Master and Slave
Disclamer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Leikkona et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Résumé:
Livre II:
La ville haute prospère au rythme des évènements. Son homologue cachée attends son heure, patiente. Et lorsque les bonnes personnes viennent bouleverser l'échiquier mis en place, les choses ne font que se précipiter.
Je m'excuse du retard!
En espérant que vous apprécierez ce chapitre!
Au passage j'ai cru comprendre que vous n'aimiez pas de le Aizen x Hinamori alors je vais "rassurer" tout le monde: c'est temporaire ;D!
Réponse aux reviews anonymes:
Lynn: Super vite. J'ai rien vu passer.
Quand à nos deux zozos... aah... Je crois que d'ici quelques chapitres il y aura une petite surprise ^^
Sunny: Oui affreuse D: mais terriblement efficace *SPAF*
Et pour Szayel... Oui il aide son clan, mais surtout ses recherches ;p mais chut!
Ravie que tu aimes toujours autant \o/ j'avoue que ma seule crainte est de voir la lassitude parce que je sais que je vais lentement (mais il me faut tout mettre en place *hahem*)
Dollylix: rhooo mais qu'est ce que vous avez tous contre hinamori éè *sort*
Huhu, puisque tu aimes le Nnoitra x Nell je pense que tu aimeras ce chapitre.
Voici la suiiite ;p
MERCI POUR VOS REVIEWS!
Kyo s'éloigna de quelques pas, avant de se retourner vers Aizen, toujours immobile contre les ruines. Prenant un air ennuyé, il se passa une main derrière la nuque, avant d'ouvrir la sacoche placée dans son dos et d'en tirer un briquet et une cigarette qu'il alluma sans un mot. Il en prit une bouffée, et prit son temps pour recracher la fumée grise caractéristique.
- Une semaine. J'aurai ce que vous voulez dans une semaine. Même endroit, même heure. Si vous êtes en retard, c'est tant pis pour vous. Je prendrai ma paye à ce moment-là.
Le ton ne souffrait aucune protestation, et le traqueur se détourna pour s'emparer de la lumière qu'il avait apportée et qu'il éteignit. Les cinq personnes se retrouvèrent plongées dans le noir, et un faisceau rouge vif s'alluma bientôt devant Szayel qui sursauta. Le traqueur venait de remettre son casque, et de réactiver son armure. Il disparut rapidement, mettant fin par la même occasion au rendez-vous.
Livre II – Faces cachées
Chapitre 3
Un mois venait de s'écouler depuis leur première rencontre avec Kyo. Celui-ci avait tenu sa promesse et Szayel la sienne. Aujourd'hui, ils devaient recevoir la troisième livraison. Neliel et Nnoitra venaient de mener le scientifique à bon port avant de s'éclipser rapidement. Lui, comme elle, ne tenaient pas spécialement à attendre les « négociations », mêmes étouffées.
Ils savaient, de toute manière, que Szayel les appellerait une fois que ça serait terminé, afin qu'ils viennent le chercher et l'aider à ramener les composants électroniques à la ville basse.
Au moins devaient-ils reconnaitre, que cet apport de matériel supplémentaire permettait au scientifique d'aller beaucoup plus vite dans ses recherches. Il avait réussi à améliorer le système de communication pour Ulquiorra et ses espions. Aaroniero et ses équipes, ainsi qu'eux avaient indirectement profité de ces avancées.
Il avait également évoqué le début de ses recherches sur les traqueurs, aidé bien involontairement par Kyo qu'il étudiait à son insu, et qu'il tentait de faire parler lors de leurs rencontres. Ses agissements lui donnaient des pistes sur les méthodes de fonctionnement de son équipement et il s'évertuait à tenter de les reproduire dans son laboratoire.
- Dis, Nnoitra ?
- Quoi ?
Nelliel se mordit la lèvre inférieure. Elle et son comparse communiquaient à voix basse, pour limiter les risques d'être repérés. Elle finit par se saisir du bras de Jiruga afin de l'entrainer vers un haut bâtiment proche. Aujourd'hui, le soleil était éclatant pour un mois de Janvier, et les ruines baignaient dans une pénombre permettant de discerner les silhouettes.
- Penses-tu réellement que… Aizen-sama y arrivera ? Je veux dire…
- Tu regrettes d'avoir décidé de le suivre ? demanda l'homme, ne comprenant pas.
- Oh non, non, ce n'est pas ça ! fit Neliel, horrifiée.
Ils pénétrèrent dans la structure endommagée, passant sans s'arrêter devant les bureaux et l'espace d'attente pour atteindre les escaliers et grimper. Ils ralentirent sensiblement l'allure lorsqu'ils prirent le chemin vers le second étage. Ils savaient que le sol commençait à se faire beaucoup moins stable et solide. La faute au temps et aux dommages.
