Master and Slave
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Aleyna par contre est ma propriété ! (alors attention ;D *grogne*)
Note: J'ignore si je pourrai avoir un rythme de publication régulier, je m'en excuse d'avance. Je m'excuse également s'il y a un peu de OOC...
Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)
Je me suis amusée à faire régulièrement des petits clins d'œil au manga original, voir à d'autres mangas/films/séries. Si le cœur vous en dit, vous pouvez vous amusez à les chercher tout le long des chapitres.
Je réponds (toujours) à toutes les reviews, via le système de réponse aux reviews!
Les reviews anonymes
Darkmoonlady: Merci pour la review! en effet Aizen a mal joué sur ce coup là (mon dieu! il s'est trompé!)
Suki: Merciii! Voici la suite tant attendue!
Trinity07: Si Ichigo n'es pas déja parti c'est la faute à sa peluche qui... (aie, aie, pardonnez moi Aizen-sama .) ... Je présume en réalité qu'Isshin lui a demandé de ne pas venir et de se concentrer sur ses études. :) Merci pour ta fidélité et ta review! \o/
Ookami-chan : ha bah si ce genre de coupure te fait reviewer je vais le faire plus souvent *air angélique* . Mais nous sommes d'accord. Aizen-sama mérite le meilleure \o/ et le meilleur il aura! Merci pour ta review et tes encouragements!
Lu: Il ne faut pas se tuer à la tache quand même ;)! voici la suite ^^ merci pour tes reviews!
Il repoussa froidement son esclave, qu'il bloqua entre le mur et lui et sa main droite vient se saisir du collier, tournant un peu pour tordre un peu celui-ci, alors que l'autre retombait contre son corps.
Le cuir noir vint mordre sans douceur le cou, et Aizen écarquilla les yeux lorsqu'il réalisa qu'Ichigo serrait plus fortement qu'Isshin. En réponse, sa propre main fusa vers la gorge de son maître.
Livre I – Un simple jeu
Chapitre 6
Contrairement à Isshin, Ichigo répondit à son esclave. A sa manière bien sûr, puisqu'il laissa Sosuke poser ses doigts sur son cou et serrer autant qu'il le voulait. Redressé de toute sa hauteur, il comblait les quelques centimètres de différence par une posture droite et un regard neutre directement plongé dans celui de l'autre homme. Pas de froideur, pas de colère ni de haine. Il se contentait de le toiser, immobile et sans réaction, comme pour le mettre au défi de continuer ce petit jeu.
Et, bien malgré lui, Aizen déglutit devant l'aura écrasante de l'adolescent. Non. De l'autre homme. Parce qu'il n'y avait décidément plus rien d'adolescent chez Ichigo à ce moment précis. Il était clairement celui qui avait le dessus. Il était le dominant.
Le silence s'installa une nouvelle fois entre les deux hommes, jusqu'à ce que l'esclave réalise que ses yeux s'étaient posés presque immédiatement sur la chaine accrochée au pantalon devant son nez. Autrement dit qu'il avait les yeux baissés. Sans combat, sans réelle résistance, sans s'en rendre compte, il venait de s'incliner devant un gamin de neuf ans son cadet ?
Sosuke serra les dents de rage. Contre Ichigo mais aussi et surtout contre lui. Il ne se souvenait pas d'être aussi faible. De plus, son « maître » ne semblait pas décidé à le relâcher malgré son abandon visible. S'il attendait autre chose de sa part, pour le coup, il ne savait pas vraiment quoi. Et il était hors de question qu'il cède sur autre chose, de toute manière. Il en avait déjà fait beaucoup trop.
Aizen ferma un instant les yeux et se força à se calmer et à retrouver une attitude qui se voulait neutre. Il releva lentement le regard vers Ichigo dont l'expression faisait écho à la sienne. Un calme apparent qui ne changeait en rien sa force. Peut être même un semblant de tristesse et de lassitude qui avait remplacé la colère initiale, mais il n'était pas vraiment sûr de ce point.
- Puis-je savoir quel est ce… nouveau jeu ? souffla t-il finalement, ce qui arracha un léger sourire au maître
- Je crois que ça s'appelle « Faire rager son esclave adoré » ou quelque chose comme ça…
- J'espère que tu t'amuses bien.
- Pas vraiment. Ce jeu n'est pas drôle du tout, murmura Ichigo en le relâchant. Il vint poser son front contre l'épaule de Sosuke qui ne broncha pas.
