Master and Slave

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Le concierge, Mr. Augustin K. par contre est ma propriété ! (on ne rigole pas ;P)

Note: J'ignore si je pourrai avoir un rythme de publication régulier, je m'en excuse d'avance. Je m'excuse également s'il y a un peu de OOC...

Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !

Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)

Blabla de l'auteur: J'ai cru comprendre que ma coupure avait été... sadique ^^. Mais au moins je suis sûre que vous allez venir lire la suite ;D


Je réponds (toujours) à toutes les reviews, via le système de réponse aux reviews!

Les reviews anonymes:

Lynn: La réaction d'Ichigo... La voila haha ^^. Je ne répondrai pas à tes questions dans la mesure où toutes les réponses sont dans ce chapitre =D
Promesse tenue \o/, rendez vous au prochain chapitre!
Suki: Et voila la suiiiite \o/. Tu es bien la seule personne qui plaint Shiro ^^ *air angélique*
Anon: Double merci ;D. Triple même: merci pour ta review!
Trinity07: Il a de bonnes raisons de péter un câble non? *grand sourire entendu* xD et oui, le hasard (hahem) fait très bien les choses. Merci le prof et merci Orihime sinon Aizen y passait \o/.
Carie: Merci et merci pour ta review ;D la suite la voilaaa (sans rire?)
Lu: Oui, je suis sadique dans l'âme haha. Non en fait, c'est juste une question de découpage de chapitre. J'pouvais pas couper autre part. (oui je me rattrape aux racines ^^)


Ichigo passa dans le salon, son regard se porta immédiatement vers les deux autres hommes. Shiro lui tournait actuellement le dos, trop préoccupé par Sosuke, qu'il avait plaqué au sol. Ce qui l'inquiétait, c'était que ce dernier ne bougeait pas. Il fit quelques pas rapides vers eux et sentit ses poings se serrer sous la colère naissante qui s'empara de ses entrailles.

Son cousin se releva légèrement pour se déplacer. Se reculer plus exactement. Le jeune homme eut le temps d'apercevoir la chemise ouverte sur le torse d'Aizen qui ne réagissait toujours pas. Et lorsque Shiro eut un reniflement avant de se pencher et d'effleurer de sa main le corps étendu, Ichigo arrêta de réfléchir.

Livre I – Un simple jeu

Chapitre 8

Aussi vite que possible, sa main plongea pour se refermer sur les mèches blanches et tirer vers lui. Il s'attira un glapissement indigné de la part de leur propriétaire, durement projeté en arrière. Shiro atterrit sans douceur. Il n'eut pas le temps de protester ou de réagir qu'une main s'emparait de son col. Il fut relevé pour être plaqué contre le mur le plus proche, tout aussi violemment. Ichigo remarqua que du sang coulait abondamment de son nez et de sa lèvre, signe qu'Aizen ne s'était pas laissé faire, et que les deux hommes s'étaient probablement déjà battus.

- Que lui as-tu fais, Shiro ?
- Rien qui ne te regarde, Majesté.

Une réponse qu'Ichigo n'apprécia pas du tout. Son poing vint s'abattre à côté du visage de son cousin qui sursauta, peu habitué à de telles réactions. Il cligna plusieurs fois des yeux, et finit par rentrer instinctivement la tête dans les épaules face à la fureur du maitre des lieux.

- Ne m'oblige pas à me répéter, fit Ichigo d'une voix plus forte.
- Je l'ai juste calmé un peu ! cria à son tour Shiro.
- Calmé comment ?

Il ne s'en rendait pas compte, mais il s'était mis à hurler. Shiro était allé bien trop loin et s'il tenait à lui faire comprendre que cette fois, il ne laisserait pas passer, il s'inquiétait également pour l'esclave allongé au sol à leur côté.

- Je l'ai drogué… avoua finalement son cousin à contrecœur, légèrement, il n'a fait qu'en respirer pendant un temps, crut-il bon de préciser, espérant peut-être atténuer les réactions qui en découleraient. Mais Ichigo fronça les sourcils plus encore. Alors Shiro sortit d'une de ses poches un tissu, visiblement imbibé.

- C'est du GHB, pour qu'il se tienne tranquille, mais il est encore conscient tu sais.
- Une… drogue du viol ? Shiro… siffla Ichigo.
- Ton esclave est une vraie furie, je n'ai pas eu le choix, regarde ce qu'il m'a fait !

