Master and Slave
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo.
Tous les autres sont à moi! bwahahaha!
Note: Je m'excuse par avance s'il y a un peu de OOC... (mais j'essaye de l'éviter au maximum)
Merci à Frasyl et Leikkona pour la bêta-lecture !
Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)
Le blabla de l'auteur:
Pour ceux que ça intéresse, j'ai enfin pensé à mettre les prix ^^. C'est touuuut à la fin du chapitre. considérez ça comme un petit bonus.
Oh mon dieu, vous vous rendez compte qu'on est à la fin du livre I T.T bah ça me fait quelque chose vraiment!
Les reviews anonymes:
Lynn: Qui sait, j'arriverai peut être à faire aimer ce couple? ;p y sont tellement mimi! non?
Ooooh Oui, surtout quand on sait ce qu'Aizen prévoit de faire il a intérêt à réagir et vite!
Tisha: Un rêve? où ça un rêve? xD
Han? j'ai été repéré! damned D: moi et mes indices semés partout!
Sunny: Ne t'inquiète pas je suis toujours là! I will surviiiive *spaf*
Voici le prochain chapitre xD!
Hyori: Plaisir partagé! That's perfect! Ok, j'arrête avec mes phrases anglaise ~~.
XD contente que le rêve d'Ichigo t'aies autant plu!
Et merci xD! Mais je suis la seule à dénigrer mes textes. (du moins personne encore s'est planté devant moi en disant que c'était nul o_o ils se cachent peut être? ^^)
Merci à tous et toutes pour vos review!
- Je crois que je peux dire que Grimmjow est… comme mon ami.
- Un ami ? Le regard qu'il pose sur toi n'a rien d'amical.
- Tu crois qu'il me déteste ?
Ils s'arrêtèrent en bas de l'immeuble, et le jeune homme jeta un œil au visage un peu effaré et inquiet de son amie d'enfance. Il éclata de rire, ce qui lui valut un regard étonné d'Orihime qui serra le poing venant taper sur son torse, sans grand mal en lui demandant d'arrêter ce se moquer d'elle. Sans qu'elle ne puisse comprendre, elle se retrouva attirée vers Ichigo qui la serra contre lui, murmurant un « merci, Inoue » qui la fit rougir. Alors que Kurosaki commençait à remonter vers son appartement, elle eut un soupir.
- Je t'en prie... Je ne peux rien faire d'autre.
Livre I – Un simple jeu
Chapitre 16
Les deux adolescents partis, leurs esclaves s'étaient enfoncés dans un mutisme lourd de sens. Vu qu'ils ne s'aimaient guère, ils avaient décidé d'un commun accord que s'ignorer était encore la manière la plus simple d'éviter tous problèmes. Jaggerjack ne tarda pas à retrouver sa position assise contre le rebord de la fenêtre. Son regard suivit les deux jeunes gens jusqu'à ce qu'ils tournent à un coin de rue, devenant hors de portée. Il eut un léger sifflement, et ses yeux remontèrent pour observer le ciel.
- Arrête de soupirer, ton maître ne va pas être absent si longtemps.
- Ta gueule la poupée, j't'ai pas sonnée.
- Tu agis comme si elle allait se faire agresser…
- Elle a failli l'être… une fois.
Le regard marron dériva du poste de télévision (pourtant éteint) vers la silhouette qui lui bloquait une partie de la lumière. Une personne ordinaire se serait probablement inquiétée de ce que sous entendait la panthère. Lui s'en moquait éperdument, appuyer sur cette corde n'était, à ses yeux, qu'une façon supplémentaire de pouvoir faire rager Grimmjow. C'était encore plus facile que pour Ichigo, et il s'en lasserait surement très vite, mais qu'importe.
- Dire que tu nous clamais au magasin que « tu pourrirais celui qui oserait t'acheter », et tu t'inquiètes pour cette enfant ?
- Ce n'est pas pareil ! Elle est… spéciale. C'est tout.
- Tu tombes amoureux, Jaggerjack. Qui l'aurait cru ?
