Master and Slave
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Tous les autres sont à moi! bwahahaha!
Note: Je m'excuse par avance s'il y a un peu de OOC... (mais j'essaye de l'éviter au maximum)
Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)
A toutes les personnes qui m'ont commentés ainsi que ceux et celles qui m'ont rajouté dans les alertes/favoris sans me laisser de reviews (et donc avec qui je n'ai aucun contact)... Juste... Merci :)
J'espère que cette fic vous gardera en haleine jusqu'à la fin. Je vais tout faire pour.
Le blabla de l'auteur:
j'ai acquis un FaceBook. Pour ceux qui veulent m'ajouter et papoter, mon "nom" est Arienlys Eryn. Veillez juste à préciser qui vous êtes lorsque vous faites votre demande (pseudo ffnet hein, je demande pas plus). Je n'accepte pas les inconnus :p
(Non je ne parlerai pas des pétitions, parce que je pense que vous êtes assez grand pour faire votre choix en votre âme et conscience entre les quelques une qui circulent actuellement ;p)
Tout le reste est sur mon profil!
Les réponses anonymes:
Tisha: Merciii =D Contente de voir que tu accroches. J'avoue que j'ai parfois peur de lasser mes lecteurs avec certaines questions qui n'ont leur réponse que plus tard ^^
Lu: Mais quelle idée de lire mes chapitres aussi tôt ;p huhu.
Je lutte pour que les gens changent d'avis sur Orihime TT_TT croyez moi, elle n'est pas si cruche que ça.
Ichigo ... Reste ichigo je crois. Il n'hésite pas à foncer dans le tas mais s'il peut éviter le conflit il le fera. Du moins je le vois comme ça :/ (rha! la psychologie des personnages, je pourrais disserter des heures dessus si tu me lances sur le sujet xD.)
Cependant j'approuve: Ishida n'aurait pas dû se donner le droit. Il l'a fait, et maintenant il le regrette \o/.
Le livre I est composé de 16 chapitres (donc oui, on est vraiment proche de la fin ^^) et Master & Slave compte 3 livres.
Sunny: ah bon? Qui? ;p Mais qui soupçonnerait Aizen? C'est une gueule d'ange! Et c'est bien sur ça qu'il compte pour arriver à ses fins :p.
Lynn: Pour être honnête, le livre I n'est pas très accès scenario, puisque je me concentre sur la relation Ichigo/Aizen qui est la base. Je pense qu'arrivé au début du livre II vous comprendrez plus ou moins ce qui va se passer. Dans les grandes lignes du moins.
Canette: Merci pour tout ses compliments ^^! en espérant que tu continues à me suivre.
L'adolescent cessa de se débattre, posant ses mains sur le bras passé autour de son cou. Il murmura un merci qui fit rire son père. L'instant suivant ses cheveux étaient ébouriffés le faisant râler un peu plus. Isshin le relâcha après quelques minutes de ce traitement et posa ses mains sur ses hanches alors qu'il se plantait face à son fils.
- Bon sinon, et avec ton esclave, tu en es où exactement ?
Livre I – Un simple jeu
Chapitre 13
On était désormais à la fin de l'année scolaire, c'est-à-dire en juin. Ichigo profitait depuis un peu moins d'un mois de ses grandes vacances, après avoir terminé ses partiels du second semestre. Sosuke lui avait bien souligné que, vu les études qu'il faisait, il ne pourrait se permettre de ne rien faire pendant les quelques mois sans cours. Et ce fut avec une grimace qu'il ne put qu'acquiescer. Oui c'était vrai, c'était le genre d'étude qui ne laissait que peu de répit mais il comptait bien s'accorder un temps à paresser avant de se replonger dans ses révisions. Et son activité favorite du moment, c'était d'enchainer les heures de jeux vidéo entre deux sortis avec ses amis.
Globalement ils avaient tous plus ou moins coupé les ponts avec Ishida ou plutôt… C'était lui qui avait cessé de les voir maintenant qu'il était en froid avec la seule personne qui l'intéressait vraiment (Orihime étant l'unique exception). Pas d'insulte, ni de coup bas. D'un accord tacite et silencieux ils s'évitaient désormais mutuellement et ce n'était pas plus mal ainsi.