Le jeune homme desserra son étreinte, sans lâcher le collier. Les yeux mi-clos, il suivit simplement le mouvement alors qu'Aizen glissait peu à peu contre le mur, jusqu'à finir assis sur le sol. Il songea avec un petit sourire, que finalement son esclave n'avait pas totalement tort : il s'était une nouvelle fois installé contre lui.
Il ne se savait pas si câlin. Même avec son père, il était rare qu'il ait des démonstrations de ce genre. Sa mère avait été, pendant longtemps, la seule exception avant Yuzu et Karin qui lui sautaient au cou à la moindre occasion. Avec son esclave, c'était presque naturel, il regrettait juste que ce dernier se crispe totalement. Masaki lui avait bien dit que la relation avec son esclave serait différente de toutes les autres. Il ne s'était pourtant pas attendu à ça.
- J'en ai marre de ce conflit, nous pouvons trouver un terrain d'entente, non ?
Il n'eut pas de réponse, et préféra ne pas insister. Il se doutait bien que Sosuke était en train d'essayer de digérer ce qui venait de se passer. Rien que le souvenir du regard qu'il avait eut lorsque son père avait effectué ce tour de force…
Alors l'étudiant ferma les yeux, ses doigts relâchèrent un tout petit peu le collier sans pour autant le lâcher. Il s'attendait à ce qu'Aizen en profite pour le repousser, mais ce dernier gardait son regard posé sur un point quelconque devant lui, sans bouger. Il ne le repoussait pas, pas plus qu'il ne lui rendait son étreinte. Parfaitement digne de lui.
- Cependant, tu as raison… Me lamenter ne sert à rien, j'en saurai plus demain.
Il ignora combien de temps exactement ils passèrent ainsi, immobiles et silencieux. Probablement plusieurs heures, jusqu'à ce qu'Ichigo ne tarda pas à somnoler, pour finalement sombrer dans les bras de Morphée. Il avait été totalement vaincu par le contrecoup de son inquiétude pour sa mère et de son coup de sang contre Aizen. Il eut simplement le temps de souffler avant de s'endormir un simple mot qui fit, enfin, réagir son aîné.
Sosuke baissa son regard sur le corps calé contre le sien et un lourd soupir franchit le barrage de ses lèvres. Ce gamin était décidément intéressant. D'un comportement adulte, il lui rappelait qu'il avait tout juste dix-huit ans malgré tout. L'esclave commença à bouger lentement. Il déplaça ses bras et remonta une main pour décrocher celle d'Ichigo. Le maître eut un léger grognement qu'il ne releva pas, lorsqu'il passa ses mains dans le dos et sous les jambes pour le soulever. Malgré sa position difficile, il parvint à se relever.
Au moins ce petit esclandre lui aurait-il permis de connaitre ses limites. Il allait devoir se méfier désormais. Ichigo était comme un animal sauvage… Il fuyait devant l'ennemi et ce n'était que lorsqu'il se sentait acculé qu'il passait réellement à l'offensive.
Son fardeau dans les bras, il grimpa jusqu'aux chambres. Il en profita pour réfléchir à toute vitesse aux futures possibilités et actions qui lui étaient désormais accessibles. Ce petit événement le contraignait à revoir ses plans. Et… il voulait aussi trouver le moyen de permettre à Ichigo de retrouver cette attitude, même temporairement. Parce qu'au final, il le préférait ainsi. De très loin.
La porte de la chambre d'Ichigo était ouverte et Aizen pesta quand il vit le lit devenu blanc sous l'amoncellement de feuilles. Résigné, et peu enclin à se prendre la tête ce soir, il rejoignit la sienne, et déposa sa charge sur son propre lit. Un nouveau problème se posa à lui lorsqu'il voulu se redresser. Les quelques minutes qui lui avait été nécessaire pour monter avaient été suffisantes pour que le jeune homme referme ses doigts sur la boucle de son collier.
Donc, il ne pouvait pas se redresser. Encore moins s'en aller.
Typique. Cliché.
Il aurait dû s'en douter.
Il tenta bien de le décrocher une nouvelle fois, désireux lui aussi d'aller se reposer en paix un étage plus bas. Sans succès puisque les doigts finirent par se crisper et refuser de bouger. Il soupira, tout aussi fatigué que le jeune homme et il n'insista pas plus. Il se contenta d'enlever, avec bien du mal, leurs deux chemises. Il s'allongea à son tour et il rabattit la couverture sur eux deux, sans qu'Ichigo ne bronche. Alors seulement il ferma les yeux pour tenter de trouver le sommeil.