Sa fausse question fut bientôt accompagnée d'un rire bas, qui suffit à trahir ce qu'il pouvait en penser. Ayant un sifflement agacé, Grimmjow se détourna de l'extérieur afin de fixer Aizen assis dans le canapé, et qui avait fermé les yeux, ne daignant pas lui rendre son regard. L'esclave d'Orihime se força néanmoins à ne pas bouger de sa place, même si l'envie d'aller s'en prendre directement à l'autre était plus que tentante.
- Je pourrais te retourner la question. Tu t'es adouci depuis que tu es avec lui.
- Vraiment ? Argumente, je suis curieux.
- Orihime m'a raconté votre petit séjour chez un de ces foutus riches. En vrai tu fais ce que tu me reproches. Tu râles beaucoup mais au fond tu bronches pas, hein ? Je l'ai bien vu hier.
- Ne confonds pas. Je le laisse agir oui, mais j'ai mes raisons de le faire.
Sceptique, Grimmjow préféra ne pas continuer sur ce terrain-là, sachant très bien que Sosuke trouverait toujours une explication afin de contrer les arguments qu'il pourrait avancer. A la place il préféra ironiser un peu sur les termes employés, plus pour lui qu'autre chose. Aizen aurait toujours l'avantage du calme et de la repartie.
- Des raisons, hein ? grinça-t-il, sceptique.
- J'admets qu'Ichigo est différent, c'est pour cela que mes méthodes le sont aussi.
- Tout ce que je vois moi, c'est que tu le suis partout comme un gentil toutou.
- Non. Comme un bon esclave, corrigea l'autre homme, avec un sourire. Ça me permet d'avoir une relative liberté.
Le silence retomba entre eux deux, pendant quelques minutes, avant que Sosuke ne se relève afin de se diriger vers la cuisine. Curieux, Grimmjow observa un temps la porte close de la pièce, avant de quitter son refuge et de le suivre. Il s'accouda au chambranle alors que l'autre esclave se préparait tout simplement du thé. Bien sûr, il aurait dû s'en douter. D'ailleurs il allait en profiter pour aller chiper des gâteaux qu'il savait être dans un des placards, au fond de la pièce.
- Tu ne m'ôteras pas de l'esprit qu'il y a plus tu sais. glissa-t-il, doucereux, alors qu'il passait à côté d'Aizen. Celui-ci leva les yeux au ciel.
- Pense ce que tu veux, ça ne changera rien aux faits.
Son paquet dans les mains, Grimmjow rejoignit son interlocuteur, passant un bras autour de ses épaules. Il n'eut pas à attendre longtemps avant que le regard chocolat ne se pose sur lui, meurtrier, et que sa main soit froidement repoussée. Il y répondit d'un sourire carnassier qui lui était propre, sachant que ce genre de comportement agaçait très vite Sosuke.
- Ch'uis pas idiot, je vois bien que tu craques aussi pour ton maître.
- Tu essayes de t'en convaincre afin de te sentir moins seul, peut-être ?
- A d'autre… T'étais quand même très proche de lui lorsque je vous ai rejoint hier. Et j'sais aussi que c'est pas dans tes habitudes, ça.
Son adversaire se montra étonnamment stoïque, même s'il sentit un léger raidissement à cette allusion. C'était bas mais… Il ne pouvait laisser échapper l'occasion d'énerver un peu son aîné. Alors il appuya, insista lourdement sur le sujet, jusqu'à ce que Sosuke fronce les sourcils et ne recule de quelques pas afin de lui faire face. Il posa la tasse de son précieux liquide sur la table de la cuisine et se redressa de toute sa hauteur, majestueux comme à son habitude.
- Pour la dernière fois : Je. N'aime. Pas. Kurosaki, fit-il, insistant sur chaque mot. Le seul avantage à être « proche » comme tu me le dis si bien est que je peux en profiter pour le manipuler à ma guise. Tu connais mes projets, tu y as adhéré toi aussi, et ce n'est pas parce que je suis coincé avec un gamin que je vais les abandonner.
Ce qu'il n'avait pas prévu par contre, c'était que désormais il tournait le dos à l'entrée de la pièce, et qu'au moment où Aizen ouvrait la bouche avec l'intention de lui répondre, Ichigo poussa la porte de la cuisine avec le panier de provision dans les mains. Les deux jeunes gens avaient été admirablement silencieux pour rentrer.
