Master and Slave

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, mais ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Note: J'ignore si je pourrai avoir un rythme de publication régulier, je m'en excuse d'avance. Je m'excuse également s'il y a un peu de OOC...

Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !

Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)

Je me suis amusée à faire régulièrement des petits clins d'œil au manga original, voir à d'autres mangas/films/séries. Si le cœur vous en dit, vous pouvez vous amusez à les chercher tout le long des chapitres.


J'ai cru comprendre que l'idée d'un "Sosuke-peluche" a énormément plu. Moi aussi, j'ai beaucoup aimé lui donner ce rôle!

Master & Slave à dépasser le cap des 1 000 vues (presque 1 100 à l'heure ou j'écris ces lignes) et des 40 reviews! J'en reviens toujours pas! Merci beaucoup!

Je vais augmenter le temps de parution, comprenez par là qu'au lieu de poster tous les samedi (comme avant) je posterai désormais toutes les semaines et demi (Mercredi/Dimanche donc). Merci de votre compréhension !


Je réponds à toutes les reviews, via le système de réponse aux reviews!
Je réponds toujours.

Les reviews anonymes:
Trinity07: Je crois qu'Aizen s'est juste fait à l'idée qu'Ichigo ne le lachera pas quoi qu'il dise ou fasse...
Et puis, et puis... Vive Isshin!

Lynn: Pas de soucis voyons! Le plus à plaindre mh... Oui c'est une bonne question. En tout cas je ne crois pas qu'Ichigo soit le plus heureux dans l'histoire.

Lolo: Merci pour tes compliments! Comme je l'ai dis en début de chapitre, je posterai toutes les semaines et demie (c'est précis hein?)


- Tu es impossible, tu le sais ça ? souffla-t-il.

Il ne reçut aucune réponse. Aizen avait fermé les yeux et l'ignorait. Tout simplement. Il attendait probablement qu'il se lasse et le laisse tranquille. Ou Peut-être s'était-il endormi ? Il n'insista pas, et garda cette position après avoir fermé à son tour les yeux.

Livre I – Un simple jeu

Chapitre 5

Les deux dernières semaines qui suivirent ne virent aucune amélioration… Ni aucune dégradation d'ailleurs. C'était une simple alternance entre joutes verbales ou physiques et moments de silence tels que celui-ci.
Comme Aizen avait pu le faire auparavant, Ichigo testait tout simplement ses limites, ses possibilités. Actuellement il semblait s'amuser à s'étaler plus ou moins sur lui, jusqu'à ce que, excédé, il le repousse violemment. Il s'était promis de se modérer. S'il voulait manipuler ce gamin, il devait s'en rapprocher. Mais c'était bien plus fort que lui, il réagissait immédiatement lorsque le jeune homme l'appelait par ce surnom stupide de « peluche ». Il exécrait ce sobriquet. Vraiment. Et Ichigo l'avait bien compris.

S'il n'avait pas eu la certitude que le père se tiendrait tranquille, peut être aurait-il été un peu plus… cynique ou « méchant » comme l'avait qualifié un jour une des deux gamines. Il avait retrouvé cette habitude de répondre franchement au plus jeune, jusqu'à ce que ses joues rougissent de colère ou de gêne. Le gosse était… mignon, dans ces moments là. Il pouvait se permettre de le railler sans avoir de réponse. Ça s'arrêtait là.
Il était plutôt gentil, non ? De son point de vu du moins.

Mais entre Isshin et Sosuke la guerre était ouvertement déclarée. Seule Masaki semblait s'en rendre réellement compte.

