Master and Slave

Disclamer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Note: J'ignore si je pourrai avoir un rythme de publication régulier, je m'en excuse d'avance. Je m'excuse également s'il y a un peu de OOC...

Résumé:
Livre II:
La ville haute prospère au rythme des évènements. Son homologue cachée attends son heure, patiente. Et lorsque les bonnes personnes viennent bouleverser l'échiquier mis en place, les choses ne font que se précipiter.

Merci à Leikkona et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !


Réponse aux reviews anonymes:

Sunny: Ichigo est probablement le plus attaché des deux D:! Il est celui qui en souffre probablement le plus ^^;
Allez! Voici la suite!

Tisha: comment ça, ça cache quelque chose? ;p
Contente que l'histoire te plaise! voici la suite! ^^


Livre II – Faces cachées
Chapitre 1

La ville basse. Endroit qui ne voyait que très peu le soleil, puisque son ciel était obstrué par un dôme faisant office de plateforme soutenant la ville haute. Mais pourtant elle ne désespérait pas un jour d'arriver à se faire une place au soleil et de révéler ses trésors au reste du monde. Ayant des airs de refuge, elle était également une véritable prison. Car ceux qui y vivaient savaient que pour quitter la misère et monter au niveau supérieur, il n'y a qu'un moyen : c'était d'être esclave.

En son centre se trouvait un gigantesque pylône, qui s'élargissait encore en son sommet pour rejoindre la structure renforcée faisant office de plate forme où avait été construite la ville haute. D'autres piliers, de diamètre moindre avait été placés en cercle tout autour pour assurer stabilité et protection quelque soit la situation. Seule cette partie là était régulièrement entretenue, ainsi que les routes permettant de quitter la ville depuis le haut : le reste du dôme était laissé tel quel, et l'usure ou l'action des habitants du dessous avait crée des puits de lumière qui n'avaient jamais été rebouchés, plongeant la ville basse dans la pénombre. Dans l'oubli.

Pourtant c'était ironiquement là que se trouvait une grande source de richesse. Certes ce n'était pas de l'or ou de l'argent. Mais des livres, des ruines dites de « l'ancienne civilisation » ou « l'époque d'avant-guerre ». Les personnes se prétendant historiennes auraient dû s'y intéresser, inévitablement. Pourtant d'un commun accord on faisait tout pour les ignorer et les laisser ainsi, simplement abandonnées. On fermait les yeux. Dépassées, inefficaces, décadentes. Les termes ne manquaient pas pour prendre excuse de ce désintérêt. Cette société qui faisait l'éloge du passé avait pourtant répété les mêmes erreurs… Il était nécessaire d'oublier et de repartir à zéro pour retrouver de meilleures bases.

Alors du coup, la ville basse faisait plutôt office de dépotoir qu'autre chose. Les personnes qui y vivaient étaient celles trop pauvres pour survivre au-dessus… Mais on y trouvait également les exilés politiques, ceux qu'on préférait voir disparaitre car trop gênants, et les rares fous qui avaient décidés de leur propre chef de venir pour aider la population car ne supportant pas les méthodes employés par ceux « du dessus ». Et les esclaves en fuites…

Accessoirement…

~[...]~

Quelqu'un fila, se servant des ombres des ruines comme d'une protection. En ce mois de décembre, il faisait froid et comble de malchance pour elle, il pleuvait. Les trous de lumières situés dans le dôme laissaient entrevoir le ciel chargé de nuages noirs. Si la baisse de luminosité qui en résultait était un avantage, les quelques flaques en revanche… Elle essayait bien de ne pas trop souffler, histoire de limiter le petit nuage blanc qui sortait de ses lèvres, conséquence de la rencontre de son souffle chaud avec l'air glacé. Elle finit par trouver la solution en mettant son écharpe devant sa bouche, en protection.

Elle décela une ombre trop près d'elle. Elle freina brutalement et se dissimula contre la façade adjacente. Son cœur commençait à battre la chamade devant le danger beaucoup trop proche à son goût. Par réflexe, elle serra un peu plus fort le dossier qu'elle tenait contre sa poitrine et qu'elle avait chapardé dans un camp de traqueur, avant de fermer un instant les yeux et de se décider à s'élancer pour s'éloigner le plus vite possible.

