Master and Slave

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Miwa, Etsuko, Eliandre, Zephiel et Seijuro sont à moi! ^^ et j'y tiens beaucoup.

Note: Je m'excuse par avance s'il y a un peu de OOC...
Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !

Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)


J'ignore si vous êtes au courant mais sachez que FFnet organise actuellement un grand nettoyage d'été des fanfictions.

Pourquoi j'en parle? Parce que ce nettoyage consiste en une suppression pure et simple de toutes fictions type drabble/songfic/traduction/enfreignant les guidelines, mais également les fics contenant du rating dit "MA", c'est à dire abordant des sujets adultes. Comprenez donc par là que toutes les fictions comportant une scène explicite et citronnée sont visées.

Beaucoup de fics en comportent ;)

Cependant, même si la recherche semble se faire par mots-clés, on en sait au final pas grand chose (FFnet n'en parle même pas sur sa page d'accueil.) Il est donc conseillé de modifié ses résumés/textes pour modifier tout ce qui a attrait au citron et au rating concerné, et surtout FAITES DES SAUVEGARDES. (si ce n'est pas déjà fait, of course ;))
Sachez aussi que, si une de vos fics est supprimée, c'est qu'elle est considérée comme non conforme aux règles et pour cela, vous serez également bannis 2 jours du site. Certes ce n'est pas une période très longue, mais je pense que ça ne fait plaisir à personne :).

Et pour ceux et celles curieux(se) qui veulent en savoir plus, je leur conseille de faire un petit tour sur le LJ d'Alixe.


Le blabla inutile de l'auteur:
Que dire sur ce chapitre hm... Si ce n'est qu'il annonce le début de la dernière ligne droite du livre I.
On commence les révélations doucement mais surement, d'ailleurs j'ai hâte d'avoir les retours sur ce chapitre ^^!

J'ai cru comprendre que vous aviez aimer la scène du jeu de poker. Moi aussi j'ai adoré l'écrire ;D

Ah oui, je suis désolé de cette deuxième coupure sadique. Mais pour des raisons que j'ai déjà évoqué, je n'ai pas le choix ^^. ('fin si, mais après ça donne des chapitres tellement longs qu'ils sont indigestes)


Les reviews anonymes:
Suki: Tu aimes toujours autant, génial! \o/ Je sais que Sosuke s'en prends plein la tête... ça devrait se calmer xD (Ichigo veille!)

Tisha: Merci pour tes compliments et ta review :3 en espérant que tu ne décrocheras pas.

Sunny: Voici toutes les réponses :p. Je ne pense pas réellement spoiler en t'annonçant que tu as bien deviné.

Lynn: En effet, les pressentiments sont parfois les meilleurs conseils, mais ils sont rarement écoutés.
Non malheureusement. Ce n'est pas l'envie qui manque (croyez-moi!), mais si je réponds, je suis obligée de spoiler certains chapitres à venir. Cependant, si tu veux un début de réponse, je ne peux que te conseiller d'aller retourner au chapitre 4, où Aizen avance la possibilité qu'il puisse utiliser sa position pour diriger dans l'ombre ;)

Lu: (j'en profite pour répondre à tes deux reviews.) Mais je... Mais... Pourquoi tant de haine? *regard à la chat potté* ... Toutes mes coupures sont sadiques? Sérieusement oO? erf. je suis une sadique dans l'âme *regarde ses écrits*
Ishida, (comme Shiro auparavant d'ailleurs) est là pour rappeler à Ichigo qu'il vit dans un monde cruel :) alors je crois qu'on peut dire que oui, Ichigo est un peu idéaliste ;D ahah. Contente que le personnage d'Orihime passe! j'avoue que je ne comprends pas pourquoi ce personnage est détestée du fandom. Moi je la trouve sympa à écrire!