Ichigo serra les dents, et lui répondit d'un formidable coup de poing qui envoya son cousin au sol. Il rattrapa son col dés qu'il se fut remis debout, râlant au passage. Le jeune homme tira pour rapprocher leurs visages et, l'espace d'un moment, Shiro paniqua. Il ne reconnaissait plus du tout le cousin qu'il avait l'habitude d'asticoter depuis plusieurs années.
Il se sentit poussé, et fut contraint de commencer à reculer. Ichigo menait la danse à sa guise, totalement fermé à tout dialogue apparemment. En même temps, il estimait qu'il n'y avait aucune justification possible. Il ne pouvait faire que profil bas.

- Mon esclave est ma seule propriété, je suis le seul qui puisse le toucher, commença celui-ci, en même temps qu'ils reculaient. Et je t'interdis d'essayer de nouveau de poser tes pattes sur lui. Ni même de venir ici, ou je t'envoie à l'hôpital ! Suis-je bien clair ?
- Ça va, ça va. Pas la peine de jouer les grands seigneurs.
- Et sois assuré que tante Aleyna en sera informée, répondit froidement Ichigo.
- Tu… Enfoiré !

Sa mère était la seule personne qu'il craignait véritablement à ce jour. Malgré ses airs adorables, quand elle était au courant de ses bêtises… Quoique son cousin venait lui aussi de lui prouver qu'il y avait des limites à ne pas franchir.
Ichigo pivota, et Shiro put le voir poser sa main sur la clinche de la porte. Il ouvrit celle-ci. Bientôt ils furent tous deux dans le couloir, et son cousin se débattit pour échapper à sa poigne d'acier. Il le relâcha, et le repoussa dans un même mouvement.

- Comment as-tu obtenu les clés d'ici ?
- Ton… père, me les as données. Je lui ai dit que je souhaitais te voir, il n'a pas fait d'histoire.

L'étudiant accusa le coup mais ne répondit rien. Il se détourna pour rentrer dans son appartement. Shiro l'empêcha de refermer la porte et il frissonna quelque peu devant le regard assassin dont son cousin le gratifia. Il avait abandonné toute attitude agressive, désormais beaucoup plus ennuyé qu'autre chose, et mal à l'aise.

- Ne dis rien à ma mère, tenta t-il.
- Tu rêves, répondit froidement Ichigo.
- Faisons un deal : Si j'te donne une info intéressante, tu gardes le silence.

Le jeune homme fit la moue. Il réfléchit un instant, avant de rouvrir la porte pour faire directement face à son cousin. Au moins pouvait-il écouter ce qu'il avait à dire, si ce n'était pas une imbécilité dont Shiro avait le secret.

- Et pourquoi je t'écouterai ?
- Par ce que ça concerne ton cher esclave.

Il y eut un silence, et son cousin passa finalement une main dans ses cheveux. Il détourna la tête pour ne plus subir le regard froid d'Ichigo.

- Quand je suis arrivé… Je suis entré sans faire de bruit. J'ai entendu ton esclave discuter.
- De quoi ?
- Je ne sais pas. Il parlait bien trop bas pour que je puisse tout saisir mais… J'ai cru comprendre que ça avait un rapport avec la ville basse. Je présume que c'est une de ses connaissances. Il a raccroché immédiatement quand il m'a vu.

Shiro patienta quelques minutes puis finit par redresser la tête vers Ichigo dont le regard s'était posé sur un point fixe derrière lui. Le jeune homme essayait de trier les informations données et il finit par secouer la tête. Il demanderait directement au concerné pour avoir sa version de l'histoire.

- Alors ?
- Dégage Shiro. Je t'ai assez vu.
- Tsss.

L'étudiant referma la porte, et son cousin n'insista pas. Il partit. Il savait maintenant qu'Ichigo ne dirait rien à sa mère, et qu'il pouvait donc désormais rentrer tranquille. « Même en colère, sa majesté restait parfois trop gentil » pensa t-il avec une certaine ironie.
Le jeune homme se dépêcha de revenir dans la pièce principale. Il se pencha sur Sosuke pour inspecter les dégâts. La lèvre inférieure était entaillée et du sang maculait le menton et le haut du torse de celui-ci, ce qui tachait au passage la veste blanche qu'il portait. Enfin, ses yeux rencontrèrent le regard noisette qui le fixait, neutre. Il devint meurtrier lorsqu'il avança la main pour repousser quelques mèches et essuyer un peu le sang. Sa colère remonta en flèche.

