Master and Slave

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Miwa, Etsuko, Eliandre, Zephiel et Seijuro sont à moi! ^^ et j'y tiens beaucoup.

Note: Je m'excuse par avance s'il y a un peu de OOC...

Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !

Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)


Blabla de l'auteur: On vient de dépasser la moitié du livre I oO! Je ferais probablement un compte rendu des vues / reviews =D dont le nombre est déjà assez hallucinant pour moi xD
Merci de votre soutien!
Je crois que ce chapitre est un peu plus court que d'habitude. Pardon pardon!


Les reviews anonymes:
Trinity07: Oui, x) même si ça ennuie Aizen, la "dette" est belle et bien là ahah! Peut être qu'il fera un petit effort, obligé qu'il est.
Lynn: Zut, j'étais contente de cette scène :/, j'espère qu'elle t'a plu quand même ^^. Quand à Aizen au milieu de tous les invités... ça promet! Parce que je ne spoilerai pas en disant qu'il ne fera absolument aucune effort. ^^ on ne change pas les vieilles habitudes.


Derrière lui, Aizen croisa les bras et lui rappela qu'il était encore temps pour eux de pouvoir faire demi tour et d'aller se reposer au chaud dans leur l'appartement... Avant de rejoindre le domaine Kurosaki pour fêter Noël. Ichigo secoua la tête avec agacement avant d'appuyer sur la sonnette pour qu'on vienne lui ouvrir. La nuit était tombée depuis un moment et il commençait à se geler de rester ainsi immobile en attendant le bon vouloir de la maison.
Certes il arrivait très tard, après le repas du soir même… Mais il avait eu quelques petites affaires à régler, notamment avec son père qui n'avait pas trop apprécié de voir son fils lui échapper pour une semaine qu'il estimait importante.

Une voix stridente, désagréable, demanda qui venait de sonner. De la même manière il donna son nom et la voix changea brutalement de ton avant de lui ouvrir les grilles. Il ne leur restait qu'à traverser le parc pour arriver à destination. Le jeune homme enfouit ses mains dans les poches et attendit que Sosuke soit à son niveau pour reprendre sa marche.

- Rappelle-moi combien de temps on reste ici ? soupira l'esclave.

Livre I – Un simple jeu
Chapitre 9

- Seulement une semaine.
- Tu ne comptes pas réviser alors.
- Ça fait des mois que je travaille d'arrache pied pour me permettre de ne rien faire pour les vacances de Noël. Parce que ce sont les vacances de Noël justement. On ne fait rien à Noël ! fit Ichigo, insistant volontairement sur cette fête.

L'esclave leva les yeux au ciel mais préféra ne pas répondre. Son léger sourire trahissait de toute manière ce qu'il pouvait bien penser. Une fois arrivé à la porte, celle-ci s'ouvrit sur un majordome qui s'inclina respectueusement devant eux. C'était un homme d'apparence sévère, dont les tempes et les cheveux grisonnant trahissaient l'âge. Ça et quelques petites rides au coin des yeux également. Son regard bleu clair, comme la glace, rendait le personnage pas vraiment engageant.
Il se redressa, raide comme la justice, et il s'adressa directement à Sosuke qui haussa un sourcil, surpris. Peut être pas autant qu'Ichigo.

- Bienvenue, Monsieur Kurosaki.
- Merci, répondit Aizen avec un sourire mauvais.

L'employé fronça les sourcils devant cette attitude. Il ne réalisa son erreur que lorsqu'il entrevit le collier noir, camouflé en partie par la veste. Sosuke finit par être poussé légèrement par le plus jeune, vexé. La réponse ne se fit pas attendre et les deux hommes se lancèrent dans une de leurs petites disputes habituelles. Ils avaient totalement oubliés ce qui pouvait les entourer, du moins jusqu'à l'arrivé du maitre des lieux.
L'esclave se ferma un peu en l'apercevant et Ichigo fronça les sourcils, se calmant brusquement. Le majordome s'éclipsa alors et laissa Ishida s'occuper de ses invités. Au passage, il prit le sac d'affaires apporté par le jeune homme pour le monter dans la chambre qui lui était réservée.

