, maintenant je panique !
Au même moment, une voiture vint se garer devant l'entrée du sanctuaire, juste derrière la sienne. Les deux voitures étaient identiques.
Hinata se retourna pour voir de qui il s'agissait.
Quelqu'un sortit de la voiture. Les cris de la foule et les acclamations hystériques s'en suivirent. C'était comme un ras de marée de hurlement.
Bien qu'elle ne put voir qu'une silhouette s'approcher de sa voiture à cause des vitres teintées, au bruit des hurlements, Hinata n'eut pas de mal à savoir de qui il s'agissait.
Elle se remit correctement sur son siège.
Quelqu'un, qu'elle ne vit pas, ouvrit sa portière. Elle retint son souffle.
Une autre personne lui présenta une main accueillante. Après avoir essuyé discrètement ses mains moites sur le siège arrière, Hinata la saisit, et sortit de la voiture.
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Et là, elle crut devenir sourde. Mais sourde à cause du trop plein de bruit. Les hurlements de la foule s'accentuèrent un peu plus, ainsi que les manifestations de joies. Les acclamations ressemblaient à des pétards qui éclataient. D'ailleurs, des pétards éclataient dans les rues, des fanfares jouaient un air enjoué, presque couvertes par les voix de la foule.
En haut, des hélicoptères de presse planaient, rajoutant au bruit humain celui de leurs hélices.
Hinata tourna la tête. Derrière les barrières de forces de l'ordre, une foule immense attendait.
Les rues étaient noires de monde, à perte de vue. Certaines personnes brandissaient des panneaux « On t'aime Sasuke ! » « Félicitations ! » « On vous aime ! » qui firent sourire Hinata. D'autres étaient moins gentils : « Sasuke ! Epouse-moi à sa place ! » Mouarf…
« Concentre-toi ! » lui somma quelqu'un à ses côtés.
Hinata se tourna.
C'était Sasuke.
Si ce n'était par ses yeux en amande si singuliers, Hinata n'aurait pas su le reconnaître. Il était encore plus beau que d'accoutumé.
Ses cheveux bruns étaient tirés en arrière, attachés, dévoilant un peu plus son visage. Lui aussi était parfait : parfaitement dessiné, sans aucune impureté. Son nez était parfaitement fin, légèrement retroussé. Ses yeux étaient parfaitement surlignés de noir, ses cils parfaitement longs, son regard parfaitement et intensément noir. Ses sourcils, eux aussi étaient parfaits ! Ils formaient une courbe bien dessinée au-dessus de ses yeux. Ses joues, ses deux fossettes qui n'apparaissaient que quand il souriait (et il souriait ! en coin, certes, mais c'était un sourire !) Il portait le kimono traditionnel du marié, bleu nuit, qui lui allait comme un gant. Une odeur de fleur émanait de son corps, et Hinata s'en amusa. Il a dû avoir droit au bain lui aussi !
« On y va ! » hurla quelqu'un.
Et ils se mirent en marche.
Hinata cessa de contempler le jeune prince, pour regarder autour d'elle. Elle ne l'avait pas remarqué, mais une vingtaine de garde du corps les entouraient, tous en alerte. Alors, elle se figea, paniquée.
« Princesse ! Avancez s'il vous plait ! » lui hurla un garde du corps.
Mais elle était dans l'incapacité de bouger, tétanisée par la peur.
Sasuke s'en aperçut. Il avait déjà fait deux pas en avant, et dû se tourner pour la voir. Elle tremblait comme une feuille, les bras le long du corps et les poings serrés. Il avait failli ne pas la reconnaitre, lui non plus. Son kimono blanc immaculé était splendide, et soulignait la blancheur de sa peau. Ses joues étaient rosées, ainsi que ses lèvres. Ses grands yeux, ses cheveux, cachés par le tsuno kakushi… elle ressemblait à une poupée.
Le jeune prince fit deux pas en arrière, pour la rejoindre. Il lui saisit la main, et la serra doucement pour la faire réagir.
Hinata leva la tête, surprise. Le bruit des hurlements ne permettait pas de s'entendre sans hurler. Ne voulant pas faire cet effort, Sasuke se pencha sur Hinata, et lui chuchota à l'oreille.
« Ne lâche pas ma main. Si tu oublies ce que tu dois faire, regarde-moi. N'oublies pas qu'il ya des caméras partout. Alors, pas de gaffe ! »
Et il l'entraina avec lui.