- Mais j'ai peur… Peur d'espérer pour rien. Qu'est ce qui se passera si nous échouons Nnoitra ? Les traqueurs vont mettre la main sur nous et…
- T'en fais des caisses pour rien Nell ! Aizen sait ce qu'il fait n'est-ce pas ? Il nous a promis qu'il nous permettrait d'atteindre la ville haute, et de commencer une nouvelle vie.
- Ça va nous faire drôle de quitter les ruines, pas vrai ? On n'a connu que ça après tout…
Arrivé au deuxième étage, ils s'avancèrent sur le sol en parti détruit en direction des fenêtres. Seul le bruit caractéristique de l'effritement les faisait s'arrêter et changer de trajet. Ils finirent par s'installer aux côtés d'une vitre brisée, leur permettant d'avoir un visuel des alentours. Alors seulement, ils s'autorisèrent à se poser.
- Mais ça sera bien ! reprit la voix enjouée de Nnoitra. Ne plus avoir à se cacher ni à craindre les autres ! Pourquoi les habitants d'en haut sont-ils plus privilégiés que nous ? La vie est facile pour eux, ils n'ont rien à craindre !
- Nnoitra ! Je suis sûre qu'en haut aussi, ils ont leurs soucis. C'est juste… que ce ne sont pas les mêmes. Ne soit pas si catégorique.
- Pfeuh ! C'est toi qui es bien trop gentille. Voilà pourquoi je pense que les femmes ne devraient pas être au front.
Neliel leva les yeux au ciel, ne voulant pas rentrer dans ce débat avec lui. Nnoitra était quelqu'un qui pouvait se montrer extrêmement sexiste. A l'écouter, les femmes n'étaient bonnes qu'à élever les enfants et s'occuper de ménage et des repas. Elle ne désespérait pas d'arriver un jour à le faire changer d'avis sur le sujet, et lui montrer qu'elle pouvait être forte. Elle s'était d'ailleurs beaucoup entrainée pour parvenir à le mettre à terre et lui prouver qu'elle était capable de se débrouiller seule. A sa grande surprise, Nnoitra n'avait pas aimé du tout et s'acharnait désormais à la défier pour « rétablir les places ».
- Ne soit pas idiot Nnoitra, je te dis seulement que tu es en train de cracher sur quelque chose que tu ne connais pas. Pas assez pour te le permettre.
- Parce que tu t'y connais mieux que moi ? Première nouvelle ! râla l'homme, à la limite de crier.
- Shhh, pas si fort ! fit Nelliel, soudain inquiète. Elle posa sa main sur la bouche de son compagnon qui la repoussa sans ménagement.
- Tu fais chier Nell ! Arrête de me traiter comme un enfant. Ch'uis un adulte. Un a-dul-te !
Nnoitra croisa les bras sur son torse, et son visage se referma, quelque peu boudeur. La jeune femme soupira doucement, et pendant une fraction de seconde, son visage se fit plus triste. Son regard se porta sur la ville détruite qui s'étalait devant ses yeux.
- Je suppose… qu'Aizen-sama ne nous laissera pas tomber… et qu'il nous protégera, murmura-t-elle sans s'en rendre compte
- Nell…
- Mh ?
- T'es une incorrigible mère-poule, tu le sais ça ? fit Nnoitra d'un air ennuyé.
La réplique arracha un léger sourire amusé à la jeune femme. Le noir crée par l'ombre de l'immeuble et la pièce lui cacha l'air trop sérieux de son compagnon. Nnoitra ne l'avouerait probablement jamais mais il s'inquiétait de la gentillesse trop présente chez son amie. Il la voyait sans peine sauver son ennemi plutôt que de l'achever, ce qui finirait par se retourner contre elle.
L'homme se déplaça précautionneusement vers Neliel. Il vint s'installer à côté d'elle sans recevoir de protestation. Il aurait aimé, adoré, la réconforter plus aimablement qu'il ne le faisait actuellement. Mais… Il avait beau ouvrir la bouche, les mots ne sortaient pas, malgré tous ses essais. Et il finissait toujours par la rabrouer plutôt qu'autre chose.
- Tu… T'as pas à t'en faire. On y arrivera. fit-il d'une voix un peu rauque.
Nnoitra se mordit la lèvre, conscient qu'une fois encore, son affirmation était plus agressive qu'autre chose. Pourtant Neliel ne sembla pas lui en tenir rigueur et se laissa aller contre lui. Lorsque sa tête vint se poser sur son épaule, il déglutit et se crispa. Il pria pour que sa collègue ne fasse pas comme la dernière fois, s'éloigner en s'excusant pour le dérangement. Il se maudissait souvent d'être aussi maladroit avec elle.