Jaggerjack aurait pu couper l'autre esclave dans sa tirade. Oui, il aurait pu. Mais il préféra se taire et faire l'innocent, en espérant que Sosuke ne se rende compte de rien. Son maître devait bien être mis au courant de toute façon, à un moment ou à un autre.
L'adolescent se figea et haussa un sourcil. Il aurait adoré répondre vertement à son esclave mais n'en trouva pas le courage. Touché plus que de raison par ce qu'il venait d'entendre, il préféra faire demi tour après avoir posé son panier sur la première surface à sa portée. Débarrassé, il retourna dans la pièce principale, l'air fermé, sous le regard étonné d'Orihime. Celle-ci rentra à son tour dans la cuisine, lâchant une exclamation pour signifier leur retour.
Aizen quitta la pièce, surement afin de fuir les deux autres personnes, et l'air quelque peu absent d'Ichigo le fit tiquer. Pas idiot, il supposa qu'il avait entendu la fin de sa phrase, mais malgré ses questions pour tenter d'en savoir davantage, le jeune homme ne lui répondit pas.
Par il ne sut quel miracle, Kurosaki parvint à donner le change pour le reste de la journée, et à garder le sourire, même léger. Pour Inoue. Parce qu'elle n'avait pas à payer pour ses soucis personnels. Il la quitta au milieu de l'après-midi, assuré que tout irait bien. Et le trajet pour retourner à son propre appartement se fit dans un silence religieux. Face à la perspective de reprendre son petit train-train de vie sans rien changer, il préféra s'en tenir à ce qu'il s'était promis le matin même.
Il s'employa à ignorer autant que possible Sosuke pour qui le changement fut plutôt radical et pas vraiment désiré. Ca avait débuté par une certaine réserve au niveau des gestes. Deux semaines plus tard, il en était maintenant arrivé au stade ou Ichigo l'ignorait en permanence. Même lorsqu'il le raillait plus ou moins gentiment. Même quand il le secouait pour tenter de le faire réagir. Parfois il arrivait à le pousser suffisamment à bout pour obtenir un « laisse-moi » grogné, mais rien de plus.
Qu'est ce que ça pouvait être énervant.
C'était encore pire qu'avant qu'ils ne se déplacent chez la jeune fille, et si auparavant il avait mis ça sur le compte de son passé dévoilé, aujourd'hui ça ne pouvait pas être ça. Et refusant d'insister davantage puisque l'adolescent faisait sa mauvaise tête, il passait maintenant la plupart de ses journées dans sa chambre à tuer le temps. Enfin, il essayait. Et Dieu, qu'il s'ennuyait… Vu qu'il ne lui était même pas possible de sortir.
Agacé par cette constatation il abandonna ce qu'il lisait et quitta sa chambre dans l'idée de tourner en rond comme un lion en cage. Peut être qu'il arriverait à faire passer le message à son maître. Après tout, même s'il adorait la lecture, il commençait à saturer de ne faire que ça depuis plus d'une semaine et puis… s'il y avait bien une chose qu'il détestait plus que tout, c'était d'être ignorer, n'est ce pas ? Alors il allait se faire un plaisir de lui rappeler sa présence et son existence à son bon souvenir…
- … C'est ce qu'il y a de mieux. Pour lui, comme pour moi.
Aizen se figea à l'entrée de la pièce qu'il venait de quitter et fronça les sourcils en entendant la voix d'Ichigo. Il s'approcha de la rambarde de l'étage, croisa ses bras dessus et posa son regard sur l'adolescent en contrebas qui lui tournait le dos, apparemment absorbé par sa conversation téléphonique. Immobile, il haussa un sourcil en essayant de comprendre de quoi il pouvait bien parler et le but de cette conversation…
- Mh… Je ne sais pas… On vit plus ou moins chacun de notre côté, fit doucement le jeune homme.
Il y eut un silence, le temps que son interlocuteur ne réponde.
- Non aucun… Sosuke est… Bah, Sosuke quoi.
