Master and Slave

Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Tous les autres sont à moi! bwahahaha!

Note: Je m'excuse par avance s'il y a un peu de OOC... (mais j'essaye de l'éviter au maximum)
Merci à Frasyl et Leikkona pour la bêta-lecture !

Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)


Le blabla de l'auteur:

Heu... Pour cette fois il sera court parce que j'ai aucune idée de quoi mettre dedans °.°
Alors je vais juste vous remerciez encore une fois pour continuer à me lire ^^

Donc heu, profitez bien de ce chapitre ^^ qui voit l'introduction d'un nouveau personnage! (oh, et ne me balancez pas de parpaings, siouplait, ayez pitié de l'auteur!)


Les reviews anonymes:

Tisha: Non en effet, c'est une suite constante de sévices et autres choses malsaines ;p. Je l'avoue je l'ai pas gâté le pauvre.
Merci pour ta review! mais la fin elle est pas pour toute suite x_x...

Meringue:Merci pour tes compliments, contente que ma fic te plaise =D
Et oui, il y en a d'autres. I livres en tout.

Lynn:ça y est! c'est chose fête, le plus gros du passé de Sosuke (enfin, le plus douloureux surtout) est révélé!
Du coup, tu te doutes bien qu'avec un passé derrière s'il se risque aux baisers c'est en effet avec une idée derrière la tête xD!

Sunny:Tiens c'est étrange, on m'a souvent dit "enfin" o_O... Ahah xD!
Merci merci! voici la suite!

Et je ne vous retiens pas plus longtemps!


L'adolescent ne redescendit qu'une fois la soirée tombée, et il eut beaucoup moins de répondant que d'habitude. Sosuke ne chercha pas à insister, conscient qu'il resterait amorphe au moins pour aujourd'hui. Aussi ne s'y attarda t-il pas plus et se contenta de faire glisser son regard vers Ichigo, lorsque ce dernier se réinstalla à l'autre bout du canapé pour reprendre ce qu'il avait arrêté avant leur petite conversation. Mal concentré, il enchainait les erreurs mais persévérait, refusant de tourner la tête vers lui. Ça et l'espèce de distance de sécurité qu'il semblait avoir instauré aurait presque pu l'amuser.

Vraiment.

Livre I – Un simple jeu
Chapitre 14

Le lendemain, Ichigo semblait s'être repris, reprenant sa routine avec lui. Enfin, c'était ce qu'il aurait aimé croire. Si Ichigo lui donnait le change, Aizen avait très vite réalisé au fil des jours qu'il n'essayait pas de continuer comme il le faisait avant. Le jeune homme gardait une certaine réserve, ou peut-être était-ce de la gêne. L'esclave n'arrivait pas exactement à savoir de quoi il retournait.

Mais les faits étaient là…

L'adolescent s'éloignait lentement, mais sûrement de lui.

Sa preuve ? Le sourire légèrement gêné que l'héritier Kurosaki ne cessait de lui offrir avant de se détourner tout en se frottant la nuque, à la recherche d'une quelconque occupation. Quelconque occupation la plus éloignée possible de lui de préférence. Un signe qu'il connaissait bien depuis le temps et qui trahissait le malaise du jeune homme. Adossé contre un mur, Aizen fronça les sourcils, croisa les bras et fusilla du regard le dos de l'étudiant qui s'évertuait à trouver une activité plus intéressante que le regarder ou tourner la tête vers lui.

Il semblait avoir carrément abandonné l'idée d'être discret et de faire semblant et il faisait l'innocent quand l'esclave faisait des sous-entendus à ce sujet. Il recommençait à fuir et le moins que l'on pouvait dire, c'était que l'esclave en était tout simplement… ravi. Le pire étant qu'il ne comprenait pas pourquoi. Oh, c'était lié à son passé, bien entendu. En partie. Mais il ne voyait pas ce qui pouvait provoquer une réaction aussi excessive. Si on suivait la logique des choses, c'était lui qui devrait fuir Ichigo, non l'inverse.

