Master and Slave
Couple principal: Ichigo Kurosaki x Sosuke Aizen
Disclamer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Bêta-lectrices: Merci à Leikkona et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Résumé:
Livre II:
La ville haute prospère au rythme des évènements. Son homologue cachée attends son heure, patiente. Et lorsque les bonnes personnes viennent bouleverser l'échiquier mis en place, les choses ne font que se précipiter.
J'ai constaté que beaucoup de fautes m'avait échappées dans ma précipitation à poster le précédent chapitre. Je suis repassée derrière pour les corriger. Je m'en excuse platement.
Réponse à la review anonyme:
Sunny: Oui en effet, c'est la deuxième fois que le manoir se fait cramer! (et promis, je ne l'ai pas fait exprès!) et toutes les "explications" arrivent ici ;p
Une idée quant à la passagère ^^? Je peux savoir laquelle si c'est pas indiscret? *curieuse*
MERCI POUR VOS REVIEWS!
- Non ! souffla-t-elle simplement, suppliante.
Le jeune homme tourna vers elle un visage livide et meurtrier de s'être ainsi fait stopper dans son élan. La passagère n'eut pas le temps d'expliquer sa réponse : une lourde explosion attira leur attention. La porte du manoir avait volé et la bâtisse entière était désormais la proie des flammes. Le cœur des deux jeunes gens rata un battement.
- … Non ! hurla Ichigo
Et sans plus réfléchir, son pied écrasa l'accélérateur. La voiture fit un bond en avant dans un crissement de pneu.
Livre II – Faces cachées
Chapitre 4
Quelques mois auparavant, à l'appartement d'Ichigo :
Il vivait désormais seul et devait bien avouer que ça avait été une sensation plutôt étrange dans un premier temps. Il avait l'impression de vivre dans un endroit grand, trop grand pour un seul occupant. Pourtant il avait décidé de continuer à y vivre, même pendant les vacances, plutôt que de retourner au manoir familial.
Lorsque le jeune homme se leva ce jour-là, ce fut un peu morose. Il jeta un coup d'œil à son horloge, et soupira en voyant qu'il était à peine cinq heures du matin. Sachant très bien qu'il ne se rendormirait pas, il se redressa sur son lit, se mit à genoux pour ouvrir les fenêtres et laisser la fraicheur entrer dans la pièce. La couverture installée sur ses épaules, il croisa les bras sur le rebord et se perdit dans ses pensées.
Aujourd'hui, il avait vingt ans. Cela faisait un an, jour pour jour, que Sosuke était parti, que… qu'il l'avait laissé, aux portes de la ville basse. Il se souvenait en avoir eu gros sur le cœur pendant le reste de la journée, malgré les efforts déployés par sa famille pour le faire penser à autre chose. Mais il était difficile de laisser une personne partir, alors qu'on venait de se rendre compte de ce qu'on pouvait ressentir pour elle. Surtout alors qu'il aurait pu faire le choix, beaucoup plus simple, de le contraindre de rester à ses côtés.
Un choix auquel il n'avait pu se résoudre, bien évidemment. Forcer la main n'était pas dans ses habitudes.
Alors… Oui bien sûr, il avait espéré, prié, pour que Sosuke se décide un jour à faire demi-tour et à revenir vers lui. Il avait cru qu'en dépit des phrases assassines et l'attitude froide de son esclave à son encontre, celui-ci pouvait l'aimer, même un petit peu. Mais au bout d'un an sans avoir de nouvelle, il avait fini par se résigner. Sosuke ne reviendrait probablement jamais à ses côtés, mais il n'arrivait pas à en faire le deuil. Il n'arrivait pas, même encore maintenant, à le sortir complètement de sa vie.
Et il désespérait alors que, presque tous les matins, il se réveillait en sueur, les sens éveillés et le bas ventre douloureusement brûlant. Il gardait la trace toute la matinée de la sensation de mèches soyeuses dans lesquelles il enfouissait ses doigts. Il frissonnait, lorsqu'il se souvenait de quelle façon il explorait le corps offert d'Aizen, de la manière dont ses gémissements raisonnaient délicieusement à ses oreilles.