Quant à un certain esclave…
Depuis les vacances de Noël il s'était un peu ouvert à lui, pour son plus grand bonheur. Ils restaient loin des longues conversations qu'il pouvait avoir avec ses amis, mais il n'était plus repoussé à chaque tentative et il y avait beaucoup, beaucoup moins de sarcasmes à son encontre. Et ça, ça faisait plaisir. En contrepartie il avait cessé de trouver tous les prétextes imaginables pour l'utiliser comme peluche. Une paix rêvée pour l'esclave.
Installé dans le canapé en tailleur, manette en main, Ichigo laissa ses yeux dériver vers son esclave assis à côté de lui, plongé dans un de ses foutus livres, une tasse de thé dans l'autre main. Au moment où il se pencha pour reposer le récipient vide sur la table basse, l'adolescent tendit la main pour relever la chemise et dévoiler le dos de l'adulte, pensif. Il ignora le regard assassin qu'il reçut en réponse, et n'insista pas quand les mains d'Aizen vinrent remettre sèchement le vêtement en place.
Le jeune homme s'empara de la télécommande qu'il pointa vers le poste avant de couper l'image qu'il regardait de toute façon à peine et le son qui lui vrillait les tympans. A côté de lui Sosuke ne broncha pas, ayant déjà replongé dans sa lecture. La boite noire retrouva sa place sur le canapé et Ichigo se passa une main sur la nuque.
Il avait pourtant eu largement le temps de les voir, les lignes blanches qui striaient toujours son dos. La plupart avaient disparues au fil du temps, et si celles qui restaient encore étaient en réalité peu visible, l'adolescent avait l'impression qu'elles lui sautaient au visage. Lui ne voyait que ça. Même si elles finiraient par partir, ce n'était pas assez rapide et ça l'ennuyait.
Par contre… Lorsqu'il avait prit le relais des soins, il avait pu voir sur le dos lacéré une cicatrice, bien trop ancienne pour être l'œuvre du Quincy. Mais la tête occupée par autre chose, il n'avait jamais prit le temps de demander au concerné ce que ça pouvait bien être. Ou plutôt Sosuke détournait le sujet quand il ne faisait pas semblant de ne pas comprendre, et lui n'avait jamais insisté. Lentement il se déplaça sur le canapé, l'esclave ne tarda pas à baisser les bras et à tourner la tête vers lui en réalisant son petit manège. Devant le regard ouvertement ennuyé qu'il reçut, ses propres yeux se firent fuyant, mal à l'aise.
- Dis, Sosuke ?
- Viens-en directement aux faits je te prie, fit celui-ci d'une voix trainante.
- Tu as eu combien de maîtres avant moi ? demanda finalement Kurosaki après une hésitation.
L'adulte haussa un sourcil devant cet intérêt soudain et presque inattendu pour son passé. Il finit par laisser échapper un soupir ennuyé et il prit le parti dans un premier temps de reprendre sa lecture et d'ignorer purement et simplement la question. Parce qu'il ne voulait pas vraiment aborder ces évènements. Peine perdue puisqu'il sentait le regard de l'adolescent, qui s'était collé à lui au passage et qui ne bougeait pas, attendant patiemment sa réponse. Il finit par soupirer, levant les yeux au plafond.
- Et en quoi cela t'intéresse ?
- Tu m'en parles souvent mais… Je… Je veux en savoir plus.
- Trois. J'en ai eu trois, répondit finalement Sosuke, à contrecœur.
- Et c'est lequel qui t'a fait la cicatrice sur tes reins ?
Il y eut un blanc, et Ichigo aurait pu jurer que le corps proche du sien s'était raidit. L'attitude d'Aizen devint beaucoup plus froide, plus hostile, lui faisant comprendre qu'il venait d'aborder un sujet ô combien sensible. Et qu'il ne voulait de toute évidence pas faire de confidences, pas à lui. Il évita de justesse de bouder pour montrer sa contrariété face au mur épais qui venait d'être dressé devant son nez.
- Cela ne regarde que moi, trancha finalement l'esclave.
- J'aimerais simplement comprendre.
- N'insiste pas, je n'ai pas envie de m'étaler sur le sujet.