… S'il n'y avait pas eu cette flaque d'eau qu'elle ne put éviter, et qui fit irrémédiablement du bruit lorsqu'elle passa à toute vitesse dedans. Aussitôt, ce qu'elle cherchait à éviter tourna son attention sur elle, et elle accéléra en sentant des bruits de courses. On venait de se lancer à sa poursuite. Comme elle était proche d'un puits de lumière, les traqueurs avaient pu directement la voir sans avoir à utiliser leurs lunettes de vision nocturne.

- Eh ! Reviens ici ! cria une voix méprisante, indéniablement masculine.

Elle ignora l'interjection et tourna bruquement avant de sauter par-dessus un mur à moitié détruit pour se dissimuler dans les ombres des ruines proches. Par bonheur, elle put voir ses poursuivants passer derrière puis à côté d'elle, sans la remarquer, et sans penser à regarder, persuadés qu'elle avait continué sa route.

Elle préféra néanmoins attendre encore quelques minutes, en profitant pour se calmer, avant de sortir précautionneusement de sa cachette et rebrousser une partie de son chemin, afin de retrouver le bon endroit et pouvoir ainsi parvenir à destination. Quelques minutes plus tard, elle vérifiait autour d'elle pour être certaine de ne pas être repérée, avant de dévoiler un passage souterrain et de s'y engager, se permettant de souffler une fois l'entrée refermée derrière elle. Désormais il n'y avait plus aucun risque.

~[...]~

On aurait pu croire que la partie cachée serrait, du coup, relativement tranquille. Mais ce n'était pas si simple que ça. Car on connaissait la ville basse pour une seule chose intéressante : On pouvait y enlever des gens en toute impunité. Pas de plainte d'une quelconque famille, pas d'ennui avec la justice ou les mœurs de ceux d'en haut, et la population y était plus nombreuse qu'il n'y paraissait. La natalité y était même plus forte qu'à la ville haute, répercussion immédiate de leur situation.

Les habitants ? De simples animaux au demeurant, qu'on pouvait dresser et former pour en faire de bons esclaves. Mais on les savait suffisamment intelligent pour ne pas se précipiter face à cette « offre ». Alors il fallait les forcer à remonter. C'est ainsi qu'avait été créé le travail de traqueur. Des hommes équipés de matériel de capture et de fusils, qui arpentaient les ruines à la recherche de proies potentielles.

Des proies. C'était bien ainsi qu'ils étaient vus. Capturés, ils étaient enchainés et revendus ainsi aux boutiques. Il existait même un marché noir où ils se retrouvaient directement vendus à des particuliers qui faisaient ce qu'ils désiraient ensuite.

~[...]~

Le petit chemin qu'elle avait rejoint l'emmena dans un boyau plus important. D'un pas tranquille, elle continua sa route, jusqu'à arriver à un poste de garde. Aussitôt que les deux hommes présents la virent, ils se redressèrent, leurs mains venant instinctivement s'emparer des armes à côtés d'eux. Ils se détendirent néanmoins en la reconnaissant, lui offrant un léger signe de tête auquel elle répondit d'un sourire. Alors enfin s'offrit à son regard la ville souterraine. Pauvre, mais tellement vivante.

Elle ferma un instant les yeux, savourant le fait d'être revenue chez elle, puis elle s'enfonça dans les rues, pour rejoindre le bâtiment le plus imposant et directement construit dans la roche et la terre, contrairement aux autres maisons. Ses pieds foulèrent le sol légèrement humide, avant de rejoindre le ponton en bois. En effet, la ville souterraine s'était bâtie en partie sur une nappe phréatique, lui permettant de pouvoir se sustenter en eau, liquide ô combien précieux et chéri : elle était claire et dormait paisiblement sous elle.

~[...]~

D'abord surprise, la réaction de la population pauvre avait été de se cacher, de se réfugier sous terre, et de serrer les coudes autant que possible. Le travail avait été long, fastidieux, et ils avaient réutilisé ce qui était à leur portée, occupé les cavités naturelles, afin de créer une cité souterraine, dont les multiples accès étaient surveillés pour être certain qu'un traqueur n'y parvienne jamais.

Depuis peu, s'y ajoutait le matériel fabriqué à partir de ce qui avait pu être trouvé dans les ruines, ainsi que les postes et réseaux d'observation situés directement sur les pylônes. Un endroit relativement « sûr » : les traqueurs pouvaient vous voir mais ne tireraient jamais par peur d'abîmer les piliers. Et le temps qu'ils montent, les guets auraient déjà disparus depuis fort longtemps.