Trinity07: Oui, révélatiooons! Mais... Mais Aizen avait prévu voyons! Aizen sait tout ahah! ... Ouais non, ça fait un peu flipper quand même. Il est trop prévoyant.
La réponse est dans ce chapitre, donc je vais me "taire" et te laisser lire ;D


La voix du jeune homme mourut toute seule alors qu'une petite pensée, sournoise, lui souffla que ce n'était peut être pas ce qu'il croyait. Devant lui, Ishida croisa les bras, attendant certainement qu'il se décide à terminer la phrase qu'il avait commencée, neutre. Il n'entendit pas Orihime l'appeler doucement, aussi inquiète que lui.

- Où est-il ?
- Ne te préoccupe pas de…
- Ishida, où est-il ?

Livre I – Un simple jeu
Chapitre 12

Le Quincy soupira avant de lui indiquer une direction derrière lui. Ichigo s'y précipita sans même attendre la fin de ses indications : il s'en moquait à vrai dire, il avait eu l'information qu'il voulait. Du coup, il ne vit pas Ishida lever les bras au ciel, exaspéré. L'étudiant dut traverser plusieurs couloirs pour rejoindre l'endroit désiré. Il ne s'arrêta qu'une fois arrivé dans un vestibule et devant la pièce dont la porte était encore ouverte. La salle était simple et dépourvue de meuble. Seules deux sortes de décoration qu'il ne parvint pas à identifier ornaient le mur en face de lui. Il découvrit Sosuke, debout au milieu de la salle, torse nu et occupé à retirer quelque chose de ses poignets. L'endroit n'étant pas éclairé, l'esclave releva le nez lorsque la silhouette du rouquin lui enleva la lumière. Il serra les dents, visiblement peu ravi de le voir.

- Est-ce que…

Ichigo grimaça, s'arrêta en réalisant que la traditionnelle question « Tu vas bien ? » n'était pas du tout appropriée ici. Evidement que ça n'allait pas, et Aizen se ferait un plaisir de le lui souligner. Il inspira et se rapprocha jusqu'à poser la main sur l'épaule de son aîné qui frémit mais ne bougea pas. Une odeur métallique parvint bientôt au nez de l'adolescent qui pâlit d'autant plus quand il retira ses doigts, réalisant que c'était bien du sang qui en couvrait les bouts.

- Qu'es ce qu'il t'a fait ? gronda l'adolescent.
- Kurosaki-kun ?

Les deux hommes tournèrent leur attention vers Orihime, qui venait de les rejoindre mais qui était restée à l'entrée de la pièce. Le regard noisette passa rapidement de l'un à l'autre, avant qu'un léger sourire ne fasse son apparition, qu'il dissimula bien vite. L'inquiétude de l'un, comme de l'autre était plus que palpable et… oh, disons qu'il était peut être temps qu'il profite, un peu plus, de cette sorte de surprotection de leur part. Il ferma un instant les yeux, franchit la distance le séparant de l'étudiant et se pencha pour poser son front sur son épaule. Il s'autorisa également à se relâcher quelque peu.

- Sosuke ?
- Ça va… souffla t-il, de façon à n'être entendu que par une unique personne. Mais j'aimerais sortir d'ici.
- Tu te fous de moi ? Ton dos…
- Pas ici. J'ai assez vu cette pièce durant la semaine.

Il y eut un silence, le temps pour le jeune homme d'assimiler ce qu'il venait de sous-entendre et de réagir en conséquence, c'est-à-dire, de se tourner vers lui avec un regard interdit et de le tirer dans le couloir. Ce n'était pas tout à fait vrai en réalité, ce n'était que la deuxième fois qu'il venait ici. Deux fois en trois jours certes, mais il avait déjà… fait mieux. Ils passèrent devant Orihime, qui laissa échapper un léger cri.

- Kurosaki-kun, il lui faut des soins !
- Je dois avoir ce qu'il faut dans ma chambre.
- Et si vous me laissiez me reprendre, d'abord ?