Puis… Il l'écoutait haleter de leurs précédents jeux avant de poser ses mains sur ses hanches et de le pénétrer. La plupart du temps, Sosuke ne portait pas son collier. Il avait simplement la tenue qu'il lui avait toujours connu et qui finissait par disparaitre miraculeusement. Des fois il réalisait que, non content d'avoir la bande en cuir autour du cou, son esclave était attaché par la chaîne qu'il portait toujours. Parfois simplement attachée l'anneau en fer, d'autre entravant les mains et les poignets. Cela ne le freinait pourtant pas. Il en profitait même. Il s'en voulait d'autant plus d'arriver à ce genre de fantasmes.
Ichigo grogna, alors que son sexe se rappelait gentiment à lui. Le simple fait d'y faire allusion suffisait désormais à allumer un brasier dans son être. Il serra les dents alors qu'une de ses mains se déplaçait et posa son front sur le bras resté devant lui. Bientôt, il se retrouva gêné face au plaisir coupable qui ne tarda pas à l'envahir.
Presque immédiatement, l'image d'Aizen lui vint à l'esprit. Coincé entre lui et le mur, les jambes passées de chaque côté de sa taille et la tête rejetée en arrière alors qu'il cherchait son souffle. Ichigo empêcha de justesse un râle de franchir la barrière de ses lèvres, alors qu'il s'imaginait posséder une nouvelle fois cette chimère.
La respiration du jeune homme se fit plus rapide, plus saccadée. Il en vint bientôt à refermer sa bouche sur son bras libre pour s'obliger au silence face à la puissance de son imagination et la réaction physique et inévitable.
- … Bon sang ! siffla-t-il entre ces dents, après avoir lâché son bras.
Ichigo ferma un instant les yeux, attendant que sa respiration revienne à la normale. En ouvrant à demi les paupières, il posa le regard sur son sperme qui maculait sa main, et son pyjama. Il y a quelques mois en arrière, lorsqu'il avait commencé à avoir ce genre de rêves osés de plus en plus fréquemment, il en avait rougi. Fortement rougi. Il se souvenait de la gêne intense, de l'impression de souiller Aizen par ces fantasmes dignes de ce qu'il avait pu subir avec ses premiers maîtres. Du moins c'est ainsi qu'il l'avait interprété.
Aujourd'hui… cela ne lui faisait plus rien du tout. Il ne pouvait pas dire que c'était normal. Si Sosuke avait encore été à ses côtés, il n'aurait probablement pas osé faire un dixième de ce qu'il rêvait. Mais il ne ressentait plus aucune honte à ce désir presque permanant qui le hantait. Il déplorait simplement de ne pas parvenir à passer à autre chose, malgré ses essais.
Quelque peu amer, il se releva et rejoignit la salle de bain. Son pyjama parti directement au sale et il en profita pour aller prendre sa douche. L'eau chaude lui permit de se détendre un tout petit peu et il ferma les yeux en laissant le liquide couler librement le long de son corps. Lavé, il enfila un tee-shirt ainsi qu'un jean et prit son petit déjeuner. Puis il quitta l'appartement.
C'était une habitude qu'il avait pris d'aller régulièrement se balader, sans but précis, simplement pour se vider la tête. Les mains dans les poches il descendit les escaliers et franchit le hall. Il salua au passage le concierge d'un signe de la main et rejoignit la porte d'entrée. Il s'arrêta lorsqu'il aperçut, au niveau des interphones une jeune femme qui hésitait manifestement à appuyer sur le bouton devant son nom.
- Je peux vous aider ?
La demoiselle sursauta et tourna la tête vers lui. Ichigo écarquilla les yeux en la reconnaissant. Une des invités lorsqu'il avait passé sa semaine chez Uryû, et qui lui avait mené une vie pas possible. Un silence gêné s'installa entre eux deux et la jeune femme se passa une main dans son opulente chevelure brune, faisant tinter les boucles d'oreille. Elle était visiblement très mal à l'aise. Le jeune homme fronça les sourcils, devenu méfiant.
- Miwa ? Qu'est ce que tu fais là ? fit Kurosaki, clairement sur la défensive.
- Bonjour Ichigo… Peut-on discuter un peu ? Je te promets que je ne prendrai pas beaucoup de ton temps.