Lorsque le maître se réveilla le lendemain, ce fut à cause de la chaleur et de la lumière. Il ouvrit péniblement les yeux, et il se mit à râler contre le soleil et son esclave qui le serrait beaucoup trop fort et pesait de tout son poids contre lui. Petit à petit la situation et les événements de la veille lui revinrent en mémoire. Il piqua un fard monstrueux lorsqu'il réalisa que ses bras serraient la taille d'Aizen aussi fortement que celui-ci s'accrochait actuellement à ses épaules.
Il défit immédiatement ses bras et grimaça à la légère douleur qui lui répondit, signe qu'il avait contracté ses muscles. Peut être pour éviter d'être repousser. Une fois n'était pas coutume, ce fut lui qui se crispa. Maintenant qu'il s'était mis sur le dos, Sosuke était allongé à moitié sur lui, la tête posée sur l'épaule et ses jambes contre les siennes. Le plus dur pour lui fut de trouver comment quitter le lit sans réveiller l'autre dormeur. Il n'y tenait absolument pas. De toute façon, il échoua lamentablement à cette tache : lorsqu'il commença à bouger, il sentit un mouvement suivit d'un marmonnement qu'il ne comprit pas. Aizen releva la tête et il put faire face au regard noisette de l'esclave.
- 'Jour Sosuke.
- Mh… marmonna l'esclave.
Le jeune homme leva les yeux au ciel à cette réplique. Il se releva et s'étira, en forme. Il ne pouvait nier avoir très bien dormi cette nuit. Il rejoignit la fenêtre et ferma les volets, afin de restreindre la chaleur et empêcher le soleil de continuer à les ennuyer. Son prochain objectif fut de récupérer sa chemise.
- Donc… Toi tu fermes les volets quand il faut les ouvrir, fit Sosuke, assis sur le lit. Il avait replié ses jambes contre lui, l'une de façon à pouvoir y poser son bras.
- Je n'aime pas faire les choses comme tout le monde, sourit Ichigo, amusé par l'air encore endormi de son esclave.
- J'avais cru comprendre, oui.
Le jeune homme eut un petit rire, gêné, et il quitta la pièce pour laisser Aizen se réveiller en paix. Son premier geste fut d'éteindre la lumière de sa chambre et du salon, restées allumées depuis la veille. Il se saisit de son portable après un coup d'œil vers son horloge, pour contacter Ishida afin de pouvoir récupérer les cours de la journée. Il était déjà midi et il était peu probable qu'il ait la tête pour aller en cours cet après midi.
Un bruit de porte lui indiqua que Sosuke venait de s'approprier la salle de bain et il en profita pour prendre des nouvelles de sa mère. Son père ne répondit pas tout de suite à son appel, mais la voix joyeuse qui raisonna bientôt à son oreille lui indiqua qu'il y avait finalement eut plus de peur que de mal. Il réussit même dans la foulée à obtenir le nom de l'hôpital et le numéro de la chambre de sa mère, après une promesse de passer la voir bientôt.
Le portable raccroché, il se laissa aller sur le canapé, renversa la tête en arrière et ferma les yeux. Il ne bougea que bien plus tard, lorsqu'il sentit quelque chose de chaud contre sa joue. Les paupières relevées, il tomba nez à nez avec Sosuke, debout derrière le meuble. Torse nu, il portait une serviette autour de ses épaules et ses cheveux encore mouillés laissaient tomber régulièrement un peu d'eau sur Ichigo. Après une hésitation, il releva la main pour la refermer sur la tasse responsable de la chaleur. Un léger « merci » fusa, sans réponse. L'esclave s'accouda simplement au dossier du fauteuil.
L'adolescent ne raffolait pas vraiment de thé. Pourtant, lorsqu'il porta le breuvage à ses lèvres, il fut contraint de reconnaitre que son esclave savait y faire. De toute façon vu le nombre de tasses qu'il pouvait avaler en une journée - vu que c'était lui qui s'occupait des réserves, il s'en rendait bien compte - il avait intérêt à se débrouiller pour que ça ait un tant soit peu de gout.
- Sosuke ? finit-il par appeler pour briser le silence.