La voix de l'esclave était basse, et il mettait de l'application à y faire vibrer sa douleur, voir même à l'accentuer un peu plus. Il lâcha Ichigo afin de poser une main sur le mur à côté de lui pour se tenir. S'il jouait la comédie, ça ne l'empêchait pourtant pas d'avoir vraiment mal. Ishida n'y était pas allé de main morte, et s'il s'était appliqué la dernière fois à ne pas faire couler son sang, aujourd'hui ça avait été quelque peu différent.

En même temps, il fallait bien avouer qu'il n'était peut-être pas totalement innocent dans l'histoire. L'adolescent ne le savait pas et ne le saurait jamais, mais à plusieurs reprises, il était allé chercher les ennuis, jusqu'à repousser le Quincy dans ses derniers retranchements. Il ne niait pas, il avait tout fait pour se retrouver dans cette situation. Pas qu'il soit masochiste mais… disons qu'aujourd'hui, il allait sans doute avoir la récompense pour tous ses efforts.
La gamine souffla qu'elle aller chercher de quoi le soigner avant de disparaitre, et le garçon, lui, le contourna afin de voir les dégâts. Oui, en comptant sur le caractère impulsif de Kurosaki, alors avant la fin de cette journée, les deux familles seraient…

Il ne put s'empêcher de ricaner en même temps que, derrière lui, son maitre sifflait de colère, la lumière du couloir lui permettant de constater l'ampleur des dégâts.

- Il n'y a que toi pour rire. Vraiment, fit froidement Ichigo.
- Ton ami à la main lourde, mais heureusement pour moi, n'a pas encore l'idée d'aller plus loin que les sévices physiques.
- Est-ce une raison pour le prendre autant à la légère ?
- Qui te dit que je le prends à la légère ? répondit sèchement Aizen. Je me serai bien passé d'avoir mon sang qui coule le long de ma colonne vertébrale, tout comme la sensation de brûlure et d'étirement qui me traversent lorsque je fais un mouvement !

Ichigo sursauta devant l'air austère de son esclave et il marmonna une quelconque excuse en se grattant la nuque. Il était malheureusement impuissant pour le moment et il décida de le forcer un peu pour l'emmener jusqu'à sa chambre, pas si loin que ça. Orihime revint à ce moment-là et il l'aida à nettoyer le sang, grimaçant aux traces nettes présentes sur la peau blanche. Ce n'était que superficiel et ça guérirait vite pour peu qu'Aizen se décide à se tenir tranquille quelques temps. Et c'était plutôt mal barré parce qu'il refusait actuellement de rester sagement allongé sur le lit.

- S'il vous plait, fit calmement la jeune femme, les mains posées sur ses épaules, restez tranquille et laissez-nous faire…
- Contentez-vous d'épongez le sang, ça ira très bien.
- Ne dit pas de bêtise et laisse-toi faire, râla le jeune homme.

Mais peu décidé à obéir, l'adulte continua de remuer. Ichigo tint bon et prit le relais de la jeune femme jusqu'à ce que le dos fût nettoyé et qu'Orihime ne commence à mettre en pratique ses cours d'infirmière. Il crispa ses doigts, alors que Sosuke laissait échapper un grognement de douleur (Orihime s'excusa immédiatement pour sa maladresse) et finit par se redresser. Trop brusquement. Aizen, allongé, ne put retenir un léger sourire en sentant toute la colère qui émanait de l'adolescent.
Il aurait pu parier qu'il avait ce regard froid et fermé qui lui plaisait tant. Celui-ci eut un mouvement de tête pour son amie d'enfance avant de s'éclipser, probablement pour rejoindre le fautif et s'expliquer avec. Sitôt disparu, l'homme se redressa, malgré les protestations d'Inoue.

- Je ferai vite, mais laissez-moi faire !
- Ça ira très bien merci, sois donc mignonne et retourne vaquer à tes occupations.
- Je suis désolée mais je ne peux pas vous laisser comme ça.