~[...]~

Elle rejoignit ce qui était nommé « palais » par les habitants et qui portait le doux sobriquet de « Las Noches » puisqu'il faisait tout le temps nuit dans la ville souterraine. Elle se remit à courir à travers les couloirs (blanc, comme presque tout ce qui se trouvait ici d'ailleurs), jusqu'à s'arrêter devant une porte bien connue, s'accordant quelques minutes pour reprendre sa respiration. Un sourire étira ses lèvres et elle toqua, et qu'une voix masculine l'invita à rentrer. Sans un bruit, elle referma le panneau de bois blanc derrière elle.

Alors, elle fit face à une pièce ressemblant fortement à un petit salon, en voulant pour preuve la cheminée dans laquelle ronflait un feu, seule source de lumière de la pièce. Un tapis rouge et or , uniques couleurs de la salle, se trouvait devant, ainsi qu'un canapé. Dans le fond se trouvait un bureau où était installé l'homme qui lui avait répondu et qui releva la tête à son entrée, un sourire éclairant son visage.

- Ah… Hinamori, quel plaisir de te revoir, l'accueillit une voix douce

- Bonjour, Aizen-sama… répondit-elle, timidement, se tortillant comme si elle était gênée face à son interlocuteur.

- Mets-toi à l'aise et fais-moi part des dernières nouvelles.

Elle hocha la tête, s'inclinant légèrement. Elle se tourna sur sa droite pour faire face à un porte-manteau. Elle enleva son écharpe et son pardessus, ainsi que ses gants, coinçant le dossier qu'elle tenait entre ses jambes. Sosuke s'installa sur le canapé. La jeune femme s'avança et lui tendit l'enveloppe kraft. Il s'en saisit sans un mot et l'ouvrit immédiatement. Il y eut un moment de flottement avant qu'il ne tapote la place à côté de lui. Hinamori s'assit et laisser sa tête retomber sur son épaule.

La voix basse et claire de la jeune femme résonna dans la pièce alors qu'elle narrait ses aventures, tandis qu'Aizen parcourait du regard les feuilles dérobées. Il ne l'écoutait en réalité que d'une oreille, pas vraiment intéressé de savoir que son espionne attitrée avait eu froid et peur de se faire attraper par les traqueurs, tout comme il se moquait des péripéties pour obtenir ce qu'il désirait. Il avait ces foutues informations dans ses mains et c'est tout ce qui comptait. Mais il savait que ça lui faisait plaisir de le faire, aussi il ne l'interrompit pas. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais la jeune fille semblait l'apprécier au-delà du raisonnable. Il en profitait un peu, c'était tout.

C'était Hinamori qui, après tout, l'avait trouvé et emmené auprès des réfugiés lorsqu'il avait rejoint la ville basse… Elle était apparemment connue et aimée, raison pour laquelle il avait fait en sorte de la choyer et plus encore. Son soutient était important s'il voulait garder une bonne image auprès de la populace et s'assurer qu'elle le suive sans trop broncher. Ça lui permettait de faire passer plus facilement certaines décisions difficiles mais nécessaires. Il n'y avait pas vraiment eu de changement depuis qu'il était parti, dix ans auparavant.

Les gens ne le reconnaissaient plus, c'était tout, et ce n'était pas plus mal puisqu'auparavant on avait tendance à ne pas le prendre au sérieux, quand il annonçait qu'il changerait leur situation. Ah, si. La ville souterraine s'était aussi agrandie bien entendu. Depuis toutes ces années, ils avaient eu le temps de creuser et d'augmenter leur territoire. La ville basse était sujette à des changements en permanence. De nouveaux accès à la surface avait été fait, et puis… Devant la population croissante, il fallait bien arriver à tous les placer quelque part pour les protéger.

Une simple petite année lui avait été nécessaire pour se hisser tout en haut de la hiérarchie, et détrôner l'ancien « chef » après avoir révélé que, loin d'aider son peuple, il s'arrangeait avec les traqueurs afin de leur fournir régulièrement des victimes, et qu'il graissait la patte à certain d'entre eux pour obtenir diverses ressources, pour son usage personnel. Aujourd'hui, il devait certainement se trouver dans une petite cellule, dans un de ces magasins d'esclaves. Et lui l'avait volontier remplacé. Plus sévère que son prédécesseur, il avait quand même réussi à améliorer un peu leur condition de vie, ce qui lui avait valu le respect et la reconnaissance.