De l'étonnement, l'homme passa à la contrariété et ses sourcils se froncèrent face à ce fragment de conversation. Alors comme ça Ichigo parlait de lui ? Voila qui aurait pu lui faire extrêmement plaisir, si son maître n'avait pas l'air aussi irrité. L'autre question était : Avec qui, était-il en train de parler à ce moment même ?
- Je crois que tu ne comprends pas bien ce qui se passe, grogna Kurosaki. Puis, après un nouveau silence : Hein ? Mais comment veux-tu que je… Oh.
Poussé par il ne savait quoi, ayant probablement sentit la brûlure de son regard sur sa nuque, l'étudiant s'était retourné et avait relevé la tête vers Aizen, s'arrêtant net dans sa phrase. Ce qui lui fit comprendre que la conversation qu'il venait de surprendre n'aurait jamais dû parvenir à ses oreilles. « Quel dommage » ironisa l'esclave, qui quitta sa position pour descendre les marches alors qu'Ichigo se retournait pour conclure au plus vite.
- Ecoute, je ferais ce que je t'ai dit… Je te laisse, passe le bonjour à Maman, Yuzu et Karin pour moi.
Et Ichigo, sur ses bonnes paroles, raccrocha, au moment où Sosuke parvenait au rez-de-chaussée. Au moins pouvait-il maintenant déduire que l'interlocuteur était Isshin. Il croisa les bras, alors qu'il arrivait au niveau du jeune homme. Il se contenta de tourner légèrement la tête pour l'observer sans lui parler pour autant.
- Un souci, Ichigo-kun ? demanda-t-il, doucereux.
- Rien qui ne te concerne.
- J'ai pourtant cru comprendre que j'étais le responsable. Alors, Qu'ai-je encore fais ?
Mais l'adolescent resta une fois de plus silencieux et se détourna de lui pour retourner devant la télévision et reprendre son activité précédente. Il l'en empêcha, le coinça entre lui et le mur pour continuer à le questionner, comme il l'avait déjà fait avant. S'il put constater que les joues du jeune homme avait rapidement prises une légère couleur rouge, tout comme il baissa la tête pour ne pas affronter son regard, ses lèvres restèrent closes.
Désespérément closes.
Et après avoir tourné en rond et insisté sans résultat (les méthodes plus ou moins « gentilles » tout comme les menaces ne conduisant qu'à la même réaction : rien) il dût finalement laisser Ichigo déguerpir, notant au passage la rapidité avec laquelle le jeune homme s'éloigna de lui et qui le fit soupirer. De rage, il plaqua avec force ses mains contre le mur face à lui avant de se détourner pour déambuler dans la pièce, plus énervé que jamais.
Etrangement, le jeune homme consentit à venir lui parler le soir même, après s'être installé à ses côtés sur le canapé, probablement en lien avec ce fameux coup de fil de début d'après midi. Et parce que c'était une basse vengeance de sa part pour ce qu'il venait de subir ces deux dernières semaines… Il l'ignora, resta de marbre alors qu'on lui annonçait qu'il partait le lendemain pour le manoir Kurosaki, en lien avec l'anniversaire proche de l'adolescent. Un an… Déjà presque un an qu'il était entré dans la vie d'Ichigo. Ça passait beaucoup trop vite…
- Sosuke… ? Dis… Avant d'être capturé et de devenir esclave… Tu faisais quoi ?
Tiens, des questions sur son passé, première nouvelle. Il posa son regard sur Ichigo qui le fixait, curieux, il se contenta de grogner un « je n'ai pas envie d'en parler » qui contraria quelque peu son interlocuteur. Et ce n'était pas plus mal. Il y eut un silence, durant lequel Ichigo paru hésiter entre ennui et tristesse, avant qu'il ne repose sa question, lui demandant de lui répondre et commençant à insister.
Pour un peu, on aurait cru une redite de ce qu'ils avaient vécu lorsqu'il lui avait raconté son passé.
- Tu viens de la ville basse, pas vrai ? Comment c'est là-bas ?
- Je ne te dirai rien.
- A quoi ça ressemble ? insista le jeune homme.
- Tu m'ennuies Kurosaki, Penses-tu sincèrement que je vais gentiment discuter après le cirque que tu m'as fait ?