- Tu es le dernier arrivé Kurosaki. Ça ne m'étonne même pas.
- C'est de sa faute ! râla l'autre étudiant en pointant Aizen désormais derrière lui.
- On ne montre pas les gens du doigt, gamin mal élevé ! fut la réponse de Sosuke, accompagné d'un léger coup à l'arrière du crâne.
- Aïe ! Je m'en fiche, c'est la vérité ! protesta Ichigo pour la forme.

Ishida resta sceptique mais préféra se taire face à cet échange. Il invita plutôt les deux hommes à rentrer dans le manoir, pour éviter une nouvelle dispute. La porte refermée, il leur expliqua rapidement où se situait les différentes pièces et leur fit faire le tour du propriétaire.
Ce fut plus par politesse qu'autre chose qu'Ichigo écouta, se retenant de bailler pour ne pas vexer Uryû. Ce n'était pas contre lui, mais ce genre de protocole l'avait toujours ennuyé plus qu'autre chose. Le Quincy avait déjà suffisamment de raison de râler après lui, autant ne pas lui en donner une supplémentaire. Mais soyons honnête : il se moquait complètement du passé de la famille de l'Est qu'était en train de réciter son ami.

Il fut sauvé par l'intervention d'Orihime qui eut néanmoins le mérite de couper Ishida dans son élan. Faisant de grands signes de la main en criant son nom, elle s'attira l'attention des trois hommes présents. Elle se rapprocha d'Ichigo pour commencer à discuter avec lui de tout et de rien. Un peu gêné d'ailleurs, celui-ci se passa une main sur la nuque.
Si Uryû n'avait pas eu un faible certain pour la jeune femme, elle n'aurait sans doute jamais mis les pieds dans cet endroit. Etant d'origine noble, avec tous les préjugés que cela impliquait, Ishida avait la mauvaise manie de snober ceux qui n'était pas de sa classe sociale. Mais du coup elle se retrouvait seule ici et il était probablement, avec le maitre des lieux bien sûr, les uniques personnes qu'elle connaissait et fréquentait. Parler avec lui était un moyen de dissimuler aux autres, son anxiété croissante et son malaise.

S'il savait que son amie d'enfance faisait partie de ce que l'on pouvait appeler la basse noblesse… Elle vivait seule, depuis que son frère était mort dans un accident de la route, et devait faire face à tous les aléas de la vie quotidienne. Ichigo savait que son père était lui-même un noble. Mais Orihime se fermait automatiquement dés que le sujet était abordé et détournait systématiquement la conversation, qualifiant cet intérêt pour sa famille de « sans importance ». Elle préférait cacher ces origines et vivre « normalement », comme elle le disait elle-même.
Après un regard pour Uryû, il commença à entamer la discussion avec elle, qui alla bon train. Il ne s'arrêta que lorsqu'il sembla se rappeler de quelque chose. Il finit par passer un bras autour des épaules de son amie d'enfance et se tourna pour lui permettre de faire face à Aizen, resté en retrait durant ce temps, les bras croisés sur son torse. Ichigo ne vit pas la rougeur grandissante sur les joues d'Orihime alors qu'elle croisait les bras devant elle.

- Ishida, Inoue… Je vous présente Sosuke.

Le jeune homme se permit un sourire, puisqu'il savait qu'Orihime, comme Uryû, voulaient le rencontrer depuis un moment déjà. Le Quincy remonta ses lunettes, et la jeune fille s'inclina suite à ses présentations. Il n'y eut aucun écho. L'esclave se contenta de fixer Inoue un instant, puis il détourna la tête, évident signe de mépris envers les trois autres personnes présentes. Y étant habitué désormais, Ichigo ne broncha pas. Ishida par contre, le prit un peu plus mal. Loin de s'en offusquer enfin, Orihime éclata de rire.

- Je l'aime bien, fit-elle, après s'être calmée.
- C'est parce que tu ne vis pas avec. Il a mauvais caractère.
- Un peu comme toi alors, Kurosaki-kun.

Il y eut un silence. Le jeune homme hésita sérieusement sur la manière dont il devait prendre cette phrase. La franchise de son amie était parfois déconcertante, mais il avait fini par comprendre qu'elle ne disait pas ça méchamment. Il haussa les épaules. Et le petit groupe reprit sa route, Uryû en tête, en direction cette fois-ci des chambres, situées à l'étage de l'aile Ouest.
Ichigo remit ses mains dans ses poches et lui emboita le pas, suivit de Sosuke qui restait à son niveau, et Orihime derrière eux qui trottinait en fredonnant. Il ne tarda pas à remarquer l'air particulièrement agacé de son esclave qui ne cessait de regarder derrière eux. Il finit par se pencher pour lui demander ce qui n'allait pas.