- Mh ?
- J'aimerai que tu enfiles la tenue de notre famille pour voir si elle te va bien.
Ichigo reposa sa tasse désormais vide. Il renversa la tête en arrière une nouvelle fois pour observer Aizen qui avait haussé un sourcil, sans se décider à bouger. Un pauvre sourire fit écho sur le visage de du jeune homme, alors qu'il s'installait mieux.
- Pourquoi le ferais-je ? finit par demander l'esclave, réticent.
- Mon père m'a fait comprendre qu'il organiserait d'ici peu une soirée pour prouver que notre famille n'est pas affaiblie par les événements. Si je suis obligé d'y aller toi aussi alors... Autant voir tout de suite s'il y a des ajustements à faire ou des modifications à effectuer.
- Tu ne me lâcheras pas tant que je ne l'aurai pas fait de toute façon, soupira Sosuke
- S'il te plait, ce n'est que pour quelques minutes.
Il y eut un instant de silence durant lesquels la scène se figea. Aizen finit par disparaitre de son champ de vision avec un nouveau soupir. Ichigo referma à nouveau les yeux et s'accorda un temps supplémentaire avant de monter à son tour. Il rejoignit la chambre de Sosuke pour s'adosser au chambranle de la porte et l'observer refermer sa tenue.
D'une dominante rouge foncé, Le jeune homme se fit la remarque que cette couleur avait au moins le mérite de mettre en valeur les mèches et le regard de son vis-à-vis. Même si elle ressemblait plus à une sorte de kimono traditionnel, décoré aux extrémités par des arabesques dorées. Au niveau du cœur était brodé l'emblème de leur famille : une simple lune. Ichigo se souvenait qu'elle s'étalait sur tout le dos, sur ses propres vêtements.
- Elle est étrange, cette tenue, souffla t-il, pour lui.
- Vraiment ? railla l'esclave en retour.
Tiré de ses pensées, le jeune homme releva la tête vers Sosuke. Il observa, sans bouger, le regard s'obscurcir alors que l'adulte s'avançait vers lui. Des bras puissants passèrent autour de sa taille et il se retrouva enlacer avant d'avoir pu comprendre ce qui se passait, le front de son aîné contre le sien. Ses joues s'enflammèrent immédiatement, de gêne, alors que les lèvres d'Aizen s'étiraient en un sourire mauvais.
- O-oui, enfin... Différente... bégaya t-il, mal à l'aise.
- Et mon cher maitre ne devine pas la raison d'une telle tenue ? reprit la voix doucereuse de Sosuke.
- Non...
Ichigo posa ses mains sur les épaules d'Aizen. La voix trop basse venait d'allumer un signal d'alarme. Il le poussa un peu pour tenter de s'enlever de cette étreinte et de cette discussion qui commençait à ne pas lui plaire du tout. Pas de cet avis, l'étreinte autour de sa taille se referma un peu plus, ce qui l'empêcha de bouger. Une fois de plus, Sosuke semblait s'amuser à ses dépends. Pourtant le visage était redevenu sérieux à sa dernière réponse, comme s'il cherchait à savoir s'il était sérieux ou pas.
- Dire qu'il te suffirait de tirer légèrement pour tout ouvrir... commença t-il. Sa main se referma sur celle du jeune homme. Il tira pour la mener à la ceinture qui retenait effectivement presque l'intégralité de la tenue.
- Arrête... gémit Ichigo, alors que les lèvres de l'adulte se refermaient sur son oreille. Ses mains se mirent à trembler alors qu'il réalisait les sous-entendu murmuré, et il se mit à se débattre plus franchement dans les bras de son opposant, encore plus mal à l'aise.
- Moi qui pensais que c'était pour ça que tu m'avais demandé de l'enfiler.
- Arrête !
Ichigo parvint enfin à repousser Sosuke. Il recula jusqu'à ce que ses reins heurtent la barrière de sécurité de l'étage. Il se retourna pour ne plus voir le visage parfaitement sérieux de l'esclave et il se força à calmer ses tremblements. Peine perdu lorsque quelques secondes plus tard, les bras de l'homme revenaient enlacer ses épaules et qu'un menton se posait sur son épaule.
- Tu es détestable quand tu fais ça, Sosuke, souffla le jeune homme, qui tremblait toujours dans les bras de son esclave.
- Je ne fais rien de spécial, Ichigo. Juste essayer simplement de te faire comprendre ce qui va se passer ce soir là.