L'épisode de l'étranglement restait dans son esprit comme une marque faîte au fer rouge. Il s'était promis un retour de bâton un jour ou l'autre. Pour le moment il s'en méfiait comme la peste. Parce que… étrangement… il surgissait toujours de nulle part pour sauter sur son fils et entamer une bataille. Il fallait être aveugle (ou s'appeler Ichigo) pour ne pas remarquer qu'il venait toujours au bon moment. C'est-à-dire, lorsque son fils commençait à avoir des difficultés quand il s'agissait de lui tenir tête. Voir, n'y arrivait plus tout.
Ce gamin était attachant quelque part. Il ne marchait pas, il courrait. Et s'il lui promettait à chaque fois avec conviction de ne plus se faire avoir, il échouait. Seules quelques phrases lui étaient nécessaires pour le mettre à bout. Il s'amusait souvent à lui avouer qu'il arrivait à battre son record dans cette discipline.

Comme aujourd'hui, où d'une discussion banale (qu'il avait déjà oubliée en réalité), il en était venu à se moquer de la pudeur du jeune homme sur certains sujets. Face aux sous entendus, ce dernier était devenu d'un joli rouge écrevisse qui l'avait fait rire. De bon cœur même. L'exploit était à souligner, ça ne lui arrivait pas très souvent.
Devant le silence mortifié qui lui avait répondu, le rire avait amplifié. Et il était intervenu. Ichigo n'avait véritablement réagi que devant l'insistance d'Isshin, plus agacé qu'autre chose, et lui… avait tourné les talons, agacé, pour s'éloigner de cette scène grotesque.

Oh, il ne restait jamais seul bien longtemps. Pour preuve, quelques minutes plus tard, Ichigo le rejoignait en essayant d'adopter un air détaché.

- On devrait aller préparer nos affaires…
- … Pour ?
- Je fais ma rentrée la semaine prochaine, alors… je vais rejoindre mon appartement. Enfin… Nous.
- Et tu comptais me prévenir quand ?

L'adolescent se gratta la joue, grommelant un « oui bon, c'est de ta faute aussi » avant de tourner les talons pour finir de boucler ses propres sacs. Si Sosuke était en colère en apparence, tout cela l'arrangeait bien, dans le fond. Voici que sa menace principale allait perdre une grosse partie de son influence. Une bonne chose en soi donc.

Le « déménagement » occupa tout le week-end. Déjà meublé, l'appartement ne nécessitait juste qu'un transfert d'affaires. Il aurait cru que l'adolescent serait fébrile, mais au contraire, Ichigo était extrêmement calme. Il n'avait pas été bien long à prendre ses aises.
L'appartement était spacieux. Très spacieux même. L'entrée menait directement au salon, la pièce la plus grande. Un bar américain servait de lien avec la cuisine. Un escalier menait à l'étage où se situaient les chambres. Deux pour être précis. Leurs portes pouvaient être vues du rez-de-chaussée, et une barrière était là pour prévenir les chutes.

Le changement avait du bon. Que du bon pour lui. Il y gagnait une chambre et mine de rien à ses yeux c'était important. Ainsi que le silence et le calme, une fois le reste de la famille repartie. Il savait que le silence qui était retombé, uniquement brisé par le « tic tac » de l'horloge présente dans la pièce principale, avait mis Ichigo mal à l'aise dans un premier temps. Il pouvait comprendre qu'avec une famille pareille, c'était quelque chose de radical.
Mais plutôt que de le rassurer, il s'était installé sur le canapé en attendant que le plus jeune vienne se réfugier à ses côtés. Douce victoire de le voir rechercher sa compagnie. Cela confirmait sa puissance et sa supériorité.

Il aurait même pu consentir à passer un bras autour de ses épaules si, pour sauver les apparences, Ichigo ne lui avait pas rappelé ce doux surnom adulé alors qu'il se serrait contre lui. Il l'avait repoussé avec un grognement et une phrase assassine. Ichigo n'avait pas répondu, le boudant pour le reste de la journée.
Ou plutôt… il était probablement plus préoccupé par sa rentrée du lendemain que par le reste. Une légère appréhension peut être ? Un changement radical dans tout les cas. Il le laissa à ses pensées et son stress, lui s'en lavait les mains. Au moins il aurait la paix et ce n'était pas plus mal.