C'était sur ses ordres qu'avaient été crées les postes de guets sur les piliers. Certes il avait perdu quelques hommes le temps d'arriver à construire les réseaux et sécuriser les endroits d'observation, mais aujourd'hui ils étaient relativement tranquilles. Les traqueurs ne mettaient la main que sur les inconscients se pensant plus malins qu'eux. Il avait aussi crée de petites serres, dans les ruines fermées proches des puits de lumière, dont les accès se situaient sous les bâtiments, afin de limiter les risques d'être repéré.

Et maintenant ? Il était en train de préparer ses plans pour mettre la main sur la ville haute. Ni plus ni moins. Et il y avait toute une population prête à le suivre les yeux fermés.

La jeune femme s'arrêta et il stoppa sa lecture, tournant la tête vers elle. Il se força à l'immobilisme, alors qu'elle passait ses bras autour d'un des siens. Elle releva la tête et tendit les lèvres vers lui en une demande muette, à laquelle il accéda après une légère hésitation. Le contact doux ne lui fit pourtant aucun effet, et il le brisa quelques instants plus tard avant de se relever. Il put entendre Hinamori soupirer de bonheur et ses lèvres se crispèrent une fraction de seconde sur ce qu'il tenait : les projets des traqueurs quant à leurs futurs déplacements et pièges de capture.

- Merci Hinamori. Je suis désolé de t'avoir fait courir un tel danger…

- Ce n'est rien, je l'ai fait avec plaisir.

Aizen prit le chemin de la sortie, bientôt talonné par sa collègue. Ensemble ils arpentèrent une nouvelle série de couloirs, d'un pas rapide, jusqu'à une autre salle, tout aussi blanche que le reste du palais, grande, et uniquement meublée d'une table et de chaises. Y étaient déjà installés plusieurs hommes et femmes, qui discutaient d'une voix plus ou moins forte. Lorsque les portes s'ouvrirent avec un bruit sourd toutes les têtes se tournèrent vers les arrivants et un silence religieux retomba. Les positions furent ajustées, les mains posées sur les tasses déjà à moitié vidées, le temps pour Aizen et Hinamori de s'installer en bout de table.

- Maintenant que tout le monde est arrivé, nous pouvons commencer.

Les personnes présentent hochèrent la tête et se mirent à parler à tour de rôle. Un compte rendu de la situation de la ville souterraine dans un premier lieu, assuré par Yammy, Stark et Hallibel, respectivement responsable des tunnels d'accès, de la protection de la ville basse et des tours de guets. Mais ils n'apportèrent rien de nouveau : tout était calme, même si les traqueurs avaient découvert un de leur guet qu'ils avaient donc dû abandonner temporairement. Quant à l'humeur des habitants… Elle était bonne : la paix relative qu'ils avaient leurs plaisait.

Yammy confirma que le dernier tunnel qu'il avait entamé avançait bien et que bientôt il percerait la surface, en dehors des limites de la ville. Aizen hocha la tête, sachant que ce « tunnel » n'était connu que des espadas et de la poignée de personne chargée du travail. La raison de ce silence remontait à la troisième guerre : les armes chimiques avaient rendu le « dehors » dangereux. Et si les avancées de la ville haute avait permis de limiter voir de supprimer cette nuisance biologique, ceux d'en bas, gardés dans l'ignorance, restaient toujours persuadés que fuir la ville basse était synonyme de mort atroce. Ce n'était peut être pas totalement faux après tout : si ceux d'en haut avaient développé des résistances ou des vaccins, ceux d'en bas n'avaient absolument rien. Etrangement, l'idée que les puits de lumières aient pu permettre la « contamination » des ruines n'effleurait personne.

Sosuke préférait garder la ville basse dans cette ignorance. C'était plus facile ainsi pour lui de nourrir la haine de ses soldats. Et puis, sérieusement, aller s'éparpiller dans la « campagne » ne ferait que déplacer le problème : les traqueurs suivraient.

Barragan et Zommari, les deux instructeurs et recruteurs, chargés de former les troupes armées de la ville souterraine, en cas de combat forcé contre les traqueurs ou autre menaces à leur avancée, prirent le relais. Mais ils furent brefs, n'ayant pas grand-chose à dire. Ils se contentèrent de déplorer le fait que, si les recrues étaient certes motivées, ils étaient encore loin de faire le poids face à de véritables adversaires.