- Quoi ? aboya t-il, agacé. Ravale moi immédiatement ta foutu fierté mal placée. Tu me fais chier toi aussi avec tes conneries.

Les lèvres de l'esclave tremblèrent quelque peu, signe qu'il aurait bien voulu lui répondre vertement mais qu'il en était incapable. Néanmoins son regard se fit plus doux. Ichigo analysa rapidement la situation. Impossible pour lui de le soulever pour le déplacer. Sosuke était bien trop lourd pour lui. Il inspira, avant de se placer derrière Aizen et de passer ses bras autour du torse pour le tirer. Seul moyen qu'il avait trouvé pour rejoindre les chambres. Aizen faisait son poids, mais sa colère et son inquiétude lui permirent de faire le trajet. Il ne perdit pas de temps et enleva la chemise de l'adulte avant de l'installer sous d'épaisses couvertures. Il prit soin de nettoyer le sang avec un linge humide.
Même si son cousin avait affirmé l'avoir drogué « légèrement », il avait dû forcément mélanger sa drogue à autre chose pour que Sosuke reste ainsi totalement immobile. Et actuellement il voulait éviter une possible hypothermie. L'esclave sous les couvertures, il se fit un petit plaisir en s'amusant à le border, ne serait-ce que pour le regard noir qui suivit chacun de ses mouvements.

Alors il redescendit, toute adrénaline disparue. Il s'installa à la grande table du salon. Il alluma son ordinateur portable pour effectuer quelques recherches plus poussées sur la drogue que lui avait indiqué Shiro.

« Aussi appelé « ecstasy liquide », le GHB peut être retrouvé sous forme de poudre, de capsule ou de granulés à dissoudre. Il n'a ni odeur, ni saveur (ou très peu) […] Les effets surviennent environ quinze minutes après entrée dans l'organisme pour une durée de trois à quatre heures»

Bon... Donc Sosuke avait au moins respiré ce truc pendant un bon quart d'heure. Peut être moins… Il doutait qu'il se soit gentiment laissé faire… Au moins ça expliquait pourquoi il était si énervé. Il allait vraiment falloir qu'il lui demande sa version de l'histoire…

« Le GHB produit une chaleur interne bénéfique, une inhibition, la relaxation musculaire et un état d'euphorie. Il peut provoquer des vertiges, des nausées, des vomissements, de l'hypothermie, et à forte dose une chute de la pression sanguine, de l'amnésie, une dépression respiratoire, des crises épileptiques, le coma voir la mort. »

Ichigo referma son ordinateur et soupira en espérant ne pas avoir de complication. L'envie de remonter voir si tout allait bien le prit… Mais il secoua la tête et préféra rester sagement à sa place. Il savait qu'Aizen ne supporterait surement pas d'être dorloté de la sorte. Et lui-même ne pouvait pas faire grand-chose dans tous les cas.
Il rejeta la tête en arrière, le dos contre le dossier de la chaise et les bras pendant dans le vide, après avoir desserré l'écharpe autour de son cou. Dans le feu de l'action, il n'avait même pas pris le temps d'ôter ce qu'il avait en trop. Écharpe et gants atterrirent bientôt sur la table, et la veste n'allait pas tarder à suivre le même chemin lorsqu'il fut interrompu par des coups secs sur sa porte. Il fronça les sourcils et alla ouvrir avec méfiance. Il se détendit lorsque le visage inquiet du concierge essoufflé apparut dans son champ de vision.

- Monsieur Kimura ?
- Tout va bien ? J'ai vu l'homme repartir avec le visage en sang, je suis venu voir si vous n'aviez pas de problèmes.
- J'ai tout réglé, c'est terminé.
- Vous êtes sur ?
- Oui. Ne vous inquiétez pas.