Il aurait été tenté de le laisser tranquille et donc d'arrêter la conversation ici. A la place il se mordilla la lèvre inférieure et se colla un peu plus, empêchant ainsi Aizen de reprendre tranquillement sa lecture. Et peut être qu'il entama sa patience au passage. Pas besoin de parler, ça ne servirait qu'à braquer un peu plus l'adulte. Il attendrait seulement que celui-ci se lasse et lui réponde bien gentiment pour avoir la paix. Ce qu'il fit environ une heure plus tard, après une tentative pour le repousser puis l'ignorer.
- Pourquoi ce soudain intérêt pour ma vie, Ichigo ? râla Sosuke, baissant sa main pour poser ce qu'il lisait contre ses jambes.
- J'n'ai pas le droit de connaître ce qu'à vécu mon esclave ? tenta de répondre l'adolescent, avec un léger sourire.
- Si c'était le cas, tu m'aurais posé la question bien avant.
- Oui mais… Avec ce qui s'est passé… J'ai besoin de savoir.
Il y eut un autre silence, Aizen semblait hésiter désormais sur la marche à suivre et le jaugeait du regard. Ichigo ne broncha pas et soutint simplement les yeux chocolat. Un bruit, comme un claquement, le fit sursauter et Sosuke brisa l'échange. Kurosaki baissa le nez vers l'origine du bruit pour se rendre compte que c'était le livre qui venait d'être refermé d'un mouvement sec, un marque-page indiquant l'endroit de la reprise.
- Le premier. Celui chez lequel je suis resté le plus longtemps. Et qui aujourd'hui doit pleurer sa richesse perdue. Peut être est-il lui-même esclave désormais, qui sait ? Ou mendiant.
- Il n'appréciait pas ton comportement je présume.
- Tu sais, quand tu as connu la liberté, il est d'autant plus difficile d'accepter les chaines.
- Raconte. Tu m'en as trop dit, ou pas assez.
Aizen eut un soupir, avant de commencer à narrer. Ichigo se força au silence. Ainsi apprit-il que Sosuke venait de la ville basse, et que la vie y étaient essentiellement souterraine, à cause des traqueurs : des hommes entrainés et équipés pour la chasse aux humains afin de fournir aux habitants de la cité supérieure, des esclaves. La ville basse était enfermée sous un dôme de fer, abîmé par le temps. S'il était déjà dangereux de sortir le jour (la structure métallique empêchait d'avoir une clarté importante, mais on pouvait s'y repérer), la nuit c'était du suicide pur et simple.
Il s'amusait bien, avant, à les faire enrager, parce qu'une fois qu'on avait compris la manière dont les traqueurs faisaient leurs rondes et qu'on prévoyait le terrain, il suffisait de les narguer et de se planquer et de les écouter tourner en rond en pestant. Gin, un de ses partenaires, en avait même fait son passe-temps favori, surtout qu'ils avaient piraté leurs radios afin de garder une d'avance sur leurs déplacements. Aizen l'avait juste empêché d'envoyer ses propres messages, lorsque l'idée farfelue lui était passée par la tête, ce qui risquait de les faire repérer.
Gin et Tôsen étaient ses deux bras droit et l'aidaient dans ses recherches. Puisqu'une autre particularité de la partie basse était de regorger des ruines des anciennes villes. Celles qu'il y avait avant la troisième guerre mondiale et où ils recherchaient des traces de ce qui avait bien pu se passer. Et beaucoup ignoraient à quel point ces endroits pouvaient être de véritables mines d'informations et de ressources.
Sosuke avait avoué avoir cherché à augmenter son influence dans la ville basse. Il ne s'était pas fait que des amis, aussi soupçonnait-il quelqu'un de l'avoir vendu. Ainsi, lors de l'une de leurs excursions, les traqueurs leur étaient tombés sur le dos. Il avait dix-huit ans à ce moment là et celui qui l'avait capturé avait fait une entorse à leur contrat. Au lieu de le livrer à un quelconque magasin pour être « dressé » il avait été directement vendu au prix fort à un politicien.