- Si ton amie a le mérite d'être intéressante... Je persiste à te dire que nous n'aurions pas dû venir ici.
- Arrête de faire ta mauvaise tête. On est là pour profiter et souffler je te rappelle.
- Donc tu n'as pas encore compris, soupira Sosuke.
- Compris quoi ?
- Que ton séjour ne sera pas aussi idyllique que tu sembles le croire.

Il aurait pu se dire qu'Aizen était en train de se moquer de lui. Mais son air fermé lui indiqua le contraire. Il haussa les épaules, et poursuivit son chemin dans le silence le plus total, hormis Orihime bien évidement. Ils parvinrent enfin dans les couloirs, dont le sol était recouvert d'une moquette rouge. Pour atténuer les bruits de pas.
Orihime s'arrêta devant une des portes, et leur annonça que sa chambre pour la semaine était ici. Elle les salua d'un signe de la main, avant de disparaitre derrière, sans faire un bruit. Il devait y avoir de la mousse sur les chambranles pour préserver le silence. Quelques pas supplémentaires et le Quincy s'arrêta de nouveau et désigna une nouvelle pièce située au fond du couloir.

- Voila ta chambre, Kurosaki.

Ichigo hocha la tête et le remercia d'un souffle, avant de se pencher pour pouvoir observer plus à son aise la pièce qui lui était attribuée. Il sentit son esclave s'adosser au mur à côté de lui, mais ne broncha pas. La chambre était assez spacieuse, il devait bien le reconnaitre. Sobre également : un grand lit, une armoire et il lui semblait avoir vu une pendule contre un des murs. Il rentra dans la pièce, fit quelque pas, ayant une désagréable sensation, sans réussir à trouver exactement quoi. Quand l'évidence lui sauta aux yeux, il fit demi tour jusqu'à l'entrée de la pièce, posant ses mains sur le chambranle de la porte, se penchant vers son ami.

- Il n'y a qu'un lit ?
- Eh bien… Oui, pourquoi ? demanda le Quincy, ne voyant pas ce qui clochait. Tu dors avec ton esclave d'habitude ? Si c'est le cas, il y a suffisamment de place pour deux.
- Non, pas du tout ! s'exclama l'autre étudiant, devenu rouge, mais je préfère le savoir… proche, disons.

Uryû lui renvoya un regard perplexe, comme quelqu'un se retrouvant face à un parfait idiot et se demandant comment réagir. Ichigo leva les yeux au ciel et se sentit obligé de préciser qu'il était absolument sérieux, même s'il préféra passer sous silence la raison. L'autre étudiant soupira et secoua la tête pour toute réponse à cela.

- Les esclaves dorment tous dans un autre endroit.
- Dans la cave, il veut dire. C'est en général là que nous sommes parqués.

Ichigo tourna la tête vers Aizen qui n'avait pas bougé d'un pouce. Il fronça les sourcils, chercha confirmation auprès d'Ishida qui garda le silence, les lèvres pincées. Finalement il leva la main et désigna l'esclave du doigt.

- Il dit encore n'importe quoi, hein ?

Cela lui valu immédiatement un coup léger sur la nuque de la part d'Aizen, qui le traita une nouvelle fois de sale gosse au passage. Une légère dispute éclata entre les deux hommes, Ishida finit par intervenir en tirant Ichigo, avec un soupir. Il ne savait pas vraiment comment il devait prendre la chose : bien ou mal ?

- Je voulais dire, dans une autre pièce. Tu n'as pas à t'en faire pour lui.
- Oui après tout, je ne serai pas seul. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive va.

Ichigo posa son regard sur lui, sans avoir de réaction visible, stoïque, contrairement à Ishida. Celui-ci fronça les sourcils et commença sérieusement à s'énerver du comportement déplaisant, et inapproprié à ses yeux, de l'esclave face à lui. Et devant le regard plus qu'amusé de celui-ci, il redressa la tête, quelque peu hautain et se tourna vers son homologue.