L'étudiant soupira, fit la moue. Il finit par se détourner pour fixer le mur face à lui, et que Sosuke fixait également. Il tritura ses doigts, cherchant probablement ses mots. Pourquoi les choses devaient-elles être si compliquées entre eux deux. Il avait… probablement choisit la meilleure solution… Oui.
- C'est que les choses sont un peu troubles en ce moment.
- Je m'en moque bien.
Levant les yeux au ciel, Ichigo se mit à râler à propos de son obstination, chose que n'apprécia pas du tout son esclave qui le lui fit savoir. Et le ton commença à monter doucement mais surement entre eux deux. Il y avait bien longtemps qu'ils ne s'étaient pas disputé ainsi, et le fait qu'ils soient aussi têtus l'un que l'autre n'aida pas à calmer les choses.
- Oh Sosuke ! Ne me dis pas que rien ne te rattache à cet endroit ? siffla l'étudiant.
- Non, rien. Rien ni personne.
- Pas même tes foutus projets ? Pas besoin de me manipuler tu sais, il suffirait de m'en parler.
Aizen crispa sa mâchoire et fusilla du regard Ichigo. Il avait donc bien supposé en se disant qu'il avait du percevoir une partie de sa conversation. Mais il avait espéré qu'il n'en ait pas entendu autant. Devant l'air mauvais de l'étudiant, identique à celui de l'esclave, Sosuke s'empara de son col pour le rapprocher brutalement. Une attitude clairement menaçante.
- Comprendrais-tu seulement mes motivations ?
- Je peux essayer ! râla le maître
- Ce n'est pas assez.
Il ne reçut aucune réponse, bien sûr. Il n'avait donc plus rien à faire ici. Se relevant après avoir repoussé Kurosaki, il retourna s'isoler et ruminer. En colère, mais pas seulement contre l'étudiant.
Le soir venu, après s'être changé pour se glisser sous les couvertures avec l'idée de dormir. Morphée lui permettrait au moins de pouvoir s'échapper un court instant et peut être lui offrirait-il également un moyen de se reprendre. Dormir aussi tôt lui fut pourtant un peu compliqué, car peu habitué mais… Un voile noir s'abattit finalement sur ses yeux et il sombra.
Quelle ne fut pas sa surprise d'être réveillé par l'affaissement du matelas à côté de lui, ainsi que par les mouvements d'une autre personne. Une surprise, pas aussi grande que celle de se retrouver nez à nez avec le visage d'Ichigo lorsqu'il se décida à ouvrir les yeux et qui le fit sursauter violemment (et faisant par conséquence sursauter également l'adolescent). La pièce plongée dans la pénombre, l'informa que plusieurs heures venaient de passer depuis… leur dispute.
- Est-ce que je peux, mh… Dormir avec toi ?
- Pardon ? fit froidement l'esclave, peu certain d'apprécier la plaisanterie. Encore une de tes lubies étranges ?
- Juste pour ce soir. S'il te plait. Je veux dormir avec toi.
Son premier réflexe, fut bien évidement de refuser, et de le repousser. Mais encore prisonnier des bribes de sommeil, il ne parvint pas à y mettre toute sa force, et l'étudiant n'eut aucun mal à le repousser. Il se débattit un peu, pestant contre un certain gamin décidément trop collant et à l'attitude quelque peu… lunatique.
Il se calma lorsque, dans la semi pénombre, il rencontra les yeux ambre. Troubles, tristes. Et en y regardant bien, toute l'attitude d'Ichigo était ainsi. Comme s'il venait de recevoir sur ses épaules tous les malheurs du monde. Une détresse apparente, une hésitation de sa part, qui permit au maître de s'installer et se serrer contre lui. Astreint, Aizen céda, non sans exprimer ce qu'il pouvait bien en penser d'un énorme soupir.
Il se rallongea sur le dos et laissa Ichigo se glisser à son tour dans la chaleur des draps et des couvertures, et se serrer davantage contre lui. Le garçon ne portait qu'un pantalon de tissu pour tout pyjama, et il fit en sorte de ne pas le coller de trop. Une attention suffisamment louable pour être soulignée, quand on connaissait son adoration pour les contacts physiques. Sa tête vint se poser sur son épaule et son bras se posa en travers du torse, la main étant sur la hanche. Un « bonne nuit » lui fut soufflé et il soupira une nouvelle fois.