L'étudiant haussa un sourcil. La jeune femme semblait quelque peu nerveuse, bien loin du comportement qu'elle avait lorsqu'il avait passé cette semaine au manoir Ishida. Il eut un moment d'hésitation, avant de lui faire signe de le suivre. Ce n'était pas son style d'être aussi méprisant avec les autres.
- Je vais me promener, tu n'as qu'à me suivre.
- Merci, souffla Miwa, qui lui emboita le pas.
Le jeune homme enfouit de nouveau ses mains dans ses poches et commença à remonter la rue, la demoiselle à ses côtés. Le silence les accompagna au début et Ichigo ne chercha pas à le chasser. Il regardait droit devant lui, sans se soucier que Miwa le suive ou non. Celle-ci tritura ses doigts un moment avant d'inspirer et de se lancer.
- Uryû ne sais pas que je suis ici… Je… Il faut que vous cessiez vos querelles ! Je suis sûre que ce n'est qu'un malentendu !
- Ce n'est pas à moi que tu dois dire ça.
- Mais vous êtes tous les deux tellement borné. Il suffirait que l'un de vous fasse le premier pas !
Ichigo ne daigna pas répondre, et la jeune femme soupira. Le silence retomba entre eux deux, alors qu'ils s'engageaient dans un petit parc proche. Néanmoins Miwa ne semblait pas décidée à abandonner, elle baissa juste un peu la voix. Le parc était plus fréquenté et elle ne tenait pas à ce que leur discussion soit entendue.
- L'atmosphère chez les Ishida est tellement pesante… Tu n'as pas idée des répercussions que tout cela a.
- Je ne vois pas pourquoi c'est à moi que tu racontes ça. C'est à mon père que tu devrais faire ton beau discours.
- Ne soit pas idiot… murmura la demoiselle, tu es le seul vers qui je peux me tourner. Tu es le seul qui prend un peu de temps pour m'écouter.
Ichigo s'arrêta près de la fontaine centrale du parc. Miwa fit quelques pas supplémentaires avant de l'imiter et de se tourner vers lui. Lentement, elle s'assit sur le rebord en pierre, dos à l'eau, et plaça ses mains sur ses cuisses. Ses pieds ne touchant plus le sol, elle battit doucement des jambes et attendit qu'Ichigo soit suffisamment près d'elle pour reprendre.
- T'es pourtant la fiancée d'Uryû non ? Il est le premier vers qui tu aurais due te tourner.
- Oui enfin… en théorie. Cela fait des mois qu'il refuse de me voir. Il me dit être trop occupé par les affaires familiales pour pouvoir m'écouter.
- Quoi ? Mais il n'est pas plus chef que moi.
La jeune femme eut un pauvre sourire et Ichigo compris qu'il venait de dire une bêtise. Il imaginait mal le Quincy à la tête d'une organisation, et il ne put s'empêcher de faire une légère grimace à l'idée. Il n'avait plus vraiment de mal à comprendre d'où venait cette « invasion » de la part des Ishida sur le domaine médical de sa famille.
- Ryûken est mort dans un accident de la route, lui confirma bientôt Miwa, Je me souviens que c'était un homme froid et effrayant. Il n'a jamais été proche d'Uryû, on a même du mal à imaginer qu'il puisse être son père. Mais il prenait soin de lui, de loin.
- Je crois que je peux deviner en partie. Et donc, c'est lui qui gère tout maintenant. Je me disais bien que je ne le voyais plus à la fac…
La demoiselle pencha légèrement la tête. Ichigo semblait quelque peu indifférent à tout ça pour le moment. Il était vrai que lui et Ishida fréquentait la même université mais, depuis leur dispute, ils ne se voyaient qu'en de très rares occasions. En réalité, le jeune homme voulait simplement ne pas trop penser à cette époque-là. Parce que, ironiquement, ça le ramenait toujours à une autre personne qui avait disparue de sa vie. Encore une fois.
Être morne sur cette année passée était aussi un moyen implicite de faire comprendre qu'il ne voulait pas en parler. Et donc passer à autre chose. Il était certain qu'il ne pourrait rayer totalement ces trois cent soixante-cinq jours de sa mémoire. Il pouvait simplement en limiter l'impact sur le moment présent.
- Il n'est pas tout seul. Il a un conseil pour l'épauler dans ses décisions tu sais. Qui essaye aussi de l'influencer, plus ou moins.