Lorsqu'Ichigo se réveilla le lendemain, ce fut la bouche un peu sèche. Pas qu'il redoutait spécialement cette rentrée… Mais c'était quand même un peu difficile de devoir reprendre le rythme des cours. En plus, celui de médecine était particulièrement éreintant d'après ce qu'il avait pu comprendre. Quelque part il lui tardait d'avoir ses horaires, qu'il puisse enfin s'organiser.

- Tu es crispé, détends toi.
- T'es marrant !

Et dans une très grande volonté de l'aider, Sosuke le mettait progressivement sur les nerfs, à l'aide de petits pics de ce genre. Il avait l'impression d'être revenu deux mois en arrière, le jour de son anniversaire, lorsqu'Aizen était arrivé chez les Kurosaki.
Non.
En faites, il était retourné deux mois en arrière… Pour son plus grand malheur, parce qu'il se voyait mal refaire les gestes de son père pour s'assurer une certaine tranquillité…

- Si tu ne te dépêches pas, tu vas être en retard, gamin.

Ichigo jeta un coup d'œil vers l'horloge. Il pâlit en réalisant que l'esclave avait totalement raison. En plein déjeuner, il dut accélérer. Il manqua de s'étouffer au passage, et il couru pour récupérer ses affaires et partir à l'université. Il prit simplement le temps de s'arrêter une fois à la porte, excédé par le léger rire de l'esclave.

- A ce soir, sois sage ma Peluche !

En fermant la porte, il put entendre Sosuke lui hurler de ne pas l'appeler comme ça. Douce vengeance alors qu'il empruntait le chemin le menant à sa fac. Heureusement, la médecine n'était pas la seule filière proposée, ce qui lui permit de retrouver la plupart de ses amis de lycée, comme Keigo ou Mizuiro, se destinant à la pharmacie, ou Orihime qui voulait devenir pédiatre.
C'est d'ailleurs la jeune femme qui le trouva en premier. Elle le rejoignit pour commencer à babiller gaiement sur ses dernières vacances. Il l'écouta d'une oreille, un léger sourire aux lèvres, alors qu'ils se dirigeaient tous les deux à l'intérieur du bâtiment.

Du moins ils le voulurent, car Orihime se fit pousser et il ne la rattrapa que de justesse. Il grogna et releva la tête vers le responsable, un garçon aux cheveux noir et qui portait des lunettes, qui les regardait actuellement d'un air hautain, comme les défiant de lui dire quoi que ce soit.

- Ne t'excuse surtout pas.
- Pourquoi le ferais-je ?
- Je peux t'y obliger si tu insistes, gronda Ichigo, s'emparant du col de son vis-à-vis, clairement menaçant alors que la jeune fille posait ses mains sur son bras. Elle lui demanda de le laisser, puisque ce n'était pas grave. Mais rien que pour ce regard de défi qui ne lui plaisait guère il ne lâcherait pas l'affaire.

L'autre étudiant le gratifia d'un regard noir qui ne lui fit aucun effet. Après plus de deux mois à vivre avec un esclave qui le fusillait du regard dés qu'il s'approchait de trop près, il était quelque peu immunisé à ce genre d'intimidation. Il sentit son amie l'appeler, et lui répéter que ce n'était pas grave et qu'ils allaient finir par être en retard.
Semblant réagir à l'entente de son nom, l'ébène se libéra de sa poigne. Il remit son col et ses lunettes en place.

- Tu es l'héritier de la famille du centre ?
- Ouais, et ?
- Uryû Ishida, je viens de l'Est.

Ichigo serra a main tendue de son vis-à-vis, plus par politesse qu'autre chose, mais Ishida ne sembla pas s'en formaliser. En même temps, il aurait dû se douter. Le garçon face à lui était habillé de blanc à l'exception de bande d'un bleu clair formant une sorte de croix à 5 branches dans son dos. Cette même croix qu'il portait en pendentif d'ailleurs.
Son père lui avait expliqué maintes fois que ce symbole appartenait à l'organisation des Quincy, dirigée par les Ishida. Tout comme le symbole des Kurosaki était une lune rouge sur fond rouge sombre. Sauf que lui n'aimait pas particulièrement porter « l'uniforme » de sa famille. Sauf lorsqu'il y était obligé pour une quelconque soirée politique. Ça lui évitait les petits malins qui s'intéresseraient à lui pour sa position et non sa personne.