- Oui, tu as sans doute raison, souffla Neliel d'une voix basse, presque lasse, comme fatiguée.
- Evidement !
- Merci, Nnoitra.
- Pff, merci de quoi ? Femelle idiote.
L'homme détourna la tête, les joues rouges, alors que le rire étouffé de Nell parvenait à ses oreilles. Il sonnait comme une légère moquerie à sa réponse, et Nnoitra se mordit la lèvre inférieure pour ne pas répliquer. Il se fit violence pour ne pas la repousser, et il se contenta de renifler, méprisant à son égard. Elle préféra ne pas en tenir compte.
Le silence retomba bientôt.
Neliel finit par replier ses jambes contre son torse, le plus possible. Ses mains glissèrent sous ses cuisses pour maintenir la position. A sa grande surprise, Nnoitra finit par passer timidement un bras autour de ses épaules. Le geste était maladroit, pas du tout assuré et elle sentait sa main posée sur elle trembler un tout petit peu. Mais une joie indescriptible l'envahit à l'idée que, peut-être, elle avait une chance de se frayer une place dans sa vie. Plus importante que celle qu'elle possédait actuellement.
La jeune femme s'apprêtait à fermer les yeux, lorsqu'une lueur inhabituelle attira son regard. Au loin devant eux, venait de s'allumer une lumière rougeoyante, qui la poussa à changer de position. Nnoitra râla mais elle l'ignora, se relevant pour se pencher. Elle espérait arriver à voir d'ici ce qui se passait, sans succès.
- Qu'est-ce que t'as encore ? grogna l'homme en se redressant à son tour.
- Regarde là-bas… souffla sa compagne en indiquant la direction repérée plus tôt.
- Ouais, ce sont les traqueurs qui viennent chercher leurs captures, et alors ?
- Qu… Comment ça « et alors » ? lui reprocha Neliel, brusquement agacée, Il faut aller les aider !
Tel un courant d'air, Nell sauta par la fenêtre brisée. Elle atterrit sur un mur effondré, proche de leur position, pour glisser dessus et rejoindre le sol. Nnoitra n'eut pas le temps de la retenir et jura devant l'attitude de la jeune femme. Prenant son élan, il l'imita rapidement, pour la rattraper malgré la longueur d'avance qu'elle avait déjà.
Le fait de passer par les toits et non les rues et ruelles rendait le parcours plus simple et moins long. Nnoitra ne parvint à s'emparer du bras de Nell qu'à quelques mètres seulement de la lueur rouge. Il l'attira contre elle avant de se baisser, malgré les tentatives de sa compagne pour se libérer.
- Tu es tarée, murmura-t-il à son oreille, le plus bas possible, tu fonces sans rien savoir, tu vas te faire capturer ou tuer !
- Je… Je ne peux pas les laisser se faire enlever… lui souffla Neliel, presqu'affolée, Je ne peux pas…
- Sois discrète… Etudions la situation, peut-être aurons-nous une occasion.
Il garda la jeune femme contre lui jusqu'à ce que le corps cesse de s'agiter. Nell de nouveau calme, il desserra lentement sa prise, pour être certain qu'elle ne fasse rien d'inconsidéré. Alors seulement ils se rapprochèrent, veillant à ne pas se faire repérer pour observer ce qu'il en était exactement. Du toit où ils étaient, ils purent voir bientôt les traqueurs et la lourde cage. A l'intérieur, un enfant en train de pleurer, blottit dans le giron d'une femme. Mère et enfant, à voir la ressemblance. Il y avait une seconde cage, un peu plus loin, où se trouvaient cinq hommes, hurlant des injures à l'encontre de leurs geôliers.
Ils étaient trois. Trois traqueurs qui tournaient autour des cages pour s'assurer que tout était prêt. Ils restaient étonnement stoïques face aux insultes qui pleuvaient à flot sur eux. Parfois l'un d'eux frappait avec la crosse d'une de ses armes sur les barreaux en grognant un « la ferme ! » agacé. Les prisonniers se calmaient quelques secondes, par crainte d'une quelconque décharge électrique ou représailles armée. Et, puisque les geôliers ne faisaient jamais rien de plus, ils recommençaient, vindicatifs.
Nnoitra fit un signe à Nell qui hocha la tête. Il se déplaça lentement pour se rapprocher de la position d'un des hommes armés, et la jeune femme fit de même pour un second.