- J'aurais dû me douter que tu n'arriverais pas à l'éduquer correctement. Tu es bien trop gentil.
- Dis plutôt que nous n'avons pas la même notion de l'éducation.
- Il n'y en a pas trente-six, ne te cherche pas d'excuse.
- C'est mon esclave et j'en fais ce que je veux, protesta Ichigo, se libérant de la poigne de son ami. Et ça me convient très bien comme ça !

Uryû se contenta d'hausser les épaules face au début de colère de son homologue, insensible. Son avis sur la question était déjà fait et il ne semblait pas vouloir changer de position, tout comme Ichigo. Ainsi remonta t-il une nouvelle fois ses lunettes sur son nez et fit quelques pas dans le couloir. Lentement il se rapprocha d'Aizen, qui s'était décollé du mur entre temps, suite à sa petite dispute.

- Mais sous mon toit, les choses ne fonctionnent pas de la même manière et les règles sont quelques peu… différentes, fit Ishida. Il posa sa main sur l'épaule de Sosuke qui fronça les sourcils. Si les doigts fin du maître des lieux serraient à en faire mal, il referma sa propre main sur le poignet blanc, en un avertissement.

- Il va falloir que tu lui apprennes la soumission.

La pression sur l'épaule d'Aizen se fit plus forte et Ichigo ne tarda pas à comprendre qu'il tentait de faire ployer Sosuke par la force. Il se retint de sourire en sachant pertinemment que ce n'était pas du tout la meilleure attitude à adopter face à lui. Et en effet, son esclave ne mit pas longtemps à se dégager d'un mouvement sec. Sa position s'ajusta automatiquement et Aizen se redressa et, la différence de taille aidant, il se fit plus menaçant, faisant grimacer le Quincy qui recula d'un pas.

- Ne me touche pas.
- Je n'ai aucun ordre à recevoir d'un esclave.
- Et je ne dois « soumission » qu'à mon maître, répondit Sosuke sur le même ton, arborant un sourire provocateur.

La tension monta d'un cran, Ishida et Aizen s'observèrent en chien de faïence. Ichigo s'était retenu d'intervenir et il eut raison. Le Quincy finit par détourner la tête avec un « tch» agacé. Le jeune homme daigna alors bouger et vint refermer ses bras autour de celui de Sosuke pour le tirer doucement à sa suite. Il préféra ignorer la résistance que lui opposa celui-ci et tira simplement plus fort. Tout cela lui rappelait un peu leur premier « échange ».

- Tu permets ? fut tout ce qu'il souffla à Ishida avant de refermer la porte derrière eux deux.

Il se passa une main dans les cheveux, ne sachant pas de quelle manière il devait aborder son esclave. Il ne pouvait pas vraiment râler après le comportement de Sosuke. Aussi choisit-il de tenter de plaisanter, en premier lieu.

- Dois-je laisser comprendre que tu me considères enfin comme ton maître ? fit-il avec une grimace équivoque.
- Je suis mon seul maître, lui répondit froidement l'esclave.
- Je me disais aussi.

Aizen se contenta d'hausser les épaules et l'adolescent eut un léger rire, avant de redevenir plus sérieux. Ishida ne put entendre que des éclats de voix, sans comprendre au juste ce qui pouvait se dire dans la pièce. Quelques minutes plus tard, la porte de la chambre se rouvrit sur Sosuke qui l'ignora totalement et sur Ichigo qui s'excusa dans un marmonnement.

- Sois sage, hein ? ironisa l'étudiant à son esclave, serrant brièvement son épaule avant de le relâcher et de s'éloigner de quelques pas.

Uryû se détourna, commençant à prendre le chemin du retour d'un pas lent, en se rendant compte que l'esclave venait enfin de lui emboiter le pas pour le suivre dans un nouveau dédale de couloir. Il ignorait exactement ce qu'avait pu lui dire le rouquin, mais il devait au moins reconnaitre que c'était mieux ainsi. Entre eux deux c'était désormais le silence qui régnait. Il ne se risqua pas à provoquer une nouvelle joute verbale.

Il ne remarqua pas non plus le sourire entendu qu'échangèrent les deux autres dans son dos. Ichigo resta au pas de sa porte et regarda lentement mais surement Ishida et Aizen s'éloigner de lui jusqu'à disparaitre. Sosuke tourna la tête avant de disparaitre à l'angle du couloir. Son regard et son air ne le trompèrent pas…

Et il commença sérieusement à plaindre Ishida.