Alors… l'adolescent lui avait bien trouvé, dans un premier temps, l'excuse des examens finaux, qu'il venait de passer, et dont il appréhendait les résultats. Donc il tournait en rond comme un lion dans sa cage, sans avoir spécialement envie de parler ou de faire quoi que ce soit. Il n'avait pas réellement d'arguments à lui opposer, et Ichigo les contrait systématiquement. Sceptique, il s'était incliné pendant un temps.

Sauf que ses résultats étaient tombés depuis peu. Et le jeune homme faisait partie des meilleurs de sa promo. L'étudiant en avait été soulagé, n'ayant pas passé son année à bosser comme un dingue pour rien. Avait-il pour autant abandonné son air refermé pour revenir l'ennuyer avec ces surnoms et son attitude ? Bien évidement que non. Et il s'était fait un plaisir de le lui souligner. Ichigo avait détourné le regard pour se perdre dans des explications plus foireuses les unes que les autres.

L'esclave avait bien pensé à une infime possibilité pour que ce soit voulu. S'intéresser à l'excès et choisir son moment pour cette fois l'ignorer. La personne visée, lui en l'occurrence, avait alors tendance à se rapprocher pour tenter de comprendre, ce qui était la réaction attendue. Ce qu'il faisait actuellement d'ailleurs. Une utilisation de la psychologie simple mais qui avait fait ses preuves et était toujours aussi efficace. Seulement, le jeune homme n'était pas familier de ce genre de méthode.

Ichigo passa près de lui, sans un regard une fois de plus. Arrivé à sa hauteur, Aizen se saisit de son bras, peut être un peu trop fort vu le léger rictus qui déforma les traits de son visage. Ce fut sans effort qu'il le coinça entre lui et le mur, les mains de chaque côté de la tête pour empêcher toutes tentatives de fuite.

- Qu'est ce que tu veux, Sosuke ? souffla le prisonnier, yeux baissés.

- Que tu me regardes, pour commencer.

Et voyant que le garçon gardait obstinément le regard fixé sur son torse, il se décida à l'aider. Une de ses mains vint s'emparer de la mâchoire inférieure et la relever, ignorant les faibles protestations qu'il reçut. Contraint, le regard ambre rencontra celui, devenu plus foncé sous la colère, de l'homme.

- Et maintenant que j'ai pleinement ton attention, si tu me disais ce qui ne va pas ?

- Je…

- Et plus de prétextes idiots. Si j'avais su je ne t'aurais pas parlé de tout ça.

Ichigo rentra légèrement la tête dans les épaules devant le mécontentement justifié de l'esclave. D'autant que ce dernier l'empêchait de bouger la tête. Il déglutit, avant de laisser échapper un soupir en voyant que ça ne servait à rien d'attendre qu'il le libère. Il haussa les épaules, ne sachant comment amorcer le sujet.

- Ce n'est pas ça…

- Non ? Voila qui attise ma curiosité, parce que tout coïncide étrangement.

- C'est juste que… Je n'ai pas pu m'empêcher de faire le lien avec ce que j'ai pu, moi, te faire. Et ce que toi tu as pu en penser.

- Ce n'est pas comme ça que tu changeras quoi que ce soit. Je n'ai pas besoin de pitié ni de compassion. C'est du passé.

Le jeune homme eut un pauvre sourire. Il passa lentement ses bras autour du torse, en dessous de ceux du brun et il laissa son front rencontrer le tissu du T-shirt. Un simple « oui je sais », presque amusé, fut chuchoté et le silence retomba entre les deux hommes. L'adolescent n'osait pas pousser le contact plus loin, sachant désormais pourquoi son esclave se figeait presque lorsqu'il se collait à lui. Quelque part, il se disait que ses gestes avaient fait remonter des souvenirs douloureux, et il s'en voulait pour ça, quoi que puisse lui dire Sosuke. Ichigo finit par relever le nez, se mordillant la lèvre inférieure, hésitant visiblement à poser la question qui brûlait ses lèvres.