Vinrent ensuite les trois personnes dont le travail se situait dans les ruines : Neliel, Nnoitra et Aaroniero. Les deux premiers parcouraient les bâtiments détruits pour espionner les traqueurs ou trouver les personnes qui n'auraient pas encore ralliées la ville ou se seraient cru trop malines pour quitter sa protection en dépit du danger. Ils protégeaient aussi les groupes remontant afin de récupérer des ressources ou des récoltes. Groupe en général dirigé par Aaroniero, qui se chargeait de localiser le matériel présent dans les gravats, et surveillait la croissance des petites serres placées dans les bâtiments abandonnés.

Merci au prédécesseur d'Aizen qui leur avait permis indirectement de récupérer les graines nécessaires à leurs créations.

Là encore, il n'eut rien de particulier. Neliel faisait simplement part de son angoisse quant au fait de ne pas avoir croisé de traqueurs depuis un moment, et qu'elle pensait que c'était un mauvais signe pour eux. Rabrouée par Nnoitra qui lui reprocha de voir le mal où il n'y en avait pas, elle s'enferma dans le silence pour le reste de la réunion.

Szayel, qui était à la tête du département scientifique, ne s'intéressa véritablement à la réunion que lorsque son tour fut venu, mettant en avant ses progrès dans le système de communication qu'il avait mit au point. Il sortit d'une des poches de sa blouse un petit dispositif noir, fin, qu'il plaça contre une de ses oreilles. Il déplia une sorte de micro qui s'arrêta au milieu de sa joue. Placé sur les hommes, ils permettrait de pouvoir communiquer avec toute une équipe d'une simple pression sur le bouton situé sur la partie derrière l'oreille, qu'il montra lorsqu'il en parla. Il suffisait de d'appuyer une nouvelle fois pour que le son soit coupé.

La démonstration terminée, il enchaîna sur les ordinateurs confectionnés à partir du matériel trouvé dans les ruines. Il assura qu'il cherchait toujours un moyen pour capter les émissions venant de la ville haute et, mieux, d'accéder à leur réseau en le piratant. Il en profita pour faire une demande de matériel, qu'Aizen accepta d'un signe de tête, et qu'Aaroniero nota précieusement pour le lui fournir par la suite.

Enfin le dernier à prendre la parole fut Ulquiorra, chargé de la collecte d'informations, principalement sur le monde supérieur. Pour cela, il avait envoyé ses hommes dans la ville haute et avait crée un système, avec l'aide de Szayel, pour pouvoir les joindre par téléphone. Actuellement, il était en train de travailler sur la possibilité de créer de fausses identités et de faux papiers pour permettre à ses espions de mener une vie plus décente et moins dangereuse. Il gardait aussi à l'esprit que des hommes pouvant grimper dans l'échelon de la société fourniraient d'avantage d'informations encore plus précieuses.

Et ce fut d'une voix monotone qu'il fit son rapport. Kurosaki et Quincy, en guerre froide depuis quelques mois, venaient d'entrer en conflit ouvert suite à la tentative des Quincy de prendre du pouvoir dans le secteur médical, branche maîtresse des Kurosaki. Tous les journaux s'arrachaient aujourd'hui tout ce qui était lié à ce sujet brûlant, prenant plaisir à tenir leurs lecteurs informés de qui dit quoi et sur quoi.

Préférant sans doute assurer ses arrières, la famille Ishida venait, apparemment, d'envoyer un ambassadeur auprès des Kuchiki afin de tenter de former une alliance. Sans réponse pour le moment. Les familles du Sud et de l'Ouest s'étaient alors retirées, désireuses de rester en dehors du conflit. Cependant on savait qu'il y avait une certaine bienveillance de leur part, à l'égard du Clan Kuchiki. Ulquiorra confirma bientôt qu'il venait d'apprendre que Byakuya Kuchiki et Yoruichi Shihouin, les deux dirigeants, se connaissaient.

La voix impersonnelle d'Ulquiorra s'éteignit, et les têtes se tournèrent vers Aizen, toujours immobile, en attente de ses décisions. Le dirigeant, qui avait posé son coude sur la table et déposé son visage sur son poing, ferma à demi les yeux. Si la mention du nom de « Kurosaki » avait fait remonter ses souvenirs de l'année passée en compagnie de l'héritier, il se reprit très vite et après avoir secoué la tête, commença à faire un résumé sur les documents remis par Hinamori. Il y eut un temps, nécessaire pour lui afin de mettre en commun tout ce qu'il venait d'apprends et de réagir en conséquence. Et de donner ses instructions.