Il referma à son tour la porte de la chambre, une ultime fois pour cette journée, il avisa ses affaires déposées dans un coin, se changea rapidement pour rejoindre son lit. Il eut néanmoins du mal à s'endormir, une étrange impression lui noua l'estomac.
Il fut réveillé le lendemain par des bruits répétés. Ayant eut quelques difficultés à faire une nuit convenable, il mit du temps à émerger totalement. Il se frotta les yeux avant de se lever pour aller ouvrir. Il tomba nez à nez avec Orihime qui couina lorsqu'elle le vit torse nu, rougissant brusquement avant de se détourner. Il ne comprit pas pourquoi sur le coup, alors qu'elle bégayait qu'il devait se lever pour le petit déjeuner en commun.

Il acquiesça et referma doucement la porte, après qu'Orihime lui ait affirmé qu'elle l'attendait. Cette dernière ne fut pas longue à se faire des films à partir de ces quelques minutes. Elle enfouit son visage dans ses mains, gênée, mais avec un grand sourire sur les lèvres.
Elle parvint néanmoins à se reprendre de justesse et toussota alors qu'Ichigo se présentait de nouveau à elle quelques minutes plus tard, après s'être préparé en quatrième vitesse. Devant le regard interrogateur de ce dernier elle répondit par un léger sourire.

- On y va ?

Ichigo enfouit ses mains dans ses poches, et les deux adolescents se mirent à arpenter les couloirs. Orihime se chargea de faire la discussion, racontant ses rêves farfelus que le garçon écoutait sans un mot. Il ne bougea que pour passer son bras en travers de la route de son amie d'enfance. Contrainte, elle interrompit son babillage et s'arrêta.

Devant eux surgit au même instant une jeune femme dont le regard améthyste se fit meurtrier. Elle lâcha un « mh » méprisant avant de continuer son chemin. Ses longs cheveux châtains foncés se balançaient à chacun de ses mouvements et Ichigo resta perplexe devant les grands anneaux faisant office de boucles d'oreille, et qui auraient tout aussi bien pu être des bracelets.
Elle était suivi par une autre jeune fille, plus petite, aux cheveux courts noirs ébène et aux yeux de la même couleur. Elle accéléra le pas pour rattraper sa camarade qu'elle appela Miwa et lui glissa quelques mots à l'oreille qui les firent glousser.

Orihime emprunta le même chemin qu'elles, lui annonçant que la salle à manger se trouvait par là. Il haussa les épaules et suivit le mouvement. Ils parvinrent alors à l'endroit désiré où se trouvait déjà Uryû en pleine discussion avec les deux jeunes femmes précédemment croisées. Ces dernières allèrent finalement s'installer à la grande table, et le maître de maison vint alors à leur rencontre, un léger sourire aux lèvres.

- Bien dormis ?
- Oui ! A merveille, Ishida-kun !

Il hocha la tête à la réponse d'Orihime, et celle-ci s'éclipsa à l'arrivé d'une nouvelle personne, pour aller discuter, l'appelant « Kuchiki ». Surpris, l'étudiant tourna la tête pour observer la jeune fille aux cheveux de jais qui avait affiché un grand sourire à l'encontre de la rousse.

- Etonnant n'est ce pas ? Elle suit les mêmes études qu'Inoue, et je ne l'aurais probablement pas remarqué si elle ne m'en avait pas parlée.
- Tu as invité un beau petit monde, Ishida, ironisa Ichigo. Au fait, qui sont ces jeunes filles arrivées avant nous ?
- Tu parles de Miwa et Etsuko ? Miwa est ma fiancée, Etsuko est son amie d'enfance.
- Fiancée ?

Ichigo manqua de s'étrangler et observa plus attentivement la dite fiancée en pleine conversation avec son amie. Elle tourna légèrement la tête vers lui en sentant son regard. Il la vit froncer les sourcils, peu ravie de cette attention, ainsi préféra t-il se concentrer de nouveau sur Ishida qui était visiblement amusé.

- J'aurais pourtant juré que tu t'intéressais à Orihime.
- Tu sais à quel âge nous avons été fiancés Kurosaki ? Cinq ans.
- Ah, fut la seule chose que trouva à dire Ichigo.

Que pouvait-il répondre d'autre à ça de toute manière ?