- Dis. Si tu pouvais retrouver ta vie d'avant, tu le ferais ?

- La question est déjà réglée puisque je ne peux pas.

- Oui mais, supposons que tu aies le choix.

- Eh bien, commença Aizen, perplexe.

La sonnerie du téléphone retentit, les faisant sursauter tout les deux. Ils restèrent ainsi à se regarder quelques secondes, le temps que le son strident ne résonne plusieurs fois dans la pièce, avant qu'Ichigo ne repousse à contrecœur l'esclave pour aller décrocher.

- Allô ?

- Kurosaki-kun ! C'est moi !

Il sourit en reconnaissant la voix enjouée d'Inoue et entama la discussion avec elle. Il n'eut pas à attendre longtemps pour sentir la présence de Sosuke à ses côtés. Lorsqu'il tourna la tête, leurs regards se croisèrent une fraction de seconde et lorsque l'homme tendit la main pour enclencher le haut-parleur, il n'eut aucun geste pour l'arrêter. Il retint un hoquet en revanche, lorsqu'il sentit l'homme passer ses bras autour de sa taille et venir se coller à son dos. Il frissonna alors qu'Aizen enfouissait son visage dans son cou pour ne plus bouger, plus perturbé qu'il ne voulait l'admettre.

- Tête de mule, grogna l'adolescent après avoir posé sa main sur le téléphone, afin de ne pas être entendu.

Il comprenait quelque part que l'esclave voulait lui prouver que ce qu'il lui avait raconté était du passé. Il n'était pas dupe pour autant, c'était le genre de chose qui laissait des traces à vie.

En réalité Aizen n'écoutait que d'une oreille le joyeux babillage de la jeune fille, il repensait à la question qui lui avait été posée quelques minutes plus tôt. Quelque chose qui ne lui avait jamais traversé l'esprit mais dont la réponse pouvait être donnée sans aucune hésitation. Bien entendu qu'il saisirait sa chance, s'il pouvait déguerpir d'ici et retrouver la ville basse. Il était hors de question qu'une telle opportunité puisse lui passer sous le nez. Manipuler le gamin pour parvenir à contrôler la partie centrale du pays n'était qu'une solution alternative.

- Quoi ? Demain, mais je n'ai rien de prêt !

- Tu m'as dit que tu n'avais rien de prévu et tu as toute ta soirée, fit Inoue. J'ai intérêt à en profiter. Ce n'est pas comme si tu partais un mois ensuite pour retrouver ta famille !

Orihime se mit à rire alors que l'étudiant laissait échapper un soupir sonore. Aizen se força à se concentrer de nouveau sur le fil de la conversation, où il était apparemment question de passer une nouvelle fois quelques jours chez un ami de Kurosaki. Enfin, une. Et il retint un rictus en se disant que ce genre d'invitation n'était jamais anodine.

Une voix masculine, agressive, se fit entendre et les deux hommes haussèrent un sourcil. Lointaine, ils n'avaient pas pu comprendre ce qu'il avait bien pu dire. Seul un « oui, oui ! » très amusé de la jeune fille y fit écho. Il y eut un grognement, probablement de la même personne, puis plus rien.

- Alors, ta réponse ? reprit la jeune fille sans se démonter.

- Je viendrai Inoue mais… Je croyais que tu vivais seule, c'était qui cette voix ?

- C'est ma surprise !

Orihime gloussa, avant de lui souhaiter une bonne soirée, de le saluer et de raccrocher. Ichigo fit de même, plus lentement. Il était encore plus confus qu'au départ. Il finit par froncer les sourcils, se demandant à quoi rimait tout ce petit jeu de la part de son amie d'enfance. Parce que oui, elle semblait bien être la seule que tout cela amusait au plus haut point.

- Suis-je vraiment obligé d'y aller ? soupira Aizen dans le cou de Kurosaki, agacé.