Il eut une pause, son regard se posant de nouveau sur l'adolescent qui avait fermé les yeux et froncé les sourcils, déjà en train d'assimiler tout ce qu'il venait de lui dire et qu'il ignorait. Peu de gens connaissait l'existence des traqueurs en réalité. En dehors du milieu bien sûr.
- Une vente au noir ? fit Ichigo, perplexe.
- Une certaine partie des Maîtres préfèrent dresser leurs esclaves eux même. Les traqueurs n'ont pas de quota à respecter, et n'ont aucun contrôle, il leur suffit juste de passer une capture sous silence, lui expliqua Aizen, amusé. Les prix qu'ils demandent sont bien plus importants que ceux des magasins et l'argent va directement dans leurs poches. Pour les autres ils ont une récompense par nombre d'esclaves ramenés.
- Ha, parce que c'est courant en plus… oui, bien sûr.
La réaction de l'adolescent, en apparence blasé, le fit rire. Evidement que c'était courant, puisque beaucoup plus rentable que ces fameuses récompenses dérisoires comparés à ce qu'ils gagnaient par ce moyen détourné.
- Tu trouves cela horrible, mh ? ironisa Aizen. Pourtant c'est une solution pour toi.
- Pardon ? grogna le maître, agacé.
- Te connaissant, tu aurais sans doute eu recours à cette méthode, si tu n'étais pas tombé par hasard sur notre salle ce jour-là, je me trompe ?
L'adolescent hocha lentement la tête, obligé de reconnaître que c'était vrai. Avoir un esclave non dressé signifiait un esclave au regard vivant… alors il aurait certainement utilisé ce moyen pour ne pas avoir un être amorphe à ses cotés. Aizen reprit son récit là où il s'était arrêté. Maintenant qu'il avait commencé, autant continuer.
Ainsi avait-il atterri chez cet homme, qui visait les hautes places pour engranger toujours plus de prestiges et de richesses. Lui n'était qu'un moyen supplémentaire de prouver sa position sociale, de se faire bien voir, et le fait qu'il soit « sauvage » ne lui accordait que d'avantage de valeur. Il lui avait dit au départ, qu'il ne serait juste qu'une vitrine de sa gloire.
Il avait été conciliant. Au début. Même si sa façon de s'adresser à lui comme à un enfant de 5 ans l'avait très vite exaspéré. Il s'était muré dans son silence, puisque même si l'homme lui demandait parfois son avis, au final il décidait sans vraiment le prendre en compte. Mais au moins, il faisait ce qu'il pouvait pour combler tous les caprices qu'il avait pu émettre, en espérant que cela suffirait à faire en sorte qu'il obéisse gentiment.
Malheureusement pour lui, Aizen n'avait jamais apprécié les contraintes et les chaines et le lui avait vite fait savoir. Il était habitué à donner des ordres et à diriger et non l'inverse. Son impossibilité à se tenir tranquille plus de cinq minutes lui avait valu de se retrouver enchainé dans une des pièces de la maison, avec quelques mètres de corde comme laisse. Du coup il ne sortait que lorsqu'il y avait des invités de marque à recevoir. C'était toujours avec joie qu'il se lançait dans cette tâche et s'assurait du meilleur accueil possible de sa part.
- Tu sais… Lorsqu'une personne n'arrive pas au résultat espérer… Il faut toujours qu'elle reporte la faute sur une autre.
- Tu oserais me soutenir que tu n'y étais pour rien dans l'histoire ?
- Je l'avais prévenu. Ce n'est pas comme si j'avais caché mes intentions, tu es bien placé pour le savoir. Il aurait été plus simple pour lui de me laisser où j'étais. Et de tout me mettre sur le dos si on lui posait des questions.
L'étudiant eut une grimace en se souvenant des premiers jours passés en sa compagnie. Sosuke l'avait aussi poussé à bout et il aurait déjà craqué si ses parents n'avaient pas été derrière lui pour l'aider. Et s'il suivait à peu près ce qui avait bien pu lui arriver, alors il se doutait de ce qui s'était passé ensuite.
- Alors il a utilisé la force…
- Oui. Mais il n'a jamais eu l'idée de m'étrangler, siffla l'esclave, en une évidente référence au tour de force d'Isshin.