Ichigo le salua d'un léger signe de tête avant de le dépasser, suivit d'Orihime. Ils se séparèrent après quelques minutes de discutions, puisqu' ils n'avaient pas les mêmes cours. Enfin… cours était un bien grand mot, puisque la journée était occupée par une simple réunion de quelques heures pour leur présenter leurs filières respectives. Les cours ne commenceraient véritablement que le lendemain.
Uryû le rejoignit, à sa grande surprise, et il se retrouva presque malgré lui à discuter de leur deux famille. Il fronça les sourcils, alors qu'il se rendait très vite compte qu'Ishida tentait d'en savoir le plus possible sur son père. Il se ferma instantanément et le Quincy cru bon de détourner le sujet sur l'esclave qu'il aurait le mois prochain. Pour le coup il se replia totalement, et la discussion s'arrêta avec un soupir de la part d'Uryû.
Pourquoi, même alors qu'il était loin de lui, Aizen devait se rappeler à son bon souvenir ? Ce fut la question qu'il se posa alors qu'il quittait l'amphithéâtre, pour rejoindre ses amis de lycée. Bien qu'éclatés dans les différentes filières et établissements, ils s'étaient promis de se retrouver au déjeuner pour passer un peu de temps ensemble.

Installer dans un parc proche, le groupe temporairement reformé commença à discuter et à rire, et finalement ils y passèrent une bonne partie de leur après midi. Ils profitaient juste de leurs ultimes heures de vacances ensemble. Mizuiro et Keigo partirent les premiers, bientôt suivit d'Orihime et Tatsuki. Resté seul, Ichigo déambula encore un moment dans les différentes allées du parc, avant de se décider à prendre lui aussi le chemin de la sortie.

Sa montre lui indiquait désormais dix-huit heures et le soleil ne tarderait pas à décliner pour se coucher. Il en profiterait pour faire quelques courses avant de rentrer, histoire d'avoir quelque chose à grignoter en vitesse ce soir.

Parce que…
Pour une raison étrange…
Il avait un assez mauvais pressentiment sur cette cohabitation.
Sans aucun doute dans la veine de la scène qui avait pu se passer ce matin.
A raison d'ailleurs. L'avenir n'allait pas tarder à le lui prouver. Mais ça…

Il n'y avait pas à dire, Sosuke était du genre à avoir une rancune plutôt tenace. Heureusement pourtant il lui évita une dispute supplémentaire, et se contenta de l'ignorer ou de lui jeter un regard noir lorsqu'il faisait mine de l'approcher.
Alors qu'il posait son sac dans l'entrée, il referma la porte derrière lui. Il l'avait trouvé allongé de tout son long sur le canapé, en train de lire un quelconque livre qu'il avait du emporter. Il n'avait pas essayé de discuter, trop heureux d'avoir un semblant de calme dans l'appartement. Oh, il s'était bien amusé à l'agacer un peu, lorsqu'il avait remarqué son comportement quand il était proche de lui, mais sans plus.

Du coup la soirée n'avait rien eu de palpitante, lui-même n'avait pas tardé à plonger dans les livres qu'il avait dû se procurer pour cette année - et qui avait longtemps dormi dans son bureau - histoire de jeter un rapide coup d'œil sur les programmes qu'il aurait à potasser. Il en profita pour grignoter un quelconque sandwich fait en quatrième vitesse, plus pour combler son estomac que par réelle envie.