- Je pensais que tu avais mis les haut-parleurs pour écouter, lui reprocha doucement l'adolescent. Elle a bien précisé qu'elle voulait aussi te voir.

- Tss. Encore obligé de subir une présence non désirée.

- Sosuke, ce ne sont que deux malheureux jours, et au moins je suis certain qu'il ne t'arrivera rien. Je croyais qu'un esclave devait suivre son maître partout ? rigola l'étudiant.

Sosuke leva les yeux au ciel et se détacha du jeune homme pour se diriger vers l'escalier menant à l'étage. Il eut un petit sourire en sentant sur son dos un léger picotement, trahissant le fait qu'Ichigo le fixait avec insistance, pendant les quelques pas qui le menèrent à sa destination. Il ne lui fit pourtant pas le plaisir de se tourner pour lui renvoyer son regard, même alors qu'il grimpait les marches.

- C'est de ta faute, c'est toi qui as évoqué ma possible liberté.

Pour une fois, il plaisantait. De son point de vue bien entendu. Cependant Ichigo ne le prit pas aussi bien, accusant le coup d'un silence éloquent qui fut ignoré. L'esclave n'avait déjà en tête que les deux prochains jours loin de cet appartement, qui seraient l'occasion de ramener définitivement son maître à lui et finaliserait ainsi ses projets.

Orihime n'habitait pas très loin. Elle vivait seule depuis la mort de ses parents et de son frère, et son appartement n'était qu'à quelques rues de là où se situait son propre immeuble. Un bon quart d'heure à pieds et Ichigo se retrouva devant l'interphone en compagnie d'Aizen. Ils sonnèrent et l'hôtesse leur ouvrit la porte, puis ils montèrent les deux étages qui les séparaient encore. Ce fut avec un grand sourire que la jeune fille les accueillit, s'effaçant pour leur permettre de rentrer.

L'appartement en lui-même était petit. C'était un simple deux pièces dont la salle principale, la plus grande aussi, faisait office de salon, une autre de chambre et une troisième de cuisine et la dernière enfin, était la salle d'eau. Un petit débarras se situait également à côté de l'entrée. Cependant l'adolescent ne se souvenait pas qu'elle s'en soit plainte une seule fois. La chose qui le surprit pourtant, qui était la fameuse « nouveauté », c'était l'homme assis contre l'un des rebords de la fenêtre, collé à la vitre. L'un de ses pieds battait le vide, et il était actuellement occupé à regarder en contrebas ce qui pouvait bien se passer.

Le jeune homme fronça les sourcils. Cet homme ne lui était pas inconnu, il en était sûr. Il l'avait déjà vu quelque part il en était certain, mais sans parvenir à s'en souvenir. Ce fut le ton légèrement étonné, de l'esclave à ses côtés qui le mit sur la voie.

- Jaggerjack ?

L'autre esclave se tourna vers eux, les fusillant du regard avant qu'un grognement ennuyé ne franchisse ses lèvres. Ichigo pencha légèrement la tête en observant les courtes mèches bleues plus qu'indisciplinées, et les marques turquoises qui soulignaient les yeux. Il écarquilla les yeux alors qu'il se souvenait enfin. Il l'avait vu au magasin où il avait fait l'acquisition de Sosuke. Il tourna la tête vers Inoue qui lui renvoya un sourire mutin.

- Salut Aizen, fit le dénommé Jaggerjack. Toujours coincé avec le jeune ?

- Me dit celui dont le maître l'est encore plus, grinça Sosuke.

Il fit une pause, avant de se tourner vers Ichigo, tout ce qu'il y a de plus sérieux :

- Tu es bien plus vieux, rassures-moi ?

- Est-ce vraiment le plus important dans l'histoire ? râla Ichigo, exaspéré.

- Oui, d'un peu plus d'un mois ! se fit un plaisir de répondre Orihime, amusée.