- Non à la place il t'a décoré le bas du dos, riposta aussi vite l'adolescent.
- Parce que c'est beaucoup moins visible.
C'est vrai que la trace violette qu'il avait soigné sur le cou de Sosuke était suffisamment importante pour être impossible à camoufler. Mais au moins au bout de quelques temps il n'y avait plus rien ! Cette constatation ne l'empêcha pas de se vexer à ses propos et de prendre un air boudeur. Sa crédibilité chuta à zéro mais en toute honnêteté, à cet instant précis il s'en moquait allégrement.
- Mon attitude avait découragé la plupart des invités qui refusaient désormais de se déplacer lorsque ce politicien le leur demandait. Cela se ressentait au niveau des aides qu'il obtenait. J'aurais dû me méfier du ton caressant qu'il a pris lorsqu'il est venu me voir. Je n'ai pas vu venir le premier coup qu'il m'a porté, mais j'ai senti tous les autres.
Ichigo ne sut que répondre. Il était stupéfait du ton détaché d'Aizen comme s'il avait été témoin des violences et non pas la victime.
- En même temps, continua celui-ci sans voir son trouble, il me cajolait en me répétant qu'il m'aimait et que c'était de ma faute s'il était obligé de faire ça. C'est une méthode qu'il a gardé, alternant les cajoleries et les blessures, en augmentant l'intensité à chaque fois.
Le jeune homme détourna les yeux, alors que Sosuke lui décrivait avec moult détails, l'instant où la pseudo-douceur avait totalement disparue lorsqu'il l'avait violé pour la première fois. Par la force des choses l'esclave s'était calmé pendant un moment, le temps pour lui d'accuser le coup et d'arriver à passer outre l'humiliation et les blessures physiques et morales. Il n'avait pas le temps de cicatriser que de nouvelles estafilades faisaient leur apparition, quand le politicien ne s'amusait pas à rouvrir les anciennes lorsqu'elles commençaient à se refermer.
Son grand plaisir, lui expliqua Aizen, s'était de faire des entailles fines mais profondes, qui lui permettaient ensuite de pouvoir lécher le sang qui coulait pendant qu'il le prenait. Ichigo plaqua ses mains sur sa bouche pour l'empêcher de le continuer ses descriptions beaucoup trop réalistes à son gout, la tête baissée. Il ne vit pas le regard étrange que lui lança l'homme, qui attendit sagement qu'il le libère et croisa les bras.
- Quand je me suis réveillé après plusieurs mois… J'ai commencé à répondre physiquement, il s'est vite retrouvé aussi amoché que je pouvais l'être. D'ailleurs, j'ai échappé comme ça à une séance au fer chauffé à blanc.
- Ne… Ne me dis pas ça aussi froidement ! s'écria l'étudiant, le coupant une nouvelle fois après s'être redressé. Tu te rends compte de ce que tu me dis, ça veut dire…
- L'esprit et l'imagination de l'homme sont retors et sans limite, l'interrompit Sosuke en posant un de ses doigts sur la bouche d'Ichigo. Quoique tu puisses considérer comme horrible, dis-toi que quelqu'un trouvera toujours moyen de faire pire.
Pâle, l'adolescent acquiesça lentement. Il reprit avec la même vitesse sa position assise sur le canapé. Il n'écouta qu'à moitié l'adulte lui expliquer ses différentes manœuvres pour faire chuter son premier possesseur et lui assurer la ruine et une mort sociale : prendre contact avec les personnes qui finançaient ses campagnes, révéler à la presse toutes les magouilles qu'il avait pu faire pour en arriver là, dans son dos. Ichigo ne fit pas plus attention à la joie presque malsaine qui teinta les mots de celui-ci durant cette même explication, et qui s'accentua lorsqu'il évoqua les supplications de son tortionnaire durant les derniers instants.
C'était sans remords qu'il lui avait tourné le dos en ignorant ses cris et ses appels à son encontre, ce qui le laissait dans une situation désastreuse et sans amélioration possible. Il s'en était assuré.