Il resta plusieurs minutes à discuter avec l'homme, esquivant autant que possible les questions plus ou moins subtiles pour en savoir un maximum sur les événements qui avait bien pu se passer. Ichigo prétexta la fatigue pour écourter la conversation et il referma une nouvelle fois la porte pour être définitivement tranquille.
La veste enfin enlevée, il alla s'effondrer à nouveau sur le canapé, où il s'installa confortablement. Il alluma sa console de jeu et en mit un au hasard. Il plaça une couverture sur ses épaules pour se protéger du refroidissement lié à l'immobilisme, et replia ses jambes. Bientôt une musique entrainante raisonna dans l'appartement et Ichigo se saisit rapidement de la télécommande pour baisser le son. Ce n'était qu'un simple jeu de plate-forme qui eut au moins le mérite de lui vider la tête une fois le tutoriel passé, d'autant qu'il n'était pas bien difficile pour le moment.

Ce fut deux heures plus tard qu'il vit Aizen redescendre, le teint pâle. S'il s'étonna d'un rétablissement aussi rapide, il ne tarda à comprendre qu'il luttait pour rester debout et ne pas - trop - vaciller. C'est avec précaution qu'il descendit la dernière marche, resta immobile un instant avant de redresser la tête vers le jeune homme qui avait abandonné sa manette pour le rejoindre.

- Je peux savoir ce que tu fais ici ? fit-il, perplexe.
- T'aurais préféré que je vomisse en haut ? lui répondit Sosuke d'une voix blanche.
- Je vais t'aider.

Il décida d'ignorer le rire bas qui suivit sa réponse, qui sonnait plus comme une moquerie supplémentaire qu'autre chose, et passa son bras autour de la taille.

- Je peux y arriver seul.
- Mhh… acquiesça vaguement Ichigo. Il savait aussi bien que Sosuke que ce n'était pas vrai.

Arrivé à la pièce désirée, l'étudiant préféra laisser l'esclave seul et s'adossa au mur à côté de la porte. Aizen se fit un point d'honneur à rester silencieux, et probablement profita t-il de cet isolement pour prendre sur lui et cacher une grande partie de son mal. Quand il ressortit, seul son visage blanc trahissait les effets encore présents de la drogue. Au point qu'il repoussa Ichigo lorsqu'il voulu de nouveau l'aider. Le jeune homme n'insista pas et se contenta de rester gentiment dans son sillage, pour le surveiller. Il le vit s'arrêter un instant devant les escaliers, avant de reprendre sa route pour rejoindre le canapé. Était-ce si dur d'avouer qu'il manquait certainement de force pour regrimper la quinzaine de marches qui le reconduirait aux chambres ? Il ne fit aucune remarque et s'installa à ses côtés. Sa main s'empara une nouvelle fois de sa manette de jeu. Par de bref regard vers Sosuke, il put se rendre compte que celui-ci regardait l'écran sans vraiment le voir. Il était probablement trop occupé à lutter contre les nausées et l'engourdissement.
Quand il le vit baisser légèrement la tête et crisper ses mains sur ses bras croisés contre son torse, qu'il se décida à abandonner une nouvelle fois sa manette. Il s'empara du bras, il tira l'adulte pour le forcer à s'étaler sur lui avec un grognement. Avant qu'Aizen n'ait pu protester, il se retrouva sur le dos, la tête sur les cuisses d'Ichigo et la couverture par-dessus lui. Il tenta bien de bouger un peu, pour se défaire du plaid, avant d'abandonner avec un soupir lorsque sa vision commença à tanguer dangereusement. Le corps de Sosuke était entièrement crispé, et Ichigo grimaça en cherchant un moyen de faire en sorte qu'il n'est pas trop mal à la nuque. Peine perdu quand le « malade » faisait en sorte de vous compliquer la tache.

- Cesse de t'agiter, t'en a encore pour une heure et demi à tenir, ce n'est pas la mort.
- Je n'ai pas besoin d'être materné.

L'étudiant leva les yeux et au ciel, avant de froncer les sourcils en voyant l'air sérieux de Sosuke. L'idée de reprendre son jeu et l'ignorer purement et simplement pour le reste de la soirée lui traversa l'esprit. Mais comme il estimait ne pas être en tort, il refusait de lâcher l'affaire.

- Tu me reproches de veiller sur toi ?
- Comme tu le ferais avec un gentil petit animal de compagnie, oui.