- Ce n'est qu'une simple soirée, essaya-t-il de nouveau.
- Il n'en faut pas plus à la débauche, pour y trouver prétexte.
Aizen libéra les épaules pour poser ses mains de chaque côté d'Ichigo, sur la rambarde. Celui-ci se tourna pour lui faire face une nouvelle fois, calmé. Il y eut un silence entre les deux hommes, avant que l'adolescent ne se morde la lèvre inférieure, sentant un début de rage naitre en lui à la seule idée de toutes les « possibilités » que lui avait implicitement révélées l'adulte en face de lui.
Et puis... Le souvenir des esclaves qu'il avait vu dans leurs cellules, avec ce regard vide et froid, lui revint brutalement en mémoire. Oui, il allait vraiment falloir qu'il arrête de se voiler la face un de ses jours sur le rôle des esclaves.
- Alors il est hors de question que tu y ailles ainsi. C'est ce que tu voulais entendre. C'est ça ? fit-il, un peu amer.
- Que suggères-tu alors ? enchaina directement l'esclave, sans répondre.
- Je trouverai une veste avec les armoiries.
L'air fermé et la voix froide du plus jeune firent sourire Sosuke, ravi.
Ichigo ne s'était pas trompé. Lorsqu'il rejoint son père à l'hôpital le lendemain pour prendre des nouvelles de Masaki, il lui fut confirmé que le samedi suivant il était convié à une soirée donnée au manoir Kurosaki. Devant son étonnement quand au lieu, Isshin lui apprit avec amusement que seule une petite partie de la demeure avait brûlé : quelques chambres et l'aile principale. Il apprit aussi qu'une portion de sa chambre avait été épargnée et que les affaires sauvées avait été emballées et mises dans un coin en attendant la fin des travaux.
Il insista pour être là bas avant tous les autres. Parce que se déplacer avec la tenue « officielle » ne l'enchantais pas plus que ça. Pour cause : elle était plutôt voyante. On y retrouvait ce même rouge foncé, des pieds à la tête, à l'exception de gants noirs. Les épaulettes et autres décoration du torse était dorées, tout comme le col fermé et la fameuse lune ouvragée décorant tout le dos.
Sosuke n'avait pu s'empêcher de siffler en le voyant habillé ainsi, plus pour le gêner qu'autre chose. Il s'amusa de voir les joues du jeune homme tenter de rivaliser avec la couleur du tissu. Pour retrouver contenance, il tendit la fameuse veste à Aizen, qu'il avait emprunté à son père et l'aida à l'enfiler. Simple, les dorures se retrouvaient au niveau des extrémités des manches, elles mêmes larges. Les boutons fermés, Ichigo prit quand même la peine de passer une ceinture en tissus autour de la taille, plus symbolique qu'autre chose, ce qui fit ricaner l'esclave. Le noir du pantalon complétait la tenue.
- Je vais avoir chaud, fit Sosuke une fois sur le chemin du manoir.
- Ne te plains pas ! Ma tenue est mille fois pire que la tienne ! Râla Ichigo, alors qu'ils se dirigeaient vers la salle de réception.
Devant les portes, l'étudiant inspira plusieurs fois pour se calmer, avant de se tourner vers l'esclave et de se serrer contre lui, pour se donner courage. Il ignora le regard surpris et resta un instant le nez collé contre le tissu rouge, sans qu'Aizen ne daigne bouger. Il releva finalement la tête, les sourcils un peu plus froncés que d'habitude.
- Ne laisse personne aller contre ta volonté, Sosuke.
- J'ai ta bénédiction pour n'en faire qu'à ma tête ?
- Oui. Sauf avec moi. fit le jeune homme, avec un sourire mutin.
- Je vais voir ce que je peux faire, concéda l'esclave.
Un même sourire étira leurs lèvres, avant que le plus jeune ne se décide à faire volte face et à ouvrir la porte pour rentrer dans ce qu'il avait surnommé quelques temps plus tôt « l'enfer ». Ichigo ignora les regards braqués sur lui et s'avança, suivit d'Aizen. Il remarqua le regard quelque peu étonné d'Isshin qui finit par lui envoyé un signe d'encouragement avant de retourner à ses discussions avec d'autres hommes.