L'étudiant croisa les bras, les deux esclaves (entre temps il avait eu la possibilité de voir le collier blanc attaché au cou puissant) étaient repartis dans leur petite joute verbale. Sosuke ne tarda pas à prendre l'avantage, et il eut l'occasion de voir l'autre homme serrer les dents et les poings de rage. Il adopta une attitude d'autant plus agressive qui resta sans effet sur son adversaire, jusqu'à se lever et se planter face à lui.

Le jeune homme finit par hausser les épaules et il se tourna vers Inoue qui les observait avec un sourire aux lèvres. Cette dernière ne tarda pas à tourner la tête lorsqu'elle sentit son regard, interrogative.

- Depuis quand tu as un esclave ?

- Je suis allé le chercher quelques jours après être revenue de chez Uryu. Il s'appelle Grimmjow.

- Vu le prix... Ne me dis pas, commença-t-il, coupé par son amie.

- Si, j'ai pioché dans l'héritage que j'ai reçu de mes parents et de mon frère. Mais je me suis dit que c'était peu comparé à ce que j'évitais à quelqu'un.

L'étudiant ne put contrer un tel argument et se contenta d'arborer un léger sourire. Ses yeux se firent plus chaleureux, plus expressifs. Intérieurement, il remerciait son amie d'enfance d'être elle-même. Et de faire partie de ces personnes ayant un peu de considération pour les autres. Peut être parfois au détriment du sien, mais Tatsuki et lui étaient là pour pallier à cette éventualité et la protéger.

Il ne redescendit sur terre que lorsqu'il réalisa que son regard, légèrement triste à l'évocation de ce qui s'était passé chez Ishida, pétillait de nouveau de malice. C'est alors qu'il comprit le silence éloquent de la pièce et qu'il tourna la tête vers Sosuke et l'autre esclave qui le fixait sans un mot. Le premier mitigé, et le second totalement haineux.

- Si on te dérange Ichigo, on s'en va.

- La ferme ! râla celui-ci, gêné.

Quelques minutes plus tard, Orihime rejoignait la cuisine en annonçant qu'elle allait préparer du thé. Ichigo remplaça Grimmjow à la place qu'il occupait auparavant à la fenêtre et les deux autres hommes alternaient entre discussion et simulacre de dispute. L'étudiant, même si son regard était posé sur la rue en contre bas, les écoutait.

- Shinji est parti peu après toi, t'sais ? Ch'uis resté seul un bon moment avant qu'cette nana débarque pour m'acheter.

- Effrayé par la solitude, le chaton ?

- Qu… Enfoiré ! Ne m'appelle pas comme ça !

Le jeune homme leva les yeux au ciel, en constatant que Grimmjow s'emportait encore plus vite que lui. S'il s'était étonné du fait que les deux semblaient bien se connaître, son aîné l'avait raillé une fois de plus. Quand on passait ses journées enfermées dans une cage, le seul passe-temps autre que celui de dormir ou de s'en prendre aux gardiens était de discuter. Une étrange relation s'était formée entre les esclaves, si l'on pouvait appeler cela ainsi.

Parce que ces deux-là n'avaient pas vraiment l'air de bien s'entendre. Et il aurait certainement décroché de la conversation si un élément n'avait pas retenu son attention et ne l'avait pas forcé à tourner la tête vers les deux esclaves. Trop proche d'eux, il entendait tout malgré le ton un peu plus bas qu'avait adopté Grimmjow.

- Ce qui m'a étonné c'est qu'elle n'a pas cherché à me renommer. Elle m'a demandé mon prénom.

- C'est une scène qui m'est familière oui.

- Pourquoi, vous en aviez d'autres avant ?

Aizen et Jaggerjack se tournèrent vers le plus jeune qui n'avait pas pu s'empêcher de poser sa question. L'esclave d'Orihime le fusilla du regard avant de jeter un regard perplexe vers Sosuke qui lui répondit d'un sourire moqueur. Il se rapprocha de son propriétaire, avec un air qu'Ichigo n'apprécia vraiment pas.