Le cadet rentra la tête dans les épaules et murmura un « ne soit pas stupide» d'un ton amer, avant de détourner la tête. Aizen ferma un instant les yeux. Il venait de vexer son vis-à-vis. Agacé, il se contraint à adopter un ton plus doux, plus conciliant… Qui se traduisit en réalité par un gros soupir désespéré.

- Réfléchis un peu. Te comportes-tu comme ça avec tes amis ?

Un silence suivit son interrogation, qui lui prouva que si Ichigo s'était posé la question, il n'avait jamais cherché la réponse. Déconcentré, celui-ci observait l'écran du Game Over qui venait de s'afficher, en réfléchissant à ce qu'il pouvait bien rétorquer.

- Non, finit-il par admettre, mais avec ma famille si.
- Si je ne venais pas d'être comparé à deux fillettes d'une dizaine d'année à peine, j'aurais presque pu me sentir flatté, répondit froidement Aizen.
- Pourquoi Yuzu et Karin spécialement ?
- Tu oserais me soutenir que tes parents y ont droit aussi ?
- J'aurais vraiment dû te laisser étalé par terre, en fait, cracha le maître.

Ichigo plissa les lèvres, avant de gronder, mécontent de constater qu'Aizen était bien parti pour obtenir encore une fois le dernier mot. L'esclave eut un léger sourire, amusé. Mais qui disparut bien vite. Et pour ainsi dire, l'étudiant se décourageait. Sosuke le rembarrait sèchement quoi qu'il arrive et quoi qu'il fasse, tant et si bien qu'il ne savait plus sur quel pied il devait danser. Peut être profiter de sa passivité forcée pour mettre les points sur les « i » et passer enfin à autre chose…

- …Je peux te poser une question ? demanda Ichigo qui vit l'esclave hausser un sourcil de surprise ou d'intérêt, il n'aurait su le dire. Qu'attends-tu de moi exactement ?
- Je n'attends rien de toi. Actuellement tu es faible, tu ne peux rien m'apporter. Tu cèdes face à moi, comme face à ton cousin. Pourtant, toi comme moi savons que tu étais tout à fait capable de dominer la situation si tu l'avais désiré. Comme tout à l'heure.
- Mais je n'en ai pas…
- Envie. Oui. C'est bien ça, le problème.

Ichigo eut un soupir, ne sachant que répondre à ça. Il se voyait mal changer uniquement pour lui faire plaisir après tout. Il laissa ses doigts frôler les courtes mèches brunes, en une caresse si légère et rapide que l'esclave crut un moment qu'il l'avait tout simplement rêvé.

- Je veux revoir cet Ichigo qui a fait trembler son si terrible cousin tout à l'heure. L'héritier Kurosaki.

Et l'homme insista. Il sentait bien que son cadet était sur le point de se mettre une nouvelle fois en colère. Il pourrait alors revoir ce qui l'intéressait tant chez cet adolescent. Il tenterait encore et encore de façonner son maître à sa guise. L'image du marionnettiste lui revint en tête. Elle était vraiment bien trouvée. Même si son sourire se fana quelque peu lorsqu'il vit qu'Ichigo luttait pour ne pas rentrer dans son jeu et garder un peu de son sang froid. Le jeune homme lui offrit un regard las auquel il n'était pas habitué. L'espace d'un instant, les visions de ses précédents « maîtres » vinrent se comparer à l'étudiant. Ceux qu'il avait réussi à briser et à faire tomber.

- Tu es allongé sur lui, fit le jeune homme, coupant ses pensées. Je suis toujours ainsi et, comme toi, je n'ai pas l'intention de changer pour tes beaux yeux, Sosuke.

En même temps qu'il parlait, une main se posa sur le visage d'Aizen qui se figea. Privé de sa vue, les mots de l'adolescent, même murmurés lui parvinrent distinctement. Neutre, une simple constatation. Mais c'était ce gamin là, sûr de lui, qu'il appréciait. Ichigo… Il ne ressemblait à aucun autre. Et cette capacité qu'il avait d'avoir un comportement différent en quelques secondes le fascinait. Du moins c'était ce qu'il pensait.
Alors que Morphée pointait le bout de son nez, aidée par la drogue, et qu'il fermait les yeux, il se fit la réflexion que… peut être… le jeune garçon devait avoir un sort différent de ses prédécesseurs. Et qu'il méritait une attention supplémentaire de sa part. Il pourrait consentir à faire un effort, si le jeu en valait vraiment la chandelle.