Le début de la soirée n'eut rien de remarquable en soi. Ichigo finit par entrevoir une silhouette familière en la personne d'Ishida. Celui-ci haussa un sourcil lorsqu'il vit Sosuke qui s'éclipsa très vite pour tenter de trouver une zone un peu moins peuplée. Son maître ne se fit pas trop de soucis pour lui et à raison. On ne tarda pas à venir se plaindre de son comportement peu conciliant et il dut faire un énorme effort pour ne pas rire, lorsqu'ils repartaient, après s'être fait renvoyer une seconde fois par lui.
Alors qu'il sirotait tranquillement un verre, il se fit la réflexion qu'il préférait ça. C'est à dire, qu'Aizen et lui soient complices - c'était relatif, mais l'idée était là - qu'ennemis. Même si beaucoup, Ishida le premier, lui reprochait son laxisme et les libertés qu'il lui donnait. Il ne changerait pour rien au monde. Il préférait même. De toute façon, Sosuke était revenu de lui-même à ses côtés après quelques heures, avec un air visiblement satisfait. Ichigo leva les yeux au ciel avec un sourire, sans chercher à comprendre ce qu'il avait bien pu faire.
- Tu n'es plus avec ton ami, Kurosaki ?
- Non, il a été entrainé à danser plus loin.
- Tant mieux, je n'aime pas son regard. Ni son attitude, conclu froidement Aizen.
Perplexe, l'étudiant chercha à lui demander des explications mais l'esclave se contenta de croiser les bras et de ne plus parler. Il finit par hausser les épaules. Après tout, lui aussi ne l'avait pas aimé au premier abord. Sosuke ne chercha plus à s'éloigner par la suite et resta même sagement dans son sillage. Peut-être trop silencieux.
Il arrêta de s'en préoccuper lorsque son père vint même le rejoindre pour discuter de ses études. Il finit par lui poser des questions pour savoir si son fils s'en sortait tout seul. Il se risqua même à tenter de discuter avec le brun, mais ce dernier ne lui répondit que par monosyllabe, le visage encore plus fermé qu'auparavant. Il lui en voulait encore pour son épreuve de force et le lui faisait ouvertement comprendre.
- Ichigo, mon petit ! les interrompit une voix féminine, enjouée
- Bonsoir tante Aleyna.
Ichigo offrit un sourire à sa tante, qui vint le serrer brièvement contre lui avant de relever son visage pour le détailler plus attentivement. Il était vrai qu'il était rare que la Famille Kurosaki soit réunie au grand complet et ça faisait bien cinq ans qu'ils ne s'étaient pas revu. Il la vit adresser un léger signe de tête à Aizen avant de se concentrer de nouveau sur lui et de l'attirer un peu à l'écart. Pour discuter tranquillement sans doute.
Aleyna était la petite sœur d'Isshin. La veste avec les fameuses armoiries de sa tenue était ouverte, révélant le haut de sa robe rouge. Simple, mais qui lui allait parfaitement. Les cheveux et les yeux étaient aussi noirs que son frère. Elle était par contre plus réservée au niveau du caractère : la plupart de ses gestes était lents et mesurés et il ne se souvenait pas avoir vu autre chose que de la douceur sur son visage.
Comme pour confirmer, elle lui offrit un doux sourire, alors qu'elle s'éloignait un peu pour croiser les bras devant son ventre après avoir repoussé une de ses longues mèches dans son dos. Comme son père, elle dégageait un il-ne-savait-quoi d'impressionnant. Surtout depuis qu'elle avait perdu son mari et gérait sa branche secondaire toute seule.
- Est-ce là tout ce que tu as à me dire, Ichigo ?
- C'est que, je n'ai rien à vous raconter de passionnant ma tante, souffla le jeune homme, gêné.
- Vraiment ? reprit Aleyna, surprise, Shiro m'a pourtant dit que tu aurais plein de choses à rapporter.
Shiro… Ichigo eut une légère grimace à ce nom. Fils unique et chéri d'Aleyna, il était de ce fait son cousin. Sauf qu'on ne pouvait pas dire qu'ils s'entendaient très bien. Ou plutôt, Shiro semblait le détester et, de ce fait, il était juste insupportable avec lui. Seulement parce qu'il était l'héritier de la branche principale. C'était ce qu'il croyait, jusqu'à ce qu'il réalise qu'il était comme ça avec tout le monde. Sauf avec sa mère.
- Shiro est ici ?