Il ne reprit conscience que lorsqu'une main traversa son champ de vision et que les doigts claquèrent devant son nez. Par réflexe la tête partie légèrement en arrière et le regard ambre se tourna vers l'esclave, interrogateur et trouble sous le maelstrom de sentiment qui le submergeait. Sosuke haussa un sourcil, aussi silencieux qu'il pouvait l'être, et lui laissa un temps pour se remettre, avant qu'il ne reprenne la parole.
- Et c'est tout ? Tu n'es pas redevenu libre après ?
- Non. Quand tu es esclave, tu le restes à vie en théorie, s'amusa Aizen. J'ai atterri dans un de leur magasin et j'y ai croupi pendant plusieurs mois.
- Ah, fut la seule chose que put prononcer Kurosaki.
- J'ai profité de ce temps libre pour me faire à l'idée que ce que je venais de vivre n'était que le commencement. A raison.
L'adolescent déglutit, peu certain en réalité de vouloir que l'adulte continu sur sa lancée, en venant à se dire qu'il avait sans doute été un peu trop curieux. Il ferma un instant les yeux et inspira. Il irait jusqu'au bout. De toute façon, Sosuke n'attendit pas son consentement ou non pour reprendre d'une voix neutre.
- Le second… était un marchand. Un petit bourgeois, content de sa vie morne et répétitive. Et qui voulait un esclave uniquement parce que c'était la mode.
- Et lui aussi a abusé de toi ?
- Pas personnellement. Je doute qu'il en était capable en fait. Mais il adorait regarder.
- D'accord…
Aizen eut un sourire en coin, et le silence retomba entre les deux hommes. Ichigo resta un instant à attendre une suite qui ne vint pas, et il releva le nez vers Sosuke dont le regard s'était fait distant, absent. Il ferma à demi les yeux et laissa sa tête retomber sur son épaule, contrit de voir que l'esclave avait replongé manifestement dans de très mauvais souvenirs. Enfin… Surtout que malgré ce qu'il pouvait dire, il en était encore visiblement affecté. Au point d'être incapable d'en parler, ou très difficilement. Mais il avait largement compris les sous-entendus qu'il avait soulevés par sa dernière phrase.
- Et tu l'as ruiné aussi ? demanda t-il, pour changer légèrement le sujet.
- Non… Je l'ai tué. Lentement, en trafiquant ses médicaments à son insu. Comme il ne me laissait toucher à rien et que plusieurs personnes pouvaient en témoigner, j'étais hors de soupçon lorsque son corps a été trouvé.
- Ne me dis pas que le troisième a fait pire encore…
- Non. C'était un ami à lui qui m'a récupéré à sa mort. Pas méchant, mais faible psychologiquement, aujourd'hui il doit être en dépression et je doute qu'il la quitte un jour. Et puis je suis retourné au magasin et tu m'as acheté un mois plus tard.
Le jeune homme frissonna lorsqu'il vit le regard de son esclave devenu glacial alors que la dernière phrase tombait. L'adulte tourna de nouveau la tête vers lui et son regard se fit un peu plus doux et chaleureux, plus amusé aussi. Et Kurosaki dut se mordre la langue pour ne pas laisser la surprise reprendre le dessus.
- A vrai dire, je pensais au début que tu ferais la même chose, reprit Aizen. Me voir comme un jouet qu'on utilise à l'envie et qu'on abandonne le reste du temps.
- Je ne suis pas ainsi. Je pensais te l'avoir fait comprendre au début et… Quoi, qu'est ce qu'il y a ? marmonna Ichigo, lorsqu'il vit l'air de l'adulte devenir franchement moqueur.
- Ce n'est pas vraiment l'impression que tu m'as donné à notre première rencontre, non.
- Alors je serais curieux de savoir ce que tu as bien pu penser.
Aizen eut un léger rire, et le jeune homme en réponse fronça d'avantage les sourcils. Il ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait y avoir de drôle et son aîné gardait aux lèvres ce sourire qui l'agaçait quelque peu. Son vis-à-vis finit par hausser les épaules, retrouvant son attitude habituelle, maintenant que le sujet le plus fâcheux était passé.
- Ton regard… Celui que tu m'as lancé ce jour là… je sais maintenant que tu n'en avais pas conscience mais tes yeux brillaient... De désir.