Les traqueurs actionnèrent un dispositif sur les cages, et devant le regard un peu étonné des deux espadas, elles se surélevèrent à quelques centimètres du sol, afin d'être déplacées plus aisément. La brusque secousse du mouvement fit tomber les hommes et crier l'enfant. Les traqueurs ne s'en soucièrent pas. Neliel inspira profondément, avant que son regard ne croise celui d'un des prisonniers. Elle jura en le voyant ouvrir la bouche pour crier, ce qui l'obligea à agir plus vite que prévu.
Passant par-dessus le rebord, elle se laissa tomber sur le premier ennemi. Ses jambes repliées percutèrent violemment les épaules et le torse de son adversaire à qui elle venait de couper le souffle. Le traqueur partit en arrière sous la puissance et la jeune femme put entendre une exclamation de surprise mêlée de douleur. Sa main vint se poser sur le casque et elle poussa plus fort pour accélérer la chute. Les deux personnes heurtèrent enfin le sol et la tête de l'homme claqua sans douceur sur le sol, le sonnant pour un temps.
Nell se releva rapidement et son regard se posa furtivement sur sa main blessée par l'armure noire. Elle ignora la brûlure, serra et desserra plusieurs fois le poing alors que Nnoitra mettait hors-jeu un deuxième traqueur de la même manière qu'elle. Elle ignora les exclamations des prisonniers pour se concentrer sur le troisième opposant, sur lequel elle se jeta.
Une douleur sourde la stoppa dans son élan et elle empêcha son corps de se recroqueviller. Si elle le faisait elle était foutue, car le canon à son ne lui laisserait aucune chance. Nnoitra, plus proche du tireur, parvint à lui faire lâcher son arme. Nell posa un genou à terre, apparemment plus sensible que son compagnon.
Nnoitra colla son poing dans le visage protégé du traqueur avec un cri de rage. Son adversaire chancela avant de se reprendre et de répondre d'un coup d'épaule et d'un crochet du droit. L'homme sentit le goût de fer caractéristique du sang envahir sa bouche. Alors que son adversaire projetait de nouveau son bras en avant, il tenta de l'esquiver pour avoir accès au ventre et lui couper le souffle. Il fit l'erreur de se baisser. Et il se figea en sentant une main se refermer sur sa nuque et le forcer à se relever suffisamment pour qu'un genou percute son torse.
- Je vais t'enseigner qui est le maître ici, petit enfoir…
Un craquement précéda le relâchement de la prise et l'effondrement du corps du traqueur. Nnoitra releva lentement la tête vers Nell qui lâcha l'arme dont elle s'était servie pour donner un coup plus puissant. L'un comme l'autre avait le souffle court et un léger rire gêné émana bientôt de la jeune femme qui se laissa tomber à genoux au sol.
Son compagnon se redressa, et déglutit, l'adrénaline redescendant progressivement. Il ne remercia pas Neliel. Il préféra pester contre un objet que le traqueur avait perdu dans sa chute, et dans lequel il donna un grand coup de pied. Il s'éloigna un peu, et il remonta son bras pour enlever (ou plutôt, étaler un peu plus) le sang qui coulait de ses lèvres. Lentement, sa respiration revint à la normale, même si la douleur au niveau du torse était toujours présente.
- Hé ! Merci… Vous avez été géniaux.
Nnoitra se tourna vers les captifs, leur adressant un signe de la tête en réponse. Il porta la main à son oreille, touchant son dispositif pour l'activer. Bientôt la voix sans émotion d'Ulquiorra se fit entendre, et un léger sourire étira ses lèvres, presque content. Sa compagne pendant ce temps-là se releva, un peu chancelante, et se rapprocha des cages des captifs, afin de tenter de trouver comment les désactiver et donc les libérer.
- Ulquiorra ? J'ai quelques petites infos pour toi, écoute bien…
Neliel soupira, alors qu'elle parvenait à faire se poser les cages et à les ouvrir. Elle aida la mère et sa fille à sortir et remarqua au cou de l'adulte, ainsi qu'à celui des cinq hommes, un collier particulier. Métallique, il émettait une lumière à intervalles réguliers, rapide. Une petite lumière rouge, cachée par les cheveux longs chez la femme, située sur la nuque.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? souffla Neliel, s'approchant pour observer de plus près.
- Les traqueurs nous les ont mis lorsqu'ils nous ont enfermés, expliqua l'un des hommes, ils nous ont dit que c'était au cas où l'on désirait leur faire faux bon.
Sceptique quant à ses méthodes, inhabituelle, des traqueurs, Nell haussa finalement les épaules. Le plus important était désormais de les ramener en lieu sûr, dans la ville souterraine. Ils trouveraient certainement comment les débarrasser de ces colliers plus tard. Ce fut sans la voix de Szayel, fatiguée, qui leur parvint.