- Le seul qui pourrait l'aider, en dehors de toi c'est son esclave et tu le sais. Je ne peux rien faire.
- Chad ? Il est encore moins écouté que moi… Il a préféré se murer dans le silence.
Miwa soupira et Ichigo se sentit mal devant sa détresse apparente. Il vint s'assoir à côté d'elle et passa doucement un bras autour des épaules de la demoiselle dont le visage restait baissé. La jeune femme ne broncha pas, secoua la tête avant de redresser un peu le haut de son corps.
- Je veux juste que cette situation cesse. Des tas de gens vont subir le contrecoup de ce conflit, autant de ton côté que du mien, commença-t-elle d'une voix mal assurée, avant de tourner le visage vers lui, l'air en colère. Et je ne dis pas ça seulement parce que ma famille est mise dans le lot.
- Miwa…
- Et puisque personne n'a l'air décidé à se bouger, il a bien fallu que je me résigne à faire tout le travail.
Le jeune homme eut un léger sourire devant cette réaction. Il retrouvait un peu la Miwa qu'il avait rencontré au manoir. Sa main se serra un peu plus sur l'épaule de la demoiselle et il inspira, peu certain de choisir la bonne voie pour le coup. Mais il ne pouvait rester indifférent à ce sentiment qui animait la jeune femme contre lui et aussi à ce qu'elle lui avait dit.
- Je veux bien en parler avec mon père. Cependant, je ne te promets rien, souffla t-il finalement.
Miwa se tourna vers lui, l'air franchement surprise. Son regard s'illumina et elle se jeta contre lui. Ses bras se refermèrent sur le cou et Ichigo par réflexe, passa les siens autour de la taille. Une litanie de « merci » parvint à ses oreilles, entrecoupée de sanglots. Il attendit quelques minutes que la jeune femme se calme d'elle-même et s'éloigne. Elle sécha ses larmes et murmura un « désolé » gênée.
- Merci. Avec un peu de chance, tout ça s'arrêtera et on reviendra comme avant. Ou presque.
- Rien n'est fait.
- Je sais ! Mais je veux y croire.
Miwa se redressa et se pencha un peu pour le remercier de l'avoir écouter et de lui souhaiter une bonne journée. Avant que l'étudiant n'ait pu répliquer quoi que ce soit, elle avait disparue en courant et il se retrouva seul, une fois de plus. Ichigo soupira, se releva à son tour et reprit sa marche, pensif.
~~[…]~~
Quelques mois s'étaient écoulés, les fêtes de noël venaient de se terminer et Ichigo avait des contacts de plus en plus réguliers avec Miwa. Il avait effectivement abordé le sujet avec Isshin qui lui avait fait comprendre qu'il était sceptique. Il se méfiait de la jeune femme, et avait expliqué à son fils qu'il n'excluait pas la possibilité qu'elle soit envoyée avec des buts beaucoup moins noble et qu'elle jouait donc la comédie. Du coup la situation en était un peu au point mort pour celle-ci qui naviguait entre son fiancé et le jeune homme.
Il s'était contenté de lui annoncer que pour le moment son père ne voulait pas discuter. Il l'avait vu accuser le coup mais finir par hocher la tête. Elle comprenait quelque part les réticences de sa famille à son égard. Elle s'était contentée de le remercier une nouvelle fois pour avoir transmis son message et elle était repartie.
Ils n'avaient pourtant pas cessé de se fréquenter pour autant. Miwa était la personne qu'il voyait le plus en dehors de son établissement. Vu qu'Orihime était désormais accaparée par Grimmjow, il avait laissé le petit couple, maintenant officiel, tranquille. S'il appréciait le temps passé à ses côtés (la jeune femme lui avait révélé un aspect beaucoup plus agréable de sa personnalité), il gardait néanmoins une certaine distance. Au cas où.
La demoiselle, parfois, lui parlait de Sosuke. Elle s'étonnait de ne jamais le voir dans son sillage, là où Chad était omniprésent aux côtés d'Uryû. Elle lui avait dit plusieurs fois vouloir s'excuser auprès de lui pour son comportement, ayant eu un aperçu de ce qu'il avait pu subir, lors de ses rares altercations avec les Ishida.