- Ichigo… J'ai bien peur de ne plus parvenir à comprendre.
- Je ne te le demande pas Sosuke… Je ne te le demande pas…
La voix de Kurosaki était mal assurée, comme s'il était sur le point de pleurer. Si l'esclave le nota, il ne demanda pas d'explication, puisque ça ne l'intéressait pas. Il y eut un silence, aucun des deux ne dormant, se contentant de rester immobile. Ichigo fut pourtant le dernier à s'endormir, une nouvelle fois vaincu par une fatigue physique et morale, et non par un quelconque envie de sommeil, malgré la respiration lente et profonde d'Aizen qui le berça durant un temps. Il ne se sentit pas partir, sombrant brusquement.
Quand Sosuke se réveilla, il était seul dans son lit, mais la chaleur qu'il sentit à ses côtés lui apprit que Kurosaki n'était debout que depuis peu. Et s'il ne l'ignorait plus, il l'avait connu plus… amical ? À son encontre. Enfin, il n'allait pas non plus lui en demander trop, c'était toujours mieux que de ne pas s'occuper de lui. A quoi jouait-il avec cette attitude déroutante ?
Comme promis, ils rejoignirent le manoir Kurosaki, accueillis de manière très spéciale par le patriarche de la famille. Ce dernier envoyé au tapis par son fils, la mère et les sœurs prirent le relais. L'esclave préféra rester en retrait et observa la façade du manoir, revenue à son état initiale. On n'aurait jamais pu dire qu'un incendie s'y était déclaré quelques mois auparavant.
Et reprenant, lui aussi, les bonnes habitudes, il ne tarda pas à laisser la petite famille pour s'enfoncer dans les divers couloirs. Qui sait, avec un peu de chance, il tomberait sur quelque chose de différent.
Et Ichigo dans tout ça ? Les scènes de retrouvailles terminées, il fut pris à part par son père, alors que sa mère et ses sœurs retournaient à leurs occupations premières. Isshin jeta un œil vers la chaine tintant doucement contre la jambe de son fils, avant de remonter pour fixer le visage quelque peu défait de celui-ci.
- Alors, ta décision est prise fils, rien ne te fera reculer ?
- Non, je te l'ai dis, je ne vois pas d'autre solution et puis… C'est aussi bien comme ça en réalité.
- Est-ce ça ira, fils ?
- Il faudra.
Il y eut un silence, Isshin finissant par laisser claquer sa main contre l'épaule d'Ichigo qui avança de quelques centimètres avec une exclamation à mi chemin entre l'agacement et la surprise. L'adolescent se massa l'épaule, les sourcils froncés. S'il fusilla son père du regard, il n'obtint qu'un grand éclat de rire, avant qu'il ne redevienne sérieux.
- Quand ?
- Demain je pense… Oui, demain après midi.
- Bien, profite du temps qu'il te reste alors.
- Mh…
~[…]~
- Sosuke, viens.
Il aurait cru qu'aujourd'hui, on le laisserait en paix, puisqu'Ichigo fêtait ses dix-neuf ans et que ça famille faisait tout pour le monopoliser. Mais non. Tiré de ses pensées, Aizen tourna la tête vers son maître, haussant d'abord un sourcil devant le ton anormalement bas et le visage fermé de celui-ci avant de se renfrogner, agacé. Allons bon, c'était quoi cette tête de déterré ? C'était quoi son problème à la fin ? Quand il pensait qu'il avait encore réussi à s'imposer pour dormir avec lui cette nuit.
Ça ne lui ressemblait tellement pas ce genre d'attitude… Elle était encore plus éloignée de l'Ichigo « adulte » qu'il préférait, et de très loin.
- Où est-ce que tu comptes m'entrainer encore ?
- Tu verras bien, soupira l'étudiant.
- Ce n'est pas une réponse, ça, fit froidement l'esclave.
- Tant pis, tu t'en contenteras.