L'esclave soupira, se libéra de la poigne légère de la jeune fille qui rétracta sa main contre sa poitrine devant le regard froid qu'il lui jeta. Il la vit plisser légèrement les lèvres, apparemment mécontente ce qui lui valut un sourire mauvais de plus. Espérait-elle vraiment le faire changer d'avis avec cette attitude là ? Il se désintéressa de la gamine qui commençait à lui porter sur les nerfs et s'assit sur le bord du lit en tentant de refreiner la légère douleur toujours présente. Et de trouver une nouvelle chemise, puisque celle qu'il avait auparavant était, comment dire, hors d'usage. Elle devait toujours se trouver dans un des coins de la salle dont ils venaient, déchirée.
Enfin, si des mains fines ne s'étaient pas posées sur ses épaules, rendues glacées par la pommade. Il tressaillit, se crispa et il tourna de nouveau la tête, meurtrier, vers la responsable. Sans plus se préoccuper de lui, elle massait la peau maltraitée, s'appliquant à la tâche pour le soigner du mieux qu'elle le pouvait malgré tout. Il l'arrêta une nouvelle fois, ignorant le léger rougissement qui vint décorer le visage d'Orihime.

- Ne peux-tu pas simplement me laisser en paix ?
- Seulement quand je vous aurai soigné, répondit, la jeune fille, butée.

Aizen leva une nouvelle fois les yeux au ciel. C'était à se demander si elle avait une autre phrase à la bouche. Celle-ci se défit d'ailleurs de son emprise et ramena médicaments et bandages à ses côtés, après s'être déplacée. Elle lui fit cette fois face, une lueur farouche dans le regard.

- Je n'en ai pas pour longtemps, et Kurosaki-kun préférera constater que vous vous êtes laissé faire plutôt que de devoir s'énerver d'avantage pour au final arriver au même résultat, claqua-t-elle, en le contraignant à se positionner correctement. Vous savez aussi bien que moi qu'une fois sa colère retombée, il n'aura rien de plus pressé que de venir voir comment vous allez. Il est ainsi.

Sosuke ouvrit la bouche pour répondre vertement, avant de se résigner et de soupirer, se plaçant comme elle le désirait. Un point en faveur de la gamine. Il préférait encore s'épargner de voir Ichigo lui tomber sur le dos. Avec un léger sourire, Orihime reprit son travail, après avoir nettoyé le peu de sang qui s'était remis à couler pendant cette conversation, malgré la pommade. Elle ne s'était pas trompée en supposant que ces deux là étaient liés en quelque sorte. Même si l'esclave avait un air sombre, signe que s'il se laissait faire, il n'en pensait cependant pas moins. Ça lui était égal, elle pouvait enfin manœuvrer comme elle le voulait. Elle finit par se racler la gorge, gênée du lourd silence.

- Malgré ce que vous pouvez dire… Vous l'appréciez, n'est ce pas ?
- Tu aimerais que je te réponde « oui » ? Je vais te décevoir alors.
- Oh, vraiment… ?

Elle s'arrêta, Aizen venant de tourner la tête vers elle. Loin d'être intimidée, elle soutint son regard, avant de s'emparer des bandages, maintenant qu'elle avait terminé ses soins. Le temps que les blessures commencent à cicatriser, après il pourrait les enlever. Enfin… Ichigo prendrait de toute façon la relève.

- J'avais pourtant cru que vous aviez une attention particulière pour ses faits et gestes. Tout comme je sais que d'une certaine manière, vous vous êtes débrouillés pour vous retrouver dans cet état, souffla-t-elle. Un autre se serait arrêté avant la limite. Pas vous.
- Je devais le faire. Je savais qu'il se précipiterait chez son très cher ami dés qu'il m'aurait trouvé ainsi, voilà pourquoi j'ai continué.
- Je ne comprends pas, quel est votre intérêt ? souffla Inoue, essayant visiblement de comprendre.
- Lui qui veut changer les choses… Disons simplement que je lui donne la clé pour ouvrir la première porte. Il n'est pas nécessaire d'être dans les hautes sphères de la société pour avoir de l'influence. Il faut simplement savoir placer ses pions et saisir les occasions.