Hinata fit comme il l'avait dit, et le regardait. Il souriait Mais pas comme toujours, pas en coin. Il souriait franchement. Un peu hésitante, Hinata l'imita, et esquissa un large sourire. Pour qui ne connaissait pas les dessous de cette affaire, ils avaient vraiment l'air d'un couple heureux !
« Waou ! Qu'ils sont beaux ! »
« Je t'aime Sasuke-sama ! »
« Vive le Prince et la Princesse ! »
Sous les acclamations de la foule, ils avancèrent tous deux, main dans la main, rompant avec la tradition, qui voulait qu'il n'y ait pas de contact entre les deux futurs époux, et pénétrèrent dans le sanctuaire.
Les journalistes du monde entier étaient là pour couvrir cet événement historique :
« Ca y'est ! Les mariés entre dans le sanctuaire ! La cérémonie est dirigée par le prêtre shinto le plus reconnu du pays ! Il sera assisté par deux miko d'expérience et procédera à la purification des époux ! »
« El momento más importante de la ceremonia ! La pareja intercambió nupcial tazas de sake, llamado san-san-do-ku »
« Περπατούν ... »
Etc. Ca fusait dans tous les sens !
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Dans la foule, compressés sur les barrières de sécurité, Lee et Sakura attendaient le retour de leur amie.
Sakura tenait un écriteau dans ses mains : « On est là, Hinata ! (Lee et Saku !), mais était déçue que leur amie ne les ai pas vu.
« C'est normal qu'elle ne nous ai pas vu, Saku ! T'as vu ce monde ? »
« Non ! Elle aurait au moins pu nous faire passer la barrière ! Elle me doit bien ça ! Elle épouse mon Prince ! » se lamentait Sakura.
Lee poussa un soupire d'exaspération.
« Il n'a jamais été ton prince ! Et même si ça avait été le cas, il est marié avec Hinata maintenant ! »
A ces mots, Sakura éclata en sanglot.
« Pourquoiii ? La vie est-elle toujours aussi vache avec moiiii ? »
Lee voulut la reprendre, mais renonça à cette idée, voyant qu'autour d'eux, toutes les filles pleuraient de la sorte. Toutes se lamentaient de ne pas avoir été choisies par le Prince Sasuke pour devenir la Princesse impériale… à la place d'Hinata.
Mh. Elles sont toutes si pathétiques ! Mignonnes, mais pathétiques. Se dit-il.
Et, préférant les ignorer, il se concentra sur l'entrée du sanctuaire. Au bout de quelques minutes, il s'écria :
« Ils reviennent ! »
Tous les yeux se fixèrent à nouveau sur Hinata et Sasuke, qui sortaient du temple.
Toutes les filles, Sakura à leur tête, se remirent d'aplomb et reprirent leurs hurlements hystériques habituels.
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Malgré les efforts de ses amis, Hinata ne les vit pas dans la foule.
On l'aida à monter dans une grosse berline blanche aux couleurs de l'Empire, au toit ouvrant. Sasuke monta à côté d'elle.
« C'est bien. » souffla-t-il. « J'avais cru que tu auras tout fait capoter, mais tu t'en es bien sortie… »
Hinata le regarda, mitigée. Etait-ce un compliment ? Un peu bizarre, certes, mais venant de Sasuke… Je réponds ? Je le remercie ? Les deux en même temps ?
La jeune fille ouvrit la bouche pour répondre, sentant ses joues s'empourprer.
« C'est pas un compliment. » précisa Sasuke.
Hinata grimaça. Elle préféra ne pas répondre à cette provocation, pour la simple raison, qu'elle ne savait pas quoi répondre. Elle n'avait jamais eu de répartie.
Sasuke s'amusa de son air vexé, puis ouvrit le toit ouvrant de la berline. Il se hissa et passa la moitié de son corps hors de la voiture.
« Votre Majesté ! Pas encore ! » le reprit un garde du corps.
Mais Sasuke n'en fit rien. Au contraire, il tendit une main à Hinata, un sourire malin aux lèvres.
« Dépêche-toi ! » lui dit-il, sans tenir compte des remontrances.
Comment résister ? Hinata saisit la main de son tout –juste époux, et se hissa à son tour par le toit ouvrant.
En les voyant côte à côte, la foule déjà en délire, devint hystérique.
La voiture se mit en marche pour entamer le défilé nuptial dans les rues de la ville.