- Nnoitra, Neliel ? J'ai besoin de vous. Sinon j'ai une mauvaise nouvelle, Kyo m'a montré un nouveau prototype de collier, fit-il, hésitant. Il y eut une pause, avant qu'il ne reprenne, Il m'a dit qu'il lui suffirait d'appuyer sur une télécommande pour que le collier explose au bout de cinq minutes. J'ignore l'intérêt d'une telle manœuvre, mais…
Nnoitra, interrompue dans sa discussion avec Ulquiorra, pâlit à l'écoute de ses informations. Son regard se baissa immédiatement, à la recherche de l'objet dans lequel il avait shooté quelques minutes auparavant. Son cœur rata un battement alors qu'il se tournait vers Nell, toujours proche des captifs. Trop proche…
- Neliel ! hurla-t-il
Comprenant aussi vite que lui, la jeune femme eut le réflexe de s'emparer de l'enfant, et de s'éloigner. Pas assez rapidement, et lorsque les six colliers détonèrent, la jeune femme fut soufflée par l'explosion. La déflagration fut suffisante pour annihiler totalement les corps et brûler le dos de Nell. Nnoitra lui-même eut un cri de douleur lorsqu'un débris transperça son œil gauche. L'homme ignora cependant sa souffrance et se précipita sur sa compagne, qui venait de sauver l'enfant envers et contre tout.
- Neliel ! Merde, Neliel ! Me fais pas ce coup là bon sang, réponds-moi, Neliel ! paniqua totalement Nnoitra.
La petite fille se mit à pleurer, mais l'homme ne s'en préoccupa pas, trop aveuglé par l'image de sa compagne devenue rouge.
~~[…]~~
Sosuke traversa les couloirs de Las Noches d'un pas rapide. Ce fut avec un mouvement brusque qu'il ouvrit la porte de l'infirmerie, jusqu'à atteindre la chambre où se trouvait Nnoitra et Neliel. La jeune femme, dans un très sale état bien que hors de danger grâce à Szayel, ne s'était pas encore réveillée. Pourtant, physiquement, elle était pratiquement guérie. Il ne manquait plus que son dos finisse de cicatriser. Nnoitra n'avait pas décollé de son chevet, et n'avait pas décroché un mot non plus. Il se contentait de rester assis, le regard dans le vide, les doigts croisés devant son visage.
Aizen ne mit pas longtemps à comprendre qu'il ne pourrait rien en tirer. Aussi se détourna-t-il avec un regard dédaigneux à l'encontre de l'homme. Il dévia pour rejoindre le scientifique un peu en retrait, et visiblement plongé dans ses suppositions et ses calculs. C'était ce qu'il devinait en le voyant gribouiller sur un calepin, visiblement contrarié.
- Szayel.
- Ah ! sursauta l'autre homme avant de se reprendre, j'ai de mauvaises nouvelles… Il semblerait que les traqueurs ait été mis au courant du fait que nous nous soyons regroupés. D'après ce que j'ai compris, ils ont de plus en plus de soucis avec des groupes organisés qui arrivent à leur échapper, d'où l'utilisation des colliers comme dissuasion.
Le scientifique remonta une main à ses lèvres pour se mordre le pouce, ennuyé. Après un regard pour la jeune femme allongée, il laissa ses bras retomber le long de son corps, claquant ses mains contre ses cuisses.
- Je présume qu'ils ne les posent que sur les personnes qui ne feraient pas de bons esclaves... murmura Aizen, plus pour lui-même qu'autre chose. Szayel hocha la tête, avant de reprendre.
- Mais là, ils doivent le tester. Je vais voir si j'ai un moyen de créer un dispositif afin de brouiller les ondes et éviter les explosions.
- A ta guise Szayel, mais n'oublie pas ta priorité.
- Bien sûr, Aizen-sama.
Le scientifique s'inclina légèrement et repartit dans ses calculs et ses pensées, lorsque Sosuke se détourna à nouveau de lui. Aizen s'arrêta à côté de Nnoitra, et il posa sa main sur l'épaule basse de l'autre homme. Lorsqu'il se retrouva face au visage à moitié caché par les bandes, il fronça un peu les sourcils. Il avait cru comprendre qu'il ne retrouverait jamais usage de son œil gauche.
- La prochaine fois, j'espère que vous aurez assez de jugeote pour rester à distance des traqueurs.
- Neliel voulait seulement les sauver ! Elle… Elle croit en vous. Elle veut vous aider dans vos projets.
- Pour cela j'ai besoin de chacun d'entre vous. En vie. Nous aurons l'occasion d'aider les capturés plus tard. S'il te plait, demande à Neliel d'être plus prudente la prochaine fois. Je ne veux pas vous perdre.