Lorsqu'il partit se coucher, son « bonne nuit » resta sans réponse. Alors qu'il se glissait sous les draps, il réalisa soudain qu'entre eux deux il n'y avait jamais eu plus de trois mots échangés. En tout et pour tout. Chacun dans son coin, c'était parfait. Il aurait adoré s'en convaincre. Pourtant une petite voix lui souffla, juste avant qu'il ne sombre, qu'il ne supporterait pas plus cette situation de guerre froide que les disputes incessantes auxquelles il s'était, malgré tout, habitué.

Il n'était jamais content en somme. C'en était désespérant.

Aussi fut-il presque soulagé lorsque le lendemain, en arrivant dans le salon, il reçut son lot de remarques de la part de Sosuke. Il y eut un moment de flottement avant qu'il ne vienne se serrer contre l'esclave qui le repoussa très vite, et l'invectiva de plus belle. Il ne prit même pas la peine de relever. Il était beaucoup trop dans le brouillard pour ça de toute façon. La reprise des bonnes habitudes de se lever tôt était très dure, et encore à moitié endormi, il fonctionnait plus au radar qu'autre chose.
Et il eut également un peu de mal à s'adapter au rythme effréné de ses cours. Il savait que la voie de la médecine serait éreintante. Il ne s'attendait pas à ce point. Orihime s'était même amusée, lorsqu'il avait dû décliner une nouvelle fois la proposition de sa bande à sortir, à lui dire qu'il abandonnait toute vie sociale.

C'était vrai. Entièrement vrai.

Il avait eut du mal à l'admettre mais Ishida l'avait pour le coup bien aidé. Ils s'étaient entraidés en réalité. Ce qui leur permettait de garder la tête hors de l'eau et de continuer à comprendre les cours et d'avancer. Pas vraiment du luxe quand certains professeurs se contentaient de déblatérer leurs cours sans expliquer et sans se soucier que leurs étudiants comprennent.
Du coup, il avait passé les cinq dernières semaines bloqué devant une table à faire ses devoirs et réviser ses leçons, plus qu'autre chose. Ses cours papiers d'un côté, son ordinateur portable récemment acquis et comportant une partie des cours, de l'autre. Même pour manger, il le faisait avec un lance-pierre. Il se consolait en se disant qu'au moins, il pouvait se vanter de rester à niveau dans toutes les matières.

Un raclement de chaise raisonna dans le silence la pièce et le jeune homme ne releva pas la tête. Aizen s'installa face à lui et croisa les bras sur la table. Leurs joutes verbales, redevenues plus agressives depuis leur arrivé ici, s'étaient calmées, forcées et contraintes. Ichigo n'avait définitivement pas la tête à ça et c'était le silence qui répondait la plupart du temps à Sosuke. Il se lassait tout seul de parler dans le vide.

L'esclave posa son menton sur ses bras croisés. L'étudiant tendit la main pour piocher dans le sachet voisin quelques chips qu'il avala. Son repas du soir, alors qu'il révisait ses leçons de biochimie. Il lui semblait d'ailleurs qu'il avait presque fini la bouteille de soda qui allait avec.
Alors qu'il tendait de nouveau la main, il sentit un mouvement et ses doigts se refermèrent sur du vide. Contraint de s'interrompre et de relever la tête, Ichigo fusilla du regard Sosuke qui tenait ce qu'il désirait hors de sa portée, un léger sourire moqueur aux lèvres.

- Tu veux m'empêcher de manger maintenant ?
- Toi qui veux être médecin, tu devrais savoir que ce genre de régime n'est pas bon.
- Je n'ai pas le temps de faire autre chose et je doute fortement que tu le fasses pour moi.
- Pour une fois te voila lucide.

Kurosaki serra les dents face à l'attitude placide de son vis-à-vis. Il aurait pu lui ordonner de s'occuper des tâches ménagères et du repas mais il n'était pas stupide. Ses paroles tomberaient à l'eau. Aizen n'allait pas se transformer en fée du logis pour ses beaux yeux. Il pouvait attendre longtemps pour qu'il décide de lui donner un coup de main.