Jusqu'à aujourd'hui où la jeune femme arriva quelque peu en retard. Elle s'excusa d'une voix faible, la tête baissée. Et lorsqu'Ichigo passa sa main sous le menton pour relever son visage, il vit immédiatement la trace rouge sur sa joue. Le regard vert de son amie était terne et Ichigo serra les dents en relâchant sa prise.
- Uryû t'as…
- Non, ce n'est pas lui.
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- J'ai simplement été un peu trop insistante… Ichigo s'il te plait, n'en parlons plus.
Kurosaki fronça les sourcils, ennuyé, mais ne put qu'hocher la tête. Il lui tendit le bras et Miwa le serra presque timidement, se laissant entrainer à travers les rues de la ville. Quelques minutes plus tard, elle riait aux éclats. Le soir même, ennuyé, Ichigo téléphonait à son père pour lui demander d'accorder sa chance à la jeune femme. Isshin exigea seulement un petit délai, afin de mener sa propre enquête. Ichigo n'insista pas, conscient qu'il abusait ici de son statut d'héritier de la famille.
Ce n'est qu'une semaine plus tard, en cette fin de janvier, que son père l'avait rappelé pour lui donner une date. Il l'avait au passage félicité d'avoir réussi à attirer la jeune femme dans ses filets, et lui avait demandé quand, au juste, lui et Masaki deviendraient grands-parents. Miwa, à côté de lui à ce moment-là le vit serrer les poings et devenir rouge. Sans comprendre elle l'entendit se mettre à insulter son père avant que le rire tonitruant d'Isshin ne résonne, coupé par son fils.
- Miwa, tu devrais commencer à te préparer, lui avait-il soufflé après s'être calmé.
- A quel sujet ?
- Dans deux jours, tu rencontreras mon père.
Il y avait eu un silence. Puis les épaules de Miwa s'étaient relâchées et un air soulagé s'était peint sur les traits de la jeune femme. Elle souffla un « merci » et un grand sourire éclaira son visage. Ichigo l'observa un moment baigner dans son euphorie, avant qu'elle ne palisse brusquement et se tourne vers lui, horrifiée.
- Mais… Mais qu'est-ce que je vais lui dire ?
~~[…]~~
C'est avec un plaisir non dissimulé qu'Ichigo tourna la clé. Le moteur lui répondit immédiatement et il s'amusa un instant à le faire vrombir. Il avait passé son permis juste avant la rentrée scolaire, quelques mois après s'être séparé de Sosuke. Acheter sa voiture avait été une formalité, mais il ne s'en servait que rarement. Il avait toujours préféré les balades à pieds. Mais aujourd'hui, c'était un cas un peu particulier.
Miwa pris place à ses côtés et attacha sa ceinture avec un petit soupir. Ichigo l'imita avant de passer la première et de sortir du garage pour rejoindre la circulation. Beaucoup de voitures étaient entièrement automatiques. Lui préférait les manuelles. La sensation n'en était que plus grisante encore, du moins selon lui.
Un bon quart d'heure plus tard, un lourd frisson remontait son échine et bien malgré lui il se crispa. Sans qu'il ne comprenne trop pourquoi l'image de Sosuke lui vient à l'esprit et une sensation étrange s'empara de son être. Sans trop de surprise, cela attira immédiatement l'attention de Miwa qui pencha la tête sur le côté, inquiète.
- Ichigo, est ce que ça va ?
~~[…]~~
Les yeux dans le vide, Ichigo regarda l'ambulance partir à toute vitesses, les sirènes hurlantes, avec Yuzu et Karin à l'intérieur. Derrière lui, les pompiers étaient en train de combattre l'incendie qui ravageait le manoir, mais la bâtisse, à l'heure actuelle, lui importait peu. Un des pompiers s'approcha de lui et posa avec précaution sa main sur le haut du dos.
- Monsieur ? Vous devriez les suivre. Vous devez être soigné, vous aussi, essaya-t-il d'une voix douce puisque ne sachant pas comment le jeune homme allait réagir.
Ichigo ne répondit pas, ne bougea pas plus. Il n'avait pas réfléchi lorsque la déflagration avait soufflé la maison. Il s'était précipité pour tirer sa famille de là. Ses deux petites sœurs avait été trouvées les premières et tirées de là. Miwa, pendant ce temps avait appelé les secours avant de le rejoindre pour l'aider à placer les deux fillettes à l'arrière de la voiture. Elle l'avait aussi accompagné pour rechercher ses parents.