Bientôt la main libre vint reprendre ses mouvements dans sa chevelure, et bien malgré lui il se laissa aller, se détendant progressivement. Le silence était revenu entre les deux hommes. Le sommeil ne tarda pas à l'emporter, et il se laissa totalement aller. Après tout…Ce n'était pas comme s'il avait quelque chose à craindre. Le gamin veillait.

Lorsqu'il se réveilla le lendemain, aucun des deux n'avait bougé. Seule la main qui était passé dans ses cheveux avait glissée lorsqu'Ichigo s'était endormi. Il préféra attendre que les dernières bribes de sommeil soient parties pour repousser la couverture et enlever la main de l'étudiant qui était sur son visage. Il se redressa et porta son regard sur l'adolescent toujours endormi avant que ses yeux ne glissent sur la manette, tombée au sol.
La bouche pâteuse, il se leva sans un bruit, prit la direction de la cuisine pour trouver de quoi se désaltérer alors que les souvenirs de la veille lui revenaient au compte goutte. Le liquide avalé, il se passa une main sur le visage et son regard fut bientôt attiré par l'horloge murale qui indiquait presque six heures et demie. Il eut un instant d'hésitation avant de revenir vers le canapé et de se pencher sur le dormeur.

- Kurosaki ?

Un genou à côté de l'adolescent, ses mains se posèrent sur les épaules de celui-ci. Il le secoua doucement. Il y eut un moment de flottement avant qu'Ichigo n'ouvre les paupières et relève les mains pour se frotter les yeux et s'étirer. Il se retrouva avec le visage d'Aizen juste devant le sien, il dut laisser transparaitre son interrogation puisque ce dernier lui indiqua l'horloge avec un léger sourire.

- Tu vas être en retard si tu ne te lèves pas maintenant, dépêche-toi.

Le temps que l'étudiant ne comprenne, Sosuke s'était déjà éloigné. Néanmoins il avait raison et il dut se résoudre à se bouger pour se préparer. La douche prise en quatrième vitesse et une nouvelle tenue enfilée, il rejoignit Aizen à table pour prendre son petit déjeuner. Pour une fois qu'il n'avait pas à courir en catastrophe, il allait profiter un peu.
Face à lui l'esclave avait le regard perdu dans sa tasse de thé, et Ichigo réalisa bientôt qu'il n'y avait pas du tout touché. Pourtant il n'avait pas l'air d'être spécialement affecté par ce qui avait bien pu se passer la veille.

- Qu'est ce qui s'est passé hier ? Tu t'en souviens ?
- Je n'arrive pas à me souvenir de ce qui s'est passé quand tu es arrivé. Jusqu'à ce que je me réveille hier soir, mentit Aizen.
- Tu n'as pas raté grand-chose. J'ai viré Shiro et je t'ai allongé.

Sosuke se contenta d'acquiescer lentement, y semblant indifférent. Il laissa le silence retomber entre eux. Ichigo se mordit la lèvre inférieure et se décida à lui poser la question qui lui tenait à cœur. Il avait encore un peu de temps avant de devoir partir pour ses cours de la journée.

- Shiro m'a d'ailleurs dit… que tu étais au téléphone, lorsqu'il est arrivé.
- Le téléphone a sonné et j'étais effectivement en train de répondre quand je l'ai vu.
- C'était à propos de la ville basse ?

Le visage de l'esclave se referma immédiatement, alors que son regard venait fusiller l'étudiant qui resta stoïque, bras croisés sur la table. Ce n'était pas vraiment après lui qu'il en avait, plutôt après son cousin et sa langue un peu trop bien pendue à son goût.

- Ça ne te regarde pas, finit-il par lui dire, glacial. As-tu si peur que je ne m'en aille sans te prévenir ?
- Oui… avoua le jeune homme, mais je sais que tu ne le feras pas.
- Et tu as raison. Nous avons un jeu à terminer, ne l'oublie pas.

Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres d'Ichigo, jumeau de celui de Sosuke. Le plus jeune se leva, débarrassa sa tasse avant de rejoindre le hall. Il s'empara de sa veste et de son sac de cours qui n'avaient pas bougés depuis la veille.

- Aucune chance. Je te battrai ! cria t-il.