Heureusement pour la jeune fille qu'elle gardait le nez baissé sur son travail, cela lui évita l'air de circonstance que l'esclave affichait, sans se cacher. Elle ne put s'empêcher cependant de frissonner à la voix qui s'était faites plus douce, plus enjôleuse. Mais qui était avant tout dangereuse. Comme si l'homme devant elle savourait déjà les conséquences de son jeu et de sa mise en place.

- Vous voulez que les deux familles entrent en conflit ? s'écria-t-elle après un silence, en réalisant ce qu'il venait de faire. Mais pourquoi ?
- C'est nécessaire, si je veux parvenir au résultat attendu, celui que je veux.
- Cela valait-il… Faut-il pour cela que vous finissiez blessé et que vous le plongiez également dans les ennuis ?

Loin de s'émouvoir de la voix basse et attristée de la jeune fille, plus que content de la sentir s'éloigner maintenant qu'elle avait terminé les bandages et les soins, il trancha. Il n'y avait aucune émotion apparente dans sa voix lorsqu'il se saisit de son menton pour plonger son regard dans le sien. Juste cet éternel sourire mauvais et satisfait.

- C'est un bien maigre sacrifice, tu ne crois pas ?

Orihime encaissa sans broncher.


- Ishida !

Le garçon, qui marchait tranquillement dans les couloirs, se retourna vers Ichigo qui venait de l'interpeller. L'air passablement ennuyé qu'il afficha ne fit que renforcer la colère de l'autre adolescent qui le contraint à s'arrêter, le coinçant contre le mur proche. Loin de s'en offusquer, le Quincy remonta ses lunettes sur son nez.

- Quoi encore, Kurosaki ?
- Malgré ce qu'il a pu te dire, tu n'avais pas le droit de lui faire ça.
- Tu ne vas pas encore me reprocher de combler tes faiblesses.

Eh bien si justement ! Uryû le comprit en voyant l'air de son vis-à-vis s'assombrir d'avantage et ses poings se serrer à côté de lui. Peu enclin à se laisser faire, il repoussa Ichigo et croisa les bras devant son torse, lui faisant directement face. Ils étaient dans une partie reculée des couloirs, ce qui leur assurait de ne pas être dérangé et cela éviterait que leur petite conversation ne soit entendue par une tierce personne. Mais son collègue l'aurait attiré ailleurs dans le cas contraire… Il avait cru comprendre que s'il n'hésitait pas à foncer dans le tas, il préférait quand même éviter les esclandres publics.

- Il va falloir que tu comprennes une chose, Kurosaki, c'est qu'il est inutile de protéger aveuglément ton esclave. Il n'est pas innocent et prendre constamment sa défense ne fera que t'apporter des ennuis.
- Ta méthode n'est pas meilleure. Tu penses sérieusement que mettre son dos en sang va le rendre sage à l'avenir ?
- La mémoire du corps est puissante et parfois plus efficace que de simples mises en garde.

Les deux étudiants restèrent un instant à se fusiller mutuellement du regard. Ichigo resta plus que perplexe face à cet argument. Il finit par secouer la tête et s'éloigna de quelques pas. Inutile pour lui de se montrer physiquement menaçant, Ishida y était insensible et ça lui faisait perdre de la crédibilité dans ses propos. Pas comme avec son cousin pour qui la manière forte était la seule solution à utiliser.

- Je t'ai dis que je ne désirais pas m'y prendre ainsi. Contrairement à toi je ne ressens pas le besoin d'humilier. Je serai curieux de savoir combien de fois Chad a subi ça.
- Une seule fois. Contrairement au tien, mon esclave a vite appris.
- Et ça te plait tant que ça d'avoir un fantôme à tes côtés ?