Sosuke fusilla Kurosaki du regard. Il serait volontiers retourner à ses petites occupations, c'était sans compter sur le jeune homme qui en avait visiblement décidé autrement et qui s'empara de son bras afin de le tirer à sa suite. Ils ne tardèrent pas à quitter la demeure pour déambuler au hasard des rues, apparemment sans but précis.
Du moins c'est ce qu'Aizen supposa, puisque le jeune homme s'arrêtait parfois aux croisements, jetant un regard à droite et à gauche comme cherchant son chemin avant de reprendre sa marche après un temps de réflexion. Un peu derrière lui, l'esclave observait le dos de l'adolescent. Ichigo ne parlait pas, ne semblait pas non plus se soucier de ce qui l'entourait. Comme s'il s'en moquait éperdument, en fait.
- C'est une nouvelle habitude, d'aller flâner à droite et à gauche.
- Non pas vraiment… lui répondit Kurosaki, songeur. Je suis plutôt casanier en fait.
- Tss. Tu ne vas pas me faire croire qu'on est là simplement pour moi…
- Et si je te disais que si ?
Le jeune homme se retourna vers lui, avec un léger sourire amusé sur les lèvres, il ne s'arrêta pas pour autant de marcher, allant en marche arrière, au risque de se prendre un quelconque obstacle. D'autant qu'il avait enfoui ses mains dans ses poches. Sa réponse laissa Aizen interdit une fraction de seconde, il se reprit cependant très vite.
- Flatté, mais il ne me semble pas avoir exprimé le désir de sortir et de me balader aujourd'hui. Il y a quelques jours peut être…
- Pas directement, c'est vrai.
- Tu prétendrais arriver à anticiper mes désirs ? C'est osé, Ichigo.
- Non. Disons que celui-là n'était pas difficile à deviner.
L'adolescent se retourna pour reprendre sa marche, et Sosuke continua de le railler gentiment sur son attitude si confiante. Ses moqueries se fanèrent néanmoins très vite lorsque le jeune homme s'arrêta, et qu'il réalisa exactement où. Devant Ichigo se dressait une imposante porte en fer, rectangulaire. Un panneau de commande situé un peu sur le côté permettait de l'ouvrir et d'accéder à une nouvelle partie de la ville.
La ville dite « basse ».
Restant ainsi à contempler l'accès à la cité pauvre, il finit par fixer de nouveau son regard sur Kurosaki qui s'était tourné vers lui et offrait un pauvre sourire. Il craignait quelque peu de comprendre la raison de leur venue en ces lieux. L'adolescent se rapprocha de lui, et c'est un regard courroucé qui lui fit face.
- Quel est ce petit jeu Ichigo ? Je ne suis pas certain de l'apprécier et tu le sais.
- Je ne joue pas. C'est ironique, mais si tu veux avoir la paix, tu ne pourras qu'en rejoignant la ville basse. Tu m'en as parlé, et aujourd'hui j'en suis persuadé.
- … Pourquoi maintenant ?
Une ombre passa dans le regard ambre. Lui qui pensait faire plaisir à Sosuke, voila qu'il devait affronter ce qui ressemblait fortement à de la colère, et ça le déstabilisa quelque peu. Mais il secoua la tête. Il était au pied du mur maintenant et sa décision était irrévocable. Il ne retournerait pas en arrière.
- N'est ce pas évident ? Je n'ai pas l'âme d'un « maître ». T'emmener ici et te permettre de rejoindre la ville basse est le seul moyen que j'ai pour te rendre ta liberté. C'est mieux ainsi.
- Je n'ai pas souvenir d'avoir été consulté dans l'histoire.
- Je t'en prie, ne viens pas me dire que tu préfères rester coincé avec moi. Après tout, tu as des projets à réaliser et le gamin que je suis t'entraverait.
Aizen sursauta, ne s'attendant pas à une telle réponse. Le silence retomba entre les deux hommes. Ichigo finit par se rapprocher de lui, à pas lents, avant de relever la tête vers lui une fois devant son nez. Il y eut une légère hésitation, puis finalement, il ferma les yeux avec force, se décidant. Avec une lenteur sans nom, ses mains remontèrent pour atteindre les épaules de son esclave, puis vinrent glisser sur le collier noir. En même temps, il se hissa sur la pointe des pieds, et ses lèvres vinrent rencontrer celles de Sosuke qui ne réagit pas.