Le ton froid de Sosuke s'était considérablement adouci, plus chaleureux, plus protecteur. Nnoitra hocha lentement la tête, avant de déglutir. Même si Aizen souriait, comme partageant son malheur, il savait parfaitement qu'il n'avait pas apprécié leur initiative. Et lorsque l'homme sortit tranquillement de l'infirmerie, il se mordit la lèvre, sérieusement ennuyé. Parce qu'il avait bien compris le message, c'était à lui de faire la leçon à Neliel. Et il allait passer pour le méchant à ses yeux, encore une fois. Pourtant. Il savait qu'Aizen avait raison…
Lorsque Sosuke referma la porte et s'installa à son bureau, il se laissa emporter par les souvenirs. Le fait que les traqueurs n'aient eu aucun scrupule à tuer leurs prises, ou du moins celles qu'ils estimaient ne pas être rentable comme les personnes trop âgées, lui rappelait ce qui était arrivé à Tôsen, il y avait dix ans de cela.
Ce jour-là, les traqueurs leurs avaient tendu une embuscade, dans le bâtiment que lui, Gin et Tôsen comptaient visiter. Ce qu'ils savaient être une bibliothèque, d'ailleurs. Et alors qu'ils feuilletaient les ouvrages, attentifs, pour ne pas abimer des livres déjà éprouvés par la destruction et le temps, les quatre traqueurs leurs étaient tombés dessus.
Tôsen avait toujours été fasciné par la justice, et il était fortement attaché à la notion de bien et de mal. Pour lui qui avait toujours vécu dans la ville basse, les traqueurs étaient l'incarnation même de ces ténèbres. Aussi n'avait-il eu aucun mal à le mettre de son côté, lorsqu'il avait appris que celle qu'il considérait comme sa meilleure amie avait été enlevée pour devenir esclave et était finalement morte. Il suffisait de diaboliser un peu et d'utiliser la haine de Tôsen suite à ces évènements pour le convaincre qu'il était un bienfaiteur. Il était devenu ce « bien », cette « justice » qu'il désirait tant. Gin s'en amusait d'ailleurs beaucoup à l'époque, mais ne le montrait jamais ouvertement.
Il n'avait pas eu le cœur de lui dire que la justice n'était pas un massacre en règle des personnes qui n'étaient pas issue de la ville basse. De toute façon Tôsen était fermé à ce sujet. Même s'il pouvait comprendre… Mais il n'aurait réussi qu'à le mettre en colère. Et il avait voulu le garder comme un homme de confiance. Kaname lui était entièrement dévoué. Dévoué à sa justice.
C'est cette approche qui l'avait poussé à hurler et à se débattre, beaucoup plus fortement que lui ou Gin avaient pu le faire. Il se souvenait des remarques désobligeantes qui avaient fait rire Gin, et énerver les traqueurs. Il n'avait jamais oublié la douleur d'un genou enfoncé entre les omoplates, pas plus que la morsure des liens sur ses poignets. Il revoyait Tôsen et Gin immobilisés de la même manière que lui, le quatrième traqueur passant avec des cachets et une bouteille d'eau.
Des tranquillisants. Il y a dix ans, l'artillerie mis à leur disposition n'était pas la même. Il avait été le premier. Il s'était retrouvé sur le dos. Les mains gantées avaient forcé la barrière de sa mâchoire pour introduire le médicament dans sa bouche, avec de l'eau. Puis, on avait maintenu son menton afin de l'empêcher de recracher, et forcer sa tête à partir en arrière. Frotter sa gorge pour l'obliger à déglutir et la gravité avait fait glisser le cachet dans son œsophage.
Le problème qui se posa à eux, fut que Tôsen ne se laissa pas faire. Il se débattait comme un diable hors de sa boite. Même à deux contre lui, ils n'étaient pas parvenus à lui faire avaler les calmants. Et non content de ne pas coopérer, il avait réussi à libérer un de ses bras et à frapper un de ses geôliers avant de déguerpir. Il n'avait pas eu le temps d'atteindre la porte, qu'un des traqueurs avaient sorti un pistolet et tiré.