Lui comme elle en avait récoltés des blessures et des brûlures un peu partout. Ichigo s'était retrouvé torse-nu, ayant enlevé son tee-shirt qui brûlait. Il avait vu comme au ralentit les secours arriver en fanfare et prendre le relais, avant que la jeune femme ne l'attire sur le côté pour les laisser travailler en paix.
- Monsieur ?
- Je m'en occupe, intervient Miwa, après avoir adressé un signe de la tête à l'homme.
Le pompier s'éclipsa, perplexe, et les mains de la demoiselle se posèrent sur ses épaules. Alors, seulement, il tourna la tête vers elle, et son air complètement perdu provoqua un frisson chez la jeune femme. Elle déglutit, et se força à arborer un léger sourire, se voulant rassurante, protectrice. Ses mains glissèrent des épaules sur le bras sur lequel elles se resserrèrent et tirèrent.
- Viens Ichigo, nous allons les suivre.
- Je…
- Il faut que tu y ailles. Je reste à tes côtés, ne t'en fais pas.
Le jeune homme déglutit, avant de hocher lentement la tête. Comme un fantôme il se laissa tirer vers sa voiture, restée en retrait. Miwa l'installa du côté passager, avant de prendre le volant. Le voyage jusqu'à l'hôpital se fit dans le silence. Un silence pesant. Alors qu'elle se concentrait sur la route, la jeune femme sursauta en entendant la voix d'Ichigo, trop basse.
- Tu pourrais me prêter ton téléphone, s'il te plait ?
- O… Oui. Fouille dans la poche avant de mon sac.
Elle entendit Ichigo renifler alors qu'il mettait la main sur l'objet recherchait. Le jeune homme eut besoin de quelques minutes pour s'habituer à cet appareil qui n'était pas le sien (son portable était sur le meuble dans l'entrée de son appartement), mais il finit par mettre le téléphone contre son oreille. Les deux sonneries lui permirent de se reprendre un peu, avant qu'une voix féminine ne décroche, apparemment méfiante.
- Tante Aleyna, souffla-t-il, et il entendit un gros silence à l'autre bout du fil.
- Ichigo chéri ! fit celle ci, en le reconnaissant. Si ta voix n'avait pas été aussi peu assurée j'aurais été ravie de t'entendre me donner de tes nouvelles. Qu'est ce qui se passe ?
- Je… L'hôpital de Tokyo…
- J'arrive, le coupa-t-elle d'une voix froide, avant de raccrocher.
Reposant l'appareil, Kurosaki se mura de nouveau dans le silence. La jeune femme arriva finalement au centre médical. Rapidement, elle sortit du véhicule, suivie d'Ichigo, et ils rejoignirent l'accueil puis la salle d'attente. Il ne pouvait plus faire que ça désormais, attendre. Sur place, ils purent également se faire soigner le torse de l'étudiant devint blanc, recouvert par un nombre impressionnant de bandages.
Une, deux, trois heures… sans que les médecins ne puissent se prononcer sur l'état de la famille Kurosaki. C'est à ce moment qu'arriva Aleyna, suivie de son fils, tout deux habillés avec les couleurs du Clan. La femme se précipita sur son neveu en le voyant, le prenant contre elle pour le rassurer et l'encourager. Shiro resta en retrait, tout comme Miwa, étrangère.
Quelques heures plus tard, un des membres du personnel vint les voir. Son air ennuyé informa les quatre personnes que les nouvelles n'allaient pas être bonnes. Si Masaki et Isshin n'avait pas survécu, probablement tués sur le coup par le souffle de l'explosion, les deux fillettes n'y avaient pas non plus réchappées, malgré les tentatives pour les sauver. Le monoxyde de carbone les avaient étouffés et les brûlures avait finalement eut raison d'elles.
Un silence accueillit cette nouvelle. Aleyna regarda Ichigo dont les yeux fixaient le vide, et elle le secoua légèrement.
- Va les voir, fit-elle, devant son air interrogateur.
Ichigo obéit, comme un automate.