Il tenta bien de récupérer son bien en se redressant mais fut aisément esquiver. Avec un soupir, il se résigna à devoir se replonger dans ses fiches avec un estomac qui lui réclamait la fin de son repas. S'il avait un tout petit peu de chance, Sosuke stopperait son manège relativement vite. Et il pourrait récupérer son sachet.
Mais ce ne fut pas le cas. Ayant enfin un début de réaction depuis le mois qu'ils avaient passé ici, il n'était pas décidé à lâcher l'affaire si facilement. Et quand Ichigo faisait mine de replonger dans son travail, il lui suffisait de faire un peu de bruit ou de faire mine de reposer la nourriture pour obtenir de nouveau son attention. Le jeune homme finit par s'agacer et il se redressa droit sur son siège.

- Je peux savoir ce que tu fabriques ?
- Je te permets de penser à autre chose que tes cours. Tu devrais me remercier.

L'étudiant se pinça l'arrête du nez devant l'ironie évidente dont faisait preuve l'esclave. Mais il s'était juré de ne pas céder. Pour ne pas lui faire ce plaisir, non. Oh, non, non, non, non, non !

- Je n'ai pas le temps de jouer avec toi, Sosuke.
- Ça tombe bien, je ne joue pas non plus.
- Est-ce trop te demander de me laisser bosser ? Tu devrais être content puisque je te fous la paix.

Ichigo piqua de nouveau du nez, et il laissa sa joue reposer sur son poing, tout sachant très bien que désormais il ne pourrait plus rien faire. Du moins le temps qu'il se calme quelque peu et que son estomac arrête de protester. Il entendit finalement le plus vieux se mettre à rire, un rire bas, presque inaudible, et s'il fut surpris, il n'en montra rien.
Il sentit une main venir ébouriffer d'avantage ses courtes mèches, et son repas reprit sa place sur la table alors qu'Aizen s'arrêtait à ses côtés.

- Tu m'as voulu Kurosaki, envers et contre tout. Ne viens pas te plaindre, souffla-t-il à son oreille, avant de reprendre sa route.

Un lourd frisson remonta son échine, alors qu'il regardait l'adulte s'éloigner pour finalement disparaitre derrière le canapé. Peut être pour y somnoler le reste de la soirée. Il observa alors les feuilles étalées devant lui, et songea à contrecœur que l'esclave avait sans doute raison…
De toute façon, c'était bel et bien foutu pour ce soir alors… Il rangea ses cours, et se releva pour s'emparer de la télécommande et allumer son poste.
Oui, pour ce soir il se viderait un peu l'esprit. La télévision mise sur une série quelconque, il fit quelque pas dans la salle pour faire le tour du meuble. Il se planta devant Aizen qui rouvrit un œil à son approche. Peut être curieux de ses réactions, surtout qu'il prenait toute la place et ne semblait pas décider à bouger. L'adolescent eut un rictus en réalisant cela. Qu'à cela ne tienne.

- J'm'assoie sur toi, si tu ne bouges pas.
- Essaye seulement. Répondit froidement le concerné.

Ichigo nota cependant que le corps de son vis-à-vis s'était raidi, preuve qu'il ne le prenait pas à la légère et se tenait déjà prêt à l'envoyer à terre. Il prit cette réponse comme un défi, il essaya donc, en effet. Il ricana devant le grognement qui fit écho à ses mouvements. Une nouvelle fois, ils se retrouvèrent à lutter, l'un pour garder sa place et l'autre pour se débarrasser de ce poids trop gênant à son gout.
Quelques longues minutes passèrent, avant que le maître ne parvienne à déjouer la défense des bras, à s'étaler lourdement sur son aîné. Il passa ses bras autour de la taille afin d'être certain de ne pas être déloger. Contraint de laisser tomber pour le moment, Sosuke soupira, et laissa ses bras retomber sur le canapé, et dans le vide. Il attendrait donc que l'attention du jeune homme se relâche pour le décrocher.