Les deux étudiants rejoignirent la table, s'installèrent à leur tour, et Ishida tint à lui présenter les autres personnes invitées : son cousin, Seijuro, l'air aussi sérieux et fermé qu'Uryû dans ses grand jours et qui ne lui plut pas du tout, Ganryu qui était l'héritier d'une famille du sud, qui commençait à prendre de la puissance et qui était partenaire des Quincy.
Enfin, arrivèrent quelques peu en retard Zephiel et Eliandre, deux frères étrangers venus de France, qui s'excusèrent en évoquant le décalage horaire dû à leur voyage. D'après ce qu'il avait pu comprendre des paroles murmurées par le maitre des lieux, leur famille était puissante car elle contrôlait le commerce maritime.

Le déjeuner fut vite expédié, et bientôt se créèrent quelques petits groupes discutant et faisant connaissance. Ichigo rencontra Rukia par l'intermédiaire d'Orihime, et il constata très vite que cette dernière semblait hésiter sur la manière de se comporter avec lui.
Il préféra s'éclipser quand la conversation commença à dériver sur les potins et autres ragots, et il partit flâner dans les couloirs en attendant… la suite. Ishida avait, semble t-il, prévu des activités. Il s'étonna un peu de ne croiser personne, mais ne s'en plaignait pas plus que ça. On sut de toute façon le retrouver lorsque ce fut nécessaire.

L'après-midi fut réservé au baseball, sport choisi à la majorité malgré les températures plutôt fraiches de la saison qui leurs imposèrent de sortir les pulls. Cela leur permit au moins de se vider totalement l'esprit et de se concentrer uniquement sur le jeu, encouragés par les jeunes femmes qui avaient préférées jouer les spectatrices. Il n'y avait pas vraiment d'équipe et les points n'étaient pas non plus comptés. C'était juste pour s'amuser après tout.
Les groupes commencèrent à se former, par affinités. Seules Miwa et Etsuko restaient dans leur coin… Rukia et Orihime ne quittaient plus Ganryu qui s'était autoproclamé « chevalier servant de ces dames ». Bien qu'étrangement il se débrouillait admirablement pour éviter les deux autres demoiselles depuis qu'il s'était fait jeter dans les règles de l'art . Et lui… Eh bien il s'entendait mieux qu'il ne l'aurait cru avec Eliandre et Zephiel, dont la bonne humeur permanente se propageait. Quelque part, ils lui rappelaient Mizuiro et Keigo.

Ichigo n'aurait pourtant pas été jusqu'à dire que cette journée avait été excellente. Après avoir passé la soirée avec Orihime, et rejoint sa chambre pour dormir, il réalisa que quelque chose le chiffonnait. Encore. Une sorte de vide, qu'il ne fut pas bien long à identifier et qui lui fit froncer d'avantage les sourcils. Pendant cette journée il avait été… seul. D'une certaine manière. Il ne se souvenait pas d'avoir ne serait-ce qu'entraperçu Sosuke. Et il n'était plus vraiment habitué à avoir la solitude pour seule compagne. Enfin, solitude... Il se comprenait.
Avec un léger amusement il se repassa cette première journée, en essayant de trouver comment Aizen aurait réagit face aux autres invités. Même s'il était fort probable qu'il les ignore plus ou moins en réalité. Comme à son habitude.

Ichigo ricana, alors qu'il s'allongeait sur son lit, les bras en croix. Son regard se fixa sur le plafond blanc au dessus de lui. Il devina aussi ce qu'il aurait dit s'il savait que son foutu caractère et sa présence lui faisait défaut…

« Ça ne fait même pas vingt-quatre heures et je te manque déjà ? Que c'est mignon… »
Ou une autre phrase du même genre.

Il soupira et se glissa dans les draps en espérant trouver le sommeil plus rapidement que la veille. La fraicheur du tissu disparu progressivement au profit d'une chaleur bienfaisante. Il se laissa bercer par les légers bruits produits par l'horloge, réguliers, ainsi que par le vent qui rugissait férocement dehors et provoquait parfois un sifflement en faisant trembler les volets. Mais rien de bien méchant, ils auraient probablement du beau temps demain.

A son plus grand bonheur, il ne tarda pas à sombrer dans les bras de Morphée, pour un sommeil sans rêve. Il put ainsi récupérer au passage de sa mauvaise nuit précédente.


Et hop! nouveau chapitre! ^^
Merci de m'avoir lu!