- Quoi, j'ai encore dit une bêtise ?

- Son ancien maitre l'appelait Pantera.

- Sérieusement ? Et toi ? Ne va pas me faire croire que t'en avais pas.

- J'hésite à te répondre, la dernière fois que je t'ai parlé de mon passé tu t'es mis à me fuir.

L'héritier Kurosaki fronça les sourcils, boudeur et se contenta de marmonner un « ça va j'ai compris » qui n'eut aucun écho. Sosuke ne semblait de toute façon pas décidé à lui en parler. Il estimait certainement qu'il en savait déjà trop sur lui. Ce fut sans compter sur l'intervention de Grimmjow qui se fit un plaisir de lui offrir la réponse.

- Lui c'était Kyoka Suigetsu. Un bien joli nom pour une poupée, tu ne trouves pas ?

L'homme eut un ricanement avant de battre stratégiquement en retraite vers la cuisine devant le regard assassin que lui jeta la dite « poupée ». Il préférait encore ne pas subir les foudres de l'autre esclave qu'il savait terrible. Aizen eut un sifflement agacé et se détourna maintenant qu'il ne lui était plus possible de continuer son petit jeu. Ichigo le retint par le bras et replia ses jambes pour lui permettre de s'assoir à ses côtés.

- je préfère Sosuke.

Sa main était restée sur le bras du brun, serrée pour l'empêcher de s'en aller. L'esclave ne chercha pas à s'en défaire et croisa les jambes : il attendait patiemment qu'il le lâche, ce qu'Ichigo ne fit pas. L'adolescent se contenta d'observer en silence le profil de l'homme à ses côtés, alors qu'un sentiment désagréable s'insinuait en lui, différent cependant ce qu'il avait pu ressentir lorsqu'il se trouvait au manoir des Quincy. Un sentiment qu'il n'aimait pas plus, proche de la colère qu'il ne comprenait pas trop. Savoir qu'une autre personne que lui connaisse le passé du brun ne lui plaisait pas.

Il y eut un instant de flottement avant que le jeune homme ne se gifle mentalement. Non mais… c'était quoi ces pensées ? N'était-ce pas plutôt le fait que, l'espace d'un instant, il avait totalement disparu de l'univers de son compagnon, trop préoccupé par sa dispute avec l'autre esclave ? Ce qui signifiait à demi-mot qu'il était jaloux…

Hein ? C'était encore pire ! Et puis, faux avec ça. Jaloux, et puis quoi encore ? Ce n'était pas comme si Sosuke lui devait l'exclusivité. Seulement, il s'était habitué ces derniers jours à sentir l'attention particulière dont il était l'objet, lorsqu'il essayait de comprendre pourquoi il tentait de mettre une certaine distance entre eux. Il en avait même été heureux. Parce qu'il réalisait maintenant que le lien qui se tissait entre eux deux n'était pas normal, habituel. Et qu'aujourd'hui, il ne savait plus comment lutter, car il se rendait compte qu'il était de plus en plus attiré par Sosuke. De plus en plus.

Oh zut... Il pensait ce qu'il venait de se dire.

Plongé dans ses pensées un peu trop troublantes, il ne réalisa pas qu'il venait de lâcher le bras de d'Aizen pour enfouir son visage dans ses mains. Pas plus qu'il ne se rendit compte, que son aîné venait de se tourner vers lui et le regardait avec un léger sourire se prendre littéralement la tête. Sans peine il devinait le cours de ses pensées, rien qu'à voir les différentes émotions qui traversaient ses prunelles ou se peignaient sur le visage maintenant pâle.

Et c'était exactement cela qu'il voulait voir chez son maître : ce débat intérieur qui concernait l'importance qu'il revêtait aux yeux de l'étudiant, et pas un quelconque ennui en lien avec son passé. Il poussa le vice jusqu'à se rapprocher sensiblement du jeune homme qui finit par relever la tête en sentant quelque chose trop proche de lui. Et de sursauter lorsqu'il croisa le regard noisette.