Gin et lui l'avaient vu s'effondrer lourdement à terre, soudainement silencieux. Son dos s'était teinté petit à petit de rouge. Et la dernière chose qu'il avait vu avant que les sédatifs ne fassent leur effet, fut les quatre agresseurs se précipiter vers le corps sans vie. Et quand il s'était réveillé… il était déjà chez son premier « maître »…
Aizen se força à sortir de ses pensées. Il secoua la tête avant de se rapprocher de son bureau. Là, il ouvrit un tiroir, et dévoila le collier qu'il avait porté pendant neuf ans. Il s'en empara et observa un instant le cuir noir réfléchir faiblement la lumière de la pièce. Un léger picotement lui rappela que l'objet comportait néanmoins une bonne part de technologie, mais il ne le lâcha pas pour autant. A la place, il se déplaça pour faire face à l'unique fenêtre de la pièce. Son regard glissa sur la cité souterraine devant lui, et sur les quelques personnes qui déambulaient encore dans les rues étroites des différents quartiers
Inconsciemment sa main releva le collier qui vint frotter contre ses lèvres et, pensif, Sosuke se demanda ce que pouvait bien faire Ichigo là-haut. S'il… s'intéressait un peu aux quelques nouvelles qu'il était susceptible d'obtenir, le concernant. Il ne digérait pas totalement la manière dont il lui avait si brusquement tourné le dos, alors qu'il avait passé plus d'un an à chercher perpétuellement son contact et son attention. Il doutait d'avoir été oublié du jour au lendemain. Ce n'était pas possible.
Un grognement agacé s'échappa de ses lèvres. Aizen préféra se détourner sur une autre préoccupation. Aujourd'hui Nnoitra et Neliel avaient involontairement tué huit personnes dont trois traqueurs. Outre la méfiance qu'ils auraient désormais de la part de leur tortionnaire, et qui n'était peut-être pas une si mauvaise chose. Les traqueurs reviendraient toujours plus nombreux. Peu de gens avaient des remords à faire enfermer leurs semblables, et Kyo avait lui-même sous-entendu que les « petits-nouveaux » ayant quelques remords, avait le droit à une sorte d'entrainement pour s'y habituer et y devenir insensible. Ou quelque chose qui s'en rapprochait fortement.
Ils pourraient sans doute espérer se débarrasser définitivement de la menace que représentait cette catégorie armée. Il suffisait « simplement » de fermer les accès entre la ville haute et basse. De façon durable. Le temps que la plateforme supérieure réagisse était suffisamment important pour leur permettre d'assurer leurs arrières. Il faudrait qu'il en parle à Szayel. Du peu qu'il avait pu constater lorsqu'il était descendu, les ascenseurs marchaient grâce à des panneaux informatiques situés aux deux extrémités. Il y avait moyen de les mettre hors service.
Et alors, il leur suffirait d'éliminer les traqueurs piégés dans la ville basse plus ou moins de la même manière que les trois d'aujourd'hui. Il veillerait néanmoins à ne pas mettre ses hommes en danger et d'avoir le moins de pertes possibles de son côté. La population apprécierait de pouvoir remonter dans les ruines sans craindre d'être emprisonnée, mais elle lui reprocherait tous les individus qu'elle sacrifierait au profit du groupe.
Cette tendance à toujours tout vouloir sans les inconvénients…
Déjà, pour les six personnes mortes, il tairait leur sort jusqu'à ce qu'un membre hypothétique de la famille ne se manifeste. Et il trouverait certainement quelque chose afin d'endormir les méfiances et la peine. Il fallait juste que ça ne soit pas trop souvent. Les gens y verraient quelque chose d'étrange au fur et à mesure et il perdrait leur confiance. Il fallait absolument qu'il évite ça pour le moment. Il devait garder le contrôle.
Aizen s'arrêta en réalisant que la légère sensation de frottement sur ses lèvres venait du collier. Pas spécialement heureux de cette constatation, il balança l'objet sur la surface de son bureau. Il ignora le bruit sourd de l'ornement contre le bois, et posa son avant-bras sur la vitre avant d'y poser son front. Son poing progressivement se serra, comme se refermant sur la ville cachée de Tokyo. Il possédait cette ville et il ne pouvait se permettre de laisser ses pensées le gêner d'une quelconque façon.
Il avait pour projet de rappeler l'existence de la ville basse aux habitants du haut. Un vœu partagé par la nation d'en bras, en colère et jalouse de savoir tous ce qui lui était inaccessible. Pour ces êtres faibles qui constituaient la majorité de ce monde, il renverserait la ville supérieure. Et il dirigerait cet univers, crée par ses bons soins.
Un éclair traversa son regard et il tourna la tête vers le collier noir. Un sourire mauvais se dessina sur son visage. Ichigo serait probablement très mignon avec ça… A dévorer même.
~~[...]~~
Au volant de sa voiture, Kurosaki frissonna d'un seul coup sans comprendre pourquoi. Une désagréable sensation s'empara de lui, alliée à un sentiment de tristesse. S'il n'était pas le conducteur, il aurait peut être replié les jambes et serrer ses bras autour de son torse, en un signe évident de protection. Il n'avait pas ressenti un tel mal être depuis… depuis qu'il s'était séparé de Sosuke, il y a un an et demi maintenant. Il pensait pourtant en avoir fait son deuil.