La scène se figea, avant que l'étudiant ne sente ses joues commencer à le brûler sous l'apport plus important de sang. Il rougissait, de gêne. Parce qu'au-delà du fait qu'il ne se connaissait pas ce genre de regard, ni d'attitude, cela soulevait pour lui d'autres questions délicates, notamment celle d'une possible attraction. Désirer Sosuke ? Mais… Lui fantasmait sur les poitrines aux formes généreuses, pas les torses indéniablement masculins !
- Hein ? bredouilla-t-il, mortifié. Non, je… te jure que je n'ai jamais eu l'intention…
- Je sais. Je l'ai compris tout seul, détends-toi.
- Mais…
Aizen passa sa main dans les mèches rousses et Ichigo se contenta de fermer les paupières sans marmonner ou grogner comme il pouvait le faire d'habitude. L'esclave leva les yeux au ciel et déplaça sa main pour la faire glisser sous le menton et forcer son maître à le fixer. Il quitta sa position première il se pencha, jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Le livre glissa et atterrit au sol dans un bruit sourd, mais aucun des deux hommes ne l'entendit.
- Malgré ce que tu peux apprendre, tu continues à rester naïf sur bien des points. Tu en serais presque mignon.
- Oh ça va, grogna Ichigo, encore plus gêné par cette réplique.
- Exactement comme en ce moment.
Le sourire de Sosuke s'élargit. L'étudiant le fusilla du regard, lui montrant bien que lui n'était pas du tout amusé. Son vis-à-vis lâcha son menton et leva les mains en signe d'apaisement, même si son regard quelque peu moqueur trahissait ce qu'il pouvait bien penser de son attitude. Ichigo détourna la tête, ses joues ayant désormais perdues leur jolie teinte carmin.
- C'est bon. Je sais que tu trouves ça débile, tu me l'as déjà dit.
Le jeune homme secoua la tête, avant de se reculer légèrement pour briser le contact et l'échange dans l'idée de se laisser tomber sur le canapé dans un soupir. Une main l'en empêcha en venant brusquement se saisir de son col lorsqu'il amorça son mouvement. Il écarquilla les yeux en réalisant qu'Aizen s'était rapproché et se situait maintenant beaucoup trop près de lui. S'il avait voulu s'échapper de son emprise, les doigts resserrés autour du tissu l'auraient retenus et bloqués quoi qu'il advienne.
Il se serait attendu à ce qu'il se prenne une autre réflexion en réponse à ce qu'il venait de dire, mais le regard noisette ne reflétait rien de particulier et son visage restait fermé. A la place, les paupières se refermèrent en partie et il sentit nettement quelque chose venir effleurer sa bouche en une douce caresse. S'il perçut comme une décharge électrique traverser son corps à la vitesse de l'éclair, il eut le réflexe immédiat de se dégager, comme piqué au vif, après avoir obligé Sosuke à le lâcher.
Sa main remonta et il posa ses propres doigts sur la peau fine et sensible de ses lèvres, et une gêne indescriptible l'envahit lorsqu'il réalisa, que si Aizen avait décidé de pousser le jeu un peu plus loin, il aurait pu l'embrasser sans qu'il ne réagisse…
L'embrasser…
L'em… L'embrasser, oui ! L'embrasser !
Mais enfin ! L'embrasser quoi !
Ce mot tourna en boucle dans son esprit, comme une litanie, le temps pour lui de se faire à cette idée et d'arriver à se reprendre. Figé, il serra les dents, prêt à crier, non hurler, pour demander le pourquoi du comment. Il fut pris de court lorsque l'esclave éclata de rire, probablement amusé par le visage ahuri qu'il offrait. Au moins cela lui permit-il de comprendre qu'il se foutait une fois de plus de sa gueule. Il n'y avait pas d'autres termes.
- Sosuke…
- Oui. Je n'ai définitivement rien à craindre de toi de ce côté-là. N'oublie pas de respirer petit être pur et innocent.
Aizen vint tapoter sa joue, franchement amusé, et l'adolescent dut serrer les poings pour ne pas lui sauter à la gorge et l'étrangler sur le champ. Il préféra marmonner dans son coin et se lever du canapé, trouvant un prétexte quelconque pour s'éloigner quelques temps. Sosuke ne chercha pas à l'en empêcher et retrouva un air sérieux sitôt qu'Ichigo lui eut tourné le dos. Kurosaki eut un moment d'arrêt, alors qu'il lui semblait l'entendre murmurer ce qui ressemblait à…
- Essaye de ne pas les perdre.