- Il va falloir que tu m'expliques cette manie de te coller à moi sans arrêt, siffla t-il pour la forme.
- Parce que c'est le seul moyen de te faire réagir ? tenta Ichigo, amusé.
- Trouve mieux que ça , lui répondit Aizen après un silence.
- D'accord, alors… commença Ichigo, qui semblait réfléchir à la question, disons qu'au vu de ton statut de...

Une main se posa brutalement sur sa bouche, ce qui l'empêcha de continuer. Il ne put s'empêcher de ricaner, étouffé malgré tout par la poigne puissante.

- Tu ne veux pas finir ta phrase, gamin, gronda justement Sosuke, qui devina sans soucis la fin de sa tirade. Etrangement calme, Ichigo ne répondit pas, et resta immobile jusqu'à ce que les doigts ne retombent une nouvelle fois.

Le jeune homme posa sa tête sur le torse de son ainé, et son regard se porta sur l'écran. Même s'il ne suivit pas vraiment, parce qu'il préféra écouter les battements du cœur sous lui. Il veilla juste à ne pas se mettre à somnoler, afin de ne pas être repoussé. Il n'était pas idiot au point de croire qu'Aizen resterait calme pour le reste de la soirée. Les légers mouvements destinés à voir ses réactions le lui confirmèrent très vite.

La question initiale de Sosuke était justifiée, mais il était en réalité incapable d'y répondre vraiment. Il aimait l'ennuyer ainsi. C'était tout.

Le show télévisé terminé, Ichigo se décida enfin à se relever, aidé volontiers par Aizen qu'il salua avant de monter se coucher. Il s'écroula sur son lit, trop fatigué. Il ne tarda pas à sombrer. Et heureusement pour lui qu'il en avait profité car les trois jours qui suivirent sonnèrent la vengeance de l'esclave à son encontre. Rancune, rancune. Il nota cependant qu'il était loin d'égaler le niveau déployé quelques mois plus tôt.

Il choisit de mettre ce détail de côté, trop préoccupé par le reste de toute façon. Il se contentait de répondre mollement jusqu'à s'énerver brusquement quand Aizen insistait un peu trop lourdement à le charrier. Seuls des ricanements ou de nouvelles railleries lui faisait écho, et encore une fois, c'était lui qui cédait la plupart du temps. Il avait fini par s'établir dans sa chambre pour travailler. C'était un peu moins pratique mais l'avantage c'était qu'il y était relativement tranquille. L'idée que Sosuke puisse uniquement chercher à tromper son ennui ne lui effleura même pas l'esprit.

Assis sur son matelas, tous ses cours étalés, il grogna lorsqu'il entendit le bruit du téléphone raisonner en bas. Plusieurs sonneries retentirent avant que le silence ne revienne, de nouveau interrompu quelques secondes plus tard. Il se décida à descendre pour répondre, et fusilla du regard l'esclave, installé sur le rebord de la fenêtre, qui ne réagit pas.
Il dormait en réalité, parce qu'il n'avait rien d'autre à faire. Regarder la télé et lire allait cinq petites minutes mais y passer des journées entières… L'ennui avait fini par le rattraper. La sonnerie, et l'arrivée, ô combien discrète, du jeune homme l'avait réveillé.

- Allô ?
- Grand…Frère ?

Haussant un sourcil à la voix mal assurée de Yuzu, Ichigo s'enquit de la raison de cet appel. Il ne tarda pas à se sentir nerveux face aux réponses monosyllabiques de sa petite sœur. Surtout que cette dernière finit par lui avouer qu'Isshin ne voulait pas qu'elle appelle au départ, car il ne voulait pas le distraire de ses études. Ce qui, bien évidement, acheva de le rassurer.

- Tu as la grâce d'un pachyderme, Kurosaki. C'est étonnant que tu ne sois pas déjà passé à travers le plancher d'ailleurs, raisonna la voix de l'esclave derrière lui, couvrant celle, trop faible, de Yuzu.