Uryû haussa un sourcil, ayant visiblement du mal à comprendre ce que pouvez bien sous entendre l'autre étudiant. Celui-ci secoua la tête, agacé par la vision quelque peu… étriquée de son ami ou plutôt, le fait qu'il réponde trop bien à la norme de la société. Comment avoir du respect pour ce qu'on vous présentait comme étant un simple objet, parfois utile, mais qu'on peut changer.

- Ton esclave n'agit pas de son propre chef, il dit seulement amen à tout ce que tu peux déblatérer, et craint tout ce que tu pourrais lui faire. Comment arrives-tu à supporter ce regard vide ? Je n'ai pas envie que Sosuke devienne ainsi.
- Son… regard ? murmura-t-il, après un silence.
- Je ne veux pas utiliser la peur pour me faire obéir. Ce n'est qu'une question… de respect.

Si le Quincy avait montré un certain trouble lorsqu'il avait évoqué la différence entre les yeux de leurs esclaves respectifs, il fronça les sourcils et se reprit sitôt sa dernière phrase prononcée. Un sourire ironique se dessina bientôt sur ses lèvres.

- Tu es décidément bien naïf de croire que les choses peuvent marcher aussi simplement. A t'écouter ton esclave serait ton égal.
- Et en quoi lui suis-je supérieur ?
- Es-tu idiot ? Tu es le fils Kurosaki… L'unique héritier de l'empire que représente ta famille, tout comme moi. Nous sommes en haut de la pyramide sociale et les gens tueraient pour avoir nos faveurs. Que sont-ils à côté de ça ? Rien. Absolument rien. Alors que nous avons tout.

- Tu dis ça mais tu es incapable de t'en passer, il te suit partout, même dans ton lit.

Il fusilla du regard Ishida qui s'était lentement déplacé autour de lui pendant qu'ils discutaient, instaurant une distance de sécurité entre eux deux. Il s'arrêta, et contre toute attente se mit à rire doucement, lui faisant de nouveau face. Le regard ambre s'assombrit sous la colère, n'appréciant que très peu qu'il se moque aussi ouvertement de lui.

- Tu fais erreur, mon esclave n'est là que pour répondre à mes besoins. Peut m'importe qu'il soit amorphe tant qu'il est utile. Et quant il ne le sera plus…
- Tais-toi…
- Je t'en prie…Dans le fond on est pareil. Si tu détestais autant que ça cette notion d'esclave, tu n'en aurais pas un.

Ichigo avait détourné la tête, mit mal à l'aise par les propos de son homologue. Mais celui-ci avait poussé le vice jusqu'à se pencher vers lui pour appuyer sa dernière phrase. Elle eut le don de le faire réagir violement. Comme lui ? Non, Uryû et lui était différent, comme le jour et la nuit. Désormais en colère, sa main vint se saisir du col d'Ishida pour le repousser une nouvelle fois et le plaquer contre le mur. Le Quincy d'ailleurs n'en menait pas large. Lui aussi faisait l'expérience d'affronter un Ichigo à l'aura devenue écrasante. Et s'il s'énerva également en retour, il savait déjà que c'était inutile.

- Si ta pensée diffère de la mienne, je t'avais pourtant demandé de venir m'en parler. Tu m'as dit de ne pas perturber Chad, tu peux comprendre que je n'apprécie pas la liberté que tu t'es accordé avec Sosuke.

Le jeune homme ne serrait pas fort et Ishida aurait facilement pu se défaire de son étreinte s'il l'avait désiré. Mais il déglutit à la place sous le ton trop neutre de l'étudiant et en vint à se demander la véritable raison de cette réaction excessive. Il pouvait comprendre que de savoir qu'il s'en était pris à son esclave ait pu l'énerver. Mais à ce point ? N'étais ce pas un peu disproportionné ?

- Je l'ai averti. Plusieurs fois… ça devait finir par tomber !