Hinata était crispée, impressionnée par tant de monde. Les rues et ruelles étaient noires de monde. Il y avait des gens partout, à perte de vue. Certains étaient même montés sur des arbres pour mieux voir.
Les journalistes essayaient de prendre des photos, mais la foule les oppressait, eux aussi.
L'atmosphère était électrique, euphorique. On entendait des cris, des pétarades, des sifflets, des chants de chorale… tout ça mélangé !
Hinata avait l'impression d'être dans un rêve, si ce n'était son kimono qui la serrait affreusement. Elle regardait autour d'elle, hébétée. Puis, elle posa les yeux sur Sasuke. Il se tenait là, tout près d'elle, et saluait la foule en délire avec un professionnalisme à toute épreuve.
La jeune Hyuuga se souvint de ses paroles, ou plutôt de ses menaces, et décida de l'imiter.
« Regardez, mesdames et messieurs ! Le couple princier salue la foule ! »
« C'est extraordinaire ! »
« Ils sont si beau ! »
« Cette histoire est digne d'un conte de fée ! »
C'était incroyable. Les gens étaient agglutinés contre les barrières de sécurité, comme pour un concert. Aux fenêtres, d'autres faisaient onduler le drapeau de l'Empire.
Finalement, l'euphorie générale commença à gagner Hinata. C'était une sensation étrange, comme un feu d'artifice.
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La cérémonie eut lieu au Palais Impérial, comme le voulait la coutume. Seuls étaient autorisés à entrer ceux figurant sur une liste secrète, validée par l'Empereur lui-même.
Cachée derrière un rideau, Hinata observait les invités qui entraient. Elle savait qu'elle reverrait son père, Hanabi, ainsi que Sakura et Lee, et trépignait d'impatience à cette idée. Elle avait enfin quitté son kimono blanc, pour un kimono plus léger, fleuri, tout aussi splendide.
« Votre Altesse ! On vous cherche depuis dix minutes ! » gronda Mlle Asou.
Hinata se retourna avec précipitation et fit face à son protocole.
« Oh je… »
« Ca va être à vous ! »
Et, sans plus de cérémonie, Mlle Asou l'entraina vers la salle de réception.
Sasuke était déjà là, changé lui aussi : costume trois pièces blanc cassé, col mao pour la veste, chemise et gros nœud de cravate, blanc cassé elle aussi, mais avec des motifs doré. A cet instant-là, Hinara aurait bien voulu être un garçon, juste pour pouvoir paraître aussi cool et élégant.
Il était légèrement penché en avant, et regardait ce qui se passait de l'autre côté, grâce à une entrouverture.
Hinata s'approcha pour regarder, elle aussi : le Tennō était sur une estrade, aménagée pour l'occasion. Hinata réalisa qu'elle le voyait pour la première fois depuis son arrivée au Palais. Il était grand et athlétique, tout comme son fils. D'ailleurs, ils se ressemblaient énormément, tant par leur beauté que par leur charisme. Majestueux était le mot qui le définissait.
A côté de lui, se tenait Kōgō Keikā, magnifique elle aussi.
Le Tennō prit place derrière un magnifique pupitre, sur lequel était positionné un micro.
Toute la salle fit silence.
Quel charisme ! s'étonnait Hinata. Si seulement je pouvais en avoir le quart…
« Nous vous remercions d'avoir répondu favorablement à cette invitation. C'est un honneur pour l'Empire que de pouvoir célébrer le mariage du Prince Héritier Sasuke, et de la toute nouvelle princesse héritière, Hinata Hyuuga. Et sans plus vous faire attendre, je vous prie de les accueillir comme il se doit. »
« Levez-vous, s'il vous plait ! » commanda un protocole.
Sasuke se redressa, et saisit la main d'Hinata et l'obligea à tenir son bras. Celle-ci voulut s'en défaire, mais il l'en empêcha.
« Il faut qu'on paraisse proches. »
Et, après le signal de Mr. Hiagui, ils passèrent le lourd rideau et firent leur entrée sur scène sous les acclamations.
Le nombre des convives, bien que contrôlé, était important. Cependant, en comparaison avec la foule qu'ils avaient dû affronter des les rues, la petite centaine d'invité paraissait négligeable.
Hinata réussit même à paraître décontractée, au bras de Sasuke, toujours aussi professionnel. Il souriait aux convives, faisant ainsi apparaître ses deux fossettes, pièces maîtresses de son charme incontesté et incontestable.