- La seule chose que nous pouvons faire pour le moment, commença Sosuke, quelque peu pensif, est de renforcer notre base et de veiller à ce que les traqueurs ne nous trouvent pas. Nous devons être prêts.

- Bien, fut la réponse, à l'unisson, de ses hommes.

- Szayel, la priorité est d'avoir accès à des sources d'informations plus importantes. Concentre-toi sur un moyen de pirater leurs installations. C'est cela qui nous permettra d'entretenir le conflit entre Kurosaki et Quincy s'il s'essouffle.

- Quel rapport avec nous ? La guéguerre de ces connards n'a rien à voir avec nous ! siffla Nnoitra, se renfrognant devant le regard froid que lui renvoya son chef.

- Deux puissances qui se font la « guéguerre » sont deux puissances qui s'affaiblissent mutuellement, et qui sont donc plus faciles à faire tomber. Elles sont également plus enclines à faire des erreurs qui nous seront alors profitables. Ces raisons te sont-elles suffisantes ? fut la réponse glacée de son chef, le ton indiquant clairement qu'il n'y avait pas à y revenir.

Hochant lentement la tête, n'appréciant peut être pas la méthode mais n'ayant rien pour contrer ces arguments ni de meilleure solution, il baissa légèrement la tête. Le reste de la réunion fut consacrée à utiliser les mouvements des traqueurs à leur avantage, afin de leur voler du matériel, ou de prévoir quelle serre visiter sans se soucier d'eux. Aizen finit aussi par laisser entrevoir la possibilité d'imiter son prédécesseur et de retrouver les traqueurs corrompus pour obtenir un peu plus de matériel informatique encore.

Ce fut sur cette note que la réunion se termina, les diverses personnes présentes se levèrent, saluant Sosuke qui répondit d'un signe de la tête. Ils prirent le chemin de la sortie, retournant à leurs occupations et leurs problèmes, ne laissant que Hinamori et Aizen. Si cette dernière voulu le rejoindre, il la stoppa d'un regard froid, avant de se lever, devenant plus doux à son égard et s'excusant auprès d'elle, prétextant devoir faire quelque chose pour s'éclipser et se retrouver de nouveau seul. Il dut néanmoins lui accorder de la voir le soir même. Sans plus attendre il rallia ses appartements, seul endroit où il savait ne pas être dérangé. Quelque part il ne mentait pas vraiment, il y avait bien une chose qu'il désirait faire.

La porte de ses appartements refermée derrière lui, il se détendit sensiblement alors qu'il passait une main sur sa nuque, pour la masser. En tant que dirigeant, il avait droit à un peu plus de confort que le reste de la population cachée. Pour preuve, il possédait pour son unique usage trois pièces : Une salle de bain, un salon meublé d'un table basse, où était posé un téléphone, et d'un canapé et une chambre, qu'il venait de rejoindre pour effectuer un détour par la penderie.

Son regard se posa sur la chemise blanche et le pantalon noir qu'il portait lorsqu'il était arrivé ici, et qui dormaient tranquillement depuis un an. Aujourd'hui sa tenue était proche : un pantalon de tissus et un maillot, ainsi qu'un trench-coat (qu'il venait d'enlever). Blanc tous les trois. La seule touche de couleur était le obi rouge qui ceignait sa taille. Débarrasser, il retourna dans le salon, s'emparant du téléphone et composant à toute vitesse un numéro qu'il avait eu il y a peu. Quelques sonneries et on décrocha.

- Aaaallô ? répondit bientôt une voix enjouée, clairement amusée.

- Gin…

- Tiens… Voici une personne que j'n'avais pas entendue depuis un moment… T'm'a manqué ! Alors p'tit chef, du neuf ?

Un léger sourire se dessina sur les lèvres du d'Aizen alors qu'il se déplaçait de quelques pas dans la pièce pour aller s'installer sur le canapé. La voix chantante de son compagnon lui avait presque manquée. Le surnom de « p'tit chef » dont il l'avait affublé en sachant qu'il n'aimait pas ça, beaucoup moins. Mais c'était un détail.

Capturé en même temps que lui, Gin était pourtant toujours dans la ville supérieure, enchaîné à son maître actuel et n'ayant pas réussi à déguerpir… Du moins c'est ce qu'il lui avait dit. En réalité, et connaissant l'individu et ses manières de renard, il soupçonnait plutôt qu'il ne voulait pas. Et c'était une sacrée différence.