Encouragé par le fait que son aîné ne l'ait pas encore violement repoussé, il appuya le contact, bien trop tenté. Il poussa même le vice à faire doucement glisser sa langue sur les lèvres de Sosuke, comme il en avait si souvent rêvé ces derniers jours. C'était son cadeau, en quelque sorte. Il brisa l'étreinte et observa le visage de l'adulte, neutre. Ce n'est pas non plus comme s'il s'était attendu à ce qu'il lui réponde et qu'il lui en demande plus, bien sûr…
Il ne put s'empêcher d'avoir un rire forcé, extrêmement gêné, puis il déglutit. Ses mains tirèrent le collier, jusqu'à ce qu'un clic caractéristique ne raisonne, informant les deux hommes qu'il venait d'être déverrouillé. Un instant, ils observèrent de concert cet ornement, jusqu'à ce qu'Ichigo ne le tende à l'adulte qui referma par réflexe ses mains dessus.
- J'aimerais que tu le gardes. Au cas où.
- Si tu me rends ma liberté, je n'en ai plus besoin.
- S'il te plait.
- … Très bien, si tu insistes.
L'étudiant hocha la tête avec un léger sourire, heureux quelque part. Ses poings se serrèrent et il déglutit, essayant de garder un minimum de contrôle.
- Alors, nos chemins se séparent ici.
Ichigo se recula de quelques pas. Sosuke l'observa un instant, avant de se détourner pour franchir l'espace qui le séparait de la console. Derrière lui, le jeune homme avait également fait demi-tour : s'éterniser ici plus longtemps était inutile, et il savait qu'Aizen ne risquait plus grand-chose. Rares étaient ceux qui s'aventuraient ici. Pour cause.
Sosuke rejoignit le panneau de commande, pianotant jusqu'à entendre le grincement des portes en fer, protestant contre la personne qui les forçaient à bouger.
Sans regret, sans hésitation, il les franchit. Alors il se retourna, observant une dernière fois la ville haute, tandis que l'accès se refermait lentement devant lui.
Son regard glissa sur le collier qu'il serrait dans sa main droite. Ses doigts s'y crispèrent davantage encore, et il fut tenter de le jeter au loin. De l'oublier quelque part, de s'en débarrasser une fois arrivé en bas. Il savait pourtant qu'il n'en ferait rien.
L'ascenseur s'immobilisa, et il sortit rapidement. La noirceur des lieux lui imposa un arrêt, le temps pour ses yeux de s'habituer à la faible luminosité. Devant lui s'étalaient les ruines de l'ancienne capitale, celle détruite par la troisième guerre mondiale.
Il s'y enfonça, silencieux, conscient du danger omniprésent qui se trouvait ici. Et lorsque, par hasard, il tomba sur une poignée d'hommes et de femmes, il laissa un sourire tranquille se dessiner sur ses lèvres.
Une nouvelle partie débutait.
Master & Slave - Livre I
Fin
Et voilà
On ne lance pas de parpaings à l'auteur è.é!
Et pour le petit "bonus", et pour les curieux, voici les brochettes de prix des esclaves. Si vous voulez commencer à économiser:
Esclave dit "Sauvage" : de 900 000€ à 1 000 000€
Esclave entièrement dressé et considéré comme "beau" : de 700 000€ à 800 000€ (Catégorie de Chad)
Esclave entièrement dressé et considéré comme "normal" : de 600 000€ à 700 000€
Récalcitrant et considéré comme "beau" : de 550 000€ à 650 000€ (Catégorie de Sosuke)
Récalcitrant et considéré comme "normal" : de 400 000€ à 500 000€
Abimé (comprenez: comportant des traces de blessures/cicatrices ou bien encore des tatouages): de 200 000€ à 300 000€
Très abimé : de 100 000€ à 200 000€ (Catégorie de Grimmjow - oui la grosse cicatrice sur le torse, ça pardonne pas)
Esclave acheté aux traqueurs par les magasins : de 75 000€ à 100 000€