- Oui, et il est parti à ta recherche sitôt arrivé ici. Il m'a dit qu'il avait hâte de te revoir.
Il adorait sa tante, vraiment mais elle était tellement aveugle quant il s'agissait de Shiro. Même si Isshin lui avait dit un jour que les colères de sa sœur étaient terribles et qu'il plaignait son fils. Enfin, au moins pouvait-il commencer à prévoir un plan pour se replier et s'en aller de la soirée avant de croiser son cousin. Il était resté un moment et s'était montré, son père ne lui en voudrait donc pas s'il quittait la soirée prématurément.
Il commença à jeter des regards en coin à droite et à gauche, jusqu'à croiser le visage intrigué de Sosuke. Aleyna préféra ignorer ce petit manège. Elle ne semblait pas décider à le lâcher sans parler un peu aussi se décida t-il à lui raconter dans les grandes lignes ce qui lui été arrivé ces derniers mois.
- Ho, quand je pense que tu as déjà ton esclave, souffla la femme, posant une de ses mains sur son visage, Shiro n'arrive pas à trouver son bonheur. Mais entre nous, je crois qu'il n'y met pas du sien.
- Je vous avouerai que ce n'est pas toujours facile, ma tante. Sosuke a un caractère… disons difficile.
- Un capricieux ?
- Je dirais un indépendant, plutôt.
Sa tante eut un regard indéchiffrable. Elle finit par avoir un léger rire, murmurant un « un indépendant… Je vois » clairement amusé, qui le mit quelque peu mal à l'aise.
- Je ne suis pas inquiète, tu y arriveras.
- Merci…
- File maintenant, avant qu'il ne te trouve.
Il haussa un sourcil alors qu'Aleyna le poussait gentiment vers Aizen avant de disparaitre dans la foule. Il poussa un léger soupir et il s'empara du bras de Sosuke pour le tirer vers la sortie la plus proche, en essayant de se faire le plus discret possible. La porte refermée derrière eux il s'autorisa un souffle soulagé. Mais ça aurait été bien trop beau d'espérer sans sortir aussi facilement, et il soupçonnait son cousin de l'avoir déjà repéré depuis un moment déjà. Et de lui faire une fausse joie.
- He ! Fraisy-boy, tu vas où là ?
- Bonsoir, Shiro, rétorqua Ichigo, visiblement agacé
Il fit demi-tour pour tomber face au sourire goguenard du dit cousin. Il portait une tenue similaire à la sienne, similaire à celle d'Aizen à l'exception du blason qui se situait sur la poitrine en plus du dos. Si ce n'était les cheveux et les cheveux blancs et la peau blafarde, due à son albinisme, et les pupilles rendues dorée par des lentilles de couleur, ainsi que les lèvres noires - une lubie supplémentaire - son cousin était son portrait craché.
Physiquement du moins, parce qu'au niveau du caractère ce n'était pas tout à fait ça. Il sentit d'ailleurs l'esclave à ses côtés se raidir et se renfrogner, en une attitude méprisante alors qu'ils s'approchaient d'eux. Shiro prit un air blessé suite à son désir de lui échapper.
- Dire que je suis venu exprès pour toi ! Tu pourrais faire un effort.
- Pour t'entendre encore me promettre que tu renverseras la branche principale pour prendre ma place ? grinça Ichigo, Je m'en passe, Shiro.
Devant la voix froide du jeune homme, le dénommé Shiro leva les mains devant lui avec un sourire, en signe de paix. Une pseudo-paix qui le fit froncer les sourcils. Il sentit alors une main se poser dans le bas du dos, et se déplacer pour le pousser légèrement afin de corriger sa position pour le forcer à se tenir droit. Devant l'air un peu surpris qu'arbora son cousin, il comprit que Sosuke cherchait à lui donner l'avantage en le forçant à se redresser.
- En fait, j'étais curieux de voir à quoi ressemblait ton esclave, commença Shiro. Et devant l'air interrogateur d'Ichigo, il continua : savoir ce qui sera mien lorsque je t'aurais renversé, majesté.
- Être tien ? murmura Aizen, après un silence, décidé à répondre puisque son maître ne le faisait pas.
Ichigo leva les yeux au ciel lorsque Sosuke se mit à rire. Un rire bas, moqueur, qui traduisait à merveille ce qu'il pensait et qui était la meilleure insulte qu'il pouvait offrir. Cela eut au moins le mérite de surprendre Shiro qui abandonna en un instant son air narquois pour plisser les yeux. Ichigo n'eut pas besoin de se tourner pour deviner le sourire mauvais et l'air supérieur de l'esclave. Un bon retour aux sources. Son cousin était probablement encore moins habitué que lui à ce genre de réponse.