L'étudiant leva les yeux au ciel, et se contenta d'un simple geste de la main, agacé, pour toute réponse. Une demande implicite de se taire pour entendre son interlocuteur, qu'il avait fait sans réfléchir. Son poignet fut saisi et il grimaça sous la légère douleur. Alors qu'il s'apprêtait à répondre vertement à Sosuke, la voix d'Isshin se fit entendre dans le combiné qu'Ichigo avait éloigné. Les deux hommes se figèrent.

Le jeune homme se libéra alors de son opposant, et s'éloigna de quelques pas pour entamer une discussion avec son paternel. Aizen s'adossa au mur le plus proche, et ne put qu'observer le visage du maître pâlir dangereusement, avant qu'il ne se mette à harceler son interlocuteur de question. Suivant à moitié, il put néanmoins comprendre que la famille avait eu à faire face à un incendie, et que si les dégâts étaient essentiellement matériels, une des trois femmes - Masaki en réalité - se trouvait actuellement à l'hôpital. A partir de là il se désintéressa totalement de l'affaire.
Lorsqu'Ichigo raccrocha une bonne demi-heure plus tard, il était toujours aussi blanc. Aizen s'amusa à claquer des doigts plusieurs fois devant son nez sans obtenir de réaction particulière. Ce n'est que lorsqu'il le secoua par l'épaule que le jeune homme sembla prendre conscience de sa présence, et lui répondit d'un « Quoi encore ? » avec une voix lasse.

- J'aimerais éviter de passer ma soirée avec un fantôme, reprends-toi, répondit-il simplement.

Parce qu'en toute honnêteté, ce qui avait bien pu se passer pour le mettre dans cet état, il s'en fichait éperdument. L'étudiant pinça ses lèvres, mécontent et à cran.

- Tu me demandes de rester impassible alors que ma mère est à l'hôpital ?
- Déambuler comme une âme en peine ne résoudra pas ton problème. Il ne manquerait plus que tu te mettes à pleurer, comme un enfant.

L'attitude hautaine de l'esclave eut la réaction espérée. Pour une fois, l'air d'Ichigo se ferma totalement alors qu'il lui faisait réellement face, vraiment menaçant. Aizen s'en amusa plus qu'autre chose, ce qui renforça le début de colère d'Ichigo. Celui ci referma ses doigts sur son col, et le plaqua contre le mur sans qu'il ne bronche. Le regard du plus jeune commençait à prendre un éclat ambre sous le maelstrom de sentiment qui se bousculait en lui, et si Sosuke le trouva sur le coup magnifique, il préféra ignorer le danger sous jacent. Il lui répondit donc par un sourire mauvais. Il poussa même le vice à tapoter gentiment la joue de son vis-à-vis. Le regard ambre d'abord incrédule s'assombrit sous la colère.

- Allons, Allons. Ne te force pas à être méchant, nous savons tous les deux que tu en es incapable.
- Crois-tu ?

Le sourire de l'esclave s'agrandit pour toute réponse, et Ichigo fronça un peu plus les sourcils. En effet, plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, sans qu'aucun des deux ne bouge. Sans que le jeune homme ne fasse quoi que ce soit d'autre, que d'offrir un regard noir à Aizen. La main de Sosuke finit par se refermer sur son poignet, dans l'intention de le repousser. Ce fut le déclic.
Il n'y eut aucune réflexion, Ichigo fit à peu de chose prêt ce que son père avait fait plus d'un mois auparavant. Il repoussa froidement son esclave, qu'il bloqua entre le mur et lui et sa main droite vient se saisir du collier, tournant un peu pour tordre un peu celui-ci, alors que l'autre retombait contre son corps.

Le cuir noir vint mordre sans douceur le cou, et Aizen écarquilla les yeux lorsqu'il réalisa qu'Ichigo serrait plus fortement qu'Isshin. En réponse, sa propre main fusa vers la gorge de son maître.


Merci de m'avoir lu !
Suite au prochain épisode !