- Quelque chose ne va pas, Ichigo ?

- Non. Enfin, ce n'est pas bien important, souffla celui-ci, d'une voix trop basse.

- Pour te mettre dans un tel état, sûrement, lui répondit Sosuke, ironique.

L'étudiant fronça davantage les sourcils devant l'air franchement amusé de l'esclave qui n'avait pas cru un traître mot de son murmure. Il serra les dents devant cette attitude ô combien désinvolte, se demandant sérieusement si Aizen ne jouait pas avec lui depuis le début en réalité. Tout simplement.

- Tu le fais exprès en fait, c'est ça ? Tu te fous encore de moi.

- Qu'es-tu encore en train de me chanter là ? fit l'homme, cette fois sans comprendre.

Ichigo ne répondit pas. Il se demandait si l'étonnement montré était réel ou si Sosuke jouait une nouvelle fois la comédie. Il avait cru comprendre que mener les gens en bateau était son passe-temps favori. Après les faire enrager bien sûr. Il entrouvrit les lèvres, désireux de clore la conversation là sans apporter davantage d'explications. Lui-même était confus.

Il n'en eut pas besoin. Un bruit de dispute força les deux hommes à tourner la tête de concert vers l'entrée de la cuisine. Grimmjow venait d'en ressortir, l'air passablement ennuyé (ou plutôt énervé), un plateau en équilibre sur la paume de sa main. Derrière lui, la jeune fille le poussait doucement, égale à elle-même, lui demandant de poser son fardeau sur la petite table basse du salon sans le faire tomber de préférence. Ce qu'il fit, après avoir passé cinq bonnes minutes à râler.

L'étudiant jeta un bref regard à Aizen, qui s'était vivement reculé sitôt l'autre esclave dans son champ de vision, avant de descendre de son perchoir. Libéré de ce regard trop gênant, le jeune homme préféra fuir une nouvelle fois et aller s'échouer sur le canapé à côté de son amie, alors que Sosuke restait le dos contre la vitre. Il déclina même la proposition de la jeune fille de lui servir une tasse de thé. Pour cette fois il se passerait de sa boisson favorite. Parce que vu la grimace que cacha Ichigo à Inoue après en avoir bu une gorgée, et le rictus franchement moqueur de Jaggerjack à cette vue, il se douta que les préparations de l'hôtesse étaient à l'image de son inspiration culinaire dont lui avait parlé son maître. Il aurait bien l'occasion de s'en préparer comme un grand plus tard.

Et l'ennui ne tarda pas à venir le faucher quand les deux jeunes gens se mirent à discuter tranquillement de choses et d'autres. Parce que, pour être parfaitement honnête, savoir quelle était la dernière idole à la mode ou bien encore connaître leur fast-food préféré où ils projetaient d'ailleurs d'aller prochainement, ne l'intéressait pas du tout. Grimmjow l'aurait probablement approuvé s'il avait dit tout haut ce qu'ils pensaient tout bas, la preuve en étant qu'il avait fini par se détourner lui aussi avec un air entendu. Il finit par s'emparer de la télécommande et allumer la petite télévision de la jeune fille.

La voix nasillarde d'un animateur quelconque se fit entendre et vint couvrir celles des deux adolescents. Ce simple geste provoqua pourtant un déclic chez la fille, qui se tourna d'un bond vers son esclave, assis à côté d'elle, pour lui prendre la télécommande. Elle ignora les protestations vives de l'homme.

- Kurosaki-kun ! Est-ce que tu as vu cette nouvelle émission ? Je la trouve géniale !

- C'n'est pas vrai, Tu n'vas pas encore nous casser les oreilles avec ce truc ! râla Grimmjow, une nouvelle fois ignoré.

- Je lui montre juste, promit la jeune fille.