Quelques mots dont il ne comprit pas le sens. Sa main vint se poser sur la rambarde des escaliers, et il prit l'excuse d'être fatigué pour monter et rejoindre sa chambre. Il se laissa tomber à plat ventre sur le lit et ses bras vinrent serrer son oreiller. Il y étouffa son visage avec un grognement. Plusieurs minutes passèrent ainsi sans qu'il ne bouge. Il tenta de faire le vide mais peine perdue puisque son corps semblait en avoir décidé autrement. Ses lèvres le brulaient pour il ne savait quelle raison, il avait l'impression d'être gelé et son cerveau lui repassait sans aucune pause les évènements qui venait de se produire. Que ce soit le récit de Sosuke, ou sa petite… blague.
Ce passé, il s'en voulait désormais de s'être amusé à prendre son esclave pour une peluche. Maintenant qu'il savait pourquoi à chaque contact physique il se crispait autant, il se trouvait un peu puéril, voire beaucoup. Même s'il s'évertuait à faire l'ignorant ou à s'en moquer royalement, il savait qu'il n'en était rien. Ce n'était pas vraiment le genre de chose qui s'oubliait et qui ne laissait pas de traces.
Lui voulait seulement bien faire…
Ichigo eut un soupir alors qu'il se redressait sur les avant-bras, pour se tourner et s'installer sur le dos. Son regard se posa sur le plafond désormais face à lui. Il inspira et expira lentement et, réellement fatigué, il referma les yeux. Il se sentait soudainement las, cloué au lit sans qu'il ne puisse lutter. Il commençait sérieusement à douter.
Il savait ses manières d'agir différentes des autres. Il savait ce que ces mêmes autres faisaient la plupart du temps de leurs esclaves, et la très faible considération qu'ils avaient pour ceux qui répondaient tous les jours à leurs besoins. Il pouvait bien deviner que certains passait outre le consentement sur plusieurs plans. Mais pas à ce point-là.
Le regard morne et vide des esclaves du magasin lui revint en mémoire et il frissonna. A cette image se superposa celle de Chad, et des esclaves des différents invités d'Ishida qu'il avait déjà croisés sans y faire plus attention. Il se mordit la lèvre inférieure, en constatant que les regards coïncidaient. Ou presque pour le cas de celui d'Uryû. Des regards brisés qu'il pensait être dû à des maltraitances répétées. Enfin… Des maltraitances autres que sexuelles.
Sans vraiment s'en rendre compte, il s'était tourné sur le flanc, les bras serrant son torse et les jambes légèrement repliées. Prendre conscience de ce décalage n'était pas quelque chose de très facile à avaler.
Il ignorait qu'un étage plus bas, Aizen passait ses propres doigts sur ses lèvres, avant de rejeter la tête en arrière et de poser ses bras sur le dossier du canapé. Un léger sourire ne tarda pas se dessiner sur son visage, lui était libéré du poids d'un passé parfois trop lourd. Parmi ses intérêts, celui de lui permettre d'envisager de tourner la page. Définitivement. Son seul regret ? Avoir voulu aller trop vite. Il aurait cru que son maitre se laisserait embrasser et peut être plus. Il avait mal calculé son coup.
L'adolescent ne redescendit qu'une fois la soirée tombée, et il eut beaucoup moins de répondant que d'habitude. Sosuke ne chercha pas à insister, conscient qu'il resterait amorphe au moins pour aujourd'hui. Aussi ne s'y attarda t-il pas plus et se contenta de faire glisser son regard vers Ichigo, lorsque ce dernier se réinstalla à l'autre bout du canapé pour reprendre ce qu'il avait arrêté avant leur petite conversation. Mal concentré, il enchainait les erreurs mais persévérait, refusant de tourner la tête vers lui. Ça et l'espèce de distance de sécurité qu'il semblait avoir instauré aurait presque pu l'amuser.
Vraiment.
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Rendez-vous au prochain chapitre!