- Ça fait combien d'temps ? Un an et d'mi ? fit la voix de son compère, estimant qu'il ne répondait pas assez vite.

- Un peu plus, oui. Je t'appelle depuis la ville basse, je pensais t'y retrouver.

- Sans rire ? Bah… J'aurais adoré, mah j'suis indispensable ici, lui répondit l'homme avec un soupir défaitiste. Et presque malgré lui, Sosuke sentit son sourire se crisper.

- Ne te donne pas plus d'importance que tu en as, Gin.

- Sois pas jaloux, t'as assez profité d'moi tu crois pas ? Laisse la place !

Aizen put entendre un léger ricanement. Gin était ainsi, à toujours sourire et rire de tout. Et à se faufiler. Il ne comptait plus le nombre de fois où son comparse l'avait contacté après avoir échappé à ses maîtres, avant d'être capturé de nouveau par les autorités. Le fait que, comme lui, les méthodes de « dressage » se révèlent inefficace avait poussé ses maîtres à l'abandonner au magasin. Ils s'étaient côtoyés un moment, avant qu'il ne se fasse de nouveau acheter par une jeune femme, et que lui ne rencontre Ichigo.

- Je n'arrive pas à croire que cette femme puisse te tenir en laisse, ne put-il s'empêcher de railler Aizen, Tu t'assagis.

- A dire vrai j'crois que même si j'voulais, j'pourrais pas la contrer. Rangiku est terrible quand elle s'y met t'sais ?

- Rangiku… Un bien joli nom…

- Pas vrai ? Et devine quoi ? C'est une flic ! se mit à rire son acolyte à l'autre bout du fil. C'est grâce à elle que j'ai pu t'contacter cette fois là. Même si la discussion a tourné court.

Le petit silence qui répondit à Gin fit rire celui-ci. Il y eut un cliquetis et Ichimaru se retourna, offrant un grand sourire à la nouvelle arrivante. Haussant un sourcil, Rangiku referma doucement la porte, et releva les mains jusqu'à son buste. Elle déboutonna sa veste qu'elle enleva et ouvrit les premiers boutons de sa chemise bleue, dévoilant un collier, une chaine fine retombant sur sa poitrine. C'est avec un soupir de soulagement qu'elle s'avança dans la pièce, contente d'être enfin de retour chez elle. Après avoir ôté ses chaussures et ses collants, elle se rapprocha de lui, et jeta au passage la veste de son uniforme sur la chaise la plus proche.

Devant la question muette qu'Ichimaru put lire dans ses yeux, il répondit d'un de ses sourires caractéristiques. Matsumoto fronça les sourcils puis finit par hausser les épaules, et se détourna pour rejoindre le frigo et récupérer deux canettes de bière. En se relevant, elle repoussa une mèche rousse qui retombait sur son visage quelque peu boudeur. Les deux boissons en main, une pour elle, et l'autre pour son esclave de compagnon qu'elle posa sur la table, elle alla s'effondrer sur le canapé de son appartement. Dans les secondes qui suivirent la télévision fut allumée sur un feuilleton quelconque, mais avec un son très bas pour ne pas le gêner dans sa communication. Pas une seconde Gin ne l'avait quitté des yeux.

- Je sais. J'ai été interrompu par un indésirable, reprit la voix de Sosuke à son oreille

- Ton maître ?

- Non, pas vraiment. Son cousin. Je doute qu'Ichigo aurait prêté attention à ses dires mais je ne voulais pas prendre de risque.

- Pour n'pas gâcher tes chances de rentrer à la ville basse hein. J'espère au moins qu'mes « renseignements » t'ont aidé à redescendre.

Gin calla le téléphone entre son oreille et son épaule et se déplaça jusqu'à refermer ses doigts sur la canette préparée pour lui, qu'il ouvrit dans un « clac » sonore. Il reprit ensuite le combiné en main, vint s'asseoir aux côtés de celle qui était son maître et qui avait déjà terminé sa boisson. Ses fesses aussitôt posée sur le sofa, la jeune femme s'étala paresseusement sur lui. Elle passa un bras autour de sa taille afin d'assurer sa position et sa tête trouva bientôt sa place sur l'épaule de l'homme. Elle ferma les yeux et il l'entendit soupirer de bien être. Il aurait certainement put jurer qu'elle ronronnait de satisfaction.