Malheureusement pour lui, Aizen ne perdrait pas son temps pour le mettre plus bas que terre.
Malheureusement pour Sosuke, quand Shiro désirait quelque chose, il était du genre tenace.
Malheureusement pour Ichigo… Bah… Il se retrouvait au milieu des deux autres, à faire tampon.
- La ferme, l'esclave. J't'ai pas causé.
- Quelle réponse intelligente, digne de ton cousin.
- Hé ! s'écria Ichigo, pas spécialement heureux de la comparaison.
- Je me demande si tu seras toujours aussi sarcastique avec un bâillon au fond de la gorge, cracha Shiro en s'avançant de quelques pas.
Ichigo sentit les choses s'envenimer et réagit enfin. Il posa vivement une main sur la bouche d'Aizen pour l'empêcher de répliquer vertement et se plaça entre son cousin - sur le torse duquel il posa son autre main - et son esclave. Il se fit fusiller du regard et insulter autant par Sosuke que par Shiro mais ne s'en préoccupa pas. A la place, il repoussa son cousin et commença à pousser l'esclave vers la sortie pour clore définitivement l'échange.
- Continue d'espérer dans ton coin Shiro. On s'en va, la discussion est close, n'est ce pas ?
- Quoi ? s'écria l'autre Kurosaki, tu…
- N'est ce pas ?
La voix froide du jeune homme trahissait son début de colère et aucun des deux autres ne se risqua à l'attiser encore plus. Ichigo salua rapidement son cousin, et ils prirent congé. Il ne relâcha vraiment Aizen qu'une fois dans un taxi les ramenant à son appartement. Il s'en voulait un peu de ne pas avoir dit au revoir à son père ni à ses sœurs. Même beaucoup… Il se consola en se disant qu'il les reverrait surement le lendemain à l'hôpital.
Le trajet retour se fit dans un silence total. Bras et jambes croisés, Sosuke avait fermé les yeux et il ne broncha pas lorsqu'Ichigo laissa tomber sa tête sur son épaule pour se reposer. Ce n'est qu'une fois de retour à l'appartement, alors qu'il venait de balancer sa veste sur le meuble le plus proche, que le jeune homme l'arrêta pour le forcer à lui faire face.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Je vois bien que t'es énervé.
- Comme quelqu'un qui réalise que son maître est un lâche.
- Quoi? Non ! C'est juste… Je veux seulement qu'on me fiche la paix, et Shiro… Il ne sait pas s'arrêter, râla Ichigo, j'ai autre chose à faire que de me prendre la tête. Il n'aurait pas lâché l'affaire de toute façon.
- Ne te cherche pas d'excuses. Tu fuis.
- D'accord, si tu veux, Et alors ?
L'esclave laissa échapper un sifflement, agacé sans doute par les réactions de l'étudiant. Il secoua la main, comme pour chasser quelque chose et fit un pas en direction d'Ichigo. Par réflexe, celui-ci recula d'autant. Aizen fronça les sourcils et s'empara du col du jeune homme pour le tirer violemment à lui.
- Il y a tellement d'autres choses à faire que de tourner le dos et t'en aller. Pour le coup, je suis déçu.
- Et qu'aurais-tu voulu que je fasse d'autre ? demanda Ichigo, las.
- La même chose qu'il y a quelques jours. Je veux retrouver celui qui m'a répondu ce soir-là. Lui seul, est digne de mon intérêt.
Le jeune homme se figea alors que Sosuke le relâchait et le dépassait pour disparaitre finalement dans sa chambre. Lui-même resta un instant immobile, les paroles d'Aizen en boucle dans son esprit. Il ne comprenait absolument pas où il voulait en venir, d'autant qu'il ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait. Il se rappelait juste s'être énervé. Grandement énervé. Pas plus.
Il alla s'écrouler sur le canapé et mit la télévision en marche sur une chaine quelconque. Juste se vider l'esprit. Rien d'autre. Sans qu'il ne s'en rende compte, il piqua du nez et se retrouva allongé sur le canapé, un des coussins entre ses bras. La télécommande tomba au sol alors que Morphée venait l'emporter.
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