- Ichigo, est ce que ça va ?
Le jeune homme tourna la tête une fraction de seconde, offrant un pauvre sourire à l'invitée présente à ses côtés. L'air inquiet s'accentua plutôt que de disparaitre, et une main vint se poser sur son épaule. La sienne se plaça dessus après avoir lâché le volant et il se força à se détendre pour reprendre une attitude à peu près normale.
- Oui, ne t'en fais pas. Et toi, comment tu te sens ?
- Un peu nerveuse… avoua la jeune femme, déjà que j'ai eu beaucoup de mal à venir vers toi, je… Je préfère ne pas imaginer comment je vais être avec ton père.
- Ça ira ne t'en fais pas, et puis je serai là.
- Merci. Merci Ichigo.
La jeune femme eut un sourire à son tour, avant de remuer un peu sur le siège passager. Sa main vint se poser sur la cuisse de Kurosaki, alors qu'elle se penchait pour pouvoir déposer un baiser léger sur la joue d'Ichigo qui ne réagit pas. Elle se retira aussitôt après, plaçant ses mains entre ses cuisses, gênée.
- Oh, et ton esclave ? Je…
- Ne t'inquiète pas, tu ne le verras pas. La coupa rapidement Ichigo, peu désireux de s'attarder plus longtemps sur le sujet.
- Vraiment ? Pourtant j'aurais aimé m'excuser auprès de lui.
- Le connaissant, ce n'est pas une bonne idée.
Devant l'air un peu étonné qui lui répondit, Ichigo éclata de rire. Cela eut au moins le mérite de détendre un peu l'atmosphère, lourde, entre eux deux. Probablement par gêne, la passagère finit par l'accompagner, et son rire raisonna à son tour dans la voiture. Ils finirent par se calmer tout seul, les joues rougies et le regard pétillant. Ichigo se concentra de nouveau sur sa conduite, et la jeune femme soupira.
- Qu'est-ce que je vais dire à ton père… ?
- La même chose qu'à moi. Pourquoi as-tu si peur? sourit Kurosaki, amusé par l'anxiété visible de sa passagère. Il ne mord pas tu sais…
- Que tu crois ! s'écria celle-ci, presque indignée, on m'a toujours dit de m'en méfier parce qu'il cachait bien son jeu. En plus nous sommes en retard ! Ton père va être furieux. C'est le genre de chose qui ne se fait pas !
Ichigo leva les yeux au ciel. Il s'attira automatiquement les foudres de son amie qui tapa sur son épaule, sans lui faire le moindre mal. Lui comme elle le savait très bien. Elle croisa alors les bras, se mettant à bouder purement et simplement et il la laissa faire. Lui préféra laisser son regard errer sur le paysage qui défilait et, au loin, il reconnu le manoir Kurosaki.
- Soit heureuse, nous sommes arrivés.
- Quoi, déjà ? couina la jeune femme.
Le jeune homme ricana. Il tourna pour que la voiture se retrouve devant les grilles d'entrée de la propriété. Il détacha sa ceinture et ouvrit le carreau de sa portière afin d'atteindre ce qui lui permettrait de les ouvrir. Il lui suffisait désormais d'attendre un tout petit peu. Il était presque impatient de retrouver sa famille. Non, erreur. Il était impatient tout court.
- Ichigo… ? commença sa passagère, d'une voix blanche.
- Mh ?
- Est-ce que c'est normal, ça ?
L'homme haussa un sourcil, et tourna la tête pour voir ce que pointait la passagère du doigt. Il plissa les yeux. A travers les fenêtres il pouvait apercevoir quelque chose onduler. Et alors qu'il s'apprêtait à foncer vers le manoir après avoir réalisé que ce qu'il voyait, c'est-à-dire des flammes, il fut arrêté par une main posée sur la sienne.
- Non ! souffla-t-elle simplement, suppliante.
Le jeune homme tourna vers elle un visage livide et meurtrier de s'être ainsi fait stopper dans son élan. La passagère n'eut pas le temps d'expliquer sa réponse : une lourde explosion attira leur attention. La porte du manoir avait volé et la bâtisse entière était désormais la proie des flammes. Le cœur des deux jeunes gens rata un battement.
- … Non ! hurla Ichigo
Et sans plus réfléchir, son pied écrasa l'accélérateur. La voiture fit un bond en avant dans un crissement de pneu.
Je pense que vous aurez compris vers qui se dirigera le prochain chapitre ;p!
Merci de m'avoir lu ;p!
Rendez-vous au prochain chapitre!