Sasuke s'arrêta au centre de l'estrade, près du Tennō, et le salua en s'inclinant. Hinata l'imita. Puis, il se tourna vers les convives, et les salua de la même manière.
Les acclamations n'avaient pas cessées. En fait, Hinata avait l'impression d'avoir été acclamée toute la journée.
Souris, Hinata ! s'encourageait-elle.
Les forces commençaient à lui manquer, ses mandibules lui faisaient mal à force de sourire crispé. En voyant tous ses yeux braqués sur elle, sa confiance en prit un coup. Mais, suspendue au bras de Sasuke, elle se sentit… rassurée. Elle le regardait : son visage, son air froid qui la glaçait habituellement, avait là quelque chose de sécurisant.
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On les avait assis sur deux trônes, dans un coin de l'estrade, entourés des deux souverains.
Hinata était mal à l'aise, si proche de Kōgō et du Tennō. Sans parler de tous les gens qui défilaient devant eux pour les saluer, leur offrir des biens de toute sorte.
Mais son visage s'illumina en voyant approcher… ceux qu'elle aimait. Son père, Hanabi, et ses deux amis Lee et Sakura. En d'autres lieu et circonstances, elle se serait levée et les aurait tous serrés dans ses bras ! Si fort qu'ils n'auraient pas pu s'en détâcher…
« Otousan ! » dit-elle, à peine un peu fort.
Hiachi, très élégant dans son costume gris, s'approcha de sa fille et la prit dans ses bras. Il n'était pas du genre à se laissé influencer par de stupides règles de bienséances. Sa fille lui manquait. Sa fille… qu'elle soit princesse ou lycéenne. Sa fille.
« Tu es très belle. » lui dit-il à l'oreille. « Tu ressemble à ta mère. »
« Merci… » réussit-elle à dire, au bord des larmes.
Ils seraient bien restés ainsi toute la vie, si Hanabi ne s'était pas interposée. Elle écarta son père, et resta là, bouche bée, devant sa sœur ainée.
« Wouah ! » s'exclama-t-elle. « Magnifique ! Tu es… magnifique Hinata ! »
« Elle a raison ! » renchérit Lee, les yeux grands ouverts. « Tu es super-sexy Hinata ! »
Sakura lui donna une tape sur la tête.
« Hey ! C'est plus Hinata, maintenant ! Tu ne peux plus lui parler comme ça ! » le gronda-t-elle.
« Non. Si ! » bégaya Hinata. « Je suis toujours Hinata… vous pouvez me parler… comme avant, hum ? »
Silence gêné. Tous regardèrent le Tennō, puis, Kōgō, mais ils regardaient ailleurs. Ils acquiescèrent d'un hochement de tête.
Hinata esquissa un sourire satisfait, mais fut rapidement troublée par Sakura, qui trépignait devant elle.
« Qu'est ce qu'il t'arrive, Saku ? » lui demanda-t-elle.
« Tu… ne nous présente pas ton époux ? Kyyaah ! »
Hinata regarda Sasuke. Il regardait au loin, l'air agacé.
Elle lui tapota l'épaule, hésitante.
« Mh ? »
Elle avait peur de ce qui allait se passer. Elle ne le connaissait pas. Mais ce qu'elle connaissait de lui n'était qu'orgueil, arrogance et mépris. Même son sourire était terrifiant !
« Heu… Sasuke ? » réussit-t-elle à articuler. « Je voudrais te présenter quelques personnes… »
Il se tourna pour lui faire face. Elle se figea. Il transpirait l'ennui et l'agacement. Ses yeux noirs commençaient à rougir sous l'effet de la fatigue et de la lassitude.
Oh, mon Dieu, aidez-moi ! Elle craignait qu'il ne se venge sur eux. Après tout… il était le Prince héritier ! Ses parents n'étaient pas attentifs… Mr Hiagui était trop loin pour l'entendre… Qui pouvait l'empêcher de…
« Enchanté de vous rencontrer, Otousan. »
Otousan ?
Avant même qu'elle ne s'en rendit compte, Sasuke s'était redressé, et avait tendu une main chaleureuse à son père. Hiachi la saisit.
« Enchanté de vous rencontrer, votre Altesse. » répondit-il. « C'est un honneur pour nous de vous accueillir dans la famille ! »
Hinata le voyait : il était ravi ! Son sourire illuminait, ses yeux brillaient… un peu plus et il gloussait, comme Sakura à côté de lui.
Sasuke souriait franchement. Il avait (presque) l'air sincère.