~~[…]~~
C'est avec précaution qu'Ichigo poussa la porte de la chambre où reposait sa famille. Silencieusement, il se déplaça pour rejoindre deux des quatre lits de la pièce et il s'installa entre, ce qui lui permit de refermer ses mains sur celles, désormais glacées, de ses sœurs. Il les serra avec force et ferma les yeux. Alors seulement, les larmes se mirent à couler librement sur ses joues alors qu'il demandait pardon à ses sœurs. Pour ne pas avoir été là. Pour ne pas être parvenu à les protéger.
Quelques minutes passèrent, avant que la porte ne s'ouvre de nouveau. Il ne sentit la présence de Miwa que lorsqu'elle le rejoignit. Il rouvrit lentement les yeux pour la voir postée au pied des lits.
- Ichigo, je suis désolée.
- Désolé ? De quoi ?
- Je crois… Je crois que c'est de ma faute. Tout ça c'est de ma faute.
La jeune femme porta ses mains à son visage et elle se mit à pleurer, elle aussi. D'abord interdit, le jeune homme lâcha lentement ses sœurs pour se redresser. Quelques pas seulement le séparaient de la demoiselle inconsolable et il dût faire un effort pour ne pas se mettre à hurler lorsqu'il s'adressa de nouveau à elle.
- Comment ça, de ta faute ?
La jeune femme releva la tête et se mit à lui raconter. Que la famille d'Ishida avait vu d'un très mauvais œil qu'elle se mêle à leurs affaires, ce qui lui avait valu bon nombres de remarques méprisantes et de gestes violents. Que les Quincy avaient finis par réaliser, il y a une semaine environ, qu'elle passait beaucoup de temps avec lui à discuter. Qu'Uryû lui avait tout d'abord demandé d'arrêter et avait menacé de rompre leurs fiançailles et de s'attaquer à ses propres parents. Qu'elle avait refusé et tenter une dernière fois de lui faire entendre raison.
Elle lui apprit aussi qu'Ishida avait bel et bien rompu leur « lien » et l'avait en quelque sorte renié, et lui avait dit qu'il valait mieux qu'elle se fasse discrète. Selon lui, le conseil aurait demandé à ce qu'elle disparaisse elle aussi, car devenue trop gênante, et qu'il valait mieux pour elle qu'elle cesse son petit jeu. Et qu'elle avait refusé une seconde fois, même si elle avait brisés tous les ponts qui la reliaient encore à la famille de l'Est. Parce qu'elle voulait croire en sa chance avec les Kurosaki. Parce qu'elle pensait que, comme Ishida était contre l'idée d'une telle attaque, elle était tranquille.
- Ils… ont dû apprendre que je viendrai chez toi et… Ils se sont probablement dit qu'ils feraient d'une pierre deux coups.
Miwa tomba à genoux et se remit à pleurer de plus belle. Ichigo ne tarda pas à suivre le mouvement et, sans trop s'en rendre compte, il referma ses bras autour des épaules de la jeune femme en une étreinte protectrice, rassurante.
- Tu comprendras… Que si c'est le cas, ce que tu désirais est impossible.
- Je n'aurais imaginé qu'ils iraient jusque-là, je te jure !
- Que comptes-tu faire maintenant ?
Miwa resta silencieuse, n'en ayant en réalité aucune idée. Ils furent interrompus par l'arrivée d'Aleyna et de Shiro. Ichigo se redressa brusquement et pâlit lorsqu'il vit la mine défaite des deux nouveaux arrivants. La jeune femme se redressa à son tour et essaya de calmer ses pleurs et de retrouver un semblant de dignité.
- Ichigo, mon petit… commença Aleyna, gênée.
- Ma tante ! Mes parents…
- Je viens d'identifier Isshin et Masaki… Je suis désolé.
Il y eut un temps et Ichigo sentit ses yeux se remplir de larmes une nouvelle fois. Avant qu'il n'ait pu réaliser, celles-ci coulaient librement sur ses joues, sans qu'il ne puisse les retenir. Comme s'il se rendait seulement compte de toutes les conséquences de cet évènement. Sa tante vient immédiatement le serrer contre lui, passant une main dans ses cheveux et étouffant les sanglots que son neveu laissait parfois échapper. Sans un mot, elle défit sa veste aux armoiries de la famille et le posa sur les épaules d'Ichigo qui ne réagit pas. Derrière elle, Shiro soupira.