Il tenta de reprendre sa conversation mais fut très vite distrait par une main se faufilant sous son tee-shirt. Les doigts fins glissèrent sur son ventre, pour y dessiner des arabesques sans aucune logique. Lentement mais sûrement ils remontèrent vers le torse, massant les muscles. Rangiku eut un léger sourire en sentant son esclave soupirer à son tour, alors qu'il se détendait sensiblement sous ses attentions.

- Je te dérange peut être ? railla une fois de Aizen. J'entends bien que tu as l'air d'être ennuyé par ma compagnie.

- J't'ai déjà dit de pas être jaloux, p'tit chef.

- Disons que je ne veux pas interférer avec les désirs de ta belle.

- Gin, trésor, dit à ton ami que je l'emmerde, fit brusquement la policière.

Proche de l'appareil, Matsumoto avait l'occasion de pouvoir suivre plus ou moins la conversation. Elle put entendre ainsi le dit « ami » se mettre à rire doucement à sa réplique sans pour autant prendre la peine de répondre. Elle n'insista pas et haussa les épaules, préférant largement passer le reste de sa journée à profiter des bras de son esclave et amant.

- Plus sérieusement, Gin. Reprit la voix d'Aizen, un ton plus bas pour que ses paroles ne soient pas comprises, j'aimerai te demander un service d'autant plus important que tu me dis avoir certaines possibilités que mes hommes n'ont pas.

- Ha ? Qu'est ce qui t'ferais plaisir, cap'tain ?

- Des informations. Je ne peux rêver de meilleure source d'information que celle de la police. Surtout si elles sont liées aux familles dirigeantes.

- J'peux rien te promettre t'sais… C'n'est pas comme si j'avais accès à tout ce que je désire.

Gin baissa la tête vers la jeune femme qui avait rouvert un œil à sa dernière phrase. Il passa un bras autour de ses épaules, la calant un peu mieux contre lui. Ses lèvres remuèrent sans qu'aucun son ne s'échappe, lui indiquant qu'il lui expliquerait plus tard ce qu'il en retournait. La jeune femme ne put qu'acquiescer, soupirant lorsque l'esclave passa ses doigts fins dans ses cheveux en une douce sensation de bien être.

- Je sais. Mais il risque d'y avoir des conflits importants entre les Kurosaki et les Ishida d'ici peu de temps. Tu pourras sans doute apprendre leurs déplacements et les actions cachées aux médias. Actuellement moi je ne peux plus le faire alors… Tout ce que tu m'apporteras sera utile

- Quel dommage que tu n'aies pas pu rester avec lui, hein? Je me demande comment il se sent maintenant que tu l'as laissé seul.

- Cela m'est bien égal.

- C'que t'es cruel.

Ils continuèrent ainsi à discuter ou plutôt... Gin se fit un plaisir d'insister sur le sujet « Ichigo », fortement amusé alors qu'il avançait l'idée que Sosuke devait regretter l'année passée durant laquelle son seul souci était de trouver le meilleur moyen d'ennuyer son maître. Progressivement il sentit la voix à son oreille se faire plus froide, plus agacé. Il ne s'arrêta que lorsqu'Aizen retourna son petit jeu contre lui en appuyant sur sa relation avec son maître. Il conclut cette bataille d'un « tu n'es pas drôle » quelque peu boudeur.

- J'ferais c'que j'peux pour t'aider p'tit chef. Mais faudra pas m'en vouloir si j'arrive pas à t'fournir c'que tu veux.

- Je suis certain que tu ne me décevras pas.

- Veille néanmoins à ne pas me surestimer.

- Mh, lui répondit distraitement Sosuke. Ichimaru entendit au loin une petite voix qui lui fit hausser un sourcil, avant qu'Aizen ne reprenne la parle, las. Je vais devoir te laisser, profite de ta soirée Gin, je te rappelle bientôt.

- Fais d'beaux rêves cap'tain !

Une série de « bip » l'informa que son interlocuteur venait de raccrocher et il laissa retomber le combiné sur l'accoudoir du canapé avec un soupir. Sans surprise, Rangiku se redressa presque aussitôt, s'asseyant à califourchon sur ses jambes avant de croiser les bras sous son opulente poitrine. Il lui offrit un léger sourire qui resta sans effet et il grimaça, devant se résoudre à s'expliquer ici et maintenant.


Et on repaaart!

Rendez-vous au prochain chapitre! ^^