Mais ce n'était pas la réponse attendue visiblement, puisque Kurosaki plissa les yeux et resserra quelque peu sa poigne. Il ne serrait que le tissu. Ce fut suffisant pour forcer Uryû à se crisper, ses mains se posant sur le mur qui le soutenait. Ça se serait arrêté là s'il s'était excusé, ou tout simplement s'il était resté silencieux. Il ne s'estimait pas en tort, ce qui avait motivé sa réponse.

- Mais enfin, ce n'est qu'un esclave !
- Je me suis un peu intéressé au sujet, tu sais ? Comme Sosuke te l'a dit, un esclave ne doit soumission qu'à son maître. En contrepartie il accède à une sorte d'exclusivité. C'est une partie du contrat qui est volontairement passé sous silence.
- Une exclusivité ? Tu veux dire des avantages ? Tu es sérieux ?
- En quelque sorte. Le maître est le seul à décider de ce qui arrivera à son esclave. Et le fait de passer outre peut être pris comme un affront.

Ichigo relâcha sa prise, s'éloigna de quelques pas sans le quitter du regard. Fronçant davantage les sourcils, le Quincy finit par pâlir lorsqu'il réalisa ce que l'étudiant venait de sous entendre. Ce dernier lui offrit un sourire, digne d'Aizen dans ses grands jours, avant de se détourner pour aller chercher ses affaires.

- C'est comme si tu t'amusais à abimer le trésor d'une grande puissance, pour reprendre ta vision des choses. Et tu sais ce que cela implique.

Il n'attendit pas la réponse et disparut au coin du couloir. Alors qu'il prenait son temps pour rejoindre Orihime et Sosuke, il se fit la réflexion qu'il allait devoir rapidement parler à son père, à ce propos. Cette histoire le concernait aussi quelque part. Lorsqu'il parvint à destination, sa colère ne s'était pas vraiment atténuée. Son regard se posa sur les deux personnes présentes, ignora le haussement de sourcil de la jeune femme et son air inquiet. Sosuke lui adressa un léger sourire amusé.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.

Aizen leva les yeux au ciel et releva les mains en signe de paix. Ichigo se rapprocha de lui, avant de demander à Orihime d'aller chercher ses affaires pour partir. Après un hochement de tête elle disparut, les laissant seul. Debout devant Sosuke, assis sur le lit, c'est avec surprise qu'Ichigo le sentit passer ses bras autour de sa taille pour l'attirer contre lui. Distraitement il passa ses mains dans les mèches courtes, en réponse.

- Il y avait un moment que je ne t'avais pas vu ainsi, c'est agréable de savoir que c'est pour moi, susurra l'adulte qui sentit son maître frissonner légèrement contre lui.
- Tu prends ça trop à la légère, souffla le jeune homme, sa colère retombant d'un seul coup.
- Oh, non. Je t'assure que non… ronronna l'esclave, le visage contre le ventre de son maître.

Le jeune homme soupira mais repartit dans son silence, qui ne fut brisé qu'au retour d'Inoue. Sosuke se redressa, l'air de nouveau indifférent. Leurs affaires empoignées, c'est en silence et sans regret qu'ils quittèrent le manoir. Le temps de contacter les bonnes personnes, ils étaient en voiture. C'est à ce moment seulement qu'Ichigo soupira, le contrecoup des événements et de son coup de sang venait de retomber sur ses épaules. Orihime en face de lui se pencha, inquiète.

- Kurosaki-kun, tout va bien ?
- Oui Inoue, ça passera.
- Mh… Tu… commença-t-elle, mal à l'aise.

La jeune fille referma la bouche devant le regard dangereux que lui lança l'esclave à ce moment et qui sonnait comme un avertissement. Elle aurait adoré pouvoir lui révéler ce que lui avait confié l'adulte, mais l'occasion lui manquait et elle savait qu'il ne l'a laisserait pas faire. Devant le regard interrogateur de l'adolescent, elle secoua la tête, vaincue, avant de lui offrir un léger sourire. Sans doute avait-elle compris qu'il était trop tard.