- Le roi est mort. Vive le roi. Murmura-t-il, amer malgré tout.
~~[…]~~
Les funérailles de sa famille furent… grandioses. Ichigo aurait préféré éviter tout ce cirque. Il se tenait debout, droit, devant les cercueils, drapé dans sa tenue noire sur lequel avait été cousu la fameuse lune, emblème des Kurosaki. Le regard froid qu'il arborait aujourd'hui avait dissuadé quiconque de s'attarder à ses côtés pour autre chose que les habituelles et coutumières condoléances.
Les yeux ambre se tournèrent vers sa tante, dont le visage baissé attestait du second coup dur qu'elle était en train d'encaisser. A ses côtés, Shiro, beaucoup moins touché (ou du moins ne le montrant pas), essayait de la consoler comme il le pouvait. Le discours qu'Ichigo prononça fut bref. Il n'avait pas besoin de ça pour rendre hommage à sa famille. Le Clan Kurosaki ne lui en tint pas rigueur, partageant la douleur de leur nouveau chef de famille. Les obligations remplies, il se replia vers un espace plus calme. Ichigo ouvrit immédiatement la lourde veste qui symbolisait sa nouvelle position.
- Ta majesté… entendit-il dans son dos
- Que veux-tu, Shiro ?
- Savoir ce que tu comptes faire.
Ichigo se tourna vers son cousin. Ses sourcils se froncèrent, mais le visage de son vis-à-vis était sérieux, pour une fois.
- Tu connais la règle des familles nobles, reprit Shiro, maintenant que tu es à la tête de la branche principale… Et que moi j'hériterai de la branche secondaire. Tu sais qu'on va devoir bosser ensemble, mon Roi ? Je veux savoir où on va.
- Parce que tu t'intéressais à la question avant ?
- Non, si tu pouvais éviter de t'apitoyer sur ton sort ça m'arrangerait.
- Que veux-tu que je te dise ? Je vais suivre les traces de mon père, et c'est tout.
Shiro hocha lentement la tête, peut-être pas spécialement ravi de cette réponse, bien trop vague à son goût. Il croisa les bras sur le torse et renifla, un peu méprisant. Un temps et il retrouvait son sourire caractéristique, mauvais. Il plissa les yeux et murmura « Et par rapport à cet incendie ? » et pour son plus grand plaisir, il vit son cousin perdre ses couleurs et le fusiller du regard.
- Il n'était pas accidentel, n'est-ce pas ? susurra t-il, amusé.
- Parfois tu devrais apprendre à te taire.
- Hou, tu es effrayant comme ça, Majesté.
Ichigo leva les yeux au ciel avant de s'éloigner. Il rejoignit Miwa, restée loin de la foule. Elle se redressa lorsqu'elle le vit et passa ses bras autour de son torse quand il fut suffisamment proche. Le jeune homme pencha la tête, inspirant le parfum de la demoiselle.
- Je suis désolé, Ichigo, tellement désolé, murmura la jeune femme.
- Tu n'y es pour rien.
- Laisse-moi rester avec toi… Je t'épaulerai du mieux que je peux, je te le jure.
Ichigo ne répondit pas tout de suite. Ses bras vinrent se refermer sur la taille du corps contre le sien. Fort, le plus fortement possible. Peut être faisait-il mal à la jeune femme mais il en avait tellement besoin, et elle ne lui disait rien. Il se contenta d'inspirer profondément et de se laisser bercer par le léger mouvement initié par Miwa, l'apaisant lentement mais surement.
Du coin de l'œil, il vit les silhouettes des personnes rassemblées, certaines, même, tournées vers lui. Il ferma un instant les yeux, profitant du cocon crée par son amie, puis il se redressa.
- Es-tu certaine de le supporter ?
- Tu oublies que j'ai de l'expérience dans ce domaine…
Les deux jeunes gens s'observèrent avec un sourire triste. L'étreinte d'Ichigo se fit plus forte, plus protectrice. Il savait qu'il n'aurait pas dû, mais au vu des circonstances il doutait de pouvoir supporter la solitude. D'un accord tacite, lui et elle formait désormais un « couple ».
Nooon on ne tape pas l'auteur!
Elle vous réserve une petite surprise au prochain chapitre!
Merci de me suivre et de me lire ;p
Rendez-vous dans une semaine et demie!