Jaggerjack grogna, se renfrognant. Inoue se détourna de lui pour commencer à expliquer le principe de la fameuse émission à son vis-à-vis. Une série mélangeant le fantastique et l'historique, qu'elle disait. Et c'est enjouée qu'elle tendit la télécommande devant elle afin de changer le canal. Le présentateur laissa alors la place à une chanteuse à la voix aigüe pour un générique plutôt dynamique. Au début le visage d'Ichigo reflétait plus la perplexité qu'autre chose. Quelques minutes après les deux jeunes gens étaient entièrement plongées dans ce défilement d'images, au grand dam des deux autres personnes présentes.

Aizen se passa une main sur le visage, devant le nombre de stupidités débitées par le show censé apporter des connaissances historiques. Dates fausses, détails omis, il ne comptait plus la liste qui lui aurait permis de prouver aux deux jeunes gens qu'ils perdaient tout simplement leur temps. Mais il garda les lèvres closes. A la place, son regard dériva sur Grimmjow qui avait fermé les yeux et posé une de ses mains devant, avant de revenir sur les deux étudiants.

C'est alors qu'il nota le changement progressif qui s'effectuait au niveau des positions, Ichigo comme Orihime cherchant probablement une posture plus confortable qu'ils pourraient conserver afin de regarder la fameuse émission. Ainsi, le garçon s'avachit d'avantage sur le canapé, étira ses jambes au passage et passa son bras autour des épaules de son amie pour la maintenir contre lui. En réponse, celle-ci passa les siens, plus fins, autour du ventre du jeune homme, et sa tête se calla sur l'épaule de ce dernier.

- Si on vous gêne, surtout, dites-le nous, Mh ? résonna bientôt la voix moqueuse d'Aizen.

La phrase avait fusé sans qu'il ne puisse la retenir, et il se maudit intérieurement de cette spontanéité lorsque Kurosaki et Inoue avaient tourné la tête vers lui, interloqués, avant de se séparer avec un léger rougissement. Même l'autre esclave s'était redressé d'un bond pour assassiner du regard Ichigo, qui leva les mains en signe d'apaisement. Heureusement pour lui qu'Orihime s'était assise entre eux deux ou il y aurait eu fort à parier que l'autre homme lui aurait tout simplement sauté à la gorge. Par jalousie, lui aussi ?

- Qu'est ce que tu veux dire ? Inoue est comme ma petite sœur, lui répondit finalement l'étudiant, sur un ton de reproche.

L'esclave haussa les épaules, pour montrer qu'il s'en moquait. De toute façon, il s'était éloigné de la jeune fille et c'était tout ce qui comptait. Grimmjow grogna et croisa les bras en une attitude presque boudeuse. Le regard d'Orihime passa un instant d'Ichigo à Aizen, puis elle se tourna vers Grimmjow, avant qu'un léger sourire ne se dessine sur ses lèvres. Elle secoua la tête avant de se réinstaller sur le canapé.

- Je suis désolée si ça vous parait ambigu. Mais Kurosaki-kun et moi nous ne sommes que de très bons amis. Mais je peux comprendre, assura la jeune fille d'une voix douce, sans cesser de fixer l'homme resté en retrait et qui ne fut pas certain d'apprécier cette attitude.

Elle s'étira, avant de reprendre la même position qu'auparavant, mais tout en serrant Grimmjow cette fois-ci. L'intention de prouver que cette posture n'avait rien d'étrange pour eux, et qu'ils n'étaient vraiment qu'amis était louable. Ichigo préféra s'amuser du rouge qui ne tarda pas à enflammer les joues de l'esclave prisonnier qui se racla la gorge et qui n'osait visiblement pas bouger. Il ne put qu'insulter une nouvelle fois Sosuke qui se moquait ouvertement de lui, sans effet une fois de plus. A ce moment précis, son air boudeur lui faisait perdre toute crédibilité.


Merci de m'avoir lue!

Rendez-vous au prochain chapitre!