Et sur ses mots, il parti pour l'université, rendu d'excellente humeur par ce petit échange matinal. Et aussi, parce que le réveiller et lui éviter le retard signifiait que son esclave l'avait implicitement remercié. Du moins le prenait-il comme ça. A sa manière bien entendu. Une chose qu'il n'aurait jamais crue possible. Mais il n'en avait jamais espéré autant de toute façon.
Quand il arriva en cours, ce fut avec un grand sourire amusé qui ne disparut pas de la journée. Ses amis eurent beau lui demander la raison lors de la pause déjeuner, il refusa catégoriquement de répondre, jouant de leur curiosité. Lorsqu'il revint vers l'université, les ayant laissé sur leur faim, il fut arrêté par un carton présenté devant son nez.

- Tiens, Kurosaki, fit Uryû, en remontant ses lunettes sur son nez.
- Qu'est ce que c'est ?

Par réflexe, il attrapa l'objet qui se balançait devant lui et posa son regard dessus. Une invitation… Il reconnu sans peine l'écriture fine et serrée d'Ishida. Et il y avait une adresse dans un des coins. Il pensait savoir où ça se situait : dans le centre du nouveau Tokyo, le quartier le plus riche de la ville. Ainsi donc, Uryû avait emménagé là-bas… ça ne l'étonnait qu'à moitié en fait, quand on connaissait un peu le personnage.

- Pendant les vacances de Noël, j'invite des amis pour décompresser avant les examens. Je compte sur ta présence.
- Oh heu… Oui, bien sûr.
- Parfait. Ah, et n'oublie pas d'emmener ton esclave avec toi. Je suis assez curieux de voir à quoi il ressemble.
- Tu l'as déjà vu, non ? souffla Ichigo, perplexe.
- Aperçu plus exactement… Et puis là, ça ne sera pas pareil, lui répondit Uryû, un sourire aux lèvres

Le Quincy remonta une nouvelle fois ses lunettes sur son nez. Le fait qu'Ichigo n'en parle jamais ou détourne le sujet quand il était évoqué, suffisait à attiser la curiosité de n'importe qui. Lorsqu'il rentra à l'appartement le soir, il se fit un petit plaisir d'informer Sosuke de l'invitation et de l'intérêt dont il était la cible. Le fait que l'esclave reste de marbre ne l'étonna pas plus que ça. Il semblait même plutôt réticent à y aller. Pour une fois, il ne lui laissa pas le choix.


Lorsque les vacances arrivèrent, un petit mois après, ce fut un soulagement général parmi les étudiants. Même si ces deux semaines devaient être consacrées aux dernières révisions en vue des partiels finaux du semestre, les premiers jours seraient consacrés à se reposer et à ne rien faire. C'était le programme que lui avait « expliqué » Uryû pendant les derniers jours de classe. Si ce planning était alléchant à première vue, arrivé devant le manoir du concerné, un mauvais pressentiment le prit au ventre. La demeure était grande, mais dégageait une impression générale qui ne lui plaisait pas tant que ça. Austère. C'était un bon terme.

Derrière lui, Aizen croisa les bras et lui rappela qu'il était encore temps pour eux de pouvoir faire demi tour et d'aller se reposer au chaud dans leur l'appartement... Avant de rejoindre le domaine Kurosaki pour fêter Noël. Ichigo secoua la tête avec agacement avant d'appuyer sur la sonnette pour qu'on vienne lui ouvrir. La nuit était tombée depuis un moment et il commençait à se geler de rester ainsi immobile en attendant le bon vouloir de la maison.
Certes il arrivait très tard, après le repas du soir même… Mais il avait eu quelques petites affaires à régler, notamment avec son père qui n'avait pas trop apprécié de voir son fils lui échapper pour une semaine qu'il estimait importante.

Une voix stridente, désagréable, demanda qui venait de sonner. De la même manière il donna son nom et la voix changea brutalement de ton avant de lui ouvrir les grilles. Il ne leur restait qu'à traverser le parc pour arriver à destination. Le jeune homme enfouit ses mains dans les poches et attendit que Sosuke soit à son niveau pour reprendre sa marche.

- Rappelle-moi combien de temps on reste ici ? soupira l'esclave.


Et hop! rendez vous début mai pour la suite ;D
Merci de m'avoir lu!