A contrecœur, Hiachi lâcha la main de Sasuke, pour laisser la place à Hanabi qui était à deux doigts de s'évanouir.
« Je… je…je… »
Nooon ! Et si ! Les craintes d'Hinata se concrétisèrent. Hanabi défaillit devant Sasuke, qui dû appeler Mr. Hiagui pour la faire asseoir à l'écart.
Lee s'approcha ensuite. Il gonfla la poitrine, l'air sur de lui, mais ne leurra personne. Il tendit une main ferme à Sasuke, qui la saisit.
« Rock Lee ! Je suis le meilleur ami de Hinata ! Alors… je suis un peu son frère ! Alors, puisque vous êtes mariés, on est frères nous aussi ! N'est ce pas ? »
Il n'eut pas le temps de répondre, car Sakura envoya valdinguer le jeune Lee à plusieurs mètres de là.
Elle était terrifiante : les yeux écarquillés, l'air béat, la bouche ouverte et un filet de bave sur le coin des lèvres.
Mais même avec elle, Sasuke fut charmant. Il ne l'envoya pas paître, ni ne la méprisa du regard. Il jeta juste un regard noir à Hinata, qui vola à son secours.
« Papa ! Tu peux amener Sakura prendre l'air un peu ? Avec Hanabi ! Hein ? »
Son père, lui aussi était perturbé. Il y eut quelques secondes de battements avant que Hiachi ne put se détacher de Sasuke, puis il s'exécuta. Inséparable de sa belle, Lee le suivit de près.
Hinata regarda Sasuke. Il put lire la reconnaissance dans ses yeux, ainsi que la surprise.
Son regard le perturba, il détourna les yeux.
« T'as quelque chose à me dire ? »
« Heum… rien. »
Et elle baissa les yeux.
Sasuke se risqua à la regarder à son tour. Son manque d'assurance était évident. Elle ne fixait personne dans les yeux. On aurait dit une poupée fragile, une petite fille apeurée. Mais peut-être n'était-ce qu'une apparence… après tout, il ne la connaissait pas. Il ignorait tout d'elle. Pourtant elle était là, assise à ses côtés. Sa femme.
Il détourna les yeux. Cette idée lui était encore difficile à accepter. Bien plus, elle le révoltait.
« Vous êtes splendide, Votre Altesse ! »
Il reconnut cette voix.
Naruto était là, et faisait le baisemain à Hinata, juste sous ses yeux.
La jeune fille souriait de toutes ses dents. Elle rougissait comme une tomate, et riait bêtement. Sasuke ne put s'empêcher de grimacer.
« Arrête, Naruto. » le supplia Hinata. « Tu n'es pas obligé de me vouvoyer ! On est ami, non ? »
Naruto esquissa un sourire.
Ce sourire, Hinata l'avait attendu toute la journée. Franc, attendrissant, et apaisant. Elle se sentit soulagée.
« Toi aussi, tu es… très beau… » bredouilla la jeune princesse, gênée.
En effet, Naruto n'était pas en reste ! Ses cheveux blonds savamment peignés, sa veste de costume en velours noir, sa chemise blanche qui faisait ressortir son teint : il était agréable à la vue.
« Tu t'en es très bien sortie aujourd'hui ! » lui dit-il, en posant une de ses mains le sommet de son crâne.
Il la fixa dans les yeux, mais celle-ci détourna les yeux. Naruto s'amusa de la gêne d'Hinata, puis tourna les yeux, et vit le regard assassin de Sasuke.
Il retira sa main, et la tendit au jeune Prince.
Celui-ci la saisit, à contrecœur.
« Toutes mes félicitations ! Votre Altesse a une très belle épouse ! »
Sasuke le remercia de ce « compliment-provocation » par un silence.
Le sourire de Naruto se fit plus mesquin.
« Je n'ai pas vu Ino. Elle ne vient pas ? » demanda-t-il, un brin arrogant.
Hinata baissa la tête, mal à l'aise. Evidemment, les deux jeunes gens s'en rendirent compte. C'était la volonté de Naruto, mais pas celle de Sasuke.
« Aucune idée. »
La tension entre les deux jeunes gens arriva jusqu'à Hinata, qui sentit ses poils s'hérisser. Quelque chose les reliait, ou plutôt les opposait. Mais elle ignorait quoi. Elle voulait juste se cacher dans un trou, pour ne plus réapparaître qu'à la fin du duel.
La soirée pourtant, ne faisait que commencer…
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