- Non rien…

Orihime fut la première personne à descendre. Elle remercia l'adolescent et lui souhaita une bonne fin de journée, et de vacances, avant de disparaitre dans son appartement après un dernier regard pour les deux hommes. Sitôt la porte refermée et la voiture redémarrée, Aizen ne put s'empêcher de faire part de son soulagement d'être de nouveau seul. Ichigo ne put qu'arborer un léger sourire face à cela… et finalement acquiescer. La fin du trajet fut relativement calme, Ichigo trop concentré sur le paysage qui défilait. Sosuke avait fermé les yeux, les bras croisés sur son torse. Il semblait s'être endormi.
La voiture s'arrêta une fois arrivée chez lui, et il se pencha afin de poser sa main sur l'épaule d'Aizen qui rouvrit les yeux. Le temps pour l'adolescent de se redresser que la porte s'ouvrait sur son père qui le tira hors de l'habitacle et le serra dans ses bras avec une exclamation joyeuse. S'il n'y avait pas été habitué, il aurait certainement eut les os broyés d'ailleurs. Mais bon, il se laissa faire pour une fois. Lui aussi était content de le voir.

- Oh ? Ça n'a pas l'air d'aller… fit Isshin, en voyant le visage de son fils.
- Disons que je ne viens pas qu'avec de bonnes nouvelles.

Il offrit un pauvre sourire en réponse au regard perplexe de son père. Ce dernier soupira finalement et lui fit un signe de la main en lui disant qu'ils verraient ça tout à l'heure, avant de changer de sujet et de revenir sur ses études, notamment. Après un regard vers l'esclave pour s'assurer qu'il le suivait, Ichigo rentra dans la demeure familiale, ses sœurs puis sa mère prenant alors le relais pour l'accueillir comme il se devait. Ce n'est qu'en fin de soirée qu'Isshin le prit à part, pour discuter de ces fameuses nouvelles.

- Alors Ichigo, que t'arrive t-il ?
- Il faut que tu saches… ce qui s'est passé chez Ishida…

Il fut le seul à parler pendant un temps, puisqu'il raconta en détails ce qui s'était déroulé au cours de cette semaine. Son père croisa les bras, anormalement sérieux et ne cherchant pas à l'interrompre. Lorsqu'il eut terminé, l'adolescent baissa un peu la tête et son paternel ferma un instant les yeux, assimilant les informations.

- Les Ishida ont désormais la main mise sur la partie Est du Japon tu sais… Ce n'est pas… très malin de te les être mis à dos.
- C'est plutôt l'inverse non ? fit Ichigo, après un silence.
- Notre famille peut aisément leur tenir tête, bien sûr, mais… Y a-t-il un intérêt à rentrer en guerre contre eux mon fils ?
- Je n'avais pas en tête l'idée de les attaquer tu sais…

Le patriarche de la famille Kurosaki eut un léger rire. Ichigo se renfrogna alors que son père quittait sa position fermé, faisant quelques pas dans la pièce avant de rejoindre son fils. Il vint passer un bras autour de ses épaules et s'amusa de l'entendre grogner et tenter de se défaire de sa prise, sans succès cette fois.

- Je vois ce que tu veux dire Ichigo. Rien ne nous empêche d'être hostiles. Ils ont beau être une jeune organisation au pouvoir, ça ne les empêche pas de prendre les autres de haut.
- Papa ?
- Tu as tout mon soutien Ichigo. Je serais derrière toi quoi qu'il arrive.

L'adolescent cessa de se débattre, posant ses mains sur le bras passé autour de son cou. Il murmura un merci qui fit rire son père. L'instant suivant ses cheveux étaient ébouriffés le faisant râler un peu plus. Isshin le relâcha après quelques minutes de ce traitement et posa ses mains sur ses hanches alors qu'il se plantait face à son fils.

- Bon sinon, et avec ton esclave, tu en es où exactement ?


Merci de m'avoir lue
Rendez-vous au prochain chapitre ;D